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dimanche 15 décembre 2024

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN AOÛT 1930 (quatrième et dernière partie)

 

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN 1930.


Dans les années 1930, le béret Basque est à la mode en France.





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PLAGE FLEURIE DEAUVILLE 1930
CALVADOS D'ANTAN



Voici ce que rapporta le quotidien Comoedia, dans plusieurs éditions :


  • le 26 août 1930 :

"... Midi.


Un ah ! admiratif et de contentement. C'est André de Fouquières, toujours jeune, toujours étourdissant, qui monte sur la piste et réclame le silence.



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ANDRE DE FOUQUIERES


— Mesdames, messieurs, annonce-t-il, l'on va faire défiler devant vous les plus jolies et les plus connes vedettes des théâtres de Paris, qui, pour notre joie et le leur, vont vous offrir... leur interprétation du béret basque.


Et jamais mot ne fut plus juste. Car si le béret basque a une forme classique et immuable, n'est-ce-pas un peu d'elle-même que la femme révèle en sa façon de le camper sur sa tête, de le cabosser d'un coup de poing, de le tendre à droite ou à gauche, de dégager ou non l'ovale.


Autant de femmes ! Autant de bérets. C'est un sonnet — poème à forme fixe. Mais c'est un sonnet où l'âme n'est jamais la même.


On applaudit. On acclame et voici Harry Pilcer, lui-même porteur d'un béret, qui saute sur la poste et tenant Mlle Germaine Auger par la main, présente la première concurrente.



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HARRY PILCER ET GABY DESLYS


Qui ne connaît, qui n'aime Harry Pilcer, ce danseur merveilleux, ce grand artiste et ce grand coeur ?"


Un peu émue, mais si jolie, Germaine Auger fait son tour de piste, et sous les applaudissements frénétiques se livre aux photographes et opérateurs qui ne veulent pas la lâcher.


Mais André de Fouquières, éblouissant de verve, lance un nom, puis un autre, et tour à tour guidées par Harry Pilcer, qui a des grâces régence, et qui semble conduire un menuet, voici : Lucette Desmoulins, au sourire emprunté à Greuze et à Watteau ; Rose Nivel, aussi jolie que son homonyme florale et jouant au petit chaperon bleu escortée d'un immense Saint-Bernard ; Suzanne Berni, trépidante et adorable à croquer ; Césari, une vision comme en ont les poètes ; Irma Génin, ironique à souhait ; Alice Field, le sourire de la femme et l'âme même de la plage ; Peggy Vère, bébé anglais comme on en voit dans les contes et surtout comme on voudrait en rencontrer aux détours d'un bois, et dont le costume et la mimique acclamés par la foule des spectateurs, hantera de longues nuits les rêves de tous les vieux marcheurs, et enfin Claire Franconnay, dont la tâche était double, puisque en plus du béret basque, elle portait une autre responsabilité : celle de créer La Chanson des bérets, musique de Tiarko Richepin, paroles de notre collaborateur Charles de Richter.




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ACTRICE LUCETTE DESMOULINS
Par Published by: Star (Etoile) Photographer Unknown. — https://monovisions.com/vintage-portraits-of-lucette-desmoulins-by-biederer-brothers-1920s/, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=79706205






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ACTRICE ALICE FIELD






La chanson.


Nos lecteurs ont pu lire ces paroles alertes, si bien de circonstance et jouer sur les pianos cette musique éblouissante, harcelante, qui demain sera sur tous les pianos et dans toutes les mémoires.


Pour créer une telle oeuvre en plein air, au milieu d'un public, charmant certes, mais un peu bruyant, il fallait une fantaisiste ayant toutes les audaces et du premier coup emballant ses auditeurs.


C'est ce que fit, samedi, Claire Franconnay, que l'on a baptisée une "Chevalier femme", mais qui est avant tout une Claire Franconnay.


Quand la dernière note se fut éteinte, ce fut une adorable guirlande féminine qui, guidée par Harry Pilcer, esquissa la plus jolie des farandoles.


