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dimanche 21 avril 2024

L'AÉRODROME DE PARME EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927 (sixième partie)


L'AÉRODROME DE PARME EN 1927.



L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AFFICHE LA CÔTE BASQUE AEROPOSTALE 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN






Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

plusieurs éditions :



  • le 31 mai 1927, sous la plume de Renée Dominique :

"L’Aviation à Biarritz.

Une escadrille de Châteauroux à l'Aérodrome de Parme.

Une légende qu’il faut détruire. —— L’ est excellent.— Evolutions acrobatiques. — A quand un meeting d’aviation ? 



— Allô ! la Gazette ? 

— Oui. 

— Ici l'aérodrome de Parme. Quatre pilotes de Châteauroux, dont trois ont pris part hier au meeting de Pau, vont partir tout à l'heure et faire quelques exercices d'acrobatie au-dessus de Parme avant de regagner leur centre. 

— Bien ! Merci ! nous arrivons. 


pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AVIATION CHÂTEAUROUX 1925




Moins d'un quart d'heure après, nous étions à Parme. Trois avions, paisibles, au repos semblaient de grosses libellules posées sur l'herbe fraîchement coupée. Deux faucheuses, au pas lent des bœufs, plus loin couchaient les foins parfumés. A l'horizon, les montagnes bleuâtres se découpaient nettement sur le ciel orageux, tandis que les coteaux fertiles du Pays basque étendaient sous le soleil une tapisserie verte et brune. Vision admirable que nul aérodrome sans doute en France ne peut offrir. 



Sous l'immense hangar, autour d'un quatrième avion, des aviateurs s'occupent à le réparer. C'est l'avion qui, samedi, avait atterri sur la plage, et son pilote, le lieutenant de Bermond, ayant demandé du secours à Pau depuis la veille, en attendant, transformé en mécano, sa combinaison de toile toute grasse d'huile, "dépanne" son appareil. 


pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AVION NIEUPORT 1926


C'est l'adjudant-chef Dulau qui nous reçoit. Le sympathique aviateur est un Biarrot et qui n'oublie pas son cher Biarritz. 


— Vous étiez, à Pau, hier ? 

— Oui. Meeting très réussi ; un monde fou ; beaucoup d'enthousiasme. 

— F.t vous ne pouvez pas rester plus longtemps à Biarritz ?

— Malheureusement non ! Mais, savez-vous qu’il y a sur l'aérodrome de Biarritz une bien fâcheuse légende qui s'est accréditée dans les milieux aéronautiques : on dit que le terrain de Parme est impraticable !... 


"Or, le terrain est excellent et absolument praticable pour tous les appareils. Le sol en est uni, très souple. Que la Gazette le dise bien haut et le répète souvent ! Car il est à désirer que tous les centres d aviation en soient avertis. Les quatre "Nieuport" de Châteauroux, qui sont les appareils les plus rapides à l'atterrissage se sont posés d'une manière parfaite sans utiliser la superficie du terrain. 



D'ailleurs, ajoute un Monsieur qui assiste à cet entretien, et qui est un propriétaire voisin de Parme, si le terrain n'avait rien valu, M. Loewenstein ne l'aurait pas employé comme il l'a fait l'an dernier, et il n'aurait pas dépensé la somme énorme que lui ont coûté et l'installation de l'éclairage électrique dans l'immense hangar et l'aménagement de la route qui conduit à l'aérodrome. 



Pendant ce temps, le lieutenant de Bermond, aidé des sergents pilotes Baillet et Fangeaux, remet en place son réservoir à essence — opération laborieuse et délicate. Son atterrissage à la plage, samedi, est encore une des conséquences de la mauvaise réputation dont jouit Parme. On lui avait dit, à Cazaux, qu'il ne pourrait s'y poser sans accident. Contraint d’atterrir, il le fit sur la plage. 




pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AVION NIEUPORT 1927



Et quand, ayant repris sa tenue d'officier, le lieutenant de Bermond viendra plus tard rejoindre notre groupe, il nous dira combien il s'est montré touché de la façon avec laquelle on s'est empressé auprès de lui après son atterrissage, et combien chacun s'est montré complaisant. 


— Je n'ai jamais rencontré de gens plus aimables que les Biarrots, ni non plus admiré un pays plus beau que le leur. Soyez, je vous en prie, mon interprète, pour exprimer à tous ceux qui m'ont aidé à "dépanner" samedi, mes très vifs remerciements !



Mais on entend au loin comme un bruit de moteur. Un point sombre qui grossit sans cesse. Bientôt en un virage savant, un biplace atterrit devant nous. C'est l'avion de secours mandé depuis la veille à Pau. Pilote et mécanicien sautent lestement hors de la carlingue et ce dernier se met aussitôt au travail après le Nieuport qui, d'ailleurs, grâce aux efforts de son pilote, parait être en état. 



