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mercredi 1 juillet 2026

UNE EXCURSION AUX EAUX D'AHUSQUY À AUSSURUCQ EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1853 (troisième partie)

 

UNE EXCURSION À AHUSQUY EN 1853.


Depuis fort longtemps, on a attribué aux eaux minérales une action physiologique bénéfique, d'où l'utilisation séculaire de certaines d'entre elles.



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LA SOURCE D'AHUSQUY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet, Ulysse Barberen, avocat :


"Une excursion aux eaux d'Ahunski (Pays Basque).



... V.


Cependant la foule s'est écoulée vers la place d'Ahunski, joyeux rendez-vous de divers chalets, où s'abrite la population des buveurs. — L'orchestre dressé sur des barriques est conduit par le ménétrier Chobat, le Musard du pays  aux sons des violons et des tambourins, danseurs et danseuses de faire cercle et les sauts basques de commencer, avec des entrechats et des pirouettes à désespérer Auriol.

Sautez fillettes 

et garçons ; 

unissez vos joyeux sons, 

musettes

et chansons.


Entre deux haies de curieux, voici le jeu national Basque ; la balle, lancée par des bras vigoureux, armés d'un gant recourbé. — En face l'un de l'autre, se placent, à une certaine distance, les deux principaux joueurs, se renvoyant la balle qui, tantôt, décrit en l'air une gracieuse parabole, tantôt, passe, en sifflant, aux oreilles des joueurs intermédiaires courant pour l'arrêter. — Le rebut et le trinquet, ces monuments indispensables de tout village Basque, ne sauraient tarder plus longtemps à s'élever aux eaux d'Ahunski. — Quoique moins indispensables peut-être, que des embellissements bien dirigés aux abords de la fontaine. — Les lecteurs étrangers au pays doivent savoir qu'on entend par rebut, un mur en pierre de taille de 20 pieds de haut, contre lequel la balle est jetée, pour être saisie au moment où elle rebondit et lancée dans la direction des joueurs opposés. — On voit souvent des joueurs, lancer ainsi la balle à des distances incroyables et d'une telle violence, qu'elle renverserait un homme. — Le Trinquet est une salle couverte. L'adresse y domine plus que la force, on y produit les mêmes effets qu'au billard, les murs servant de bande et le tambour de blouse.



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TRINQUET DE SAINT-PALAIS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Non loin de la place d'Ahunski, les pasteurs vous montrent un gouffre béant comme un cratère, et d'une profondeur incommensurable. — Les naturalistes n'y sauraient trop admirer une stalactite, en forme de colonne, qui s'élève, des profondeurs de l'abîme jusqu'au niveau du sol, à une hauteur prodigieuse. D'après une légende locale, c'est là que la terre s'entr'ouvrit sous les pas du chevalier d'Uurruty, d'Aussurucq, coupable d'avoir quitté les offices, un jour de dimanche, pour lancer sa meute, après un chevreuil. — Lorsque l'orage gronde sur la montagne, on entend encore , disent les pasteurs, la meute aboyer dans les entrailles de la terre, et le chasseur damné sonner du cor, emporté par cette chasse infernale qui ne doit finir qu'a la fin du monde.



VI. Les Bohémiens.



Ahunski est une conquête assez récente de la civilisation sur les tribus Bohémiennes, réfugiées aujourd'hui dans le bois d'Iraty. — On les y rencontre encore, en petit nombre. — Mais l'approche de la foire de Pampelune multipliait leur passage depuis quelques jours. — C'était une bonne fortune pour notre orientaliste.



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CARTE D'IRATY VERS 1750



Des Bohémiens, beaucoup ne connaissent que la Esméralda, cette ravissante création de Victor Hugo, d'autres la chanson de Béranger : 



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ESMERALDA DE VICTOR HUGO
STEUBEN


Sorciers, bateleurs et filous, 

reste immonde 

d'un ancien monde, 

Sorciers, bateleurs et filous, 

Gais Bohémiens d'où venez-vous ?


LES CHANSONS DE BERANGER



La question que pose le chansonnier, voilà longtemps qu'elle s'agite parmi les érudits, et longtemps encore il sera vrai de dire avec la joyeuse chanson : 


D'où nous venons, l'on n'en sait rien.

L'hirondelle 

D'où nous vient-elle ?




Pour sa part, notre ami, dévoué à la solution de cette énigme vivante, comme d'autres à l'histoire d'un mollusque ou d'un coléoptère, la cherchait depuis quinze ans, du nord au midi, de l'est à l'ouest ; parmi les Gitanos Espagnols, les Zingari Italiens, les Gypsies Anglais, les Tallern Norwégiens, les Salasch Slaves, les Siguanes Turcs, jusqu'aux Loury Persans. Passant en revue toutes ces tribus cosmopolites dont la parenté de mœurs et de figure prouve l'origine commune, sans éclaircir le mystère.