Pendant ce temps, le jury, présidé par l'illustre romancière Lucie Delarue-Mardrus, et comprenant : Mmes Rosenblith, Camille Duguet, MM. Vertès, Pol Rab, Michel Georges-Michel, confrontaient leurs notes et décernaient les prix. On trouvera la liste complète un peu plus bas. Jamais, en tout cas, décision ne fut plus enthousiastement accueillie.



L'après-midi et le soir.


Et puis les bérets ne voyaient pas s'arrêter là leur triomphe.


L'après-midi et le soir, dans le hall et chez Brummell, Mlle Claire Franconnay recueillait à nouveau tous les suffrages avec la chanson de Tiarko Richepin et de Charles de Richter, tandis qu'au grand gala des Ambassadeurs, une scène mimée et jouée, sur cette chanson, par le jazz de Billy Arnold, mettait le public en joie.



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ORCHESTRE BILLY ARNOLD

Ainsi se termine en apothéose la Journée des bérets, qui furent à la peine quand ils étaient portés par les Alpins, et à l'honneur, et qui furent à la fête et à la joie du jour où Deauville les adopta."



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Les lauréates.



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LUCIE DELARUE-MARDRUS



Le jury, présidé par Mme Lucie Delarue-Mardrus, a décerné les récompenses suivantes :


Hors concours.

Mlle Claire Franconnay, du Palace, qui gagne la merveilleuse création de Lalique, le miroir "Eglantines".



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CHANTEUSE CLAIRE FRANCONNAY

Premier grand prix.

Mlle Lucette Desmoulins, des Bouffes-Parisiens.


Premier prix.

Mlle Germaine Auger, du Théâtre Saint-Georges.



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ACTRICE GERMAINE AUGER


Deuxième prix, ex aequo.

Suzanne Berni, du Théâtre de Paris, et Alice Field, de l'Apollo.



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ACTRICE ALICE FIELD


Troisième prix.

Irma Génin, du Nouvel Ambigu.


Quatrième prix.

Mlle Cesari, du Théâtre Daunou.



Prix d'originalité.


Premier prix.

Mlle Rose Nivel, du Théâtre du Casino de Deauville.


Deuxième prix.

Mlle Peggy Vère, du Concert Mayol.




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ACTRICE PEGGY VERE


Le concours des photographies a donné lieu au classement suivant :


Premier prix : Mlle Fanny Clair.

Deuxième prix: Mlle Roubé Jansky.

Troisième prix : Princesse Galitzine.

Quatrième prix : Mlle Simone G.

Cinquième prix : Mlle Werdeuschlag.



Ajoutons à la liste des prix, déjà parus, trois caissettes de champagne Irroy, que nous devons à l'amabilité de MM. Berck et Noel, les grands amis des artistes."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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vendredi 15 novembre 2024

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN AOÛT 1930 (troisième partie)

 

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN 1930.


Dans les années 1930, le béret Basque est à la mode en France.





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PLAGE FLEURIE DEAUVILLE 1930
CALVADOS D'ANTAN



Voici ce que rapporta le quotidien Comoedia, dans plusieurs éditions :


  • le 22 août 1930, sous la plume de Georges Schmitt :

Avant le concours de bérets.



Quand Tiarko Richepin fait répéter.




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COMPOSITEUR TIARKO RICHEPIN


Le Normandy dort. Il n'est que quatre heures de l'après-midi. Sur son toit, un chat maigre s'allonge dans l'attente vaine d'une aimable matoute. Il est vrai qu'il est en porcelaine. C'est presque le Palais du bel hautbois dormant.



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LE NORMANDY-HÔTEL
14 DEAUVILLE
CALVADOS D'ANTAN



Soudain, ritournelle animée et enchaînement d'un piano qui joue un air étincelant de verve et de gaîté.


C'est Tiarko Richepin qui fait répéter Mlle Franconnay, la jeune artiste qui doit créer, demain, la déjà célèbre "Chanson des bérets".



