L'INAUGURATION DE L'ADDUCTION D'EAU D'ANGLET-BIARRITZ EN 1933.
La Société Lyonnaise des Eaux et de l'Eclairage est créée en février 1880 par le Crédit Lyonnais.
ROUTE DE LA BARRE ANGLET 1931 PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 2 octobre
1933 :
"Les installations d'adduction d'eau d'Anglet-Biarritz ont été inaugurés... Samedi, dans la forêt communale d'Anglet.
Sous les grands pins, dans un coin délicieux de la forêt communale d'Anglet, la municipalité et la Société Lyonnaise inauguraient officiellement les installations d'adduction d'eau, qui fonctionnent depuis plus d'un an déjà.
CINQUANTENAIRE DE LA LYONNAISE DES EAUX 1930
Nous étions venus déjà à plusieurs reprises visiter les travaux effectués par la Lyonnaise. Aussi avons-nous été agréablement surpris lorsque nous pénétrions dans les jardins de la station. Le coup d'oeil est tout à fait charmant. Où sont les petites cabanes d'il y a un an ?
Maintenant de coquets bâtiments qui s'accordent parfaitement par le style au cadre dans lequel ils sont font songer par leur extérieur à quelque country-club. De magnifiques pelouses entourent l'usine et les stations de pompage ; l'endroit est vraiment charmant et agréable.
Et c'est dans ce cadre admirable que samedi dernier la municipalité d'Anglet avait convié différentes personnalités afin de visiter les installations d'adduction d'eau d'Anglet-Biarritz.
Il y avait là : M. Garat, député-maire de Bayonne ; M. Le Barillier, maire d'Anglet ; M. Hirigoyen, maire de Biarritz ; MM. Dufourg et Gentilhe, adjoints au maire d'Anglet ; MM. Bonnet, Laporte, Barets, Touya, Mendiboure, conseillers municipaux d'Anglet ; MM. Giraudel, Boterel, Lafourcade, Navaillès, Mazières, Daulon, adjoint et conseillers municipaux de Biarritz ; M. Forgues, conseiller d'arrondissement ; M. Collet, conservateur des Eaux et Forêts ; M. Harle, inspecteur des Eaux et Forêts, chef du service des aménagements ; M. Renoux, inspecteur des Eaux et des Forêts ; MM. Lesbre et Blanchet, ingénieurs des Ponts et Chaussées ; M. Echinard, directeur de la Compagnie du Bourbonnais ; M. Ternand ; M. Frois, ingénieur de la Ville de Bayonne ; M. Delor, ingénieur de la Ville de Biarritz ; M. Touzaa, secrétaire général de la mairie de Biarritz ; le docteur Bourgoin, président du Conseil départemental d'Hygiène ; le docteur Augey ; le docteur Garat, etc...
M. Le Barillier et M. Renatau accueillaient aimablement les invités. Puis, prenant la parole, le maire d'Anglet excusait M. le Sous-Préfet de Bayonne, empêché, et remerciait toutes les personnes présentes. En quelques mots où la finesse et l'esprit rivalisaient, M. Le Barillier se félicitait de l'oeuvre accomplie par la Lyonnaise des Eaux et par son distingué directeur régional, M. Renatau. Il dit combien le Conseil municipal d'Anglet est heureux d'avoir trouvé auprès des différentes administrations une aide de tous les instants pour la réalisation du grand projet qu'était l'alimentation d'Anglet en eau potable.
"Nous avons à Anglet, et je le proclame hautement, ajoute M. Le Barillier, une eau excellente. Toutes les analyses faites jusqu'à présent le prouvent aisément. Nous ne pouvons que nous féliciter, mon Conseil et moi, de nous être adressés à vous, Monsieur Renatau."
M. Renatau remercie ensuite M. Le Barillier de ses aimables paroles, donne des renseignements techniques aux personnes présentes et fait en quelque sorte l'historique de l'alimentation d'Anglet en eau potable depuis les pourparlers jusqu'à la réalisation totale du projet.
Il rappelle que le réseau de distribution était presque terminé fin août 1932 et que la station provisoire mise en service à ce moment fournissait 2 000 mètres cubes par jour à Anglet et Biarritz.
En avril 1933, le réseau et le réservoir de distribution étaient entièrement terminés et la station élévatoire mise en service.
Depuis, tout marche sans incident et en été 3 000 à 3 500 mètres cubes sont fournis à Biarritz.
Une plus grande quantité pourrait être fournie, mais certaines canalisations de Biarritz ne permettent pas un plus fort débit.
Ce qu'il y a de certain, c'est que l'installation d'Anglet peut refouler 9 à 10 000 mètres cubes d'eau par jour, à condition de prévoir l'installation d'organes de secours ; mais telle quelle est, elle peut assurer plus de 5 000 mètres cubes par jour.
Et M. Renatau donne des détails sur l'installation proprement dite. L'eau est prélevée à 30 mètres de profondeur dans des forages dont trois sont équipés avec des groupes verticaux : chacun des puits peut donner jusqu'à 3 500 mètres cubes par jour.