On ne tarda pas à venir nous signaler l'arrivée d'une de leurs caravanes. — Elle se composait d'un vieillard nommé Péthiry, chef de la bande et ménétrier de profession, de ses trois fils, de leurs femmes et de 4 ou 5 enfants, plus un petit âne destiné à porter leur fortune ambulante.



Péthiry était impatiemment attendu pour une noce que sa tribu célébrait le soir même dans la forêt d'Iraty, excellente aubaine que le malheureux était menacé de perdre, car les pieds enflés d'une longue marche, il lui paraissait impossible de pouvoir continuer sa route, jusqu'au lendemain.



Nous lui proposâmes de lui fournir un mulet s'il voulait nous introduire auprès de ses frères, et nous servir de guide et d'interprète, car il parlait quelque peu l'espagnol, ainsi que ses enfants.



La proposition fut acceptée avec empressement, et nous nous mîmes en route, aussitôt nos préparatifs terminés.



La forêt d'Iraty est le quartier général des Bohémiens. Elle s'étend sur une longueur d'environ dix lieues, à travers les gorges et les étroites vallées qui circulent entre les dernières cimes des Pyrénées, profonde et mystérieuse, comme une forêt vierge, d'un accès difficile, d'une surveillance impossible à notre administration forestière, par suite de son état d'indivision entre la France et l'Espagne ; aucun lieu ne saurait offrir un asile plus propice aux tribus Bohémiennes, rebelles à nos lois et à notre civilisation.



D'Ahunski, à la forêt d'Iraty la roule traverse le pas de l'Escalier, célèbre dans le pays, par les dangers du passage. — Que l'on se figure un immense rocher formant saillie sur les flancs de la montagne Zorhomendy, et surplombant à une hauteur de plus de quinze cents pieds, des précipices épouvantables, connus sous le nom de Bassak (en basque, l'abîme sauvage, le chaos). 



A mesure que l'on monte, l'abîme se creuse à droite et à gauche, le sentier n'est bientôt plus qu'une étroite arête de six pieds de large, isolée et comme suspendue dans le vide. — Au fond de l'espace que le regard épouvanté se refuse à mesurer, les Bassak ouvrent leurs gouffres de mort.



Mais si le passage n'est pas sans émotion, quel admirable dédommagement dans la beauté grandiose du point de vue que l'on y découvre !



Par delà, les mamelons et les vallées du pays Basque, la vue s'étend jusqu'à la ligne bleuâtre de l'Océan dans l'infini d'un horizon sans limite.



Derrière le spectateur, les Pyrénées décrivent un cercle gigantesque où depuis le Pic d'Ossau, jusqu'à la mer, les monts Aspé, Anie, Ansabe, Orhi, Bosmendic, Belçu, Auza, Ertehubia, le mont de la Rhune, détachent successivement leurs tètes colossales ; et l'âme confondue ne sait laquelle des deux immensités est la plus admirable de celle des montagnes ou de celle de l'Océan !



Sur le versant opposé du Zorhomendy commence la forêt d'Iraty.



A peine en avions nous franchi le faîte, que Pethiry nous montra sur la lisière du bois, cinq ou six Bohémiens conduisant des mulets.



"Debrien bizaia! mais c'est Boularhandi s'écria-t-il." Voyez-vous cet amoureux en cheveux gris, mon absence menace de retarder le signal de la noce, et le voilà dans son impatience qui vient à ma rencontre.



"Cet amour, qui lui rajeunit le cœur, devrait bien aussi lui rajeunir la figure et en faire un époux assorti à sa fiancée la plus belle fille de la tribu."




A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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lundi 1 juin 2026

UNE EXCURSION AUX EAUX D'AHUSQUY À AUSSURUCQ EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1853 (deuxième partie)

UNE EXCURSION À AHUSQUY EN 1853.


Depuis fort longtemps, on a attribué aux eaux minérales une action physiologique bénéfique, d'où l'utilisation séculaire de certaines d'entre elles.



pays basque autrefois soule source
LA SOURCE D'AHUSQUY
PAYS BASQUE D'ANTAN

Voici ce que rapporta à ce sujet, Ulysse Barberen, avocat :



"Une excursion aux eaux d'Ahunski (Pays Basque).


Au sortir de Mauléon, l'on suit la rive gauche d'un gave rapide et sinueux, qui dessine ses larges rubans d'argent, sur le fond vert des prairies.



La route, aussi douce aux pieds des chevaux que l'allée d'un parc, s'ombrage de grands arbres et traverse de beaux villages, que trahit de loin, la fumée des toits, derrière les jardins.



C'était l'heure où les laboureurs ramenaient leurs bœufs vers l'étable et se pressaient à l'entrée des villages ; comme un peuple d'abeilles autour de leurs ruches. — Des mœurs orientales de leurs ancêtres, ce que les Basques ont le mieux conservé, c'est le culte des tombeaux. 
 Leurs villages empruntent à la beauté des cimetières, une physionomie particulière et pleine pour l'âme, d'une inexprimable douceur. — Rien n'égale le calme et l'aspect mélancolique de ces tombes rustiques, à demi cachées sous les fleurs, que chaque dimanche, des mains pieuses viennent y renouveler !