Dans quelques minutes, les quatre petits Nieuport vont partir pour Châteauroux en faisant escale à Cazaux et Rochefort pour se ravitailler, car ces petits monoplaces, très légers, sont des appareils de chasse munis d'un moteur de 300 CV. Hispano qui ne peuvent emporter une grande quantité d'essence. Ce sont des Nieuport d’un modèle récent, frères cadets et perfectionnés de ceux qui, pendant la guerre, couraient sus aux "Fokker" et aux "Gothas". 




pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AVION NIEUPORT 
ROCHEFORT-SUR-MER



Les aviateurs viennent nous serrer la main, puis montent dans leur carlingue. 



l'n premier oiseau gris vert glisse sur l’herbe dans le fracas assourdissant de son moteur, et presque aussitôt s'élève. Et là-haut, dans le ciel, glissant sur l’aile, tantôt d'un côté, tantôt de l’autre ; piquant droit vers le sol, moteur arrêté, puis se redressant brusquement ; descendant en vrille, puis se retournant sur lui-même en des loopings impressionnants, il se livre à des exercices de téméraire acrobatie. 



Un autre le suit, puis un troisième, et c'est à celui qui, là-haut, fera la plus savante exhibition, pendant que, le cœur serré, nous les suivons du regard. Après être passés une dernière fois très bas pour nous dire au revoir, ils se dirigent vers l’Adour et les Landes et bientôt disparaissent. 



Mais l’appareil du lieutenant de Bermond n'est pas encore au point. Le moteur a des ratés. Le mécanicien de Pau s’emploie activement. Le "Nieuport" pourra-t-il partir ce soir ? Ce n'est guère probable. Et pourtant, alors que nous sommes déjà de retour à Biarritz, nous entendons et nous voyons le petit "Nieuport" qui va rejoindre ses camarades, puis le biplace qui regagne son centre de Pau. 




pays basque autrefois labourd béarn aérodrome brindos anglet
AVION NIEUPORT PAU
BEARN D'ANTAN



N’est-il pas question d'organiser un grand meeting d'aviation pendant la prochaine saison ? C’est une manifestation qui remporterait certainement beaucoup de succès auprès de nos hôtes. Si l’idée de ce meeting se réalise, il serait intéressant, croyons-nous, de demander aux aviateurs de Châteauroux qui connaissent maintenant si bien le terrain de Parme et l’apprécient, d’y participer. 



Nous en reparlerons. Mais en attendant, puisque Parme est appelé à devenir la gare aérienne de la ligne Biarritz-Nice et probablement de plusieurs autres lignes, faisons savoir partout que son terrain est parfait. Bientôt d’ailleurs, des phares vont y être installés afin que même la nuit, les avions puissent y venir atterrir." 



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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jeudi 21 mars 2024

L'AÉRODROME DE PARME EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927 (cinquième partie)

 


L'AÉRODROME DE PARME EN 1927.



L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AFFICHE LA CÔTE BASQUE AEROPOSTALE 1930
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

plusieurs éditions :



  • le 3 mai 1927 :

"Un des plus beaux panoramas du monde.

Pyrénées et Méditerranée à vol d'oiseau.


L’exposé de M. H. Sallenave, hier à Biarritz — Le réseau intérieur de navigation aérienne et les grandes voies touristiques et panoramiques. — Côte Basque-Côte d’Azur en six heures. — Le Comité d’organisation et l’étude du tracé.



Nous avons donc entendu, hier après-midi, à la Mairie de Biarritz. M. H. Sallenave, délégué, pour notre région, du Comité français de propagande aéronautique, dans son exposé sur l’avenir touristique de l'avion et sur les services qu’il est appelé à rendre dans notre région, notamment en reliant par une voie qui relierait la Côte Basque à la Côte d’Azur, en longeant un des plus beaux panoramas du Monde, ainsi qu'il s'est fort justement exprimé hier. 



M. Sallenave s’est défendu de vouloir faire une conférence : simple exposé, a-t-il dit et il s’est tenu à ce programme. Mais que de choses substantielles, que de conseils judicieux, que d'aperçus intéressants et qui ouvraient à l’auditeur des horizons nouveaux y étaient contenus. Cette réunion de l'Hôtel de Ville, où l'on eut aimé voir un plus grand nombre d’auditeurs, appelle certainement des réflexions, des commentaires, aussi est-ce un sujet sur lequel nous reviendrons. Nous nous contenterons, aujourd’hui, de résumer aussi fidèlement que possible, la communication et les suggestions de M. Sallenave, ainsi que le court débat — si débat il y eut — qui les suivit. 



C’est le maire de Biarritz, M. Petit, qui présidait, ayant auprès de lui M. Jean Laborde, adjoint et l’un des représentants du Touring Club de France, en même temps que membre du Syndicat d’Initiative du Pays Basque. 



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AFFICHE TOURING CLUB DE FRANCE



Dans l’assemblée, des représentants des municipalités de St-Jean-de-Luz, Hendaye, Guéthary, etc... des membres du Comité du Syndicat d’Initiative de Biarritz, M. Peyta, président du Syndicat des Hôteliers, membre de la Chambre de Commerce de Bayonne ; M. Clais, adjoint au maire, lui aussi représentant du Touring-Club ; des conseillers municipaux, des représentants de la Presse, etc... 



