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vendredi 6 novembre 2020

LA BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1812 (deuxième et dernière partie)

 

LA BISCAYE EN 1812.


En 1812, la province de Biscaye est peuplée d'environ 130 000 personnes.


pais vasco antes vizcaya
CARTE DE BISCAYE 1811
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de France, le 29 février 1812, sous la plume d'Alphonse 

de Beauchamp :



"Variétés. 



Coup d’œil historique et géographique sur la Biscaye



... La Biscaye, proprement dite, confine à l’est avec le Guipuzcoa, n'a que 13 lieues de l’est à l’ouest et 6 du nord au sud. Bilbao, à deux lieues de la mer de Biscaye, à l'embouchure de la rivière d’Anza, en est la capitale. Cette ville est petite, mais agréable, et son port est très fréquenté ; ses rues sont droites, bien pavées, ses maisons hautes et bien bâties. Elle a une grande place ombragée par de belles allées qui s'étendent sur le bord de l'Anza, qu’on passe sur un pont superbe. Les dehors de Bilbao sont embellis par un grand nombre de jardins et de maisons de plaisance qui forment une perspective admirable, surtout quand on remonte la rivière ; l'aspect de la ville complète et anime ce tableau pittoresque. On porte au-delà de 15 000 âmes la population de Bilbao, où le commerce et l’industrie ont répandu l’aisance et le bien être. Ses exportations immenses consistaient principalement en laines d'Espagne. 



C’est dans les deux cantons du Guipuzcoa et de l'Alava que s’ouvre la grande route, qui, de Bayonne, conduit à Madrid. Entouré de trois grandes chaînes de montagnes qui tiennent aux Pyrénées, l’Alava commence à 9 lieues des frontières de l’Empire français ; rien de plus riant que ses côteaux, rien de plus riche que la culture de ses vallées ; tout y est encore plus animé que dans la Biscave. De Vergara à Vittoria les habitations et les maisons de campagnes se touchent, et la route ressemble à une longue rue. La beauté du paysage, l'air d'aisance des villageois, la vue charmante de la Zedora, qui serpente dans la vallée, forment le tableau le plus ravissant. Les montagnes paraissent s’abaisser insensiblement ; on les franchit et l’on aperçoit Vittoria, ainsi nommée de la victoire éclatante remportée sur les Maures, par son fondateur don Sanche-le-Grand, roi de Navarre. Cette capitale de l'Alava est située en partie sur une colline et en partie à l’extrémité d’une vallée riche et féconde, d’où l’on a les Pyrénées en perspective. Elle est en général mal percée, mal bâtie, mais on y voit une belle place entourée d'arcades et de portiques et ornée d’une fontaine. Sa population n’est que de 6 500 personnes, mais elle est industrieuse et active ; tout y est vivant et animé. Au sortir de Vittoria, l’on entre, au-delà de la rivière d’Arienza, dans une plaine riante, fertile, couverte d’arbres et d'habitations, et où l’on compte près de 300 villages ou hameaux. Les habitants de l'Alava se livrent tous à l'agriculture ; ceux de la Biscave et du Guipuzcoa sont à la fois commerçants et agricoles : ils passent pour être les meilleurs marins de l'Espagne. Ces trois cantons réunis n'offrent cependant pas une population très considérable, à cause de leur peu d'étendue, et surtout du grand nombre de montagnes dont ils sont hérissés. Le dénombrement de 1788 portait la population entière à 317 758 habitants, dont un peu plus des deux tiers appartenaient à la Biscaye propre et au Guipuzcoa, et parmi lesquels on comptait 116 923 nobles ; car tous les propriétaires, biscayens d'origine ont été ennoblis par Philippe II. 


pais vasco antes alva
CARTE DE L'ALAVA EN 1911
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les habitants de la Biscaye sont fiers de descendre des anciens Cantabres ; on retrouve en eux des restes bien marqués du caractère de leurs ancêtres ; mais adoucis par la civilisation et surtout par le christianisme qui, dès le temps des Goths, avait fait perdre aux mœurs leur première rudesse. Les Biscayens sont robustes, agiles, braves et industrieux ; mais un sentiment de fierté et d'indépendance, qui fait le fond de leur caractère, les rend irascibles et opiniâtres. Ces défauts sont compensés par des qualités estimables. Ils sont humains, fidèles et probes. Leurs traits sont animés comme leur teint ; ils ont la physionomie ouverte, et généralement la taille moyenne ; ils parviennent à une grande vieillesse, et fondent leur bonheur domestique sur les vertus sociales. "Si j’avais à peindre la Biscaye en un seul mot, dit M. Fischer, connu avantageusement par deux Voyages en Espagne , je dirais : ce sont les Alpes Espagnoles habitées par des Grisons. Les Biscayens ont la même roideur, la même droiture de caractère ; mais ils doivent à leur climat plus de vivacité et de feu."