Dès qu'on a dépassé le village de Mendi, tandis que le regard s'éloigne à regret des perspectives gracieuses de la vallée de Tardets, il faut gravir la rampe pénible de la gorge d'Aussurucq et s'enfoncer dans les sentiers touffus de la forêt d'lthé. —Tout à l'entour, une solitude absolue, mais une solitude parée des richesses d'une végétation inépuisable, et qui rappelle dans le désordre de son luxe sauvage, les descriptions des forêts vierges du nouveau monde.



Du bois d'Ithé, l'on débouche dans une clairière où se donnent rendez-vous les deux routes de Tardets et de Mauléon, pour monter ensemble vers Ahunski.



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DEPART POUR AHUSQUY  
PAYS BASQUE D'ANTAN


Enfin, derrière un léger repli du sol, surgit au-dessus de nos têtes, un groupe de maisons blanches, à la physionomie hospitalière : — Autour d'elles, se dessine un réseau de sentiers et de promenades naissantes que tracent lentement les pas des buveurs allant à la fontaine... C'est Ahunski !



Les tableaux de la nature ont besoin, comme ceux du théâtre, des prestiges de la lumière et des artifices de la mise en scène. Le soleil couchant s'était chargé pour nous des frais de la décoration. — Les glaciers des Pyrénées lui renvoyaient en légers reflets roses, les feux de ses derniers rayons. — Sa lumière, prête à disparaitre, flottait encore sur les hautes cimes, comme le bord traînant d'une robe d'or, tandis que les flancs des montagnes se voilaient à demi, sous les vapeurs du soir qui leur prêtaient une sorte de transparence fantastique. — De la vallée qui circule aux pieds d'Ahunski, l'ombre montait rapidement, chassant devant elle les troupeaux vers les bergeries.



L'air nous apportait les échos de cette retraite rustique. Il s'y mêlait, à la fois, les notes graves du bêlement des moutons, les sifflets aigus des pasteurs, la voix retentissante des chiens, les cris jetés d'une montagne à l'autre, les refrains Basques chantés en chœur par des poumons d'airain et par dessus ce concert, dont la distance adoucissait la sauvage harmonie, se détachaient, légers et gracieux, comme une musique aérienne, les tintements lointains des clochettes pendues au cou des bœufs, pour cadencer leur marche paisible.



Mieux vaudrait, cependant, pour vous et pour moi, lecteur, suivre les groupes des buveurs, qui gravissent, avec l'aurore, le chemin de la fontaine et jouir du spectacle varié qu'elle présente à cette heure matinale.



IV.


La Fontaine.



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LA FONTAINE D'AHUSQUY SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il est convenu d'avance, que, dans la description d'un établissement hydrothérapeutique quelconque, tous les chapitres ne sont que les corollaires d'un chapitre principal traitant de la source elle-même.



Là, sous peine de passer pour un faiseur de phrases, l'auteur qui tient à sa réputation d'homme sérieux, un peu compromise, peut-être, par les excentricités étymologiques de son vieux prêtre, doit faire de la science, c'est à dire expliquer au lecteur le Comment et le Pourquoi des vertus merveilleuses de la source en question.



Mieux vaudrait, cependant, pour vous et pour moi, lecteur, suivre les groupes des buveurs, qui gravissent, avec l'aurore, le chemin de la fontaine et jouir du spectacle varié qu'elle présente à cette heure matinale.



L'eau jaillit, en pétillant, du creux d'un grand rocher, plus claire et plus transparente que le verre où elle est reçue par de rieuses jeunes filles, empressées à la faire circuler parmi leurs voisins. — Le trop plein de la source tombe dans de grandes auges en bois, où viennent s'abreuver en beuglant au soleil levant, les bestiaux d'alentour.



Pas n'est besoin de présentation, pour se mêler à cette population babillarde, qui reprend avec un joyeux entrain, les propos de la veille. — Elle se compose en partie de pasteurs et de propriétaires du pays, à la physionomie franche et honnête, très polis sous leur veste et leur berret, envers les Messieurs et les Dames, qui veulent bien honorer la fontaine de leur visite.



Plus de soucis d'affaires ou de position ; plus de ces devoirs d'étiquette, qui sont les lisières où la vanité tient l'homme emmailloté jusqu'à la tombe.



La gaieté circule avec l'air frais de la montagne, rajeunissant, à la fois, l'âme et le corps, sous son influence vivifiante. 
 Je la crois, de moitié, dans les cures étonnantes, que la médecine constate aux Eaux d'Ahunski.



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MONTAGNE DE LA FONTAINE AHUSQUY SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Laissez la chimie traiter avec dédain ces eaux dont les vertus subtiles échappent à son analyse.
Elle vous dira, je le sais, que l'eau d'Ahunski est une eau très-peu chargée de principes minéralisants, qu'elle ne contient pas de principes sulfureux, mais qu'elle est formée principalement : de silicates de soude et de potasse ; de carbonates alcalins et terreux, de sulfates, de chlorures, d'un iodure non douteux, puis d'un indice de fer, d'alumine et de matière organique, en tout 0 gr 05 par litre.



