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samedi 2 octobre 2021

LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : AHETZE ET ARBONNE ET HALSOU EN LABOURD (sixième partie)

 

LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.


pays basque autrefois labourd paroisse
VUE ENSEMBLE D'AHETZE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :



"Ahetze et Arbonne, en basque Ahetze et Arbona



Le premier est cité sous les noms de "Villa quæ dicitur Ahece" au XIIe s. ; d’Aheze, au XIIIe s. (cart. de Bayonne fos 8 et 12), d’Ahetce en 1302 (charte du chap. de Bayonne. Le second appelé Narbonna en 1186 (cart. de Bayonne f° 82) fut quelque temps la résidence d’été des évêques de Bayonne. Nous regrettons de n’avoir pas pu connaître le nom de leur demeure.



Ahetze et Arbonne formaient une seule paroisse au XVIIIe s. La population d’Ahetze en 1650, était de 107 foyers ; en 1718, de 747 habitants, en 1820, de 509. Celle d’Arbonne en 1650, de 150 foyers, en 1718, de 1 050 habitants et en 1820, de 577.


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EGLISE D'ARBONNE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le curé, à la nomination de l’évêque, résidait ordinairement à Ahetze et le vicaire à Arbonne, annexe. Les revenus de la cure consistaient : 

1° dans la 1/2 des fruits décimaux et prémiciaux des terres anciennes et novales, 700 1. 

2° dans la 1/2 des fruits décimaux et des terres anciennes et novales d’Arbonne, 460 1. ; 

3° dans le casuel d’Ahetze 100 1., celui d’Arbonne 80 1. avec charge de 200 1. pour le vicaire, résumé net 1 140 1.



La fabrique possédait, à Ahetze, un revenu net de 120 1. et à Arbonne une part dans les dîmes de quelques terres d’Arbonne et d’Ahetze évaluées 60 1.



A Ahetze, il y avait quelques obits tombés en désuétude ; les prébendes étaient celles d’Arretchea (12 mars 1692) 25 1. ; — de Chahirenea N. ; — de Hargues ; — de Juncas ; — d’Ilbarots-Hirigoyen ; — d’Achoutoa ; — de Dominique d’Ostalerie ; — du  Sr Casaubon, curé de St-Pé-d’lbarren (13 août 1693) 100 1. ; — de Harambillague (15 novembre 1741) 20 1. ; de Lartucea (9 mai 1698) N. ; — de Janier Etcherenea N.



Les obits et prébendes d’Arbonne étaient : 7 obits d’un rapport annuel de 257 1. — Les prébendes : celles de Juncas, fondée par Armand Juncas, vicaire, le 29 août 1727, revenu 50 1. ; — de Labiton, aliàs de Socobie, (4 septembre 1701) 201. ; — de Sorhouet-Etcbesarry 21 1. ; — de Pouy (26 octobre 1710) 200 1. ; — de St-Paul (?) 100 1. ; — de Mentaberria N.



Chapelle : celle de Pouy à Arbonne, mentionnée en 1751 (Intendance E. 38). — Confrérie : celle de N.-D. du Rosaire érigée en 1714 dans l’église de St-Martin d’Ahetze, et approuvée, le 19 juillet 1738, par Mgr de Bellefont. Parmi les membres figurent : "Arnaud Harambillague, prestre et prieur de la frairie 1761 ; Bernard de Hirigoyen, prestre ; Saubot Detcheverry, prestre ; et Dominica Duhalde, gouvernante de Duhart prestre".



Les actes paroissiaux de 1774 à 1779 portent les signatures de Munduteguy et de Duhart, prêtres.



Période révolutionnaire. — A cette époque Ahetze n’avait qu’un vicaire à la tête de la paroisse : c’était Martin Daguerressar, né à Lahonce. Grâce à la piété des fidèles qui ne voulaient pas que leur chef spirituel apostasiât, Daguerressar hésita quelque temps entre sa conscience et son ambition. Les 26 et 30 janvier 1791, il déclare au maire Dupouy, ne pouvoir prêter que le serment restrictif. Quelques jours après il dit au même magistrat : "C’est une affaire qui m’embarrasse, mais il faut en passer par là", et le 13 février suivant, il prêta le serment pur et simple. Grâce à son apostasie, à l’aide de Daguerressar, notaire de Mouguerre, il devint curé constitutionnel de Lahonce jusqu’à l’abolition du culte. Alors il abdiqua et, devint juge de paix. Avant son départ, d’Ahetze, il envoya à la municipalité un don patriotique de 116 1. 13 s. 4 d. .



pays basque autrefois place
PLACE D'ARBONNE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



— Un autre prêtre l’abbé Duhart, ancien curé et trésorier de la fabrique d’Ahetze, abdiqua aussi.



La Révolution enleva d’Ahetze une cloche, une petite croix du poids de 1° 21 d etc. On parvint à sauver une belle croix du XVe s. que l’on montre encore dans cette paroisse. Véritable objet d’art, elle a été décrite dans les Annales de M. Didron, par un professeur des plus distingués du séminaire de Larressore, l’abbé Laran, de Bayonne, prématurément enlevé par la mort aux sciences et aux lettres. On nous a assuré que la belle croix d’Ahetze n’a échappé à la rapacité des révolutionnaires que grâce à l’inaltérable fidélité d’un enfant de la paroisse, dont nous regrettons de ne pouvoir pas donner le nom.



A la Révolution, Arbonne avait son curé et son vicaire. Loin d’imiter leur triste voisin, ils se refusèrent à prêter le serment schismatique. Le premier était Laurent Duhart, né à Ayherre, de Jean D. et de Marie Haramboure, ordonné à St-Jean-Pied-de-Port, le ler juin 1765, et le deuxième Guillaume d’Etchepare, né à Ainhoa, le 1er septembre 1758, de Jean d’E. et de Ursule Marticorena, ordonné à Oloron en avril 1783. 11 devint vicaire à Espelette et mourut le 23 août 1810. Arbonne perdit à la Révolution trois cloches, etc. 



Au rétablissement du culte, la paroisse d’Arbonne fut confiée à Martin Duhart. Nous avons déjà dit que celle d’Ahetze fut donnée à Louis Duhalde, d’Ustaritz. En 1793, on appela Arbonne Constante.



Halsou :

Halsou, en basque Haltsu, est cité au XIIIe s. dans le cartulaire de Bayonne (f° 49) et dans les collations du diocèse en 1760, sous le nom de Beata-Maria de Halsou. Ce fut d’abord une chapelle dédiée à la Ste Vierge, fondée en 1506, par Martin d’Uhalde et son épouse Marie de Haïtze. Leur demeure se voit encore près l’église de Halsou. Un jour de dimanche, les deux nobles époux allaient entendre la messe à l’église de Larressore. La rivière de la Nive, grossie par d’abondantes pluies, avait un courant des plus violents. Durant la traversée, une de leurs filles tomba dans le torrent et s’y noya. Dans leur désolation, ils demandèrent et obtinrent de Mgr Bertrand de Lahet, évêque de Bayonne, de fonder, près de leur château, une chapelle particulière ; c’était en 1506. Le seigneur de St-Martin de Larressore ayant hérité de la maison d’Uhaldea nommait à la cure de Halsou.



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HALSOU LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



Picamillh dit que "l’église de Halsou est une ancienne chapelle édifiée par les soins du baron de Lacarre, en commémoration de la mort de sa fille noyée au passage de la Nive." Mais, comme le dit le capitaine Duvoisin, ce n’est pas dans les anciens écrits que l’auteur a puisé ce renseignement. Les barons de Lacarre n’étaient pas encore alliés à la noble famille de St-Martin de Larressore.



La chapelle fut érigée en paroisse, en 1512, avec l’autorisation du prélat et le consentement du curé de Cambo et de Larressore, annexe. (Halsou ne formait alors qu’un quartier de Larressore). Le manuscrit attribué à l’abbé Larréguy nous donne le nom de ce curé. C’était Monsieur St-Martin. Il était en même temps abbé du couvent d’Urdach. Au XVIIIe s. M. St-Martin, seigneur de Larressore, nommait à la cure de Halsou.



