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vendredi 15 mars 2024

LE CHÂTEAU D'ETCHAUZ À SAINT-ÉTIENNE-DE-BAÏGORRY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1929

LE CHÂTEAU D'ETCHAUZ À SAINT-

ÉTIENNE-DE-BAÏGORRY.


Le château d'Etchauz, situé sur la commune de Saint-Etienne-de-Baïgorry, et datant du 12ème siècle, est le berceau de la famille d'Eschaux (Etchaux, Etchauz ou des Chaux).





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CHÂTEAU D'ECHAUX
SAINT-ETIENNE-DE-BAIGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 17 

octobre 1929 :



"Le Château d’Echauz.



C'est au pied de la montagne que ce vieux château, qui date du XIIe siècle dresse ses tours massives et élève vers les cieux ses échauguettes mystérieuses qui, aujourd'hui, ne sont plus qu'un ornement mais qui ont servi au début à la défense de cette demeure qui était, en même temps une forteresse. 



Ce carré massif, aux angles arrondis par ses tours, domine de haut la vallée paisible où s'étend en serpentant le long de la Nive le vieux village de Saint-Etienne-de-Baïgorry où ces inscriptions indiquent sur bon nombre de maisons leur date et leur ancienneté. 




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CHÂTEAU D'ECHAUX
SAINT-ETIENNE-DE-BAIGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le château d’Echauz est aujourd'hui la propriété de Mme d'Abbadie d’Arrast qui y pratique la plus aimable hospitalité, réunissant très fréquemment ses amis des alentours en d'agréables déjeuners et les invitant aussi à demeure. Aidée de sa charmante fille et de son fils, le grand réalisateur d'Hollywood, Mme d'Abbadie d’Arrast sait rendre le séjour délicieux dans cette antique demeure devenue si confortable et si séduisante. 



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CHÂTEAU D'ECHAUX
SAINT-ETIENNE-DE-BAIGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le grand salon, aux meubles de damas rouge, aux portraits d'ancêtres est séparé de la terrasse verdoyante par des murs de plus d'un mètre d'épaisseur qui assurent à son enceinte une température presque toujours égale. Le mur qui borde cette terrasse côtoyait autrefois les fossés pleins d'eau et le pont-levis qui donnait accès au château a disparu sans lui enlever toutefois son aspect seigneurial. 



Les amis d'Harry d'Abbadie d’Arrast sont aussi gais que lui-même et lorsque le marquis de Yvanrey et le baron Jean de l'Espée sont là, la conversation ne chôme pas et les traits d'esprit la sillonnent comme des éclairs répétés, la mélancolie est bannie de ces salons où tant de générations ont vécu et pensé. 



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BARON JEAN DE L'ESPEE LE MANS JUIN 1929
PHOTO AGENCE ROL



Il y a quelques jours, l'antique château recevait la visite d'un des as de l'art moderne, c’était l'étoile du cinéma Adolphe Menjou en chair et en os avec sa femme qui faisaient un séjour à Echauz. Quels contrastes n'aura-t-il pas trouvés dans cette demeure s'il l'a comparée aux maisons de Los Angeles ! 



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ADOLPHE MENJOU KATHRYN CARVER ET D'ABBADIE D'ARRAST
POUR VOUS 7 NOVEMBRE 1929


Sa femme, qui était Catherine Carver, vedette aussi du cinéma, a dû se trouver bien étonnée d'habiter cette somptueuse chambre aux meubles Louis XV, aux lignes fines et élégantes, avec sa coiffeuse où l'ombre de Mme de Pompadour semblait se refléter dans la glace, avec ses tentures bleues, son lit à baldaquin, aux rideaux plissés et bouillonnés et, chose extraordinaire, aux grands vases anciens d'où émergent de lumineuses ampoules électriques. 




