CARTES POSTALES , PHOTOS ET VIDEOS ANCIENNES DU PAYS BASQUE. Entre 1800 et 1980 environ.
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dimanche 5 avril 2026
jeudi 23 octobre 2025
LA LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES EN 1938 ET 1939
LA LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES.
C'est le 16 décembre 1938, qu'est fondée, à Paris, La Ligue Internationale des amis des Basques (LIAB).
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| LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES |
L'objectif principal de cette association est de soutenir les dizaines de milliers de Basques exilés
durant le franquisme, dans le monde entier, en créant des sections dans différents pays, mais aussi
d'être un puissant relais international pour le gouvernement d'Euzkadi.
En février 1939, il est décidé que La section Française de la Ligue sera composée de deux comités
réunis par un secrétariat commun sous le commandement du député démocrate-chrétien Ernest
Pezet :
- le Comité de secours aux Basques présidé par Mgr Clément Mathieu : c'est un Comité
humanitaire d'aide matérielle aux réfugiés ;
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| MONSEIGNEUR CLEMENT MATHIEU EVÊQUE D'AIRE ET DE DAX DE 1930 A 1963 |
- le Comité des Intérêts généraux d'Euzkadi présidé par François Mauriac.
Les objectifs du Comité de secours aux Basques sont :
— de regrouper tous les sympathisants et amis des Basques dans le monde entier ;
— d'organiser la création de Comités locaux pour aider les Basques exilés ;
— d'organiser des bourses de travail, des offices d'information industrielle pour les Basques qui désirent travailler, chercher des capitaux, ou s'établir ;
— d'organiser un Comité spécial en faveur des prisonniers basques et en faciliter l'échange, travailler à la suppression des persécutions, etc... établir des contacts dans ce but auprès de divers groupements, ambassades, etc... ou encore avec d'autres personnalités qui, sous une forme ou une autre, peuvent coopérer à cette oeuvre humanitaire, comme aussi avec le Saint-Siège et la Croix Rouge Internationale ;
— le même Comité spécial décrit dans le paragraphe précédent devra aussi se charger du problème de la reconstitution familiale qui aura pour but particulièrement de rassembler les enfants avec leurs parents, les épouses avec leurs maris, et en général de s'occuper d'adoucir les tragiques circonstances par lesquelles passent actuellement les familles basques ;
— de promouvoir la création de refuges pour les enfants, qui, ne pouvant pas être à côté de leurs parents, ou qui sont orphelins, sont actuellement dans une situation de détresse.
Les objectifs du Comité des Intérêts généraux d'Euzkadi sont :
— d'organiser un Centre d'informations qui recueille et fasse connaître les problèmes historiques et actuels d'Euzkadi ; ce Centre serait chargé de procurer aux Ambassades et aux Agents Diplomatiques de divers pays tous les renseignements concernant les Basques et leurs problèmes ; ses portes seraient ouvertes aux journalistes, historiens, ethnologues et autres écrivains qui voudraient s'occuper de la question basque ;
— de suivre de près l'évolution politique de la situation d'Euzkadi, afin d'étudier et de suggérer au moment propice en particulier à l'heure de la paix, les solutions susceptibles de sauvegarder, dans la Constitution du futur régime de la Péninsule Ibérique et de ses relations avec Euzkadi, les principes de justice et d'humanité, qui respecteront les libertés et les droits de la tradition sociale, politique et religieuse du peuple basque ;
— de faire mieux connaître les institutions et les caractéristiques du peuple basque, en particulier sa langue, sa musique, ses danses, sa peinture, etc... ;
— de coopérer de la manière la plus efficace à l'économie basque sur le plan international et d'organiser l'économie des basques exilés.
La Ligue a eu une grande importance en tant que porte-parole de la politique étrangère du Gouvernement Basque en exil, diffusant dans le monde entier les problèmes rencontrés par le pendant la guerre civile.
La Ligue est entrée dans l'histoire comme l'organisation étrangère la plus consolidée et la plus prestigieuse pour l'aide et le soutien du peuple Basque.
Voici ce que rapporta au sujet de la Ligue le journal La Jeune République, le 12 mars 1939 :
"Les Amis des Basques.
Eusko Deya, l'organe des Basques à Paris, annonce en ces termes la fondation d'une Ligue internationale des amis des Basques :
Il y a quelques jours a été constituée la Section française de la Ligue internationale des Amis des Basques, destinée à grouper les amis qu'ont les Basques dans le monde entier.
