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mardi 22 avril 2025

LE PHYLLOXÉRA ET LA RIOJA ALAVESA EN ALAVA AU PAYS BASQUE EN 1920 (troisième et dernière partie)

LE PHYLLOXÉRA EN ALAVA EN 1920.

 

Le phylloxéra de la vigne est une espèce d'insectes hémiptères de la famille des Phylloxeridae.

C'est une variété de pucerons ravageurs parasites de la vigne, néobiotes venus de l'Est des Etats-Unis, qui a provoqué des dégâts considérables dans les principales régions viticoles d'Europe à la fin du 19ème siècle.




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LE VIN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Dr J. Feytaud dans l'hebdomadaire Revue de viticulture, en date 

du 4 mars 1920 :



"Dr J. Feytaud. — Sur le dépérissement phylloxérique du Mourvèdre X Rupestris 1202 et de l'Aramon X Rupestris Ganzin 1 dans le Nord-Espagne.



La comparaison est surtout facile avec le 41 B et avec le Lot, qui sont assez répandus dans les vignobles de Navarre et de Rioja. Les exemples suivants, pris aux alentours d'Elciego, sont démonstratifs :


Dans une vigne plantée sur les alluvions anciennes d'une haute terrasse dominant la vallée de l'Ebre, une portion est en 1202, l'autre en 41 B ; les deux portions s'imbriquent l'une dans l'autre, leur ligne de séparation étant une ligne brisée. Le sol, assez homogène, paraît convenir mieux encore aux Franco-Rupestris qu'aux Franco-Berlandieri, sa teneur en calcaire est de 20 % (avec sous-sol plus calcaire, jusqu'au 45 %). Or, le 1202 a subi là, depuis 4 années, des dépressions telles qu'il y est actuellement au dernier terme du dépérissement, tandis que le 41 B reste en bel état.



Il arrive qu'au milieu de plantations de 1202 quelques pieds épars résistent isolément, verts et vigoureux, tandis que tout meurt ale tour. Si la souche du "rescapé" produit un rejet, nous constatons couramment que ce n'est pas un 1202, mais un 41 B, ou bien encore un Rupestris du Lot.



Inversement, il m'est arrivé de voir quelques pieds périclitant parmi des Chasselas X Berlandieri 41 B prospères. L'examen des repousses, toutes les fois qu'il fut possible, indiqua régulièrement que les moribonds appartenaient non pas au type 41 B, mais aux types Mourvèdre X Rupestris 1202 ou Aramon X Rupestris Ganzin 1.



Dans une pièce de vigne plantée en 1904 avec un mélange de Rupestris du Lot et de Riparia X Rupestris 3309, il y avait au bout de deux ans quelques manquants par-ci par-là, comme il arrive toujours. Ayant sous la main des Mourvèdre X Rupestris 1202 et des Aramon X Rupestris Ganzin 1, dont on plantait en 1907 une pièce voisine, on garnit les vides avec ces variétés. Or, quand je visitai ces vignes à l'automne dernier, je constatai partout la présence de très nombreux radicicules ; la plantation de 1907 était garnie de grandes taches phylloxériques confluentes, et considérée comme entièrement perdue ; celle de 1904 présentait au contraire dans l'ensemble une grande vigueur (Rupestris du Lot et R X R 3309) contrastant avec l'état lamentable de tous les pieds de remplacement (M X R 1202 et A X R Ganzin 1), dont les repousses permettaient de confirmer l'identité. Des dépressions se produisaient là comme ailleurs, mais elles faisaient périr les Franco-Rupestris tout en épargnant les Américains.



J'ai pu noter divers exemples analogues au cours de ma visite en Rioja. Il paraît bien net que tous les foyers de dépérissement phylloxériques apparus jusqu'à présent portent sur le Mourvèdre X Rupestris 1202 (qui est de beaucoup le porte-greffe dominant) et sur l'Aramon X Rupestris Ganzin 1, jamais sur le Chasselas X Berlandieri 41 B, ni sur le Rupestris du Lot, ni sur le Riparia X Rupestris 3309.



Ces constatations sont d'autant plus nettes qu'elles ont eu lieu dans des conditions identiques de sol, de culture, sur des lots imbriqués les uns dans les autres et parfois mélangés.



