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vendredi 27 septembre 2024

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 SEPTEMBRE 2024 SAINT VINCENT DE PAUL - BINGEN


PROVERBE DU 27 SEPTEMBRE 2024 (SAINT VINCENT DE PAUL) (BINGEN).


VINCENT DE PAUL : Ce prêtre admirable est né dans une famille pauvre du village de Pouy (ou Paul), près de Dax, le 24 avril 1581.



religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL

Vincent de Paul va consacrer sa vie aux humbles et multiplier les oeuvres de charité.

Vincent de Paul meurt en odeur de sainteté à Paris le 27 septembre 1660, à 80 ans, au terme d'une vie prodigieuse toute orientée vers la charité et l'Evangile.

Après de bonnes études de théologie à Toulouse, Vincent de Paul est ordonné prêtre en 1600.




religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL

Lors d'un voyage en Méditerranée, Vincent de Paul est capturé, en 1605, par les pirates barbaresques et emmené en captivité à Tunis.

Il est vendu comme esclave à un alchimiste qui le traite plutôt bien avant qu'il ne s'échappe en 1607 et gagne Rome.

Vincent de Paul devient, en 1610, aumônier de la reine Marguerite de France.

En 1619, il est nommé Aumônier général des galères.




religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL

Il fonde, le 12 décembre 1617, à Châtillon, les Dames de la Charité, puis, en 1633, les Gardes des Pauvres et en 1653 l'hospice du Saint-Nom-de-Jésus.

Toute sa vie, Vincent de Paul mobilise au service des pauvres les dames de la noblesse et de la bourgeoisie françaises.

Il meurt en odeur de sainteté le 27 septembre 1660.

Il est béatifié par Benoit XIII le 13 août 1729 et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737.

En 1885, le pape Léon XIII l'institue "patron de toutes les oeuvres charitables".



religion catholique saint sainte vincent
27 SEPTEMBRE SAINT VINCENT DE PAUL



BINGEN : Akize ondoan den Paul-eko "Vincent" sainduaren eguna (+1660).

Deun-ixendegi euzkotarra lanean proposaturiko izena. Ikus Bikendi.

BIKENDI : Euzkarazko BinkentiBikenti edo Bikendi latineko vincens "garaile" hitzetik sortutako Vincentius izenetik dator. Kristauen artean arrakasta handia izen zuen, deabrua garaitu nahia adierazten zuelako. 991n Vincenti aurkitzen dugu Apardozen (Nafarroa), baina aitzinago, erdararen eraginez antza, Bizente nagusitu zen eta goian aipatu formak hagionimian baizik ez ditugu kausitzen. Aldaera honetatik Mikeldi idoloaren izena sortu zen. Done Bikendiren ermitaren ondoan baitzegon. Beste aldaerak BingenBizenBizente eta Bixintxo dira. Baliokidak : Vicente (es) eta Vincent (fr).





Un décès du 27 septembre : Félix Felixovitch Ioussoupov.



aristocrate russe raspoutine ioussoupov
FELIX FELIXOVITCH IOUSSOPOV


Né le 11 mars 1887 à Saint-Pétersbourg (Empire russe) - Mort le 27 septembre 1967 à Paris 16ème arrondissement.

C'est un aristocrate russe avec qualification d'altesse sérénissime, membre de la famille Ioussoupov.

Il est célèbre comme maître d'oeuvre de la conjuration qui conduit à l'assassinat de Grigori Raspoutine, ainsi que pour son mariage avec la princesse Irina Alexandrovna, nièce du tsar Nicolas II.

Il naît dans une famille très riche, du côté de sa mère.

Félix Felixovitch obtient son diplôme de l'école secondaire Gourevitch à Moscou.

Puis, de 1909 à 1912, il effectue de nombreux voyages en Europe et il étudie à l'University College d'Oxford.

De 1915 à 1916, afin de se préparer aux examens d'officier, il entre au corps spécial des pages de Russie.

Il est d'une personnalité complexe, menant une double vie.

Bisexuel, Félix Felixovitch mène une vie extravagante, scandalisant son entourage par sa vie dissolue.

En février 1914, il épouse la princesse Irina Alexandrovna, avec laquelle il aura une fille.

