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jeudi 23 octobre 2025

LA LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES EN 1938 ET 1939

LA LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES.



C'est le 16 décembre 1938, qu'est fondée, à Paris, La Ligue Internationale des amis des Basques (LIAB).


 

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LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES


L'objectif principal de cette association est de soutenir les dizaines de milliers de Basques exilés 

durant le franquisme, dans le monde entier, en créant des sections dans différents pays, mais aussi 

d'être un puissant relais international pour le gouvernement d'Euzkadi.



En février 1939, il est décidé que La section Française de la Ligue sera composée de deux comités 

réunis par un secrétariat commun sous le commandement du député démocrate-chrétien Ernest 

Pezet :


  • le Comité de secours aux Basques présidé par Mgr Clément Mathieu : c'est un Comité 
humanitaire d'aide matérielle aux réfugiés ;



MONSEIGNEUR CLEMENT MATHIEU
EVÊQUE D'AIRE ET DE DAX DE 1930 A 1963





FRANCOIS MAURIAC 1933
PRIX NOBEL DE LITTERATURE 1952


Les objectifs du Comité de secours aux Basques sont :


— de regrouper tous les sympathisants et amis des Basques dans le monde entier ;

— d'organiser la création de Comités locaux pour aider les Basques exilés ;

— d'organiser des bourses de travail, des offices d'information industrielle pour les Basques qui désirent travailler, chercher des capitaux, ou s'établir ;

— d'organiser un Comité spécial en faveur des prisonniers basques et en faciliter l'échange, travailler à la suppression des persécutions, etc... établir des contacts dans ce but auprès de divers groupements, ambassades, etc... ou encore avec d'autres personnalités qui, sous une forme ou une autre, peuvent coopérer à cette oeuvre humanitaire, comme aussi avec le Saint-Siège et la Croix Rouge Internationale ;

— le même Comité spécial décrit dans le paragraphe précédent devra aussi se charger du problème de la reconstitution familiale qui aura pour but particulièrement de rassembler les enfants avec leurs parents, les épouses avec leurs maris, et en général de s'occuper d'adoucir les tragiques circonstances par lesquelles passent actuellement les familles basques ; 

— de promouvoir la création de refuges pour les enfants, qui, ne pouvant pas être à côté de leurs parents, ou qui sont orphelins, sont actuellement dans une situation de détresse.



Les objectifs du Comité des Intérêts généraux d'Euzkadi sont :


— d'organiser un Centre d'informations qui recueille et fasse connaître les problèmes historiques et actuels d'Euzkadi ; ce Centre serait chargé de procurer aux Ambassades et aux Agents Diplomatiques de divers pays tous les renseignements concernant les Basques et leurs problèmes ; ses portes seraient ouvertes aux journalistes, historiens, ethnologues et autres écrivains qui voudraient s'occuper de la question basque ;

— de suivre de près l'évolution politique de la situation d'Euzkadi, afin d'étudier et de suggérer au moment propice en particulier à l'heure de la paix, les solutions susceptibles de sauvegarder, dans la Constitution du futur régime de la Péninsule Ibérique et de ses relations avec Euzkadi, les principes de justice et d'humanité, qui respecteront les libertés et les droits de la tradition sociale, politique et religieuse du peuple basque ;

— de faire mieux connaître les institutions et les caractéristiques du peuple basque, en particulier sa langue, sa musique, ses danses, sa peinture, etc... ;

— de coopérer de la manière la plus efficace à l'économie basque sur le plan international et d'organiser l'économie des basques exilés.



La Ligue a eu une grande importance en tant que porte-parole de la politique étrangère du Gouvernement Basque en exil, diffusant dans le monde entier les problèmes rencontrés par le pendant la guerre civile.



La Ligue est entrée dans l'histoire comme l'organisation étrangère la plus consolidée et la plus prestigieuse pour l'aide et le soutien du peuple Basque.



Voici ce que rapporta au sujet de la Ligue le journal La Jeune République, le 12 mars 1939 :



"Les Amis des Basques.