La population, en 1650, était de 100 feux ; en 1718, de 500 habitants et en 1820, de 273. — Les revenus de la cure consistaient en une portion de la dîme, quelques prémices évaluées 336 1. et dans un casuel de 30 l., total 366 l. — Il y avait 14 obits d’un rapport annuel de 68 l. 15 s. — Les prébendes étaient celles de Hiriberria (21 mars 1713), 11 l. 5 s. ; — d’Etchegoyen, aliàs Dithurbide, (20 juin 1693), 30 l. ; — de Hiriartea (30 novembre 1667), 11 1. 5 s. ; — de Dithurbide, aliàs Etehegoyen, (prébende confondue avec la précédente), 45 l. 4 s. ; — d’Ourbarroa (28 février 1727), 6 1. ; — d’Etchegoyen, aliàs Lascorret, (7 avril 1734), augmentée postérieurement, 13 l.10 s.


— La fabrique possédait une rente constituée d’un capital de 120 l. avec charge de quatre messes.



A la Révolution, était curé de Halsou, Pierre Haramboure, enfant de la paroisse, né le 24 septembre 1716 dans la maison Etcheverry-Zahar. Après deux années de professorat à Aire, il y fut ordonné en 1742. Il devint curé de sa paroisse natale et refusa le serment schismatique ; ce qui lui valut la déportation malgré ses 84 ans. Il mourut dans son exil à Mayo (Espagne).



Une de ses sœurs, Gratianne, était mariée à Martin Harriet, grand-père des abbés Fabien et Maurice, chanoines de Bayonne ; Gratianne avec ses trois filles Haurra-Marie, Marie et Josefa, fut victime des mêmes fureurs révolutionnaires. Les quatre furent un moment emprisonnées dans l’église de St-Jean-de-Luz, changée en prison. Josefa y mourut au milieu d’un grand nombre d’internés, entassés pêle-mêle, sans distinction ni d’âge ni de sexe. Les deux autres sœurs rentrèrent au foyer paternel avec leur mère âgée de 80 ans.



Pierre Harriet, fils de cette dernière, était procureur du roi au bailliage d’Ustaritz. Il occupait dignement sa charge, quand la Révolution vint le condamner à mort comme réactionnaire. Pendant quelque temps, il se cacha dans les bois qui entouraient sa maison natale d’Etcheverry-Zahar. Un jour, il était dans une ferme appartenant à la famille et située au bois de Jatxou. Des agents de Hasparren, lancés à sa poursuite, abordent le fermier et réclament la victime. "Il a pris la direction de Hasparren", répond le fermier fidèle. Dépistés un moment, les agents reviennent encore. "Maître, dit le fermier à Harriet, les voici revenus ; ils sont quatre. Je me charge de deux, vous pourriez vous charger des deux autres, nous prendrions leurs chevaux et nous passerions la frontière." Le fermier était un vigoureux bohémien, qui ne quittait jamais son maître. L’ancien procureur rejeta la proposition et franchit la nuit même la frontière. Il alla rejoindre six prêtres émigrés de ses amis et condisciples de Larressore.



C’étaient les abbés Haramboure, curé de Halsou, dont nous avons parlé, Munduteguy, curé de Jatxou, Bernard Etchegoyen, vicaire de Jatxou, Michel Garat, missionnaire de Larressore. et deux autres dont nous regrettons de n’avoir pas les noms. Ils se mirent en communauté, faisant les prières et autres exercices de piété ensemble, exemple suivi toute sa vie, au sein de sa famille, par l’ancien procureur depuis son retour d’Espagne ; l’ex-magistrat servait la messe à ses co- exilés, à raison de deux sous par messe. Le petit pécule servait à augmenter le menu du dîner à certains jours de fête. L’ordinaire se composait de pain et de quelques fruits, assaisonné du bonheur d’une conscience tranquille.



pays basque autrefois paroisses religion
LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE
PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II


Martin de Munduteguy, dont nous avons déjà parlé, était né à Halsou le 19 novembre 1729, et ordonné à Aire en décembre 1755. Un moment il eut la faiblesse de prêter le fameux serment, faute qu’il répara immédiatement en le rétractant publiquement et en déclarant que jamais il ne reconnaîtrait que l’autorité de l’évêque légitime. Il avait la réputation d’un grand prédicateur.



Bernard Etchegoyen, dit Choko, naquit à Halsou, le 25 décembre 1766, et fut ordonné le 20 mars 1790. Sitôt l’onction sacerdotale reçue, il fut nommé vicaire à Jatxou et peut-être aussi chargé de l’administration de sa paroisse natale, après le départ du curé Haramboure, car sur la liste des déportés ou lui donne le titre de curé de cette paroisse. Mais il ne tarda pas d’aller rejoindre ses confrères à Pampelune. La Révolution enleva de l’église de Halsou 1 calice avec patène, 1 ciboire, 1 soleil sans pied, 1 croix brisée, 1 porte-Dieu ; le tout pesant l6 m 50.



A l’ouverture des églises, Martin de Mundutegpy devint curé de Halsou et Jatxou réunis. Il fut remplacé bientôt par Bernard Etchegoyen. Chez ce dernier se retira, à son retour d’Espagne, l’abbé Michel Garat, missionnaire de Larressore, en attendant sa nomination à la cure de St-Pierre d’Irube vers 1805. Démissionnaire de sa cure en 1817, l’abbé Etchegoyen vécut en prêtre habitué dans sa paroisse natale, jusqu’à sa mort, en 1828.



Doué d’une excellente mémoire et connaissant la vie du saint fondateur du séminaire de Larressore, l’abbé Etchegoyen fournit, nous a-t-on assuré, d’intéressants détails à l’auteur de sa vie. Mais son bonheur, surtout dans ses vieux jours, était d’aller raconter aux élèves de cet établissement les événements de la Révolution, sa vie et celle de ses confrères sur la terre d’Espagne. Ses visites étaient désirées autant par les maîtres que par les élèves. Un jour, il y était allé dîner. Que ce fut la faute du fournisseur ou celle de l’économe, on servit à table une viande des plus coriaces. Le vénérable vieillard n’en pouvant détacher miette passa son plat à son chien, qui se tenait à ses pieds. A la récréation qui suivit, il narrait ses aventures, quand son chien vint le caresser. "Saute, lui dit-il, saute, Napoléon, c’était le nom du gardien fidèle, tu as mieux dîné que ton maître". Il paraît que désormais l’économe surveilla sa cuisine, et fêta mieux l’aimable visiteur."



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HALTE DE HALSOU-LARRESSORE LABOURD
PAYS BASQUE D'ANTAN



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 2 septembre 2021

LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : USTARITZ EN LABOURD (cinquième partie)

 

LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.



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LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE
PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II



Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :



"Arruns, annexe d’Ustaritz, était desservie par un vicaire résidant. Ses actes paroissiaux, de 1671 à 1792, ne nous donnent que les noms de Hirigoyen, Descos, Hiriart et Larralde, prêtres. 


Ustaritz avait encore : 1° trois chapelles publiques ; — celle de St-Michel, près l’ancienne église. Là se réunissaient surtout les membres de la confrérie de St-Michel — ; de Heraitz ou de Herotz : elle était au quartier de Haraurit-Faurorie (cart. de Bayonne nos 25 et 28) — ; de Ste-Barbe, à la montagne de ce nom, appelée anciennement Sansancoitz, d’après un document de l’année 1310 trouvé au château de Haïtze ; 2° trois chapelles particulières de Haïtze, d’Argui et de Sorhouet.



Enfin, au milieu des forêts d’Ustaritz et de St-Pée, là où les limites de ces deux paroisses et celles de Gostoro (Souraïde) se confondent, il y avait une chapelle (Prioratus sanctæ Maria Magdalenœ d'Oxance) remontant à une très haute antiquité. M. le chanoine Duvoisin, alors professeur de théologie au petit séminaire de Larressore, en a donné une description des plus intéressantes dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres et arts de Pau (année 1841 1ère  série P- 209-214). Voici ce que le même auteur a écrit en 1853.


"On voit à Ustaritz, les ruines d’une ancienne chapelle, qui rappellent les plus touchants souvenirs. Lorsque les incursions répétées des Suèves, des Alains et des Goths eurent déraciné dans toute la contrée la religion catholique, le petit nombre des fidèles qui échappèrent à leur fureur, s’assemblaient, d’après une constante tradition dans cette chapelle, dédiée à Ste Madeleine. C’est là, dans la profondeur des forêts et dans l’enfoncement d’un étroit vallon qu’ils venaient adresser à Dieu leurs prières et confier leurs morts à une terre sainte ; c’est là encore que St Léon, se rendant dans la Navarre pour évangéliser les habitants de ce pays, vint s’agenouiller et recommander à Dieu le succès de sa mission..."



