CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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vendredi 2 février 2024
VIEUX MOULINS EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (premère partie)
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dimanche 20 novembre 2022
LE PRÉVENTORIUM D'ARBONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1923
LE PRÉVENTORIUM D'ARBONNE EN 1923.
Dès juin 1918, l'Etat confie au Secours d'urgence le domaine de Pemartia pour reloger les populations de la Somme et de l'Oise, délogées par la Première Guerre mondiale.
Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 3
octobre 1923 :
"Son Comité de patronage s’est réuni hier à Biarritz.
Hier soir à quatre heures, le Comité de Patronage du Préventorium d’Arbonne s’est réuni à la mairie de Biarritz dans la salle des séances du Conseil municipal, sous la présidence de la Marquise douairière d’Arcangues.
A côté de Mlle Javal, la grande organisatrice de l’œuvre, et de Mlle Schwab, qui consacre tous ses instants aux fillettes d’Arbonne, avaient pris place : Mmes Petit, de la Baroja, Charpentier, la Vicomtesse de Gironde, de Bonnand, la baronne Portalis, Détroyat, MM. les Docteurs Peyret et Charpentier.
Mlle Javal met en quelques mots le Comité de patronage au courant de la situation du Préventorium.
Cet établissement commence à être avantageusement connu et plusieurs enfants du pays y sont actuellement soignés.
Mais les dépenses sont relativement élevées et on ne peut songer à les restreindre puisqu’il s’agit de la santé des enfants.
Pour le premier semestre de cette année, les dépenses ont été de 125 000 fr. et les recettes de 59 000 fr. ; d’où un déficit de 66 000 fr. qui a été comblé par l'œuvre du "Secours d’urgence".
La ville de Biarritz a voté une subvention de 5 000 fr. La vente aux enchères organisée récemment a produit une dizaine de mille francs.
Pour avoir un capital stable il y aurait lieu de créer un Comité dont les membres bienfaiteurs verseraient une cotisation annuelle de 500 fr., le chiffre de rachat étant fixé à 5 000 fr. ; les membres souscripteurs (cotisation 100 fr, rachat 1 000 fr.) ; les membres adhérents (cotisation 50 et 10 fr., rachat 500 et 100 fr.)
Quant au fonctionnement et à l’utilité de l’œuvre du Préventorium, en ne saurait en donner une idée plus exacte qu'en citant le rapport que le Dr Peyret, médecin traitant, avait préparé à cet effet. Nous sommes heureux de pouvoir le publier :
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| VUE AERIENNE VERS 1930 PREVENTORIUM D'ARBONNE |
Le fonctionnement du Préventorium.
Mlle Javal a demandé au médecin du Préventorium d'Arbonne de vous présenter cette maison, que, pour la plupart, cependant, vous connaissez déjà. La tâche en sera d’autant plus facile. Aussi bien s'agit-il, non pas d’un long rapport très documenté, mais d’une toute simple causerie.
Je vais donc, au lieu de vous emmener tous à faire une sorte d’inspection détaillée de la colonie, d’ouvrir devant vous des livres de compte et de vous aligner des statistiques de toutes sortes, je vais essayer plutôt de vous raconter en quelques mots ce que nous avons réalisé là-bas, qu'elle y est la vie des enfants, et comment nous croyons y faire oeuvre très utile.
Vous savez de quelle idée est née la maison. Elle est l’oeuvre du Secours d’urgence dans les Régions libérées, qui, après avoir pendant la guerre organisé dans le domaine séquestré d’Arbonne une colonie agricole pour réfugiés, n’a pas cru faire mieux, une fois les réfugiés retournés chez eux, que de transformer ce premier établissement pour y recevoir des enfants des pays dévastés ; — de ces pays où la vie est plus dure et plus difficile, et où, plus qu’ailleurs, manquent aux petits les conditions d’hygiène nécessaires pour "pousser" normalement à l’abri de ce fléau, là-bas particulièrement menaçant, de la tuberculose.