Eusko Deya, l'organe des Basques à Paris, annonce en ces termes la fondation d'une Ligue internationale des amis des Basques :


Il y a quelques jours a été constituée la Section française de la Ligue internationale des Amis des Basques, destinée à grouper les amis qu'ont les Basques dans le monde entier.


La Section française se compose de deux Comités, l'un intitulé de "Secours aux Basques", sous la présidence effective de Son Eminence le Cardinal Verdier, archevêque de Paris. Il a pour but d'aider le peuple basque en exil, de regrouper les familles dispersées, secourir les orphelins, et intervenir en faveur des prisonniers, en améliorant leur situation et en facilitant leur échange. L'autre Comité, intitulé "d'Intérêts généraux d'Euzkadi", est présidé par M. François Mauriac, de l'Académie française. Les buts que poursuit ce groupe sont : organiser un centre d'informations pour répandre la connaissance de la culture du peuple basque, intervenir en faveur de la reconnaissance des libertés traditionnelles d'Euzkadi, aider à l'instauration d'une économie des Basques en exil, et enfin coopérer à la restauration de l'économie d'Euzkadi.


Parmi les personnalités qui jusqu'à présent ont adhéré à la Section française de la Ligue figurent, en plus de celles déjà citées : M. Herriot, président de la Chambre des députés ; M. A. Champetier de Ribes, ministre des Pensions ; Son Exc. Mgr Feltin, archevêque de Bordeaux ; Son Exc. Mgr Mathieu, évêque de Dax ; Mgr Fontenelle ; M. Rivollet, ancien ministre et secrétaire général de la Confédération nationale des Anciens Combattants ; M. Philippe Serre, ancien ministre ; M. Louis Gillet, de l'Académie française ; MM. Ernest Pezet et Raymond Laurent, députés ; MM. Jacques Maritain, Georges Hoog, Claude Bourdet, etc..."




(Source : Wikipédia et Eusko Ikaskuntza et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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lundi 29 juillet 2024

LES ENFANTS BASQUES REFUGIÉS À LA PALLICE EN CHARENTE-MARITIME EN MAI 1937

LES ENFANTS BASQUES À LA PALLICE EN 1937.


Pendant la Guerre civile d'Espagne, des milliers d'enfants ont dû s'exiler et ont été accueillis dans de nombreux pays, dont la France.




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PAQUEBOT HABANA 1937





Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire Regards, le 13 mai 1937, sous la plume de René 

Méry :



"A La Palisse où 2 000 enfants débarquaient loin du cauchemar.

(par notre envoyé spécial René Méry)



Le tranquille courage des équipages de commerce anglais qui voici environ trois semaines forcèrent le blocus de la flotte insurgée et vinrent apporter des vivres aux non-combattants de Bilbao a enfin donné conscience au monde civilisé de ses devoirs et de ses droits.



Franco peut bien s'insurger, une fois de plus contre l'humaine et commune décision de Londres et de Paris d'arracher des enfants innocents aux horreurs des bombardements et de la famine, trouver des raisons faussement juridiques pour s'opposer à l'intervention des navires de guerre anglais et français chargés d'assurer la sécurité des convois de secours battant pavillon de la Croix-Rouge, la partie est moralement et matériellement perdue pour lui : Bilbao sera ravitaillé et évacué.



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ARTICLE DANS REGARDS 13 MAI 1937
AU SECOURS DU PEUPLE BASQUE MEURTRI !



La fameuse flotte rebelle a, paraît-il, reçu l'ordre formel de s'opposer au passage des convois de ravitaillement et d'évacuation. Mais d'authentiques bateaux de guerre font bonne garde, et on peut croire que "l'Almirante Cervera", le "Belasco", et les quelques chalutiers armés qui constituent le plus clair de la flotte de Mola, s'en iront rechercher du côté de Santander, partout ailleurs que dans les eaux du Golfe de Biscaye, des exploits plus faciles.



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CROISEUR RAPIDE ALMIRANTE CERVERA



Le paquebot espagnol "Habana", le yacht "Izarra" ont déjà débarqué en France près de 4 000 réfugiés, dont 2 300 enfants isolés. L'élan est donné et rien ne saurait l'arrêter.



