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lundi 6 juillet 2026

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840 (cinquième partie)

 

UNE ÉTUDE GÉOLOGIQUE AU PAYS BASQUE EN 1840.


En 1840, un ingénieur civil fait une étude géologique, en Pays Basque Nord.



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MEMOIRE GEOLOGIQUE SUR LES ENVIRONS DE BAYONNE
DE JULES GINDRE 1840



Voici ce que rapporta Jules Gindre, Ingénieur civil des Mines, en 1840, dans son Mémoire 

géologique sur les environs de Bayonne et sur la non-possibilité d'y trouver de la houille :



"... Les psammites feuilletés alternant avec des argiles rouges, schisteuses et micacées, renferment dans la vallée d'Ustalléguy, près de la montagne de ce nom, quelques empreintes végétales qui seraient d'un secours décisif pour assigner la place du grès bigarré au groupe supérieur de cette puissante formation, si la nature et les relations géologiques des roches pouvaient laisser quelques doutes. Ce sont des empreintes assez déterminables de deux ou trois espèces de fougères et d'équicétacées, et je crois pouvoir rapporter une de celles-ci au calamites arenaceus, habituel d'après M. Adol. Brongniart au grès bigarré.




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TRONC DE CALAMITES SP.



Les terrains du grès rouge et du grès bigarré, méritent à plus d'un titre d'être mentionnés sous le rapport technologique. Parmi les filons de fer carbonatéspathique qu'on rencontre dans plusieurs localités, le plus important comme gîte de cet excellent minerai, est celui de la montagne Ustalléguy entre Bidarray et Baigorry. Ce filon apparent sur les deux versants de la montagne, n'a pas moins de quatre à cinq mètres de puissance et constitue un gisement excessivement riche, qui donne lieu à une exploitation souterraine pour alimenter l'usine à fer de Banca, et qui pourrait fournir aux besoins de plusieurs hauts fourneaux.



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VUE GENERALE DES FORGES BANCA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le minerai, généralement très pur, est cependant quelquefois associé à du cuivre pyriteux cristallisé, et le plus souvent disposé en nids, qu'on évite ou qu'on rejette toujours avec soin pour ne pas altérer la pureté du fer. Les grès de la Rhune renferment également près de Sare un filon de fer spathique qui, quoique moins riche, a été exploité pour les forges à la catalane.



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CARRIERES FRAYE ASCAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cette espèce de minerai n'est pas seulement particulière aux terrains arénacés ; dans le calcaire du lias, à peu de distance d'Ainhoa, au sud et près de la frontière, il en existe des filons ou plutôt des amas dont la formation est certainement contemporaine des filons d'Ustalléguy, de la Rhune, etc., et qui comme eux, sont caractérisés par la présence du cuivre pyriteux. La décomposition de celui-ci a recouvert la surface du fer spathique d'une pellicule de carbonate vert qui donne à ce gisement de fer une bien fausse apparence de beau minerai de cuivre.



Les grès bigarrés des environs de Bidarray, d'Ustalléguy, d'Arradoy, près Saint-Jean-Pied-de-Port, sont souvent d'une stratification si régulière, et divisés en feuillets si minces, que ceux-ci n'ont qu'un ou deux centimètres d'épaisseur, et qu'ils sont exploitables en plaques de plus d'un mètre de côté. Ces lozes sont employées suivant leur épaisseur, pour carrelage, dallage, clôture, etc., et dans plusieurs circonstances elles pourraient remplacer les briques, car non seulement leur extraction est peu coûteuse, mais il serait aussi très facile de leur donner à peu de frais une forme à peu près symétrique, lorsque le genre de construction l'exigerait. Les bancs plus épais fournissent de bonnes pierres de taille, des pierres à aiguiser ; et les carrières de meules pour moulins à grains d'Arradoy, d'Arsamendi et du massif de la Rhune jouissent d'une certaine réputation. Ceux de ces grès, dont la composition est bien homogène et dont le grain est moins serré, sont aptes à être employés comme pierres réfractaires, et taillés convenablement ils pourraient remplacer avec avantage les briques réfractaires dans toutes les espèces de fours à haute température. L'usine à fer de Banca n'emploie pas d'autres pierres pour l'intérieur de ses fourneaux.



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SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT 64
MONTAGNES ARRADOY JARRA ET BEHARRIA