La Section française se compose de deux Comités, l'un intitulé de "Secours aux Basques", sous la présidence effective de Son Eminence le Cardinal Verdier, archevêque de Paris. Il a pour but d'aider le peuple basque en exil, de regrouper les familles dispersées, secourir les orphelins, et intervenir en faveur des prisonniers, en améliorant leur situation et en facilitant leur échange. L'autre Comité, intitulé "d'Intérêts généraux d'Euzkadi", est présidé par M. François Mauriac, de l'Académie française. Les buts que poursuit ce groupe sont : organiser un centre d'informations pour répandre la connaissance de la culture du peuple basque, intervenir en faveur de la reconnaissance des libertés traditionnelles d'Euzkadi, aider à l'instauration d'une économie des Basques en exil, et enfin coopérer à la restauration de l'économie d'Euzkadi.
Parmi les personnalités qui jusqu'à présent ont adhéré à la Section française de la Ligue figurent, en plus de celles déjà citées : M. Herriot, président de la Chambre des députés ; M. A. Champetier de Ribes, ministre des Pensions ; Son Exc. Mgr Feltin, archevêque de Bordeaux ; Son Exc. Mgr Mathieu, évêque de Dax ; Mgr Fontenelle ; M. Rivollet, ancien ministre et secrétaire général de la Confédération nationale des Anciens Combattants ; M. Philippe Serre, ancien ministre ; M. Louis Gillet, de l'Académie française ; MM. Ernest Pezet et Raymond Laurent, députés ; MM. Jacques Maritain, Georges Hoog, Claude Bourdet, etc..."
(Source : Wikipédia et Eusko Ikaskuntza et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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samedi 14 juin 2025
DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1939 (deuxième et dernière partie)
DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN 1939.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes du Nord de la France ont été déplacées de leur région d'origine vers le Sud de la France, et en particulier au Pays Basque.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque,
le 17 octobre 1939, sous la plume de Georges Baume :
"Hendaye.
A la frontière.
Considérable affluence de réfugiés.
Ces dernières journées ont été marquées par une affluence record de réfugiés. Dès 7 heures, un train spécial arrivait en gare, conduisant 1 050 réfugiés (femmes et enfants). Après avoir satisfait aux formalités de frontière, vers 8 heures, cet important contingent s'achemina vers Irun par la route. Puis à 10 heures, un deuxième train était en gare. Plus de 600 réfugiés, pour la plupart des enfants, furent à leur tour soumis à la visite de leurs bagages et l'examen de leurs pièces d'identité. A 12 heures, ce train était dirigé vers Irun, les autorités espagnoles ayant admis ce mode de transport. MM. Daguerre, sous-préfet ; Laurens, commissaire divisionnaire, et ses adjoints, ainsi que MM. les commissaires militaires et des gardes mobiles assurèrent le service d'ordre.
D'autres réfugiés isolés franchirent également le pont international ce jour-là et on peut évaluer à 2 500 l'importance des réfugiés.
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La réception à Biarritz de 3 000 réfugiés.
Par lettre du 13 octobre 1939, M. le préfet des Basses-Pyrénées a fait connaître à M. Raulet, maire p. i. de Biarritz, que notre commune aurait à recevoir très prochainement un contingent de 3 000 réfugiés venus de départements recouvrés.
M. le préfet signale que c'est là un chiffre très modéré, car en raison des événements actuels, la population normale des communes pourrait être doublée.
Il compte que chacun accueillera avec bonté ces malheureuses familles arrachées à leur foyer, et qui, en tant que Français et Alsaciens doivent nous être doublement chères.
Il faut agir vite, afin que nous ne soyons pas surpris en pleine organisation par l'arrivée des convois.
A l'exemple de ce qui s'est produit dans beaucoup de villes françaises, nous croyons que de nombreuses personnes de la localité voudront mettre pendant quelques jours leur activité au service du Comité de réception qui, sous la présidence du maire p. i. a aussitôt dressé ses plans.
Que ceux ayant le désir d'aider à cette réception, soit en logeant ou en hébergeant chez eux un certain nombre de réfugiés, soit en aidant à leur transport par automobile de la gare jusqu'à leur lieu de logement, soit encore en prêtant leur concours actif au sein dudit Comité, veuillent bien se faire inscrire d'urgence à la mairie (salle du Conseil municipal).
