samedi 24 juin 2017

LE TERRAIN DE POLO DE BEYRIS A BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


LE TERRAIN  DU POLO DE BEYRIS A EU PLUSIEURS VIES.

Dans les années 1920, la commune de Bayonne se dote d'un terrain de polo, qui est le lieu de rendez-vous de l'aristocratie Française et étrangère en villégiature sur la Côte Basque.

Le terrain de polo de Beyris est tristement connu pour avoir été, de 1939 à 1947, un camp 

d'"hébergement", puis de détention de prisonniers et de détenus politiques.

Cependant, sa première vie a été sportive puisqu'on y a joué au polo pendant 13 ans.


Le polo est un sport d'équipe équestre mettant aux prises deux équipes de quatre joueurs. Les 

joueurs attelés sur leurs montures marquent des points par la conduite d'une petite boule en 

plastique ou en bois blanc dans le but de l'équipe adverse à l'aide d'un maillet à long manche. 

Le sport traditionnel se joiue sur un large terrain à gazon mesurant jusqu'à 300 mètres de long.

On peut suivre au fil du temps l'évolution du terrain du polo, au travers des articles de la 

presse locale, nationale et internationale :

  • Le 20 juillet 1923, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque :

"La saison aux terrains de Beyris Le Polo, dont nous signalions hier la belle installation sur les terrains situés au Beyris, à mi-chemin entre Biarritz et Bayonne, verra le début de ses matches en août prochain. Nous lisons à ce sujet dans les colonnes de notre excellent confrère dans le New-York Hérald : "Avec le concours actif d'un certain nombre de sportsmen américains l'organisation du Biarritz Polo-Club a été mise au point sous la présidence d'honneur du roi Alphonse XIII. Un site admirablement situé pour ce sport a été choisi à mi-chemin entre Biarritz et Bayonne et les travaux ont été entrepris pour le pavillon, les écuries et le quartier des grooms. Le terrain de pratique sera ouvert le 1er août et le grand terrain dans les premiers jours de septembre, jusqu'au 10 novembre. Le capitaine P.A. Gill du Ranelagh Club a été choisi comme directeur et il est bien qualifié pour mettre au point les méthodes adoptées avec tant de succès en Angleterre.

Souscriptions américaines : les souscriptions atteignent déjà un total de 270 000 francs. Cette somme est suffisante pour la préparation du terrain. M. F. U. Prince Jr, fils du maître d'équipage du fameux parc de Pau et M. Sam Parle, qui a établi sa résidence à Biarritz figurent parmi ceux qui ont contribué au fond pour 10 000 francs. M. Roy Mac Williams, vice-consul des Etats-Unis d'Amérique à Biarritz, M. Mortimer L. Schiff, M. F.J. Gould, M. A.-J. Dreyel, Ct M. D.C. Malcolm ont souscrit pour 5000 francs chacun.

Pour le moment, les joueurs seront appelés à fournir leurs propres poneys, mais il est dans les intentions du Club d'approvisionner éventuellement le Polo d'un certain nombre de montures pour les visiteurs qui jugeraient impossible d'envoyer leurs chevaux à Biarritz, lorsqu'ils désireront venir pour une courte saison de polo. Les écuries comprendront des aménagements pour cent poneys. Il y aura le quartier des grooms avec chambres, restaurant, etc... Le terrain a été concédé pour trente années aux conditions de 1 franc pour chacune des trois premières années et de 7000 francs l'année suivante. 

Le site où se place le Polo est d'accès facile en tramway ou en automobile et il est voisin de la ligne de chemin de fer de Paris à Madrid. Le prochain événement de la première saison sera un tournoi international en septembre et l'on va tenter de choisir une entrée américaine pour cette saison. Lady Michelham a offert un trophée en mémoire d'Arthur Capel, un joueur fameux de polo, en Angleterre, qui fut tué dans un accident d'automobile."


pays basque autrefois
LE POLO BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


pays basque avant
LE POLO BAYONNE-BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


pays basque avant
LE POLO BAYONNE-BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque avant

LE POLO BAYONNE-BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


pays basque avant
LE POLO BAYONNE-BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque avant
LE POLO BAYONNE-BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



pays basque avant
LE POLO BAYONNE-BIARRITZ 
PAYS BASQUE D'ANTAN




  • Le 16 septembre 1923, dans le Figaro :

"Malgré la concurrence du Tournoi International de Tennis un public nombreux et élégant a assisté au dernier match de polo sur le Ground de Beyris. L'équipe bleue a battu l'équipe blanche par 7 buts à 5. Les équipes étaient ainsi composées : Equipe blanche M. H. Pulltzer, marquis de San Miguel, major Colmore, lord Winborne. Equipe bleue : M. Etienne Bulsun, marquis de Sun dAirlian, cpatain F.A. Gill, M lloyd Thomas."



  • Le 29 septembre 1923, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque :

"Au Polo de Biarritz, Handicap Tournament. Le camp bleu gagne par 10 goals à 6. Le soleil a ramené les fervents du Polo, dont le nombre va toujours croissant, sur le magnifique "ground" de Beyris. Les affiches ont porté leur fruit : bancs et chaises disparaissaient sous une longue file de complets et de robes claires surmontés d'un véritable toit d'ombrelles de toutes les couleurs. La coupe offerte par Mme de Gainza, mise en compétition entre trois teams, ne fut pas disputée cette fois-ci en raison de l'absence de M. Churchill. Cette partie ne comptait pour aucune coupe et mettait en présence les deux teams....La partie ne commença que vers 5 heures. Elle fut chaudement disputée, mais ne donna pas une impression de fougue et d'ardeur comme l'entraînement d'hier : la différence de dimensions des deux grounds, de pratique et d'entraînement en est la cause..."