N'est-ce point avec la même gravité doctorale, que la science nous a présenté successivement la formule de la composition chimique de nos diverses sources minérales ? Elle va même jusqu'à prétendre les recomposer. Mais il se fait, je ne sais comment, qu'il manque une chose essentielle à son oeuvre, c'est-à-dire la vertu thérapeutique.



Quelque soit cet élément insaisissable, qui féconde les eaux où l'homme va chercher la santé, on voit tous les jours la fontaine d'Ahunaki renouveler les merveilles de cette fontaine de Jouvence, trouvée en paradis, par Ogier, disent nos vieilles ballades :


En paradis trouva l'eau de Jouvence, 

Dont il se sçut de vieillesse engarder, 

Bien à propos.



Pour ne citer qu'un nom, appelé, peut-être, à figurer un jour, dans les chansons Basques, comme celui du vaillant Ogier, dans les ballades gothiques, le maréchal Harispe a trouvé sa fontaine de Jouvence, aux eaux d'Ahunski. — Ce sont elles qui l'ont gardé de vieillesse ; "bien à propos," diront tous ses compatriotes, avec le vieux refrain du moyen-âge.



L'année dernière, Ahunski reçut la visite d'une grande dame, devenue supérieure d'un ordre religieux, sans avoir rien perdu des qualités aimables de la femme du monde, et que l'on prendrait pour une madame de Chantal, au XIXe siècle.



La clientelle d'Ahunski a cessé d'être exclusivement locale. 
— On y trouve une bonne société qui se plie, en riant, aux exigences de la vie pastorale.



Ces eaux sont souveraines pour deux catégories opposées de malades : les uns, vieux invalides du travail sédentaire, hommes d'affaires et bureaucrates aux reins pétrifiés, à l'estomac débilité, à l'échine torse ; les autres, jeunes gens et jeunes filles, dont la fièvre de la jeunesse enflamme le sang, en dépit de la quinine impuissante.



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BUVETTE D'AHUSQUY SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Et vous, surtout, épicuriens blasés, nouveaux Tantales, que le défaut d'appétit met au supplice, malgré les raffinemens de la gastronomie la plus plus exquise, venez à la fontaine d'Ahunski. — Des hécatombes de victimes ne suffiront plus à rassasier votre Dieu, je veux dire votre estomac."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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vendredi 1 mai 2026

UNE EXCURSION AUX EAUX D'AHUSQUY À AUSSURUCQ EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1853 (première partie)

UNE EXCURSION À AHUSQUY EN 1853.


Depuis fort longtemps, on a attribué aux eaux minérales une action physiologique bénéfique, d'où l'utilisation séculaire de certaines d'entre elles.



pays basque autrefois soule source eaux thermales
LA SOURCE D'AHUSQUY
PAYS BASQUE D'ANTAN

Voici ce que rapporta à ce sujet, Ulysse Barberen, avocat :



"Une excursion aux eaux d'Ahunski (Pays Basque).



Voulant rendre de plus en plus complet le Manuel Indicateur de l'Etranger aux Etablissements Thermaux des Pyrénées, nous avons cru devoir faire imprimer, séparément, dans le même format, in intéressant feuilleton qui vient de paraître dans le Mémorial. Les Eaux d'Ahunski jouissent, dans le pays Basque, d'une réputation qui ne fait que s'accroître chaque jour. Les personnes qui seront conduites vers cette source pour soulager leurs infirmités, comme les touristes qui voudront visiter un pays digne, à tous égards, d'être plus connu, nous sauront gré de cette publication.



I. Parmi les groupes de promeneurs, qu'attire à Pau, sur la Place Royale, la beauté du point de vue, l'on discourait, un jour, des sites les plus remarquables des Pyrénées.



"J'en connais, et des plus beaux, dont le nom ne figure même pas sur vos Guides, observa l'un des promeneurs, habitant du pays.  Voilà deux ans que vous courez les Pyrénées, continua-t-il, en s'adressant à l'un de ses interlocuteurs, prétendu touriste, qui ne voyageait qu'en chaise de poste, je parie que vous n'avez pas visité la vallée d'Aspe, le Josbaigt, ni la vallée de Soule  Ce sont pourtant, les plus belles pages d'un Album des Pyrénées.  Regardez donc si votre Guide vous parle des eaux d'Ahunski ?  Comment dites-vous, s'écria le Touriste, ceci, c'est du Polonais.  Non, c'est du Chinois, Ahuns-ki ou A-huns-ki, répartit gravement un troisième, orientalise de profession.  Ni l'un ni l'autre, messieurs, Ahunski est situé sous le 128 degré de latitude, à environ un degré ouest du méridien de Paris ; mais plutôt, tournez les yeux, s'il vous plait, vers les Pyrénées : voyez-vous, à droite, ce pic bleuâtre qui ferme l'horison ? C'est Orhi. — A ses pieds, c'est-à-dire à 12 ou 1 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, sont les eaux dont je vous parle, les eaux d'Ahunsqui, véritable oasis champêtre, d'autant plus digne de la visite des touristes, qu'il ne ressemble pas, comme la plupart de nos établissemens du même genre à un quartier de Paris transporté dans les montagnes. 