Nous voici arrivé au-dessous du dernier terme de la série géologique qui précède la formation du terrain houiller lorsque celui-ci ne manque pas, et comme le but de ce mémoire est surtout de constater la non présence de la houille, je crois devoir bien préciser les faits qui affirment cette malheureuse interruption dans les phénomènes géologiques, lors de la formation des terrains de cette contrée. La superposition du grès rouge sur le terrain de schiste ardoisier de transition est apparente sur une infinité de points ; dans les environs de Sare, sur le versant méridional de la Rhune ; dans les environs d'Ainhoa ; à Laxia, au pied d'Arsamendi, au midi du Mondarrain ; sur les limites des communes de Louhossoa et de Bidarray, près de la maison Estenuia ; à l'ouest et tout le long du groupe de Baigoura. La jonction des deux formations est également apparente sur la rive droite de la Nive, un peu au delà de Bidarray ; sur la rive gauche avant le groupe d'Oustalléguy ; au sud de Baigorry, près du col d'Espéguy. Les deux formations se touchent sans intermédiaire et sans que jamais on y rencontre de traces de roches schisteuses ou arénacées, d'un caractère tel qu'on puisse le moins du monde être autorisé à soupçonner la présence d'un terrain houiller recouvert par le grès rouge. Partout les grès micacés rouges, comme les poudingues et les argiles schisteuses, finissent brusquement au schiste ardoisier de transition. Le point de contact de ces deux formations supérieure et inférieure à la houille, est apparent dans un si grand nombre de localités, et les couches sont toujours si fortement inclinées, que l'on peut, je crois, conclure avec certitude que le terrain houiller manque tout à fait dans les environs de Bayonne et de Saint-Jean-Pied-de-Port. Si cette précieuse formation carbonifère existait, on devrait certainement la voir affleurer sur l'un des nombreux points qui indiquent d'une manière non équivoque la limite inférieure du grès rouge. Rien ne saurait donc autoriser des recherches de houille, soit par des sondages, soit par d'autres travaux, quelle que fût la hardiesse du point de vue sous lequel on les envisageât. Les bons esprits qui ont le plus songé à la découverte de ce combustible minéral dans les environs de Bayonne ou de Saint-Jean-Pied-de-Port, doivent d'autant plus se résoudre à admettre comme positive la non présence du terrain houiller proprement dit, qu'une lacune de ce genre dans la série des couches qui composent l'écorce du globe est commune à bien d'autres contrées, et que l'étage du grès houiller n'est point le seul qui manque pour compléter l'ensemble des formations dans cette partie des Pyrénées.



Le schiste argileux de transition s'étend presque sans interruption, depuis les environs de la montagne des Trois-Couronnes et de Sare jusqu'aux Aldudes, en suivant une direction qui est à peu près nord-ouest sud-est. Les groupes du Mondarrain, d'Athari, le sommet et le versant méridional d'Arroca-Garray, la ligne de plateaux qui les rattachent au système de Baigoura, et Baigoura même en entier, appartiennent à ce terrain, qui, après avoir été recouvert par le grès rouge à Bidarray sur une petite étendue, reparaît un peu au delà de ce village, pour constituer les escarpements et les montagnes qui bordent la Nive sur les deux rives jusqu'à Ossez, et pour se prolonger jusqu'au delà des Aldudes, en comprenant les hautes montagnes qui sont de chaque côté de la rivière de Baigorry.



Le point saillant de cette formation de schiste de transition, est l'excessif développement des couches de quartzite qui alternent avec le schiste, surtout dans la partie supérieure du terrain, et qui finissent même par y constituer toute la formation. Les sommets du Mondarrain, d'Arroca-Garray, la plus grande partie des couches à travers lesquelles la Nive s'est frayé un passage au lieu dit Ateca-Gaitz, la longue crête et les escarpements de Baigoura sont du quartzite à texture fine, serrée, grenue, généralement blanc grisâtre, et souvent coloré en vert clair par de la chlorite. Dans les montagnes de Banca, de la vallée des Aldudes, d'Ourépele, etc., le quartzite acquiert une structure plus massive ; il devient difficile d'y distinguer des couches ; sa teinte est un peu plus blanche ; et quoique son grain lie soit ni moins serré, ni moins fin, il se fendille et se désagrège facilement ; au lieu de former des crêtes et des escarpements, les sommets de montagnes sont généralement arrondis.



Dans la vallée d'Arneguy, les schistes ont une teinte noirâtre ; la structure feuilletée est plus prononcée, et la roche devient réellement ardoisière ; aussi est-elle exploitée, et les ardoises qui en proviennent sont fort estimées à Saint-Jean-Pied-de-Port.



Près des Aldudes dans la direction d'Elissondo ; au nord du Mondarrain, et d'Athari-Mendi à Itxassou ; et près de la maison Chucurenia à Louhossoa, le schiste ardoisier devient tendre, argileux, et acquiert une teinte noire qui a pu y faire voir des indices de combustible ; mais le plus léger examen confirme partout la non présence de l'anthracite, quelquefois particulier à cette formation. Ces argiles noires colorées par du carbone, ont du reste fort peu d'étendue en direction, et il faut les considérer comme de simples accidents dans le terrain de transition.



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ITXASSOU ; SUR LA ROUTE DU MONDARRAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



C'est dans le schiste de transition que se trouvent les filons cuprifères qui, sous les Romains et dans le dernier siècle, ont donné lieu à des exploitations fort importantes, citées sous le nom de mines de Baigorry comme les premières des Pyrénées ; exploitations détruites, aujourd'hui remplacées par l'usine à fer de Banca. De vastes travaux de mine furent exécutés sur six des principaux filons, au-dessus et au-dessous de l'écoulement naturel des eaux. Le cuivre gris et le cuivre pyriteux, objets de l'exploitation, y sont associés à d'autres minerais de nulle valeur, et la richesse de ces gîtes métallifères est, à ce qu'il paraît, excessivement variable. D'après les renseignements fournis par Dietrich et par Charpentier, les mines de cuivre de Baigorry ont éprouvé bien des vicissitudes ; et si à deux ou trois reprises les succès en ont été brillants, ils n'ont jamais été de longue durée."






A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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