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KATHRYN CARVER 1926



Et de ses larges fenêtres on aperçoit un magnifique panorama de montagnes abruptes et rocheuses, tandis que la vallée est verdoyante et que des fermes basques et de gaies habitations achèvent de lui donner la couleur propre à cette région, tandis qu'au premier plan c'est le merveilleux parc du château avec ses arbres séculaires, son bois de chênes et deux beaux palmiers qui, tout près de l'entrée, donnent une preuve irrécusable de la douceur du climat. Les fleurs qui, de toute part, émergent du sol, contribuent par la gamme variée de leurs couleurs à augmenter la séduction de ces parages pleins d'attraits. 



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CHÂTEAU D'ECHAUX
SAINT-ETIENNE-DE-BAIGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les châtelains d'Echauz, quand ils n’ont pas d'invités, ne sont cependant pas seuls, ils ont de fidèles compagnons, Patou et Nanouk, qui sont des chiens modèles et dont les talents de société sont remarquables. Nanouk saute avec l'agilité d’une danseuse et Patou, qui n'a rien d'un couturier, fait une garde vigilante autour du château et malheur à celui qui voudrait s'y introduire clandestinement. Mais il n’y a pas qu’eux, deux chats exquis, une vingtaine de vaches dont les clochettes tintinnabulent, quelques habillés de soie et d'autres animaux, des poulets, des canards, un âne, etc. 



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CHÂTEAU D'ECHAUX
SAINT-ETIENNE-DE-BAIGORRY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Et lorsque passent les palombes, les affûts sont préparés pour les surprendre dans leur vol de départ. 



La saison d'automne verra bientôt aussi les châtelains d'Echauz se disperser, Mme d'Abbadie d'Arrast et sa fille retourneront à leur résidence de Paris tandis qu'Harry, plein d'entrain, reprendra le bateau pour regagner l’Amérique et Hollywood !"



(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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jeudi 19 octobre 2023

LE DESCENDANT D'UNE FAMILLE BASQUE ILLUSTRE : HARRY D'ABBADIE D'ARRAST À HOLLYWOOD EN NOVEMBRE 1929

HARRY D'ABBADIE D'ARRAST À HOLLYWOOD EN 1929.


Henri d'Ababdie d'Arrast, ou Harry d'Abbadie d'Arrast, né le 6 mai 1897 à Buenos Aires (Argentine) et mort à Monaco, le 17 mars 1968, puis enterré à Saint-Etienne-de-Baïgorry, est un réalisateur et un scénariste de cinéma. 



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HARRY D'ABBADIE D'ARRAST



Voici ce que rapporta à son sujet l'hebdomadaire Pour Vous, le 7 novembre 1929, sous la plume de 

Nino Frank :



"La bataille muet contre parlant est engagée à Paris. Le public décidera...

D'Abbadie d'Arrast, Français d'Hollywood, dit...



Cet Hollywood féerique et multiforme, aux édifices éphémères de toute sorte et de tous les temps, cette ville peuplée de personnages romanesques qui s'habillent en civil pour la frime, mais qu’on imagine toujours prêts à donner des conclusions nouvelles et excessivement absurdes à leurs films, ce paradis des hégéliens, est-on sûr, en somme, qu’il existe ? En Californie, bien sûr : quiconque pourrait en indiquer la longitude et la latitude exactes (après avoir jeté un coup d’œil sur une carte de l’Amérique). Pourtant, imaginez qu’un Hoover un peu fantasque s’avisât d’ordonner que toutes les bâtisses en bois (qui n’ont que deux dimensions, et ne s’en plaignent pas) construites sur les indications des metteurs en scène, soient détruites dans les vingt-quatre heures. Que resterait-il de la ville du cinéma ? Rien n’indiquerait son emplacement, je présume, si la fatalité qui est toujours pleine de bienveillance pour les archéologues et les curieux en général, ne leur laissait trouver les restes d’un appareil de prise de vues, le pantalon de Charlot, quelques-uns de ces prodigieux bâtons de rouge des girls de Mack Sennet... Je ne serais pas autrement étonné si l’un de ces matins, on constatait la disparition de Hollywood. Bien entendu, MM. Paramount, Métro. Fox et leurs confrères ne seraient pas obligés d’avoir recours aux petites annonces des journaux du Nouveau Monde, pour le retrouver. Mais peut-on extrader les villes, même factices !