M. Petit salue le délégué du Comité de Propagande.


C’est M. Petit qui ouvre la séance, pour donner la parole à M. Sallenave, qu'il remercie de sa visite et de l'intérêt qu'il témoigne à notre région. Il précise, en passant, que c'est le 24 Mai et non le 4, comme il avait été dit inexactement, qu'aura lieu l'assemblée aéronautique du Bourget, sous la présidence du maréchal Lyautey, président du Comité. M. Sallenave pourra y porter l'assurance que Biarritz et toutes les communes de la Côte Basque savent le prix qu’il faut attacher au développement de notre aviation et qu'en cela comme en d'autres circonstances et par d’autres moyens, elles n’ont pas de désir plus vif que d’assurer la prospérité de la grande Patrie et de cette petite Patrie : la Côte Basque. Enfin, Biarritz est appelée à être un jour un port aérien important : c'est une raison de plus pour que ceux qui ont la charge de ses destinées ne laissent rien échapper de ce qui touche à l'aviation. 


pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
ACTION AERODROME BIARRITZ-BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


L'exposé de M. Sallenave.


M. Sallenave prend ensuite la parole. 



Il déclare en débutant qu'il ne se propose d’autre but que d'exposer sommairement la situation de l'aéronautique commerciale et de parler de son avenir notamment au peint de vue touristique. 



Il montre le pas énorme déjà franchi par ce nouveau progrès humain. Il avait au début fait bien des sceptiques. Mais n'en est-il pas ainsi à chaque conquête ce l’homme. N'est-ce pas Thiers, n’est-ce pas Arago, n’est-ce pas Théophile Gautier qui nièrent, au début, l’utilité et l’avenir du chemin de fer ?... Et pourtant !...



Il faut rattraper le temps perdu.


Il en sera de même, il en est de même déjà de l’aviation. Il est néanmoins regrettable qu'elle n'ait pas assez vite convaincu de son utilité et de sa puissance de réalisation tous les esprits, en France. En Allemagne, au contraire, l’aviation s’est développée prodigieusement et cet effort sans précédent doit nous préoccuper. Il est peut-être, même, de nature à nous inquiéter un peu. Sans doute, il faut espérer que nous ne verrons pas le retour des terribles événements de 1914 à 1918. Qui peut, néanmoins, répondre de l’avenir ? L’Allemagne qui, aux termes du traité de Versailles, ne peut plus avoir de flotte aérienne guerrière a construit une flotte aérienne commerciale considérable, avec un réseau extrêmement étendu. Ses avions sont des concurrents commerciaux redoutables. Ils pourraient aisément devenir, en cas de conflit et par une transformation qui ne serait qu'un jeu des armes de combat non moins redoutables. 



il nous appartient de rattraper le temps perdu. 



C’est pour y parvenir, c’est pour y aider, tout au moins, que s’est constitué le Comité de propagande aéronautique que préside ce grand soldat qu'est le maréchal Lyautey et au sein duquel sont représentés la Banque de France, les Compagnies de chemin de fer, les grandes compagnies maritimes. 



Ce Comité se propose de faire progresser l’aviation en France par tous les moyens, mais surtout par l'amélioration des engins qu'elle emploie et par l’extension du réseau intérieur. 



Le réseau intérieur est, en effet, l'indispensable complément du réseau international. 



M. Sallenave rappelle alors les résolutions de la récente conférence de Bordeaux — dont nous avons parlé — relatives au Développement du réseau intérieur et aux organismes régionaux propres à y aider : Chambres ce commerce, Municipalités, Syndicats d'Initiative, organismes touristiques, clubs d'aviations, etc..., avec l'aide des techniciens du Comité de propagande. 



M. Bokanowski a accepté ses voeux et ces résolutions sans y apporter de restriction, ce qui laisse entrevoir le statut de la navigation aérienne assimilé à celui des chemins de fer. 



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet homme politique ministre
MAURICE BOKANOWSKI
MINISTRE DU COMMERCE ET DE L'INDUSTRIE
DE JUILLET 1926 A SEPTEMBRE 1928



La ligne Biarritz-Côte d’Azur.


En ce qui concerne la ligne Biarritz-Côte d'Azur, M. Sallenave exprime l'opinion qu'elle soit rapidement réalisée. Il y va de l’intérêt des deux côtes, qui sont deux grands réservoirs touristiques, sur un parcours que jalonneront les stations balnéaires et climatiques de la Côte Basque et des Pyrénées. 



Le départ a été prévu à Hendaye. Il pourrait, plus utilement, avoir lieu de Biarritz, qui possède déjà l'aérodrome ce Parme. Quant à l’itinéraire exact, il faudra le fixer. Ce ne sera pas toujours chose facile, peut-être. Il n'est pas de ville qui ne croit être la plaque tournante du monde. En six heures, en sept heures, le voyage pourrait être chose faite. Le départ aurait lieu de Biarritz, le matin, à six heures. 



M. Sallenave montre quelle source de profits pour la Côte Basque constituerait l'exploitation de cette ligne aérienne en période saisonnière. 



Un Comité régional.


Mais il faut s’occuper sans tarder des moyens de réalisation. Il faut former un Comité régional, en relations constantes avec le Comité de propagande de Paris et qui s’assignerait pour première tâche de fixer le trajet. 



M. Sallenave cite à ce propos une lettre de son collègue de Nice, dans laquelle celui-ci envisage, non pas une ligne Biarritz-Nice, mais une ligne Bordeaux, Toulouse, Marseille, Nice. C'est là, sans doute, et surtout au point ce vue des intérêts de la Côte Basque, une erreur touristique. Il faudra le démontrer, il faudra réagir. Il faut avant tout agir. Il faut faire un effort local. Des vœux ne suffisent pas ; on sait ce qu’il en advient trop souvent : ils restent dans un tiroir. 