L'eau est alors refoulée dans une bache d'accumulation à double compartiment, ce qui lui permet d'être aérée, puis reprise par des groupes élévatoires de 75 et 150 CV susceptibles de renvoyer de 150 à 325 mètres cubes dans le réservoir de Tarandelle dont la capacité est de 1 500 mètres cubes et le trop-plein à 30 mètres de hauteur.
L'usine elle-même, très bien comprise, permet de vérifier à tout instant les niveaux, les débits et les pressions de l'eau.
M. Renatau signale en outre que toutes les dispositions ont été prises pour empêcher la pollution de l'eau : la nappe est naturellement protégée par la zone forestière et par la nature du sol ; une protection supplémentaire a été établie au moyen de clôtures qui entourent chaque forage.
M. Garat, prenant à son tour la parole, est heureux de féliciter le Conseil municipal d'Anglet et la Lyonnaise des Eaux d'avoir réalisé le problème de l'alimentation en eau potable d'Anglet et de Biarritz.
"La région manque d'eau et jusqu'ici il fallait la chercher loin ; vous avez résolu le problème en trouvant le précieux liquide, en pleine forêt, non loin d'Anglet et de Biarritz."
M. Garat ne cache pas la bonne impression qu'il a de l'eau d'Anglet ; il est certain qu'elle est excellente et il rappelle à cet effet — ayant eu à étudier cette question pour Bayonne — les conversations qu'il avait eues avec le professeur Bertrand et l'éminent savant avait toujours vanté l'excellente qualité de l'eau provenant des forages d'Anglet.
Puis les personnalités vont visiter les différentes installations qui sont très admirées.
Ensuite la municipalité d'Anglet a offert un champagne à ses invités, champagne au cours duquel M. Hirigoyen, maire de Biarrite, a pris la parole pour s'élever contre certains jugements tendant à laisser supposer que l'eau de Biarritz est uniquement de l'eau de lac.
"L'eau que l'on boit à Biarritz, dit-il, proveint d'Anglet et cette eau est excessivement pure. Il serait souhaitable que l'on fasse visiter ces installations à des docteurs étrangers. Cela serait une excellente publicité."
Et M. Hirigoyen termine en affirmant que le problème de l'eau sera très vite résolu dans un avenir très proche.
Comme on peut le voir, l'eau d'Anglet était hier à l'honneur : on en a discuté devant des personnalités compétentes et tout le monde était d'accord pour croire à sa parfaite pureté et à sa potabilité. L'eau d'Anglet est excellente, nous pouvons l'affirmer à notre tour."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Le championnat de France de rugby à XV de première division 1912-1913 est remporté par l'Aviron Bayonnais qui bat le SCUF en finale.
EQUIPE DE RUGBY AVIRON BAYONNAIS SAISON 1912-1913
Le championnat est disputé par une phase régionale (18 régions) entre octobre et décembre 1912 et chaque champion de région s'affrontent lors d'un premier, second tour et d'un troisième tour (quart de finale) ainsi que des demi-finales et la finale.
Voici ce que rapporta au sujet d'un match de la phase régionale entre l'Aviron Bayonnais et la
Section Paloise la revue bi-hebdomadaire Pyrenoea, le 1er décembre 1912 :
"Championnat de Foot-Ball Rugby de la Côte d'Argent.
Nous avons vu le 17 Novembre à Hardoy une des plus belles parties de rugby, un des plus beaux matches de championnat qu'il soit donné de voir et je doute qu'en France, avec les mêmes conditions d'un terrain lourd, il existe beaucoup d'équipes capables de donner à une partie autant de vivacité et fournir un spectacle dont l'intérêt soit constamment aussi puissant.
PLAN DU TERRAIN D'HARDOY ANGLET PAYS BASQUE D'ANTAN
Nous avions bien raison de penser que le match des Basques et des Béarnais serait autrement captivant que celui de Bayonne contre Bordeaux. En effet, loin d'être sans cesse paralysés dans leurs attaques et dominés constamment comme l'avaient été les Bordelais, les Palois surent, en attaquant, admirablement se défendre.
Le "score" fut un peu dur pour les Béarnais, mais cette sévérité est imputable à de grosses fautes commises, dont le team Bayonnais, très souple, sut très bien profiter.
En mêlée, le puissant groupe de l'Aviron ne put obtenir la balle aussi fréquemment que contre Bordeaux et les sorties de mêlées furent réparties assez également dans chaque camp.
MÊLEE A L'AVANTAGE DE PAU PAYS BASQUE D'ANTAN
La paire des demis palois ne fut pas éclipsée par la fameuse paire adverse et tandis qu'Espelette à l'ouverture eut pu encore mieux faire, Lamouret, à la mêlée, s'affirma comme un joueur de grande classe.
La ligne de trois-quarts que l'on semblait ignorer prouva que véritablement elle existait, en marquant, en fin de partie, un essai du plus pur classicisme. Pierrot fut excellent et Casajous à l'arrière sortit la grande partie ne faisant pas une faute et si l'on peut reprocher à Casajous de n'avoir pas toujours trouvé la touche dans ses déplacements, ce ne fut ni plus ni moins qu'une tactique répondant à une tactique de l'adversaire.
Le quinze palois se comporta bien dans l'ensemble et joua avec une belle énergie. Il y eut des fautes commises mais elles ont leur part d'excuses dans une rencontre d'une pareille importance. Et certains dégagements cependant dans les mains de l'adversaire auraient pu être évités ; ils firent stationner le jeu en fin de partie et ce n'était pas l'intérêt de Pau qui avait au tableau un gros retard.