Nous en avons parlé nous-même. Nous ajouterons ici que, d’après les communications du frère de M. le chanoine Duvoisin, la chapelle d’Oxance fut la première église entre Espelette et l'Océan. Les ruines actuelles donnent à l’édifice une longueur de 20 mètres sur 8 de large. La table de l’autel est remarquable. C’est un monolithe d’une épaisseur de 0 m. 18 et d’une longueur de 1 m. 94 sur 1 m. 14. Une tradition encore constante nous apprend que longtemps les chrétiens du Haut-Labourd aimèrent à se faire enterrer dans son cimetière, jadis plus vaste que les ruines actuelles ne l’indiquent. Nous aimons à croire que l’histoire n’a pas dit encore son dernier mot sur cet antique sanctuaire, où, dans le temps, il fut question de faire un couvent de la Trappe.




pays basque autrefois revolution religion
ARMOIRIE D'USTARITZ LABOURD




Curés connus. — 1557, Dominique d’Etchaide, qui fut en procès avec l’évêque de Bayonne au sujet de la dîme ; — 1600-1643, Bernard de Haïtze, qui résigna sa cure en faveur du suivant, son neveu ; — 1643-1075, Bernard de Haïtze ; — 1675-1681, de Bidart et Pierre de Monduteguy ; — 1681-1705, de Lalande ; — 1705-1742, Jean d’Etchepare, né à St-Jean-de-Luz, vers 1667 ; — 1743-1746, Pierre de Haraneder, passé curé-prieur de Souraïde en 1746 ; — 1746-1755, Martin Dop, nommé curé de la cathédrale ; — 1756-1764, St-Martin ; — 1764-1772, Bernard Larréguy, de St-Jean-de-Luz, docteur en théologie. Par acte du 7 mai 1771, il reçut une somme de 800 livr. fonds d’une rente constituée de 40 l., que noble Jean Bédorède de Laborde, écuyer, habitant de Bayonne, avait établie le 13 juin 1747 en faveur des pauvres honteux d’Ustaritz. Le paiement lui en fut fait par Jeanne-Marie d’Arquie, veuve de Messire Jean-Valentin, baron de Lalanne, chevalier de l’ordre de St-Louis, lieutenant de roi en la ville et citadelle de St-Jean-de-Luz. L’abbé Larréguy permuta la cure d’Ustaritz avec celle de Bassussarry, moyennant une rente viagère. La Révolution le trouva à celle d’Ayherre (voir cette paroisse) ; — 1772-1801, Descos (voir plus bas) ; — 1803-1828, d’Etcheverry ou Detcheverry d’Armendaritz (voir art. séminaire de Larressore) ; — 1828-1849, Sabarotz, transféré de Larressore, en récompense de son activité aux nombreuses quêtes du pays basque, lors de la première restauration du séminaire de Larressore, sous Mgr d’Astros ; — 1849-1865, Lopenague, transféré d’Urrugne ; — 1805-1888, Larralde, transféré de Ciboure, et devenu chanoine titulaire de Bayonne ; — 1888.... Jean-Baptiste Thomas Hiriart de Larressore.



Les registres paroissiaux de 1600 à 1793 nous fournissent les noms de Haïtze, Larrondo, Ithurbide, St-Castet, Hiriart, de Luro, de Chanchino, Landalde, Duhalde, d’Hibarrat, Larre, de Bidart, Munduteguy, Jaureguy, Harosteguy, Haranchipy, Duhart, Loyola, de Larre, de Lalande, de Labarrière, Dibarboure, Delissalde, Daguerre, Dassance, Detchepare, Haraneder, Haramboure, Dop, St-Martin, Larréguy, Larralde, Bayen, Descos, Sorhaïty, Hiriart, Baratciart, Monho, Irissarry, Dibarron et Bustingorry, prêtres.



En 1790, Ustaritz fut chef-lieu d’un district composé des cantons de Bardos, Biarritz, Cambo, Espelette, Hasparren, Macaye, Mouguerre, Sare, St-Jean-de-Luz, St-Pée-sur-Nivelle, Urrugne, et de la ville de Bayonne. — Le canton d’Ustaritz comprenait alors les communes d’Arbonne, Jatxou, Ustaritz et Villefranque. En 1793, Ustaritz fut dénommé Marat-sur-Nive.



Le directoire du district siégea à Bayonne ; toutefois les élections du clergé constitutionnel eurent lieu dans l’église d’Ustaritz le 28 octobre 1791. Bien que les archives municipales se taisent sur les faits relatifs au district et même à la commune, nous savons qu’il s’y passa des événements, que de nouvelles recherches, nous l’espérons, mettront au jour. On y brûla en place publique un tas d’ornements, linges, livres d’église, ceux sans doute qu’on ne prévoyait pas encore devoir être "utiles à la Patrie".



La cure était occupée par Jean Descos : il avait pour vicaires Salvat Franchisteguy, Dque Maccary et Pre Hiriart ; celui-ci était chargé de l’annexe d’Arrons.



Descos, né à Arrons, de Bernard D. et de Marie Hiriart fut ordonné le 7 mars 1754. Devenu curé de Bassussarry, il permuta sa cure avec l’abbé Bernard Larreguy, curé d’Ustaritz, célèbre poète basque et traducteur de l’Ancien Testament de Royaumont (voir Ayherre). Descos dirigeait sa paroisse avec autant de prudence que de zèle quand éclata la tourmente révolutionnaire. Dès le début, il se distingua par la pureté de sa doctrine et l’énergie de son caractère contre les nouvelles innovations et principalement contre le serment civique.



Sanadon n’avait pu nommer que des curés provisoires, ses nominations ne pouvant être définitives aux termes du décret de la Constitution civile du clergé qu’autant qu’elles auraient été faites par voie de scrutin et à la pluralité absolue des suffrages du corps électoral. C’est le dimanche 28 octobre 1791 que devait se tenir dans l’église d’Ustaritz, la première assemblée électorale pour la nomination aux cures du district de ce nom. Mais comme on craignait que la plupart des électeurs ne voulussent point s’y rendre, on annonça pour les y attirer, qu’on procéderait dans cette même assemblée au remplacement de la moitié des administrateurs du district. La loi demandait que l’élection se fit à l’issue de la messe Paroissiale, à laquelle tous les électeurs étaient tenus d’assister.



Le curé d’Ustaritz et tous les autres prêtres du lieu, au nombre de douze environ, se refusèrent péremptoirement à célébrer cette messe, et la municipalité, d’après les ordres du Directoire, fut obligée de se mettre en quête d’un apostat pour la faire dire. Ce ne fut pas là le seul embarras que l’on rencontra. La très grande majorité des électeurs protesta vivement contre les nominations des curés auxquelles on voulait procéder. Mais la minorité déclare qu’elle passera outre, malgré cette protestation. Une partie des premiers se retire alors de l’assemblée et n’y rentre que lorsqu’il s'agit de voter pour le remplacement des administrateurs ; une partie reste, mais ne répond point à l’appel nominal. Ce ne fut pas tout encore, on ne peut trouver assez de prêtres assermentés pour remplir tous les postes, bien qu’on ait fait appel à des ecclésiastiques de diocèses étrangers et à d’anciens religieux infidèles à Dieu et à l’Eglise : on est réduit à confier à la plupart d’entr’eux deux ou trois paroisses.




L’abbé Descos, secondé du reste par son clergé, fût l’âme de tout ce mouvement catholique. Sa maison fut le rendez-vous des confrères voisins pour s’éclairer et arrêter des mesures uniformes. Une des plus importantes de ces délibérations fut de faire imprimer, à Dax, un article du journal de l’abbé Barruel, et de le joindre à un petit catéchisme, déjà publié, pour instruire les fidèles sur la constitution schismatique et les pouvoirs des prêtres assermentés. Nous regrettons de n’avoir pas pu nous procurer cet opuscule, qui fit le plus grand bien au pays. Sommé par la municipalité de prêter le serment à la constitution civile du clergé, il déclara hautement ne pouvoir ni ne vouloir prêter serment restrictif des droits de la sainte Eglise romaine. Le 1er janvier 1792, il alla trouver le conseil municipal réuni en séance pour solliciter le rétablissement des offrandes et des quêtes de l’église supprimées par une délibération de la veille. Il ne quitta sa paroisse que le 10 septembre de la même année. Jusqu’à cette époque, il administra les sacrements en cachette et dirigea ses deux vicaires Maccary et Franchisteguy laissés encore à leurs postes, faute de remplaçants. Forcé d’émigrer, en compagnie de quelques confrères voisins, il se retira d’abord à Urdach, puis dans la vallée de Baztan. Les registres de la paroisse apprennent que "les fidèles avaient l’habitude familière d’aller le trouver les dimanches et les fêtes". Le zélé confesseur de la foi ne les attendait pas seulement au lieu de sa retraite. Travesti sous divers costumes, une fois par mois, il faisait une apparition dans la maison Lecumberria, de Cambo, où les fidèles accouraient au risque de leur vie pour recevoir les sacrements et les sages conseils de leur bien aimé pasteur. Nous ne le retrouvons pas au rétablissement du culte. Nous croyons qu’usé d’années et de fatigues, il dut mourir en exil. Le saint pasteur eut du moins la consolation de voir ses trois vicaires et les autres ecclésiastiques de sa paroisse, à l’exception d’un seul, marcher sur ses traces.