M. Sallenave montre, en passant, que Biarritz, encore que les avions de la grande ligne internationale Paris, Bordeaux, Lisbonne, Dakar, les Açores, Pernambuco, n’y feront pas escale, ne peut s’en désintéresser, insiste encore pour la création du Comité régional et permanent. 




pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AFFICHE LIGNES LATECOERE
PARIS BORDEAUX ESPAGNE MAROC



Pour former le Comité.


M. Sallenave ayant invité les membres de l'auditoire à présenter leurs observations ou leurs suggestions s’ils en avaient à formuler, M. Peyta s’est préoccupé de savoir, et ce point de vue avait son importance, si ces lignes intérieures et notamment celle de Biarritz à Nice, pourraient compter sur un fret suffisant à en assurer l'exploitation. 



M. Sallenave a fait remarquer que l'exploitation des lignes intérieures aériennes serait bien loin de créer les mêmes charges financières que les Compagnies de chemins ce fer. Elles seront, environ, de l’ordre de 250 millions annuellement, et c'est l'Etat qui assurera l'exploitation, ainsi que M. Bokanowski l'accepte, au nom du gouvernement. Les dépenses seront récupérées par des taxes perçues aux aérodromes, ports et garages, les prix de passage et de fret... 



M. Sallenave, revenant à ses précédentes déclarations, signale aussi à ce moment l'intérêt pour le Pays de posséder une armée de pilotes qui, de plus en plus s’appauvrit, si bien qu’en temps de guerre, nous nous en trouverions pour ainsi dire dépourvus. 



Il ajoute que le 24 mai, au Bourget, le statut de la ligne aérienne aura fait un grand pas. 




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AVION COUZINET "BIARRITZ" 93 LE BOURGET



M. Petit, prenant la parole à son tour signale l’intérêt, pour Biarritz, d'avoir une gare déjà choisie par le gouvernement : celle de Parme. Il faudra seulement l’améliorer. Il propose, pour la constitution du Comité, de s'adresser à la Chambre de Commerce de Bayonne, qui en sera la cheville ouvrière. 



M. Peyta, en ce qui concerne le port aérien de Biarritz, dit que les vues de la Chambre de Commerce se sont déjà portées sur l’aérodrome de Parme. 



"Le choix de l'aérodrome de Parme, dit M. Peyta est un point déjà acquis". 



M. le Maire de Biarritz souligne encore l'intérêt au point de vue touristique de la ligne envisagée. 


— Et vous avez raison, Monsieur le Maire, dit M. Sallenave. On peut dire que l'incomparable panorama des Pyrénées, puis de la Côte jusqu'à Marseille et Nice, sera un des plus beaux du monde. Il faut en tirer partie. Il faut déterminer le projet ; il faut convier à cette tâche surtout les organismes touristiques, hôteliers et de propagande, plus qualifiés peut-être encore qu'une Chambre de Commerce seule, pour mener à bien cette ouvre car les Chambres de Commerce, et cela se conçoit par définition même, sont avant tout préoccupées de buts commerciaux. 



M. Petit dit que le problème, en effet, mérite d’être envisagé sous cet angle. 



Finalement, il propose de s'entendre avec la Chambre de Commerce de Bayonne, les municipalités, les Syndicats d'initiative, le Syndicat des Hôteliers, les grands organismes touristiques, pour constituer le Comité régional permanent au sein duquel une place serait également faite. 



Ce comité aura pour première tâche l'étude du tracé, ainsi que l'avait demandé M. Sallenave qui, après ces explications, a été très entouré et vivement félicité."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 21 février 2024

L'AÉRODROME DE PARME EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925 (quatrième partie)


L'AÉRODROME DE PARME EN 1925.



L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
PLAN DE BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

plusieurs éditions :



  • le 2 décembre 1925 :

"Le Camp d’Aviation de Parme-Biarritz et celui du Pont-Long. 

L'un et l’autre ont leur utilité et leur destination. 



On s'est ému à Pau, paraît-il — nous trouvons l'écho de cette émotion que nous reproduisons ci-dessous — de ce que les travaux d’aménagement de l'aérodrome de Parme-Biarritz-Anglet, aient été adjugés il y a quelques jours et l’on va jusqu'à y voir on ne sait quel complot contre le camp d'aviation du Pont-Long et contre Pau elle-même. 



pays basque autrefois labourd aérodrome béarn brindos anglet
CAMP D'AVIATION DE PAU PONT-LONG
BEARN D'ANTAN


Il sied de rassurer nos amis du chef-lieu départemental. D’aussi noirs desseins, nous en sommes certains, ne s'abritent pas dans l’âme de M. Laurent Eynac, sous-secrétaire d’Etat à l’aviation. 



homme politique france 1925 ministre air sous-secrétaire
LAURENT EYNAC
SOUS-SECRETAIRE D'ETAT A L'AERONAUTIQUE
ET AUX TRANSPORTS AERIENS DE 1921 A 1926


Le terrain d'aviation de Pau, station toute indiquée sur la grande ligne internationale aérienne Paris-Bordeaux-Espagne et Afrique occidentale, avait été depuis longtemps choisi et désigné pour des travaux nécessaires et même urgents. Il ne s’ensuit pas que celui du Pont-Long soit désavoué et abandonné. 