J'ai assisté à La Palisse au débarquement des petits réfugiés de Bilbao. Convoyé par les destroyers britanniques "Fortune" et "Royal Oak", le "Habana" naviguant de concert avec le yacht "Izarra" avait quitté jeudi matin à l'aube la baie de Portugalete. Vendredi matin, à 7 heures, il pénétrait en rade de La Palisse.



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REGARDS 13 MAI 1937
A  BORD DU HABANA



La visite sanitaire terminée je monte à bord.



Le paquebot, qui peut normalement transporter 1 000 passagers, en transporte cette fois trois fois plus.



Dans les coursives, dans les salons, des dortoirs de fortune ont été aménagés et le sol est jonché de matelas et de couvertures.



Les infirmières basques, en uniforme blanc, procèdent d'abord à l'appel du premier groupe de 500 isolés, qui dans l'après-midi rejoindront dans l'île d'Oléron le centre d'accueil de la "Maison Heureuse de Boyardville".




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LA MAISON HEUREUSE 
17 BOYARDVILLE ÎLE D'OLERON



Mon coeur se serre à la vue de ces visages creusés, de ces yeux brillants de fièvre. Mais le moral est bon. Des rires éclatent de toutes ports.



Au hasard, j'interroge un petit garçon de 7 ans à peine :


— Où sont tes parents, muchacho ?

— Restés à Bilbao, mais ils partiront par le prochain bateau.

— Content de venir en France ?

— Mille fois, monsieur, et dans sa joie le muchacho entremêle le rire et les larmes.



Je réussis à joindre le commandant Ricardo Fernandez, chef de bord.


— Parlez-moi du voyage. Commandant.

— "Grâce aux fidèles "chiens de garde" qui nous accompagnaient, voyage à peu près sans histoire. Les navires de guerre basques "Biscaya", "Le Viscar" nous escortèrent d'abord à la limite des eaux territoriales. Ensuite le "Fortune" et le "Royal Oak" nous prirent en charge. Heureusement, du reste.



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HMS ROYAL OAK 1937


Car, à soixante milles à peine de Bilbao, désagréable surprise, señor, deux croiseurs insurgés, "l'Almirante Cervera" et le "Belasco" apparaissent et coupant notre route foncent à toute vapeur vers le "Habana" et "l'Izarra" avec lequel nous naviguons.


"L'Almirante Cervera" s'approche à moins d'un mille, et nous distinguons déjà sur le pont des équipes qui manœuvrent les canons.


Mais le "Fortune" manœuvre aussi les siens et "l'Almirante Cervera" n'insiste pas. On est prudent ou on ne l'est pas. Et bien vite, il disparaît vers l'Ouest."




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HMS FORTUNE



Je retourne dans les coursives. Les enfants isolés sont au nombre de 1 500, et leur âge varie de 3 à 15 ans. Cinq cents iront à Oléron, cinq cents à Audierne, le reste à Biarritz.



Une petite fille m'attrape timidement par le bras : "J'ai faim!"



L'infirmière du groupe, Carmen Surato, intervient maternellement :


— Patience, petite. Tu vas bientôt manger une bonne soupe, avoir autant de pain que tu voudras..."



Ici, c'est la France, petite !



Dans un couloir des deuxièmes classes, un spectacle émouvant m'arrête. Deux enfants provisoirement oubliés, sanglotent bruyamment de désespoir.



Un garçon de bord passe, se penche vers eux, essaie de les réconforter, les embrasse.


— "Pauvres niños! me dit-il, le frère et la sœur. Mais ceux-là n'ont plus rien. Ni foyer ni parents. Le père a été fusillé par les rebelles, la mère est morte au cours du bombardement de Durango.


A bord, ils sont trois cents orphelins. Les seuls que vous verrez pleurer aujourd'hui. Certains n'ont pas dormi pendant les deux nuits qu'ils passèrent à bord du "Habana". Ils ont réclamé sans cesse leur "mamita"...



