LA PROTECTION DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN MARS 1893
LA PROTECTION DE BAYONNE EN 1893.
En 1893, la ville de Bayonne compte environ 27 000 habitants et son Maire est Léo Pouzac.
CHÂTEAU NEUF BAYONNE 1893 PAR F CORREGES
PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici ce que rapporta le journal Le Temps, dans plusieurs éditions :
le 1er mars 1893 :
"Le maire de Bayonne a annoncé au conseil municipal de cette ville que le ministre de la guerre fait étudier un projet de démolition de l’enceinte, qui devrait être portée plus avant.
Bayonne est, en effet, fort étroitement resserré dans l’enceinte de la rive gauche de l’Adour. La Nive divise la ville en deux parties. A l’est, l’enceinte s'appuie à cette rivière et au fleuve, couverte, à près d’un kilomètre en avant, par une ligne de retranchements dits de Mousserolles. Sur la rive gauche de la Nive, le front bastionné est plus étendu ; il est couvert, à l’ouest, à un kilométre, par le petit vallon de l’Aritzague. A une demi-lieue au sud, une étroite crête comprise entre l’Aritzague et la Nive est défendue par les retranchements de Marrac.
Le développement incessant de Bayonne oblige la population à s’étendre au delà de l’enceinte, entre celle-ci et les retranchements ou sur la rive droite de l’Adour, dans le faubourg de Saint-Esprit, que commande la citadelle. Les constructions élevées en avant du front bastionné ont, naturellement, pour effet de rendre presque illusoire la protection de l’enceinte. C’est pourquoi le ministre a demandé d’étudier le déplacement de celle-ci. A en juger par la carte, la nouvelle enceinte devrait englober une partie de Saint-Pierre d’Irube pour se relier aux retranchements de Marrac et avoir ensuite pour fossé le vallon de l'Aritzague. Ce tracé quadruplerait l’étendue de la ville.
PORTE DE FRANCE BAYONNE 1893 PAR F CORREGES
PAYS BASQUE D'ANTAN
Il est probable que le projet annoncé au conseil municipal de Bayonne se rattache à la construction des forts détachés qui doivent protéger la place du côté de l’Espagne. L’un doit être établi a la Négresse, au sud-ouest de Biarritz, à l’endroit où là route d’Hendaye franchit le chemin de fer ; un autre, entre la Négresse et la Nive, à Bassussarry ; enfin un troisième entre la Nive et l'Adour, à Horlopo, sur la route de Saint-Jean-Pied-de-Port. Ces ouvrages seront à six ou sept kilomètre» de l’enceinte actuelle.
Bayonne doit être en outre protégée, au sud-est par d’importants ouvrages qui fermeront les routes d'Espagne, à Cambo et Saint-Jean-Pied-de-Port. Cette ville deviendra alors le centre d’un vaste et puissant camp retranché qui fermera complètement l’accès de notre frontière du sud-ouest."
PLACE MONTAUT BAYONNE 1893 PAR F CORREGES
PAYS BASQUE D'ANTAN
le 5 mars 1893 :
"Comment le camp retranché de Bayonne peut être tourné.
A propos du projet de démolition de l'enceinte de Bayonne, un de nos correspondants nous signale la route qui traverse la chaîne centrale au col d'Urdos ou du Somport.
Cette route, carrossable mais accessible seulement d'avril à novembre à cause de l'encombrement par les neiges en hiver, sera sans doute doublée plus tard d'une voie ferrée qui traversera la chaîne sous un tunnel. Les travaux de piquetage de la voie et du tracé du tunnel ont même été exécutés.
TUNNEL DU SOMPORT
BEARN D'ANTAN
Actuellement, le seul barrage de cette route n'est constitué, du côté français, que par le fort d'Urdos ou de Portalet, taillé en plein roc dans un étranglement où passent à la fois la route du Somport et le gave d'Aspe.
En outre, des travaux exécutés depuis quelques années permettent d'arriver par une bonne route jusqu'au sommet de la montagne. De là, on pourra battre l'entrée du futur tunnel, distante de cinq ou six kilomètres à vol d'oiseau.
Mais tout cet ensemble de défenses du passage de Portalet peut être évité en suivant deux sentiers muletiers venant d'Espagne et passant, à l'ouest, l'un par le col d'Echo, l'autre par le col d'Anso, ce dernier formant une bonne route muletière où des pièces pourraient parfaitement être transportées à dos de mulets. Comme, d'autre part, ces deux chemins viennent se réunir à peu de distance l'un de l'autre, mais très au nord du fort d'Urdos, c'est-à-dire absolument en dehors de la portée de ses canons, ce barrage du val d'Aspe pourrait parfaitement être tourné ; le rôle du camp retranché de Bayonne et des défenses des Aldudes serait, par suite, singulièrement diminué.
PORTALET 1911
BEARN D 'ANTAN
La France n'aura jamais un grand danger à courir sur cette frontière ; il semble cependant qu'il conviendrait, puisqu'un fort français se trouve dans cette situation précaire, sinon d'édifier de nouvelles défenses plus au nord des points où les chemins muletiers d'Echo et d'Anso rejoignent la route de France, du moins de prévoir leur construction rapide par les habitants en temps de guerre et, dans ce but, de prescrire certaines études préliminaires en vue de déterminer exactement les positions les plus favorables pour parer à l'inconvénient signalé plus haut.
SOMPORT
BEARN D'ANTAN
Les Espagnols n'ont pas attendu pour défendre de ce côté l'accès de leur pays : ils ont élevé leur fort, dit des Ladrones ou de San Antonio, qui bat les lacets du col d'Urdos, à 2 kilomètres ; mais on ne peut y accéder que par la route en venant de France ; ces ouvrages ont été construits de 1885 à 1889. Deux tours avec fossés secs défendent encore la route entre le fort des Ladrones et le village de Canfranc, à 25 kilomètres ; plus loin, la place forte de Iacca, avec une garnison permanente, sert de réduit à la défense de la haute vallée de l'Aragon."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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