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LA CHANSON DES BERETS DE TIARKO RICHEPIN



Dans la chambre qui ouvre sur un jardin, un piano, et accotés au piano, deux fusils. "C'est pour les pigeons" dit Tiarko, mais Mlle Franconnay songe : "Bon Dieu, si je fais une fausse note !!!"


Rien à craindre de ce côté, heureusement !


Le premier couplet, file, épatant d'allure et la charmante artiste attaque le second en l'enrichissant d'imitations de Chevalier, de Maud Loty, de Mistinguett, de Damia. Tiarko, déchaîné, tire des étincelles du clavier.


(Tout à l'heure, les fusils vont partir tout seuls !)


Assis sur le lit, l'auteur des paroles, notre ami Charles de Richter bat la mesure avec son pied, et a toutes les peines du monde à ne pas faire chorus au refrain.


Mlle Franconnay esquisse maintenant le pas qui doit meubler la ritournelle.


Nouvelles imitations, nouvelles trouvailles. Tiarko a si chaud qu'il en "tombe la veste". Un maître d'hôtel apporte du porto. Trois verres cassent par le seul effet de la sonorité.



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SALLE A MANGER NORMANDY-HÔTEL
14 DEAUVILLE
CALVADOS D'ANTAN


Reprise. Aux fenêtres du Normandy, des têtes apparaissent. Il n'y a plus une place au balcon. Trois lorgnettes sont braquées sur la jeune vedette et la boivent des yeux. Tiarko transpire, la poudre des fusils doit aussi être mouillée. Au moins, ils ne partiront pas !


Mais qui songerait à partir ?


Le béret sur la tête, Mlle Franconnay passe en revue les différentes manières de le porter. Tiarko, qui lança la mode, voici vingt ans, du béret basque, lui donne des conseils tout en jouant et en chantant lui-même la chanson.


Ah ! s'il est un compositeur prodigieux — et il l'est — quel artiste complet, quel organe étourdissant !


Sur le toit, le chat maigre de porcelaine semble avoir des frémissements dans la queue ; deux pigeons, qui roucoulaient (heureusement que Tiarko ne les a pas vus), se béquetent et se bécotent en mesure. Toutes les têtes, aux fenêtres, suivent un identique mouvement de métronome.


Certains, déjà, reprennent en choeur au refrain. Ah ! qu'est-ce que ce sera, demain, au Bar du Soleil, avec l'orchestre Billy Arnold et la grande joie populaire !



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ORCHESTRE BILLY ARNOLD



Mais Tiarko a dit : "On remet ça ?" Il joue à nouveau, emballé d'un bel enthousiasme. Mlle Franconnay danse et lance les couplets avec une fantaisie de jongleuse. Charles de Richter bat toujours la mesure, ce qui vaut mieux que de battre les femmes. Il n'y a qu'un personnage dans toute la chambre, qui dort : le chien de Tiarko, son célèbre cocker. Que voulez-vous, il a l'habitude !"




  • le 26 août 1930 :

"Apothéose. Notre concours de bérets.



Ce fut vraiment le triomphe des bérets : De ces bérets basques adoptés par la Plage-Fleurie et naturalisés deauvillais.



Y en avait-il encore chez les commerçants deux heures avant la fête ?



Nous pouvons en douter car on les comptait les minois féminins et les faces masculines qui ne s'en cachaient pas dans ces bérets dont on peut critiquer la sévérité, mais qui permettent toutes les fantaisies, toutes les audaces charmantes, toutes les légèretés.



Mais procédons par ordre. Les grandes journées doivent entrer dans l'histoire avec leurs moindres détails, et la journée des bérets fut de celles-ci.



9 heures.


Tout Deauville ouvre l'oeil et se précipite à sa fenêtre. Hélas ! pluie et vent à croire que les éléments se sont trompés de mois. Tout Deauville hoche la tête et jette un regard désespéré vers le baromètre.


Austerlitz ? Waterloo ? Lequel sera-ce ?



10 heures.