Lorsque certains remaniements qui s'imposent absolument dans la ligne d'avants auront été faits et que l'équipe aura à son actif quelques semaines du travail qui lui manque encore, la Section Paloise ne sera pas loin de son vainqueur de dimanche.
Bayonne joua mieux que contre Bordeaux ; très souple et pouvant ouvrir dans toutes les phases du jeu par l'adresse de ses hommes à ramasser le ballon en vitesse et par leur rapidité à se former en lignes d'attaques, l'équipe joua avec sang-froid et comme à l'ordinaire se montra remarquablement adroite et précises dans ses passes.
La route du Championnat de France, suivant l'expression populaire est ouverte à l'Aviron Bayonnais. Les hommes de Forgues, athlètes accomplis et players de grande classe, sont tout disposés à aller très loin sur cette route, souhaitons qu'ils la parcourent glorieusement.
La partie a présenté des péripéties si multiples qu'il serait fastidieux d'en faire un compte-rendu à la lettre. Nous en dirons seulement les principales phases après avoir mentionné que le match qui était dirigé par M. Gondouin — le prince des arbitres ! — fut exempt de brutalités de par les bonnes dispositions d'esprit des équipes d'abord et l'application des équipes à s'occuper beaucoup plus du ballon que de l'homme ensuite.
ARBITRE CHARLES GONDOUIN
La partie.
Le coup d'envoi échoit à l'A. B. Après une touche, la première mêlée donne la balle à Bayonne mais le départ des lignes arrières de l'Aviron est arrêté. Un dribbling, puis une touche de Casajous, l'arrière palois, mettent le jeu aux 22 mètres Bayonnais où Pau tente sans succès une ouverture, un goal et un coup francs. Echange de coups de pieds puis l'Aviron oblige Pau à toucher dans ses buts. Peu après, départ des lignes Bayonnaises, Poeydebasque file le long de la touche et marque au coin. Pas de but. Bayonne : 3 points - Pau : 0.
Le jeu est déplacé vivement, une attaque conduite par F. Forgues échoue sur en avant puis Pau manque la balle, Mastic dribble mais dans les buts est gêné manifestement. L'arbitre accorde un essai de pénalisation. Bayonne : 8 points - Pau : 0.
Coup de pied à suivre de Pau puis coup franc qui permet à Potter de trouver la touche dans les 30 mètres adverses. Ouverture de J. Forgues qui échoue sur en avant. Après un coup franc à Pau et Bayonne, Bernicha manque de peu le goal des 50 mètres. A tour de rôle les équipes prennent l'avantage en mêlée ; distribution de nombreux coups francs aux deux équipes. Pau touche dans ses buts puis le jeu revient aux 50 mètres d'où Bernicha, après coup franc, tente encore le goal cette fois encore manqué de peu. Une attaque dangereuse de Pau échoue en ballon mort. Duel de coups de pieds, puis ouvertures des Palois qui n'aboutissent pas. Sur une d'elles, une interception bayonnaise met le jeu dans les buts des verts qui touchent.
La mi-temps est sifflée aux 50 mètres.
A la reprise, après un coup d'envoi à refaire et un avant de Mastic, l'Aviron fait une descente, donne un petit coup de pied, reprend la balle, mais l'attaque bien dessinée échoue sur en avant. Une mêlée a lieu dans les 30 mètres de Pau. L'arrière dégage. Bayonne part en passes qui sont recentrées et un magnifique essai est marqué par Fouillassard. Roë transforme. Bayonne : 11 points - Pau : 0.
Le jeu continue très vite et à l'avantage de Bayonne. Tournier tente sans succès de partir, puis attaques des lignes arrières bayonnaises avec coups de pieds à suivre. Pau remonte en dribblant puis ouvre par deux fois, mais sans succès. Une superbe phase de jeu a lieu ; Bayonne ensuite fait un en avant dans ses 22 mètres qui sont dégagés en passes. Pau revient en dribblant dans le terrain des adversaires. Potter ramasse, envoie à Bernicha ; l'essai est manqué de peu. Forgues remet le jeu aux 50 mètres. Pau commet quelques maladresses au moment où le jeu est à son avantage, puis Bayonne fait une descente dangereuse et Mastic attaque du côté fermé. Bayonne domine à son tour et pendant quelques minutes se maintient dans les 22 mètres de Pau. Les verts remontent aux 50 mètres. Chateau part ; un coup franc est accordé à Pau qui envoie dans les buts de 50 mètres. Roë, sans être inquiété, réussit le drop-goal. Bayonne : 15 points - Pau : 0.
LANCEMENT DU BALLON EN LIGNE DE TOUCHE PAR HEDEMBAIGT DIT MASTIC
Les Palois donnent un coup de collier, tour à tour Tournier et Cayefourcq chargent sans succès. F. Forgues quitte la mêlée et joue trois-quarts. Le jeu vient aux 50 mètres, puis Casajous trouve la touche aux 22 mètres de l'Aviron. Bernicha tente le goal puis Espelette fait l'ouverture ; la ligne s'ébranle et un très joli essai est marqué par Rieu. Pas de but. Bayonne : 15 points - Pau : 3 points."