— A quelle distance sont elles de Pau ?  Six heures de voiture jusqu'à Mauléon, et de là, à quatre heures à cheval. — En tout, un jour de marche." Moitié curiosité, moitié désoeuvrement, car l'on touchait à cette époque de l'année où la ville devient une solitude, le voyage fut décidé à l'instant même.



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LE PIC D'ORHY
PAYS BASQUE D'ANTAN



En Route.



Nous partîmes, dans la nuit même, par la route de Monein. — Du haut de la côte d'Arbus, nos regards envoyèrent un dernier adieu, vers les blanches maisons de Pau, cachées à demi par le Parc, comme dans un nid de verdure.  Sur le fond du paysage éclairé par la lune, se découpaient en noir, à la manière des ombres chinoises, les silhouettes bizarres des massifs d'arbres et des coteaux.

— Tout, dans cette admirable vallée qui se déroule de Betharram à la tour de Moncade, dormait à cette heure, sous la molle influence de la lumière nocturne.



Les bruits du gave montaient, seuls, jusqu'à nous, comme la respiration mystérieuse de ce monde endormi, dont il semblait être l'âme et la vie.



Nous arrivâmes sur les coteaux de Lucq, aux premières heures du matin.  Qui ne connaît cette heure ravissante, pleine de sève et de fraîcheur, où l'univers semble naître à une vie nouvelle, à mesure qu'il sort des ombres de la nuit ?  Jamais, tableau mieux fait pour lui servir de cadre, que celui qui, dans ce moment, s'offrait à nos yeux.



La vallée de Navarrenx étale, sous nos pieds, les couleurs les plus variées de cette riche palette dont le printemps se réserve le divin secret.  Vers la gauche, près des premières assises des montagnes de la vallée d'Aspe, le vieil Oloron groupe ses toits pittoresques, autour de son antique église de Ste-Croix.  De jolis villages s'éparpillent joyeusement dans la plaine, parmi les prairies et les moissons ; et le gave fuit à droite, vers Sauveterre, où les vapeurs du matin, balayées par le vent, se replient en ondulant sur elles mêmes, pareilles aux vagues de la mer, dont elles imitent, à l'horizon, les grandes perspectives.



De l'autre côté de la vallée, s'élèvent en face de nous, les riches côteaux du pays Basque, avec cet air de majesté, qui sied au sol fécond d'un peuple antique, patria telluscomme dit le poète.  Chacun de leurs verdoyans étages forment les degrés successifs d'une sorte d'amphithéâtre qu'il nous reste à gravir, pour dormir ce soir aux pieds de ces pics lointains, dont l'azur semble se fondre avec celui du ciel.



II. Mauléon.


Au centre de ces coteaux, s'arrondit mollement, comme une corbeille de verdure et de fleurs, la délicieuse vallée de Soule qui est avec la vallée d'Aspe, la reine des Pyrénées. — De peur de surprise, l'entrée en est gardée, ainsi qu'aux siècles gothiques, par un vieux fort qui domine Mauléon.




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CHÂTEAU DE MAULEON
PAYS BASQUE D'ANTAN

  Elle semble ménagée, là, par la nature, sous les pas du voyageur prêt à franchir les Pyrénées, comme une invitation gracieuse à quelques heures de repos.

Que faire ? demanda quelqu'un, pendant les heures brûlantes qui nous séparent du départ ?



— Doucement, s'écria le gros touriste ; et de déjeuner, n'est-il pas l'heure à votre appétit ? Cette motion rallia, comme par enchantement, les opinions les plus divergentes. — Pascal a dit que les deux portes de la persuasion, chez l'homme sont le cœur et la raison.



Il en a oublié une troisième, qui est le ventre. Combien d'hommes qui ne s'apprivoisent pas autrement !



Malgré les provocations épicées d'une excellente cuisine Basquaise, on ne saurait rester six heures à table... Tout en discutant sur l'origine des Basques, nous parcourions les rues de la ville, à la piste de ces jolis minois de Basquaises, qui se dérobaient malicieusement, derrière les jalousies.




Nous nous arrêtâmes sous une superbe allée d'ormeaux qui semble tirée, comme un rideau, sur une partie de la ville, pour l'abriter du vent du nord. Notre orientaliste était en train d'affirmer sur la foi d'un monsieur du Mège, que les Basques ne pouvaient être que des trainards Visigoths, oubliés dans les gorges des Pyrénées.