Il est probable que ce qui s'est passé aux abords d'Elciego se passe également, de la même façon, dans le reste de la Rioja, dans l'Aragon et la Navarre. Les observations faites en Navarre par M. A. Azanza paraissent l'établir nettement. Nous assisterions donc partout, dans le Nord-Espagne, à la faillite des franco-américains, tout au moins de ceux auxquels on a eu recours sur une vaste échelle : Mourvèdre X Rupestris 1202 et Aramon X Rupestris Ganzin 1. Des cas analogues semblent s'être aussi déclarés dans le Sud.



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POETE-GREFFE MURVEDRE RUPESTRIS 1202


La triste expérience que sont en train de faire nos voisins espagnols n'est pas la seule qui découle d'un engouement excessif pour ces hybrides. J'ai dit qu'il y a une douzaine d'années on observait déjà un dépérissement analogue pour l'Aramon X Rupestris Ganzin 1 dans les vignobles de Sicile, dont il était le porte-greffe dominant. La découverte surprit tellement les agronomes italiens qu'ils firent effort pour expliquer la maladie sans mettre directement en cause le Phylloxéra. Ils durent toutefois reconnaître que le parasite y jouait un grand rôle dans la plupart des cas.



On pourrait, en Espagne, comme on l'a fait en Sicile, soulever la question de l'acclimatation des hybrides porte-greffes et de leur adaptation au terrain et se demander si ce n'est pas le facteur essentiel. Au Congrès de Madrid, à une époque où l'on n'observait pas encore de dépressions phylloxériques dans les vignobles reconstitués. M. Garcia de los Salmones traita avec autorité le problème de l'adaptation aux terrains calcaires et secs. Ce problème, disait-il, se pose en termes difficiles, particulièrement lorsque le climat est sec et le sol superficiel. Il estime avec raison que l'étude sur place, en champs d'expériences, d'hybrides nouveaux obtenus par croisement secondaire d'un franco-américain et du Berlandieri, pourra donner de meilleurs porte-greffes pour les sols les plus calcaires et les plus secs. Il considère que le Mourvèdre X Rupestris 1202 comme un des meilleurs et des plus recommandables parmi les porte-greffes déjà éprouvés. Il le dit surtout excellent dans les terrains calcaires hargneux frais, profonds, et déconseille plutôt son emploi dans les terrains maigres et secs.



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PORTE-GREFFE RIPARIA BERLANDIERI 34 C.


Or, les principaux foyers de dépérissement du 1202, aux alentours d'Elciego, sont précisément dans les terrains caillouteux et hargneux, assez profonds et frais, dosant de 20 à 40 % de calcaire, tandis que les plantations des côtes pauvres et très sèches sont jusqu'à présent moins éprouvées. Je ne pense donc pas que l'on puisse faire passer l'invasion phylloxérique au second plan, pour invoquer une mauvaise adaptation du porte-greffe comme cause essentielle de la maladie. Il est logique, à mon avis, d'admettre les conditions favorisantes de climat, de sol ; mais la véritable cause, le facteur essentiel  et déterminant serait bien l'invasion phylloxérique des racines. L'insecte, ici comme ailleurs, ne pullule qu'en milieu favorable, c'est entendu ; mais il y trouve un aliment facile sur les racines du 1202 et du Ganzin 1, qu'il abat en quelques minutes.



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HYBRIDE RUPESTRIS-LACOSTE


En Rioja alavesa, les premiers indices du mal, notés en 1915, affectaient déjà nettement la forme de taches d'huile ; il n'en eût pas été de même si les vignes avaient dépéri par manque d'affinité ou par défaut d'adaptation ; le fléchissement aurait été diffus et les taches phylloxériques ne s'y seraient superposées que plus tard.



En résumé, je crois que le Phylloxéra est bien le facteur essentiel du dépérissement des Mourvèdre X Rupestris 1202 et des Aramon-Rupestris Ganzin 1 dans les vignobles de Rioja, et je m'imagine que le terrain et le climat interviennent moins en diminuant les facultés de résistance du végétal qu'en renforçant les facultés agressives du parasite. Les sols dans lesquels la vigne périclite sont en grande partie des terrains assez meubles, sableux sans excès, argileux à point, très "phylloxérants". Quant au climat, il est naturellement sec et chaud ; il le fut plus que d'ordinaire pendant les dernières années, ce qui contribua certainement à l'extension et à l'intensification des foyers.



