vendredi 22 juin 2018

GUETHARY - GETARI EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN NOVEMBRE 1889

GUÉTHARY EN 1889.


En 1889, la commune de Guéthary compte environ 600 habitants.

guethary autrefois
CAFE DE MADRID GUETHARY - GETARI
PAYS BASQUE D'ANTAN

Voici ce que rapporta le journal Le Figaro dans son supplément littéraire du dimanche du 2 

novembre 1889, sous la signature de Gustave Guiches :


"Une des distractions en honneur à Guéthary, la seule même loisible aux visiteurs sédentaires, consiste à venir s'asseoir sur la terrasse du café de Madrid, en face de l'Océan, pour lire des journaux de la veille ou déguster des consommations variées selon les heures du jour.



Facultative par les après-midi de soleil qui permettent les excursions lointaines, cette distraction devient une suprême ressource lorsque la pluie, s'obstinant à dérober les paysages et à gâcher la poussière des chemins, consigne dans leur chambre close aux tristesses du dehors les plus intrépides promeneurs. Alors ceux qui sont venus dans cette province méridionale, sur la foi des légendes, se considèrent comme lésés en leurs droits au beau fixe, et récriminent contre la déloyauté de la saison, car ils estiment que la jouissance du "ciel d'azur" était moralement stipulée dans le prix de leur séjour. Mais ceux, plus philosophes, qui se résignent aux fantaisies du temps, trouvent, dans ces longues pauses au café de Madrid, de précieuses compensations.


guethary autrefois
CAFE DE MADRID GUETHARY - GETARI
PAYS BASQUE D'ANTAN

Derrière les grandes portes vitrées qui réduisent les étendues à l'étroite mesure de leurs cadres d'aquarium, le regard s'embarque au loin sur les perspectives de la mer. Un tel spectacle dédommage, à lui seul, des ascensions ou des courses sur les grand'routes, à la recherche de points de vue renommés. 




A côté de ces souveraines visions d'Océan, il en est de moins lyriques sans doute, mais néanmoins pourvues d'un intérêt spécial. Des berlines aux bâches ruisselantes viennent s'arrêter à la porte de l'hôtel, en face du café. Des chasseurs traqués par la pluie entrent, escortés de chiens courants qui, le museau rasant des pistes imaginaires, traînent leurs oreilles dans l'arrosage du plancher. Aux heures d'arrivée des trains, l'unique salle s'emplit de consommateurs, qu'on croirait venus moins pour s'abriter contre l'averse ou "causer affaires", en compagnie de bocks, que pour une visite de cordial voisinage au propriétaire de l'établissement. Des rentiers de Bayonne, des prêtres appartenant à de proches paroisses, des Parisiens en villégiature et des notables de la commune composent la clientèle quotidienne, à laquelle se joignent des inconnus de passage, voyageurs de commerce ou simples colporteurs.


guethary autrefois
CAFE DE MADRID GUETHARY - GETARI
PAYS BASQUE D'ANTAN

De toutes ces physionomies, pour la plupart exemptes de relief, la seule attachante est celle du patron. Gras, rasé de près, la tête toujours couverte du béret basque qui s'adapte à ses tempes un peu comme une barrette ecclésiastique, sa parole est affable, débitée dans des sourires, par des lèvres qui se complaisent à parler.




Il circule autour des tables, sans se hâter, d'un pas méthodique et silencieux qu'on dirait chaussé d'escarpins, et il dépose les consommations avec prudence, s'efforçant d'éviter sur le marbre le bruit qui pourrait provenir du choc des soucoupes ou des plateaux. Puis il reste debout près de celui qu'il vient de servir, l'interroge sur sa santé ou sur l'état de ses habituelles occupations. Du reste, cette courtoisie si empressée qu'elle soit exclut toute apparence d'obséquiosité. La figure est d'expression loyale, laisse transparaître une admirable limpidité de conscience et gagne d'emblée la sympathie par les intelligentes nuances du regard.


guethary autrefois
CAFE DE MADRID GUETHARY - GETARI
PAYS BASQUE D'ANTAN

- Il est venu des écrivains quelquefois dans notre localité, me dit un jour le patron du café de Madrid en s'asseyant en face de moi, - et, caressant l'une avec l'autre ses mains épiscopales, il semblait méditer un récit.



