L'ÉCRIVAIN PAUL-JEAN TOULET.
Paul-Jean Toulet, né à Pau (Basses-Pyrénées) le 5 juin 1867 et mort à Guéthary (Basses-Pyrénées) le 6 septembre 1920, est un écrivain et poète français, célèbre pour ses Contrerimes, une forme poétique qu'il a créée.
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| ECRIVAIN PAUL-JEAN TOULET |
Voici ce que rapporta à son sujet Pierre Labrouche dans le Bulletin du Musée Basque N° 21-22,
en 1942-1943 :
"P. - J. Toulet.
C'est de Paris également qu'il reverra en pensée la route de Jurançon où, allant dîner à l'auberge Lesquerré avec une gentille petite Paloise de ses amies, un comique malentendu fait prendre leur voiture pour celle de Monseigneur l'Evêque de Bayonne, qu'on attendait.
Ce fut par un soir de l'automne
A sa dernière fleur
Que l'on nous prit pour Monseigneur
L'Evêque de Bayonne,
Sur la route de Jurançon.
J'étais en poste, avecque
Faustine et l'émoi d'être évêque
Lui coupa sa chanson.
Cependant cloches, patenôtres,
Volaient autour de nous.
Tout un peuple était à genoux :
Nous mêlions les nôtres.
O Vénus, et ton char doré,
Glissant parmi la nue,
Nous annonçait la bienvenue
Chez Monsieur Lesquerré.
Un Jurançon quatre-vingt-treize
Aux couleurs du maïs
Et ma mie, et l'air du pays :
Que mon cœur était aise.
Ah ! les vignes de Jurançon
Se sont-elles fanées,
Comme ont fait mes belles années
Et mon bel échanson ?
Dessous les tonnelles fleuries
Ne reviendrez-vous point
A l'heure où Pau blanchit au loin
Par delà les prairies ?
II a écrit les vers que je viens de citer, probablement dans son appartement de la rue de Laborde à Paris, triste logis donnant sur une sombre cour, où j'allais parfois le voir. Il était là, couché la plupart du temps quand je le visitais l'après-midi. Il travaillait ou il méditait... une longue table serrée contre son lit, chargée de livres, de dictionnaires, de papiers en désordre, rassemblait ce dont il avait besoin. Mais aussi, souvent, soit déjà rue de Villersexel, son premier logement, ou rue de Laborde, il était malade, car sa santé était assez délicate. Il faut avouer que l'absence absolue de plein air, d'exercice, de mouvement, ces perpétuelles noctambuleries, ces nuits blanches passées dans les cafés et dans les bars, bien des abus, alcool, opium et morphine, cette vie qu'il avait adoptée, où il ne voyait jamais le soleil, à dire vrai, ne faisaient qu'aggraver un état de santé déjà peu brillant.
Quand je disais que la conversation de Toulet était pleine de paradoxes et d'ironie, il faut y ajouter un goût très vif pour la mystification. A la fin du livre, M. du Paur à l'agonie s'est déjà confessé, mais demande un vicaire de Saint-Augustin pour réparer, dit-il, un oubli auprès de lui. L'on entend un cri strident et l'on trouve l'abbé, évanoui sur le parquet ; et, déjà frappé du calme éternel, P.-B. du Paur étendu dans son lit, la face sereine à peine plissée d'un faible et mystérieux sourire.
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| LIVRE MONSIEUR DU PAUR PAUL-JEAN TOULET |
Je ne cachai pas à notre poète que ceci sentait par trop la mystification et que j'étais convaincu qu'il ne savait absolument pas ce qu'avait dit P.-B. du Paur au vicaire. "Détrompez-vous, me dit Toulet vivement, avec un rictus en coin, je le sais parfaitement, je vous assure ; mais je ne vous le dirai pas !!!"
Et quand il m'en fit la dédicace il écrivit de sa fine écriture soignée :
"A Pierre Labrouche, en attendant une meilleure édition de ce livre, sur lequel nous nous trouvâmes jadis en désaccord."
Toulet maniait à ravir le style épistolaire. J'ai conservé de lui pas mal de lettres et je crois que j'ai bien fait de ne pas consentir à les laisser publier, car elles étaient trop reliées à la vie intime, aux chagrins, aux soucis quotidiens de mon ami. J'ai cru cela préférable par déférence pour sa mémoire. J'en extrais néanmoins deux passages, l'un relatif à une somme assez ronde, tout ce qui lui restait, que Toulet confia après son départ de Carresse, à un gentilhomme béarnais, pour la faire fructifier en Indo-Chine et dont il ne reverra jamais un sou. Il ne se faisait, du reste, aucune illusion à cet égard.
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| VUE GENERALE AERIENNE DE 64 CARRESSE BEARN D'ANTAN |
"Cependant, m'écrit-il de la Rafette le 1er février 1908, on m'avertit de toutes parts que mes affaires d'Indo-Chine vont bien. Il faut entendre, sans doute, par là, que c'est M... qui va bien. Et c'est bien quelque chose. Le certain, c'est qu'il a chargé quelqu'un de m'avertir que notre affaire de distillerie était conclue et que je pouvais désormais me considérer comme riche. Moi, je veux bien. Et je me suis mis aussitôt à me traiter avec le plus grand respect. Le diantre est de faire partager cette considération par une centaine de fournisseurs huileux, de vénéneux cabaretiers et d'hommes de phynance.
Adieu, cher ami, je vous aurais remercié plus tôt si mon train-train n'était tout détraqué par la maladie d'une de mes parentes et non des moins chères, qui est depuis quelques jours entre la vie et la mort et sans espoir. Vous savez certainement que toute famille se compose de gens qu'on déteste et de gens qu'on aime. Il est mélancolique que ce soit toujours à ceux-ci que le malheur s'attache."
Une autre lettre de la Rafette :
"En dehors de cela j'étudie le grec, je lis le Magasin Pittoresque, je bourre mes neveux d'idées fausses — à défaut de bonbons — ou bien d'une de mes fenêtres qui donne sur l'Orient, je regarde les bateaux qui passent sur la Dordogne. A distance, comme ça, ils ont l'air heureux, légers et blancs. Je suppose que, de près, ce sont des raffiaux de la plus révoltante malpropreté."
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| MAGAZINE LE MAGASIN PITTORESQUE 1850 |





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