Miracle ! Comme quoi la foi remue les montagnes ! Un à un les nuages prennent la porte de sortie et petit à petit, le ciel retrouve une couleur que l'on n'osait plus espérer.



Les dames qui avaient déjà choisi un béret de teinte sombre se ruent sur leurs cartons à chapeaux pour en chercher un aux couleurs plus appropriées. On s'habille à la hâte, on mobilise la glace pour trouver le petit coup de pouce qui donne la ligne la plus amusante. Pendant ce temps, monsieur qui ne peut pas mettre sa cravate peste contre madame, mais n'en arbore pas moins lui aussi son béret.



Le ciel s'est tout à fait nettoyé maintenant. Du bleu et de l'or. Une température idéale. Non, ce ne sera pas Waterloo, et l'on n'aura pas besoin de mobiliser Cambronne.


Ce sera Austerlitz.


Mais, au fait, que pouvait-il bien dire quand il était heureux, Cambronne ?



11 heures, Bar du Soleil.



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BAR DU SOLEIL
14 DEAUVILLE
CALVADOS D'ANTAN


La foule des grands jours jacassant, riant, pépiant. Aux portes, les contrôleurs qui ne laissent entrer que les élus, porteurs de carte. Tout autour, une mer humaine qui flue, reflue, stagne et s'amuse.


L'orchestre s'installe sur son estrade, et la foule se dispute les tables en bordure de piste. Les cinématographes prennent position, et les fils du micro serpentent à travers les chaises.


On attend. Il n'y a plus une place de libre.



Même heure. Dans les coulisses.


A l'intérieur des Bains pompéiens l'agitation est à son comble. Toutes les concurrentes qui ont si aimablement prêté leur concours pour ce joli gala sont là, qui en pyjama, qui en costume fantaisiste, mais toutes arborant — avec quel chic et quelle crânerie ! — le joli petit béret.


Peggy Vère, qui a obtenu du Concert Mayol de rester par autorisation spéciale, et Claire Franconnay qui doit lancer un pyjama conçu pour cette occasion par cette magicienne Laure Lucy, ne sont pas encore arrivées et font blanchir précocement les cheveux des organisateurs. On les aperçoit enfin, et comme elle sont toutes deux délicieuses de fantaisie et de cran, on les acclame... et l'on frappe les trois coups.



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ACTRICE PEGGY VERE



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CHANTEUSE CLAIRE FRANCONNAY






A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 15 octobre 2024

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN AOÛT 1930 (deuxième partie)

"SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE" EN 1930.


Dans les années 1930, le béret Basque est à la mode en France.





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PLAGE FLEURIE DEAUVILLE 1930
CALVADOS D'ANTAN



Voici ce que rapporta le quotidien Comoedia, dans plusieurs éditions :


  • le 8 août 1930, sous la plume de Georges Schmitt :

... "Célimène, elle-même, si elle venait à Deauville, en coifferait son profil altier, et je suis certain que Mistinguett, renonçant pour une fois à ses panaches, va l'adopter en se disant que, s'il est basque, il fait fichtrement aussi parisien.



1930 va être l'année du béret. On va le voir sur toutes les frimousses et dans tous les actes de la vie.



Aussi, maintenant, Mesdames, toutes en scène pour le Concours et soyez certaines que les hommes eux-mêmes seront les premiers à vous imiter.



Il y a peu de jours, M. Gaston Gérard, haut-commissaire général du Tourisme, se voyait décerner par le Sud-Ouest enthousiaste un béret basque d'honneur.



ministre tourisme france
GASTON GERARD MINISTRE TOURISME 1930


Il n'en manque pas à Deauville, à qui vous puissiez rendre pareil hommage.



Tenez, M. Chiappe, par exemple, à qui ça irait si bien.



Mesdames, à vous d'allonger la liste.



A vos bérets !



Rappelons que la finale du Concours de Bérets basques aura lieu le samedi 23 août à midi. Un grand défilé aura lieu ce jour-là au Bar du Soleil, avec présentation par les artistes des grands théâtres de Paris, et des stars du cinéma.



