lundi 20 mai 2019

UN DRAME À PAGOLLE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN FEVRIER 1937


UN DRAME À PAGOLLE EN 1937.


Un fait divers tragique se passe à Pagolle en 1937.

basse navarre autrefois
PAGOLLE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN

Voici ce  que rapporta la presse locale, dans plusieurs éditions :


  • La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 15 février 1937 :

"Un drame s’est déroulé à Saint-Palais.




Un père de famille, après une discussion, fut si violemment frappé qu'il en est mort.




Revenant du marché de Saint-Palais, vendredi dernier, dans la soirée, des habitants de la commune de Pagolle (située à 14 kilomètres de Saint-Palais), se rendaient chez eux lorsque, pour une raison encore ignorée, ils entrèrent en violente discussion alors qu’ils atteignaient le territoire de leur commune. 




Le nommé Guillaume Fourcade, père de sept enfants, de la maison Etcheverria, située à Pagolle, fut durement frappé à la tête, les uns disent d’une pierre, les autres de coups de maquila




Le docteur Inda, prodigua ses soins au blessé, mais alors que le lendemain il venait le revoir, on lui apprit que la victime avait succombé. 




On ne connaît pas encore dans quelles circonstances eut lieu la grave discussion, ni s’il y eut coups réciproques ou agression. C’est ce que nous apprendra l’enquête qui se poursuit. 




Samedi après-midi, le parquet de Bayonne s’est transporté sur les lieux."



pays basque autrefois
PAGOLLE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 26 mai 1937 :

"A la Cour d’Assises des Basses Pyrénées.



Affaire Etchecopar.



Coups mortels.



Voici les faits : 




Le 13 février 1937, la gendarmerie de Larcevau était avisée que la veille, vers 20 h. 30, un homme avait été trouvé sur la place du village de Pagolle, étendu à terre sans connaissance, portant une plaie pénétrante à la tempe d'où le sang coulait abondamment et qu'il venait de décéder des suites de ses blessures. Il s’agissait du sieur Fourcade Guillaume, 40 ans, cultivateur à Pagolle, maison Etcheverria. Le sieur Etchecopar Pierre, 65 ans, demeurant à Pagolle, entendu peu après, reconnaissait qu’il s’était battu avec Fourcade et qu'au cours de la lutte il l'avait frappé à la tête avec la pointe en fer de son parapluie, le laissant inanimé. 




Etchecopar était voisin de Fourcade et métayer de M. Etchevers. Fourcade cultivait les terres d’une ferme acquise depuis peu. D’excellents rapports existèrent entre eux jusqu'au mois d’octobre 1936. 




A cette époque, la femme Etchecopar tomba gravement malade, et ce dernier demanda et obtint l'assistance médicale gratuite. 



basse navarre autrefois
PAGOLLE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Fourcade dont la situation pécuniaire n'était pourtant guère plus brillante, car il avait de nombreuses dettes, en prit ombrage. Le dernier dimanche d’octobre 1936, à l'auberge Lascarray, de Pagolle, il dit à Etchecopar : "Tu es d'accord avec le médecin, tu fais payer des gens qui ont fait la guerre et ce sont eux qui te nourrissent". 




Le lendemain, Fourcade se rendit chez Etchecopar pour lui rapporter un joug. Il fut reçu par la femme et lui aurait dit : "Hier, mes deux fils attendaient ton mari derrière la porte pour lui passer une bonne tournée". Depuis ce jour, chaque fois que Fourcade rencontrait Etchecopar, il lui reprochait de ne vivre que "grâce aux impôts qu'il payait". 




Le 12 février 1937, Etchecopar et Fourcade se rencontraient au marché de Saint-Palais. Ils consommèrent ensemble. De retour à Pagolle, vers 18 heures, Etchecopar se rendit au café Behetty, en compagnie de camarades. A 20 h. 30, Fourcade arriva dans ce même café avec trois amis. 




Sans aucune provocation de la part de Fourcade, Etchecopar fut lui reprocher de répéter toujours les mêmes choses qui lui étaient désagréables et lui dit : "Tes fils veulent-ils toujours me battre". La tenancière du débit invita Etchecopar à regagner sa place, ce qu’il fit. Peu après, sans même terminer sa consommation, Fourcade s’en alla. Il fut suivi, immédiatement, par Etchecopar. 




Arrivé à la maison d’école, Etchecopar prétend avoir été abordé soudain par Fourcade. Ce dernier lui aurait dit: "Es-tu là ? Viens ici" et sans plus de paroles l’aurait saisi à la gorge en lui disant : "Je vais t'étrangler". Fou de colère, Etchecopar qui tenait son parapluie de la main droite, lui en porta un coup à la tempe gauche. Fourcade relâchant son étreinte s’effondra sans un cri. Etchecopar, pris de peur, regagna son domicile. Fourcade fut relevé par le sieur Elichabe qui, de chez lui, avait entendu crier : "Lâchez-moi". Fourcade est décédé sans avoir repris connaissance. Il était marié et père de cinq enfants. Le docteur Barbaste a procédé à l’autopsie. 




Le corps ne présentait qu’une plaie : un petit trou rond à la tempe gauche. La matière cérébrale avait été atteinte ; il était profond d’une dizaine de centimètres. Le coup porté par Etchecopar était inévitablement mortel.




Etchecopar présente une plaie légère à la tête et des égratignures à la gorge celles-ci paraissent avoir été occasionnées par les ongles de la main gauche de Fourcade. 




Etchecopar reconnaît la matérialité des faits qui lui sont reprochés. 




Les débats



L’interrogatoire se fait au moyen d’un interprète, car l’accusé ne cause que le Basque. Etchecopar reconnaît les faits. L’origine de la querelle remonte aux discussions provoquées au sujet de l’assistance médicale gratuite à sa femme. Fourcade aurait dit à l’accusé : "Tu te fais entretenir par ceux qui ont fait la guerre". Sur le meurtre, Etchecopar dit que saisi à la gorge par sa victime, il a eu peur d’être étranglé. Tenant son parapluie par le milieu, il en porta un coup violent à Fourcade qui, touché à la tempe gauche, s'abattit. Etchecopar semble regretter son acte. Il pleure abondamment. 




Les témoins.



Au nombre de dix, ils défilent à la barre ; de bons renseignements sont donnés sur l'accusé et la victime, mais aucun d’eux n'a assisté à la lutte qui s’est terminée si tragiquement. Le médecin qui a pratiqué l’autopsie a également examiné l’accusé qui portait de sérieuses traces de strangulation. On a l’impression à la suite de cette déposition, que Etchecopar n’avait nullement prémédité son crime et que ce n'est que le cas de légitime défense qui a mis le bras et le parapluie de l'accusé en mouvement. 




Le verdict.



Après un réquisitoire modéré et une plaidoirie brillante du défenseur, qui invoque la légitime défense, le jury revient avec un verdict négatif. 




En conséquence, Etchecopar est acquitté."





Merci ami lecteur (lectrice) de m'avoir suivi dans ce 1882ème article.


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