LE RETABLE DORÉ DE JATXOU EN 1960.
L'existence de l'église Saint-Sébastien est attestée depuis le 13ème siècle. Elle possède un retable remarquable du 17ème siècle.
Voici ce que rapporta à ce sujet la revue trimestrielle Pyrénées : organe officiel du Musée pyrénéen du Château-fort de Lourdes, le 1er avril 1960 :
"Notes d'art populaire et religieux basque.
Le Retable doré de Jatxou.
Touriste ou homme du pays qui te hâtes vers Cambo et Saint-Jean-Pied-de-Port en suivant droit la grand'route vers ces lieux célèbres du Pays Basque, tu te contentes de regarder de loin sur la verte colline la tour carrée qui surgit, à la mode des églises labourdines, sur la ligne de crête longeant l'eau blanche de la Nive échappée de ses gorges.
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| EGLISE 64 JATXOU PAYS BASQUE D'ANTAN |
Crois m'en : à la sortie d'Ustaritz, fais un facile et rapide détour et gagne cette église de Jatxou, ainsi aperçue. De là-haut, tu pourras contempler la sinueuse vallée ou l'avancée des monts. Surtout, en pénétrant dans la nef unique par la tour-clocher et son porche rectangulaire, tu contempleras, émerveillé de découvrir ce que ne signale aucun guide, l'un des plus typiques retables de l'art populaire et religieux du Labourd et de la terre basque française.
En sa teinte fauve doucement rutilante sous les ans, il n'a rien de la surcharge des retables espagnols ; seul un préjugé tenace et superficiel affirme le contraire. Il te suffira de jeter un simple coup d'œil sur la magnifique suite, des volumes de Louis Hautecoeur, cette admirable Histoire de l'architecture, de la Renaissance à 1914, monument lui aussi achevé, pour te rendre compte de ce qui en a été du grand art français des retables. Seulement, le Pays Basque a affectionné entre toutes nos provinces, cette riche éloquence magnifiant l'autel du Dieu vivant, y mettant la marque vigoureusement naïve et pittoresque de son travail local du bois et il en conserve aujourd'hui le trésor souvent intact. Le catholicisme y expose comme l'or de sa croyance et l'exaltation triomphante de la messe eucharistique, centre de la foi des anciens jours, comme des jours nouveaux, et l'offre dans toute sa gloire aux hommes peuplant les trois galeries à balustres tournés (ici modernes...) ou aux femmes remplissant la nef.
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| LIVRE HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE CLASSQIEU EN FRANCE DE LA RENAISSANCE A 1914 DE LOUIS HAUTECOEUR |
Au centre, un saint Sébastien, nu, est attaché à l'arbre, noueux et branchu comme tant d'autres aux proches forêts : extraordinaire image du martyr, dont la chevelure encadre le visage, dans la beauté expressive de l'art local ou sa laideur naïve et touchante, si l'on préfère d'autres formes de l'art. Droit et allongé, le saint repose sur la niche cintrée d'un tabernacle où le crucifix prend place (souvent, en Pays Basque, avec des anges tenant de petites torchères) ; les riches panneaux inférieurs de celui-ci ont des niches à statuettes entre leurs colonnes, et sa porte s'orne d'un léger bas-relief.
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| DETAIL RETABLE EGLISE 64 JATXOU PAYS BASQUE D'ANTAN |
Deux colonnes en torsade encadrent cette partie centrale, en haut de laquelle deux charmants angelots du même style bellement (ou affreusement) et pittoresquement "populaire" laissent pendre leurs jambes à leur sommet. Aux bases, deux têtes d'angelots redressent verticalement les ailes dont elles sont pourvues. Ces colonnes s'entourent de chutes, si à la mode dans le style Louis XIV, avec des motifs divers, la guirlande la plus extérieure ayant encore une tête d'ange sortant d'une "gaine" à leur sommet.
Latéralement, deux immenses ailerons en volutes se recourbent vers une tête d'ange, au vermillon apaisé aujourd'hui. Cet extraordinaire visage, dans les boucles qui retombent de part et d'autre et l'encadrent, apparaît d'une exécution inhabile et gauche. Tel il est venu, comme tout le retable, de quelque atelier du voisinage, portant savoureux témoignage du travail du bois dans l'art populaire de jadis. Ailleurs, un socle décoré en pyramide tronquée supporte une fleur de lys d'or de forme non moins curieuse.
Sans parler des statues des niches voisines, voici, au-dessus, bellement décoré de la frise et des denticules du retable, un nouveau fronton de dimensions réduites, avec une fois de plus de grands ailerons feuillagés, entre deux petits pilastres. Sous l'incurvation de son rebord, Dieu le Père — figuré dans son type si répandu — surgit, barbe à son menton allongé, tenant le globe et bénissant, la robe recourbée autour de la tête, tandis que d'autres angelots encore ceinturent son buste.
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| RETABLE EGLISE 64 JATXOU PAYS BASQUE D'ANAN |
Si sommaire soit-elle, cette description doit signaler d'un mot la branche robuste et feuillue sortant du motif central de l'autel.
Et, partout, dans cet ensemble de magnificence, le bois se dore au point de donner l'illusion d'un monument d'or pur.
Dans mon Eglise de Cambo, j'ai étudié les retables basques et cherché à définir l'art des églises labourdines, en en dégageant divers caractères généraux. A Cambo, avec la grande toile à la Vouet du Martyre de saint Laurent, nous sommes aux environs de 1660. Autrement belles sont les galeries. Mais le retable de Jatxou révèle des points de parenté évidents avec celui de Cambo. Faut-il s'étonner qu'un atelier proche ait longtemps conservé ces formules, la terre basque étant par excellence celle de l'archaïsme ?
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| RETABLE EGLISE DE CAMBO-LES-BAINS PAYS BASQUE D'ANTAN |
Mais Jatxou n'a pas que son retable doré. On en contemplera encore les peintures. Je ne parle pas d'une belle toile récente d'Antoinette Trébuchet, mais de celles du chœur, où l'art local cette fois est plus élevé et plonge dans le classicisme français de très intéressante manière. Perchée au sommet de la Croix, la colombe du Saint-Esprit plane sur le Père et le Fils ; à l'entour, il y a les autres évangélistes : saint Jean a un cygne tenant un encrier dans son bec, saint Luc le taureau ; mais ceux qui ont pu voir de près ces peintures au plafond de bois y ont encore trouvé de pittoresques et amusants animaux. Il est encore un saint Martin à cheval. A l'entour, de robustes spirales, des guirlandes épaisses et caractéristiques. On veut voir dans les médaillons encadrant la Trinité, le soleil et la lune, ou des motifs qualifiés parfois du genre "éponge"... En avant, sur un fond bleu très vif, les trois fleurs de lys d'or sont celles de l'écu de France. Ces non moins curieuses peintures peuvent être contemporaines, ou pas trop lointaines, de l'édification du retable. On peut songer à la fin du XVIIIe siècle inspirant un artiste local. Mais tout le lambris de la nef est peint en noir et marron d'arabesques, datées cette fois de 1752 et paraissant plus récentes : venu du décor Bérain à la fin de Louis XIV, on a abouti à cette rocaille Louis XV. Au centre, la tiare du Pape avec deux clefs de saint Pierre entrecroisées.
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| PEINTURE CHOEUR EGLISE 64 JATXOU PAYS BASQUE D'ANTAN |
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| SAINT LUC ET SAINT MARC EGLISE 64 JATXOU PAYS BASQUE D'ANTAN |








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