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BAR DU SOLEIL 14 DEAUVILLE



Un jury spécialement constitué désignera la gagnante du concours et remettra aux autres lauréates les prix dont nous avons donné avant-hier la liste."



  • le 23 août 1930, sous la plume de Georges Schmitt :

"La journée des bérets.


"Sire, disait, il y a 130 ans, M. de Fontanes à Napoléon 1er, en ce moment tous les écoliers de France sont en train de faire leur version latine !"



"Mesdames et messieurs, pourrions-nous dire, sur le coup de midi, aujourd'hui, toutes les Deauvillaises sont en train d'enfiler leur béret !"



Car c'est aujourd'hui qu'elles vont camper sur leurs cheveux bruns ou blonds, les bérets basques qui sont la dernière mode deauvillaise, ces charmantes artiste qui ont nom : Pearl White, Jeanne Saint-Bonnet, Germaine Auger, Les Rowes Sisters, sans oublier la délicieuse fantaisiste Claire Franconnay, créatrice de La Chanson des Bérets.



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THE ROWES SISTERS 1928






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LA CHANSON DES BERETS
PAROLES DE CHARLES DE RICHTER ET
MUSIQUE DE TIARKO RICHEPIN


Sur la piste du Bar du Soleil, annoncées par ce grand introducteur des vedettes et des reines, André de Fouquières, elles défileront, offrant leur sourire, leur charme et imposant définitivement la mode. Et à leur commandement, toutes les femmes obéiront.



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BAR DU SOLEIL 14 DEAUVILLE


— Midi, toutes les Deauvillaises, Sire, enfilent leur béret deauvillais.

— Une heure, et continuant ce beau mouvement d'ensemble, toutes les Deauvillaises, bérets en tête, exhibent leurs pyjamas sur la plage et font ouvrir des grands yeux aux foules accourues des lointaines provinces pour s'initier à la grande vie de la plage fleurie.

— Trois heures ! Toutes les Deauvillaises encouragent de leur présence la race hippique et font des études comparées sur la Côte jaune, la Côte bleue et la Côte... d'amour.

— Cinq heures ! Toutes les Deauvillaises se retrouvent aux Ambassadeurs pour encourager, par ces petits cadeaux qui entretiennent l'amitié : l'élevage des danseurs. Très compromis par les différents krachs américains de cette année.

— Sept heures. Toutes les Deauvillaises ont le sabot à la main et se demandent pourquoi M. Citroën ne s'attache pas à la solution de ce problème : "La fabrication des mains en série."

— Onze heures. Toutes les Deauvillaises sont au décor de féérie et de conte persan, applaudissant le spectacle de choix monté par le magicien M. Duclos.

— 2 heures du matin. Toutes les Deauvillaises sont à nouveau autour des tables et accumulent des monceaux de plaques devant elles ; à moins qu'elles ne prennent la culotte, ce qui est tout de même bien dans la note, en cette saison qui vit triompher le pyjama.

— 4 heures. Toutes les Deauvillaises, de retour dans les palaces et les villas, se ressouviennent qu'elles sont femmes, et qu'à Deauville, en plus du jeu, il y a l'amour.

— A 4 heures 15...

— A 4 heures 30...

— A 5 heures...



Mais baissons le rideau pudiquement. C'est ce que les statisticiens appellent la taylorisation du travail.



Les mêmes actes.

Les mêmes gestes.



Mais, une fois de plus, les bérets sont à l'honneur.



Ce matin, les Deauvillaises les avaient en tête.



Ils volent maintenant... par dessus les moulins."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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dimanche 15 septembre 2024

SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE EN AOÛT 1930 (première partie)

SOUS LE SIGNE DU BÉRET BASQUE EN 1930.


Dans les années 1930, le béret Basque est à la mode en France.





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PLAGE FLEURIE DEAUVILLE 1930
CALVADOS D'ANTAN



Voici ce que rapporta le quotidien Comoedia, dans plusieurs éditions :


  • le 5 août 1930 :

"Grand Concours de Bérets basques à Deauville.


