lundi 4 juin 2018

LES TRAMWAYS DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


LES TRAMWAYS DE BAYONNE EN 1923.


Alors qu'on parle aujourd'hui de déplacements "propres" en ville avec des tramways ou trambus, ce n'est pas une nouveauté car le Pays Basque Nord en possédait déjà en 1923.

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Voici ce qu'en a rapporté la presse locale, en particulier la Gazette de Bayonne, de Biarritz et 

du Pays Basque, dans diverses éditions :


  • le 19 février 1923 :

"Les pourparlers entre le P.O.M. et la Municipalité de Bayonne seraient en bonne voie.



Après le vote du Parlement approuvant l'augmentation du capital garanti par la Compagnie du Midi à la Compagnie des Voies Ferrées Départementales, les travaux du chemin de fer à crémaillère de la Rhune, du tramway de Bayonne à Hendaye et des tramways de pénétration dans le Pays Basque vont être repris et poursuivis avec activité selon toutes les prévisions. Le public est, cela va sans dire, satisfait de cette nouvelle, dans tout le département.


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Le public de Bayonne, pour sa part, ne serait pas moins heureux d'apprendre qu’on va passer à l'exécution du réseau des tramways urbains dont on parle depuis si longtemps.




Il n'est personne à Bayonne qui ne connaisse la situation par le menu. On sait toutes les difficultés, les hésitations, les résistances même auxquelles la municipalité s’est heurtée lorsqu'il s'est agi de la ligne de Bayonne au Boucau, si bien qu'elle a dû laisser la municipalité de cette ville seule juge pour l’instant du tracé à adopter, des décisions à prendre et des pourparlers à entamer avec des compagnies de transport, qui restent encore à trouver, pour l’exécution de cette ligne. 


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De même, pour les lignes urbaines telle que celles de Saint-Pierre d'Irube et de Saint-Etienne, il faudra sans doute aux habitants de Bayonne centre et de Bayonne faubourgs, quelque patience avant de les voir tracées, posées et mises en exploitation.
Mais il est cependant une voie dont ils réclament l'exécution dans le délai le plus bref, c'est celle qui doit raccorder la gare du Midi à la gare du B. A. B.. Ils ne sont d'ailleurs pas seul à exprimer ce désir; les voyageurs qui débarquent à la gare du Midi et qui se rendent à Biarritz; ceux qui, d’autre part viennent de cette dernière ville et que leurs affaires ou un voyage appellent dans le quartier de la gare, à Bayonne, demandent eux aussi que la voie de raccordement soit posée et exploitée avant qu'il soit longtemps. 





On se souvient que la Compagnie des tramways P. O. M. d'abord concessionnaire de cette ligne, en même temps que d’autres et qui avait lait des études et des premiers frais pour passer a l'exécution tic ses engagements, avait finalement abandonné sa concession. On se souvient aussi que la municipalité de Bayonne était a la recherche d'un autre concessionnaire. 


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Or, un fait nouveau s est produit tout récemment. La Compagnie du P.O.M. a formulé, nous dit-on, une seconde demande de concession, tout au moins en ce qui concerne la ligne Gare du Midi-Gare du B.A.B. 



Les pourparlers, à l’heure qu’il est, seraient en bonne voie. On pourrait même s'attendre à les voir aboutir très prochainement, il se pourrait que, dans ces conditions, la ligne en question soit livrée cet été au public. 



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Mais étant données les difficultés économiques présentes, il a fallu, croyons-nous savoir, que la Compagnie P.O.M. et la ville de Bayonne se mettent d’accord sur les conditions dans lesquelles aurait lieu l’exécution des travaux et l'exploitation de la ligne nouvelle, conditions qui auront probablement leur répercussion sur l'exploitation d une autre ligne, celle du B.L.B., et sur ses tarifs. 




Il est difficile, à l’heure présente et alors que les conditions d'exploitation d une voie ferrée comportent tant d'aléas, de trouver une compagnie concessionnaire qui ne demande pas aux municipalités de sérieuses garanties avant d'entreprendre les travaux et de livrer ses voitures au public. 




Ainsi advient-il, d après les renseignements que nous avons pu recueillir, de la Compagnie P.O.M. 