Il organise l'assassinat de Raspoutine, dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916, avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch, le député Vladimir Pourichkevitch, le lieutenant Sergueï Soukhotine et le docteur Stanislas Lazovert.

Pour le sanctionner, le tsar ordonne d'abord son exil, puis l'assigne ensuite à résidence dans son domaine de Rakitnoïe.

Au printemps 1917, pendant la Révolution russe, accompagné de son épouse et de sa fille, Félix Felixovitch quitte Saint-Pétersbourg pour la Crimée.

En avril 1919, il est contraint de quitter la Russie à bord d'un cuirassé de la Royal Navy.

Son exil débute à Londres, puis continue à Paris, en 1920.

Il y crée une maison de couture, IRFE, avec son épouse comme mannequin.

Félix Felixovitch passe ses vacances à Biarritz.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont ses mémoires, dans les années 1950.

Il meurt le 27 septembre 1967, à 80 ans.


aristocrate russe raspoutine ioussoupov
LA PRINCESSE IRINA ET LE PRINCE FELIX
DANS LES ANNEES 1930



Voici le proverbe du vendredi 27 septembre 2024 :


TRESNA, GURE INDARRAREN LUZAGARRI.

L'outil prolonge notre bras.



pays basque agriculture paysan
FAUCHEUR A LA FAUX
PAYS BASQUE D'ANTAN


(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)





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lundi 11 mars 2024

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 11 MARS 2024 SAINTE ROSINE ET SAINT SOPHRONE - HARTZEA

 

PROVERBE DU 11 MARS 2024 (SAINTE ROSINE) (SAINT SOPHRONE) (CONSTANTIN) (HARTZEA).


ROSINE : Sainte Rosine d'Augsbourg est vénérée dans le pays Souabe, en Allemagne, comme une sainte martyre des premiers siècles.  




religion catholique saint sainte rosine
11 MARS SAINTE ROSINE

On sait très peu de choses d'elle, si ce n'est que Rosine aurait été ermite et martyrisée.

Rosine est particulièrement vénérée dans le diocèse d'Augsbourg, à Wendlingen, où l'église lui est dédiée. Rosine y fait l'objet d'un pèlerinage attesté depuis le 14ème siècle.




religion catholique saint sainte rosine
11 MARS SAINTE ROSINE



SOPHRONE : Sophrone de Jérusalem, dit Sophrone le Sophiste.


religion catholique saint sainte sophrone
11 MARS SAINT SOPHRONE DE JERUSALEM


Né vers 560 à Damas, Sophrone est patriarche de Jérusalem de 634 jusqu'à sa mort le 11 mars 638 à Jérusalem (ou 639 à Alexandrie).

Avant d'être consacré patriarche, il est moine et théologien, ardent défenseur de l'orthodoxie telle que définie au Concile de Chalcédoine.

Peu de temps avant sa mort, il obtient du calife Omar qu'il rentre dans la cité sainte en pèlerin et non en conquérant.

Sophrone laisse de nombreux textes liturgiques, des homélies des textes théologiques, hagiographiques et poétiques.

Il est fêté le 11 mars chez les catholiques comme chez les orthodoxes.



HARTZEA : Edo "Gartzia" Nafarroako errege izen zaharra. 

(...) Gartzea - Erdi Aroko euskal izena (Garcea), beranduago deituratzat finkatu zena. Irudi duenez, egungo gaztea adjektiboaren jatorrizko forma izen honetan dugun bera da. Gartze, Gartzia, Gartzi, Gastea. - - (...).

Gartze : Gracia (es), Grace (fr).

Deun-ixendegi euzkotarra lanean Gracia izenarentzat ematen den baliokidea. Ikus Grazia eta Gartzi. Gartze gizon izena izan da historian zehar, Gartziaren aldaeratzat agertzen baita dokumentazioan.

Grazia : Gracia (es), Grace (fr), Grace (en), Gratiae (pl.)(la).

Latineko gratia "mesedea" hitzetik datorkigun izena da hau. Grazia kristauen teologian Jainkoak emandako dohaina da, baina ezagunagia da Greziako graziengatik. Hiru graziak, Aglae, Eufrosia eta Talia Zeus eta Eurinomeren alabak ziren, edertasuna eta gogo-gorputzen oreka irudikatzen zuten. Dona Gracia Iruñean aurkitzen dugu, 1241ean eta Graci aldaera Bilbon 1470ean (Graci d'orosco). Santuaren eguna ekainaren 23 an da. Aldaerak : Garazi, Grazi eta Gartze (Deun-ixendegi euzkotarra).



