LES ORIGINES DU "TORO DE FUEGO" EN 1950.
Le toro de fuego est un spectacle pyrotechnique parodiant la corrida, présent dans de nombreuses fêtes taurines populaires. De tradition ancienne, leur forme actuelle a été conçu et breveté par l'artificier français Pierre Marmajou dans ses ateliers à Dax en 1889.
Voici ce que rapporta à ce sujet René Cuzacq dans le trimestriel Pyrénées : organe officiel du
Musée pyrénéen du Château-Fort de Lourdes, N° 1-2, le 1er janvier 1950 :
"Les origines du toro de fuego.
Crachant le feu, lançant de toutes parts ses fusées, poursuivant ou poursuivi par la foule, le toro de fuego est devenu l'un des éléments obligés de la liesse populaire. Chez nous, il ne remonte guère au-delà de 1890 : en 1888, le Congrès archéologique de Dax-Bayonne se rendit à Saint-Sébastien où la municipalité basque-espagnole lui offrit un "cezen-zusco". Dax imita cet exemple en 1895 à propos du Congrès pour l'avancement des sciences. Au même moment, le toro de feu fait son apparition à Bayonne.
Sa provenance espagnole et ibérique n'est pas douteuse. Mais que dire de ses lointaines origines ? Lorsque Philippe IV d'Espagne s'en va à l'Ile des Faisans rencontrer Louis XIV pour l'entrevue fameuse de 1660, ses sujets lui offrent en route des feux d'artifice divers, mais aussi le spectacle de toros aux cornes enflammées de poix et de résine, ou encore portant des bâts goudronnés de matières inflammables semblables. L'adaptation du feu d'artifice à une armature montée figurant un toro est donc plus récente. Il n'est que lire Ducéré pour voir comment Bayonne offre aussi au XVIIIe siècles de simples feux d'artifices à l'occasion du passage de grands personnages. En revanche, en 1843, visitant le Pays-Basque Espagnol, Victor Hugo note vers Saint-Sébastien le "cezen-zusco", adaptation basque de notre "toro de fuego" : c'est ce dernier terme que connaît le Pays-Basque français. Cinquante ans plus tard, le jeu s'introduit chez nous : il est donc venu d'Espagne, et du Pays-Basque espagnol, par son intermédiaire. Il s'agit simplement d'une transformation du jeu national du toro espagnol, dont l'histoire est par ailleurs bien connue. Ce qui n'empêchait pas l'Aragon, encore vers 1896, et sans doute d'autres provinces reculées de la Péninsule, de continuer l'amusement populaire du taureau dont on enflamme les cornes à l'aide de poix ou torches de résine : la foule court et fuit devant la bête affolée.
Le jeu est certainement très ancien. Mais c'est seulement son utilisation comme ruse de guerre qui nous est attestée. En 228 avant Jésus-Christ, le père d'Halmilcar Barca achevait de conquérir l'Espagne intérieure sur les Ibères et les Celtibères : pour lutter contre ses éléphants et sa cavalerie numide, les gens d'Hélice lancèrent des taureaux aux cornes enflammées, si bien que le général carthaginois périt et sans doute se noya dans la fuite éperdue de son camp et de ses troupes.
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| BUSTE D'HAMILCAR BARCA |
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