Dans le hall de la gare maritime transformé en réfectoire, les cinq cents évacués d'Oléron font honneur au menu.




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REGARDS 13 MAI 1937



Et blasé cependant sur certains spectacles, je ne peux retenir mon émotion à la vue de ces pauvres gosses affamés qui se jettent littéralement sur leur assiette, se dépêchent vite de manger, réclament une autre portion.



Aux plus petits, on sert du lait. Des semaines qu'ils en avaient été privés !..



L'affreux cauchemar est terminé. Sous le ciel paisible de la France, les innocents de Bilbao oublieront bien vite les jours et les nuits atroces d'une guerre inhumaine, le tintamarre des bombes, le sinistre crépitement des mitrailleuses de Junkers.



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JUNKER JU 52


Souhaitons seulement que cette arrivée soit rapidement suivie de beaucoup d'autres. Plus de 30 000 enfants vivent encore à Bilbao.



Il faut continuer d'agir, se hâter..."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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lundi 26 septembre 2022

UNE VISITE AUX PETITS RÉFUGIÉS BASQUES EN JUIN 1937

UNE VISITE AUX PETITS RÉFUGIÉS BASQUES EN 1937.


Pendant la Guerre civile d'Espagne, des milliers d'enfants ont dû s'exiler et ont été accueillis dans de nombreux pays, dont la France.



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ENFANTS BASQUES REFUGIES JUIN 1937



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Regards, le 10 juin 1937 :



"Les enfants bombardés.



Visite aux petits réfugiés Basques.



Ils étaient cinq dans la famille de cet ouvrier de Valence. L'aîné venait de tomber. Les deux grands voulaient se battre à sa place. Les deux petits — un garçon de dix ans et une fillette de huit — refusaient, eux aussi, de partir. Mais le père avait décidé de les sauver. Tant bien que mal on réussit à les embarquer. Déjà en route, ils se révoltèrent. "On nous emmène dans un pays fasciste !". En vain le Français qui s'était chargé d'eux argumentait-il. La petite fille avait pris la tête de l'insurrection et son frère la suivait fidèlement. Arrivés à Paris, accueillis à bras ouverts par une famille où l'on parlait même l'espagnol, les deux enfants restèrent farouches, dressés : "Nous voulons retourner en Espagne !"



Une amie qui a assisté à l'entretien me dit : "Je ne comprends pas l'espagnol. Mais jamais je n'oublierai le ton, l'accent, le jeu de mains et de regards, de cette petite Espagnole de huit ans. Plus tard j'ai su qu'elle disait : "Je ne veux pas être une réfugiée ! Je ne vois pas pourquoi je serai sauvée, quand d'autres mourront ! Si on bombarde Valence, qu'on me bombarde aussi !"



Elle refusa de manger. Son frère l'imita. Epouvantés par cette grève de la faim, ne sachant comment agir en face d'une détermination aussi absolue, ceux qui avaient adopté les deux enfants consultèrent l'ambassadeur d'Espagne. On les conduisit à l'Ambassade. Et pendant près d'une heure l'homme qui représentait à Paris le gouvernement de son pays en guerre, discuta avec la petite fille de Valence, huit ans. Discuta comme avec une grande personne. Puis il sortit et dit à ceux qui attendaient :

"Rien à faire. Nous n'avons pas le droit de les retenir ici contre leur volonté. On les renverra à Valence. "



Alors seulement la petite fille consentit à manger. Et le peu de temps qu'elle resta à Paris jusqu'à son départ, elle joua, gambada, rit avec tout le monde. Elle était redevenue une enfant.



J'ai vu une autre petite fille espagnole, dans un joli jardin d'enfants près du Parc Montsouris. La famille qui l'a adoptée l'envoie là, et son frère, recueilli par une famille voisine, y vient aussi. Elle est entrée, toute froufroutante dans sa robe claire, un grand nœud de soie dans ses cheveux bouclés. Nous venions de voir les petits Basques, les cent derniers arrivants, entièrement rasés. Il a bien fallu, par mesure d'hygiène, s'y décider ! Mais ils ont l'air, avec leurs têtes tondues, de petits forçats. Echappés de ce bagne d'enfants d'un nouveau genre qu'est Bilbao !