Fin du match, l'Aviron Bayonnais gagne par 15 points à 3 contre la Section Paloise.
L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.
AFFICHE LA CÔTE BASQUE AEROPOSTALE 1930 PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans
plusieurs éditions :
le 31 mai 1927, sous la plume de Renée Dominique :
Une légende qu’il faut détruire. —— L’ est excellent.— Evolutions acrobatiques. — A quand un meeting d’aviation ?
— Allô ! la Gazette ?
— Oui.
— Ici l'aérodrome de Parme. Quatre pilotes de Châteauroux, dont trois ont pris part hier au meeting de Pau, vont partir tout à l'heure et faire quelques exercices d'acrobatie au-dessus de Parme avant de regagner leur centre.
— Bien ! Merci ! nous arrivons.
AVIATION CHÂTEAUROUX 1925
Moins d'un quart d'heure après, nous étions à Parme. Trois avions, paisibles, au repos semblaient de grosses libellules posées sur l'herbe fraîchement coupée. Deux faucheuses, au pas lent des bœufs, plus loin couchaient les foins parfumés. A l'horizon, les montagnes bleuâtres se découpaient nettement sur le ciel orageux, tandis que les coteaux fertiles du Pays basque étendaient sous le soleil une tapisserie verte et brune. Vision admirable que nul aérodrome sans doute en France ne peut offrir.
Sous l'immense hangar, autour d'un quatrième avion, des aviateurs s'occupent à le réparer. C'est l'avion qui, samedi, avait atterri sur la plage, et son pilote, le lieutenant de Bermond, ayant demandé du secours à Pau depuis la veille, en attendant, transformé en mécano, sa combinaison de toile toute grasse d'huile, "dépanne" son appareil.
AVION NIEUPORT 1926
C'est l'adjudant-chef Dulau qui nous reçoit. Le sympathique aviateur est un Biarrot et qui n'oublie pas son cher Biarritz.
— Vous étiez, à Pau, hier ?
— Oui. Meeting très réussi ; un monde fou ; beaucoup d'enthousiasme.
— F.t vous ne pouvez pas rester plus longtemps à Biarritz ?
— Malheureusement non ! Mais, savez-vous qu’il y a sur l'aérodrome de Biarritz une bien fâcheuse légende qui s'est accréditée dans les milieux aéronautiques : on dit que le terrain de Parme est impraticable !...
"Or, le terrain est excellent et absolument praticable pour tous les appareils. Le sol en est uni, très souple. Que la Gazette le dise bien haut et le répète souvent ! Car il est à désirer que tous les centres d aviation en soient avertis. Les quatre "Nieuport" de Châteauroux, qui sont les appareils les plus rapides à l'atterrissage se sont posés d'une manière parfaite sans utiliser la superficie du terrain.
D'ailleurs, ajoute un Monsieur qui assiste à cet entretien, et qui est un propriétaire voisin de Parme, si le terrain n'avait rien valu, M. Loewenstein ne l'aurait pas employé comme il l'a fait l'an dernier, et il n'aurait pas dépensé la somme énorme que lui ont coûté et l'installation de l'éclairage électrique dans l'immense hangar et l'aménagement de la route qui conduit à l'aérodrome.
Pendant ce temps, le lieutenant de Bermond, aidé des sergents pilotes Baillet et Fangeaux, remet en place son réservoir à essence — opération laborieuse et délicate. Son atterrissage à la plage, samedi, est encore une des conséquences de la mauvaise réputation dont jouit Parme. On lui avait dit, à Cazaux, qu'il ne pourrait s'y poser sans accident. Contraint d’atterrir, il le fit sur la plage.
AVION NIEUPORT 1927
Et quand, ayant repris sa tenue d'officier, le lieutenant de Bermond viendra plus tard rejoindre notre groupe, il nous dira combien il s'est montré touché de la façon avec laquelle on s'est empressé auprès de lui après son atterrissage, et combien chacun s'est montré complaisant.
— Je n'ai jamais rencontré de gens plus aimables que les Biarrots, ni non plus admiré un pays plus beau que le leur. Soyez, je vous en prie, mon interprète, pour exprimer à tous ceux qui m'ont aidé à "dépanner" samedi, mes très vifs remerciements !
Mais on entend au loin comme un bruit de moteur. Un point sombre qui grossit sans cesse. Bientôt en un virage savant, un biplace atterrit devant nous. C'est l'avion de secours mandé depuis la veille à Pau. Pilote et mécanicien sautent lestement hors de la carlingue et ce dernier se met aussitôt au travail après le Nieuport qui, d'ailleurs, grâce aux efforts de son pilote, parait être en état.
Dans quelques minutes, les quatre petits Nieuport vont partir pour Châteauroux en faisant escale à Cazaux et Rochefort pour se ravitailler, car ces petits monoplaces, très légers, sont des appareils de chasse munis d'un moteur de 300 CV. Hispano qui ne peuvent emporter une grande quantité d'essence. Ce sont des Nieuport d’un modèle récent, frères cadets et perfectionnés de ceux qui, pendant la guerre, couraient sus aux "Fokker" et aux "Gothas".
