LES HÔPITAUX DU PÈLERINAGE DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a été créé et instauré au début du 9ème siècle.
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| LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE |
Voici ce que rapportèrent à ce sujet l'abbé V. Dubarat (Aumônier du Lycée de Pau) et l'abbé P.
Haristoy (Curé de Ciboure), dans le numéro de janvier 1900 des Etudes historiques et religieuses
du Diocèse de Bayonne :
"... 6° Hospitalité chez les particuliers. Les pèlerins trouvaient une hospitalité accueillante non seulement dans les établissements religieux et hospitaliers de St-Esprit-Bayonne, mais encore chez les particuliers "les gîtes étaient nombreux et la foi vive". Les maisons spécialement ouvertes aux pieux voyageurs portaient pour enseigne une coquille sur la façade et étaient surmontées de cette inscription : "Casas de la Concha".
"La grande chanson des Pèlerins de Saint-Jacques" consacre un quatrième couplet aux Landes en ces termes :
Bien étonnés
Nous avions de l'eau jusqu'à mi-jambes
De tous côtés.
Compagnons, nous faut cheminer
En grandes journées
Pour nous tirer de ce pays
De si grandes rosées.
Le cinquième couplet continue ainsi sur Bayonne :
Quand nous fûmes à Bayonne
Loing du pays
Changer nous fallut nos couronnes
Et fleurs de lys.
C'est pour passer le pays
De la Biscaye.
Enfin, son sixième couplet nous apprend qu'il y avait, comme aujourd'hui, un cambio de monedas,
Changer nous fallut nos gros blancs
Quand nous fûmes dans Bayonne,
Nos quarts d'écu qu'on nomme francs,
Avec notre monnoie en somme
Semblablement notre couronne.
C'est pour la Biscaye passer,
Où il y a d'étrange monde :
On ne les entend pas parler.
Lahonce : Ancienne abbaye d'abord des Bénédictins, puis des Prémontrés, remontant au XIe Se car Bertrand, vicomte de Bayonne, à qui on attribue sa fondation, ne l'avait fait que restaurer en 1164 (Conventus Foncie 1302 charte du chapitre de Bayonne. Nostra Domina de la Honce 1693 (collections du diocèse de Bayonne). Nous comprenons ce monastère parmi les hôpitaux du pays. N'est-ce pas de règle chez les Bénédictins et chez les Prémontrés d'avoir un hôpital ou refuge pour les pauvres passants, par conséquent pour les pèlerins ? L'abbaye de Lahonce bénéficia des dispositions testamentaires de Dominique de Manx, évêque de Bayonne, et de celles d'Arnaud-Raymond, vicomte de Tartas (31 mars 1312).
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| GISANT DE DOMINIQUE DE MANX EVEQUE DE BAYONNE CLOÎTRE CATHEDRALE DE BAYONNE |
Elle fut visitée par divers personnages et entre autres par Charles IX qui, avec sa cour, y dîna le 3 juin 1564 ; elle possédait une justice seigneuriale, les cures de Mouguerre, de la Madeleine et d'Ispoure réunies près Saint-Jean-Pied-de-Port et enfin la Grange d'Orthecole (Otchocol) à Urt. Cette grange fut fondée par Roger de Gramont, grand serviteur de la Sainte Vierge, qui, se réservant le droit patronal d'y nommer un religieux, la donna à l'abbaye de La Honce. La grange, détruite aujourd'hui, a été remplacée par une petite chapelle but de pèlerinage encore en certains jours de fête.
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| ROGER DE GRAMONT COLL MAISON GRAMONT |
II Canton de Saint-Jean-De-Luz.
Saint-Jean-de-Luz : Santus Johannes de Luis mentionné dans le cartulaire de Bayonne (f° 32) avait un couvent des Récollet inauguré en 1613 par Mgr d'Echaux, évêque de Bayonne, et porté tantôt de St-Jean-de-Luz, tantôt de Ciboure, aujourd'hui reconnu de cette dernière ville. Elle possédait encore un couvent des Ursulines établi en 1639 et un ancien hôpital. M. Brutails, archiviste de la Gironde, donne un document du 13 janvier 1357, où il est relaté que dans "l'hôpital de Saint-Jayme (St-Jacques) cerca Fontarabie como en Sent Johan de Luyx", eut lieu une montre (revue) des troupes partant pour la Normandie en 1357. Il s'agit ici de l'hôpital de Santiago de Zubernoa (la Bidassoa) et de l'ancien hôpital de Saint-Jean-de-Luz. Cet établissement était situé au nord-ouest de la ville près du chenal actuel, d'où son nom de couvent de la barre. Cédé aux Ursulines à leur arrivée, il fut envahi par la mer dans la nuit du 21 au 22 janvier 1745. L'hôpital actuel, converti aujourd'hui en hôpital civil, fut bâti en 1623 par Johanis Haraneder et Garcie Françoise de Chibau, son épouse. N'était même le document cité par M. Brutails, il est évident que la ville de Saint-Jean-de-Luz, traversée par tant de pèlerins, n'est pas restée sans un hôpital jusqu'à l'année 1623.
| COUVENT ET FONTAINE DES RECOLLETS CIBOURE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le septième couplet de la Grande chanson des Pèlerins fait l'éloge de ses habitants en termes suivants :
Quand nous fûmes à Saint-Jean-de-Luz,
Les biens de Dieu en abondance
Car ce sont des gens de Dieu élus,
Des charités ont souvenance
Donnant aux pauvres chévance
Et de leurs biens en abondance,
Disant : Vous aurez souvenance
Dieu vous conduise à sauvement.
Ciboure : On nous permettra de reporter une partie des louanges du couplet précédent sur les habitants de Ciboure. N'avons-nous pas vu plus haut un pèlerin picard prendre comme du reste de nos jours quelques étrangers les deux villes soeurs pour une seule ? N'y trouve-t-on pas les mêmes élans de zèle et de charité pour les oeuvres de Dieu ? Quoi qu'il en soit, Zubiburu (tête de pont), ancien démembrement de la paroisse d'Urrugne, avait son hôpital avec oratoire et un cimetière. Nous avons dit plus haut avec quelle solennité la fête de saint Bernard, entre autres, y était célébrée. L'hôpital était situé à l'extrémité de la rue Agorette, aujourd'hui Evariste Baignol, près la Croix dite Blanche, portant la date de 1616, qui pouvait être au cimetière du dit hôpital. Celui-ci fut démoli à la Révolution ; son emplacement et celui du cimetière sont indiqués par une petite pièce de terre dont jouit la commune.
| PONT DE CIBOURE PAYS BASQUE D'ANTAN |
Urrugne : Sanctus Vincentius de Urruina, Villa Urrungia mentionné au XIe Se (livre d'or p.8) avait aussi son hôpital situé un peu au-delà de l'église paroissiale, sur l'ancienne route d'Espagne. Son nom se conserve encore dans une maison. Les pèlerins devaient faire des réflexions sérieuses à la vue — si pour lors elle existait — de cette inscription du cadran de l'église si connue même des étrangers : Vulnerant omnes, ultima necat, toutes (les heures) blessent, la dernière tue. Disons dans un sens plus chrétien : Toutes nous rapprochent, la dernière nous unit.
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| CADRAN EGLISE D'URRUGNE PAYS BASQUE D'ANTAN |




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