mercredi 28 mars 2018

LE PORT DE PÊCHE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ (DONIBANE LOHIZUNE) EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1933


LE PORT DE PÊCHE DE SAINT-JEAN-DE-LUZ EN 1933.


Depuis plusieurs siècles, il existe à Saint-Jean-de-Luz un port de pêche actif, qui a connu de nombreuses vicissitudes, au cours de l'Histoire.

saint jean de luz autrefois
PORT DE PÊCHE ST JEAN DE LUZ - DONIBANE LOHIZUNE 1933
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que raconta la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque, dans son édition du 

23 mars 1933:

"Le triste sort de nos Pêcheurs.


Le port de Saint-Jean-de-Luz et la pêche à la sardine.


Les bateaux et engins employés pour cette pêche.


Les marins de Saint-Jean-de-Luz employaient autrefois pour la pêche de la sardine, des bateaux à rames appelés trainières, à avirons, avec un barreur. 

biarritz 1900
TRAINIERE
PAYS BASQUE D'ANTAN

La première chaloupe à vapeur employée pour cette pêche semble avoir été la "Gracieuse", armateurs Lapeyre et Legaralde, en 1886. Elle fut suivie en 1887 du vapeur "Trois-Frères", armateur Pierre Letamendia, et en 1888, de 1’ "Alice-Albert", armateurs Chanut et Letamendia. On sait que le petit vapeur de pêche arriva par la suite à éliminer complètement la trainière et à constituer l’unique armement employé pour la sardine, le thon et l’anchois. 


Le filet employé autrefois aussi par nos marins, était la "sarda", filet tournant plus court et de moins de chute que la bolinche. Le marsouin servait alors d’éclaireur et d’indicateur aux pêcheurs de sardines. 


Puis vint le filet droit employé concurremment avec un appât composé de rogue mélangée de son et de sable. 


saint jean de luz 1933
PORT DE PÊCHE ST JEAN DE LUZ - DONIBANE LOHIZUNE 1933
PAYS BASQUE D'ANTAN

Les marins espagnols de la Côte Basque ayant commencé à se servir de la bolinche, filet tournant très long et de grande chute, nos pêcheurs demandèrent l’autorisation de se servir de ce même engin, alors prohibé chez nous. Un décret du 29 octobre 1923 autorisa la bolinche à titre d’essai pour 1924 et 1925. Ces essais ayant paru probants, la pêche à la bolinche fut déclarée réglementaire pour la Côte Basque seule, par décret du 10 septembre 1925. C’est depuis lors le filet le plus communément employé par nos pêcheurs de sardines. Ils employèrent en même temps comme appât la rogue mélangée de tourteau. 


Ces explications préliminaires nous ont paru nécessaires pour rendre plus claires diverses opinions émises par les personnes qui ont bien voulu répondre à notre enquête. 


Opinions émises sur la disparition de la sardine :


Il nous a paru intéressant de demander en premier lieu à un vieux marin, ancien matelot de trainière, ayant suivi et pratiqué la pêche à la sardine dans son évolution, quelles causes il assignait à la disparition de la sardine sur nos côtes. 

saint jean de luz autrefois
PORT DE PÊCHE ST JEAN DE LUZ - DONIBANE LOHIZUNE 1933
PAYS BASQUE D'ANTAN

Il débute en nous affirmant que la sardine se trouvait pendant toute l’année en bancs épais et nombreux sur nos côtes, aussi bien pendant les hivers les plus rudes qu’en été. Il se rappelle de belles pêches effectuées par des froids tels que les mains avaient peine à s’agripper au filet. 


Il attribue la rareté ou l’absence de la sardine à deux causes principales : l’emploi de la bolinche comme filet et du tourteau comme appât. 


La bolinche a l’inconvénient de ramener les sardines de tout modèle, même les plus petits, qui sont rejetées mortes à la mer, après triage. Il arrive quelquefois, nous dit-il, qu'une moitié seulement du poisson ramené par la bolinche, est conservé parce que de taille suffisante, tandis que l'autre moitié est rejetée à l’eau comme impropre à la vente. A son avis, ces quantités de sardines rendues mortes à la mer constituent des sortes de cimetières marins qui attirent les poissons voraces dont la présence en grand nombre au même endroit, effraie les bancs de sardines. De plus toutes ces sardines de petite taille ainsi sacrifiées sont autant de perdu pour les bancs de sardines à venir. 


pays basque autrefois
DEBARQUEMENT DU POISSON
PAYS BASQUE D'ANTAN

Mon interlocuteur attribue aussi un rôle néfaste au tourteau mélangé à la rogue pour constituer l’appât. Le tourteau, surtout s’il n’est pas préparé à l’avance, au moins vingt-quatre heures avant l’emploi, fermente dans le corps du poisson qui l’a absorbe et le tue en le faisant littéralement éclater. Cette constatation, faite sur des sardines pêchées, doit se vérifier aussi sur les sardines qui, ayant absorbé cet appât, échappent au filet. Elles vont, sans nul doute, grossir au fond de l’eau ces cimetières de poissons formés par les sardines rejetées à l’eau comme trop petites. 


Ainsi donc, bolinche et tourteau seraient les deux causes qui contribuent à raréfier la sardine. Si l’on veut voir la sardine revenir aussi nombreuse qu’autrefois, il faut revenir, dit le vieux marin, au filet à mailles qui permet de respecter la sardine d’un trop petit, modèle, et à la rogue non mélangée de ce tourteau qui est meurtrier peur le pois son. 


Nous avons enregistré fidèlement cette première interview de notre enquête que nous poursuivrons en relatant avec la même impartialité, les opinions diverses qui pourront être énoncées par la suite. 


En même temps que l’article qu’on vient de lire, avant-propos utile à notre enquête auprès des intéressés, notre correspondant nous adresse l’information que voici sur la journée d’hier : 

"Les vapeurs de pêche sont sortis mercredi assez nombreux à la recherche de la sardine. Recherche vaine. Ils sont rentrés comme ils sont partis. Rien de changé dans la pénible situation."


Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1026ème article.


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