"Je ne m'attendais pas à voir les Basques traités de Cagots," s'écria brusquement un vieux prêtre en cheveux blancs, assis à quelques pas de nous, et qui suivait avec intérêt notre débat. — A cette exclamation, je reconnus un digne fils des Cantabres et des Eskaldunac. 
 Le vieux prêtre vint vers nous, en nous saluant ; dès ses premières paroles, nous fîmes cercle autour de lui.




"Ne demandez pas, nous dit-il, à la civilisation Eskuara, les merveilles architecturales de ses puinées, l'Assyrie ou l'Egypte, ni les poèmes et les beaux arts de la Grèce, son arrière petite-fille, dans la généalogie des sociétés. 
 Elle n'a laissé d'autre monument que sa langue, parce qu'elle correspond à cet âge pastoral et nomade qui fut le premier du monde et qui s'est perpétué jusqu'à nos jours par les patriarches et par les tribus arabes. — A ceux qui l'interrogent sur ses titres de noblesse, elle répond par le nom de son père, Sem, l'aîné des fils de Noé ; le fils par excellence, selon le droit antique, nom sacré, que nos générations se sont religieusement transmis et dont la langue Basque se sert encore aujourd'hui, pour désigner ses fils... Sémé... Sémee... Sémia.



Vous êtes nos cadets, messieurs ; vous les hommes de race Japhétique, vous nous avez supplantés dans les sombres contrées du froid occident ; et l'histoire de tous vos peuples est fatalement marquée d'une origine violente, par la disparition mystérieuse d'une nation primitive, aborigènes ou autochtones, qui n'était autre que nos aïeux. 
 Mais nos frères de l'Inde ont sû garder, pour eux, le soleil de l'Orient et les trésors qu'il fait éclore, sous leurs riches climats. — La langue Basque retrouve dans le Sanskrit ses titres de parenté.


Pour moi, je vais plus loin, continua le vieux prêtre, avec une sorte d'enthousiasme juvénile ; je soutiens, sans crainte du ridicule, qu'à cette aurore du monde, où la bible nous montre le Seigneur prenant une voix et conversant avec l'homme comme pour assouplir les lèvres muettes de sa créature, au mécanisme de la parole, c'est en Basque qu'il a dû parler. — Oui ! messieurs, dit-il , en voyant un léger sourire accueillir ses paroles, je regrette que vous ne sachiez pas le Basque, les preuves abondent."



Rien n'est fortuit, vous le savez, dans les langues anciennes, chaque radical a sa raison d'être et son histoire. Cela posé, je vais vous montrer que dans la langue Basque, le même radical ad ou ar se retrouve dans le mot qui désigne le 1er homme, Adam ou Aram, et le mâle Ada ou Ara.



Le nom de la première femme est Eve prononcé Eba, dans les langues anciennes. — Or en Basque, le mot eba est le radical du verbe ebaki (couper, fractionner), de sorte qu'il désigne à la fois le nom de la première femme, et l'idée de coupure. — Ce rapprochement n'est que la traduction de la cosmogonie biblique , qui nous montre la femme faite d'une côte de l'homme. Le mot arreba (ar-eba) (fraction de l'homme), signifie ta sœur, c'est-à-dire la femelle.




Une preuve, entr'autres, de l'antiquité de notre langue, c'est que les savants qui bornent, à trois
jours, la division de la semaine primitive, auraient pu demander au Basque la confirmation de leurs recherches. Asté-lehena (de la semaine le premier)... asté-arthea... (de la semaine le milieu)..
aste-esquéna... (de la semaine le dernier.) 



Le vieux prêtre n'avait pas achevé, que notre orientaliste lui répondait par une dissertation en plusieurs points sur l'origine du langage.



Vous avez un mot Basque qui en dit plus que tous les philosophes, disait l'orientaliste ; le premier son, la première voix qui se module aux lèvres du nouveau-né est une plainte, un gémissement.




C'est par la douleur (min), en Basque, que l'homme commence l'apprentissage de la vie ! — De ce radical, min, douleur, vous avez fait mintza, parler. — Mintzaia, le langage, n'est que le perfectionnement de cette première voix inarticulée, à mesure qu'il s'est fait, dans notre intelligence, une perception plus nette de nous-même et du monde extérieur.




Pour ramener la conversation de ces problèmes transcendants, où elle s'égarait, quelqu'un demanda d'où pouvait venir l'origine de Mauléon.



"C'est un nom dont s'énorgueillit, à bon droit, la petite capitale de la Soule, répondit le vieux curé ; Mauléon, traduction française du mot latin malleo, malus leo. Ces lieux-ci furent les thermopyles des vieux Cantabres. Dans les nombreuses entreprises des Romains, contre nos aïeux, cette vallée fut toujours le boulevard de leur indépendance, et les Romains, en se retirant, ont attaché cette injure glorieuse, à ce défilé que jamais ils n'ont pu franchir. Telle était d'ailleurs l'impression profonde qu'ils avaient emportée de la bravoure des Basques, que pour la traduire, ils n'ont qu'un mot, toujours le même, leo, le lion !