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AFFICHE LIGNES AERIENNES LATECOERE 1921



Voici la lettre à laquelle nous venons de faire allusion, adressée par M. Sallenave, vice-président du Comité d'aviation de Pau : 


Ville de Pau.

Comité d'Aviation.

Pau, le 17 novembre 1925. 


Monsieur le général Hirschauer, sénateur, rapporteur du budget de l'Aéronautique, Paris. 

Monsieur le Sénateur, 




pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
SENATEUR AUGUSTE EDOUARD HIRSCHAUER 1912



Un fait divers local vous apprend que les travaux d'aménagement du terrain de l’aérodrome de Biarritz-Parme viennent d'être adjugés pour la somme de deux cent quatre-vingt mille francs L’Etat va donc dépenser pour la création de ce port aérien de six à sept cent mille francs. Nous vous avons entendu dire très justement que lorsque le front valait quatre sous qu'on n'avait pas le droit de faire certaines dépenses Celles-ci ne peuvent être justifiées du point de vue de la cause aérienne. 



Il ne peut s’agir ici d'une mesquine question de clocher, mais au moment où l'Etat prêche l'économie et réclame à chacun de nous un effort fiscal sans précédent, notre population très avertie des choses de l'aviation, ne peut voir dans cet acte qu'un gaspillage des finances publiques. 



Un enfant de l'école primaire sait que les conditions atmosphériques sont particulièrement mauvaises dans le golfe de Gascogne. Celui qui a décidé la création d'un port aérien à Biarritz aurait dû savoir que l’Etat était propriétaire à Pau de deux aérodromes aujourd'hui abandonnés, dont la situation météorologique est particulièrement privilégiée et confirmée par seize années d'aviation civile et militaire, œuvre du colonel Hirschauer, inspecteur permanent de l'aéronautique. 



Sans doute, un port aérien dans notre région du Sud-Ouest s'imposait pour nos relations futures avec l'Espagne et nos possessions de l'Afrique du Nord. 



Dans un entretien que nous eûmes en juillet dernier avec M. Laurent Eynac, sous-secrétaire d'Etat de l'Aéronautique et des transports aériens, nous avons soutenu la thèse que Pau, situé sur la ligne droite de Paris, Madrid, Casablanca, Dakar, était tout à fait qualifiée pour devenir le port aérien du Sud-Ouest de la France.



Si on s'inspire de la formule actuelle de la navigation aérienne qui utilise les express de nuit, un voyageur qui prendrait au départ le rapide de Paris de dix-sept heures dix, qui arrive à Pau à sept heures quarante-un pourrait quitter l'aérodrome à 8 h. 30, être à Madrid (400 km.) par le Somport avant 11 heures et à Tanger (925 km.) avant 16 heures. Ce trajet sera réduit demain de près de deux heures lorsque la ligne Hagetmau-Pau-Somport sera terminée. La distance de Pau-Tanger est donc de 925 kilomètres tandis que la distance de Toulouse à Tanger par Perpignan, Barcelone, Valence, Alicante et Malaga (ligne Latécoère) est de 1 350 kilomètres. La traversée réelle des Pyrénées, de Bedous (France), à Canfranc (Espagne) est d'environ 40 kilomètres. Au delà ce sont les hauts plateaux de l'Aragon et les riches contrées du nord de l’Espagne. Pau-Madrid a été effectué pour la première fois en 1913 par l’aviateur suisse Bider sur Blériot-Gnome 70 chevaux. 




pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
AVIATEUR SUISSE OSKAR BIDER 1915



Le parcours Biarritz-Madrid comporte la traversée des Pyrénées, des monts Cantabriques, des régions escarpées de Vittoria, de la Guadarra et un allongement de 200 kilomètres. 



Un terrain d’atterrissage à Biarritz, oui, un port aérien maritime, peut-être, mais un port aérien terrestre, c’est gaspiller les deniers publics et méconnaître tout de l'aviation. 



Veuillez agréer. Monsieur le Sénateur, avec mon respectueux souvenir, l’expression de mes sentiments les plus cordialement dévoués. 


Sallenave. 

Vice-Président du Comité d’Aviation de Pau. 



Au point de vue de la défense nationale, et nous pouvons ajouter au point de vue du prestige, surtout, Pau a bénéficié depuis plusieurs mois d’avantages indéniables, grâce à une intervention que tout le monde connaît et que nous ne pouvons juger blâmable. Mais enfin, il faut bien convenir que tandis que Bayonne voyait diminuer sans retour sa garnison, tandis que la musique militaire qu'on y aimait lui faisait défaut, le chef-lieu se voyait au contraire doté de cadres plus importants et d’une musique de régiment. 



Pau possède un camp d’aviation. Personne ne médite de le lui ravir. Ce serait injuste et sans objet. Le chef-lieu peut, à juste titre, se vanter de posséder un camp d’aviateurs militaires remarquables. 



Mais il ne s'en suit pas que la Côte Basque doive lui consentir le sacrifice de l'aérodrome de Parme qui, nous le répétons, a son utilité comme escale entre Bordeaux, grande station aérienne, l’Espagne et nos possessions de la Côte occidentale d'Afrique. 