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PORTE-GREFFE ARAMON RUPESTRIS 1


On sait que le Phylloxéra est particulièrement actif dans les vignobles méridionaux, en Espagne, en Sicile, en Algérie. Son activité est plus modérée dans nos vignobles de France. Il n'est pourtant pas sûr que certaines régions de notre pays où la reconstitution a été faite sur les mêmes bases ne seront pas menacées, à plus ou moins longue échéance, d'une crise analogue à celle qui sévit aujourd'hui plus au Sud. Nos viticulteur ont donc intérêt à connaître les mécomptes qu'ont donnés par ailleurs des porte-greffes franco-américains. Il est bon qu'ils se persuadent que le greffage n'a pas supprimé le Phylloxéra, que celui-ci persiste, peu ou prou, en terres propices, dans toutes nos régions viticoles et qu'il pourrait, à un moment donné, redevenir agressif sur des plantations reconstituées dont les porte-greffes n'offriraient pas des garanties suffisantes.



L'adoption des porte-greffes que nous incriminons ici ne fut pas sans prêter à la critique. Des polémiques s'engagèrent sur leur compte presque aussitôt après leur création. Les objecteur célébraient les qualités de leurs produits et la plupart des agronomes les vantèrent à leur suite, tandis que d'autres, et non des moindres, MM. Viala et Ravaz par exemple, faisaient de judicieuses réserves dont le public viticole ne tint pas un compte suffisant. Ainsi, dès 1895, M. Ravaz contestait leur résistance, après avoir constaté qu'en champs d'expériences leurs racines portaient de nombreuses tubérosités phylloxériques. Il est remarquable que dans les mêmes conditions, ilne put découvrir de lésions sur les racines du Chasselas X Berlandieri 41 B, cet autre franco-américain dont la résistance s'affirme si nettement aujourd'hui dans les foyers phylloxériques de la Rioja, à côté des Riparia X Rupestris et des Berlandieri X Riparia.


Décembre 1919."



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samedi 22 mars 2025

LE PHYLLOXÉRA ET LA RIOJA ALAVESA EN ALAVA AU PAYS BASQUE EN 1920 (deuxième partie)

LE PHYLLOXÉRA EN ALAVA EN 1920.

 

Le phylloxéra de la vigne est une espèce d'insectes hémiptères de la famille des Phylloxeridae.

C'est une variété de pucerons ravageurs parasites de la vigne, néobiotes venus de l'Est des Etats-Unis, qui a provoqué des dégâts considérables dans les principales régions viticoles d'Europe à la fin du 19ème siècle.




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LE VIN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Dr J. Feytaud dans l'hebdomadaire Revue de viticulture, en date 

du 26 février 1920 :



"Dr J. Feytaud. — Sur le dépérissement phylloxérique du Mourvèdre X Rupestris 1202 et de l'Aramon X Rupestris Ganzin 1.



... Ce serait fort beau si les destructeurs des racines étaient aussi réservés. Malheureusement il n'en est pas ainsi : le Phylloxéra se signale en Rioja, comme en Navarre, par des dégâts très sérieux qui retiennent actuellement l'attention des viticulteurs espagnols.



Ce n'est pas la première fois qu'il y est question du Phylloxéra. L'Espagne eut déjà sa grande crise, ouverte vers 1880 dans le Sud (Malaga) et dans le Nord-Est (Gérone), quelques années plus tard dans le Nord-Ouest en Galice (1888), puis en Navarre (1892). Elle sévissait en Rioja de 1893 à 1900 ; les vieilles vignes européennes étant dévastées par le fléau les propriétaires, profitant des exemples venus de France, se mirent à reconstituer.