AVION NIEUPORT ROCHEFORT-SUR-MER
Les aviateurs viennent nous serrer la main, puis montent dans leur carlingue.
l'n premier oiseau gris vert glisse sur l’herbe dans le fracas assourdissant de son moteur, et presque aussitôt s'élève. Et là-haut, dans le ciel, glissant sur l’aile, tantôt d'un côté, tantôt de l’autre ; piquant droit vers le sol, moteur arrêté, puis se redressant brusquement ; descendant en vrille, puis se retournant sur lui-même en des loopings impressionnants, il se livre à des exercices de téméraire acrobatie.
Un autre le suit, puis un troisième, et c'est à celui qui, là-haut, fera la plus savante exhibition, pendant que, le cœur serré, nous les suivons du regard. Après être passés une dernière fois très bas pour nous dire au revoir, ils se dirigent vers l’Adour et les Landes et bientôt disparaissent.
Mais l’appareil du lieutenant de Bermond n'est pas encore au point. Le moteur a des ratés. Le mécanicien de Pau s’emploie activement. Le "Nieuport" pourra-t-il partir ce soir ? Ce n'est guère probable. Et pourtant, alors que nous sommes déjà de retour à Biarritz, nous entendons et nous voyons le petit "Nieuport" qui va rejoindre ses camarades, puis le biplace qui regagne son centre de Pau.
AVION NIEUPORT PAU BEARN D'ANTAN
N’est-il pas question d'organiser un grand meeting d'aviation pendant la prochaine saison ? C’est une manifestation qui remporterait certainement beaucoup de succès auprès de nos hôtes. Si l’idée de ce meeting se réalise, il serait intéressant, croyons-nous, de demander aux aviateurs de Châteauroux qui connaissent maintenant si bien le terrain de Parme et l’apprécient, d’y participer.
Nous en reparlerons. Mais en attendant, puisque Parme est appelé à devenir la gare aérienne de la ligne Biarritz-Nice et probablement de plusieurs autres lignes, faisons savoir partout que son terrain est parfait. Bientôt d’ailleurs, des phares vont y être installés afin que même la nuit, les avions puissent y venir atterrir."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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La tournée que vient d’effectuer l'équipe professionnelle de Galia est dans son ensemble remplie d’intérêt.
Equipe nouvellement formée, le "treize" français a fait une excellente propagande en Angleterre.
EQUIPE DE FRANCE RUGBY A TREIZE MARS 1934
Le grand journal de sports le "Sporting Chronicle" est très élogieux pour le team français et voici ce qu'il écrit au sujet de la victoire des Français sur le meilleur "treize" d'Angleterre, Hull.
EQUIPE DE RUGBY A TREIZE HULL 1934-1935
"C’est incontestablement le meilleur team français de rugby que nous ayons vu en Angleterre depuis longtemps. Tous les partenaires de Galia ont joué à Hull dans le meilleur esprit mettant hautement en valeur des qualités de cran, de technique, de souplesse et d’initiative qui ne paraissaient être jusqu’à présent que l’apanage des joueurs britanniques.
Ils ont gagné leur match avec brio, nettement, sans contestation possible et ont réussi là où certainement des pratiquants français de rugby à quinze auraient piteusement échoué."
Inutile d’ajouter d’autres commentaires. Ceux-là suffisent à confirmer l’excellente impression que les Galia, Lambert, Samatan, Fabre, Amilha, Duhau, Mathon, Cassagneau, Vignials ont laissée chez nos voisins d'outre-Manche.
Lundi dernier sur le terrain de Cuyès, à Dax il a défait le quinze dacquois par un nombre impressionnant de points.
Quand le résultat nous est parvenu lundi soir, nous fûmes un peu surpris. Les Dacquois n’avaient-ils pas fait match nul la veille avec la réputée équipe de Toulon ?
Mais cependant le résultat était là et combien éloquent !
Il paraît que les Bayonnais tout en jouant avec cœur ont fait un excellent entraînement. Tous avants, demis, trois-quarts et arrière se sont mis en évidence.
Voilà qui peut nous rassurer pour le match de dimanche prochain contre le Stade Toulousain. Que va faire l’Aviron en face de la dure équipe toulousaine ? Cela est assez difficile à prévoir, cependant les hommes de Brouzeng semblent suffisamment armés pour l’emporter.
PAUL ETIENNE BROUZENG-LACOUSTILLE MIROIR DES SPORTS 15 MAI 1934
L’Aviron nous paraît avoir une saison plus régulière, plus brillante même que celle du Stade Toulousain.
A Toulouse même nous croyons savoir que l’on n’a pas grande confiance dans le quinze de Puig.
Le Stade Toulousain a une ligne d'avants bien au point, mais les trois-quarts ne donnent, paraît-il, aucune satisfaction.
Il est question d’ailleurs pour le match de dimanche prochain de faire jouer quelques "vieux". Ainsi Espinasse reprendrait sa place au centre de la ligne de trois-quarts.
Que sera l’équipe de l’Aviron ? Nous n’en savons encore rien, mais tout nous laisse entendre qu’elle sera aussi bien choisie que possible.
Faisons confiance à l’Aviron qui doit et il le peut, remporter une belle victoire, à Bordeaux, dimanche prochain."