"L'un et l'autre peuvent et doivent exister" nous disait, il y a quelques jours, M. le sénateur Le Barillier, qui tenait de M. Laurent Eynac, lui-même, qu'il n'abandonnait pas la cause de Parme.



maire homme politique pays basque
ALBERT LE BARILLIER SENATEUR MAIRE D'ANGLET
PAYS BASQUE D'ANTAN


Et la meilleure preuve qui puisse en être donnée, c'est qu'on continue d'y travailler, avec de faibles moyens, il est vrai, mais qu'on y travaille quand même. 



Quant à dire que "les conditions atmosphériques sont particulièrement mauvaises dans le golfe de Gascogne", c'est parler peut-être un peu vite. Nous avons quelque raison de penser que ce n'est peut-être pas tout à fait l'avis des aviateurs militaires de Pau eux-mêmes qui, assez fréquemment viennent survoler la Côte et le Pays basques."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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dimanche 21 janvier 2024

L'AÉRODROME DE PARME EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925 (troisième partie)

 

L'AÉRODROME DE PARME EN 1925.



L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
PLAN DE BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

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  • le 22 juillet 1925, sous la plume de Léon Sylvain :

"Nos interviews.

L’aérodrome de Parme.

M. Béchard, ingénieur aviateur, qui vient d’être victime d’un accident sur l’aérodrome, nous dit qu’il est temps de le mettre en état.



Lorsque le général Zagorsky, chef de l'aviation polonaise et ses compagnons aériens, voulurent survoler les Pyrénées, ils durent atterrir à l’aérodrome de Parme. Cela n’alla pas sans quelque dommage pour leurs appareils. Il en fut de même dimanche pour l’ingénieur-aviateur Béchard. 




pays basque autrefois labourd aviation général pologne
GENERAL AVIATION POLOGNE ZAGORSKY



M. Béchard est l'inventeur d’un procédé d’extinction d'incendie sur avion en plein vol dont on a beaucoup parlé ces derniers temps. Il se rendait à Madrid pour y faire des démonstrations de son système devant des représentants de l'armée et de l'amirauté après une expérience exécutée devant le roi. 



Parti dimanche matin du Bourget à 9 h. 25, il arrivait à Bordeaux à 1 heure 25 de l'après-midi et en repartait vers 3 heures pour gagner l’Espagne. Il avait survolé Dax et se dirigeait vers Pampelune, lorsqu'il perdit de vue la terre ; il fit demi tour pour se repérer sur l'Adour et arriva ainsi au-dessus de Bayonne, lorsqu'il se décida, à cause des conditions atmosphériques à atterrir à Parme. C’est alors que l'accident — qui n'intéressa heureusement que l'appareil — se produisit et immobilisa, pour quelques jours, M. Béchard. 



Ces accidents rapprochés, ceux du général Zagorsky et de ses amis et celui de M. Bêchard, devaient retenir notre attention. 



On se souvient qu'il y a plusieurs mois, d'accord avec M. Le Barillier, sénateur, qui intervint personnellement auprès du sous-secrétaire d’Etat à l’aviation, nous demandâmes que toutes les mesures nécessaires fussent prises pour faire de Parme, un excellent terrain d'aviation pour une escale de la grande ligne Paris-Bordeaux-Espagne-Nord africain. 



maire homme politique pays basque
ALBERT LE BARILLIER SENATEUR MAIRE D'ANGLET
PAYS BASQUE D'ANTAN


Depuis, M. Laurent Eynac a promis de s'occuper rapidement de satisfaire à ce voeu. Mais encore n'entrevoit-on une solution définitive que pour 1926. 


homme politique france aviation parme
LAURENT EYNAC 1921


Si des accidents analogues à ceux que nous venons de signaler se reproduisaient, ne serait-il pas à redouter que Parme fut délaissé en attendant et son avenir définitivement compromis ? 



Le dieu qui sourit aux journalistes mit hier sur nos pas M. Béchard. On pense si nous profitâmes die cette occasion. 



Nous lui demandâmes d'abord en quoi consistait exactement l'accident dont il avait été victime et comment il s'était produit. 


— J'avais résolut d’atterrir à f aérodrome de Parme, comme vous l’avez appris. J'opérais donc ma descente ne doutant pas qu'un terrain où se dressait un si beau hangar était excellent. Tel il apparaissait, du moins. Hélas ! à peine étais-je posé sur le sol que le pneu d’une roue éclata en passant dans un petit fossé. Aussitôt mon appareil pencha et fit "cheval de bois", c'est-à-dire qu’il tourna sur place. Mais alors la deuxième roue éclata à son tour, ce qui aggrava l'accident. Je dois attendre ici les roues que j'ai demandées à Paris. 


Il est, en réalité, bien fâcheux pour la réputation de l'aérodrome de Parme que de semblables accidents puissent se produire. Il est admirablement situé à tous les points de vue et pourvu d'un bon outillage avec un magnifique hangar, mais le sol en est défectueux. Le terrain n'en a pas été convenablement nivelé. C'était la première précaution à prendre — et qui n’eut pas nécessité une très grosse dépense, sans doute trois à quatre mille francs, au plus — avant de construire un si beau hangar. Le nivellement du terrain est la condition essentielle d’un bon aérodrome. Il est indispensable qu'on y procède à Parme, faute de quoi, les aviateurs, mis en défiance par ces avatars, ne manqueraient pas de s'en détourner". 