Leurs grands yeux leur mangent tout le visage. C'est l'heure de la sieste; ils sont étendus sur leurs lits dans la pénombre de l'immense dortoir. La tête nue, les pieds nus, le petit bout de corps maigriot enveloppé dans le tricot ou le blouson qu'ils ont porté pendant tout le voyage. Ils ont grand besoin de vêtements. On leur en envoie, mais ce n'est jamais assez. L'Hôpital Espagnol au 53, rue de la Pompe, dès que ceux-là seront casés, en recevra une centaine d'autres. Ils arrivent tout juste avec ce qu'ils ont sur le dos ; l'Office de l'Enfance qui fonctionne à Bilbao les a recrutés à la hâte, tantôt amenés par leurs parents, qui veulent sauver au moins les plus petits, tantôt égarés sans qu'on sache où se trouve la famille, tantôt déjà orphelins.


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HÔPITAL ESPÄGNOL
53 RUE DE LA POMPE PARIS 16ème



Des adolescentes, de quelques années à peine plus âgées qu'eux, les ont accompagnés sur le bateau, comme surveillantes improvisées. L'une était infirmière ; sa sœur n'a pas voulu partira elle est restée avec leur mère, dans la ville. Une autre faisait des cigarettes ; elle ne sait pas où sont les siens. "Quand nous partions, un avion allemand est apparu. Les enfants l'ont vu. Tous, nous pensions déjà que c'était fini. Mais après avoir tourné au-dessus de nous, il s'est éloigné. Nous ne savons pas sur qui il a jeté ses bombes."



Un tout jeune blessé de guerre, qui parle le français avec un accent parisien — il a fait son éducation dans un lycée de Paris, est reparti chez lui, s'est engagé, a reçu une balle dans le ventre, est ici en convalescence — nous sert d'interprète auprès des enfants. Les grands garçons de douze ans, l'œil intelligent, alerte, sont à l'affût des questions ; ils tâchent, prêtant l'oreille à la langue inconnue, d'en deviner le sens.


— Savez-vous quel est le gouvernement du pays où vous êtes ? 

— Républicain !

— De gauche !

— Pas de roi !



Pour bien accentuer ce fait, tous les petits poings bronzés se lèvent à la fois.

— Où préférez-vous aller : dans une institution avec beaucoup d'enfants, ou dans une famille ?

— Une famille ! Une famille !



La réponse est unanime. Tous préfèrent une famille. Sans doute ont-ils en eux l'image de quelque orphelinat rigide, où l'on marche en silence deux par deux, un pion noir devant, un pion noir derrière. En tout cas, le vœu de ceux-ci sera exaucé : dans quelques jours, par les soins du Comité d'Accueil de la C. G. T., chacun d'eux sera placé dans un foyer. Familles ouvrières, dont beaucoup ont cinq, six, huit enfants : "Ça ne fait rien, on prendra encore ç'ui-là ! Quand y en a pour tant, y en aura pour ç'ui d' Bilbao ! Un d'plus, c'est pas une affaire !"




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ENFANTS BASQUES REFUGIES JUIN 1937




La Maison Espagnole de la rue de la Pompe, non seulement reçoit jusqu'à leur adoption les petits arrivants basques, mais depuis quelques mois, héberge en permanence une centaine d'enfants. Une école franco-espagnole a été créée sous les arcades pleines de grâce de l'ancien couvent. Le Dr Guillermo Angulo la dirige, lui qui était professeur à l'Ecole de Puériculture de Madrid ; aujourd'hui, cette école est détruite.