Lorsque fut entreprise la replantation des vignobles de Navarre et de Rioja, la vogue des américains purs était passée. Jacquez, Taylor, Vialla, Rupestris, Solonis, Clinton étaient à peu près délaissés comme porte-greffes et le Riparia lui-même avait fait faillite en de nombreux terrains. Les problèmes de l'adaptation et de la résistance au calcaire avaient sollicité l'attention des chercheurs, et la création des premiers hybrides semblait révolutionner le monde viticole. Les porte-greffes franco-américaine étaient tout à fait à l'ordre du jour et les dithyrambes de leurs partisans étouffaient les meilleurs conseils de prudence.



La reconstitution des vignes en Espagne se fit sous ce courant d'idées ; en Navarre, en Rioja, étant donnée la nature calcaire des terrains, on se lança en toute confiance vers les franco-américains, qui convenaient si parfaitement en apparence à ces sols où le Riparia ne pouvait tenir. On prit le Mourvèdre X Rupestris 1202 et l'Aramon X Rupestris Ganzin 1. Ces deux porte-greffes ont servi à refaire la presque totalité des vignobles du Nord de l'Espagne. Une place assez importante était cependant prise à côté d'eux par le Chasselas X Berlanderie 41 B., le Rupestris du Lot et le Riparia X Rupestris 3309.


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POETE-GREFFE MURVEDRE RUPESTRIS 1202






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PORTE-GREFFE RIPARIA BERLANDIERI 34 C.





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HYBRIDE RUPESTRIS-LACOSTE



De prime abord, le 1202 et le Ganzin 1 semblaient convenir admirablement. Ils supportent en effet, le premier surtout, de fortes doses de calvaire. Au Congrès d'Angers, en 1907, M. Garcia de los Salmones, le distingué agronome de Pampelune, présentait ces deux Franco-Rupestris comme les meilleurs porte-greffes de l'Espagne. En 1909, M. Roger Marès, cherchant dans une comparaison avec le Sud-Europe des données pour la reconstruction du vignoble algérien, constatait que dans la péninsule ibérique, de la Navarre à l'Andalousie, ces mêmes hybrides jouissaient d'une "popularité parfaite".



Déjà cependant, à cette époque, des plaintes étaient venues d'Italie au sujet de l'un des deux favoris, l'Aramon X Rupestris Ganzin 1. Mais la publication de quelques rapports notoires sur les inquiétudes des propriétaires siciliens, ne fut pas suffisamment connue du grand public et la vogue de ce porte-greffe dans les autres pays n'en fut pas diminuée.



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PORTE-GREFFE ARAMON RUPESTRIS 1



Or, depuis 1900, les viticulteurs riojanais avaient peu à peu rétabli leurs plantations sur les bases que je viens de dire. Cette reprise des terres phylloxérées s'achevait à peine au début de la guerre, et déjà une nouvelle crise allait s'ouvrir.



Des plantations de 6, 8, 10 ans présentaient de-ci de-là quelques traces de fléchissement, des traces de chlorose suspectes. Ces indices furent bien apparents en 1915. En 1916 et 1917, le caractère pathologique s'accentuait ; mais, confiants dans le greffage, les propriétaires ne songeaient guère que ce fût un retour offensif du parasite.



Lorsque, il y a deux ans, M. Georges Dubos me fit part de ses craintes et me décrivit les symptômes, il me parut probable qu'il s'agissait d'attaques phylloxériques ; l'examen de lots de racines reçus au laboratoire me permit de confirmer cette probabilité.



Au reste, la Rioja n'était pas seule à subir les conséquences d'une erreur de reconstitution. La Navarre les subissait déjà : les vignobles réputés de Sansol, Solana, Estella, Puenta la Reina, Sanguesa, Mendigorria, Olite, etc., avaient offert successivement, à partir de 1912, des dépressions nombreuses et des dépérissements rapides.



Les remarques que je publie se rapportent aux constatations que j'ai pu faire personnellement dans la partie de Rioja alavesa voisine d'Elciego. La similitude des terrains, des porte-greffes et des greffons rend très probable que les choses se passent de même sur les autres points du Nord-Espagne.



Tous les foyers de dépression en tache d'huile au niveau desquels j'ai fait des sondages correspondent à des foyers de multiplication du Phylloxéra et il me paraît indiscutable que la crise de dépérissement correspond à une reprise intense des ravages de cet Insecte.