Il est rappelé que les familles annoncées peuvent cumuler l'allocation militaire et la moitié de l'allocation aux réfugiés. De plus, leur niveau social permet de supposer qu'elles disposent de quelques ressources personnelles. Il est très vraisemblable, dans ces conditions, que les logeurs de Biarritz pourront trouver, sur des bases sans doute modestes mais acceptables, des arrangements avec les personnes hébergées par leurs soins, ou plus simplement logées chez eux.
M. Raulet, maire p. i. attend que Biarritz, en reconnaissance même de sa situation privilégiée pendant la guerre, accomplisse de tout son coeur le devoir que les circonstances lui imposent aujourd'hui.
Ravitaillement de la population et recensement des locaux disponibles.
En vue des mesures à prendre pour assurer le ravitaillement de la population pendant la durée des hostilités, et prévoir le logement éventuel des Français en provenance de départements évacués, il est prescrit aux chefs de maison ou de ménage, ainsi qu'aux loueurs en garni et aux hôteliers, de retirer d'urgence à la mairie (salle du Conseil) une formule imprimée (modèle d).
Ladite formule devra obligatoirement être retournée à la mairie, dûment remplie, avant samedi prochain, dernier délai.
Les habitants, soucieux d'être par la suite régulièrement compris dans la répartition des vivres et combustibles, ont un intérêt majeur à accomplir cette formalité avec toute la précision désirable."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mercredi 21 mai 2025
LA CHASSE AU PAYS BASQUE PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE (cinquième partie)
LA CHASSE AUX PALOMBES PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la chasse au filet des palombes a été maintenue au Pays Basque, et en particulier à Sare.
Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale dans plusieurs éditions :
- la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 22 novembre 1939, sous la plume de
Pierre Hugues :
"La chasse en temps de guerre.
On pourrait limiter les jours d'ouverture avec interdiction de la vente du gibier.
Dans la plupart des régions de France où le gibier abonde, la non ouverture de la chasse pour la saison 1939-1940 a soulevé maintes protestations.
De nombreux chasseurs, ici comme ailleurs, s'étaient déjà munis du permis et leur déception s'en trouve d'autant plus cruelle.
Mais disaient les jeunes et ceux qui sont encore demeurés à l'arrière, que c'était-il donc passé il y a 25 ans ?
A ce sujet, un de nos fidèles lecteurs nous a précisément communiqué un article paru dans le Chasseur Français du présent mois. Il ne manquera pas d'intéresser tous les nemrods de notre région :
""Expérience passe science", dit la sagesse des nations. Venue le 2 août 1914, la mobilisation arriva quelques semaines avant l'ouverture de la chasse. Venue le 2 septembre 1939, la mobilisation est arrivée alors que la chasse était déjà ouverte dans quelques départements. Les arrêtés électoraux de clôture étaient même déjà affichés dès avant la fin août.
On ne saurait blâmer cette mesure pendant les premiers mois de la déclaration de guerre ; mais elle ne saurait se prolonger sans que surgissent des inconvénients supérieurs aux avantages."
"Expérience passe science", avons-nous dit dès la première ligne de notre article, et la triste expérience de la guerre 1914-1918 est trop récente, pour que nous ne pensions en tenir compte.
Il ne saurait être question d'interdire la pêche, d'ordonner la fermeture des théâtres, des salles de concerts, des cafés, des cinémas, des boulodromes, des vélodromes, etc.
Au contraire, une circulaire récente — et j'écris à la date du 10 septembre 1939, — invite tous les directeurs de spectacles à s'organiser sans retard. Peut-être, pour l'instant, le besoin impérieux de distractions ne se fait-il pas encore sentir !
Tel ténor bien connu, mobilisé dans mon régiment, que j'ai entendu chanter par une belle nuit d'hiver 1914 dans les tranchées de la Marne, fut rappelé à l'Opéra peu de semaines après.
Pour quelles raisons les chasseurs seraient-ils traités différemment que les pêcheurs et les amateurs de spectacles, de jeux ou de sports ?
Il est, je n'en disconviens pas, des objections de poids au libre exercice de la chasse en temps de guerre ; mais il ne nous serait pas difficile d'en formuler de très logiquement défendable en sens inverse.
La période qui s'ouvrit le 2 août 1914, fut l'âge d'or pour les braconniers non mobilisés des régions à l'arrière du front ; cet heureux temps pour quelques rares bracos, devait se prolonger jusqu'au jour où la multiplication intensive des animaux nuisibles émut les populations rurales.
