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lundi 20 avril 2026

UNE CAMPAGNE POUR "L'ARC-EN-CIEL" À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1928 (première partie)

UNE CAMPAGNE POUR "L'ARC-EN-CIEL" À BIARRITZ EN 1928.


Le Couzinet 10, connu sous le nom d'Arc-en-ciel, a été le premier vol de l'aviation moderne.



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AVION L'ARC-EN-CIEL
PILOTE DROUHIN



Ce monoplan en bois, avec un moteur Hispano-Suiza de 180 chevaux, a été construit pour réaliser la traversée des océans.



Le 7 mai 1928, René Couzinet et Maurice Drouhin ont décollé de l'aérodrome d'Orly pour leur vol inaugural, mais l'avion s'est écrasé lors d'un vol d'essai le 8 août 1928, entraînant la mort de Maurice Drouhin et la blessure du mécanicien Georges Lanet.



Malgré cet incident tragique, l'Arc-en-ciel a été reconstruit et a effectué son premier vol en février 1932, marquant un tournant dans l'histoire de l'aviation.



Voici ce que rapporta au sujet de cet avion le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du 

Pays basque, le 27 septembre 1928 :



"Pour l'Arc-en-Ciel-Biarritz.


Il faut souscrire.



Il y a quelques jours, quelques semaines à peine, l'un des plus beaux rêves qu'ait réalisé un cerveau humain, dans le domaine des conquêtes aériennes, s'écroulait.



"L'Arc-en-Ciel", inventé par l'ingénieur René Couzinet, piloté par le grand as Drouhin, s'écrasait sur le terrain d'Orly, qui avait vu ses premiers essais, ses premiers vols, merveilleux témoignages du chef-d'oeuvre de l'air. Dans cette catastrophe s'anéantissaient deux hommes, une machine extraordinaire, un an d'efforts incessants, le bénéfice chèrement acquis de souffrances, d'inquiétudes et de difficultés sans nombre, le seul espoir raisonnable de succès qu'ait eu la France, cette année, pour le raid fameux Paris-New-York.




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DEBRIS DE L'AVION L'ARC-EN-CIEL
APRES L'ACCIDENT



Un homme surgissait, élevé à sa juste place, grandi par la douleur et la cruauté du sort, de cette effroyable tragédie. Cet homme, ce jeune homme presque un enfant, 24 ans qui, par son courage, son audace, sa fermeté d'âme et son invincible ténacité, avait réalisé magnifiquement un rêve merveilleux, cet homme se trouvait ruiné, vaincu par le destin.



C'est alors que la Municipalité de Biarritz, sur l'initiative de son maire, dont le fils est l'ancien condisciple de René Couzinet, a voulu aider à reconstruire l'"Arc-en-Ciel".



Elle a voulu, ne séparant jamais des intérêts du pays lui-même ceux de notre ville, consciente de la nécessité de survivre pour cet avion précurseur, partout maintenant affirmée et, d'un autre côté, comprenant que bénéfice légitime on pourrait faire naître d'une oeuvre désormais nationale, que Biarritz prenne la tête d'un mouvement en faveur de l'"Arc-en-Ciel".



A l'appel de la municipalité, spontanément et sans réticence, de tous les côtés, les concours les plus divers, les plus dévoués, se sont manifestés. Notamment et dès le premier jour, MM. le marquis d'Arcangues, président du Syndicat d'Initiative ; Paul Campagne, président de l'Union Commerciale, la Direction des Casinos de Biarritz, Charles Dufourg, Secrétaire général du Syndicat d'Initiative, Jean de l'Espée, directeur du "Courrier de Bayonne", André Fouchou, directeur de l'Agence Havas, Léonce Garnier, président de l'Aéro-Club Béarnais (section basque), Pierre Haristoy, administrateur délégué de la "Gazette", Jean Laborde, président d'honneur de l'Aéro-Club Béarnais (section basque), Lacouture, administrateur du "Sud-Ouest" de Bayonne ; Pierre Lafitte, président du conseil d'administration de la "Gazette", Larue de Charlus , président de "Biarritz-Association", Paul Peyta, président du Syndicat des Hôteliers, le "Progrès de Biarritz", J. Rosenthal, Sarraude, président de "Biarritz-Coopérative", Ricardo Soriano, le très sympathique industriel, le grand sportsman, sans cesse à l'affut de toute nouveauté, Alexandre, directeur de la Chaumière, Charles de La Rüe, rédacteur en chef de la "Gazette", Cyprien Labat, adjoint au maire, Raymond Touzaa, secrétaire général de la mairie de Biarritz, tous ceux aussi qui accomplirent la besogne anonyme, mais non moins utile.