La parole est à M. le Sous-Secrétaire d'Etat à l’aviation et à nos représentants au Parlement. 



Nous ne demandons pas qu'on dépense de l'argent pour faire de Parme un terrain d’exhibitions aériennes ; nous demandons qu'on l'aménage pour sa destination naturelle : offrir une escale favorable aux aviateurs de la grande ligne dont nous avons parlé : Paris-Bordeaux-Espagne-Afrique."



  • le 28 juillet 1925 :

"L'aérodrome de Parme.

Une lectrice nous dit : "Il faudrait un signal."


Une aimable lectrice (dont nous regrettons de n'avoir pu lire exactement le nom dans la signature) nous adresse une lettre où elle nous parle de l'aérodrome de Parme et nous signale la difficulté qu'éprouvent les aviateurs à le trouver. Elle nous dit : 


"Je me permets de vous faire remarquer que les lacs Mouriscot et de Brindos sont tous les deux environnés de bois, ce qui occasionne aux aviateurs une méprise qui les retarde et pourrait leur occasionner un danger. 


pays basque autrefois labourd lac
LAC DE MOURISCOT BIARRITZ


Il m'a été permis ces jours derniers de le constater. Ils se sont rapprochés du sol en hésitant, se demandant s'ils devaient atterrir soit près du bois de Boulogne, soit sur la route de Bayonne. Ce n'est que très bas qu’ils se sont aperçu de leur erreur. 


Si au camp de Parme on mettait un signal un peu élevé, à l'endroit propice pour l'atterrissage, ils seraient avertis et descendraient en toute sécurité. 


Excusez-moi de vous demander le service de prendre en mains la cause des pauvres aviateurs qui devraient tous aussi avoir un parachute. Agréez, Monsieur, etc..."



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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jeudi 21 décembre 2023

L'AÉRODROME DE PARME EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1925 (deuxième partie)

L'AÉRODROME DE PARME EN 1925.



L'aéroport de Biarritz-Parme est actuellement implanté sur le plateau de Parme, un terrain de 29 hectares acquis en 1922 par le Conseil Général des Basses-Pyrénées.



pays basque autrefois labourd aérodrome brindos anglet
PLAN DE BIARRITZ 1922
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans 

plusieurs éditions :



  • le 7 avril 1925 :

"L’Aviation dans la Région. 

L’aérodrome de Parme.

L’échange de vues entre entre M. Le Barillier et M. Eynac.



homme politique france 1925 ministre air sous-secrétaire
LAURENT EYNAC
SOUS-SECRETAIRE D'ETAT A L'AERONAUTIQUE
ET AUX TRANSPORTS AERIENS DE 1921 A 1926


maire homme politique pays basque
ALBERT LE BARILLIER SENATEUR MAIRE D'ANGLET
PAYS BASQUE D'ANTAN


On s’est occupé dimanche dernier, au Sénat — car nos excellents sénateurs travaillent, à leur tour, le dimanche afin de hâter la discussion du budget — de l’aviation dans notre région. La veille, au Palais d’hiver, à Pau, M. Louis Valeton, ancien commandant d’escadrille, secrétaire générai du Comité aéronautique du Sud-Ouest en avait également parlé. 



Au Sénat, M. Le Barillier a posé une question au sous-secrétaire d'Etat à l'aviation, touchant l’utilisation de l’aérodrome de Parme, près de Biarritz. A Pau, M. Valeton a demandé la déviation de la ligne aérienne vers l’Espagne et le Maroc par Pau. 




Voici en quels termes M. le sénateur Le Barillier s’est exprimé, au Luxembourg : 


Monsieur le ministre, je tiens très simplement à vous entretenir du champ d'aviation de Parme-Anglet, près de Biarritz. 


Je sais, pour l’avoir éprouvé souvent, quel intérêt vous portez a la création de ce champ d'aviation, de cette station aéronautique. Vous m'avez donné des détails sur son organisation ; déjà d'importants travaux ont été entrepris. 


Vous savez que, de mon côté, je me suis employé autant que possible à vous faciliter la création de cette station aéronautique. Mais les travaux qui avaient été entrepris là-bas me semblent arrêtés. Je me permets de vous demander où en est la question et ce que vous croyez devoir faire le plus rapidement possible. (Très bien ! très bien) 



M. Laurent Eynac, sous-secrétaire d'Etat à l'aviation, a pris la parole pour répondre a la fois à M. Buhan qui avait demandé la création d’un grand port aérien à Bordeaux et à M. Le Barillier, à propos de l’aérodrome de Parme. 



Après avoir dit quelles raisons avaient amené la direction des services aéronautiques à faire passer les lignes vers l’Algérie par Toulouse, M. Laurent Eynac a poursuivi en ces termes ces explications : 


En ce qui concerne la question dont M. Buhan est venu ici nous entretenir, celle de Bordeaux port aérien, je m'empresse de donner à l'honorable sénateur les assurances qu’il est venu demander à cette tribune ; il n'est pas possible de créer un monopole au bénéfice d'aucune ville. Il est certain que Bordeaux est appelé — et je l'ai dit et écrit à diverses reprises — par son importance ferroviaire et maritime, par sa position sur l'Atlantique, à jouer un rôle extrêmement important dans la navigation aérienne marchande, qui ne connaîtra pas d'autre loi que les lois générales du transport public et du trafic général. 


