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dimanche 11 juillet 2021

NIVELLE ET BIDASSOA EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1926 (première partie)

NIVELLE ET BIDASSOA EN 1926.


La Nivelle et la Bidassoa sont deux fleuves du Pays Basque Nord.





pays basque autrefois fleuves
LA NIVELLE ET LA RHUNE EN 1926
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet la revue Côte basque : revue illustrée de l'Euzkalerria, le 6 juin 

1926, sous la plume de H. Izarramendi : 



"Nivelle et Bidassoa.



Vers Bidart dont les claires maisons s'échelonnent sur les pentes vertes d'une colline, la voie ferrée de Bayonne en Espagne se rapproche de la côte.



pays basque autrefois trains
TRAIN A GUETHARY 
PAYS BASQUE D'ANTAN



A Guéthary, elle surplombe presque le havre et l'Etablissement de Bains. Ainsi aperçue de haut, pendant l'arrêt du train, cette petite station balnéaire, quoiqu'en pleine prospérité, paraît étonnement tranquille - avec sa plage unie où s'ébattent familialement les baigneurs, ses cabines à même la mer, ses bateaux halés entre une double jetée naturelle de roches, - avec ses hôtels, ses villas, et ses avenantes filles accordées à la barrière du passage à niveau et qui saluent le voyageur d'un gentil mouvement de main.



En vérité, cette pénétration initiale dans le Pays Basque donne de suite une impression de calme et d'hospitalité accueillante.



Encore, de ci, de là, quelque trouée d'Océan bleu par l'échancrure de quelque crique verdoyante, à droite ; puis, on descend du train, et voici Saint-Jean-de-Luz et l'embouchure de la paresseuse Nivelle.



Le menu fleuve côtier se jette dans une baie elliptique, de deux kilomètres sur un de dimensions d'axes et à peu près close dans la direction de la haute mer ; tel le geste harmonieux d'une nymphe marine repoussant de ses deux bras arqués les flots entreprenants.



Sur la rive droite de la Nivelle et sur la berge orientale de la baie, s'étend en longueur la ville de Saint-Jean-de-Luz. On admire, en la traversant, ce qui subsiste de sa gloire passée, la demeure à tourelle, dite de Louis XIV, ou Lohobiague, le château carminé de l'Infante, ou "Joanenia", et d'autres habitations très anciennes ; on médite un moment devant une des portes de l'église Saint-Jean-Baptiste murée depuis la cérémonie du royal mariage et contre laquelle s'adosse aujourd'hui l'échoppe d'un artisan.



pays basque autrefois eglise
PORTE EGLISE ST-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Ensuite on atteint la grève, et cette brève évocation d'un autre siècle disparaît devant la vision de la ville moderne, coquette, prospère, de triomphante jeunesse, où la somptuosité, le luxe ou la commodité de ses édifices : Thermes, Casinos, Chalets, Palaces et Hôtels, qui sont près de rejoindre, au Nord, la pointe de Sainte-Barbe ; car Saint-Jean-de-Luz, magnifique station de bains de mer, séjour hivernal très fréquenté et station climatique de plus en plus réputée, s'accroît considérablement chaque année.



Sur la rive opposée de la Nivelle, au sud de la baie et contigu à Saint-Jean-de-Luz, le gros village de Ciboure - qui a sa fidèle clientèle de baigneurs et de résidents et vit de sa vie touristique propre, - s'offre avec ses maisons du plus pur style basque, à étages surplombants, à façades rayées de colombages peints en rouge ou en vert. On y visite la très jolie fontaine du couvent des Récollets, actuellement la Douane, et l'église à laquelle on doit accéder par un large escalier de dalles et qui a un faux air de pagode gothique. Ciboure possède un Etablissement balnéaire très bien situé et ses nombreuses Pensions reçoivent un lot considérable de baigneurs et d'hivernants.