Encouragé par l'assentiment que j'avais exprimé d'une inclinaison de tête : 


- Je désire vous demander, reprit-il, si l'un d'eux ne vous serait pas particulièrement connu?



Après une pause réfléchie durant laquelle il chassa d'un geste doux et persuasif les mouches qui voltigeaient autour de ma tasse, le propriétaire ajouta :


- Certainement, vous le connaissez !



Au fin sourire d'enjouement que je voyais poindre sur ses lèvres, je crus comprendre qu'il préparait une surprise et, par ses lenteurs calculées, économisait l'effet d'une saisissante révélation.



- Voulez-vous me nommer cet écrivain ? demandai-je. Il me sera très facile de vous dire si je le connais.


- Il est mort, objecta le patron avec l'accent d'une sincère douleur.


- Depuis longtemps?


- Mon Dieu, non. Depuis un an tout au plus, je crois.



Je récapitulai dans mon souvenir les célébrités défuntes vers la date qui m'était indiquée; mais, comme les noms glorieux refusaient de se présenter à ma mémoire, je renouvelai ma question :

- Vous ne pourriez pas me dire comment s'appelait cet écrivain ? 


- Si, monsieur, je puis vous donner son nom. Il s'appelait monsieur René. 


- Monsieur René!... Mon exclamation provenait d'une stupeur visible que mon interlocuteur attribua sans doute à quelque saisissement d'admiration respectueuse causée par le simple nom du grand homme qu'il avait connu. Je crus, un instant, à une mystification, peut-être inopportune, à laquelle, pourtant, j'aurais applaudi volontiers. Mais un seul regard sur le visage du propriétaire suffit à dissiper ce soupçon. Car il souriait, triomphant, comme s'il venait de nommer Shakespeare, et son sourire me disait :

- Je savais bien que vous le connaissiez !


- M. René! repris-je. Etes-vous bien sûr qu'il s'appelait M. René tout court ? René, ce n'est qu'un prénom. N'avait-il pas un nom de famille ? 



- Pas que je sache, monsieur. Vous ne le connaissiez donc pas ?



- Non, répondis-je. Je n'ai jamais entendu parler de M. René. Cependant, ajoutai-je, pour me réhabiliter aux yeux du patron, il est fort possible que votre ami fût très célèbre en province, mais je suis obligé de vous dire qu'à Paris il était totalement inconnu.



Le propriétaire restait fidèle à son idée.



- C'est inexplicable, murmura-t-il. Pourtant, je sais qu'il était connu, même à Paris, surtout à Paris.



- Comment le savez-vous?



- Je ne pourrais vous dire... Je le sais... je le sais... par toute sorte de détails... D'abord, M. René était très riche, et il a gagné sa fortune en écrivant. Il me l'a dit.



J'objectai :


- Cela prouverait, dans tous les cas, qu'il avait une certaine imagination. 


- Oh non, monsieur. Je comprends très bien vos paroles. Vous voulez dire que M. René a... blagué, comme on dit à Paris. Ne croyez pas cela. M. René n'était pas capable de mentir.


- Mais, enfin, les Parisiens qui viennent ici chaque année le connaissaient-ils ?


- Non, monsieur. Ils m'ont tous répondu comme vous. Mais c'était moins étonnant. Ces messieurs ne s'occupent guère de littérature. Ce sont des fonctionnaires, la plupart, des chefs de bureau. Il y a même dés conseillers d'Etat. Comme vous voyez, ils n'ont rien de commun avec les arts.


- En effet, répondis-je. Cependant, ils ne sont pas sans connaître les auteurs qui méritent leurs suffrages. Ils ont certainement entendu parler de Victor Hugo et de quelques autres...