Après les conférences du Casino Municipal et du Cinéma Palace, une souscription s'est ouverte à tous, accueillant les dons les plus généreux et les plus humbles offrandes. Cette souscription sera telle que tous les Biarrots et tous les amis de Biarritz la voudront.



Pour que revive l'"Arc-en-Ciel".


Pour qu'il soit désormais l'"Arc-en-Ciel-Biarritz".


Pour qu'au printemps prochain New-York puisse célébrer avec enthousiasme l'Aviation française, la France et Biarritz.


Pour la plus grande gloire de la France.


Pour la grandeur de notre Aviation.


Pour le triomphe, en tous lieux, de par le monde, de notre cité qui, Reine des Plages, est reine doublement, par la beauté et la générosité.



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BIARRITZ REINE DES PLAGES 
PLAGE DES ROIS
PAYS BASQUE D'ANTAN


Pour une grande oeuvre, où Biarritz doit trouver un nouveau triomphe.



IL FAUT SOUSCRIRE !


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DEMANDE DE SOUSCRIPTION 
POUR L'ARC-EN-CIEL-BIARRITZ



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Visite à René Couzinet, ses amis et ses collaborateurs.



Lorsque le Président de la République inaugure un Salon de l'Automobile ou de l'Aéronautique, cette expédition, d'apparence débonnaire, anodine et mondaine, est en réalité minutieusement organisée : les haltes à tel ou tel stand sont prévues selon l'importance des firmes ; ici 2 minutes, là 30 secondes.



Quelle ne fut donc pas la stupeur du cortège officiel, au dernier vernissage de l'Aéronautique, de voir, M. Doumergue s'arrêter devant le stand d'une marque encore bien ignorée et entrer positivement en conversation avec le constructeur, un jeune homme de 24 ans, dont la société qui porte son nom, la Société des Avions Couzinet exposait non pas un appareil, mais la maquette d'un avion tout récent.



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GASTON DOUMERGUE
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
DU 13 JUIN 1924 AU 13 JUIN 1931



Quoi ! tant de constructeurs dont les appareils se sont illustrés en de nombreux raids, qui sont les fournisseurs attitrés des sociétés et des ministères, n'avaient eu l'honneur que d'un banal arrêt présidentiel, et ce jeune homme, dont le "zinc", d'ailleurs absent, avait à peine volé, obtenait une conversation avec le Chef de l'Etat ?



C'était proprement scandaleux.



Au vrai, tout est extraordinaire dans le cas de René Couzinet, dont la carrière tient du roman, de l'épopée, de la bataille d'affaires, de l'aventure chimérique. Voilà cinq ans déjà que ce boursier de l'Ecole des Art et Métiers d'Angers prit ses premiers brevets. A 24 ans, son étonnante vocation fait de lui un constructeur, un navigateur, un créateur exceptionnel, dont le nom va parcourir le monde.



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RENE COUZINET



En doutez-vous ? C'est que vous ne l'avez point vu, c'est que vous ne connaissez pas les élans, la passion, les dévouements qu'a suscités sa confiance contagieuse ; c'est que vous ignorez les invraisemblables exploits accomplis par la lui et par la cohorte fidèle de quelques acharnés collaborateurs de Paris-New-York et retour dont les prochains jours vont voir la tentative. Tour à tour l'incertitude, les déceptions et la chance ont marqué les débuts de cette entreprise. René Couzinet avait pâli pendant des mois sur des projets et des dessins ; mais l'argent manquait totalement pour les réalisations premières. Il avait été ça et là reçu, accueilli, éconduit ou berné ; mais nulle part il n'avait trouvé d'aide efficace et d'appui vraiment sérieux. Allait-il donc falloir, la rage au coeur et l'esprit vaincu, tout abandonner, renoncer au rêve merveilleux qui habitait son esprit ?



