SUR LES CHEMINS DE SAINT-JACQUES DE COMPOSTELLE.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle a été créé et instauré au début du 9ème siècle.
Le pèlerinage de Compostelle est un pèlerinage catholique dont le but est d'atteindre
le tombeau attribué à l'apôtre Saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de
Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice, en Espagne.
Deux itinéraires passent par le Pays Basque.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque,
le 25 février 1938, sous la plume de René Cuzacq :
"Un célèbre pèlerinage du Moyen-Age.
Sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
Après le "Guide du Pèlerin", du XIIe siècle, citons encore d'autres pèlerins connus. Dans la première moitié du 15e siècle, le seigneur de Caumont quitta le pays garonnais pour Sauveterre, Saint-Palais, Ostabat, vers Saint-Jacques. De Saint-Jean-Pied-de-Port, il gagna Roncevaux, par le "Capeyron Rouge".
En 1451, Bayonne est française : c'est vers elle et Béhobie-Biriatou, que se déplace la route d'Espagne, dont elle devient la grande étape jusqu'aux chemins de fer. D'autant plus que Madrid surgit, capitale nouvelle de l'Espagne, au 16e siècle. Peu à peu, Saint-Jacques le Baron va devenir aussi Monsieur Saint-Jacques ou Monseigneur Saint-Jacques.
Bayonne est maintenant sur la route des pèlerins, de nombreux itinéraires secondaires recoupant d'ailleurs l'itinéraire principal. Cà et là, à cause de la "peste", le corps de ville ferme les portes de Bayonne, et nos pèlerins passent l'Adour en barque ; on trouvera diverses mentions dans notre "Bayonne sous l'ancien régime". Cà et là, encore la coquille de Saint-Jacques lève une moisson de souvenirs.
La "Nouvelle guide des chemins", en 1584, nous montre les grands itinéraires, qui ne sont absolument rigides. Roncevaux est délaissé pour Bayonne. L'on arrive par Bordeaux et les grandes Landes. Mais il continuait d'exister au pays des Landes ou en Béarn, ces nombreux itinéraires secondaires. L'hôpital Saint-Blaise est bien connu. En 1541, est cité l'hôpital Saint-Esprit-les-Dax, aux portes de la cité dacquoise.
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| GUIDE DU PELERIN DE SAINT-JACQUES-DE-COMPOSTELLE DE JEANNE VIELLIARD |
Le langage gascon parlait toujours des "sens-jacaïres" ou "coquillards". Cà et là, se survivent les confréries de Saint-Jacques, destinées à aider les pèlerins. Rappelons, du moins, comment la "Nouvelle guide" de 1584, vante les "tranche-plumes" ou couteaux de Bayonne, avec nos armes célèbres d'alors.
Le 17e siècle voit s'accentuer le déclin progressif du pèlerinage ; à partir de Louis XIV, la royauté se montre très hostile à ces pèlerins errants et aux abus du pèlerinage espagnol. Ce n'est plus simplement de passeport qu'il s'agit mais encore d'interdiction pure et simple. Malgré tout, jusqu'à 1789 et aux guerres de la Révolution et de l'Empire, des pèlerins de Saint-Jacques sillonnèrent encore nos routes. Tous étaient loin d'ailleurs d'être édifiants ! Et l'accueil variait à l'infini.
Nous avons deux preuves pour le 18e siècle. En 1890, M. de Bonnault d'Houeët a publié le pèlerinage du paysan picard, Manier, accompli en 1726, mis par écrit en 1736. Le récit est pittoresque. Le "change de monnaie" qui doit se faire dans nos régions apparaît comme une grosse difficulté. Les Landes apparaissent comme le "pays le plus ennuyeux du monde" avec le trou creusé au pied du pin, la résine bouillie dans des chaudrons, les étranges échasses, la chandelle de résine. Le voyage a lieu en octobre, car la contrée landaise change d'aspect entre l'été torride et ses grosses mouches, ou l'hiver et son abondance aquatique. A Dax, après le Sabla (nom sablonneux de Sablar) voici la fontaine bouillante, source sans fond ; les trois bains, le pont, l'abondance des genêts jaunes vers le sud. Le pain blanc remplace le pain de sarrasin, entendons de seigle.
A Bayonne, notre pèlerin va en vain demander l'aumône chez la reine espagnole exilée, Marie-Anne de Neubourg ; à Saint-Jean-de-Luz, quel beau spectacle que la construction d'un vaisseau neuf, ou la mer contre la digue.
"Dans le pays, des hommes portent des bonnets d'étoffe de couleur, comme les Savoyards ou les bedeaux et serviteurs d'église. Les femmes, au lieu du chapeau, ont des mantilles noires sur la tête."



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