Fait digne de remarque, les dépressions sont apparues tout d'abord et me semblent être jusqu'à présent beaucoup plus communes sur les terres les plus riches (ou les moins pauvres), les plus profondes, les moins calcaires, notamment sur les terres d'alluvions anciennes, caillouteuses, rougeâtres, où les foyers primitifs, apparus en 1914 et 1915 sur des plantations de 5 ou  6 ans à peine, prennent une extension couramment progressive, en dépit des soins culturaux.



Dans les terres les plus pauvres, dans les sols superficiels recouvrant à peine le rocher, la végétation est parfois languissante aux points les plus mal lotis ; mais il n'y a généralement pas encore beaucoup de taches phylloxériques proprement dites. Les dépérissements qui s'y sont produits et que l'on pourrait être tenté d'attribuer tous à cette cause tiennent en grande partie à l'insuffisante épaisseur de la couche arable.



En somme, pour un porte-greffe donné, les terres d'alluvions ou les mélanges de ces terres et de terres miocènes paraissent être, sur le point considéré, beaucoup plus favorables à la multiplication des radicicoles, beaucoup plus "phylloxérantes" en un mot, que les terres miocènes pures.



Même dans les sols propices, les attaques de l'Insecte ne sont pas générales. Certaines parties du territoire sont très éprouvées, tandis que d'autres sont jusqu'à présent indemnes. Ce que nous savons du mode de diffusion l'explique : les pépinières de porte-greffes américains ou franco-américaine sont restreintes, localisées au voisinage des centres habités ; dans l'ensemble du pays, il n'y a pour ainsi dire pas de souches susceptibles de recevoir la ponte des ailes et des sexués, ni de faire vivre des gallicoles. Dans ces conditions, la propagation du fléau par les ailés est impossible ; la diffusion n'a donc lieu que par le fait de radicicoles qui, émigrant du sol, sont transportés par le vent ou par l'homme ; elle est ainsi plus limitée au point de vue distance.



Quoi qu'il en soit, dans un sol donné, bien infesté de Phylloxéra, nous voyons le Mourvèdre X Rupestris 1202 péricliter et mourir très rapidement, l'Aramon X Rupestris Ganzin 1 presque aussi vite, tandis que le Chasselas X Berlandieri 41 B, autre franco-américaines, demeure solide, ainsi que le Rupestris du Lot et en général tous les américo-américains : Riparia X Rupestris 3309, Riparia X Rupestris 101, Berlandieri X Riparia 34 EM, Berlandieri X Ruparia 420 A."


 

(Source : Wikipédia)



A suivre...





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samedi 22 février 2025

LE PHYLLOXÉRA ET LA RIOJA ALAVESA EN ALAVA AU PAYS BASQUE EN 1920 (première partie)

LE PHYLLOXÉRA EN ALAVA EN 1920.

 

Le phylloxéra de la vigne est une espèce d'insectes hémiptères de la famille des Phylloxeridae.

C'est une variété de pucerons ravageurs parasites de la vigne, néobiotes venus de l'Est des Etats-Unis, qui a provoqué des dégâts considérables dans les principales régions viticoles d'Europe à la fin du 19ème siècle.




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LE VIN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Dr J. Feytaud dans l'hebdomadaire Revue de viticulture, en date 

du 26 février 1920 :



"Dr J. Feytaud. — Sur le dépérissement phylloxérique du Mourvèdre X Rupestris 1202 et de l'Aramon X Rupestris Ganzin 1.


Dans le Nord-Espagne.



J'ai fait récemment des observations dans les vignobles espagnols de la Rioja. Lorsque venant d'Irun, après avoir passé devant les matadors de Vitoria, on quitte à Miranda la grande ligne de Madrid pour se diriger vers Saragosse, on entre presque aussitôt dans cette importante région viticole.