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Pour amortir le capital engagé et pour en payer les intérêts, la ville autoriserait la compagnie du B.L.B. à augmenter ses tarifs. 




On n’ignore pas que celle dernière a de puis longtemps formulé des demandes d'augmentation de tarif. Un différend avait même surgi entre la ville de Bayonne et le B.A.B., différend qui n a pas encore reçu de solution et qui reste à trancher par le Conseil de préfecture, à moins encore que le Conseil d'Etat ne soit appelé à en connaître. 


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Néanmoins la ville qui ne saurait ignorer que les conditions d’exploitation de toutes les entreprises industrielles et de transport ont changé depuis la guerre et que la main-d'oeuvre et les matériaux ont augmenté de prix, a consenti pour une période, qu’elle renouvelle tous les trois mois, une augmentation des anciens tarifs du B.L B. qui se chiffre à 25% en plus ces tarifs d’avant-guerre. Mais la compagnie du B.L.B. déclare que cette augmentation est insuffisante pour permettre une augmentation régulière. 




Peut-être une occasion se présente-t-elle de mettre fin au différend toujours existant de donner satisfaction à la compagnie du B.L.B. en lui permettant l’augmentation de ses tarifs, dans une certaine mesure, mais en tout cas au-dessus de 25 % et de réaliser enfin l'exécution et l'exploitation de cette ligne de la gare du Midi à la gare du B.A.B. 




C'est sur ces bases qu’un accord interviendrait, croyons-nous. entre la municipalité et la compagnie P.O.M. 




Il y a lien d’ajouter que si les usagers locaux ce la ligne du B.L.B. sont appelés évidemment à payer leur part de l’augmentation des tarifs, ce sont surtout les étrangers si nombreux en été — époque à laquelle on le sait, le B.L.B. est envahi et l’on peut dire littéralement pris d’assaut à chaque départ — ce sont surtout les étrangers, disons-nous, qui en feront surtout les frais, d'autant plus que dans l’arrangement à intervenir, il serait entendu — pensons-nous — que les abonnements ne seraient pas augmentés.


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Tel serait l'état actuel des pourparlers.



S'ils aboutissent comme il y a lieu de le penser, on peut s’attendre à ce que le projet soit soumis prochainement à l’examen municipal de Bayonne. 



Pour ce qui est de l'exploitation et du tracé de la ligne, nous aurons l'occasion d’en reparler."



  • le lendemain, le 20 février 1923 :

"De la gare du Midi à la gare du B.A.B.


Le tracé de la ligne : Rue Bernède ou Quai de la Nive ? 



Nous avons dit hier l’espoir que suscitent les pourparlers actuellement en cours, de voir réaliser cette ligne de tramways, qui ira de la gare du Midi à la gare du B.A.B., dans un délai assez rapproché. Nous avons montré grâce à quelle entente cette solution interviendrait. 


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Il nous reste à ajouter quelques renseignements et réflexions à ce premier aperçu, pour indiquer ce que pourrait être le tracé de cette ligne et faire connaître les commentaires auxquels il donne lieu d'ores et déjà. 



On sait, pour le voir chaque fois qu'on franchit le pont Saint-Esprit, qu’un tronçon de la ligne future est déjà posé, de bout en bout du pont. Ces rails, qu'on a placé alors qu'on procédait à la mise en état de la chaussée qui enjambe l’Adour, et qui ne font rien, ont déjà donné lieu à d'amusantes méprises. L'histoire a été contée, et est rigoureusement exacte, de voyageurs attendant près de la voie que passe le tramway pour pénétrer dans le cœur de la ville. 



Si tout va bien, il ne sera pas longtemps avant que les voitures du P.O.M. circulent effectivement sur la voie directement prolongée vers les deux gares. 



Reste la question du trajet. De la gare du Midi au pont Saint-Esprit, il est tout indiqué : il longe la place pour arriver à la tête du pont. De l’autre côté de l’Adour et de la Nive, c'est une autre affaire. 