Le triomphal exploit de Lindbergh avait poussé au paroxysme de l'exaltation, état d'âme si voisin du désenchantement total, notre jeune inventeur, qui accomplissait alors un stage d'officier de réserve dans un régiment d'aviation et qui, en cette qualité, assista à l'arrivée du célèbre aviateur. A son retour du Bourget, René Couzinet était si bouleversé que le patron de l'hôtel dans lequel il logeait lui offrit spontanément la moitié de sa fortune, soit cinquante mille francs, pour la réalisation de ses desseins.



Invraisemblable, mais vrai ! Il est juste de dire que cet hôtelier, M. Malet, était un ancien pilote dont Couzinet avait fait la connaissance au régiment et qu'il avait retrouvé par hasard, alors qu'affecté à Paris, il errait à l'aventure, sur le boulevard Magenta, en quête d'un gîte convenable pour abriter son séjour. Le sort le fit tomber sur le "Sphinx Hôtel..." Cinquante mille francs !



— Ma chance, me dit Couzinet, fut d'être alors un naïf et d'ignorer ce que pouvaient coûter la construction et la mise au point de mon appareil. Si j'avais pu savoir combien insuffisante devait être une pareille somme, à quels tours de force elle devait nous obliger par la suite, mes amis et moi, jamais je n'aurais eu la moindre idée d'entreprendre cette folie que je bénis et que je chéris aujourd'hui.



50 000 francs ! Ce devait être le quart de la somme nécessaire à l'achèvement de son oeuvre. Or, il a fallu, ensuite, trouver un million de plus que le total. Et l'opération n'est pas encore terminée. Alors, commencèrent d'invraisemblables démarches, de ces quêtes héroïques, de ces sollicitations inconscientes qui réussirent parce que la foi animait les frères mendiants. M. Sénèque, un journaliste parisien, homme précieux et universel, déploya dans ce genre d'entreprise un génie analogie à celui qu'il faut pour déplacer des montagnes. Il "tapa" à la ronde tous ceux qu'il pouvait taper, de façon enthousiaste, rationnelle et impérative. C'est bien plus d'un million qu'il trouva, en réalité, car il fallait emprunter pour rembourser ceux qui avaient prêté précédemment et qui n'avaient pas tous d'humeur, malgré l'apostolat touchant, à faire cadeau de leurs avances à ces insensés utopiques et tenaces... Un ami, qui débarquait d'Egypte était attendu sur ke quai de la gare. Il n'était pas sorti du hall qu'il avait donné 25 000 fr. Un entrepreneur de travaux publics, un commerçant en pâtes alimentaires, des groupements coopératifs, etc., etc., avancèrent des sommes importantes. La Vendée fut parcourue en tous sens. Pour l'enfant du pays, les bourses se délièrent avec empressement, avec élan. Un jour que M. Sénèque "tapait" un conseiller municipal suburbain, celui-ci lui lâcha plusieurs centaines de francs. Entraîné par cet exemple, le garde-champêtre du village, ému, offrit son obole : cent fr. Ainsi s'accumulaient les sommes, vites englouties par les échéances en nombre incalculable auxquelles il fallait faire face à des dates rapprochées : le 5, le 8, le 15, le 20 d'un même mois.



Malgré tout, l'on conservait sa dignité. l'on recherchait avidement l'aide des amis et les gestes spontanés, mais l'on s'insurgeait contre tout ce qui pouvait ressembler à une aumône. Un grand quotidien ayant offert d'ouvrir en ses colonnes de première page une vaste souscription nationale, l'on n'accepta pas cette séduisante proposition parce qu'elle supposait précisément une générosité anonyme, machinale et ignorante. Voilà l'histoire incroyable de cet "Arc-en-Ciel" qui va, dans quelques jours, rayer le ciel océanique de ses couleurs symboliques."



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AVION ARC-EN-CIEL DE COUZINET



A suivre...




(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et René Couzinet - Alchetron, L’Encyclopédie Sociale Libre)





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