Au nord-ouest de la baie se tasse le hameau du Socoa dominé par un phare et qu'une jetée artificielle réunit à un pittoresque fortin déclassé, enchâssé dans un banc de schistes obliques. On est là tout proche des passes qui s'ouvrent, l'une entre le Socoa et la digue d'Artha ; l'autre, entre l'Artha et la digue de Sainte-Barbe.



Mais ce qui frappe surtout dans ce rapide circuit presque fermé décrit autour de la baie de la Nivelle, et qui s'empare du touriste, même pressé, et c'est une sensation générale d'une beauté et d'un charme peu communs. D'un point dominant quelconque, rochers frustes de Sainte-Barbe, donjon polygonal et croulant de Bordagain, falaises du Socoa, l'oeil embrasse circulairement les montagnes franco-espagnoles, Rhune et Haya, aux précieuses nuances indigo, les mamelonnements mordorés de la Nivelle inférieure et l'Océan Atlantique d'un glauque mouvant, jusqu'à perte d'horizon, et le ravissement est inoubliable.




pays basque autrefois bordagain
BORDAGAIN CIBOURE
PAYS BASQUE D'ANTAN





pays basque autrefois bordagain
VUE DEPUIS BORDAGAIN CIBOURE 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Mieux qu'en aucune autre région de France, se fondent mélodieusement ici avec le paysage les choses édifiées par les hommes, clochers, frontons de paume, villages et cayolars disséminés, toujours de forme égale depuis des générations et des générations dans cette Euscarie rebelle aux changements. Ces silhouettes un peu surannées sont à leur place parmi l'immuable déploiement des champs tranquilles, au milieu des sillons d'herbages et des bruyères roses, sur les rives fleuries des eaux lentes, dans le creux des vallons emplis de la tremblante fraicheur des feuillages, à la base des hautains sommets aux ombres violettes.



Même du côté de la mer changeante, les constructions s'adaptent au double aspect de l'Océan de Gascogne, maisons rudes sur les schistes des falaises puissantes où fuse le flot en ses colères, chalets frêles avec leurs jardins empiétant sur la plage de sable fin et micacé que viennent baiser mollement les vagues mourantes.



La population indigène du Labourd a d'ailleurs été de tout temps, fameuse par sa beauté véritablement sculpturale, la noblesse de ses attitudes, et la joie de vie qui déborde en elle.



Les Basques, on le sait, se réclament de l'antiquité la plus reculée et leur langage fut celui de Dieu le Père. Ils se sont peu mêlés aux autres peuples et ont conservé intactes leurs fières coutumes ancestrales.



A notre époque de nivellement et de mesquinerie, ils donnent la continuité tenace et rajeunie des fortes races du temps d'Homère.



Vieillards à figure rasée qui appuient l'aiguillon, entre les cornes des boeufs roux tirant les roues pleines des chars à travers le cahotement des entiers déclives et pierreux ; jeunes hommes à béret minces, veste sur l'épaule, makila au poing, en espadrilles de corde, qui se faufilent légèrement parmi les végétations touffues pour quelque besogne de hasardeuse contrebande ; - filles jolies, aux hanches d'amphore, aux souplesses félines, aux yeux de caresse et de clartés, qui babillent par bandes sur le belvédère du port, en attendant le retour des bateaux de pêche ; - et le dimanche, tout le monde réuni pour les pieux offices dans les très humbles sanctuaires, puis groupé en plein air, aux abord du fronton, pour le noble jeu national, pour les passionnantes parties de pelote où les champions de chaque camp vont soutenir ardemment leurs couleurs.




pais vasco antes agricultura
ATTELAGE CHAR A BOEUFS ROUES PLEINES
PAYS BASQUE D'ANTAN


- Oui, vraiment, c'est sur un immense Théâtre de la Nature, la reconstitution vécue des récits des poètes grecs, idylles ou jeux héroïques !"



 A suivre... 








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