Après 1a victoire de l’Aviron à Bordeaux. Un résultat impatiemment attendu.
Avez-vous été faire un tour à Bayonne dimanche soir ? — Je parle ici évidemment pour les Biarrots et autres gens de la région. — Avez--vous constaté cette joie peinte sur tous les visages ?
Si oui, rien à dire ; mais si non, alors vous avez perdu beaucoup.
On s’interpellait, on se congratulait, on s’embrassait même, et entre hommes ; tout le monde avait le sourire.
On se souciait fort peu à ce moment-là de savoir si les anciens inculpés de la Villa Chagrin étaient mieux traités à Paris qu’à Bayonne ; si Bonnaure reprenait un peu "du poil de la bête" ; si Cohen, le petit Cohen, s’amusait à faire des tours de passe-passe dans sa cellule et si Garat faisait des réussites afin de savoir s’il lui serait possible de briguer un mandat de sénateur en Algérie quand il serait libéré...
JOSEPH GARAT MAIRE DE BAYONNE
Non, finie la plaisanterie, il n’était question que de la belle victoire que venait de remporter l’Aviron, ce cher vieil Aviron, sur la rude équipe toulousaine.
Ah ! mes amis, quelle joie, quelle douceur de vivre et, malgré la pluie qui tombait, il y avait du soleil dans les cœurs.
St Celhay avait pu tomber du ciel à l’entrée de la nuit il eût été reçu comme un dieu, avec un petit D.
N’avait-il pas gagné le match à lui seul ? Deux essais...
Et dire que quelques jours auparavant on assurait à Bayonne qu’il devait démissionner avec son ami Aïnciart. Quel démenti !
Après la victoire.
Laissons maintenant la joie qui étreignait Bayonne et toute une région pour parler encore de ce match sensationnel. Sensationnel ? Certes il l'est de par la victoire de l'Aviron, mais comme jeu la plupart des sportifs qui y assistèrent furent déçus, et bien déçus, surtout sur la façon de jouer des Bayonnais.
Où était donc le fameux hand-ball légendaire ?
Sans doute parti sous d'autres cieux.
Mais, me direz-vous, cela compte peu, le principal n'est-il pas de gagner ?
Evidemment oui, et le temps n’est pas loin où l’Aviron gagnait ses matches de championnat avec une élégance suprême, c'est-à-dire, pour employer un terme consacré, "à la bayonnaise".
Dimanche dernier, sur le superbe terrain du Parc des Sports de Bordeaux, ce ne fut qu’une longue bataille, prenante en elle-même par le résultat qui s’y attachait, mais vraiment peu belle.
Du jeu de championnat tout simplement.
Ce fut une longue bataille d’avants dans laquelle les Bayonnais ne furent pas dominés. Ce fut aussi un jeu de coups de pied à suivre.
Des attaques à la main ? On en vit moins du côté bayonnais que du côté toulousain, ce qui semble bizarre, mais pourtant cela est bien la vérité.
En tout état de cause l’Aviron a gagné, mais il est dommage qu’il n’ait pas gagné par un nombre supérieur de points, car il y a encore le match Toulouse-Stade Français qui doit décider de la qualification de l’Aviron. Cette qualification est-elle possible ?
Oui, à condition que Toulouse batte le Stade Français, qu’il ait match nul ou encore que le Stade ne batte Toulouse que par une différence de points infime. Reste à savoir le rôle que va jouer le Stade Toulousain. Certains affirment que, n’ayant plus aucune chance, il ne se défendra pas à Lyon.
C’est, je crois, mal connaître le grand club toulousain. Certes, il n’a rien à gagner et rien à perdre, mais la réputation et l’honneur qu’en faites-vous ?
J’ai comme une vague idée que les Toulousains feront tout ce qu'il est humainement possible de faire pour remporter une victoire.
L'Aviron serait ainsi qualifié et le Stade Toulousain se retirerait sous la tente, jusqu’à la saison prochaine, en beauté.
Jusqu’à dimanche l'Aviron va vivre des heures pénibles, mais espérons pour lui et ses joueurs que le travail de toute une saison, le sacrifice de certains n’auront pas été faits en vain.
L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.
AFFICHE LA CÔTE BASQUE AEROPOSTALE 1930 PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans
plusieurs éditions :
le 3 mai 1927 :
"Un des plus beaux panoramas du monde.
Pyrénées et Méditerranée à vol d'oiseau.
L’exposé de M. H. Sallenave, hier à Biarritz — Le réseau intérieur de navigation aérienne et les grandes voies touristiques et panoramiques. — Côte Basque-Côte d’Azur en six heures. — Le Comité d’organisation et l’étude du tracé.
Nous avons donc entendu, hier après-midi, à la Mairie de Biarritz. M. H. Sallenave, délégué, pour notre région, du Comité français de propagande aéronautique, dans son exposé sur l’avenir touristique de l'avion et sur les services qu’il est appelé à rendre dans notre région, notamment en reliant par une voie qui relierait la Côte Basque à la Côte d’Azur, en longeant un des plus beaux panoramas du Monde, ainsi qu'il s'est fort justement exprimé hier.