A titres divers et à dégâts bien différents, sangliers et lapins pullulèrent. Dans mon département, un incident malheureux déclencha la fin de la trêve cynégétique.
Profitant des loisirs que leur laissait un dimanche, un mari et sa femme se promenaient aux abords d'un village, bien, bien loin du front. Un sanglier furieux les rencontre dans un chemin bas, se précipite sur la femme, la blesse grièvement au ventre, après l'avoir renversée, sous les yeux du mari terrifié. La femme devait guérir après plusieurs mois de souffrance ; mais l'émotion ressentie fut néfaste à son conjoint qui en mourut peu de temps après.
Je tiens ce récit des journaux quotidiens et du jeune poilu qui, en costume de zouave, se mit à la poursuite du pachyderme et fut assez heureux pour l'abattre. Ce jeune homme jouissait à cette date de sa permission de détente dans sa famille et son village natal.
Après ce drame, l'affolement de l'administration ne connut plus de bernes, toutes les assemblées délibérantes protestèrent contre l'interdiction de la chasse, et les autorisations de destruction furent consenties aux porteurs de permis de chasse et aux mobilisés pendant leurs permissions de détente. Le gibier sédentaire : lièvres, perdreaux, était protégé et ne devait pas être chassé. On ne pouvait étendre son terrain de chasse au delà des limites de sa commune.
L'étranger nous expédiait des oiseaux de passage pour alimenter nos marchés, et nous faisions en France, suivant une formule trop constante, figure de... poires, laissant passer cailles, palombes, tourterelles, tous les canards et oiseaux d'eau migrateurs.
L'intérêt de toute une industrie et d'une population qui vit de la chasse : industriels, armuriers, gardes, etc., mérite bien qu'on tienne compte de tout ce qui constitue leurs bénéfices, salaires ou gagne-pain.
Afin de concilier les thèses adverses, celle des protecteurs intégraux et celle des chasseurs, on pourrait limiter le nombre de jours de chasse par semaine, sauf pour les mobilisés en permission, et interdire la vente du gibier.
L'expérience de 1914-1918 guide notre plume ; le signataire peut parler en toute indépendance et en dehors de tout intérêt particulier. Amoché par la guerre 1914-1918, il ne chasse plus ! mais, fanatique du sport cynégétique, il voit dans l'exercice de la chasse un palliatif aux jours de cafard de ses confrères en Saint-Hubert : permissionnaires du front ou non mobilisés de l'arrière, soumis à la dure épreuve d'une guerre effroyable.
Je m'excuse de n'avoir fait qu'effleurer une question dont, je puis le redire, je ne méconnais pas la complexité."
Il est certain que le problème est complexe ; il semble néanmoins qu'on pourrait y apporter une solution qui serait, comme l'indique le signataire de l'article, de limiter le nombre des jours de chasse avec interdiction de la vente du gibier — P. A."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mercredi 14 mai 2025
DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1939 (première partie)
DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN 1939.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes du Nord de la France ont été déplacées de leur région d'origine vers le Sud de la France, et en particulier au Pays Basque.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque,
le 16 octobre 1939, sous la plume de Georges Baume :
"Le Haut-Rhin dans le Sud-Ouest.
70 000 Alsaciens évacués sont attendus sur la Côte Basque.
Dans notre Sud-Ouest, dans Mirande notamment, Mirande la joli, aux rues courtes et droites, à l'aristocratique place d'Astarac, où s'ouvrent sur deux côtés les fameux "couverts" que l'on fréquente volontiers à Montauban, à Agen, à Toulouse, c'est un peu la tour de Babel. Car voici l'Espagnol au verbe bruyant, l'Italien à la caressante voix, l'Alsacien à l'accent guttural, le Gascon au calme langage.
J'ai assisté, vers 7 heures du soir, à l'arrivée des "évacués" de l'Alsace, un millier environ, par un train lent qui avait mis trois jours à traverser tant de nos province. Pauvres gens, meurtris de fatigue ! La foule, tous les valides de Mirande qui les attendait dans la cour de la petite gare, se précipita sur les quais et, dans un élan de solidarité française, aida les femmes et les enfants à descendre de leurs voitures, leur offrit toute sorte de vivres et de vêtements chauds.