Une naissance du 11 mars : Félix Felixovitch Ioussoupov.



aristocrate russe raspoutine ioussoupov
FELIX FELIXOVITCH IOUSSOPOV


Né le 11 mars 1887 à Saint-Pétersbourg (Empire russe) - Mort le 27 septembre 1967 à Paris 16ème arrondissement.

C'est un aristocrate russe avec qualification d'altesse sérénissime, membre de la famille Ioussoupov.

Il est célèbre comme maître d'oeuvre de la conjuration qui conduit à l'assassinat de Grigori Raspoutine, ainsi que pour son mariage avec la princesse Irina Alexandrovna, nièce du tsar Nicolas II.

Il naît dans une famille très riche, du côté de sa mère.

Félix Felixovitch obtient son diplôme de l'école secondaire Gourevitch à Moscou.

Puis, de 1909 à 1912, il effectue de nombreux voyages en Europe et il étudie à l'University College d'Oxford.

De 1915 à 1916, afin de se préparer aux examens d'officier, il entre au corps spécial des pages de Russie.

Il est d'une personnalité complexe, menant une double vie.

Bisexuel, Félix Felixovitch mène une vie extravagante, scandalisant son entourage par sa vie dissolue.

En février 1914, il épouse la princesse Irina Alexandrovna, avec laquelle il aura une fille.

Il organise l'assassinat de Raspoutine, dans la nuit du 29 au 30 décembre 1916, avec le grand-duc Dimitri Pavlovitch, le député Vladimir Pourichkevitch, le lieutenant Sergueï Soukhotine et le docteur Stanislas Lazovert.

Pour le sanctionner, le tsar ordonne d'abord son exil, puis l'assigne ensuite à résidence dans son domaine de Rakitnoïe.

Au printemps 1917, pendant la Révolution russe, accompagné de son épouse et de sa fille, Félix Felixovitch quitte Saint-Pétersbourg pour la Crimée.

En avril 1919, il est contraint de quitter la Russie à bord d'un cuirassé de la Royal Navy.

Son exil débute à Londres, puis continue à Paris, en 1920.

Il y crée une maison de couture, IRFE, avec son épouse comme mannequin.

Félix Felixovitch passe ses vacances à Biarritz.

Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont ses mémoires, dans les années 1950.

Il meurt le 27 septembre 1967, à 80 ans.


aristocrate russe raspoutine ioussoupov
LA PRINCESSE IRINA ET LE PRINCE FELIX
DANS LES ANNEES 1930




Voici le proverbe du lundi 11 mars 2024 :


MARTXOKO AIZE, SAGARDIAN LORE.

Mars venteux, verger pommeux.



mois calendrier mars
MOIS DE MARS
ILLUSTRATEUR BEUVILLE






(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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dimanche 20 août 2023

LE GRAND-DUC DIMITRI PAVLOVITCH ET L'AFFAIRE RASPOUTINE AU PAYS BASQUE EN 1928 (deuxième et dernière partie)

 

LE GRAND-DUC DIMITRI PAVLOVITCH EN 1928.


Dimitri Pavlovitch de Russie, grand-duc de Russie, cousin du tsar Nicolas II, a fait partie de la conjuration pour assassiner Raspoutine, le 30 décembre 1916.



prince russe raspoutine assassin
GRAND-DUC DIMITRI PAVLOVITCH


 

Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et du Pays basque, le 20 juin 1928 :



"Raspoutine, le Grand-duc Dimitri et le prince Yousoupof.

L’action de la fille du moine.

Quels mobiles l’incitent à l’intenter ?



On a vu comment la fille de Raspoutine, ce moine qui tint une si large place dans les conseils du tzar et de la tzarine avant la révolution russe, intentait un procès en vingt-cinq millions de dommages et intérêts au grand-duc Dimitri et au prince Yousoupoff, qui furent les justiciers de son père. On a lu aussi l’interview prise, à Biarritz, au grand-duc Dimitri, qui est l’hôte habituel de la grande station. 