Près de 4 000 enfants d'Espagne et du Pays Basque sont placés jusqu'à présent par le Comité d'Accueil dans des familles ou dans des colonies. Une quinzaine de centres, dans tous les coins de la France, les ont accueillis : il y en a maintenant, de ces petits visages mats et volontaires, dans le Camp de la Mauresque, à Port-Vendres ; dans le Camp des Ecureuils, à Cap-Breton ; à la Colonie de l'Enfance Heureuse, en l'Ile d'Oléron ; au Château des Halles, à Sainte-Foy-l'Argentière ; et dans dix autres encore, sans compter la Maison du Comité Français de Secours aux Enfants, à Compiègne, entretenue par les ouvriers suédois, et l'Ecole de plein air de Dabeaux, avec les cinquante-cinq enfants d'instituteurs espagnols que recueillent des familles d'instituteurs français.



Et les avions hitlériens continuent à bombarder...



Involontairement, devant les petites têtes rasées appuyées aux sveltes colonnettes de la cour de couvent, je me rappelle d'autres enfants réfugiés, ceux-là dans une cour de caserne. C'est le printemps 1933, le vent souffle, les vitres de la caserne désaffectée sont cassées, les paillasses sont à même le sol, il n'y a pas de lumière dans les escaliers, la zone de la Porte de Clignancourt empuantit la route, les enfants avec leurs mères sont là, — les enfants de socialistes, de communistes, de démocrates, de Juifs allemands chassés par Hitler.


Ce sont les mêmes enfants.



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ENFANTS BASQUES REFUGIES JUIN 1937



C'est le même hitlérisme.


Seulement, depuis, il a forgé de nouvelles bombes.



On peut envoyer les dons en argent à : "Regards", ou au Comité d'Accueil de la C. G. T., 211, rue Lafayette."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mercredi 18 novembre 2020

LES BASQUES EN EXIL EN 1939

LES BASQUES EN EXIL EN 1939.


La guerre civile espagnole, du 17 juillet 1936 au 1er avril 1939, contraint, à l'exil à l'étranger, plusieurs centaines de milliers de Républicains et de Basques.



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REFUGIES BASQUES EN EXIL



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal La Journée Industrielle, le 15/03/1939 :



"A propos du problème des réfugiés.



Les Basques en exil.



On nous communique la note suivante :



De tous les réfugiés que la France a accueillis depuis la fin de la guerre, les Basques d’Euskadi comptent parmi les plus intéressants et les plus méritants.



Plus de 130 000 ont fui devant la guerre espagnole, mais, dès 1937, époque du grand exode, les chefs de ce petit peuple, eux-mêmes exilés, n'ont poursuivi qu'un but : secourir leurs compatriotes, recueillir et aider les familles fugitives, éduquer les enfants, soigner les blessés, les mutilés et les malades.


pais vasco antes guerra civil española niños
ENFANTS BASQUES EN EXIL
PAYS BASQUE D'ANTAN





pais vasco antes niños exil
ENFANTS BASQUES EN EXIL
PAYS BASQUE D'ANTAN



Pour cette tâche surhumaine, les Basques ont trouvé l'appui de comités d’accueil français, belge, anglais, etc., et surtout l’aide héroïque des Basques émigrés depuis de longues années dans le monde entier. Ils sont plus d’un million et certains d'entre eux consacrent une large part de leur fortune à secourir leurs frères malheureux. 



Aussi, au moment où on parle des réfugiés, accueillis chez nous, la Ligue des Amis des Basques, présidée par M. François Mauriac, et comptant dans son comité le cardinal Verdier, M. Herriot, M. Champetier de Ribes, M Rivollet, etc., est fière de porter à la connaissance des Français des chiffres et des faits. 


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CARDINAL VERDIER ET ELAI-ALAI
PAYS BASQUE D'ANTAN




Par leurs seules ressources — sans l’aide du budget français — les Basques entretiennent en France et en Belgique treize refuges où vivent 3 300 de leurs compatriotes. Ils distribuent des secours quotidiens à 3 850 personnes. Ils élèvent dans quatre colonies scolaires plus de 700 enfants âgés de 6 à 15 ans. Ils possèdent un collège du deuxième degré, avec 120 étudiants. Ils ont créé, à la Roseraie, près de Biarritz, un hôpital modèle qui fait l’admiration des visiteurs (plus de 350 blessés ou malades y sont en traitement). Les Basques ont également ouvert des cliniques spécialisées à Cambo, à Berck, à Saint-Etienne, à Paris. Ils entretiennent en Angleterre 1 600 enfants avec 66 professeurs et 12 aumôniers. Ils ont une équipe de football qui se couvre de lauriers en Amérique. Enfin, deux groupes artistiques sont très populaires en France et à l'étranger : la célèbre chorale Eresoinka (110 chanteurs et danseurs) et Elai-Alai (55 enfants).