Mesdames, à vos miroirs !



Le béret basque, coiffure française, s'il en est une, a conquis le monde. Jean Borotra, le Béarnais volant, en a fait, sur les courts du tennis des championnats internationaux, comme un signe de ralliement. Henri IV, autre Béarnais et le plus français de nos rois menait ses troupes à la victoire en leur désignant aussi sa coiffure. En France nous aimons lever les yeux et regarder le couvre-chef de nos chefs !




homme tennis france mousquetaires pays basque béret
TENNISMAN JEAN BOROTRA



Les élégantes ont adopté d'enthousiasme le béret, si crâne sur le crâne auréolé de mèches brunes ou blondes. Qui n'a pas son béret ? Oui, mais, comment se doit-il porter ? Sur l'oreille comme les rapins de Murger ? Et encore sur quelle oreille ? La droite ou la gauche ? Sur l'occiput, comme les misses déchaînées ? Sur le front, comme les recordmen de vitesse ? Doit-il être sombre ou clair ? Echappe-t-il à la contrainte des ensembles ?



Comoedia, pour contribuer à résoudre ces problèmes, a décidé d'organiser, à l'occasion de la grande quinzaine de Deauville, un concours qui ne manquera ni de pittoresque ni de gaîté.



Tous les jours, du 8 au 23 août, le photographe de Comoedia, accompagné du rédacteur spécialement chargé du concours, prendra, au hasard, la photographie d'élégantes coiffées du béret. Les meilleurs de ces portraits seront publiés dans Comoedia. La collection des photographies sélectionnées sera soumise à un jury d'artistes, de modistes et d'arbitres de la mode.



Par son vote, ce jury indiquera, pour l'édification de l'Univers, comment le béret doit se porter et récompensera celles qui auront deviné l'esthétique française. Mettez-vous devant la glace et cherchez."



  • Le 7 août 1930 :

"Grand Concours de Bérets basques à Deauville.


Liste des prix :


Premier prix : une oeuvre de M. R. Lalique "Les Eglantines", miroir rond, et un abonnement d'un an à Comoedia ;



MIROIR LES EGLANTINES DE RENE LALIQUE


2e prix : une robe de chez Agnès et un abonnement d'un an à Comoedia


3e prix : 1 chapeau de chez Jane Blanchot et un abonnement d'un an à Comoedia


4e prix : 2 billets pour une excursion de trois jours aux châteaux de la Loire, voyage en autocar de luxe, offert par l'Agence des Grands Voyages Le Bourgeois, et un abonnement d'un an à Comoedia ;


5e prix : 1 cadeau des Parfums Weill et un abonnement d'un an à Comoedia


6e prix : pièce crêpe de chine et lainage pour ensemble tissu Welco, et un abonnement de six mois à Comoedia


7e prix : un ensemble (collier et bracelet) de chez Clairval, et un abonnement de six mois à Comoedia


8e prix : un collier de chez René Guillaume et un abonnement de six mois à Comoedia


9e prix : un parfum de Martial et Armand, et un abonnement de six mois à Comoedia



PARFUM PRESENCE DE MARTIAL-ARMAND 1930


10e prix : un sac de chez Offenthal et un abonnement de six mois à Comoedia ; 


11e prix : un sac de chez Offenthal et un abonnement de trois mois à Comoedia


12e prix : un coussin en taffetas piqué de la Maison Titienne, et un abonnement de trois mois à Comoedia ;


13e prix : une parure pour robe et chapeau de la maison Pierre Roy et un abonnement de trois mois à Comoedia


14e prix : un collier de chez Rols, et un abonnement de trois mois à Comoedia


15e prix : un bon pour un portrait de Manuel frères, et un abonnement de trois mois à Comoedia ;


16e prix : un collier de chez Rols et un abonnement de trois mois à Comoedia


17e prix : 3 nappes de la maison Durax et un abonnement d'un an à La Revue de la Femme


18e prix : 3 nappes de la maison Durax et un abonnement d'un an à La Revue de la Femme ;