Quels mobiles guident la fille de Raspoutine ? C’est ce que se demande la Rumeur. Et voici ce que dit ce journal à ce sujet : 


"Quels sont les vrais mobiles et qui sont les gens qui ont influencé la fille de Raspoutine pour que celle-ci se décidât à intenter une action en dommages-intérêts ? Toutes les suppositions sont permises. 


Maria Sakoloff, dirait-on, aurait tenté cette suprême manœuvre pour assurer son avenir et celui de ses deux fillettes. Mais, pour mener à bien un procès d’une telle envergure et pour plaider contre un adversaire aussi puissamment armé, il faut de l’argent, et beaucoup. Or, Maria Raspoutine est presque indigente. 


prince russe raspoutine assassin fille
MARIA RASPOUTINE


Il faut donc que quelqu’un ait avancé les fonds. Qui est-ce, et pour quelles raisons l’a-t-il fait ? Un bailleur de fonds aurait-il eu le courage d'affronter une aussi longue procédure, quand les risques sont énormes et les chances de réussite presque nulles ? Certes non. Maria Raspoutine a donc, derrière elle, des gens qui la soutiennent, soit par vengeance à l’égard du prince Youssoupoff, ou du grand-duc Dimitri, soit parce qu’un puissant intérêt politique les anime. 


Cette dernière thèse est d’ailleurs celle de l’entourage du prince Youssoupoff. 




prince russe raspoutine assassin
PRINCE FELIX YOUSSOUPOV 1903
ET SA FEMME ZENAÏDA


Les ennemis de Youssoupoff peuvent évidemment être nombreux et de toute sorte. En premier lieu on pourrait soupçonner le gouvernement bolcheviste. Mais il ne se compromettrait jamais à s'aboucher avec la fille de Raspoutine, et quel intérêt pourrait-il avoir à anéantir ce prince déchu qui n’a aucun titre pour se poser en candidat au trône ? 


Le prince est au mieux, dit-on, avec certains milieux pétroliers. Il est possible qu’un groupe concurrent veuille le mettre dans l’impossibilité d’agir, mais il est encore plus probable que ses ennemis se recrutent dans les milieux qui étaient jadis dévoués à Raspoutine. 


En effet, Raspoutine a jusqu’à l’heure actuelle encore des amis et des fidèles. 


Cet homme extraordinaire, dont le caractère demeure incompréhensible aux gens de l’Occident, où les intérêts, les ambitions et les haines sont tempérées par le rythme d’une vie sans heurts, cet homme tout en contradictions continue à vivre dans la mémoire de ceux qui l’aimèrent et il hante leur sommeil. 


Quoi qu’il en soit, il y a lieu de croire que le procès ne se plaidera jamais, et que les tribunaux français se déclareront incompétents. En effet, et c’est l’avis de plusieurs spécialistes de droit international que nous avons consulté les tribunaux français peuvent citer à comparaître tous les justiciables qui habitent la France, sans distinction de nationalité. Ils jugent des étrangers entre eux d’après les lois ou sur la base des usages établis. Dans des cas de meurtre, commis sur un territoire étranger, on applique, d’ordinaire, la législation en vigueur dans ce pays. 


Or, d’après la législation russe, il y a prescription, car le meurtre a été commis en 1916 et le délai de la prescription était, en Russie, de dix ans. 


Enfin, la demande de 25 millions de francs n’est pas justifiée, car la loi russe exige, pour l’établissement des dommages-intérêts, un relevé exact des revenus. L’évaluation des dommages dits "moraux" n’entre en ligne de compte que subsidiairement. Bien entendu, les revenus avoués de Raspoutine étaient de peu d’importance. Le procès eût été — car il n’aura pas lieu — à la vérité très passionnant. 


Ajoutons que jusqu’ici aucune assignation n’est parvenue à M. Youssoupoff, malgré la déclaration faite à l’avocat du prince Me de Moro-Giafferi, par l’avocat de Mme Salovieff, Me Garçon. 



avocat france svocat homme politique stavisky seznec
MAÎTRE VINCENT DE MORO-GIAFFERRI

On ne saurait en tout cas, négliger un détail assez piquant : c’est que avant que s’ouvre toute procédure, un film doit être tourné, dont on a déjà parlé, d’ailleurs, qui s'appellera : "La Fille de Raspoutine" et dont... la fille de Raspoutine jouera naturellement, le premier rôle. 