Son but.
Essayer de prévenir la tuberculose, voilà la raison d'être d'un Préventorium, et cela de deux façons, d’une part en empêchant chez certains sujets prédisposés l'éclosion d’une première atteinte, d’autre part en enrayant une tuberculose légère déjà existante.
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| JARDINAGE PREVENTORIUM D'ARBONNE |
"Certains enfants, en effet, peuvent être pâles, anémiés, chétifs, au thorax étroit, à l'appétit capricieux, porteurs même d’adénopathies trachéo-bronchiques banales, suite de coqueluche ou de broncho-pneumonie, ils ne sont pas forcément touchés par le bacille de Koch". Ils n’en présentent pas moins à la maladie un terrain préparé surtout si les conditions hygiéniques dans lesquelles ils vivent ne sont pas excellentes.
D’autres enfants sont également pâles, anémiés, mais présentent des signes indiscutables d’adénopathie trachéo-bronchique, cervicale, ou autre" ; ceux-là sont contaminés déjà, quoique non fébrécitants, apparemment "fatigués" seulement et non malades. "Atteints des formes initiales, latentes et curables de tuberculose non pulmonaire", porteurs de lésions bénignes, non contagieux encore, ils verront à peu près fatalement, dans un milieu défavorable, leur tuberculose faire des progrès et bientôt deviendront de vrais malades .
On le conçoit, il est particulièrement difficile de classer dans l'une ou dans l’autre de ces deux catégories, les enfants que, dans une école ou dans un dispensaire on montre périodiquement au médecin.
Les uns et les autres, au surplus sont intéressants au même titre et forment la clientèle d'un Préventorium. C’est du "tout-venant" qui y entre à chaque convoi.
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| CHAR A BOEUFS ET FILLETTES PREVENTORIUM D'ARBONNE |
Et c’est au Préventorium que s'opère le triage. Il ne peut s’opérer que là, par la surveillance attentive et prolongée des infirmières, et par des examens médicaux approfondis et répétés.
Les enfants reconnus indemnes de lésions tuberculeuses sont, après quatre mois de séjour renvoyés dans leur famille ; ils sont d’ailleurs à ce moment-là déjà transformés ; les couleurs et l'embonpoint sont revenus, leur peau s’est bronzée par le soleil ; ils se sont en somme refait un aspect normal.
Les autres prolongent leur séjour de deux, quatre mois et davantage, du moins si les parents, parfois trop impatients de revoir leurs enfants, n’exigent pas leur retour prématuré. Dans le cas contraire, nous ne les laissons repartir que lorsqu’ils nous paraissent tout à fait d’aplomb, avec une santé bien solide... et le conseil de venir nous revoir au moins quelques mois chaque année... pendant plusieurs années.
Ses résultats.
Deux cent cinquante enfants environ sont passés à Arbonne. Sur ce nombre la moitié y a séjourné plus des quatre mois réglementaires ; un quart y ont passé huit mois et davantage. Cela fait donc environ cent vingt-cinq tuberculeuses, atteintes, rappelons-le, légèrement mais indubitablement, qui ont été par Arbonne, rendues à la santé ; et cent vingt-cinq autres fillettes, en imminence de tuberculose, qui sont venues y chercher des forces pour mieux lutter après contre les premiers assauts du mal.
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| REPOS SOUS LES PINS PREVENTORIUM D'ARBONNE |
Et, puisque j'ai cité quelques chiffres, je ne puis résister au plaisir de vous donner une idée des bienfaits d’Arbonne, en vous disant les gains de poids obtenus. La moyenne en est de 5 kilos en été, et de 3 kilos en hiver, pour un séjour de quatre mois. Ces chiffres n’ont pas besoin d’être commentés.