La Sierra de Toloño, que le fleuve coupe d'une entaille abrupte, en marque le seuil vers le Nord-Ouest. Cette même chaîne sous des noms divers (Sierra de Toloño, Sonsierra, Sierra de Cantabria) forme la limite nord. Au Sud, la Rioja, au sens large du mot, s'étend jusqu'aux montagnes qui séparent les bassins de l'Ebre et du Douro : Sierra de la Demanda, massif d'Urbion ; vers l'Ouest, elle atteint à peu près la ligne ferrée d'Irun à Madrid ; vers l'Est, le cours de l'Alhama affluent de droite de l'Ebre. Administrativement, elle chevauche sur les provinces d'Alava, de Logroño, de Burgos et de Soria. Elle est en somme le trait d'union entre les montagnes de Navarre et le plateau de Vieille-Castille.



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SIERRA DE TOLOÑO




Au point de vue viticole, les deux parties essentielles sont la Rioja alta, avec le centre principal de Haro, sur la rive droite de l'Ebre (province de Logroño) et la Rioja alavesa, avec Elciego, sur la rive gauche (province d'Alava).



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ELCIEGO ALAVA


J'ai parcouru plus spécialement cette dernière partie, qui est celle des grands vins de Baños, Labastida, Navaridas, Puebla, Laguardia, Elciego. La visite fut rendue facile par l'obligeance de M. Georges Dubos, viticulteur français qui administre avec beaucoup de compétence l'importante maison du marquis de Riscal.



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CAMILO HURTADO DE AMEZAGA 1888
6EME MARQUIS DE RISCAL



Il s'agit d'un pays montueux, au revers sud de la Sierra de Toloño, qui sépare ce coin d'Alava du reste de la province et de sa capitale (Vitoria). La chaîne barre l'horizon de son versant rude et nu. Entre elle et les terrasses de la vallée s'étendent des croupes et des plateaux arides. Pas de maisons éparses ; quelques chapelles seulement (ermitas) ; les habitations s'agglomèrent autour des points d'eau.



Des hauteurs dominant Elciego, on distingue vers le Nord, entre les replis du terrain, Samaniego sur un plateau pelé, le cone de Navaridas dont les maisons se pressent autour de son clocher, Pagaños au loin et, dominant tous ces villages, le bastion de Laguardia (La Garde), vieille ville moyennageuse, cerclée de murs, qui joua, paraît-il, un grand rôle au temps des guerres carlistes.



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LAGUARDIA ALAVA



Vers le Sud, la vue s'étend par-dessus les boucles de l'Ebre, sur les hauteurs de la rive droite, où Navarette profile sa tour, et jusqu'aux sommets lointains de la Demanda et de l'Urbion.



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NAVARRETE ALAVA



Au point de vue géologique, la Rioja alavesa se rattache aux terrains tertiaires, à l'étage miocène, qui constitue partout le sol de la vallée de l'Ebre depuis les abords de Miranda jusque tout près de la côte méditerranéenne. Ici le Miocène est séparé des étages tertiaires plus anciens (Eocène et Oligocène) par le redressement crétacé de la Sierra de Toloño.



C'est un miocène lacustre, formé de grès calcaires à peu près sans fossiles, avec des bancs argileux par places. Son épaisseur est grande, dépassant 200 m. en différents points, d'après M. Chudeau.



Les couches sont nettes, bien stratifiées, bien horizontales. Le plateau dont elles forment la masse, entaillé profondément par l'Ebre et raviné par ses affluents, se découpe en mamelons, en montagnettes aux flancs rudes dont la plupart ont le dessus plat, nivelé comme une terrasse.



La teinte générale est blanchâtre ou rosée vers Haro, Baños, Elciego ; rougeâtre vers la Puebla, Fuenmayor, Logroño.



Le climat, plutôt doux, permet la culture de l'Olivier, surtout répandu dans les alluvions récentes de la vallée, notamment vers Fuenmayor et Logroño, où l'on remarque aussi quelques autres arbres fruitiers. Les cultures communes de la plaine sont le Peuplier, la Vigne, les céréales (Blé, Orge), et les plantes potagères, parmi lesquelles figure en bonne place le Piment rouge dont les fruits, à l'automne, suspendus aux fenêtres en longs chapelets, jettent une note éclatante sur les façades des maisons.



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PIMENTS A LODOSA NAVARRE



Sur les côtes, le paysage offre un aspect d'aridité évoquant celui du plateau de la Vieille-Castille : une herbe rare rappelant celle de nos causses, des friches, quelques champs d'orge et de blé, des vignes éparses, ou si peu !



