samedi 3 novembre 2018

UN SOURCIER DE LAHONCE À SAINT-PIERRE D'IRUBE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925


UN SOURCIER À ST-PIERRE D'IRUBE EN 1925.


Au Pays Basque, au début du vingtième article, la profession de sourcier est très recherchée, car on l'eau courante n'est pas généralisée.


saint pierre d irube autrefois
VUE GENERALE ST PIERRE D'IRUBE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Le sourcier armé d'une baguette ou d'une pendule recherche de l'eau souterraine.


Voici ce que rapporta la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, dans son édition 

du 6 octobre 1925, sous la signature de R. Cazal :


"Un Sourcier.


M. de Beaucorps, maire de Lahonce, à la recherche d’une source sur les hauteurs de Saint-Pierre d’Irube. — Les curieux effets de la baguette du sourcier. 



Les banquets, en dehors des plaisirs qu’ils procurent, ont encore ceci de bon : ils facilitent les relations et aident à naître les sympathies. Au dernier Concours agricole, si excellemment terminé par un repas exquis, le hasard favorable m’avait placée en face de M. de Beaucorps, maire de Lahonce, et de M. Russac, adjoint au maire d’Anglet. La conversation orientée vers l'agriculture, cela va de soi, aborda un sujet qui s’y rapporte, sujet passionnant entre tous, celui de "l’eau". 



J’appris ainsi que M. de Beaucorps était un "sourcier" éprouvé ; M. Russac avait fait appel à son savoir dans plusieurs circonstances et chaque fois les indications fournies par M. de Beaucorps avaient été rigoureusement confirmées par les faits ; partout où sa baguette l'avait conduit, l'eau avait jailli à la profondeur indiquée. 



poitou charente autrefois
ALBERT PRADEL SOUCIER A NIORT

Curieuse comme toutes les femmes, et plus encore par profession, j'obtins de M. de Beaucorps la promesse de me convoquer lors de sa plus prochaine expérience et ce fut tôt après. 



Par une matinée grise, un peu fraîche, accompagnée de M. de Beaucorps, d’un ami et de mes chiens, je gagnai les hauteurs de Saint-Pierre où se trouve le terrain à prospecter. 



pays basque autrefois
VUE VERS BAYONNE DEPUIS ST PIERRE D'IRUBE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Le propriétaire, d'un geste large, délimita la zone intéressante et détermina l'endroit où il désire bâtir sa maison. De toutes parts on lui a affirmé qu’il n'y avait pas d’eau dans son terrain et cela gâtait toute sa joie d’avoir une "vue" si belle, véritable balcon ouvert sur Bayonne et la Nive




M de Beaucorps portait sous le bras un étui de serge noire ; il en sortit une "baguette" choisie parmi plusieurs autres et après avoir piétiné pendant quelques minutes il la prit à deux mains. Immédiatement la baguette se mit à tourner puis, après un brusque sursaut, s’immobilisa dans une direction : "Soyez heureux, dit M. de Beaucorps au propriétaire attentif et inquiet, il y a de l'eau chez vous, et il y en a abondamment". 



bretagne autrefois
SOURCIER BRETON BENOIT DUIRAT 

Lentement M. de Beaucorps se mit en marche. Nous le suivions muets et prodigieusement intéressés — les chiens eux-mêmes, trouvant nos allures étranges, avaient des mines affairées et complices — nous étions maintenant dans une prairie ; parmi l’herbe haute, des touffes de trèfle inscrivaient de larges damiers, des mauves faisaient un bouquet pile ; un coquelicot, unique, rougissait d’être tout seul tandis que de faux bleuets goguenards s’efforçaient à devenir plus bleus. Un cavalier fatiguant une superbe bête en voltes et demi-voltes, passait et repassait, intrigué par nos allées et venues. Maintenant M. de Beaucorps balançait an bout d’un fil une petite bouteille ; à de certains endroits, la bouteille devenait immobile ; de droite et de gauche on recommença plusieurs fois cette promenade, une fleur coupée indiquant chaque fois le point précis où la bouteille s’immobilisait. Puis le sourcier reprit sa baguette, qui refusait  en quelque sorte de dépasser les limites marquées par les fleurs jonchées. 