— Pas d'écolier Basque qui ne connaisse ce vers du poète latin : "Cantaber in bello dicitur esse leo."



On vint nous avertir en ce moment, que les chevaux étaient prêts et nos légers bagages chargés sur des mulets. — Mais où donc allez-vous ? demanda le vieux prêtre, comme nous prenions congé de lui. — Nous allons à Ahunski. — Ahunski, reprit-il, c'est le pays des chèvres, Ahunskia ; d'Ahunsa la chèvre. Mais ne vous effrayez pas, d'avance, de cette étymologie qui semble ne vous promettre que des rochers semés de précipices.



pays basque 1900 soule touriste sources
DEPART POUR AHUSQUY  
PAYS BASQUE D'ANTAN

— Vous trouverez une belle pelouse, au midi, sur le penchant d'une montagne riche de nombreux troupeaux et de grands pâturages. — Nulle part, ne se sont mieux conservés les derniers vestiges de la vie pastorale de nos ancêtres, et peut-être, à votre retour, Messieurs, serez-vous moins fiers des charmes de vos villes et de la supériorité de votre civilisation ?"



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mercredi 14 janvier 2026

LA SOURCE CONTRESTA DE BIDART EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1933

LA SOURCE CONTRESTA DE BIDART EN 1933.


Depuis fort longtemps, on a attribué aux eaux minérales une action physiologique bénéfique, d'où l'utilisation séculaire de certaines d'entre elles.



pays basque autrefois source labourd
SOURCE CONTRESTA BIDART
PAYS BASQUE AUTREFOIS


Au Pays Basque Nord, il existe de nombreuses sources d'eaux minérales, certaines oubliées ou 

inexploitées de nos jours, qui ont pourtant connu leur période prospère.




Dans des articles précédents, je vous ai parlé de la source d'Ahusquy à Aussurucq (Soule), du 


puits salé d'Ugarré à Aincille-Esterençuby, de l'établissement de bains de Labets-Biscay de la 


source royale "Contresta" de Bidart, des bains "Aguer" à Camou-Cihigue, de l'eau de "Harpeko 


Saindua" de Bidarray, des Thermes Salins de Biarritz, des eaux minérales de Garaibie à Ordiarp


des salines de Briscous, de la saline d'Aincille, l'eau sulfureuse de Garris, des bains de Cestona


des eaux minérales de Cambo-les-Bains, des eaux minérales au Pays Basque, je vais vous reparler 


aujourd'hui de la source Contresta à Bidart.




La commune de Bidart compte neuf sources dont la plus connue est la source royale de 

"Contresta". 



C'est en 1930 que M. Cussac, pharmacien à Biarritz, constitue un dossier de demande 

d’exploitation de cette source : le captage très ancien est de bonne qualité et suffisant pour isoler 

la source et permettre de puiser l’eau dans de bonnes conditions de pureté. 



L’autorisation d’exploitation est accordée le 15 janvier 1932, par l'Académie de Médecine, pour 

un usage médical pour 30 ans. 



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 14 mars 

1933 :



"Une station Hydrominérale sur la Côte Basque.

La Source Contresta de Bidart.



Que la crise ait durement touché toutes nos stations balnéaires sans exception, c'est un fait malheureusement trop certain Mais comme toutes les choses humaines, la crise elle même finira bien par passer : là aussi un redressement viendra sur les bases d'une stabilisation durable. Tel est du moins notre espoir. En tout cas, nous ne saurions négliger ici aucun des symptômes d'espérance qui peuvent annoncer l'avenir réparateur de demain : et ceux qui cherchent à mettre en valeur les richesses naturelles encore ignorées de l'Eskual-Herria sont les bons ouvriers de la Côte Basque.



La santé demeure en effet le premier des biens. Toutes nos stations d'eaux minérales ont connu en 1932 une affluence égale à celle de jadis : la statistique est là qui le démontre. C'est dire de quel intérêt est pour la Côte Basque tout entière la création envisagée d'une station hydrominérale à Bidart.



Voulez-vous savoir les seules stations des Pyrénées occidentales et du département des Basses-Pyrénées qui aient droit à ce titre, après décret conforme du ministère de l'Hygiène ou de la Santé Publique, venant sanctionner les longues et délicates études que doit nécessairement entériner l'Académie de Médecine ? Leur liste officielle est assez courte : Bidart, Briscous (eau chlorurée sodique avec eau d'amenée à Biarritz Salins), Eaux Bonnes, Ogeu, Saint-Christau et Salies. Telles sont en nos pays les eaux dont l'exploitation est autorisée par l'Etat. Pour être la dernière venue en date — 1932 — la station de Bidart n'en est pas la moins intéressante, au contraire. Dès l'abord, il convient de noter que la Côte d'Azur ne possède pas une seule station hydrominérale. Avec la grande source royale Contresta à Bidart, ce n'est pas seulement un élément de prospérité qui s'ajout à tant d'autres, c'est une supériorité incontestable qui saura être mise en valeur comme il convient.