19e prix : un ensemble basque (sac et ombrelle), et un abonnement d'un an à La Revue de la Femme


20e prix : six disques de la maison Pathé et un abonnement d'un an à La Revue de la Femme ;


21e prix : une caisse de trois bouteilles Triple-Sec Guillot, et un abonnement d'un à La Revue de la Femme



AFFICHE POUR TRIPLE SEC GUILLOT



22e prix : une caisse de trois bouteilles Triple-Sec Guillot, et un abonnement d'un à La Revue de la Femme 


23e prix : une écharpe de soie de chez Barclay, et un abonnement de trois mois à Comoedia


24e prix : un coffret de produits de beauté des Laboratoires Charpy, et un abonnement de trois mois à Comoedia


25e prix : un coffret de produits de beauté des Laboratoires Charpy, et un abonnement de trois mois à Comoedia.



  • le 8 août 1930, sous la plume de Georges Schmitt :



"Sous le signe du béret basque.



Je sais enfin ce qui caractérisera la saison deauvillaise 1930. C'est qu'elle sera sous le signe du béret basque.



Car avez-vous remarqué qu'il n'y a rien de tel que les concours pour marquer une époque de leur empreinte et laisser un souvenir dans les mémoires ?



Vous pouvez oublier allègrement qui était président du Conseil ou ministre des Affaires étrangères, en telle ou telle année (je vous y engage même vivement pour votre tranquillité d'esprit), mais il vous suffira que l'on vous parle du Concours du Litre d'or, ou du concours des pâtes alimentaires, ou encore de l'objet caché, pour qu'immédiatement en votre esprit surgisse le rappel précis d'événements que vous croyiez effacés à tout jamais.



Ce qui revient à dire que le frivole l'emporte sur le sérieux, remarque que j'ai souvent eu l'occasion de faire, mais que je ne livre pas d'habitude à mes interlocuteurs, de peur de déchoir dans leur estime.



Combien de jeunes femmes m'ont avoué n'avoir gardé aucun souvenir du prêtre, du pasteur ou du rabbin (on voit que je prends mes précautions, ignorant qui lira ces lignes) qui les maria, tandis qu'elles se souvenaient parfaitement de la tête de la femme de chambre ou du garçon d'étage du palace où elles avaient passé leur première nuit de noces !



Frivolité, vous dis-je, tout n'est que frivolité ! Mais revenons à nos bérets.



Donc, 1928 avait été marqué par les concours de maillots et 1929 par les concours de pyjama. Il était grandement temps que la femme fit voir qu'elle avait aussi une tête.



Une tête très près du bonnet, ou plutôt très près du béret.



1930 sera cette année-là.



Vous avez lu l'annonce du grand concours que lance Comoedia ?



Je vous avouerai qu'il m'enchante.



D'abord, j'adore le béret pour la femme ; c'est crâne, c'est chic, et un mot, c'est éminemment français.



Quand je vois un joli petit minois encadré dans un de ces bérets qui évoquent les cols de Gascogne, j'ai envie de parodier "Le jour et la nuit" et de chanter :


Elle portait un béret basque

La chose est permise après tout,

Ca tient mieux un jour de bourrasque

Et c'est faire preuve de goût,

Ca va bien (ter)



Qu'on me permette d'en rester là ! Mais, sincèrement, s'il fût jamais coiffure qui fût adorable, — et si commode à enlever quand on veut le jeter par dessus le Moulin — c'est bien lui.



Depuis quelques saisons déjà, il était venu en éclaireur, mais cette année, est-ce parce qu'il fait du vent ? ou par simple coquetterie ? Il éclate, il triomphe.



On en voit des bleus, des verts, des blancs, des rouges, de toutes les couleurs. C'est une débauche de teintes qui affoleraient un pointilliste. Là-dessous, les mèches se cachent ou s'envolent. Il permet toutes les fantaisies, et va adorablement du grave au gamin. 



Naturellement, avec l'appui du Concours de Comoedia, jusqu'où ne va-t-il pas aller ?"



A suivre...


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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