  • Le 12 août 1924, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque :

"C'est un sport mondain, mais c'est un très beau sport avant tout. La saison de Polo vient de s'ouvrir. Déjà ont eu lieu de très nombreuses séances d'entraînement. Au cours de l'une d'elles, fort intéressante, je me suis trouvé un moment avec le Président du Club. L'occasion était trop bonne pour n'en point profiter, et le journaliste dominant le sportman, je l'interviewai.  - Le Club de Polo, me dit-il, a deux aspects : l'un mondain, l'autre sportif. Je veux ignorer le point de vue mondain pour me placer sans cesse, exclusivement au point de vue sportif. C'est d'ailleurs, le plus important et le plus nécessaire. Nous avons ici, vous le savez, un terrain excellent, admirablement aménagé, qui possède un très grand avantage : celui de pouvoir être arrosé tous les jours, et de n'être ainsi jamais trop dur pour les pieds des chevaux. Mais comme pendant la saison des pluies, ce terrain serait trop mouillé, nous en aurons un autre, si bien placé qu'on pourra y jouer de la fin d'octobre à la fin du printemps...

Ce terrain, nous l'avons acquis avec nos fonds personnels, sans qu'aucune aide appréciable nous ait été apportée, et nous avons grand besoin d'argent. Songez que nous avons 250 000 francs de travaux de nivellement et d'aplatissement, 60 000 d'arrosage, 40 000 pour le Pavillon, 15 000 francs de matériel, etc...Grâce à la plus stricte économie et une surveillance très serrée des finances, nous n'avons à enregistrer, et sans en rougir, car nous avons fait plus que notre devoir, qu'un déficit minime. Il eut été d'ailleurs beaucoup plus important, si le public n'était pas venu l'an dernier et cette année, jusqu'à présent, aussi nombreux - nous avons fait aux portes plus de 40 000 francs de recettes. Cette affluence populaire nous permet de dire que notre Polo de Beyris est le seul polo de France où le vrai public sportif s'intéresse au jeu et non à la parade mondaine dont, trop souvent, il est le prétexte...

C'est pourquoi, cette année, nous avons eu l'idée d'annexer aux places à 2 francs, des enceintes à 5 francs, pour ne point blesser certaines susceptibilités, certaines présomptions, et permettre à certaines personnes de se retrouver entre gens de même milieu...

Les joueurs sont d'ailleurs gens extraordinaires. Ils n'hésiteront pas à payer de 4 à 600 livres sterlings pour un poney, mais si vous leur demandez 300 ou 350 francs pour un box, ils poussent de hauts cris. Cette mentalité spéciale des joueurs est fort curieuse, car ils font l'impossible pour dépenser d'un côté fort peu et de l'autre jeter l'argent avec trop de facilité. C'est pour ménager cette tendance que nous avons réduit au minimum tous les frais. La cotisation est de 300 francs, la location d'un box 250 francs, nourriture du cheval : 8 francs 25 par jour; les hommes sont fort bien logés pour 5 francs par jour et nourris à 15 francs par jour. Ce qui totalise près de 35 francs. 

La cotisation est de 300 francs, la location d’un boxe 250 francs, nourriture du cheval : 8 f. 25 par jour ; les hommes sont fort bien logés pour 5 francs par jour et nourris à 15 francs par jour. Ce qui totalise près de 35 francs par jour. Pour les chevaux et les boys, tout est remarquablement organisé, marche militairement, et les garçons, dont le messroom est très bien organisé, sont surpris de la perfection atteinte dans nos services. Cette immodestie pourrait sembler, de ma part., quelque peu exagérée, si je ne vous disais que des choses fort contrôlables. D’ailleurs, il est un fait certain, c’est que plus les chevaux et les hommes sont bien soignés, plus leur patron est content. Rien ne manque à notre installation, ni sellerie, ni hangars à fourrages. Il y a également un excellent terrain d’entraînement, et notre pavillon est aménagé au mieux des besoins et des intérêts des joueurs. ...

  • le 26 septembre 1926 dans le Figaro : on apprend que le roi d'Espagne Alphonse XIII a pris 
part à une partie de polo.

  • Le 16 mai 1928, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque :

On y apprend qu'une partie de polo va être organisée au profit des sinistrés de l'incendie du 

Helder à Biarritz et la veuve du wattman, vicitme de l'accident du B.AB.


  • En 1928, on commence à jouer au polo à Pâques également et pas seulement l'été.

  • En 1930, des parties de polo sont organisées contre des Argentins.

  • En 1935, on joue aussi à Pentecôte et au côté des mondains, on y voit le Prince de Galles.

  • Le 9 octobre 1935, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque : 
On y apprend que le propriétaire du terrain de Polo M Balzan veut vendre le terrain à la ville 

de Bayonne. On parle d'y construire un Collège de jeunes filles.

  • Ensuite, après l'achat de ce terrain par la ville, la construction de ce Collège ne se faisant 
pas, la presse continue à parler de parties de polo , et même de cricket en 1937.

  • En 1937 et 1938, le polo n'apparaît plus mais il y a désormais, à Beyris,  des galas 
hippiques.

  • Enfin, le 7 février 1939, dans la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays Basque : on 
parle pour la première fois du camp d'hébergement du Polo pour les réfugiés Républicains.

Mais, je vous parlerai de l'histoire de ce camp dans un autre article.



Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans cet article.


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