M. Sallenave s’est défendu de vouloir faire une conférence : simple exposé, a-t-il dit et il s’est tenu à ce programme. Mais que de choses substantielles, que de conseils judicieux, que d'aperçus intéressants et qui ouvraient à l’auditeur des horizons nouveaux y étaient contenus. Cette réunion de l'Hôtel de Ville, où l'on eut aimé voir un plus grand nombre d’auditeurs, appelle certainement des réflexions, des commentaires, aussi est-ce un sujet sur lequel nous reviendrons. Nous nous contenterons, aujourd’hui, de résumer aussi fidèlement que possible, la communication et les suggestions de M. Sallenave, ainsi que le court débat — si débat il y eut — qui les suivit.
C’est le maire de Biarritz, M. Petit, qui présidait, ayant auprès de lui M. Jean Laborde, adjoint et l’un des représentants du Touring Club de France, en même temps que membre du Syndicat d’Initiative du Pays Basque.
AFFICHE TOURING CLUB DE FRANCE
Dans l’assemblée, des représentants des municipalités de St-Jean-de-Luz, Hendaye, Guéthary, etc... des membres du Comité du Syndicat d’Initiative de Biarritz, M. Peyta, président du Syndicat des Hôteliers, membre de la Chambre de Commerce de Bayonne ; M. Clais, adjoint au maire, lui aussi représentant du Touring-Club ; des conseillers municipaux, des représentants de la Presse, etc...
M. Petit salue le délégué du Comité de Propagande.
C’est M. Petit qui ouvre la séance, pour donner la parole à M. Sallenave, qu'il remercie de sa visite et de l'intérêt qu'il témoigne à notre région. Il précise, en passant, que c'est le 24 Mai et non le 4, comme il avait été dit inexactement, qu'aura lieu l'assemblée aéronautique du Bourget, sous la présidence du maréchal Lyautey, président du Comité. M. Sallenave pourra y porter l'assurance que Biarritz et toutes les communes de la Côte Basque savent le prix qu’il faut attacher au développement de notre aviation et qu'en cela comme en d'autres circonstances et par d’autres moyens, elles n’ont pas de désir plus vif que d’assurer la prospérité de la grande Patrie et de cette petite Patrie : la Côte Basque. Enfin, Biarritz est appelée à être un jour un port aérien important : c'est une raison de plus pour que ceux qui ont la charge de ses destinées ne laissent rien échapper de ce qui touche à l'aviation.
ACTION AERODROME BIARRITZ-BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
L'exposé de M. Sallenave.
M. Sallenave prend ensuite la parole.
Il déclare en débutant qu'il ne se propose d’autre but que d'exposer sommairement la situation de l'aéronautique commerciale et de parler de son avenir notamment au peint de vue touristique.
Il montre le pas énorme déjà franchi par ce nouveau progrès humain. Il avait au début fait bien des sceptiques. Mais n'en est-il pas ainsi à chaque conquête ce l’homme. N'est-ce pas Thiers, n’est-ce pas Arago, n’est-ce pas Théophile Gautier qui nièrent, au début, l’utilité et l’avenir du chemin de fer ?... Et pourtant !...
Il faut rattraper le temps perdu.
Il en sera de même, il en est de même déjà de l’aviation. Il est néanmoins regrettable qu'elle n'ait pas assez vite convaincu de son utilité et de sa puissance de réalisation tous les esprits, en France. En Allemagne, au contraire, l’aviation s’est développée prodigieusement et cet effort sans précédent doit nous préoccuper. Il est peut-être, même, de nature à nous inquiéter un peu. Sans doute, il faut espérer que nous ne verrons pas le retour des terribles événements de 1914 à 1918. Qui peut, néanmoins, répondre de l’avenir ? L’Allemagne qui, aux termes du traité de Versailles, ne peut plus avoir de flotte aérienne guerrière a construit une flotte aérienne commerciale considérable, avec un réseau extrêmement étendu. Ses avions sont des concurrents commerciaux redoutables. Ils pourraient aisément devenir, en cas de conflit et par une transformation qui ne serait qu'un jeu des armes de combat non moins redoutables.
il nous appartient de rattraper le temps perdu.
C’est pour y parvenir, c’est pour y aider, tout au moins, que s’est constitué le Comité de propagande aéronautique que préside ce grand soldat qu'est le maréchal Lyautey et au sein duquel sont représentés la Banque de France, les Compagnies de chemin de fer, les grandes compagnies maritimes.
Ce Comité se propose de faire progresser l’aviation en France par tous les moyens, mais surtout par l'amélioration des engins qu'elle emploie et par l’extension du réseau intérieur.
Le réseau intérieur est, en effet, l'indispensable complément du réseau international.
M. Sallenave rappelle alors les résolutions de la récente conférence de Bordeaux — dont nous avons parlé — relatives au Développement du réseau intérieur et aux organismes régionaux propres à y aider : Chambres ce commerce, Municipalités, Syndicats d'Initiative, organismes touristiques, clubs d'aviations, etc..., avec l'aide des techniciens du Comité de propagande.
M. Bokanowski a accepté ses voeux et ces résolutions sans y apporter de restriction, ce qui laisse entrevoir le statut de la navigation aérienne assimilé à celui des chemins de fer.
MAURICE BOKANOWSKI MINISTRE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE DE JUILLET 1926 A SEPTEMBRE 1928
La ligne Biarritz-Côte d’Azur.