Ils n'allaient pas vite, étonnés peut-être par la bonne grâce très empressée du charmant peuple de la Gascogne, et chargés de paquets, de matelas, de couvertures. Quelques enfants geignaient timidement ; des vieux, appuyés sur leurs bâtons, semblaient interroger le ciel, tâter avec prudence la vieille terre, partout secourable. Chacun, pour dire merci, adressait de furtifs sourires ici et là, dans la foule.
Le maire, cousin de l'ambassadeur Noulens, qui défendit énergiquement en Russie, chez les cruels et fourbes bolchevistes, les intérêts et la dignité de la France, le maire de Mirande avait mis ses meilleurs soins à organiser l'hospitalisation difficile d'une telle multitude d'involontaires émigrés dans une cité aux dimensions et aux ressources réduites.
Multitude aussi sagement résignée que disciplinée. On la répartit par équipes dans les divers quartiers, sans accroc, sans protestation. Et chacun bientôt chercha le sommeil. Partout l'adaptation s'accomplit très vite. On couche sur un simple matelas, même sur la paille. Personne ne se plaint. Sous la halle, ainsi que dans une école, on sert depuis le matin à des heures fixes, de copieux repas qui satisfont les plus exigeants.
Chez une modiste, deux jeunes filles, de 16 et 17 ans, qui parlent le français à merveille, balaient, lavent l'escalier et la cour.
— Jamais, me dit la modiste, ma cour n'a été aussi propre.
Chez mon cousin, le docteur X..., sont établis une dame de 70 ans, son mari de 75. Ils sont si discrets que, pour ne pas salir l'escalier, ils ne le gravissent que pieds nus. Il a fallu leur reprocher amicalement un pareil scrupule.
En face de chez moi dans une antique maison assez bien restaurée, les jeunes garçons et filles de plusieurs familles qui y sont installées dansent en ce moment une ronde, en chantant.
Hier matin, j'étais assis sur le bord de la route, qui s'en va passer sous Castelmore, maison natale de d'Artagnan et je lisais un journal, lorsque dans la grande paix des champs une voix cordiale m'interpella soudain :
![]() |
| 32 LUPIAC CHÂTEAU DE CASTELMORE CHÂTEAU DE NAISSANCE DE D'ARTAGNAN |
— Guerre finie ? monsieur.
Je levai la tête et je vis à deux pas de moi un bonhomme trapu, l'air d'un contremaître, qui sous sa moustache grise me faisait un sourire :
— Moi, du Haut-Rhin, ajouta-t-il.
— Ah !... Mulhouse ? Thann ? Wesserling ?
A chacun de ces noms il haussait les épaules. Finalement, il me déclara :
Moi, école, pas parler français..."
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Les Alsaciens en Pays Basque.
M. le sous-préfet nous faisait part hier matin de la prochaine arrivée dans les Basses-Pyrénées de 70 000 Alsaciens mis dans l'obligation d'abandonner leurs domiciles et leurs biens en raison des méfaits escomptés des opérations de guerre. Ces malheureux exilés par force, seront répartis dans plusieurs communes du département.
L'organisation de leur accueil et de leur installation a fait l'objet hier après-midi à la sous-préfecture de Bayonne, des préoccupations de M. Pierre Daguerre, ainsi que de son personnel dévoué. Aux entretiens qui eurent lieu à ce sujet assistaient un adjoint au maire de Mulhouse et un délégué à la préfecture du Haut-Rhin, arrivés dans la journée à Bayonne.
Nous ne doutons pas de l'accueil cordial qui sera réservé à nos frères d'Alsace, chassés de leurs foyers dans les douloureuses circonstances que l'on sait. C'est plus qu'un devoir patriotique pour nos populations d'adoucir dans la mesure du possible les heures cruelles de l'exil qu'ils vivront ici. Elles n'y failliront pas. Ainsi elles feront la plus haute et la plus noble démonstration de solidarité humaine.
La population bourgeoise de Mulhouse sera dirigée sur Biarritz.
Le plus gros du contingent de réfugiés sera réparti à Anglet, Bidart, Guéthary, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, etc... Les orphelinats seront reçus à Armendaritz."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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lundi 21 avril 2025
PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE LA CHASSE AU FILET DES PALOMBES CONTINUE AU PAYS BASQUE (quatrième partie)
LA CHASSE AUX PALOMBES PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la chasse au filet des palombes a été maintenue au Pays Basque, et en particulier à Sare.
Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale dans plusieurs éditions :
- la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 27 octobre 1939 :
"Grains de sable.
