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jeudi 11 juillet 2024

À BIDARRAY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1838

À BIDARRAY EN 1838.


En 1838, Bidarray, en Basse-Navarre compte environ 1 300 habitants et est administrée par le Maire Jean Ibar.




pays basque autrefois carlisme basse-navarre frontière contrebande
EGLISE ET ARRIVEE A LA PLACE DE BIDARRAY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Constitutionnel, le 27 octobre 1838 :



"Nous empruntons au Phare de Bayonne les détails suivants sur l'entrée de la Princesse de Beira. 


Bidarray, 25 octobre.



Le 16, on remarqua ici un grand mouvement de contrebandiers, ainsi que la présence de leur chef G..., dont le domicile est à Macaye. Cet homme, qui est presque un personnage dans le pays, ne pouvait avoir pour but, en venant à Bidarray, qu'une affaire de laquelle il devait attendre un énorme bénéfice. Aussitôt la gendarmerie et la douane firent leurs dispositions de surveillance et préparèrent leurs embuscades.



La nuit se passa ainsi sur le qui vive, et le lendemain matin on acquit la certitude que le projet des contrebandiers était de faire passer en Espagne la Princesse de Beira et le fils aîné de don Carlos, et qu'à cet effet des provisions de bouche et sa suite avaient déjà franchi la frontière ; mais toutes les recherches n'ayant pu parvenir à obtenir des renseignement précis sur le point où ils avaient été dirigés, il fut dès lors reconnu comme fort difficile d'opérer les arrestations qu'on méditait. 



La Princesse, en effet, passa la frontière le 17 à midi, après avoir traversé Bidarray dans la matinée, déguisée en femme du pays qui semblait revenir de la messe. Sa marche était éclairée par des contrebandiers placés sur des hauteurs de distance en distance, depuis Bidarray jusqu'aux dernières limites du territoire français, et qui par des signes convenus se prévenaient avec la rapidité d'un signe télégraphique, dès qu'ils apercevaient un employé de la douane ou un gendarme. On faisait alors entrer la Princesse dans la première habitation qui se trouvait sur son trajet, et elle n'en sortait que lorsque le douanier ou le gendarme s'était éloigné. Une autre femme, vêtue comme elle, l'accompagnait ; c'était sa camériste ; et toutes deux avaient sur la tête un capulet que les femmes du pays mettent pour aller à l'église.




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PORTRAIT DE MARIE-THERESE DE BRAGANCE
PRINCESSE DE BEIRA 1817
PAR NICOLAS-ANTOINE TAUNAY



C'est ainsi que le passage s'est effectué. Plus d'une fois, dans le trajet, m'a-t-on dit depuis, le hasard a failli amener les douaniers sur la piste, et mettre en défaut les avertissements des contrebandiers. Je ne vous rapporterai pas tous les contes qui se débitent dans la contrée à ce sujet, parce que je les crois exagérés et imaginés par les contrebandiers eux-mêmes, pour se faire valoir auprès des carlistes à l'effet de tirer d'eux une somme plus considérable. 



Le fils de don Carlos n'a point franchi la frontière avec sa tante ; ce n'est que dans la soirée que son passage a eu lieu avec celui de deux autres Espagnols, dont l'un est, dit-on, un nonce du pape. Ce sont les trois frères Anc... de Bidarray, qui ont exécuté cette entreprise.




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CHARLES VI FILS DE DON CARLOS
VERS 1850



Trente carlistes, postés à l'extrémité du col d'Esteguy, ont reçu la Princesse de Beira et le jeune Infant. Les contrebandiers sont alors rentrés, à l'exception de G...... leur chef, et de l'un des Anc...., qui ont suivi les Infans jusqu'à Tolosa pour y recevoir la somme promise, qui s'élève, dit-on, à 5 000 fr. C'est 2 000 fr. de plus que pour le passage de M. de Erro, et 1 000 fr. seulement que pour celui de l'évêque de Léon ; mais aujourd'hui les contrebandiers ont baissé leurs tarifs, parce qu'ils espèrent encore être remboursés de l'arriéré qui leur est dû pour des fournitures faites aux carlistes."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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mardi 12 septembre 2023

LES BALEINES AU PAYS BASQUE DE 1842 À 1902

LES BALEINES AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.