Faut-il établir une corrélation quel conque entre cette proche éventualité et l’action judiciaire qu’on annonce ?


Et la description que font nos interviewers de la belle plaideuse — "trente ans, blonde aux yeux bleus, regard volontaire" ne ressemble-t-elle pas au signalement qu’on donne lyriquement de celles qui vont paraître à l’écran ? 


Il semble bien que la question ne soit pas de savoir si la vedette slave obtiendra ses vingt-cinq millions, mais si le film qu’elle va tourner rapportera pareille somme à la firme qui l’entreprend... 



Le Prince Youssoupoff déclare.


prince russe raspoutine assassin
PRINCE FELIX FELIXOVITCH IOUSSOUPOV


M. Polounine, fondé de pouvoir du prince Youssoupoff, après avoir eu un entretien avec ME de Moro-Giafferi, a déclaré à la presse, au sujet du procès intenté par la fille de Raspoutine contre le prince : 


— "L’affaire est très compliquée au point de vue droit. Nul mieux que Me de Moro-Giafferi ne saura défendre les intérêts du prince dont il est l’avocat attitré. 


En tuant Raspoutine, le prince Youssoupoff et ses amis ont pensé accomplir un acte de justice. Raspoutine étant considéré par eux, par tous les vrais Russes, comme un homme néfaste pour la Russie et le régime impérial. 


Le prince avait les meilleures raisons de croire Raspoutine agent de l’Allemagne, conscient ou inconscient. 


On ne saurait trop le répéter, le prince Youssoupoff croyait, en décembre 1916, servir son pays et la cause des alliés. 


Depuis cette date, le prince n’a pas vu ses convictions ébranlées par les ouvrages parus sur ce sujet ou par les faits qui se sont déroulés dans notre malheureux pays. 


Pleinement conscient du rôle qu'il a joué, de la responsabilité qu’il a assumée en commettant un crime, il a tenu à publier un livre, dernièrement paru, qui est en quelque sorte la justification de son acte. 



russe assassin raspoutine
LIVRE LA FIN DE RASPOUTINE
PAR LE PRINCE YOUSSOUPOFF

C’est donc sans aucune inquiétude qu’il attend sa comparution devant un tribunal français.  


Quant au grand-duc Dimitri, il désavoue le livre et estime que la plus grande réserve s’impose."





(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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jeudi 20 juillet 2023

LE GRAND-DUC DIMITRI PAVLOVITCH ET L'AFFAIRE RASPOUTINE AU PAYS BASQUE EN 1928 (première partie)

LE GRAND-DUC DIMITRI PAVLOVITCH EN 1928.


Dimitri Pavlovitch de Russie, grand-duc de Russie, cousin du tsar Nicolas II, a fait partie de la conjuration pour assassiner Raspoutine, le 30 décembre 1916.




prince grand-duc russe raspoutine
GRAND-DUC DIMITRI PAVLOVITCH


 

Voici ce que rapporta à ce sujet La Gazette de Biarritz-Bayonne et du Pays basque, le 18 juin 1928 :



"L'Affaire Raspoutine 


Les 25 millions de la fille du "staretz". 


Ce que répond, à Biarritz, le grand-duc Dimitri à la demande de Mme Solovieff, fille de Raspoutine, qui l'accuse d’avoir, avec le prince Youssoupoff, assassiné son père.



prince russe raspoutine assassin
PRINCE FELIX FELIXOVITCH IOUSSOUPOV



Le grand duc Dimitri ne sait que depuis quelques heures, que son nom suivant de très près celui du prince Youssoupoff, vient d’être épinglé dans la collection de l’actualité judiciaire. 



Un journal qu’il tient encore entre les mains à l’heure où je le rencontre, s’est chargé de lui porter sur la Côte d’Argent, la nouvelle de l’assignation lancée par la fille de Raspoutine. 



C’est donc une impression de surprise toute fraîche que le cousin germain du tzar accepte tout d’abord de communiquer à un collaborateur du "Matin", dans ce bar de Biarritz, où avec une bonne grâce légendaire, il distribue à chacun et dans toutes les langues, des salutations que l’on s’empresse de recueillir. 



Grand, mince, racé jusqu’au fond des yeux qui sont d’un bleu clair étrange, la silhouette jeune, le grand duc parle en prolongeant ses phrases par un geste du bras très particulier, comme s’il voulait donner à manger les mots, dans le creux de sa main.  