Les méthodes ? "Soumettre les enfants à un régime hygiénique, avec alimentation surveillée, aération continue, repos, instruction et entraînement physique respectivement donnés par la collaboration d’un médecin et d’un pédagogue" ; programme dressé par Léon Bernard pour les œuvres de ce genre, et dont nous nous efforçons de ne pas nous écarter, d’une ligne.
Allez au Préventorium d’Arbonne ; allez-y à n'importe quel moment ; c’est la maison de verre, c'est la maison où tout se fait au grand jour... Allez-y deux fois, dix fois, vous les trouverez toujours dehors, nos fillettes, soit qu'elles prennent leurs récréations, à l’ombre des grands platanes, soit qu’elles travaillent, sous la surveillance d'une monitrice, à leurs exercices rythmés dans la vaste prairie qui sert de terrain de jeux, ou qu'elles montent à l'assaut des agrès ou... des portiques pour une gymnastique plus violente, plus osée, et non moins salutaire qui émerveillait, il y a peu de semaines, une journaliste parisienne ; soit qu'elles épluchent les légumes, bien sagement mais non pas sans folâtrer un brin, ou balaient les cours et les allées ; soit qu’elles soient assises, enfin silencieuses aux bancs bien alignés de leur classe en plein air, toujours enfin, vous les verrez dehors, sauf par temps de pluie, bien entendu... (Mais il pleut bien rarement dans ce fortuné pays).
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| ECOLE EN PLEIN AIR PREVENTORIUM D'ARBONNE |
Vous les verrez toujours dehors, qu’il fasse chaud, qu'il fasse froid, le plus souvent vêtues de leur petite robe blanche, très ample et très mince, pour que l’air et le soleil y puissent bien pénétrer et les baigner toutes, ou même d'une simple petite culotte avec laquelle le on est encore plus à l’aise... et mieux aérées.
La voilà bien, la vie en plein air, partout prônée et qui à Arbonne est devenue la préoccupation dominante, le premier et le plus important article du programme, celui avec lequel il faut que s'accommodent tous les autres...
Les autres ?... Mais je m’aperçois que je vous ai tout dit, et la classe et les jeux, et les exercices physiques, et les soins du ménage... Si j'ajoute la douche quotidienne... et générale, froide, l’été, tiède l’hiver, les séances régulières d'héliothérapie, les promenades, le balayage des salles le matin, les lits qu'il faut faire soi-même... et bien faire, la couture..., vous connaîtrez notre façon, non seulement de soigner ces gamines, mais de leur inculquer le goût de l'ordre et de la propreté, de les former au travail du ménage, et, suivant le mot de Mlle Javal, d’en faire, "d’êtres maladifs, à l’avenir précaire, des femmes utiles", dressées à l’hygiène et au travail.
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| ECOLE MENAGERE EN PLEIN AIR PREVENTORIUM D'ARBONNE |
Voilà la tâche entreprise au Préventorium d’Arbonne ; tâche éminemment sociale, et par plusieurs côtés :
A la lutte contre la tuberculose qui, plus que jamais réclame la participation de chacun, il apporte l’appoint de son effort ;
Mais il n'a garde d’oublier le point de vue intellectuel et moral, puisque les enfants y peuvent continuer leur vie scolaire, et qu’on a de plus le souci de leur apprendre en même temps que la grammaire et que l’arithmétique, ce qui contribue bien un peu à rendre les hommes plus sains et meilleurs, la propreté, l’ordre et le travail.
| GYMNASTIQUE DES PETITES PREVENTORIUM D'ARBONNE |
Comme on le voit le Préventorium d’Arbonne se révèle vraiment comme une œuvre de haute portée sociale. Puissent les privilégiés de la fortune y songer quelquefois et sauver, par leur obole, la vie à quelques fillettes."
(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 2 octobre 2021
LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : AHETZE ET ARBONNE ET HALSOU EN LABOURD (sixième partie)
LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.
Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :
"Ahetze et Arbonne, en basque Ahetze et Arbona.