Entre Bidart et Biarritz, à 5 kilomètres de cette dernière ville, la source Contresta jaillit à flanc de coteau dans un site merveilleux. Eau minérale froide, douée d'une température constante de 13 degrés 9, l'eau de Contresta est une eau azotatée et bicarbonatée, riche en divers éléments minéralisateurs : magnésium, sodium, potassium, calcium, traces de fer et manganèse. L'heureux mélange de ces divers éléments laisse le degré hydrométrique à 10 degrés (le meilleur) : eau minérale, mais eau minérale légère, l'eau de Contresta est par suite abordable à tous les estomacs. Son emploi convient parfaitement à une cure générale de santé, d'autant mieux que Bidart, comme Biarritz et les villes voisines, a rang officiel de station climatique. L'air iodé, les radiations de la lumière solaire, les embruns marins et la brise salée exercent sur l'organisme une action tonifiante qui sera encore multipliée par l'eau Contresta de Bidart : éléments multiples, mais coordonnés de notre patrimoine touristique qu'une publicité intelligente saura mettre en valeur. D'autant plus qu'en dehors de ces indications d'ordre général, les médecins recommandent la source Contresta pour le lavage des voies urinaires en même temps que le climat marin pour le lymphatisme. De nombreuses études à ce sujet ont déjà été faites avec les plus heureux résultats dans les laboratoires de la Faculté de Médecine de Paris (Professeurs Desgrez et Meunier) et dans les cliniques divers professeurs de la Faculté de Médecine de Bordeaux, notamment par le Professeur Duvergey (Clinique des Voies urinaires).



Avec son débit annuel de 35 millions de litres, la source Contresta peut également être mise en bouteilles. Que direz-vous quand sur la table de nos cafés on demandera un quart Bidart comme on demande un quart Vittel ? C'est précisément de l'eau de Vittel que par ses caractères thérapeutiques l'eau de Bidart est la soeur : c'est une grande station basque de diurèse qui peut surgir demain ; quelle merveilleuse réclame pour notre Côte !



pays basque autrefois source labourd
PUBLICITE VITTEL 1939



Le site de son côté s'y prête merveilleusement : de ce Bidart-plateau, le panorama des monts euskariens, celui de la mer immense, Guéthary d'un côté, Biarritz de l'autre, tout se prête ici à entourer de beauté la source Contresta. Celle-ci jaillit dans une combe, qu'il sera aisé d'aménager en un parc splendide, de surplomber d'une terrasse élégante ; à deux pas, la grand'route court, où passent jusqu'à 2 500 automobiles en certains jours de l'été. Que de facilités ou que d'attraits pour venir ici d'un coup d'automobile, prendre, avant ou après le bain, son verre d'eau, de cette eau d'une limpidité éclatante et stable, de cette eau d'Euskarie qui s'ajouter à la cure d'air, de soleil ou de repos.



Reine de la Côte Basque, Biarritz sera ainsi flanquée de Bidart-plateau au sud, de Chiberta au nord. Et c'est la Côte Basque tout entière qui retirera une plus grande gloire et un plus grand profit de l'exploitation qui pourra être celle de demain.



Celle-ci, bien entendu, doit être l'oeuvre du temps ; mais bientôt va s'élever, nous dit-on, la buvette. Nous avons déjà vu son élégant projet, ses sveltes colonnes, sa coupole arrondie flanquée de deux ailes aux lignes heureusement choisies : au milieu, la source jaillit de sa vasque. La mise en bouteilles suivra qui répandra le nom de Bidart et de la Côte Basque.



pays basque autrefois source labourd
MAQUETTE DE LA SOURCE HYDROMINERALE DE BIDART
PAYS BASQUE D'ANTAN



Aquae condunt urbes, disait l'auteur latin. Chez nous, les villes ne sont plus à fonder, mais elles ont à grandir, à se développer, à créer sans cesse de nouveaux éléments d'activité touristique. C'est en faisant preuve de confiance et d'initiative que nous préparerons, que nous devenons préparer un avenir meilleur. La mise en valeur de la source Contresta qui appartient à la commune de Bidart, ne peut qu'apporter un stimulant nouveau au tourisme en nos pays : souhaitons que l'avenir réponde progressivement aux espérances qu'elle suscite. Biarritz et la Côte Basque en auront leur large part si un succès mérité répond aux propagateurs de l'eau de la source Contresta de Bidart.



En attendant de savoir si la roulette et le trente et quarante seront autorisés sur la Côte Basque et s'ils y apporteront un renouveau d'activité, il n'est pas douteux que nombreux seront les médecins français et étranger qui enverront des clients à Bidart.



Voilà la perspective d'une clientèle d'un ordre nouveau qui viendra s'ajouter à celle de nos plages et séjournera au moins pendant trois semaines sur la Côte Basque où la Saison hydrominérale peut durer toute l'année.



Par son eau minérale, Bidart sert donc pour la Côte Basque tout entière un élément attractif à grande portée et tel que la Côte d'Azur n'en possède pas."





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



  



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