C'est au début du 20ème siècle qu'a été tuée, au Pays Basque, la dernière baleine en chaloupe.


pays basque autrefois chasse baleine
BLASON DE LA VILLE DE BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta la presse au sujet des baleines aperçues ou chassées au Pays Basque, entre 

1842 et 1902 :



  • La Presse, le 17 février 1842 :

"Basses-pyrénées

Bayonne, 11 février. — Les baleines qui, depuis plus de trois cents ans, avaient abandonné le golfe de Gascogne, viennent d'y reparaître. Ce fait est presque journellement constaté depuis huit jours par les pêcheurs de la côte compris entre Biarritz et le Socoa. Cet événement est l'objet de tous les entretiens. Les marins basques ont toujours eu la réputation d'être au nombre des meilleurs baleiniers."



pays basque autrefois chasse baleine
CHASSE A LA BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • Le Constitutionnel, le 24 janvier 1854 :

"Les pêcheurs basques, jadis si renommés pour leurs exploits lointains à la pêche de la baleine, viennent de pouvoir se livrer à cette pêche en vue de Saint-Sébastien, le 17 de ce mois. 


"Ce matin vers neuf heures, dit une lettre de cette ville, trois baleineaux furent signalés à l'entrée de la Suricola (fausse baie située à la droite du port). La ville tout entière courut sur les remparts, afin d'assister au curieux et intéressant combat qui allait être livré aux géans des mers par nos hardis pêcheurs.


Bientôt trois chaloupes, montées par douze intrépides marins, se sont présentées et ont cerné les baleines. Pendant deux heures, la population entière a joui d'un émouvant spectacle ; les puissans cétacés ont été poursuivis, attaqués, évités et harponnés ; successivement on les voyait paraître à la surface de la mer, lançant par leurs évents d'énormes jets de sang et d'eau, agiter leur terrible queue, dont le contact aurait brisé les frêles embarcations de leurs ennemis, puis s'enfoncer dans les profondeurs de la mer, en formant un immense remous dans lequel on aurait dit qu'elles voulaient engloutir les hardis marins. A l'aide d'une habile manœuvre, et en filant les forts câbles attachés aux harpons fichés dans leurs corps, les baleines furent, sans prévoir le piège qui leur était tendu, remorquées jusque dans la rade de Saint-Sébastien, où elles furent échouées et achevées. Sur trois baleineaux signalés, deux ont été capturés, le troisième a échappé."


Cet hiver, ajoute le Messager de Bayonne, plusieurs baleines ont successivement été signalées sur nos côtes : à Cap-Breton, à Biarritz, à Saint-Jean-de-Luz, à Saint-Sébastien et à Bilbao."



  • La Gazette Nationale ou le Moniteur Universel, le 2 août 1874 :

"Le Courrier de Bayonne rapporte que dans l'après-midi d'avant-hier, plusieurs étrangers observaient du haut de la côte des Basques, à Biarritz, une masse noire qui flottait près du rivage. C’était une baleine, un cachalot ou cétacé quelconque, plein de vie, qui, après plusieurs allées et venues, s’est échoué, près du gracieux cottage de lady Bruce. Le nommé Greciet, boucher, s’est trouvé le premier sur les lieux, et, usant de ses droits de premier occupant, s’empressa d’attacher une corde à sa queue, afin de ne pas la voir enlever par un coup de mer. Le monstre marin mesure de 8 à 9 mètres de longueur."



  • Le Figaro, le 6 août 1874 :

"... Heureusement, la mer s'est chargée de venir en aide au directeur du Casino. Elle vient de fournir aux baigneurs de Biarritz un spectacle et un but d'excursion. 


Une jeune baleine est venue échouer sur la côte des Basques. Une baleine qui mesure huit mètres cinquante, rien que cela. 


Ayant essayé en vain de la remonter, — on a attelé huit bœufs devant sans pouvoir y réussir, — on l'a solidement amarrée dans le sable où elle est visible tous les jours. 


Naturellement, il y a foule. 


Tous les Basques des environs, sous prétexte à expliquer la baleine, l'exploitent à qui mieux mieux. Il pleut des gros sous autour de ce poisson mort. Les femmes en font le tour avec une curiosité toute particulière. 


— Et dire, s'est écriée l'une d'elles, que c'est avec cela qu'on fait les corsets !"



pays basque autrefois chasse baleine
CHASSE A LA BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • Gil Blas, le 14 novembre 1881 :

"On sait que, depuis fort longtemps, les baleines font, au moment de l'hiver, leur apparition sur la côte basque franco-espagnole qui s'étend de Bayonne à Santander.