Le premier est cité sous les noms de "Villa quæ dicitur Ahece" au XIIe s. ; d’Aheze, au XIIIe s. (cart. de Bayonne fos 8 et 12), d’Ahetce en 1302 (charte du chap. de Bayonne. Le second appelé Narbonna en 1186 (cart. de Bayonne f° 82) fut quelque temps la résidence d’été des évêques de Bayonne. Nous regrettons de n’avoir pas pu connaître le nom de leur demeure.
Ahetze et Arbonne formaient une seule paroisse au XVIIIe s. La population d’Ahetze en 1650, était de 107 foyers ; en 1718, de 747 habitants, en 1820, de 509. Celle d’Arbonne en 1650, de 150 foyers, en 1718, de 1 050 habitants et en 1820, de 577.
| EGLISE D'ARBONNE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
Le curé, à la nomination de l’évêque, résidait ordinairement à Ahetze et le vicaire à Arbonne, annexe. Les revenus de la cure consistaient :
1° dans la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres anciennes et novales, 700 1.
2° dans la 1/2 des fruits décimaux et des terres anciennes et novales d’Arbonne, 460 1. ;
3° dans le casuel d’Ahetze 100 1., celui d’Arbonne 80 1. avec charge de 200 1. pour le vicaire, résumé net 1 140 1.
La fabrique possédait, à Ahetze, un revenu net de 120 1. et à Arbonne une part dans les dîmes de quelques terres d’Arbonne et d’Ahetze évaluées 60 1.
A Ahetze, il y avait quelques obits tombés en désuétude ; les prébendes étaient celles d’Arretchea (12 mars 1692) 25 1. ; — de Chahirenea N. ; — de Hargues ; — de Juncas ; — d’Ilbarots-Hirigoyen ; — d’Achoutoa ; — de Dominique d’Ostalerie ; — du Sr Casaubon, curé de St-Pé-d’lbarren (13 août 1693) 100 1. ; — de Harambillague (15 novembre 1741) 20 1. ; de Lartucea (9 mai 1698) N. ; — de Janier Etcherenea N.
Les obits et prébendes d’Arbonne étaient : 7 obits d’un rapport annuel de 257 1. — Les prébendes : celles de Juncas, fondée par Armand Juncas, vicaire, le 29 août 1727, revenu 50 1. ; — de Labiton, aliàs de Socobie, (4 septembre 1701) 201. ; — de Sorhouet-Etcbesarry 21 1. ; — de Pouy (26 octobre 1710) 200 1. ; — de St-Paul (?) 100 1. ; — de Mentaberria N.
Chapelle : celle de Pouy à Arbonne, mentionnée en 1751 (Intendance E. 38). — Confrérie : celle de N.-D. du Rosaire érigée en 1714 dans l’église de St-Martin d’Ahetze, et approuvée, le 19 juillet 1738, par Mgr de Bellefont. Parmi les membres figurent : "Arnaud Harambillague, prestre et prieur de la frairie 1761 ; Bernard de Hirigoyen, prestre ; Saubot Detcheverry, prestre ; et Dominica Duhalde, gouvernante de Duhart prestre".
Les actes paroissiaux de 1774 à 1779 portent les signatures de Munduteguy et de Duhart, prêtres.
Période révolutionnaire. — A cette époque Ahetze n’avait qu’un vicaire à la tête de la paroisse : c’était Martin Daguerressar, né à Lahonce. Grâce à la piété des fidèles qui ne voulaient pas que leur chef spirituel apostasiât, Daguerressar hésita quelque temps entre sa conscience et son ambition. Les 26 et 30 janvier 1791, il déclare au maire Dupouy, ne pouvoir prêter que le serment restrictif. Quelques jours après il dit au même magistrat : "C’est une affaire qui m’embarrasse, mais il faut en passer par là", et le 13 février suivant, il prêta le serment pur et simple. Grâce à son apostasie, à l’aide de Daguerressar, notaire de Mouguerre, il devint curé constitutionnel de Lahonce jusqu’à l’abolition du culte. Alors il abdiqua et, devint juge de paix. Avant son départ, d’Ahetze, il envoya à la municipalité un don patriotique de 116 1. 13 s. 4 d. .
| PLACE D'ARBONNE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
— Un autre prêtre l’abbé Duhart, ancien curé et trésorier de la fabrique d’Ahetze, abdiqua aussi.