"J’ai été pris à un tel point au dépourvu par le procès, me dit-il, que je n’ai même pas encore fait choix d’un avocat. En conséquence ne possédant pas de conseiller, je ne saurais, pour l’instant, formuler d’objections juridiques. 


Il me semble toutefois, que la prescription doit jouer. Et puis, il y a autre chose." 



Et le grand duc Dimitri, très pâle, faisant effort pour dominer l’émotion grandissante qui naît avec violence de l’évocation de l’odyssée tragique qui commença pour lui le 16 décembre 1916, jour de l’assassinat de Raspoutine, murmure très bas : "Justice a déjà été faite. L’affaire a été jugée en Russie, par le Tsar." 



Consigné et déporté en Perse.



"Certes, au lendemain du crime, je n’ai pas été interrogé sur le fond, encore que j’aie été consigné durant huit jours dans mes appartements, sous la garde de sentinelles qui occupaient jusqu’à ma salle de bains. Par deux fois pourtant, j’avais demandé à l’empereur de me faire juger par un conseil de guerre comme un simple soldat. Par deux fois, les juges militaires se réunirent pour décider de mon sort, mais le tsar ordonna dans chacune de ces circonstances, l’arrêt des débats. 


N’empêche, une sanction intervint. Je fus déporté en Perse dans un poste terrible. Croyez bien que cet exil fut pour moi une véritable punition. Je fus, durant le voyage et tout le temps de ma déportation, considéré comme un détenu politique n’ayant pas le droit de recevoir de courrier fermé et ne pouvant disposer de sa personne.


Jamais encore je n’ai raconté l’histoire de mon exil. Je vous la confierai bientôt. Elle est dramatique. 


L’empereur me sauva en m’éloignant de Pétrograd. Si j’étais demeuré en Russie, j’aurais été massacré avec la famille impériale, assassiné, comme le fut mon père, par les bolcheviks. 


La silhouette du grand-duc s’est légèrement voûtée, comme s’il voulait se rassembler sur lui-même pour mieux supporter le poids d’un des drames passés les plus douloureux. Et l’on sent, en même temps, qu’il se replie pour mieux faire voler en éclat la question qui surgira d’un nom qu’il n’a pas encore prononcé, qu’il ne prononcera pas : Raspoutine ! 



Les motifs de l'assassinat.


"Je savais vaguement, me déclare le grand-duc, lorsque je veux lui imposer le souvenir du fameux Staretz, qu’une de ses filles habitait Paris. Je crois, d’ailleurs, qu’un autre de ses enfants s’est également fixé en France."



Et subitement, avec un accent étranger, le grand-duc me déclare en martelant les mots :  


"Monsieur, nous avions décidé de le tuer pour le bien de la patrie, dans une crise de délire patriotique. Je croyais que sa disparition fortifierait le trône de Russie. 


Le meurtre a été inutile. Nul n’aurait dû le raconter. Aurait-il même été suivi des conséquences heureuses que nous escomptions, que tous ceux qui l’accomplirent auraient dû se faire un devoir de garder ce drame secret. 


Quand on commet un acte extrême avec foi, avec spontanéité, on doit vivre avec des souvenirs, ne rien rapporter au public et mourir avec sa discrétion, non pas par crainte des responsabilités, mais pour laisser au geste sa véritable atmosphère. 



Il ne fallait pas raconter la nuit tragique.


"Le prince Youssoupoff a eu tort d’écrire un livre sur le drame. J’ai tout fait pour l’empêcher de le publier ; il n’a pas cédé à mes prières. Il a perdu, du coup, mon amitié. Depuis cinq ans, je ne le rencontre plus." 



russe assassin raspoutine
LIVRE LA FIN DE RASPOUTINE
PAR LE PRINCE YOUSSOUPOFF



Et avec excitation, le grand-duc Dimitri répète : 

"Il ne fallait pas raconter la nuit du 16 décembre. 


Voici douze ans que la tragédie s’est déroulée. Je n’en ai encore jamais parlé à personne. Ma femme, ma sœur, ne m’ont jamais entendu dire un mot de ces heures sanglantes. La même force qui me poussa alors à agir m’interdit de lever un coin du voile. 


— Celui que souleva le prince Youssoupoff, permet-il de reconstituer exactement le drame ? 