...Un arrêté de proscription porté par le Directoire d’Ustaritz, le 17 novembre 1792, fut notifié par gendarme à ceux de ces généreux confesseurs qu’on put trouver, mais plusieurs gardés par le respect et la piété des fidèles échappèrent aux perquisitions de la police révolutionnaire, et ils continuèrent encore à administrer les sacrements en cachette. De ceux-là furent, avons-nous dit, les abbés Maccary, Hiriart, Bustingorry, Salaberry, etc.



La belle et excellente paroisse d’Ustaritz a encore d’autres glorieux confesseurs de la foi à inscrire dans ses diptyques : 1° Martin d’Elissalde, curé de Bardos (voyez cet article). — Les deux frères Martin et Jean-Louis Duhalde.



Le premier naquit, en 1745, dans la maison Legarria, d’Ustaritz, (aujourd’hui disparue), de Pre D. et de Domins Seindure, parente du saint fondateur du séminaire de Larressore. Il fit ses études théologiques à l’université de Toulouse, où il prit le bonnet de docteur et fut ordonné le 10 mars 1770. A titre de vicaire, il consacra avec zèle ses onze premières années de sacerdoce au ministère paroissial. Ce champ lui parut insuffisant et il entra dans la maison de Larressore pour se donner avec ardeur à l’étude et à l’œuvre des missions. "Doué d’un grand talent oratoire, Duhalde parut avec éclat dans les nombreuses missions et retraites qu’il donna". Au talent oratoire il joignait la connaissance des langues savantes, et notamment celles du grec qu’il apprit de manière à pouvoir étudier dans la langue originale les ouvrages de Pères de l’Eglise grecque.



Un jour le prédicateur de la retraite ecclésiastique s’étant trouvé arrêté par une indisposition, son parent, l’abbé Daguerre, sur la demande de Mgr de la Ferronnays, évêque de Bayonne, chargea M. Duhalde de vouloir le remplacer. Le modeste et érudit missionnaire s’excusa longtemps, mais il fallut obéir. Il s’acquitta de sa tâche avec un tel succès que le prédicateur étranger, qui l’avait entendu, dit â l’évêque : "Je ne sais pourquoi on va chercher des prédicateurs étrangers quand on a des orateurs pareils".



La Révolution le trouva au séminaire de Larressore. Avec tous ses confrères de l’établissement, il refusa le serment schismatique et ne tarda pas à émigrer en Espagne. Il vécut à Hernani et à Oyharzun, non loin de la frontière. Son zèle apostolique ne s’y attiédit point. Il dirigea et consola les nombreux fidèles qui, en grand nombre, allaient le trouver. De ce nombre fut Madeleine Larralde, la martyre de Sare. Au presbytère de St-André, nous avons vu un registre de mariages (du 7 mai 1796 au mois de février 1800), où sont consignés les mariages des divers personnages, qui, du Béarn et du Pays basque, allèrent le trouver sur la terre d’exil. Il bénissait ces unions avec autorisation de M. d’Alincourt, administrateur du diocèse, et signait : "Duhalde, directeur du séminaire de Larressore".



Dans ses moments de loisir, il composa en langue basque un beau livre de méditations, intitulé "Meditacioneac gei premiaxuen gainean" (méditations sur les vérités les plus importantes), publié à Bayonne, en 1809, en un gros volume in-12. L’auteur y donne le résumé de ses anciens sermons. On nous a assuré que l’abbé Garat, le saint fondateur de la maison des missionnaires d’Hasparren, avec des sermons tirés de ce beau livre, fit au pays basque le même bien que M. Dujardin fit en Béarn avec des instructions, empruntées au livre de M. Batz. Les grandes méditations de l’abbé Duhalde, devenues assez rares, sont encore lues et font le plus grand bien dans les familles et même dans les retraites de première communion et des congrégations paroissiales. Nous les recommandons aux vénérés confrères qui liront ces lignes.



Martin Duhalde jouissait de la plus haute estime auprès de ses confrères et avait une réelle influence sur eux ; il en profita pendant la Révolution pour retenir les prêtres défaillants, et après la grande tourmente pour rappeler à la bonne voie ceux qui l’avaient désertée. On n’a pas une idée des préoccupations, des angoisses et des difficultés de M. d’Alincourt, administrateur du diocèse, pour rappeler ces pierres dispersées du sanctuaire. Dans sa mission si délicate, il eut recours à des prêtres influents et de marque. Un de ceux-là fut l’abbé Martin Duhalde. Nous avons parcouru avec intérêt une longue correspondance qu’il eut avec un prêtre bas-navarrais, l’abbé de G., prêtre distingué, mais que la Révolution et aussi peut-être sa vanité avait un moment égaré. Si Duhalde ne le vit pas, de son vivant, rentrer dans le vrai giron de l’Eglise, il prépara une rétractation qui se fit trop attendre, mais qui consola l’église de Bayonne.



A l’ouverture des églises, l’abbé Duhalde fut nommé à la cure de St-André de Bayonne. A sa mort arrivée en 1804, il la laissa à son frère, qui du reste en était parfaitement digne.



Jean-Louis Duhalde naquit, le 14 novembre 1748, et fut ordonné à Dax, en décembre 1772. Il était docteur en théologie comme son frère Martin. Il occupa avec distinction la chaire de théologie à Larressore. Esprit judicieux et éclairé, excellent professeur, ses élèves le surnommèrent Pétau le théologien, à cause des fréquentes citations qu’il faisait de ce savant auteur. Il avait une mémoire si prodigieuse que n’étant encore qu’élève, pour obtenir une promenade pour la communauté, en deux heures, il apprit parfaitement un sermon entier de Bourdaloue.



En 1781, les suffrages de ses confrères le nommèrent coadjuteur de M. Daguerre avec future succession. Il remplaça dignement le pieux fondateur décédé en 1785. Quand la Révolution vint frapper à sa porte, non seulement il refusa le serment schismatique, mais il protesta avec énergie contre la violation des droits de la propriété. Ennemi de toute compromission, il ne céda que devant la force et fut déporté en 1792. A la réouverture des églises, il devint curé d’Ahetze, et au décès de son frère, de St-André de Bayonne.



Victime de la Révolution, le saint prêtre eut à endurer des persécutions d’un nouveau genre dans les dernières années de sa vie.



Nous n’en dirons qu’un mot. Peu de temps après le décès de M. Daguerre, Mgr de Villevieille, évêque de Bayonne, voulut acheter le château de Marrac et le domaine de St-Michel, près de sa ville épiscopale. Il se proposait de faire du premier sa résidence et du second un grand séminaire, en y transférant celui de Larressore. Il fit part de son projet à l'abbé Duhalde, devenu par suite du décès de M. Daguerre, son successeur et son héritier universel. Le nouveau supérieur entrant dans les vues de son évêque, trouva au Labourd la somme de 150 000 l. que devait coûter l’acquisition des deux immeubles. Elle fut faite par le prélat, par contrat du 9 mars 1786. La somme de 150 000 l. était considérable pour l’époque. Pour y arriver, l’abbé Duhalde "agissant en sa qualité de supérieur et faisant tant pour lui que pour les autres Messieurs les directeurs dudit séminaire", fit divers emprunts "pour le compte de M. l’évêque". Celui-ci de son côté avait hypothéqué à l’abbé Duhalde tous les biens et revenus de l’évêché, ainsi que tous ses droits légitimâmes évalués 50 000 l. Arrive la Révolution qui confisque tous les biens de l’Eglise. La loi du 17 avril 1790 avait déclaré nationales toutes les dettes du clergé et avait affranchi les acquéreurs des biens ecclésiastiques des dettes dont ils étaient grevés. Il était donc juste que ce qu’on appelait la nation payât les créanciers de l’ancien clergé. Mais il n’en fut pas ainsi et la nation ne paya rien.