- Sapristi! si je pouvais me rappeler le titre de cet ouvrage qui a fait tant de bruit et qui lui a fait gagner tant d'argent! Mon Dieu, comment cela s'appelait-il ? Parbleu! le nom me reviendra quand vous serez parti, quand il ne sera plus temps. C'est toujours comme ça. Et dire que si je pouvais seulement retrouver le titre de cet ouvrage, vous conviendriez tout de suite que j'ai raison!... Attendez, j'ai des lettres que M. René m'a fait l'honneur de m'écrire. Peut-être qu'en voyant l'écriture vous vous souviendrez.



Le patron disparut un instant, puis revint et dispersa sur la table une liasse de missives jaunies dont les coins avaient troué les angles des enveloppes qui les contenaient. J'en ouvris quelques-unes. J'examinai l'écriture avec une vive attention mais elle était si parfaitement dénuée de traits distinctifs qu'elle ne ressuscitait pas en ma mémoire de souvenirs particuliers. Je parcourais des yeux ces autographes et je renonçais à toute trouvaille, lorsque le nom d'une localité voisine de Paris intéressa soudainement mon regard. Au bas d'un billet, je venais de lire : Athis, ce vendredi soir. Et, sur ce simple nom d'Athis se faisait en mon esprit une association d'idées, instantanée, pleinement éclairée par le rappel immédiat d'un article du Figaro coïncidant avec la date même que le patron avait assignée à la mort de son illustre ami. Ma curiosité s'étant aussitôt éveillée, je repris la correspondance explorée trop sommairement, et je recherchai dans les lignes de M. René quelque phrase, un détail, un nom qui confirmât mon pressentiment. Mais, à cet instant même, mon interlocuteur me saisit le bras, et la voix frissonnant d'émotion :


- J'ai trouvé! monsieur, j'ai trouvé !


- Quoi donc, le titre de l'ouvrage? 


Dites, comment cela s'appelait-il?


- Le Panache! s'écria-t-il victorieusement. Cela s'appelait le Panache, monsieur.


pays basque autrefois
LE PANACHE EDMOND GONDINET
PAYS BASQUE D'ANTAN

- Le Panache! dis-je à mon tour. Je m'en doutais. Eh bien vous aviez raison, absolument raison, j'en conviens. M. René est une célébrité. Il était et sera, malgré sa mort, longtemps encore connu même à Paris, et surtout à Paris, comme vous disiez.. Seulement, il ne s'appelait pas M. René. Il se nommait Edmond Gondinet.



- Edmond Gondinet! reprit le propriétaire avec un hochement de tête incrédule. Si c'était là son vrai nom, pourquoi se serait-il fait appeler M. René? 



pays basque autrefois
EDMOND GONDINET
PAYS BASQUE D'ANTAN

- Pour échapper aux "raseurs", répondis-je spontanément. Puis, croyant apercevoir une ombre chagrine sur le visage de mon interlocuteur et me rappelant qu'il était barbier, d'ailleurs moins par métier que par obligeance, j'expliquai le terme dont je venais de me servir.


- M. Gondinet, dis-je, était poursuivi par une légion d'auteurs en peine, le suppliant de les aider à faire des pièces de théâtre, et c'est sans doute aux sollicitations de ce genre qu'il voulait se soustraire en se faisant appeler M. René. 


- Vous m'étonnez beaucoup. Il était si serviable!...


- Vous m'avez dit, je crois, interrompis-je, qu'il avait une villa dans les environs ? 


- Oui, monsieur, une habitation superbe, à mi-chemin de Guéthary à Saint-Jean-de-Luz. 


- Vous voyez que j'avais raison. Personne ne connaissait cette retraite de Gondinet. Peut-être quelques rares amis, sur la discrétion desquels il pouvait compter et qui ont gardé ce secret religieusement.



- En effet, accorda le patron. Il n'y avait pas souvent de visiteurs à Mayarko. M. René ou Gondinet, puisqu'il parait que c'était son vrai nom, ne recevait que des parents.



- A quelle époque est-il venu dans le pays?



- En 1884, au printemps. Il était descendu à l'hôtel; mais je le voyais tous les jours, l'après-midi. Nous passions quelques heures ensemble sur la terrasse du café. Il me disait que le pays lui plaisait beaucoup qu'il avait parcouru toutes les côtes de France et de l'étranger, mais qu'aucun endroit ne lui avait convenu comme nos falaises du golfe de Gascogne.