On se souvient qu’il avait été suggéré, fort judicieusement, qu'une chaussée soit tracée le long du quai de la Nive, pour aller aboutir, en suivant le quai, aux Allées Marines. On détournait, par ce nouveau chemin, tout le gros transport industriel  et commercial, par camions automobiles ou attelés qui mettent en mauvais état le sol de la chaussée de la place de la Liberté et celui de la rue Bernède. La ville y gagnera encore en élégance, à la satisfaction de nos hôtes. 



On avait donc songé à faire passer, après le remaniement de la place de la Liberté la nouvelle ligne de tramway par la voie ainsi prévue. On avait été amené d’autant plus naturellement à cette conception que certains riverains de la rue Bernède exprimaient — et expriment encore — la crainte que le tramway, en passant, n’ébranle les maisons. Mais beaucoup de nos concitoyens redoutent d’autre part, que le tournant brusque tout aussi bien que la large courbe que serait obligé de faire le tramway au tournant du pont Mayou, pour prendre la voie du quai, ne soient une cause d’accidents continuels à cet endroit où la circulation des piétons, des bicyclettes et des véhicules est si intense, à certaines heures. Des techniciens ne se sont pas fait faute de partager cet avis. Les mêmes techniciens déclarent que les craintes des riverains de la rue Bernède quant à l’ébranlement du sol par suite du passage du tramway sont illusoires. Ils citent cet exemple de la Féria, qui fut pourtant construite sur un terrain naguère mouvant, et qui ne subit aucune trépidation du fait du passage des tramways du B.L.B. 



Ainsi donc, pas d'inconvénient, à ce point de vue, à ce que le tramway effectue son parcours par la rue Bernède et l’avenue Bonnat. Dans le projet précédent, c’est-à-dire, l'établissement de la voie le long du quai, il avait été envisagé encore que les rails, après avoir suivi le bord de la Nive jusqu’à l’entrée de la place d'Armes de ce côté, tourneraient pour passer derrière la mairie, traverseraient et entreraient ensuite rue Thiers, tourneraient à nouveau près du Château-Vieux pour prendre l’avenue récemment ouverte et feraient enfin un dernier crochet pour rejoindre la gare du B.A B. 



Il semble que ce projet ait été abandonné pour revenir au tracé le plus direct, c’est-à-dire par la rue Bernède et l’avenue Léon Bonnat. 



Mais un autre point de vue s'impose à l'attention des constructeurs et de la municipalité. Comment seront disposés les fils pour la traction ? 



Sur le pont Saint-Esprit, les fils soutenant celui avec lequel prend contact le trolley, traverseront le pont, d’un lampadaire à l'autre. L’effet, il faut bien le dire, ne sera pas des plus heureux. On aurait put-être pu le prévoir autrefois et placer les pylônes, surmontés de grands globes électriques au milieu du pont et au centre de petits refuges allongés. On voit dans d'autres villes cette position avec des pylônes dont la forme n’offense pas trop le regard. On aurait peut-être pu prévoir encore la traction souterraine. Il est certain que les fils vont donner au pont Saint-Esprit, dont la perspective est si belle, l'aspect d'une sorte de cage. 



Nous n'ignorons pas qu'on se trouve aujourd'hui en présence de dispositions prises depuis longtemps et qu il serait bien difficile de modifier en ce qui concerne les lampadaires-pylônes tels qu'ils ont été prévus. Mais est-il certain que l'infrastructure du pont ne permette pas l’établissement d'un caniveau pour la circulation souterraine ? 



Il serait à souhaiter encore que cette traction souterraine soit continuée sur la place du Réduit, le pont Mayou, la chaussée de la place de la Liberté, la rue Bernède et l’avenue Léon-Bonnat. 



D'autres villes, qui ont eu le souci de ménager l'élégance et la netteté de leurs voies principales où circule le tramway électrique, ont imposé aux concessionnaires la traction souterraine au passage de ces voies. Evidemment, nous n’avons pas, quant à nous, la prétention de nous poser ici en ingénieur, qui puisse résoudre le problème, mais nous avons l’idée d’être d’accord avec la population de Bayonne pour demander que ne soit pas gâté, sans nécessité, l’aspect des beaux quartiers de la ville — présents et futurs."




Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1167ème article.


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