Il n’est pas douteux que, là où il y a du commerce et des passagers, la navigation aérienne doit venir prendre clientèle et fret. Bordeaux, placé au bord de l’Atlantique dans des conditions particulièrement avantageuses, est appelé à prendre une importance considérable, non pas seulement dans l'avenir pour les grandes lignes d'hydravions vers l'Atlantique, mais même d'une façon plus rapprochée pour les parcours que nous avons déjà étudiés et qui passeront par Madrid, notamment, et le centre de l'Espagne ; pour les trajets aussi vers Lisbonne. 


En ce qui concerne le parcours vers Madrid, je réponds à la fois aux questions qui m'ont été posées par l’honorable M. Buhan et par l'honorable M. Le Barillier. Nous avons préparé à Bordeaux un port aérien et, près de Biarritz, un terrain d’escale dont les travaux, en effet, n'ont pas été poussés très rapidement dans ces derniers temps, par suite du resserrement des crédits, mais ont été engagés et seront assez rapidement terminés pour permettre l'exécution des essais pratiques que réclamait M. le sénateur Buhan et que nous sommes décidés à prévoir dans le projet du budget prochain. ( Très bien ! très bien !) 


En outre, pour répondre complètement à la question qui m'a été posée, je suis tout à fait décidé à considérer qu'une ville comme Bordeaux, avec les nombreuses ressources qu'elle comprend, doit jouer son rôle dans l'organisation de la décentralisation aéronautique, d'un intérêt si grave et si important. M. le sénateur Buhan sait déjà qu'il existe à Bordeaux un centre d'entrainement de pilotes civils et une école de pilotage, que certaines industries de cette ville, en particulier des firmes métallurgiques, se sont tournées vers les fabrications d'aviation. Je suis prêt à les encourager et ce n'est pas une formule, puisque j'ai déjà contracté avec certaines de ces industries. C'est dire que Bordeaux a sa place toute marquée dans l'effort de l'aéronautique marchande, comme dans notre organisation technique et industrielle. Mais il est évident que nous sommes actuellement encore à la période de l’établissement des programmes de la préparation de ce grand réseau aérien dont les développements très rapides, à mon sens, iront porter au loin nos intérêts et nos idées, nos courriers et notre idéal. (Vifs applaudissements). 



Les déclarations de M. Laurent Eynac sont intéressantes pour ce qu'elles nous permettent d'espérer en ce qui concerne la ligne aérienne Paris-Bordeaux-Biarritz-Madrid, voie naturelle et toute indiquée — autrement indique que celle de Pau."


pays basque autrefois aviation labourd aéroport
 QUINZAINE AERONAUTIQUE TOURISTIQUE ET POSTALE
BIARRITZ 1936


  • le 9 juillet 1925, sous la plume de Léon Sylvain :

"L'Aérodrome de Parme. 

Les adhésions au vœu de M. Jean de l’Espée.

Il faut que Parme soit une escale. 



Nous annoncions récemment que M. Jean de l’Espée, directeur du Courrier de Bayonne avait formulé le désir, auprès des pouvoirs publics et de nos représentants parlementaires, que les travaux de mise en état de l’aérodrome de Parme, fussent promptement achevés. 



Il y a quelques jours, M. Garat, député, écrivait à M. de I’Espée qu’il allait appuyer ce vœu auprès du ministre compétent. M. Castagnet vient d’adresser, à son tour, au directeur de notre excellent confrère, la lettre que nous reproduisons ci-dessous : 


M. Jean de l'Espée a reçu de M. Castagnet, député des Basses-Pyrénées, cette lettre : 


Monsieur le Directeur, 


La question que vous me signalez par votre lettre du 23 juin a eu toute mon attention. Il est désirable dans l'intérêt de l'aviation en général et de la prospérité de notre région, que les travaux de l'aérodrome de Parme soient promptement achevés. 


Les démarches qui sont faites à la suite de votre intéressant appel, par les parlementaires des Basses-Pyrénées, auprès du Sous-Secrétaire d'Etat pour l'aéronautique, aboutiront, j'en suis assuré, à un résultat favorable. 


Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'expression de mes sentiments distingués. 


Signé : Castagnet. 



Ainsi donc les bonnes volontés parlementaires ne font pas défaut. 



Faut-il rappeler qu'il y a quelques mois, M. Le Barillier, sénateur-maire d’Anglet, nous disait de son côté, dans un article que nous publiions alors et où nous ne pouvions manquer de l’approuver qu’il fallait se hâter de mettre en état l’aérodrome de Parme. 



Ni lui ni nous ne nous placions alors exactement sur le même terrain que M. Jean de l’Espée, qui demande que des essais d'avions, publics et fréquents aient lieu, sur l'aérodrome de Parme. Nous nous préoccupions surtout de l’aménagement de l’escale que nous considérons comme indispensable, entre Biarritz et Bayonne, de la grande ligne de Bordeaux en Espagne et en Afrique. 



Mais aussi bien le but est-il identique : aménagement complet de cet aérodrome dans un délai très rapproché. 



Et nous souhaitons, d’accord avec M. Jean de l’Espée, qu’une solution conforme à ce désir intervienne sous peu."




pays basque autrefois aviation labourd aéroport
AERODROME DE PARME 1928
PAYS BASQUE D'ANTAN



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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