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GROUPE ELAI-ALAI 1939
PAYS BASQUE D'ANTAN


pays basque autrefois enfants
GROUPE ERESOINKA 1939
PAYS BASQUE D'ANTAN


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EQUIPE DE FOOTBALL D EUSKADI 1937


Tout dernièrement, dans la débâcle, de l’armée de Catalogne, les Basques furent les seuls à passer la frontière en ordre, avec leurs chefs. Ils viennent de créer, à côté du camp espagnol, un camp basque où règne la plus viande discipline, l’ordre et la propreté. Pour la première fois, une messe solennelle y a été célébrée dimanche dernier.



Les autorités françaises ont adressé des félicitations officielles aux chefs basques qui ont organisé le camp. 



Tels sont les faits sur lesquels la Ligue tient à attirer l’attention de l'opinion et du Parlement. A tous ceux qu’intéresse le problème basque, la Ligue des Amis des Basques, 36, avenue Hoche, Paris, sera heureuse d’envoyer gratuitement une documentation sur ce peuple si attaché à sa foi et à ses libertés, si digne dans ses malheurs et qui, par son amour du travail, par son esprit d’économie et sa droiture, sera un des éléments essentiels de la pacification et de la restauration économique dans la péninsule espagnole.



LIGUE INTERNATIONALE DES AMIS DES BASQUES
36 AVENUE HOCHE PARIS 8EME


Cinq cents marins d’Euskadi donnèrent leur vie, pendant la Grande Guerre. en ravitaillant les alliés. Demain comme hier, les Basques seront les plus sûrs amis de la France qui les accueillit dans leur malheur."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mercredi 13 février 2019

LE TRAGIQUE DESTIN D'EUSKADI EN AOÛT 1938 (première partie)


LES BASQUES EN EXIL EN 1938


La guerre civile espagnole, du 17 juillet 1936 au 1er avril 1939, contraint à l'exil à l'étranger de plusieurs centaines de milliers de Républicains et de Basques.

samedi 9 juin 2018

LE PEUPLE BASQUE EN EXIL EN AOÛT 1938


LE PEUPLE BASQUE EN EXIL EN AOÛT 1938.


Pendant la Guerre Civile Espagnole des dizaines de milliers de Basques ont été exilés.

dimanche 23 juillet 2017

LES ENFANTS BASQUES EN EXIL EN ANGLETERRE EN 1937


LES ENFANTS BASQUES EN ANGLETERRE EN 1937.


En 1937, des milliers d'enfants Basques et Espagnols fuient l'horreur des combats pour se réfugier dans des pays acceptant de les recevoir.

jeudi 29 juin 2017

LES ENFANTS BASQUES EN RUSSIE DE 1941 À 1965 (deuxième et dernière partie)

LES ENFANTS BASQUES EN RUSSIE DE 1941 À 1965.


Le 22 juin 1941, les enfants, ainsi que la majorité de la population soviétique, écoutent avec perplexité l'adresse radiophonique de Molotov annonçant l'invasion du territoire soviétique par les troupes allemandes. 

mercredi 7 juin 2017

LES ENFANTS BASQUES EN RUSSIE DE 1937 À 1941 (première partie)

2 996  ENFANTS FURENT ENVOYÉS EN RUSSIE POUR ECHAPPER À LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE.


Suite au bombardement de Guernica le 26 avril 1937, le Gouvernement Basque, relayé par le Gouvernement Républicain, lance un appel à de nombreux pays pour que les enfants soient accueillis en toute sécurité.