L’abbé Duhalde à peine sorti du procès qu’il eut à soutenir contre les héritiers naturels de son prédécesseur, en eut un nouveau contre ceux de Mgr Villevielle, qui se refusaient à reconnaître les dettes du prélat. Au milieu de toutes ces difficultés, l’abbé Duhalde ne cessa de donner des preuves d’un homme d’affaire et surtout d’un saint.



Un jour, l’huissier se présente chez lui, amenant parmi ses "records" un homme dont la famille était secourue par le saint curé. Non content d’être témoin de la mauvaise besogne de l’huissier, notre homme devint son secrétaire et rédigea le procès-verbal de saisie. Le lendemain même, la femme de notre scribe se présenta au presbytère pour réclamer son aumône habituelle. La domestique, à l’insu du charitable prêtre, la renvoya avec dureté.



Voici en quels termes l’abbé Duhalde désavoue la conduite de sa domestique dans un mémoire relatif à ses affaires litigieuses et publié le 7 décembre 1820 : "Je prie cette femme de revenir chez moi à son ordinaire, elle y recevra de préférence, par mes ordres, les secours accoutumés. Je prie cette personne de pardonner à ma domestique, qui est une fille simple et qui n’a pas su maîtriser un premier mouvement d’indignation. Il n’est pas donné à tout le monde de sentir la beauté de cette maxime : Donne du pain à ton ennemi, dût-il te persécuter." Tels furent les sentiments de l’abbé Duhalde jusqu’à sa mort, arrivée le 30 avril 1825.



La Révolution, vola à l’église d’Ustaritz 3 cloches ; 1 croix d’argent montée sur bois : les pièces d’argent pesant 18 m 7o 18d et 1 encensoir avec navette et cuillère du poids de 4m 7o etc.



A la reprise du culte, la cure d’Ustaritz fut confiée à Gratien d’Etcheverry ou Detcheverry, né à Armendaritz le 12 novembre 1747, d’abord professeur, puis missionnaire à Larressore, décédé le 10 août 1828. On lui attribue la traduction en labourdin du catéchisme publié par Mgr Loison et celle des prières et pratiques ajoutées par Gonnelieu à l’Imitation de J.-C. — La cure d’Arrons fut donnée à N. Curutchet."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 2 août 2021

LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : URRUGNE ET USTARITZ EN LABOURD (quatrième partie)

  

LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.



pays basque autrefois paroisses
LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE
PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II



Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :



URRUGNE (suite) :



La population d’Urrugne était en 1650, de 750 feux ; en 1718 de 4 500 âmes ; en 1820 de 1874. — Le curé, aidé d’un vicaire, était à la nomination du vicomte d’Urthubie. Les revenus au 18ème siècle consistaient dans 3/4 de la dîme des trois maisons d’Urthubie, de Fagoague et de Arabehère évaluée 150 l., les prémices 1 350 l., casuel et offrandes 300 l. — La fabrique possédait une rente annuelle.



pays basque autrefois château
CHÂTEAU D'URTUBIE URRUGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



La municipalité d’Urrugne fut révolutionnaire. Et si au gré de ses désirs, elle ne put pas établir la guillotine, on doit l’attribuer, dit-on, au mauvais état de sa vicinalité. Quoi qu’il en soit, on a soustrait des registres de délibérations municipales, les pages les plus compromettantes. N’importe, ce que les registres de la municipalité de St-Jean-de-Luz révèlent à cet égard suffit à éclairer les moins clairvoyants. Pinet, Cavaignac et consorts ne trônaient-ils pas à Belchanea ?



La cure était dignement occupée par Martin Teillary. Né à St-Jean-de-Luz, le 2 décembre 1743, de Joachim T. et de Marie Mora , il avait été ordonné à Dax en 1770. Frère de Joseph-Vincent, curé de Sare, poursuivi par la haine révolutionnaire, c’en était assez même sans ses qualités personnelles pour le désigner à la rage des sectaires. Il se refusa avec énergie è publier le prétendu mandement de Sanadon et à prêter le serment schismatique. Dès le mois d’avril 1792, sinon plutôt, il fut remplacé officiellement par un nommé Larre, âgé de 36 ans. C’était un ex-prémontré qui, après avoir joui, un an environ, de son traitement de 2 100 l., abdiqua et devint employé aux charrois et inspecteur des convois. A son côté, voulut figurer l’abbé Cavenave, prêtre matutinier, interdit depuis trois ans. Il s’offrit à prêter serment pourvu qu’on le nommât vicaire d’Urrugne.



Cependant l’abbé Teillary se vouait au salut des âmes de ses ouailles et de celles du voisinage. Nous l’avons reconnu dans ce prêtre berger de la maison Elhorrien-borda, de Ciboure. Voici, entre mille, un trait de sa vie apostolique, qui détermina son arrestation et son départ pour la terre d’Espagne.



Un jour, le bon pasteur, portant en cachette le saint viatique, s’acheminait du côté de Ciboure. Reconnu, il est saisi et arrêté par un jeune exalté et dénonciateur de prêtres ; l’héritier de la maison Mertzerena d’Urrugne, et autres prêtrophobes. "Au nom de celui que je porte, s’écrie le digne prêtre, laissez-moi aller visiter un malade". Vaine prière ! on l’amène dans la maison d’arrêt de la commune d’Urrugne. En attendant de nouvelles dispositions, ledit héritier et un fils de la maison Chapelabaita se firent ses gardiens à la porte du cachot. Ils étaient relevés par un fils de la maison Chandizurbaita et un certain Guillaume, fils du valet de la commune.



Profitant d’un moment où celui-ci lui portait son repas à la prison, l’abbé Teillary lui dit : "Au nom de Dieu, sauvez-moi d'ici, Guillaume". Celui-ci en parle à son père, qui lui répond :  "Oui, il faut le sauver. Fais en sorte d’être de garde à la porte avec le fils de Mertzerena, à l’heure du souper du curé. En ce moment, arriveront tes sœurs avec les oies de la maison. Je leur chercherai querelle. Aux cris de tes sœurs, accours avec ton compagnon à leur secours après avoir ouvert la porte de la prison". Le soir, le père reçoit ses filles à coups de bâton, et Guillaume, exécutant les ordres de son père, donne un tour de clef à la porte du cachot et accourt avec l’indigne dénonciateur au secours de ses sœurs, faisant semblant de maudire son père. On s’interpelle., on se bat... On gagne du temps, le prisonnier s’évade, joue des jambes et va se cacher dans un ravin du côté de N.-D. de Sokorri, au lieu convenu avec Guillaume.



Quand la scène entre le père et les filles s’est apaisée, nos gardiens reprennent leur poste. Ils constatent l’évasion de leur prisonnier. Chacun s’empresse de prendre une direction différente pour le ressaisir. Guillaume accourt au lieu convenu où le digne curé l'attendait depuis deux ou trois heures. Il l’accompagne à travers les ténèbres de la nuit jusqu’à Irun (Espagne), ou le saint prêtre, se mettant à genoux, remercia Dieu et son bienfaiteur de sa délivrance.



La lettre suivante prouve que le curé d’Urrugne était poursuivi par d’autres que l’héritier de Mertzerena.



"St-Jean-de-Luz, le 7e jour de la décade, 2e mois, an 2e de la république une et indivisible.


Le sans-culotte Philippon, capitaine aux sans-culottes, composant la société populaire de St-Jean-de-Luz.


Je vous ai dénoncé un espèce d’homme habillé de noir (le curé d’Urrugne) qui par ses discours fanatiques a réussi à égarer plusieurs de mes frères d’armes. Composant l’avant-garde, je m’empresse de vous faire connoitre les nouveaux moyens de corruption qu’employe ce monstre à calotte. Il fut hier dans un endroit où nos sans-culottes vont boire leur petite goûte d’eau-de-vie, et là, sous le manteau de l’hypocrisie, il leur tint ce discours bénin : Je suis fâché que le citoyen Philippon ce soit porté à déclasser (déclamer) contre la religion, car enfin nous devons la respecter. Le discours fut applaudi par quelques individus, qui ne sont pas encore à la hauteur de notre sainte résolution et qui préfèrent les discours d’un calotin à un discours d’un bon bougre de sans-culotte qui pourrait les éclairer.



"Vous voyez, citoyens, qu’il est instant de prendre des mesures de sûreté pour empêcher ce g... f.... de faire des prosélites ; ce qu’il vaut mieux couper le mal dans sa racine que de le laisser enraciner, enfin que l’on envoye à l’avant-garde un bon b... qui ne craigne pas de nous lire père Duchesne et que le mot foutre et bougre ne blesse pas les chastes oreilles, au lieu de Ss Sermons nous fasse l’analyse des bons papiers nouvelles et ce curé là sera un bon bougre. Vive les sans-culottes de la montagne et pe.... qui a peur, foutre.