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HARRY D'ABBADIE D'ARRAST ET CHAPLIN
POUR VOUS 7 NOVEMBRE 1929



Or Hollywood se déplace. L’Europe les attire : Paris, au seuil de l’Atlantique, leur offre des interviewes et des palaces. Douglas, Mary Pickford, Bancroft, Evelyn Brandt, Chevalier, et tant d’autres s’attardent à Paris, ils disent que tout va bien à Hollywood... Menjou ne retournera pas là-bas. Je ne serais pas extrêmement surpris si Fairbanks et Mary Pickford allaient céder à la tentation de voir si l’air de l’Europe leur est favorable. Et Jannings, Sternberg, Conrad Veidt ?



Qu’est-ce qui se passe à Hollywood ? Voilà Harry d’Abbadie d’Arrast qui en revient : il restera à Paris un mois, le temps de se reposer "à l’européenne" : interrogeons-le. Il n’hésite pas :

— Le film parlant.



D’Abbadie d’Arrast, grand, bien découplé, les cheveux et les yeux d’un Andalou, la mâchoire forte, le rire clair entre deux rangées de dents très blanches : un Français d’Hollywood. Cela veut dire que ses sept années d’Amérique en ont fait un homme très simple et très fort, et qu’elles ont rendu sa voix âpre, et son français hésitant et un peu saccadé. Mais quinze jours de Paris suffisent à atténuer ce pittoresque amusant. Il est sympathique, élégant, pénétrant : la main qu’il vous tend est une main d’ancien combattant, de mutilé.



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ADOLPHE MENJOU KATHRYN CARVER ET D'ABBADIE D'ARRAST
POUR VOUS 7 NOVEMBRE 1929


— Je suis allé à Hollywood en 1922. Je voulais travailler : comme acteur ou comme metteur en scène, je ne savais pas. J'ai eu une chance inouïe : j’ai rencontré Charlie Chaplin... Et voilà.



En 1922, à Hollywood... L’année après le Kid ; l’année où les big four s’unissaient pour créer la société libre des United Artists. Et en Europe ? A quoi bon interroger davantage d’Abbadie d’Arrast sur les raisons qui le poussèrent à s’en aller de l’autre côté de l'Atlantique.


— Comme j’étais Français, on m'avait nommé conseiller technique pour un film de Gloria Swanson, ou plutôt pour une scène de ce film, une course de chevaux en Argentine. Je connais l'Argentine : quand j’étais gosse, on me promenait de tous les côtés... J'ai eu deux chances inouïes : Fitzmaurice, le metteur en scène de ce film, fit annoncer, lors de la présentation, mon nom, à cause de la part que j'avais eue à la composition de cette scène. Première chance : les metteurs en scène ne sont pas toujours si loyaux. Seconde chance : Charlot assistait à la projection, il remarqua ce bout de film, il voulut me voir... C'était le but vers lequel je tendais : toutes les recommandations qu'on m’avait données n’avaient servi à rien, car Chaplin fuit les postulants. J’avais fini par être le seul qui ne lui demandait rien. C’est ce qui lui plut. Il allait tourner l‘Opinion publique : j'étais Parisien. Il voulait introduire une course de chevaux dans ce film et me demanda de la diriger. On finit par y renoncer, mais je demeurai son assistant. J'ai travaillé pendant trois ans avec lui : j’étais son assistant, son docteur, son secrétaire... Nous étions très amis, nous le sommes toujours. Maintenant nous nous voyons presque tous les jours au tennis, nous échangeons nos idées : il me parle de chacune de ses trouvailles, me les jette comme des balles, pour voir ma réaction. Pour mon compte, je sais que je trouve chez lui la solution de toute difficulté... Chaplin est une institution : s’il disparaissait, pauvre cinéma !