Ces limites sont celles de la nappe d’eau, de la rivière cachée, de la "source", ainsi qu’il est d’usage de s’exprimer. 




Saisissant dans sa trousse une antre baguette, M. de Beaucorps entreprit la recherche du point le plus favorable où creuser le puits. Puis, s’immobilisant et tapant d'un pied, il attendit que la baguette voulût bien se renverser. Un calcul simple lui permit de diagnostiquer la profondeur. Il recommença l'expérience deux fois et deux fois encore la réponse fut la même. 


saint pierre d irube autrefois
MADURE ST PIERRE D'IRUBE 1924
PAYS BASQUE D'ANTAN

La "prospection" était terminée mais ma curiosité n'était pas satisfaite. J'avais suivi et enregistré des gestes sans pouvoir m'expliquer leur genèse. La grande simplicité de M. de Beaucorps, son autorité grave, me poussèrent à le questionner.




l.a science du "sourcier" est indiscutable. Certes il lui faut des dons naturels (n'est pas sourcier qui veut), mais une étude sérieuse des phénomènes s'impose à lui, étude faite d'observations nombreuses et contrôlées ; l'empirisme n'est pas le seul facteur ; le "sourcier" digne de ce nom, doit posséder un bagage scientifique ; mathématicien, géologue, physicien, il doit être tout cela et plus encore, il doit "se connaître" lui-même et savoir analyser et classer ses sensations les plus fugaces. 




Et M. de Beaucorps, qui avait prévu mes questions, — tout "sourcier" est un peu "sorcier" — me montra des graphiques, des plans, des schémas où les lignes se croisent et s’entrecroisent, où les figures géométriques s'inscrivent en encres de différentes couleurs, où des spirales en pointillé s’enroulent à l'infini ; des chiffres, des lettres, des équations. Pour moi ce fut un grimoire, mais ce grimoire "le sourcier" le lisait aisément. 




Il y a là une science véritable fondée sur le "magnétisme", sur des ondes encore mystérieuses, sur des rayons encore innommés. Des livres et des traités ont été imprimés sur la matière, livres hermétiques pour les non initiés et pour ceux qui ne sont pas munis d'un sérieux bagage scientifique. En France, l'un des maîtres incontestés est Henri Mayer et, avec lui, Nicolles. 




M. de Beaucorps recherche encore les métaux, le pétrole ; il m’affirme qu'il y a du pétrole "en grandes quantités" à Lahonce, à Mouguerre. 




— Quelqu’un cherche à obtenir l’exclusivité de la recherche du pétrole, dit M. de Beaucorps. Si on n'y prend garde cette source de richesses incalculables échappera aux gens du pays pour devenir la propriété de sociétés étrangères. 




Pour démontrer l’efficacité de ses baguettes, M. de Beaucorps prie le propriétaire de cacher sa montre quelque part : dans un buisson, sous une motte de terre, derrière une pierre, sur une autre personne, dans l'herbe, etc., etc. 




Grâce aux indications de la baguette agile qui se démène la cachette est vite repérée. 




Je ne serais pas femme si je n'avais été tentée par le désir d’essayer à mon tour la vertu du bâton magique — le propriétaire l'avait déjà tenté, sans aucun succès d’ailleurs, la baguette demeurait inerte dans ses mains. 




Mais à peine l'avais-je touchée qu'elle se mit à tourner avec frénésie — je n'osais la lâcher et mes poignets tordus, me faisaient horriblement mal — et puis je ressentais des picotements intolérables comme les secousses que donne une pile électrique. 




M. de Beaucorps, me voyant pâlir, vint à mon secours ; il était temps : j'allais défaillir. J’ai donc constaté par moi-même des phénomènes extraordinaires, d’un ordre inconnu, affectant ma sensibilité, modifiant mon état physiologique, mais je n’ai pu saisir aucune relation de cause à effet.



 —-  "Sourcière en puissance ?... " 


— Peut-être, m'a dit M. de Beaucorps, mais l'initiation demande du temps, de la volonté et du travail."






Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1477ème article.


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