Le sans-culotte Philippon."



Cet affreux personnage était un des séides du représentant du peuple Monestier. Que l’on juge du sort du digne curé s’il était tombé entre ses mains. La Providence veillait sur lui. A son retour de la terre d’exil, l’abbé Teillary préféra se préparer à la mort par la prière et la retraite. Il mourut prêtre habitué à Arbonne, le 10 décembre 1812.




pays basque autrefois eglise labourd
INTERIEUR DE L'EGLISE D'URRUGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN



A la Révolution, il eut pour vicaire à Urrugne, Etienne Mendiboure, enfant du pays, né de Jean M. et de Marie Barrandeguy.



Ordonné en septembre 1786 avec dispense d’âge, il suivit l’exemple de son curé. Sur la liste des émigrés, il est porté comme n’ayant quitté le pays qu’en 1799. Il est vrai qu’il pourrait être question aussi d’une seconde émigration. Quoi qu’il en soit, il figure sur la liste du nouveau clergé du district d'Ustaritz au mois d’avril 1792. Mais il ne faut pas le confondre avec un autre ecclésiastique de même nom, vicaire de St-Pierre d’Irube, qui abdiqua, et devint brigadier aux charrois.



Les registres paroissiaux nous révèlent la présence d’un prêtre espagnol Diego Lascano dans la paroisse, à la date du 24 septembre 1797. Etabli depuis quelque temps en France, il remplit les formalités légales et exerça les fonctions du saint ministère dans la paroisse. François Marsan, dit tantôt de Bayonne, tantôt de St-Pierre d’Irube, figure dans les mêmes registres de 1799 à 1801.



Nous avons parlé plus haut (même article) de la conduite d’un autre confesseur de la foi de la paroisse, Pierre Dargaignarats. Antoine Breton, capitaine de navire à Urrugne, émigra le 7 mars 1798 et Joseph Bergare de la même paroisse, au mois d’octobre de la même année.



En 1790, Urrugne fut le chef-lieu d’un canton dépendant du district d’Ustaritz et composé des communes de Biriatou, de Hendaye et d’Urrugne. C’est à ce titre sans doute qu’il faillit avoir la visite de la guillotine. Il y échappa, dit-on, grâce au mauvais état de sa vicinalité, car le gracieux instrument ne pouvant plus être transporté dut s’arrêter à mi-route. On en fut dédommagé, il est vrai, par le séjour sur son territoire, à Belchanea, des représentants du peuple Pinet, Garrau et Féraud etc. Tout le pays fut couvert de soldats et de retranchements, triste sort qui lui fut commun avec tous les pays limitrophes d’Espagne. — Les presbytères d’Urrugne et de Biriatou furent démolis par les espagnols. — Une tradition locale nous apprend qu’un soldat déchira d’un coup d'épée un tableau de la vierge, à la chapelle de N.-D. de Sokorri et qu’il expia cet acte d’impiété par une fin misérable. — La Révolution dépouilla l’église d’Urrugne après l’avoir profanée. Elle en enleva : 2 calices, 1 soleil, 3 boëtes aux huiles, 1 cuiller pesant 21m 4° 12d ; galons d’or 6m 2° ; galons d’argent 11m ; 2 croix, grands chandeliers, 2 petits, 2 lampes, 1 bassin, 4 cloches etc.



Le premier curé concordataire de la paroisse fut Jean Lahirigoyen.



USTARITZ-ARRUNS : en basque Uztaritze eta Arrontza ?



pays basque autrefois eglise labourd
EGLISE D'USTARITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Sanctus Vincentius de Ustarits ou d’Ustaridz est mentionné, à la date de 1186 et de 1199, dans le cartulaire de Bayonne (fos 32 et 35). Les rôles gascons le mentionnent aussi sous le nom d’Ustaritz, en 1322. Le vicomte Sault d’Ustaritz, descendant des anciens vicomtes de Labourd engagea à perpétuité le 1/4 de la dîme d’Ustaritz à l’évêque et au chapitre de Bayonne vers 1234 et Johan de Sorroete (Sorhouet) celle de Jatxu, de Harauziz et d’Arrons. L’ancienne église d’Ustaritz, dont il ne reste plus vestige, remontait au 13ème siècle, à la belle époque de l'architecture religieuse. De forme rectangulaire, terminée à pans coupés, elle était construite en pierres d’appareil et renforcée de distance en distance par de beaux contre-forts à retraits. Ses deux portes ogivales, surtout la principale, ornées de voussures et ses trois ouvertures à lancettes de l’abside étaient remarquables. Lors de la démolition, on trouva les fondations d’une église plus ancienne et moins vaste. Vers 1862, elle a fait place à une autre, bâtie entre les deux bourgs ou quartiers. C’est un édifice où l’on a su concilier le style ogival à bas côtés avec nos galeries basques.



La population, en 1650, était de 500 foyers ; en 1718 de 3 000 habitants et en 1820 de 1 790. — La cure au 18ème siècle était à la nomination de l’évêque, car Ustaritz ayant eu, croyons-nous, des seigneurs particuliers, la présentation à la cure a pu anciennement leur appartenir. Les revenus de la cure consistaient dans la dîme entière de la noble et antique maison de Haïtze, la dîme de toutes les novales, les prémices (3 art.) évaluées 1 500 l., le casuel 300 l., ensemble 1 800 1. avec la charge d’un vicaire 1 600 l. net. 



La fabrique avait une portion de la dîme et une pièce de terre, le tout 110 l. par an. — Il y avait 89 obits d’un rapport annuel de 1 000 l., plus la prébende de Suharsa, fondée le 4 mars 1547, sur une prairie de ce nom située à Villefranque, rapportant net en moyenne 230 l.



La paroisse possédait une confrérie de St-Pierre et de St-Paul "érigée en 1594 avec le bon plaisir de Mgr l’évêque de Bayonne". Nous avons vu ses remarquables statuts dans les registres paroissiaux à la Mairie. — La vieille cloche conservée, croyons-nous, dans la nouvelle église, portait cette inscription gothique : « Faicte je suis pour en ce lieu, Eternel Dieu, te rendre gloire : ainsy soit faicte l’œuvre des mains de tous humains à ta mémoire."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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vendredi 2 juillet 2021

LES PAROISSES DU PAYS BASQUE NORD PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : GUÉTHARY HENDAYE ET URRUGNE EN LABOURD (troisième partie)

 

LES PAROISSES BASQUES PENDANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.


Pendant la Révolution française, le Pays Basque Nord, avec sa frontière avec l'Espagne a connu de nombreux combats et a souffert avec la déportation de milliers d'habitants en 1794.



pays basque autrefois paroisses
LIVRE LES PAROISSES DU PAYS BASQUE
PENDANT LA PERIODE REVOLUTIONNAIRE

DE L'ABBE PIERRE HARISTOY TOME II



Voici ce que publia à ce sujet l'Abbé Haristoy, Curé de Ciboure, en 1899 :



GUETHARY : Guéthary, en basque Getharia, de Guaithari, gardien, ancienne annexe de Bidart fut érigée en commune vers 1633. Ce village devenu aujourd’hui une charmante station balnéaire figure en 1193 dans le cartulaire de Bayonne (f° 18) sous le nom de Cattarie, sous celui de Gattari, dans les Us et coutumes de la mer, et enfin sous le nom de Guattary en 1685. — Les collations du diocèse (1761) l’appellent "Sanctus Nicolaus de Guéthary".



La population en 1650 était de 150 feux ; — en 1718, de 600 hab., et en 1820, de 318. Le curé, qui était à la nomination de l'évêque résidait à Bidart et le vicaire à Guéthary. Le revenu, consistant en dîmes év. 250 l. et le casuel 100 l., était de 350 l. — Il y avait dix obits d’un rapport annuel de 102 l. : Les prébendes étaient celles de N.-D. de Sarrance fondée le 18 mai 1728 ; — d’Ondoritchenea ; de Mendiburunea 14 l. ; — de Lamiguenea (?) N. ; de Harotzarenea N. ; et de Jaureguy N...



Il y avait une confrérie du Saint-Sacrement, dont les statuts très remarquables, furent approuvés par Mgr d’Arche, év. de Bayonne, le 21 décembre 1748 ; dans l’église il y avait deux chapelles, celle de la Vierge à l’extrémité du quartier Haizpurua et celle de N.-D. de Sarrance au quartier de la place.