Ainsi que les femmes des anciens Cantabres les Biscayennes sont fières, courageuses et décidées ; elles ont le regard et le maintien assuré, se livrent aux travaux les plus pénibles, travaillent aux champs comme les hommes et avec plus d’assiduité. Leurs traits sont généralement réguliers et leur teint brun, mais coloré, annonce la santé et la vigueur. Elles ont de très beaux cheveux qu'elles tressent avec art comme étant le plus bel ornement qui puisse les parer. La gaîté règne dans les trois cantons de la Biscaye ; la danse et le jeu de paume y sont les exercices favoris des deux sexes. 



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FELLE DE LA BASSE BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


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FEMME HAUTE BISCAYE 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il paraît prouvé que l'idiôme biscayen est l’ancienne langue des Cantabres qui s'est conservée pure et sans alliage. Il est hérissé de consonnes, mais souple et riche en mots poétiques, et ne ressemble à aucune langue connue quant aux sons, aux significations et aux tournures. 



Ce qu’on recherche le plus en Biscaye c’est le fer et l’acier, qui sont d’une qualité supérieure. On y compte près de 300 usines en fer d’où il sort des canons, des boulets, des bombes, des ancres de navires et une grande quantité d’armes. La Biscaye a aussi des manufactures dans plusieurs autres genres, et de très belles corderies. Elle exporte du fer, des canons, et des armes à feu ; son importation est très considérable. Autrefois, ses chemins, à peine tracés flans le roc, sur le flanc et les crêtes des montagnes, étaient impraticables ; mais grâce aux administrations locales les routes de la Biscaye sont maintenant de la plus grande beauté. 




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SOUVENIR DE BILBAO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Cette province maritime, l’une des plus importantes de la Péninsule, a été le théâtre de plusieurs faits d’armes glorieux pour les armes françaises ; elle forme, avec la Navarre, l’Aragon et la Catalogne, cette partie de l’Espagne, en deçà de l’Ebre, qui, baignée par les deux mers et arrosée par 60 rivières, est limitrophe du grand Empire, sur près de cent lieues d’étendue, et contient 39 cités, 840 villes ou bourgs, plus de 2 000 villages et une population de plus deux millions d'âmes réparties sur un sol riche et varié dont les produits s’élèvent à près de 90 millions."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mardi 6 octobre 2020

LA BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1812 (première partie)

LA BISCAYE EN 1812.


En 1812, la province de Biscaye est peuplée d'environ 130 000 personnes.




pais vasco antes vizcaya
CARTE DE BISCAYE 1811
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de France, le 29 février 1812 :


"Variétés. 



Coup d’œil historique et géographique sur la Biscaye. 



La Biscaye est le pays des anciens Cantabres, peuple agreste, agile, robuste, insensible aux frimas, à la chaleur et à la faim. 



Enclavée entre l’Asturie et les Pyrénées, entrecoupée par des ramifications de ces hautes montagnes, la Cantabrie, baignée au nord par l’Océan qui portait son nom, était couverte de belles forêts et riche en mines de fer ; aussi les Cantabres étaient ils habiles à tirer le fer des entrailles de la terre et à fabriquer des armes excellentes. Ils dédaignaient l’agriculture et ne vivaient que pour la guerre ; leurs vieillards, devenus infirmes, se précipitaient du haut des rochers. 



Les poètes nous ont conservé le nom d’une tribu des Cantabres, qui faisait sa boisson favorite du sang des chevaux. Ce peuple, à demi sauvage, selon Strabon, avait un génie féroce et des coutumes extraordinaires ; il ne connaissait point l’argent ; les maris dotaient leurs femmes. Fiers et intrépides, les Cantabres se raidissaient contre les obstacles, affrontaient toute espèce de danger, et sacrifiaient leur vie, celle de leurs femmes et de leurs enfants, à leur amour pour l’indépendance. Ils résistèrent longtemps aux Romains, et ne furent subjugués que par Auguste ou plutôt par Agrippa, son gendre mais sans être domptés. Presque tous les prisonniers cantabres, destinés à l'esclavage, à la suite de cette guerre, se donnèrent la mort. 