- Vous devriez vous fixer dans nos parages, lui disais-je.



- Je ne dis pas non, répondait-il. Si je trouve l'emplacement que je rêve, j'y ferai certainement bâtir une maison selon mes goûts.



Un jour, nous allions à Saint-Jean-de-Luz par la falaise. M. René, je veux dire M. Gondinet, marchait devant moi, s'arrêtant quelquefois pour le coup d'œil, puis repartant de plus belle, grimpant sur les roches, frisant les précipices sans broncher, car il avait un véritable pied d'isard. Subitement, je le vois qui m'appelle de loin, avec de grands gestes et, comme je ne venais pas assez vite, il se met à me crier :



- J'ai trouvé ce qu'il me fallait. Dépêchez-vous. C'est magnifique. Venez voir!



saint jean de luz autrefois
MAYARKO ST JEAN DE LUZ - DONIBANE LOHIZUNE
PAYS BASQUE D'ANTAN

L'endroit d'où il me hélait s'appelle Mayarko; vous le connaissez, n'est-ce pas ? Il avait raison, oui,  de dire que c'était beau. Devant soi, la pleine mer, d'un côté les monts d'Espagne, et de l'autre la demi-lune du golfe formée par le pays basque français. Je ne pourrais pas vous donner une idée juste de l'enthousiasme de M...Gondinet.



- Il faut acheter le terrain tout de suite, disait-il. Je veux que ce soit bâti dans trois mois au plus tard parles ouvriers de ce brave pays. Vous verrez, ce ne sera pas un château "d'esbrouffe", mais une maison très simple et très confortable, tout ce qu'il y aura de plus confortable. Je ne lésinerai pas. Moi, voyez-vous, je sais "dépenser cent mille francs dans une heure et les regagner dans huit jours".



C'est moi qui négociai l'achat du terrain. Le propriétaire, voyant qu'il avait affaire à un étranger pressé d'acheter et disposé à de gros sacrifices, tenait la dragée haute. La terre ne valait pas plus de trois cents écus. M...Gondinet la paya seize mille francs. Il a eu, lors de la construction de son château, bien des désagréments avec les entrepreneurs du pays dont il voulait faire la fortune. Tenez, voici une lettre de son architecte. Vous pouvez juger de ces ennuis par la plainte qui est contenue dans cette phrase : M. René a toujours envie de faciliter, à ceux qui commencent, les moyens de se faire un avenir. Cela lui réussit bien rarement. Et avec le maire et le conseil municipal de Saint-Jean-de-Luz, c'était des démêlés interminables Mais autant il était dur avec eux, autant il était coulant avec les ouvriers qu'il prenait dans la localité. "- J'ai arrangé mon budget, me disait-il, et j'ai réservé, pour chaque année, une somme de trente mille francs, destinée à donner du travail aux ouvriers, vos compatriotes."Enfin, sa maison a été construite à peu près comme il voulait, mais ça n'a pas été sans peine, et il a fallu du temps. C'est très beau et très grand. Il y a une salle dans laquelle se trouvent plusieurs de ses bustes, un entre autres, en bronze, sur le piédestal duquel j'ai lu - parbleu! c'est vrai, maintenant, je comprends - oui, j'ai lu : A Edmond Gondinet, souvenir de la centième du "Panache". Je n'avais pas très bien compris cette inscription. Il me l'expliqua : "- Le Panache, me dit-il, est une pièce de théâtre que j'ai fait jouer dans le temps et qui a eu cent représentations; mes amis me firent cadeau de ce buste pour fêter ce succès." Seulement, Gondinet...je croyais que c'était un nom de guerre comme les auteurs en prennent quelquefois.



- Est-ce qu'il s'occupait beaucoup de sa propriété ? demandai-je à l'obligeant patron.


- Oh! monsieur, c'était sa passion; et, d'ailleurs, il vous est facile de vous en rendre compte par les lettres qu'il m'écrivait. Tenez, en voici une :


"Je ne vous ai pas écrit, parce que je comptais toujours aller à Mayarko aussitôt que le conseil municipal aurait pris une décision pour le morceau de falaise que demande L***.