Les registres paroissiaux de 1718 à 1790 sont signés par Hirigoyen, Carluce, Valcarcel et Etchart, prêtres.



Voici les noms de prêtres, enfants du pays ou qui y furent employés : Etienne Habans, né à Guéthary vers 1682 et vicaire, ibid. ; — Jean d’Oyhanart, né ibid. vers 1675 ; — Jean Carluce, né à Ahetze vers 1680, curé de Guéthary en 1720, décédé en 1739 et remplacé par Martin Boliola de St-Pée, ex-missionnaire. A ce dernier succéda Salvat Etchart, ex-directeur au Séminaire de Larressore en 1742 ; — Pierre de Hiriart, ordonné le 18 mars 1741.



Sur la Révolution, les délibérations municipales ne donnent que quelques notes vagues, relatives au changement de nom de la commune sans donner ce nom, à l’envoi de la cloche de la paroisse à la monnaie de Bayonne, au jugement porté contre Duhalde, ci-devant maire d’Espelette, contre Catherine Darquy de Sare, Gorostarsou, Lalanne, fils de Bayonne, et enfin aux charges et pertes occasionnées par les troupes de l’armée des Pyrénées occidentales. Mais nous savons que Martin Darrigol, curé de la paroisse, malgré son refus de prêter le serment constitutionnel, garda son poste jusqu’au 12 septembre 1792. Estimé de ses paroissiens, on le voit administrer plus ou moins librement les sacrements, présider les opérations électorales, publier à l’église quelques lois et décrets de l’assemblée nationale. Mais, poursuivi comme prêtre insermenté, il finit par demander et obtenir de la municipalité un passeport, s’engageant par écrit à être rendu à Véra (Espagne). C’est le 29 septembre de cette année qu’il prit le chemin de l’exil. A son retour, il fut nommé curé de Bidart et de Guéthary réunis. Le 8 mai 1804, l’abbé Noblia ayant été chargé de la desserte de cette dernière paroisse, M. Darrigol n’eut que la charge de celle de Bidart.



Un registre non inventorié de la mairie de Guéthary nous fait connaître quelques évènements de 1813 et 14, qu’il convient de relater ici. Le 25 octobre 1813, le maire de cette commune "voyant que les efets de l’église risquoit (sic) de ce perdre à cause que les ennemis tendoit de passer en foule, les mit dans des cofres et fit passer à Bayonne d’après en avoir pris un inventaire de la façont qu’il suit, savoir : une crois d’argent, un saint ciboire pour la communion, douze devant d’autel, six chesubles, cinq chapes ou pluviaux, onze garnitures de la croix, un tapis pour la chère, une boitte en bois pour les purificatoires, quatre napes d’autel, haubes trois, deux surpelis, un tapis d’autel, trois pièces de toiles pour les pièces de toiles pour les prosetion, un hamiet, un essumain, deux missels et un graduel, douze chandelles de sire".



Un mémoire en date du 10 novembre 1813 et inscrit dans les délibérations municipales, nous apprend la terreur et la fuite des habitants de Guéthary à cette date : "Cregnent, y était-il dit toujours dans les mêmes style et orthographe, qu’ils (les armées alliées, pour lors nos ennemis) nous fairoit de tort, nous sommes partis presque tous les habitants de la commune à dix heures du soir. Et touts au delà Bayonne, l’un d’un couté, l’autre de l’autre, ensuite ayent compris que nos ennemis étoit tranquille qu’il ne faisoit de tort à persone au bout de trois semoines... a eu de parlementaire ou chaquun lui étoit livre de passer pour revenir chez eux ou sertains étoit passés — Et ce parlementaire avoit lieu tous les quinze jours ou trois semaines. Et insensiblement touts étoit rentrés dans leur foyer, mais la pluspart avoit trouvé leurs maisons brûlées. Et le jour 23 février 1814 c’est-à-dire quatre mois après le départ, les ennemis avoit passé au Boulout (?) Et pour lors touts étoit rentrés chez eus. Et nos ennemis nous ayant poussés jusques au delà de Bordeaux ainsi que au delà de Toulouse, ont traité la paix avec tout le monde et c’étoit après 23 ans de guerre non seulement avec un seul royaume, mais avec touts, étant pour lors sous le règne de Bonaparte, empereur des Français, qui a eu l’honneur de Régner l'espage de 10 ans".


pays basque autrefois religion eglise
EGLISE D'HENDAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



HENDAYE : Hendaye, en basque Handaya (handi-ibaya, grande baie) est mentionné sous le nom de Handaye en 1510 dans les archives de l’Empire (J. 867 n° 7), et en 1565 sous celui de Endaye dans le voyage de Charles IX. Son origine est maritime ; la navigation, la pêche et le commerce attirèrent plusieurs familles dans ce petit coin de terre. Elles voulurent avoir leur église indépendante de celle de Zubernoa. Ciboure leur en avait donné l’exemple. Le territoire appartenait à la commune d’Urrugne. Après mille démarches faites auprès de l’évêque, du seigneur d’Urthubie, seigneur du lieu (d’Urrugne), de l’abbé Congédier ou de la Congerie, curé d’Urrugne, et de la municipalité de cette dernière commune, on finit par obtenir l'autorisation de bâtir une petite chapelle en 1598. Les Hendayais la firent grande, pour l’époque, et la décorèrent, à ses deux portes d’entrée, des armoiries de France et de Navarre, où on les voit encore, quoique martelées à la Révolution.



On la dédia à saint Vincent, évêque de Dax, mais bientôt à l’exemple des Ciburutars, on choisit pour patron saint Vincent, diacre de Huesca.



En 1644, Mgr d’Olce, évêque de Bayonne, approuva une confrérie de pêcheurs, croyons-nous, établie par l’abbé Berrogain, vicaire. Le même prélat érigea la chapelle en paroisse, vers 1646. Le périmètre de la nouvelle paroisse, qui était loin d’arriver jusqu’à l’antique manoir d’Iranda était très restreint, mais bien peuplé. Il ne tarda pas à devenir un bourg renommé par ses eaux-de-vie, par son commerce et enfin par ses marins. Aussi ses habitants voulurent-ils reculer les limites étroites de leur petit coin de terre.



Par une convention passée avec la communauté d’Urrugne — convention dont le titre a disparu — ils obtinrent un élargissement de territoire. Des bornes indicatrices portant d’un côté la lettre U et de l’autre H furent plantées suivant une ligne régulière. Mais par suite de difficultés de partage des terrains communaux, etc., la convention resta lettre morte. De nos jours, l’administration départementale a fait valoir en faveur des Hendayais l’ancienne ligne de bornage.



La population de Hendaye était en 1650 de 300 foyers ; en 1730, de 1 375 habitants et en 1820, de 332, — La cure était à la présentation du vicomte d’Urthubie. Ses revenus au 18e siècle consistaient en une portion de la dîme et des prémices évaluées 180 l., en une somme de 120 l. fournie par la population, dans le casuel et offrandes 300 l., net 600 l. — La fabrique jouissait d’un revenu de 90 l. Les obits et matines au nombre de 46 rapportaient annuellement 400 l.



Il y avait une chapelle dans le fort qui, de nos jours, vient de disparaître pour faire place à un lieu de promenade ou square. Placé à l’extrémité de la rivière de la Bidassoa, il s’élevait en face du fort célèbre de Fontarabie. Il était défendu par une compagnie de vétérans, qui y tenait garnison. Le service religieux, comme celui du fort de Socoa, était confié aux Pères Récollets de Ciboure, dont l’un portait le titre d'aumônier.



Vicaires chapelains et curés connus de Hendaye... vers 1640 Berrogain, vicaire.... 1660 Garat, curé ; — 1704-1711 Pierre d’Urrutie ; — 1711-1737 Charles d’Arquie ; — 1737-1743 Jean Durruty, né à Ciboure ; — 1743-1760 Jean Harosteguy ; — 1761-1768 Pierre d’Olbabarats ; — 1768-1792 Dominique Galbarret (voir plus bas) ; — 1802-1812 le même ; — 1812-1847 Jean Dop, né à Sare le 4 décembre 1767 ; — 1848-1867 Pierre Laffitte ; — 1867-1884 Alphonse Durruty, enfant du pays ; — 1884-1886 Prosper St-Martin, de Villefranque ; — 1886-1892 François Heguy, d’Ustaritz ; — 1892-1895 J.-B. Larronde, de Souraide ; — 1895.... Pierre Sagardoy, de Lacarre.