Nous le savons tous : la chasse à la palombe dans les cols pyrénéens de la région de Sare a subi, depuis un mois, des fortunes diverses et, finalement, tristement contraires. Interdite d'abord, ainsi que toute chasse, elle a été autorisée un peu plus tard, et enfin défendue péremptoirement ces jours derniers. Bref, les pentes d'Echalar sont veuves de cette activité trépidante, de ce sport prenant et de l'intensité de vie joyeuse qui les caractérisaient aux mêmes époques des années précédentes.
Je m'abstiendrai de toute appréciation sur les mesures prises par les autorités administratives touchant la chasse. D'abord, je suis loin de posséder tous les éléments de discussion nécessaires ; ensuite, j'estime que, pendant les jours que nous vivons, le devoir des Français est, partout et toujours, d'obéir strictement à ses chefs ; enfin, je ne voudrais, pour rien au monde, causer une peine, même légère, à cette merveilleuse organisation de la censure qui monte une garde si vigilante sur la parfaite santé de nos armées et de nos institutions.
Je voudrais seulement vous mettre au courant, aimables et patients lecteurs, d'un menu fait, survenu ces jours-ci aux environs de Sare et qui ne me paraît pas de nature à compromettre la défense nationale.
Ces jours-ci donc, un homme d'aspect sérieux et tranquille, montait les pentes de la montagne au sud de Sare, semblant se diriger vers les terrains de chasse. Il le faisait en effet, et, arrivé là-haut, il se livrait à une enquête serrée, auprès des personnes que le hasard avait placé sur sa route. But de l'enquête ? La providence des reporters me permettait bientôt de le savoir ; cet homme constituait à son usage, une documentation très poussée touchant la chasse aux palombes telle qu'elle se pratiqua dans notre région. Et cet homme était, pourquoi ne pas le dire, M. Ducros, président de la Société Internationale de la Chasse.
Notez, amis lecteurs, que ce monsieur représente, de par ses fonctions précitées, un certain poids moral. Sachez que la Société qu'il préside a pu obtenir la suppression récente de la chasse aux canards dans les Pays-Bas. Considérez que cette suppression a été déterminée par la raison Destruction du gibier. Apprenez enfin que M. Ducros avait étudié sur place, la question de savoir si les chasses à la palombe de la frontière franco-espagnole pouvaient ou non être justement taxées de détruire ce volatile.
Eh bien — cela ne manquera pas d'intéresser les chasseurs — tandis qu'en Hollande on abattait annuellement deux millions de canards sauvages et qu'on accusait nos Basques de Sare de tuer une palombe sur vingt mille ce qui était nettement inférieur. M. Ducros s'est arrêté, après étude très minutieuse, à une proportion de 1/100 000 pour les oiseaux abattus. Et voilà une raison qui permettra au président de la Société Internationale de la Chasse de militer en faveur de nos filets. C'est d'ailleurs son intention formelle. Peut-être est-il trop tard pour 1939. Mais tous les espoirs sont permis pour 1940.
Avant de clore ma chronique, un petit détail qui a une particulière saveur en ces temps-ci. Quand M. Ducros siège, entouré de son comité au complet, il a, quelque part à sa droite ou à sa gauche, un vice-président dont on entendit parler au cours de ces dernières années ; ce V.-P. a nom Goering et représente l'Allemagne. Comme il doit regretter de ne pouvoir venir faire un supplément d'enquête à Sare et, par la même occasion, y déguster une pipérade bien tassée où les oeufs seraient de poules et les piments de potager. Ca le changerait, cet homme."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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mardi 18 mars 2025
PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE LA CHASSE AU FILET DES PALOMBES CONTINUE AU PAYS BASQUE (troisième partie)
LA CHASSE AUX PALOMBES PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE.
Durant la Seconde Guerre mondiale, la chasse au filet des palombes a été maintenue au Pays Basque, et en particulier à Sare.
Voici ce que rapporta à ce sujet la presse locale dans plusieurs éditions :
- la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 16 octobre 1939 :
"M. le Préfet défend l'intérêt général.
Deux importantes décisions préfectorales à propos du portage du pain et de la chasse.
M. le préfet des Basses-Pyrénées vient de prendre deux décisions dont le moins qu'on puisse dire c'est qu'elles satisfont l'une et l'autre à l'intérêt général des populations de notre région.
La première a trait à la suspension de l'interdiction du portage du pain à domicile, interdiction ordonnée à la date du 8 septembre dernier.