Je n'entends plus parler de rien, et je suis résolu à ne pas aller à Mayarko avant que tout soit terminé. Ces lenteurs sont vraiment bien agaçantes et je finirai par me dégoûter de ce beau pays.


Je vous serais bien reconnaissant si vous vouliez aller en vous promenant jusqu'à Mayarko et me dire comment sont les plantations, comment se comporte le talus de la terrasse sur la mer, si les tamarins et les acacias y poussent bien, si les vaches et les ânes n'y font pas de dégâts, si les bourrasques n'ont pas abîmé nos arbres et nos arbustes, si les allées ne sont pas ravinées, si la maison des paons se comporte bien..."


Et cette autre :


"Je vois que mes plantations résistent assez bien, et c'est très important. Tout l'agrément de la propriété est là, après la mer. Je ne suis pas encore remis, il s'en faut. Mais nous comptons toujours aller à Mayarko à la fin d'avril.



La nouvelle des paons me fait le plus grand plaisir, et nous sommes enchantés d'apprendre que Mlle Jeannette soigne bien ses pensionnaires. Elle en sera récompensée. J'ai négligé de vous répondre pour le petit cheval. J'en avais acheté un la veille."



Les quelques lignes extraites d'une lettre, de très peu de temps antérieure à sa mort, attestent que la douloureuse préoccupation de sa maladie dominait alors le souci pratique de sa propriété : 


"Voilà bien longtemps que je voulais répondre à votre excellente lettre. Mais j'ai encore été souffrant cet hiver. J'aurais grand besoin du bon soleil de Mayarko. Les médecins me retiennent. Je compte bien, pourtant, que nous irons vous voir en avril. 



Je n'ai pas encore pu m'occuper de la maison à construire. M*** a passé l'hiver en Provence et, d'un autre côté, je suis un peu inquiet sur le résultat de mes plantations.



Si, par un jour de beau temps, vous alliez vous promener jusqu'à Mayarko, vous seriez bien aimable de me dire comment tout cela se comporte. Nous n'avons pas eu de nouvelles depuis » longtemps."



- Monsieur, reprit le patron en ficelant le paquet de lettres reclassées avec une pieuse méthode, vous n'avez pas connu M. Gondinet. Vous ne pouvez savoir jusqu'à quel point allait sa bonté, tant vis-à-vis des malheureuses gens que des animaux. Il a défendu, monsieur, qu'on tuât aucune des bêtes domestiques qui peuplent sa basse-cour. Elles doivent vieillir dans l'abri qu'il leur a donné, et elles mourront seulement quand leur temps sera venu.




Je suis allé voir, par un après-midi d'automne suavement triste, ce château de Gondinet inconnu de tous, cet ermitage perché sur la rugueuse falaise de Mayarko, ce donjon moderne où il emprisonnait bienheureusement sa vie intime, à de tels escarpements imprenable pour les plus aventureux chercheurs de collaborations. Sur les murs d'enceinte, des gerbes de roses s'effeuillaient au vent de mer, jonchaient la route qui va le long des crêtes, se cabrant aux montées et dégringolant dans le vertige des précipices. Le soleil se couchait, allumant ses bûchers, là-bas, aux lointaines côtes de Santander.




A la pointe d'une cabane rustique, un paon faisait la roue, déployant un éventail de chatoyantes planètes qui s'épanouissaient aux mourantes clartés. Le château s'enveloppait de silence dans la pure magnificence de ce décor suprême qui, bien des fois - il est permis de le croire - consola Gondinet des mensonges de la mise en scène et des frauduleux paysages brossés dans la verdure légumineuse des toiles de fond. 




Le patron du café de Madrid m'accompagnait en cette promenade qu'il avait faite, jadis, avec celui dont il évoquait, comme un titre de gloire, la flatteuse amitié. Il cheminait près de moi, soupirant, et j'observais son honnête visage, admirant cette simplicité candidement ignorante qui lui, avait fait prendre pour un pseudonyme le nom d'Edmond Gondinet!"





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