La Révolution enleva d’Ahetze une cloche, une petite croix du poids de 1° 21 d etc. On parvint à sauver une belle croix du XVe s. que l’on montre encore dans cette paroisse. Véritable objet d’art, elle a été décrite dans les Annales de M. Didron, par un professeur des plus distingués du séminaire de Larressore, l’abbé Laran, de Bayonne, prématurément enlevé par la mort aux sciences et aux lettres. On nous a assuré que la belle croix d’Ahetze n’a échappé à la rapacité des révolutionnaires que grâce à l’inaltérable fidélité d’un enfant de la paroisse, dont nous regrettons de ne pouvoir pas donner le nom.
A la Révolution, Arbonne avait son curé et son vicaire. Loin d’imiter leur triste voisin, ils se refusèrent à prêter le serment schismatique. Le premier était Laurent Duhart, né à Ayherre, de Jean D. et de Marie Haramboure, ordonné à St-Jean-Pied-de-Port, le ler juin 1765, et le deuxième Guillaume d’Etchepare, né à Ainhoa, le 1er septembre 1758, de Jean d’E. et de Ursule Marticorena, ordonné à Oloron en avril 1783. 11 devint vicaire à Espelette et mourut le 23 août 1810. Arbonne perdit à la Révolution trois cloches, etc.
Au rétablissement du culte, la paroisse d’Arbonne fut confiée à Martin Duhart. Nous avons déjà dit que celle d’Ahetze fut donnée à Louis Duhalde, d’Ustaritz. En 1793, on appela Arbonne Constante.
Halsou :
Halsou, en basque Haltsu, est cité au XIIIe s. dans le cartulaire de Bayonne (f° 49) et dans les collations du diocèse en 1760, sous le nom de Beata-Maria de Halsou. Ce fut d’abord une chapelle dédiée à la Ste Vierge, fondée en 1506, par Martin d’Uhalde et son épouse Marie de Haïtze. Leur demeure se voit encore près l’église de Halsou. Un jour de dimanche, les deux nobles époux allaient entendre la messe à l’église de Larressore. La rivière de la Nive, grossie par d’abondantes pluies, avait un courant des plus violents. Durant la traversée, une de leurs filles tomba dans le torrent et s’y noya. Dans leur désolation, ils demandèrent et obtinrent de Mgr Bertrand de Lahet, évêque de Bayonne, de fonder, près de leur château, une chapelle particulière ; c’était en 1506. Le seigneur de St-Martin de Larressore ayant hérité de la maison d’Uhaldea nommait à la cure de Halsou.
| HALSOU LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
Picamillh dit que "l’église de Halsou est une ancienne chapelle édifiée par les soins du baron de Lacarre, en commémoration de la mort de sa fille noyée au passage de la Nive." Mais, comme le dit le capitaine Duvoisin, ce n’est pas dans les anciens écrits que l’auteur a puisé ce renseignement. Les barons de Lacarre n’étaient pas encore alliés à la noble famille de St-Martin de Larressore.
La chapelle fut érigée en paroisse, en 1512, avec l’autorisation du prélat et le consentement du curé de Cambo et de Larressore, annexe. (Halsou ne formait alors qu’un quartier de Larressore). Le manuscrit attribué à l’abbé Larréguy nous donne le nom de ce curé. C’était Monsieur St-Martin. Il était en même temps abbé du couvent d’Urdach. Au XVIIIe s. M. St-Martin, seigneur de Larressore, nommait à la cure de Halsou.
