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vendredi 17 juillet 2026

LA CHASSE À LA PALOMBE À ETCHALAR EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1919 (troisième et dernière partie)

 

LA CHASSE À LA PALOMBE À ETXALAR EN 1919.


Les villages d'Etchalar, en Navarre et de Sare, en Labourd, peuvent s'enorgueillir depuis une époque immémorable de posséder une des plus belles, sinon la plus fameuse chasse aux pantières (filets verticaux) des cols Pyrénéens



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CHASSE A ETCHALAR NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



 Voici ce que rapporta à ce sujet Jacques de Saint-Pastou, dans le Bulletin mensuel de la Société 

Centrale des Chasseurs du 15 août 1919 :



"... La physionomie de la Chasse.



La cornetta des guetteurs signale le vol... Un appel... il s'agit d'un faible passage qui se dirige droit vers le col. Le directeur Cathon siffle pour indiquer que "tout va bien". Les chatars n'ont pas à intervenir. Mais voici que le vol file vers l'est.



— Uchuac ! Domikoa ! bota ! bota ! (Les palombes ! Domicoa ! jette ! jette !) crie le directeur.



Et le rabatteur de Domicoa lance ses palettes qui tombent dans les arbres en cassant des branches : instantanément le vol baisse en tournoyant ; puis les palombes veulent changer de direction et décrivent des cercles. Elles semblent se concerter avant de rebrousser chemin.



Un ordre bref part de la tour du directeur : les chatars agitent leur drapeau blanc. Thuitha, perché sur son arbre, Arrikoa, du haut de sa tour, heurtent les palettes l'une contre l'autre en faisant : "Hù ! hù ! hù !"



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LA TOUR PALOMBIERES SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Les palombes virent de nouveau et s'engouffrent à toute vitesse, vers la seule issue qui leur reste, vers le col.



En un rien de temps, de la Tour de la Mort, dix, vingt palettes rondes s'abattent sur le vol.



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LANCEUR D'EPERVIERS SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Désemparées par cette attaque imprévue, les palombes plongent avec la rapidité de l'éclair.



Au même instant, les filets s'étalent sur le sol.



"Arrayua !" Un cri de triomphe déchire l'air, auquel répondent par de joyeux irrinzinas les rabatteurs isolés.



Les palombes viennent des pays septentrionaux.



A l'automne, saison bénie des chasseurs, elles fuient à tire d'ailes vers les climats plus chauds du sud de l'Espagne, vers les ciels plus lumineux de l'Algérie et du Maroc.



Pour prouver la rapidité de leur course, on prétend avoir trouvé, en leur ouvrant le ventre, des glands de la Forêt Noire qu'elles n'auraient pas eu le temps de digérer. Mais, ce sont là, sans doute, des histoires de chasseurs.



Elles volent le bec au vent, en troupes assez disciplinées et, parfois, fort nombreuses : on en a vu passer plus de vingt mille le même jour.



En une saison de chasse, la palombière d'Etchalar a rapporté à la Société près de cinq cents douzaines de palombes et cent cinquante douzaines de tourterelles.





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FILETS PALOMBIERE SARE
PAYS BASQUE D'ANTAN


La plus belle journée fut de cent treize douzaines pour Sare contre cent huit pour Etchalar.



Sous mes yeux, le plus beau coup de filet fut de treize douzaines.



Les heures les plus favorables aux passages sont le matin jusqu'à onze heures et l'après-midi de quatre heures à la tombée de la nuit.



Les filets de la palombière d'Etchalar sont posés à dix mètres de la frontière, au nombre de cinq. On en compte six à Sare et à Lecumberry.



Chaque filet est soutenu par deux poteaux, peints en vert, de douze mètres de hauteur ; les filets sont inclinés vers la terre dans le sens opposé au vol : ils forment poche. Leurs mailles ont cinq centimètres de côté. Bien que solidement nouées, il arrive que les mailles se rompent sous la violence du choc et le nombre des palombes unis à la puissance de leur coup d'ailes.



Deux lingots de plomb de cinq kilos sont attachés à la corde maîtresse, qui tient horizontale la partie supérieure des filets. Lorsque le vol plonge, le filetier, par un ingénieux système de leviers, libère la corde maîtresse et le filet entraîné par le poids des plombs glisse le long des montants et recouvre le sol.



Les palombes sont mises en paniers sur le lieu de la chasse : les auxiliaires, armés de ciseaux, coupent le bord des ailes de celles que l'on ne destine pas au tir au pigeon ou à servir d'appeaux.



En été, on chasse la tourterelle. Toutes les palombes qui sont prises jusqu'au 29 septembre appartiennent à la "Société fermière des Tourterelles". A partir du 29 septembre jusqu'au 15 novembre, on ne chasse que la palombe. En hiver, on prend des bécasses.




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PANNEAU : PALOMBIERES D'ETCHALAR NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN

La chasse d'Etchalar — la plus ancienne du pays basque — date de trois cents ans. Elle appartient à trois Français : MM. Hernaudo, Leremboure et Abbadie et à deux Espagnols : el Marquès de Gaztelu et Viuda de A.



La palombière de Sare a vingt propriétaires.



Ces grandes chasses sont, dans la plupart des cas, louées à des entrepreneurs.



Dans les classes moyennes, les salaires se paient en nature. L'un des chasseurs préposé, au fur et à mesure qu'il encage les palombes, compte à voix haute :


"Ogaï-ta-zortzi ! ogaï-ta-bederatzi ! ogaï-ta-amar !" (vingt-huit ! vingt-neuf ! trente...)



Et il inscrit le total à la craie ; le soir, il additionne toutes les prises de la journée.



Le directeur de la chasse réunit son personnel et prélève une part pour le propriétaire du terrain, une part pour celui des filets, puis il délivre à ses auxiliaires une part ou une demi-part, selon la hiérarchie des fonctions.



Il appelle les rabatteurs par le nom de leur poste :


"Gaïkoa, tant de palombes... Amarikoa, tant..., etc..."



Le porteur d'eau et de cidre, le ramasseur de palas touchent quatre ou cinq palombes.



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PALAS ET TURUTA ETCHALAR NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le règlement de compte définitif, surtout s'il clôture une saison fructueuse, procure aux chasseurs l'occasion d'une fête.



Après les traditionnelles actions de grâce, les chasseurs se réunissent dans l'auberge du pays et mangent le bipherrada national (omelette aux piments).



Certains interrompent leur repas pour improviser des chansons sur le thème de la chasse.



Puis les gaïteros, les joueurs de chirulas et de tambourins accompagnent les danses ; le saut basque, le zortzico, l'aurrescu, véritable ballet qui se termine par un fandango endiablé.



Ainsi, pour cette race vigoureuse, les grands événements de la vie sont marqués d'une prière, d'une chanson et d'une danse."






Merci ami(e) lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.

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