Cette décision rend la liberté entière aux boulangers. Elle nous est d'autant plus agréable que seule la "Gazette de Biarritz" osa dès le premier jour protester contre cette interdiction annihilant par anticipation toute initiative d'organisation chez les intéressés et qui causait un réel préjudice aux consommateurs. Soutenus par notre journal, les boulangers continuèrent à livrer le pain à domicile. Nous nous plaisons à croire que les heureux résultats obtenus malgré les difficultés rencontrées ont été pour beaucoup dans la décision prise par M. le préfet.
La seconde se rapporte à la fermeture de la chasse durant la guerre. Elle rappelle l'arrêté préfectorale du 26 août 1939 interdisant l'emploi du fusil même pour la destruction des animaux nuisibles. Cette interdiction ne comporte ni exceptions ni restrictions. L'usage des filets dits "pantières" jusque là autorisé, est également interdit.
En décidant ainsi, M. le préfet des Basses-Pyrénées est allé au devant des désirs de tous les vrais chasseurs, ou tout au moins, d'une imposante majorité de ces derniers. Nous n'en voulons pour preuve que cette requête adressée aux pouvoirs publics par un des groupes des plus importants de notre région.
Voici le texte de cette requête :
"La Fédération départementale de chasse des Basses-Pyrénées proteste contre la tolérance accordée aux "filetiers" de pratiquer la chasse à la palombe et autres colombidés à l'aide de leurs engins.
Rappelant respectueusement à M. le ministre de l'agriculture le voeu adopté à l'unanimité par l'assemblée générale des Fédérations de France, le 30 mai 1938, tendant à l'abolition de la pratique des filets pour la chasse maritime et maritime et terrestre ;
S'élèvent contre le qualificatif d'"oiseau nuisible" adopté aux colombidés pour prétexter la tolérance dont il s'agit, étant avéré :
1. Que les contrées où la palombe se reproduit, même en France, les chasseurs de l'endroit ne la détruisent ou la chassent très peu et que les agriculteurs eux-mêmes n'élèvent pas de protestations contre ses dégâts ;
2. Qu'au moment où elle effectue son passage dans les départements du Sud-Ouest, la nourriture de la palombe se compose uniquement de glands ou de strobile du pin, et que, conséquemment, les dégâts invoqués ne sont que prétextes injustifiés ;
La chasse de la palombe aux filets n'est pas pratiquée par des chasseurs au sens propre du terme. Elle est exercée par des Sociétés anonymes qui, agissant à l'abri des tolérances, font une exploitation commerciale sans aucun rapport pour l'Etat, puisqu'elle ne nécessite l'achat ni d'armes ni de munitions ;
Et de la tolérance qui leur est encore accordée aujourd'hui, il va résulter un fait : celui de favoriser les pratiquants de cette chasse réservée ;
Les chasseurs pyrénéens demandent en conséquence à M. le ministre de l'agriculture de bien vouloir rapporter son arrêté d'autorisation de chasse au filet et de maintenir pendant toute la durée des hostilités la défense de pratiquer la chasse sur l'étendue du territoire français et des colonies, tant au fusil qu'au filet ou par tout autre système que ce soit ;
.. Prient M. le préfet et tous les représentants du département de vouloir intervenir en vue de la prise en considération de cette demande à la fois morale et équitable."
Ainsi qu'on en a pu juger, les mesures ordonnées par M. le préfet concordent pleinement avec les desiderata formulés par la Fédération départementale de chasse des Basses-Pyrénées.
En agissant de la sorte, M. le préfet s'est opposé à ce que le privilège particulier accordé à quelques individus associés pour des fins commerciales à la chasse et plus spécialement à celle de la palombe soit continué. Il est fort possible, sinon certain, qu'à ce sujet il ait été l'objet de pressantes sollicitations tendant à l'adoucissement et peut-être même à l'abandon des mesures de rigueur qu'il se proposait de prendre. Il a préféré passer outre pour satisfaire les intérêts généraux dont il a charge.
Maintenant les droits sont égaux, le régime des faveurs n'est plus. Les derniers vestiges moyennageux des privilèges de chasse ont disparu. Les populations de nos campagnes basques ne manqueront pas de s'en réjouir et de manifester toute leur satisfaction à l'auteur de cet acte de bonne et saine justice qui met fin à un état de chose incompatible avec la situation actuelle."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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