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FILM A WOMAN OF PARIS
 OU FILM L'OPINION PUBLIQUE
DE CHARLIE CHAPLIN 1923


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IMAGE DU FILM A WOMAN OF PARIS 
DE CHARLIE CHAPLIN 1923




Harry d’Abbadie d’Arrast s’est animé en parlant de son grand ami ; son affection est émouvante. Ce qu’il a fait depuis, seul, il n’en parle pas ; tout ce qui touche à Chaplin lui tient à cœur, avant tout autre chose.


— Nous avons travaillé ensemble pour l'Opinion publique et La Ruée vers l’Or. En 1925, je suis venu en Europe pour présenter à Londres et à Paris La Ruée vers l’Or, .car Charlie tenait à ce que les orchestres jouent certains airs : il est très musicien. Il y a des scènes de ce film qu’il avait composées en songeant à ces airs. Mais trois années de travail avec Chaplin vous usent assez. Je le laissai faire autre chose. Or, je ne suis pas un salesman, un bluffer : les Européens le sont fort peu. Aussi m’entendis-je mal avec les gens des grandes sociétés. A la Metro-Goldwyn par exemple, j'eus les mêmes malheurs qu’a eus Feyder : devant tourner ce qui est devenu par la suite Femmes, je ne parvins pas à me mettre accord avec eux. Je ne sais pas me plier. Ils finirent par m’envoyer à Paris tourner la scène des deux poivrots descendant à cheval les Champs-Elysées, scène qui se trouve dans les Ailes. Ils pensaient que je n’y parviendrais jamais. Ils eurent tort, car je n’eus pas même besoin avoir recours aux autorisations de la Préfecture de Police pour la tourner... C’est pour la Paramount que je finis par tourner Femmes : là, je rencontrai Menjou, et j'ai fait avec lui Monsieur Albert, Valet de cœur et Sérénade. Mon dernier film est Dry Martini, que j’ai tourné pour la Fox avec Mary Astor. Je vais rentrer en Amérique pour commencer Raffles, avec Ronald Colman, pour la United Artists : mon premier talkie, parlant, je l'espère, le moins possible. Je songe à un film sur l'Espagne, pour lequel je reviendrai en Europe... Je me loue, maintenant, aux sociétés : cela me plaît davantage que si j’avais un contrat trop tyrannique...



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FILM DRY MARTINI 1928
D'HARRY D'ABBADIE D'ARRAST


Alors ? ce film parlant ? 


— Horrible. J’ai résisté autant que je l'ai pu. Chaplin a raison : je comprends son dégoût. Artistiquement, c’est une déchéance : la force principale du cinéma, art visuel, résidait dans le fait que seule la vue travaillait. Dans la vie courante, tous les sens fonctionnent : devant l’écran, toute l'attention (l’âme même) se concentre dans les yeux. Que vient faire un dialogue dans tout cela ? Nous en avons parlé bien souvent, Chaplin et moi : pour lui, outre cette hostilité de principe, il y a l’impossibilité de donner une voix à "Charlot". Voix inimaginable, ou que du moins tout le monde imagine à sa manière. On ne verra jamais de film parlant de Chaplin : il a presque achevé City lights. C’est une œuvre magnifique : j’ai entendu des gens parler de lui avec pessimisme parce que depuis deux ans on n’avait pas vu de film nouveau de lui. Mais La Ruée vers l’Or, le Cirque aussi, il a mis deux ans à les composer... Non, Charlie est toujours la plus haute personnalité qui soit dans le monde du cinéma : après lui Fairbanks, qui a toujours vingt ans, et Chevalier, oui, Chevalier. Vous verrez, Love Parade ; vous verrez ce qu’est sur l'écran, Chevalier... Quant aux talkies, c’est un succès indéniable : l'Amérique ne veut plus de films muets. Bon signe ? Mauvais signe ? Je vous avouerai que là-bas je n’en ai vu qu'un qui m'ait satisfait : Alibi. Quant au reste..."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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