Il y a quelques jours, une immense baleine, de 25 à 30 mètres de longueur, pénétra majestueusement dans la Bidassoa jusqu'au pont international du chemin de fer d'Irun-Hendaye.


Elle redescendit la rivière après s'être bien nourrie de poissons, poursuivie de près par les barques des pêcheurs des deux nations.


Comme la marée descendait, la baleine se trouva traquée et échoua sur un banc de sable, dans une profondeur de six mètres d'eau, du côté de la côte espagnole, près de Fontarabie.


Alors commença un véritable combat naval ; les douaniers, gendarmes pêcheurs, chasseurs, et amateurs espagnols et français, ouvrirent sur le monstre marin un feu très nourri.


Ce curieux combat était suivi par une immense foule échelonnée sur les deux rives, et bien que les balles sifflassent sur les rivages, il n'y eut aucun malheur à déplorer.


Comme la fusillade ne faisait rien sur la baleine, les marins de la canonnière française stationnée sur la Bidassoa pour la surveillance des pêcheurs voulurent l'abattre à coups de canon ; mais la crainte de violer les eaux les retint.


On télégraphia aux arsenaux de Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, pour avoir des harpons et autres engins pour la pêche de la baleine ; malheureusement, la marée, commençant à monter, emporta la baleine, qui, malgré ses blessures, s'en alla majestueusement en haute mer, saluée par une fusillade des mieux nourries."



pays basque autrefois chasse baleine
ECHOUAGE DE BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Petite Gironde, le 2 novembre 1884 :

"Basses-Pyrénées,

On écrit de Biarritz qu'une baleine énorme est venue à deux cents mètres de la côte des Basques. Elle paraissait blessée. Il est donc probable qu'elle viendra s’échouer sur les côtes.



pays basque autrefois chasse baleine
ECHOUAGE DE BALEINE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Lanterne, le 24 mai 1901 :

"Baleines sur la Côte Basque.


Il y a environ une quinzaine de jours, une jeune baleine, d'environ six mètres de longueur, vint s'échouer dans le port très peu profond de Saint-Sébastien. Le fait était assez curieux, ces cétacés n'apparaissent que très rarement dans ces parages méridionaux.


Mais voici que le fait vient de se répéter. On annonce de Saint-Sébastien que ces jours-ci une baleine d'assez forte taille fut aperçue à l'entrée du petit port de Zarauz, à quelques kilomètres de Saint-Sébastien. Le cétacé se présenta à la marée haute, près d'Orio. Cinq barques de pêcheurs se mirent aussitôt à la mer pour lui donner la chasse. Les barques cernèrent la baleine et les pêcheurs lui lancèrent plusieurs harpons avec bonheur, car une heure après elle avait succombé et était remorquée dans le port de Saint-Sébastien et traînée sur une rampe du quai. La bête a une longueur de douze mètres et une circonférence de dix mètres."



pays basque autrefois chasse baleine
BALEINE 1863
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Gazette de France, le 11 novembre 1902 :

"Une baleine capturée.


Saint-Sébastien, 9 novembre. 

— Le bruit s’étant répandu qu’on venait de découvrir une baleine près du port, les pêcheurs de Saint-Sébastien s’embarquèrent, armés de harpons et réussirent à découvrir le cétacé. Ils le blessèrent à plusieurs reprises et le firent échouer sur les rochers. Les embarcations des pêcheurs font la garde autour de leur capture en attendant que la marée permette de faire entrer la baleine dans le port."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mercredi 4 novembre 2020

SOUVENIRS DU PAYS BASQUE NORD EN 1841 (première partie)

SOUVENIRS DU PAYS BASQUE EN 1841.


Dans les années 1840, le tourisme au Pays Basque organise très souvent des excursions entre les lieux de villégiature principaux (Biarritz, Bayonne) et l'arrière-pays, souvent Cambo, réputée pour ses sources thermales.



pays basque autrefois labourd
CAMBO 1843
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Le Constitutionnel, dans son édition du 14/03/1841 :



"Souvenirs des Pyrénées. "