Pour tenir en bride un peuple si redoutable, Auguste prit tous les chefs et les riches en otages, et distribua leurs terres à ses soldats. Tibère éleva des forts pour contenir tout le pays. Trois siècles après , les Cantabres cédèrent aux Visigoths, maîtres à leur tour de l’Espagne ; mais ils résistèrent aux Maures dans le siècle, et les repoussèrent même ayant à leur tête un prince du sang des Goths, reconnu duc de Cantabrie. Ce n‘est guère qu’un siècle après l’établissement des Maures en Espagne que les historiens commencèrent à désigner la Cantabrie sous le nom de Biscaye. La plus grande partie de cette province dépendait alors des rois d'Oviedo ; elle eût ensuite ses comtes qui résistèrent aux rois de Léon et de Castille, et l’illustre maison de Haro conserva la souveraineté de la Biscaye jusqu’au milieu du 14e siècle, époque où elle en fut dépouillée par Pierre-le-Cruel. Mais la Biscaye, par la conservation de ses privilèges et de ses assemblées nationales, par le droit de se gouverner elle même et de ne reconnaître les rois d’Espagne que comme seigneurs de Biscaye, offrit longtemps le phénomène politique d'un petit Etat républicain réuni à une monarchie absolue : elle perdit insensiblement son indépendance et n’en conserva plus qu’une ombre. 



pais vasco antes vizcaya
BILBAO VERS 1730
PAYS BASQUE D'ANTAN




Située au nord de l’Espagne, enclavée entre les Pyrénées, la Navarre, la Vieille-Castille et les Asturies, la Biscaye présente près de 30 lieues de côtes à l’Océan cantabrique, depuis la Bidassoa jusqu'aux montagnes de Santander. Sa largeur moyenne est de 20 lieues de l’est à l’ouest, et sa longueur de 25 lieues du nord au sud. Elle est formée de trois cantons distincts, la Biscaye propre, le Guipuzcoa et l’Alava, tous trois d'une figure triangulaire ; onze fleuves ou rivières l’arrosent, entr’autres l’Ega, l’Ebre et la Bidassoa. Quoique ses montagnes ne soient que des rameaux ou prolongements des Pyrénées, la plupart sont hautes, boisées et pittoresques, souvent même cultivées avec soin et coupées par un grand nombre de vallées fertiles et agréables. Parmi ces ramifications secondaires, on distingue le mont Gorveya : cinq heures de marche suffisent à peine pour le gravir ; on le voit alors se prolonger, s'aplatir en quelque sorte et former un grand plateau élevé, couvert d'excellents pâturages où les troupeaux de la Biscaye et de l’Alava viennent passer tous les étés. D’espace en espace, les campagnes de la Biscaye sont couvertes de maisons isolées, sans ornements, mais commodes, et qui, par leur proximité, semblent former des peuplades de cultivateurs et de propriétaires. Là, tout offre l’image frappante et respectable des mœurs antiques ; de loin en loin, de vieux châteaux, la plupart flanqués de tours carrées, s’élèvent au-dessus de ces habitations modestes. 



pais vasco antes montaña
MONT GORBEIA




Ce serait un opprobre pour un propriétaire de la Biscaye de vendre le bien de ses aïeux et de ne le pas transmettre à ses descendants. Quoique les collines, les coteaux, les vallées soient dans ce pays montueux les seules ressources du cultivateur, cependant l'agriculture y est en général bien entendue. Toutefois la Biscaye propre et le Guipuzcoa ne produisent point assez de blé pour leur consommation ; elles tirent le surplus de la Vieille-Castille ; l’Alava qui abonde en grains leur en fournit également. Les vins de la Biscaye sont âpres et désagréables ; mais les pommiers s’y trouvent dans leur pays natal, et les Biscayens ont une espèce de dédommagement dans leur excellent cidre. Vers la côte, la température, adoucie par l'influence de la mer, permet la culture des orangers et des citronniers. 


pais vasco antes vizcaya

BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Si l’on considère la Biscaye en masse, ses trois cantons réunis renferment 4 cités, 176 villes et bourgs, et 446 villages. Après avoir traversé la Bidassoa, qui fait la séparation de la France et de l'Espagne, on se trouve dans le Guipuzcoa, dont le sol est tellement montueux qu’on peut le regarder comme une montagne continue. La côte de cette petite province n'embrasse qu’une étendue de dix lieues, mais elle offre trois ports importants ; savoir : Fontarabie , l'une des clefs de l'Espagne septentrionale, bâtie en amphithéâtre sur une péninsule, à l’embouchure de la Bidassoa ; le Port du Passage, où une vaste baie entourée de hautes montagnes ne communique à la mer que par une gorge ouverte entre deux rochers, n’avant que la largeur suffisante pour laisser passer un seul vaisseau ; et enfin Saint-Sébastien, situé entre deux bras de mer qui en font une presqu’île, et dont le port est formé par deux môles, ville d'ailleurs bien bâtie, commerçante, d’où l'on jouit à la fois de la vue de l'Océan et des Pyrénées. Au centre du Guipuzcoa est la petite et jolie ville de Toloza, fondée par Alphonse-le-Sage, vers la fin du 10e siècle. Elle est située dans une agréable vallée sur les rivières d’Oria et d’Araxes ; ses industrieux habitants se livrent au commerce et à l’agriculture." 



pais vasco antes guipuzcoa puerto
PASAJES VERS 1705



A suivre...


(Source : http://aunamendi.eusko-ikaskuntza.eus/fr/photo/mu-58276/ et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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