— Je n’ai jamais voulu entr'ouvrir le livre du prince Youssoupoff, répond le grand-duc."



 "Je n'ai pas de sang sur les mains".



— Raspoutine a-t-il été assassiné dans un sous-sol de l’appartement du prince ? 

— Oui.

 — Vous n’avez pas assisté au meurtre ? 

— Je n’ai pas de sang sur les mains. Je me trouvais avec trois compagnes dans une chambre du premier étage, quand il fut abattu. 

— Est-ce le prince qui tira tout d’abord sur Raspoutine ? 

— Oui. 

— Lui aviez-vous prêté votre revolver ? 

— Oui. 


Sur cette dernière affirmation, le grand-duc s’éloigne, le visage triste, les traits tirés, sans répondre aux saluts des serveurs pliés en deux, qui multiplient à l’infini leurs "Au revoir Monseigneur". 



Une controverse juridique.



De Paris, on communique la note suivante : 

On annonce que le prince Félix Youssoupoff, assigné par la fille de Raspoutine, a choisi pour défenseur Me de Moro-Giafferi. 


Le débat portera sur le point de droit suivant : Les tribunaux français peuvent-ils connaître d’un procès entre étrangers lorsque l’objet en litige est l’action civile née d’un crime commis à l’étranger ? 


Mais il ne s’agit même pas d’un procès entre étrangers, puisque Marie Grigorievna Solovieff, née Novick, fille de Raspoutine, âgée aujourd’hui de trente ans et qui habite actuellement Paris, a perdu sa nationalité russe en raison de l’article premier du décret du Comité central exécutif de l’U. R. S. S. d’octobre 1924, qui a prononcé cette déchéance contre tous les émigrés qui ont quitté la Russie. 


Mme Marie Grigorievna-Noviek se trouve donc "heimatlos", c’est-à-dire sans patrie ni nationalité juridique. Mais le prince Félix Youssoupoff et le grand-duc Dimitri Pavlovitch, qu’assigne la fille de Raspoutine, sont également "heimatlos". 


D’ailleurs, la jurisprudence française à l’heure actuelle, est fixée et déclare que les tribunaux français peuvent donner accès aux Russes réfugiés en France. 


Toutefois, la difficulté la plus sérieuse que rencontre l’action de la fille de Raspoutine est la prescription de dix années, qui, d’après la loi française, interdit toute action, soit civile soit pénale, basée sur un fait criminel. Quoi qu’il en soit, une controverse juridique s’engager entre Me Maurice Garçon et Me de Moro-Giafferi à la rentrée d’octobre sur le problème historique encore mystérieux de la mort de Raspoutine. 



Chez Me de Moro-Giafferi.




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MAÎTRE VINCENT DE MORO-GIAFFERRI



D’autre part, un de nos confrères a pu voir une personne de l’entourage immédiat de Me Moro-Giafferi qui lui a fait les déclarations suivantes : 


Me de Moro-Giafferri a, en effet, accepté d’assister le prince Youssopoff dans le procès que lui intente la fille de Raspoutine. Le prince est devenu un peu le compatriote d’élection de Me de Moro-Giafferri, car, depuis qu’il a quitté la Russie, s’il dirige à Paris une importante affaire, il séjourne régulièrement chaque année de quatre à cinq mois en Corse. 


Au point de vue droit, il est probable que l’avocat du prince contestera la compétence des tribunaux français, ceux-ci n’ayant pas à connaître d’événements ayant eu lieu à l’étranger et n’ayant eu pour auteurs que des étrangers qui n’ont été dénationalisés qu’ultérieurement. 


Il n’en demeure pas moins vraisemblable qu’au cours des débats sera évoqué, avec une précision de détails inédite, le meurtre historique du staretz Grigory Raspoutine. On sait que le prince Youssoupoff se considère fondé à démontrer que le moine russe fut, en réalité, l’agent de l’Allemagne et que c’est à l'instigation de celle-ci qu’il trahit son pays et hâta l’écroulement de l’empire des tsars. 


Ainsi, ce procès entre particuliers apparaîtra d’une importance historique de tout premier plan, le prince Youssoupoff n’ayant jamais eu l’intention de renier la responsabilité d’un acte qu’il a toujours revendiqué hautement devant l’histoire."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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