Cambo. — Mondarrain. — La grotte d'Isturitz



Au pied du territoire de Larressore, la route pratiquée sur une chaussée rocheuse ouvre au regard un admirable paysage où les bois, les eaux, les roches, les champs cultivés, les fermes et les pentes escarpées des montagnes qui ferment le tableau, jettent ça et là leurs couleurs et leurs formes. Plusieurs allées plantées de jeunes arbres conduisent à Cambo, que la renommée de ses eaux minérales transforme deux fois, chaque année, en une élégante petite ville. Le Haut-Cambo ne présente qu'une longue ligne de belles maisons éclatantes de blancheur, posées sur une immense terrasse, au pied de laquelle une vallée, fort étroite jusque là, s'évase, pour se rétrécir encore, en remontant vers l'établissement thermal. La Nive s'élance du milieu des chênes touffus qui bordent ses deux rives, se glisse le long de la base de la terrasse de Cambo, et se perd au loin derrière les collines vertes qui accidentent la vallée. Entre la Nive et le Bas-Cambo, dont on aperçoit au loin les habitations clairsemées, on croit voir un immense tapis aux mille couleurs ; c'est un champ de blé qui ondule au soleil, c'est une pièce de terre labourée, ce sont des fleurs, des haies, de hautes herbes, interrompus çà et là par un petit sentier qui serpente jusqu'au village, par un attelage de bœufs ou par d'actifs travailleurs. Si votre fenêtre s'ouvre, par une belle matinée, sur cette riche et paisible vallée, vous comprendrez surtout cette vie calme et douce que les montagnes plus rapprochées semblent vous promettre ; vous admirerez longtemps cette belle décoration du paysage, cette végétation exubérante qui prend possession même des anfractuosités des rochers, et qui semble ne pas permettre à un seul pouce de terre d'attrister le regard par sa nudité. 



pays basque autrefois hôtel
HÔTEL D'ANGLETERRE CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cambo, c'est la première station des montagnes, c'est le premier relai de cette chaîne pyrénéenne, tour à tour si gracieuse, si fertile, si indigente et si sombre, où dorment ensevelis tant de souvenirs et tant de richesses ; Cambo, ce n'est pas encore le luxe, l'éclat et la renommée de Bagnères ; mais en respirant cet air heureux et pur, en se mêlant à cette population saine et forte, on comprend déjà que l'air, la population et la beauté du pays concourent largement aux cures merveilleuses des eaux minérales. Cambo, c'est pour ainsi dire une compensation de Biarritz, une marine de Vernet et un paysage de Claude Lorrain ; on ne les préfère pas l'un à l'autre, mais ils plaisent différemment. 


pays basque autrefois labourd
CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN


L'église de Cambo, placée à des extrémités de la haute terrasse dont nous avons parlé, est ceinte de son cimetière ; comme dans tout le pays basque, c'est un beau jardin où chaque tombe est ornée de rosiers plantés et entretenus par des mains pieuses. Ici, les fleurs les plus fraîches témoignent de la douleur la plus vive ou la plus récente ; et personne ne s'y trouve encore chargé, moyennant une rétribution mensuelle, d'entretenir des regrets de convention. L'église est simple, blanche et peu ornée ; la population du Haut et du Bas-Cambo, celle des fermes voisines et quelques baigneurs s'y portent en foule le dimanche ; et c'est un singulier spectacle que ce contraste des fracs modernes et des vestes de velours, des ceintures rouges, des berrets et des cheveux flottants, que ces chapeaux de soie et ces robes élégantes, égarés au milieu des vêtements noirs ou bruns et des mouchoirs éclatants des Basquaises. Vieilles femmes et jeunes filles se cachent également sous un mantelet uniformément noir, mais plus où moins riche, de serge, de mérinos, de satin même, et plus on moins orné. Le mantelet basque est moins coquet que la mantille espagnole ; celle-ci, d'ailleurs, est une coiffure nationale, tandis que les Basquaises ne font usage du mantelet qu'à l'église ; on dirait que cette partie du vêtement, en cachant en quelque sorte les traits, doit aider au recueillement et à la prière. 



pays basque autrefois eglise

EGLISE CAMBO
PAYS BASQUE D 'ANTAN




Après un quart d'heure de marche vers le sud-est du bourg, un chemin facile et ombragé aboutit à l'établissement thermal situé sur la rive gauche de la Nive, qui s'élance et se replie plus loin à travers des taillis et des amoncellements de galets. Un triple étage de collines semble encaisser cette petite vallée, et lui donner le silence, la fraîcheur et la beauté. Les observations recueillies sur les résultats obtenus par les eaux minérales de Cambo, doivent augmenter chaque année leur clientèle déjà nombreuse, et fixer les goûts capricieux de cette population élégante et nomade qui use pêle-mêle des eaux pyrénéennes comme préservatif, et qui cherche surtout des sites nouveaux et un peu moins d'ennui. 