En ce qui concerne la ligne Biarritz-Côte d'Azur, M. Sallenave exprime l'opinion qu'elle soit rapidement réalisée. Il y va de l’intérêt des deux côtes, qui sont deux grands réservoirs touristiques, sur un parcours que jalonneront les stations balnéaires et climatiques de la Côte Basque et des Pyrénées.
Le départ a été prévu à Hendaye. Il pourrait, plus utilement, avoir lieu de Biarritz, qui possède déjà l'aérodrome ce Parme. Quant à l’itinéraire exact, il faudra le fixer. Ce ne sera pas toujours chose facile, peut-être. Il n'est pas de ville qui ne croit être la plaque tournante du monde. En six heures, en sept heures, le voyage pourrait être chose faite. Le départ aurait lieu de Biarritz, le matin, à six heures.
M. Sallenave montre quelle source de profits pour la Côte Basque constituerait l'exploitation de cette ligne aérienne en période saisonnière.
Un Comité régional.
Mais il faut s’occuper sans tarder des moyens de réalisation. Il faut former un Comité régional, en relations constantes avec le Comité de propagande de Paris et qui s’assignerait pour première tâche de fixer le trajet.
M. Sallenave cite à ce propos une lettre de son collègue de Nice, dans laquelle celui-ci envisage, non pas une ligne Biarritz-Nice, mais une ligne Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice. C'est là, sans doute, et surtout au point ce vue des intérêts de la Côte Basque, une erreur touristique. Il faudra le démontrer, il faudra réagir. Il faut avant tout agir. Il faut faire un effort local. Des vœux ne suffisent pas ; on sait ce qu’il en advient trop souvent : ils restent dans un tiroir.
M. Sallenave montre, en passant, que Biarritz, encore que les avions de la grande ligne internationale Paris, Bordeaux, Lisbonne, Dakar, les Açores, Pernambuco, n’y feront pas escale, ne peut s’en désintéresser, insiste encore pour la création du Comité régional et permanent.
AFFICHE LIGNES LATECOERE PARIS BORDEAUX ESPAGNE MAROC
Pour former le Comité.
M. Sallenave ayant invité les membres de l'auditoire à présenter leurs observations ou leurs suggestions s’ils en avaient à formuler, M. Peyta s’est préoccupé de savoir, et ce point de vue avait son importance, si ces lignes intérieures et notamment celle de Biarritz à Nice, pourraient compter sur un fret suffisant à en assurer l'exploitation.
M. Sallenave a fait remarquer que l'exploitation des lignes intérieures aériennes serait bien loin de créer les mêmes charges financières que les Compagnies de chemins ce fer. Elles seront, environ, de l’ordre de 250 millions annuellement, et c'est l'Etat qui assurera l'exploitation, ainsi que M. Bokanowski l'accepte, au nom du gouvernement. Les dépenses seront récupérées par des taxes perçues aux aérodromes, ports et garages, les prix de passage et de fret...
M. Sallenave, revenant à ses précédentes déclarations, signale aussi à ce moment l'intérêt pour le Pays de posséder une armée de pilotes qui, de plus en plus s’appauvrit, si bien qu’en temps de guerre, nous nous en trouverions pour ainsi dire dépourvus.
Il ajoute que le 24 mai, au Bourget, le statut de la ligne aérienne aura fait un grand pas.
AVION COUZINET "BIARRITZ" 93 LE BOURGET
M. Petit, prenant la parole à son tour signale l’intérêt, pour Biarritz, d'avoir une gare déjà choisie par le gouvernement : celle de Parme. Il faudra seulement l’améliorer. Il propose, pour la constitution du Comité, de s'adresser à la Chambre de Commerce de Bayonne, qui en sera la cheville ouvrière.
M. Peyta, en ce qui concerne le port aérien de Biarritz, dit que les vues de la Chambre de Commerce se sont déjà portées sur l’aérodrome de Parme.
"Le choix de l'aérodrome de Parme, dit M. Peyta est un point déjà acquis".
M. le Maire de Biarritz souligne encore l'intérêt au point de vue touristique de la ligne envisagée.
— Et vous avez raison, Monsieur le Maire, dit M. Sallenave. On peut dire que l'incomparable panorama des Pyrénées, puis de la Côte jusqu'à Marseille et Nice, sera un des plus beaux du monde. Il faut en tirer partie. Il faut déterminer le projet ; il faut convier à cette tâche surtout les organismes touristiques, hôteliers et de propagande, plus qualifiés peut-être encore qu'une Chambre de Commerce seule, pour mener à bien cette ouvre car les Chambres de Commerce, et cela se conçoit par définition même, sont avant tout préoccupées de buts commerciaux.
M. Petit dit que le problème, en effet, mérite d’être envisagé sous cet angle.
Finalement, il propose de s'entendre avec la Chambre de Commerce de Bayonne, les municipalités, les Syndicats d'initiative, le Syndicat des Hôteliers, les grands organismes touristiques, pour constituer le Comité régional permanent au sein duquel une place serait également faite.
Ce comité aura pour première tâche l'étude du tracé, ainsi que l'avait demandé M. Sallenave qui, après ces explications, a été très entouré et vivement félicité."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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