Prêtres originaires de la paroisse : François Laparqué, né vers 1680 ; — Martin d’Irube, né vers 1687 ; — Pierre Guebarre, né en 1677 ordonné en 1700 ; "bon prêtre et homme de talent" nous dit un registre de l’évêché. Il ne quitta guère le pays natal. — Jean-Baptiste de Monix, fils de Jean de M. et de Gracieuse de Carrel, fit ses études à Paris et y reçut les ordres, prêtre en mai 1740 ; — Dominique Lissardy, fils d’André L. et de Marie Durants, ordonné à Dax en 1741, vicaire d’Urrugne en 1742 ; — Pierre Fauga, prêtre le 4 juin 1746 ; — Pierre-Vincent Camprand, né en 1765 (voir plus bas) ; — Jean Romatet (voir plus bas).



La Révolution trouva à la tête de la paroisse Dominique Galbarret, né à Hendaye le 31 mai 1735, de Martin G. et de Gracieuse Darancette et ordonné le 7 juin 1757. Il se refusa à publier le mandement de Sanadon et à prêter le serment civique. Il n’hésita pas à fulminer l’interdit, au nom de l’évêque légitime de Bayonne, à M. Cauteranne, ex-récollet de Ciboure, qui, d’aumônier du fort de Hendaye, était devenu curé constitutionnel de la paroisse. C’était la fin du mois de mars 1791. L’ex-religieux fut remplacé par un plus misérable, l'abbé Dithurbide, ex-curé constitutionnel de Ciboure, que nous voyons figurer dans l’état du nouveau clergé du district d’Ustaritz du mois d’avril 1792 et 93, en attendant qu’après avoir abdiqué, il devînt employé aux hôpitaux de l’armée des Pyrénées Occidentales. Quant à l’abbé Galbarret, il quitta Hendaye au mois de septembre 1791 ; mais un pied à Fontarabie, l’autre au milieu de ses chères ouailles, il leur administra les sacrements en cachette. A l'ouverture des églises, il reprit sa cure, où il mourut le 27 mars 1812.



Pierre Vincent Camprand, né à Hendaye le 21 avril 1765, et vicaire de l’abbé Galbarret, imita l’exemple de son digne curé. Il déclara à la municipalité qu’il était prêt à verser son sang plutôt qu'à reconnaître, d’autre évoque que l'ancien. Après avoir refusé le serment schismatique, il émigra aussi en Espagne. Nous aimons à croire qu’il ne s’éloigna guère, ni de son curé, ni de sa paroisse natale. Il mourut curé d’Arbonne le 17 mars 1829.



L’abbé Jean Romatet, dont nous avons dit un mot, en parlant des confrères de l’abbé Darralde, curé de la cathédrale de Bayonne, était de Hendaye. Il naquit, le 18 juin 1748, de Pre R. et de Françoise d’Accarette. Condisciple de l’abbé Behola de St-Pée, il fit en partie ses études à Paris ; il rentra au diocèse pour ses dernières années de théologie. L'abbé Romatet à peine diacre constata et dénonça, à Mgr d’Arche, évêque de Bayonne, la doctrine janséniste, que les Pères de la Doctrine, professeurs du grand séminaire, enseignaient à leurs élèves. Le fondé de l’accusation ayant été reconnu par l’évêque, l’enseignement et la direction des jeunes lévites du sanctuaire furent confiés à M. Baguerre, fondateur de Larressore.



L’abbé Romatet ordonné prêtre à Oloron, fin mars 1774, sous titre de bénéfice, devint vicaire de la cathédrale. La Révolution l’y trouva fidèle à sa conscience. Ne voulant pas se déshonorer par l’apostasie, il émigra en Angleterre, où il s’appliqua à l’étude de l’anglais, qu’il vint ensuite enseigner à Bayonne à l'Institution de M. Meillan. Il y mourut prêtre habitué, avec la réputation d’un saint.



La Révolution enleva de l’église de Hendaye, entre autres choses, 1 croix d’argent, dont les pièces pesèrent 24m , 6o, 12d ; 2 lampes pesant 6m 3o 12d ; 1 encensoir pesant 5m 2o ; 1 plaque d’argent pesant 6m 12o.



Hendaye avec son église fut incendié en 1793. Le général espagnol don Ventura Caro commença par faire sauter le fort le 23 avril. Il y trouva un canon de fer de 30, cinq de 24, six de 18, quelques mortiers de 12 pouces ainsi qu’une assez grande quantité de munitions. Les chasseurs Basques étaient alors concentrés sur les frontières de la Basse-Navarre.



A la nouvelle de la prise du fort et de l’incendie du bourg, furieux, ils prirent les armes et vinrent exercer des représailles sur Fontarabie. Les généraux français, sans s’opposer à la fougue de nos intrépides basques, les accompagnèrent avec troupes nombreuses. Les espagnols furent chassés au-delà de la frontière de la Bidassoa. Mais nos basques durent se contenter de voir sauter les remparts de Fontarabie du côté de la France, sans détruire la ville. — Quant à Hendaye, il y a à peine quelques années qu’elle a commencé à se relever de ses ruines. Son église incendiée ne put être rendue au culte qu’en 1807. Jusqu’alors le service religieux se fit dans une chapelle provisoire.



Parmi les maisons qui, à Hendaye, servirent de lieu de refuge aux confesseurs de la foi, il faut citer celle de la famille Durruty. Depuis elle a fourni un de ses enfants à la cure de la paroisse. Les fidèles étaient sûrs de trouver dans cette maison hospitalière des prêtres fidèles et surtout un capucin du nom de Père Félix. C’est en se retirant de chez elle qu’on arrêta Gachina-Chume, de Ciboure qui, sans l’intervention bienveillante de la municipalité de sa commune, aurait subi le sort de Madeleine Larralde et de tant d’autres.



Hendaye, devenue gare internationale entre la France et l’Espagne, a aujourd’hui avec le hameau de Zubernoa une population d’environ 2 500 hab. Avec sa belle plage — quoique un peu éloignée, — ses hôtels, ses chalets, elle a acquis une importance qui croîtra dans la proportion des bonnes relations entre les deux nations. Puisse-t-elle toujours rester Eskualdun et conserver les traditions chrétiennes et la langue de ses fondateurs !



pays basque autrefois religion eglise
EGLISE D'URRUGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


URRUGNE : Urrugne, en basque Urruña. — La belle paroisse d’Urrugne est une des plus anciennes du diocèse. Le vicomte de Labourd Fortun Sauz et son frère, Loup Sanz, dont le nom rappelle le compagnon favori de Louis-le-Débonnaire, possédaient la cathédrale de Bayonne avec les biens et droits en dépendant, les églises de St-Jean-de-Luz et d’Urrugne, etc. C’était le temps où le pouvoir laïque s’était emparé du temporel clérical et des églises. Plusieurs seigneurs labourdins, vassaux du vicomte, jouissaient aussi des chapellenies ou autels (altaria) de leur village et portaient le titre d’Abbadia, d’Apat, etc. Un des fils du vicomte Fortun Sanz, du nom de Ramire, se consacra aux autels, vers 1085. C’est à cette occasion que le vicomte labourdin restitua l’église d’Urrugne à la cathédrale, ainsi que nous l’apprend un acte du Livre d’or.



L’église porte le nom de "Sanctus Vincentius de Urruin", vers 1140, de Villa Urrungia au 12e s., Orroina en 1225 (cart. de Bayonne f os 8 et 9), d’Urruyne en 1842 (rôles gascons), d’Urruinhe (col. Duch. vol. cv. f° 287, d’Urruihne en 1550 (charte de Labourd E, 426), etc.



L’ancienne église a disparu : on n’en trouve aucun vestige, sinon peut-être quelques sculptures eu relief incrustées à la porte méridionale. L’actuelle, agrandie du côté du clocher et élargie, est un grand vaisseau, qui paraît remonter au 16e siècle. En fait d’antiquités, on n’y trouve qu’un bénitier ouvert et ajouré, et la porte des cagots. Le clocher en style gréco-romain est connu par l’inscription qui entoure l’horloge : Vulnerant omnes, ultima necat. (Chaque heure blesse, la dernière tue) et qu’en style chrétien, nous aimerions à remplacer par cette autre : Chaque heure nous rapproche, la dernière nous unit. L’ancien retable a été remplacé, de nos jours, par un nouveau, en style gothique fort élégant et de très bon goût."




pays basque autrefois eglise
CLOCHER DE L'EGLISE D'URRUGNE
PAYS BASQUE D'ANTAN




A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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