UNE TOURNÉE ÉPISCOPALE À JATXOU EN 1911.
François-Xavier-Marie-Jules Gieure, né le 2 mai 1851 à Castets (Landes) et mort le 23 avril 1837 à Messanges (Landes), est un prélat français, évêque de Bayonne (Basses-Pyrénées) de 1906 à 1934.
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MGR GIEURE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire La Frontière du Sud-Ouest, le 24 décembre 1911 :
"Au Pays Basque.
Les tournées épiscopales. — Un vieux dicton fait de "Halsou eta Jatxou, biac berdintsou", ce qui signifie que ces deux villages ne font que zéro.
La dernière visite de M. Gieure s’inscrit désormais en faux contre ce discrédit injuste. L'auto pontificale, la 626 B-3 — offerte par quelque sainte Madeleine pour garantir de la fatigue les pieds de l’illustre prélat, — le déposa, en effet, dimanche dernier, sur le territoire de Jatxou. Il y avait 45 ans que pareil honneur n’était échu à la petite paroisse. Ce fut un grand tralala.
Les éléphants en moins, on eût pu se croire à Delhi pour le couronnement de l’empereur-roi.
Si l’on ne se fit pas écraser sous ses pas, en tous cas La prosternation fut générale. Un protocole savant avait réglé la fête en détails. A Ustaritz, un peloton de fringants cavaliers vint faire cortège à la voiture pontificale. A la limite même de Jatxou, MM. le maire et l'adjoint, la poitrine barrée de l’écharpe municipale, hissés eux aussi sur leurs palefrois, firent les honneurs de leur territoire. La premier arc-de-triomphe avait été élevé à cette place. Un second attendait au carrefour principal, devant l’église. Là, la voiture s’arrêta et Sa Grandeur daigna descendre sur la jonchée fleurie qui couvrait les pierres du chemin.
Clairons et tambours sonnent et battent aux champs, la, garde nationale présente les armes : Monseigneur répand ses bénédictions, les femmes baisent son anneau, une fillette récite un compliment. Monseigneur est heureux, cette minute est charmante.
Puis, comme midi sonnait au beffroi, tout le monde s’empressa vers les repas. Le dîner pontifical fut servi au nouvel orphelinat. Cette partie du programme fut sans doute la meilleure. A 3 heures, on y était encore. Ce fut la cérémonie la plus considérable.
Déjà, la garde d’honneur était sur les armes. Elle accompagna, les bons dîneurs jusqu’à l’église, où après une confirmation de quelques enfants, le chant des vêpres s’éleva sous les voûtes enflammées de lumières. Nouveau défilé, avec l’air de circonstance :
"V'là le Grand Seigneur qui passe..." et, au presbytère, le temps de prendre congé de M. le curé qui avait bien fait les choses. L’auto qui trépignait d’impatience reçut son auguste voyageur et disparut dans un nuage de poussière et dans un relent de pétrole ; c’était la bénédiction suprême.
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| ARMOIRIE 64 JATXOU |
Nous n’aurions point parlé de cette manifestation qui fût ce qu'elle pouvait être, si quelques jours auparavant, dans ce même Jatxou, une scène d’un tout autre caractère ne s’était produite.
Ce soir-là, l'air retentissait de clameurs encore plus bruyantes. C’était un concert de sauvages. Des coups de fusil éclataient dans l’air. Tout ce bruit n’était qu’un prétexte à chantage, pour avoir de l'argent et pour aller le boire.
Passa un brave homme qui, de Villefranque, se rendait chez lui, à Halsou. Sur la place, à vingt pas d’une auberge, à trente pas du presbytère, un coup de feu retentit, le passant tomba, sa cheville trouée d’une balle.
Ces braves gens étaient tous, sans doute, dans le cortège qui vous fit fête, Monseigneur !"
(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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