La population, en 1650, était de 100 feux ; en 1718, de 500 habitants et en 1820, de 273. — Les revenus de la cure consistaient en une portion de la dîme, quelques prémices évaluées 336 1. et dans un casuel de 30 l., total 366 l. — Il y avait 14 obits d’un rapport annuel de 68 l. 15 s. — Les prébendes étaient celles de Hiriberria (21 mars 1713), 11 l. 5 s. ; — d’Etchegoyen, aliàs Dithurbide, (20 juin 1693), 30 l. ; — de Hiriartea (30 novembre 1667), 11 1. 5 s. ; — de Dithurbide, aliàs Etehegoyen, (prébende confondue avec la précédente), 45 l. 4 s. ; — d’Ourbarroa (28 février 1727), 6 1. ; — d’Etchegoyen, aliàs Lascorret, (7 avril 1734), augmentée postérieurement, 13 l.10 s.
— La fabrique possédait une rente constituée d’un capital de 120 l. avec charge de quatre messes.
A la Révolution, était curé de Halsou, Pierre Haramboure, enfant de la paroisse, né le 24 septembre 1716 dans la maison Etcheverry-Zahar. Après deux années de professorat à Aire, il y fut ordonné en 1742. Il devint curé de sa paroisse natale et refusa le serment schismatique ; ce qui lui valut la déportation malgré ses 84 ans. Il mourut dans son exil à Mayo (Espagne).
Une de ses sœurs, Gratianne, était mariée à Martin Harriet, grand-père des abbés Fabien et Maurice, chanoines de Bayonne ; Gratianne avec ses trois filles Haurra-Marie, Marie et Josefa, fut victime des mêmes fureurs révolutionnaires. Les quatre furent un moment emprisonnées dans l’église de St-Jean-de-Luz, changée en prison. Josefa y mourut au milieu d’un grand nombre d’internés, entassés pêle-mêle, sans distinction ni d’âge ni de sexe. Les deux autres sœurs rentrèrent au foyer paternel avec leur mère âgée de 80 ans.
Pierre Harriet, fils de cette dernière, était procureur du roi au bailliage d’Ustaritz. Il occupait dignement sa charge, quand la Révolution vint le condamner à mort comme réactionnaire. Pendant quelque temps, il se cacha dans les bois qui entouraient sa maison natale d’Etcheverry-Zahar. Un jour, il était dans une ferme appartenant à la famille et située au bois de Jatxou. Des agents de Hasparren, lancés à sa poursuite, abordent le fermier et réclament la victime. "Il a pris la direction de Hasparren", répond le fermier fidèle. Dépistés un moment, les agents reviennent encore. "Maître, dit le fermier à Harriet, les voici revenus ; ils sont quatre. Je me charge de deux, vous pourriez vous charger des deux autres, nous prendrions leurs chevaux et nous passerions la frontière." Le fermier était un vigoureux bohémien, qui ne quittait jamais son maître. L’ancien procureur rejeta la proposition et franchit la nuit même la frontière. Il alla rejoindre six prêtres émigrés de ses amis et condisciples de Larressore.
C’étaient les abbés Haramboure, curé de Halsou, dont nous avons parlé, Munduteguy, curé de Jatxou, Bernard Etchegoyen, vicaire de Jatxou, Michel Garat, missionnaire de Larressore. et deux autres dont nous regrettons de n’avoir pas les noms. Ils se mirent en communauté, faisant les prières et autres exercices de piété ensemble, exemple suivi toute sa vie, au sein de sa famille, par l’ancien procureur depuis son retour d’Espagne ; l’ex-magistrat servait la messe à ses co- exilés, à raison de deux sous par messe. Le petit pécule servait à augmenter le menu du dîner à certains jours de fête. L’ordinaire se composait de pain et de quelques fruits, assaisonné du bonheur d’une conscience tranquille.
| LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II |
Martin de Munduteguy, dont nous avons déjà parlé, était né à Halsou le 19 novembre 1729, et ordonné à Aire en décembre 1755. Un moment il eut la faiblesse de prêter le fameux serment, faute qu’il répara immédiatement en le rétractant publiquement et en déclarant que jamais il ne reconnaîtrait que l’autorité de l’évêque légitime. Il avait la réputation d’un grand prédicateur.