pays basque autrefois labourd
CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cambo n'est pas encore une de ces promenades banales, un de ces paysages, bien achalandés et décrits dans tous les in-8° qui prétendent à une seconde édition. Les médecins n'ordonnent pas encore Cambo contre le spleen et les vapeurs de nos dandys cosmopolites ; notre village, si calme et si retiré, n'a pas endossé la livrée du grand monde, ses montagnes, ses grottes et ses vallées sont vierges encore de ces caravanes d'oisifs ennuyés, dont l'admiration se fait d'avance un prospectus commode de sensations. C'est un sol à exploiter, une nouvelle page pyrénéenne à mettre en circulation, une nouvelle succursale à donner au bois de Boulogne et au parc de Saint-James. C'est un voeu que nous sommes forcés d'exprimer, au nom de la renommée future de Cambo. 



pays basque autrefois cambo

CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN




Les débris historiques ne peuvent pas être rares sur un sol qui porte un des peuples les plus anciens et les plus illustres de l'Europe. Les châteaux, les enceintes fortifiées, des tours démantelées, s'élèvent eu milieu de ces montagnes, et semblent rappeler ces conquérants romains aux barbares dont l'épée s'est brisée contre l'indépendance des anciens habitants. Au sud-est de Cambo, et sur la gauche de la route d'Espelette, on rencontre les vestiges d'un camp appelé camp de César, mais auquel il faut donner forcément une autre explication et une date plus récente. César lui-même, dans son livre de bello Gallico, ne dit pas que ces légions aient pénétré dans cette partie des Pyrénées. Ce conquérant entra deux fois en Espagne : la première fois par la Catalogne, et la seconde fois au-delà d'Oloron, après avoir cherché vainement à forcer le passage des Pyrénées-Occidentales, dont les Basques gardaient, toutes les gorges. 



Plus tard, lorsque Auguste voulut en finir avec ces deux peuples impatients et guerriers (les Asturiens et les Basques), qui lui disputaient seuls la paisible jouissance de l'Espagne et de l'Aquitaine, les légions romaines, suivant les récits de Plutarque, de Strabon et de Florus, inondèrent les montagnes, et une longue et sanglante lutte s'engagea. C'est à cette époque qu'il faut placer la construction du camp qu'on retrouve près de Cambo ; on comprend bien que cette position accidentée et naturellement forte a dû être choisie par un peuple qui défendait pied à pied son indépendance ; on sait que la nation basque tout entière prit part à cette guerre, qu'elle fut vaincue, mais non pas soumise, s'il faut croire le témoignage de Plutarque, le biographe d'Auguste. 


pays basque autrefois cambo
CAMBO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Nous abandonnerons, d'ailleurs, toute faculté aux conjectures, et nous continuerons notre excursion vers Itxatsou, en suivant curieusement ce chemin qui tantôt court entre les deux murs sans ciment d'un verger et d'un champ de maïs, tantôt franchit une côte escarpée ou plonge dans des allées de cerisiers jetés dans cette commune avec une merveilleuse prodigalité. A mesure qu'on marche, les montagnes se rapprochent et grandissent ; les maisons d'Itxatsou se montrent au milieu des arbres, avec leurs auvents en saillie et leurs balcons de bois ; il est impossible d'imaginer, une position plus calme et plus retirée ; un paysage d'une couleur plus agreste ; les montagnes y réfléchissent, pour ainsi dire, leur silence et leur recueillement. L'église paroissiale apparaît ensuite assez éloignée du village ; dans le cimetière, que la langue basque appelle poétiquement Illerri (région des morts), chaque tombe est indiquée par une pierre taillée en trèfle et placée verticalement. L'intérieur de l'église est vaste et fort riche. Là, comme dans tout le pays basque, un triple étage de galeries en bois pour les hommes, et des nattes noires étendues dans la nef pour les femmes ; le maître-autel est étincelant de dorures ; des colonnes torses, de nombreuses sculptures sur bois, représentant la passion du Christ ; la voûte, peinte en bleu azur et parsemée d'étoiles, font de l'église d'Itxatsou une des plus remarquables du Labourd. 



pays basque autrefois eglise
EGLISE D'ITXASSOU LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN


A quelque distance de l'église d'Itxatsou, l'aspect du pays change brusquement ; il n'y a plus ni arbres, ni champs, ni pâtres, ni troupeaux ; on est sur le seuil de cette gorge profonde et pittoresque, à laquelle le nom du preux Rolland est resté. Deux sauvages montagnes parallèles forment cette gorge, qui s'ouvre de l'Ouest à l'Est. Leurs bases rapprochées encaissent la Nive, semblable à un torrent écumeux, et leurs doubles parois se hérissent d'immenses blocs en saillie, de bruyères épineuses et de genets aux fleurs jaunes. Le chemin, taillé dans les flancs de la montagne, est élevé de quelques pieds au-dessus de la Nive, et suit la rive gauche ; d'innombrables et gigantesques quartiers de roches se sont séparés de toutes parts de la montagne : les uns ont roulé jusque dans le lit de la rivière, qui gronde et tourbillonne contre leurs masses ; les autres se sont arrêtés dans leur course, et restent suspendus avec des formes bizarres à quelques pieds du chemin ; des sources nombreuses qui filtrent autour d'eux, les détachent graduellement du sol, et finissent par les précipiter en terribles avalanches dans le lit de la Nive. Il est un moment où la courbure de la gorge vous cache la campagne ; vous n'avez autour de vous que les têtes grisâtres et menaçantes des rochers ; à vos pieds, la course impétueuse d'un torrent, et, sur votre tête, une bande étroite du firmament resserré entre la double ligne des montagnes. Vous rêvez alors de quelque sombre composition de Salvator Rosa, et votre imagination, vivement surexcitée par cette effrayante solitude, vous montrera derrière chaque taillis la tête et la carabine également expressives d'un brigand italien. Le chemin monte lentement, puis descend encore, et vous avez devant vous le Pas-de-Roland, un large rocher dont l'ouverture présente la forme d'un pied gigantesque. Le preux Roland a laissé dans les Pyrénées de nombreux témoignages de sa force et de sa valeur ; à Gavarnie, c'est la brèche de Roland ; à Itxatsou, c'est le Pas-de-Roland ; à Roncevaux, c'est le souvenir de sa mort et sa masse d'armes, qu'on y conserve comme une précieuse relique. 




pays basque autrefois pas de roland
PAS-DE-ROLAND ITXASSOU 
PAYS BASQUE D'ANTAN



A quelques pas plus loin, la gorge s'ouvre et s'éclaire ; la Nive coule paisible dans un plus large bassin ; un pont revêtu de lierre traverse un ruisseau ; quelques fermes se montrent ça et là, et le paysage, sans rien perdre de sa variété, devient plus riant et plus champêtre. 



Le Mondarrain est un des pics les plus saillants de l'extrémité occidentale de la chaîne pyrénéenne ; il fait partie de ce large rideau qui semble s'abaisser vers la mer, en laissant un étroit passage pour la route d'Espagne ; c'est un cône massif dont la crête dentelée et nu annonce un amoncellement de rochers ; vous traversez la commune d'Itxatsou, et lorsque vous commencez à gravir le chemin pierreux qui conduit au sommet de la montagne, le riche paysage que vous avez laissé derrière vous se groupe, s'éclaire, et ressemble peu à peu à une immense toile où le travail patient de mille peintres auraient fait jaillir des merveilles."



pays basque autrefois montagnes
RESTAURANT ET MONDARRAIN ITXASSOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 1 juin 2020

SERMENT POLITIQUE ET SERMENT RELIGIEUX À VITORIA (GASTEIZ) EN ALAVA AU PAYS BASQUE EN 1841


PRESTATIONS DE SERMENT À VITORIA EN 1841.


En 1841, à Vitoria, en Alava, les conseillers municipaux élus sont obligés de prêter deux fois serment.

jeudi 25 juillet 2019

LA BARRE DE L'ADOUR AU PAYS BASQUE EN NOVEMBRE 1842


LE PAYS BASQUE EN 1842.


Dans les années 1840, la barre de l'Adour est très dangereuse pour les bateaux entrant ou sortant de Bayonne.

mardi 15 mai 2018

LA CONSTRUCTION DE LA LIGNE DE CHEMIN DE FER ENTRE BAYONNE ET IRUN AU PAYS BASQUE EN 1861 ET 1862

LE CHEMIN DE FER ENTRE BAYONNE ET IRUN.


La section de ligne ferroviaire entre Bayonne et la frontière espagnole, longue de 35 kilomètres, est concédée à la Compagnie des Chemins de fer du Midi et du Canal latéral à la Garonne par une convention signée entre le Ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux Publics et la Compagnie le 28 décembre 1858.