Le sol est maigre sur les pentes, où la roche affleure presque partout ; son épaisseur n'est suffisante que sur les terrasses couvertes d'alluvions anciennes et dans les replis où la terre s'est amassée sous l'action du ruissellement.



Or ces terres pauvres, ces sols que l'on dut arracher pour ainsi dire au roc par un démontage ardu, sont de bonne terres à vigne, produisant des vins de qualité.



La Vigne est répandue de longue date dans cette région, dont elle est la culture essentielle. Par elle sont nées à Elciego, Laguardia, Logroño, Haro, des installations importantes.



On l'a plantée de-ci de-là, en approfondissant les sols trop maigres, en profitant des moindres creux et des moindres terrassements. La plupart des vignes furent créées au prix de gros travaux ; pour obtenir une couche de terre suffisante, il fallut extraire des masses de pierres. Les parcelles installées dans ces conditions difficiles sont entourées de gros murs de pierre sèche, témoins du défoncement, comme beaucoup de vignes des coteaux jurassiques de notre Périgord.



Aussi ne trouvons-nous pas là-bas de grands vignobles, d'un seul tenant. S'il existe de grosses exploitations, elles sont toujours très morcelées, tout au moins dans la partie des meilleurs vins, aux alentours d'Elciego.



Les vignes sont greffées. Les cépages courants sont le Tempranillo, qui domine, le Graziano, le Mazuelo ; les vignes blanches sont peu nombreuses, constituées par le Jaen et le Calagraño. Depuis quelques années, des cépages français (Cabernet-Sauvignon, Malbec, etc.), sont essayées avec succès sur l'initiative d M. Georges Dubos.



La plantation est d'ordinaire à 5 000 pieds environ par hectare, avec écartement de 2 mètres entre les rangs et 1 mètre entre les pieds. Elle est en taille basse, sans échalas. Les vignes du domaine de Riscal sont à peu près seules sur échalas et sur fils de fr ; leur espacement est de 1 m. 80 X 1 m. 20.



J'ai vu les vignobles d'Elciego peu de temps avant la récolte. La vendange a lieu tardivement, en octobre. Cette année, elle a débuté le 3 octobre et n'est devenue générale que le 5 ou 6, un peu plus tôt à la Puebla, un peu plus tard à Laguardia et Navaridas.



Le transport est fait à dos d'âne ou de mulet, dans de longues comportes contenant chacune de 90 à 100 kilogrammes. Beaucoup de petits propriétaires, au lieu de vinifier eux-mêmes, cèdent le raisin aux grosses caves du pays. La vente se fait soit à la charge de 184 kilogrammes (2 comportes), soit à l'arroba de 11 kilogrammes 500 ; les cours atteignirent cette année (1919) 4 fr. 25 par arroba.



En de nombreuses parcelles les quantités étaient réduites, soit à cause du dépérissement des ceps sur lequel je reviendrai tout à l'heure, soit par suite des gelées qui firent grand tort au dernier printemps. Mais, en général, les grappes étaient belles, bien fournies et très saines. Le Mildiou n'a pas fait de mal et l'Oïdium n'a sévi que par places, chez des propriétaires négligents.



Pas de pourriture, pas de ces grains desséchés, en grelot, qui se cachent si souvent au revers de nos plus belles grappes. C'est que les vignerons de là-bas ont la bonne fortune de cueillir les raisins sans vers : la Cochylis et l'Eudémis leur sont inconnues.



Au reste, les parasites sont rares : au printemps, sur quelques points, on observe de petits foyers d'Altise ou de Cigarier ; mais à partir de juillet les destructeurs de feuillage ne font plus parler d'eux."


(Source : Wikipédia)



A suivre...





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mardi 14 février 2017

LES AGENTS D'ÉMIGRATION AU PAYS BASQUE EN 1900


"USO MARTXANTA" (MARCHAND DE PALOMBES) EN 1900 AU PAYS BASQUE.



Au Pays Basque, l'émigration du 19ème siècle est organisée et favorisée par les agents d'émigration.