Bernard Etchegoyen, dit Choko, naquit à Halsou, le 25 décembre 1766, et fut ordonné le 20 mars 1790. Sitôt l’onction sacerdotale reçue, il fut nommé vicaire à Jatxou et peut-être aussi chargé de l’administration de sa paroisse natale, après le départ du curé Haramboure, car sur la liste des déportés ou lui donne le titre de curé de cette paroisse. Mais il ne tarda pas d’aller rejoindre ses confrères à Pampelune. La Révolution enleva de l’église de Halsou 1 calice avec patène, 1 ciboire, 1 soleil sans pied, 1 croix brisée, 1 porte-Dieu ; le tout pesant l6 m 50.
A l’ouverture des églises, Martin de Mundutegpy devint curé de Halsou et Jatxou réunis. Il fut remplacé bientôt par Bernard Etchegoyen. Chez ce dernier se retira, à son retour d’Espagne, l’abbé Michel Garat, missionnaire de Larressore, en attendant sa nomination à la cure de St-Pierre d’Irube vers 1805. Démissionnaire de sa cure en 1817, l’abbé Etchegoyen vécut en prêtre habitué dans sa paroisse natale, jusqu’à sa mort, en 1828.
Doué d’une excellente mémoire et connaissant la vie du saint fondateur du séminaire de Larressore, l’abbé Etchegoyen fournit, nous a-t-on assuré, d’intéressants détails à l’auteur de sa vie. Mais son bonheur, surtout dans ses vieux jours, était d’aller raconter aux élèves de cet établissement les événements de la Révolution, sa vie et celle de ses confrères sur la terre d’Espagne. Ses visites étaient désirées autant par les maîtres que par les élèves. Un jour, il y était allé dîner. Que ce fut la faute du fournisseur ou celle de l’économe, on servit à table une viande des plus coriaces. Le vénérable vieillard n’en pouvant détacher miette passa son plat à son chien, qui se tenait à ses pieds. A la récréation qui suivit, il narrait ses aventures, quand son chien vint le caresser. "Saute, lui dit-il, saute, Napoléon, c’était le nom du gardien fidèle, tu as mieux dîné que ton maître". Il paraît que désormais l’économe surveilla sa cuisine, et fêta mieux l’aimable visiteur."
| HALTE DE HALSOU-LARRESSORE LABOURD PAYS BASQUE D'ANTAN |
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 11 janvier 2020
L'INAUGURATION DU PRÉVENTORIUM D'ARBONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1922
L'INAUGURATION DU PRÉVENTORIUM D'ARBONNE EN 1922.
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dimanche 5 mai 2019
UNE FERME À ARBONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1930
UNE FERME À ARBONNE EN 1930.
Au Pays Basque, les fermes étaient souvent de grande taille, car le soir on rentrait les animaux dans leur étable, au rez-de-chaussée.
mercredi 22 août 2018
LA MORT D'UN BASQUE D'ARBONNE EN LABOURD AU COMBAT EN OCTOBRE 1914
MORT D'UN SOLDAT BASQUE EN 1914.
On estime à environ 6 000 Basques du Pays Basque Nord le nombre de morts au combat pour défendre la France, lors de la première Guerre Mondiale.
samedi 26 novembre 2016
LE PRÉVENTORIUM D'ARBONNE (ARBONA) EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS
LE PRÉVENTORIUM (Domaine de PEMARTIA) À ARBONNE.
On trouve dans les archives pour la première fois mention de "Pemartia" en 1520.
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