ÉTIENNE HARDING : Saint Etienne Harding naît vers 1060 à Sherborne (Dorset, Angleterre).
17 AVRIL SAINT ETIENNE HARDING
C'est un saint catholique, prieur puis abbé de l'abbaye de Citeaux (Côte-d'Or) de 1099 à 1133, rédacteur notamment de la Charte de charité cistercienne.
Etienne parle 4 langues : l'anglo-saxon, le normand, le français et le latin.
Il mène à terme la réforme liturgique commencée avant lui.
Par souci d'authenticité, comme pour la Bible, on recherche ce qui semble le meilleur, à Metz et jusqu'à Milan.
Etienne édicte aussi des règles fermes et précises dans le détail pour tout ce qui concerne l'église, les ornements, les objets du culte et les vêtements liturgiques.
Etienne meurt le 28 mars 1134 à l'abbaye de Citeaux.
AINARA : Irunen 1868an Enarak garai honetan etortzen dira Euskal Herrira.
ELAIA : Udaberrian Afrikatik gurera etortzen den txoria ("enara"), olertiari eta literaturari esker udaberrian adierazle bihurtu dena. Ainara hitza Ekialdekoa da. Lapurdikoa. Aldaerak : Elaia eta Enara.
ENARA : Kristauen artean zabalkunde handia hartu zuen enarek kendu omen zizkiotelako Jesu Kristori azala zulatzen zizkioten arantzak.
HIRONDELLE CARTE A SYSTEME POP UP
Un décès du 17 avril : Paul Marie Bolo, plus connu sous le nom de Bolo Pacha ou Bolo-Pacha.
PROCES DE PAUL BOLO FEVRIER 1918
Né le 24 septembre 1867 à Marseille (Bouches-du-Rhône) - Mort le 17 avril 1918 à Vincennes (Val-de-Marne).
C'est un aventurier français, exécuté au fort de Vincennes.
Fils d'un clerc de notaire provençal, Paul suit des études de médecine pour devenir dentiste.
Il ouvre un cabinet à Marseille mais il abandonne assez vite sa profession pour se tourner vers le commerce maritime et colonial.
A la fin des années 1880, il quitte la France, sans doute inquiété par les services financiers, et s'installe en Espagne où il semble avoir vécu d'expédients.
En 1892, il s'installe à Paris pour ouvrir un cabinet d'affaires mais, bientôt, un mandat d'arrêt est émis contre lui et il doit s'enfuir.
On retrouve Paul en Argentine, sous le nom de Bolo de Grangeneuve et il se marie à la chanteuse Henriette de Soumaille, laquelle l'entretient.
A la suite d'un vol de bijoux commis à Valparaiso, il est arrêté mais sa femme verse la caution.
Libéré, il l'abandonne et rentre en France en 1904, s'installe à Paris et épouse une certaine Mme Muller née Pauline Moiriat, ex-chanteuse de music-hall, veuve d'un riche négociant en vins de Bordeaux, Fernand Muller.
Ignorant sa bigamie, la veuve Muller devenue Mme Bolo lui signe une procuration sur sa fortune : Paul est désormais riche, il mène grand train, jongle avec les millions, voyage à travers le monde et reçoit fastueusement, en particulier à Biarritz.
Durant 10 ans, il se lance alors dans de nombreuses entreprises commerciales, bancaires, philanthropiques.
Il fonde la Confédération générale agricole, puis la Société universelle de la Croix-Blanche, à Genève, en 1907.
Il se lie à d'importants hommes politiques dont le ministre Joseph Caillaux.
En 1914, Paul devient le conseiller financier d'Abbas II Hilmi, khédive d'Egypte, et reçoit de dernier le titre de pacha.
En décembre 1914, le khédive est déposé par les autorités britanniques et doit s'enfuir en Suisse.
Paul demeure son conseiller en exil et, sans doute grâce à son intermédiaire, entre en contact avec des banques allemandes et étrangères dans le but de contrôler des quotidiens français et d'en faire des organes d'influence pro-pacifistes.
En janvier 1917, à la demande pressante du président de la République, Raymond Poincaré, Aristide Briand, chef du gouvernement, ordonne une enquête.
Les services secrets français, en 1917, établissent un lien direct entre Bolo et une banque américaine, J.P. Morgan, sise à New York.
Divers comptes en France à son nom ont été crédités d'un total de 11 millions de marks émis par la Deutsche Bank via la banque new-yorkaise.
Il est arrêté à Fresnes en septembre 1917.
En février 1918, il est déféré devant le Conseil de guerre de Paris.
Le procès est instruit par le capitaine et magistrat Pierre Bouchardon, qui s'occupa de l'affaire Mata Hari.
Bolo est condamné à mort le 14 février 1918, et le président Raymond Poincaré refuse de signer sa grâce.
Il est fusillé le 17 avril 1918, à l'âge de 50 ans.
BOLO PACHA PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici le proverbe du jeudi 17 avril 2025:
HASARREKOA, EROA.
La colère, folie.
ART NOUVEAU : LA COLERE
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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PROVERBE DU 24 SEPTEMBRE 2024 (SAINTE THÈCLE) (SAINT SILOUANE) (ANATOLE) (MERCEDES) (ESKARNE).
THÈCLE : Thècle d'Iconium ou sainte Thècle fut martyrisée avec 4 compagnes, au 1er siècle, près de la ville de Mossoul, au Nord de l'Irak actuel.
24 SEPTEMBRE SAINTE THECLE D'ICONIUM
Les Pères de l'Eglise l'appellent - Femme Apostolique - Fille Aimée de Saint Paul - et Protomartyre.
Thècle appartenait à une riche famille païenne d'Iconium et c'est la visite de Saint Paul dans cette ville qui la fit se convertir au christianisme.
Dénoncée, Thècle fut emprisonnée et condamnée à être brûlée vive.
Un miracle se produisit alors qu'elle était sur le bûcher, le brasier s'éteignant. Libérée, elle rejoignit Saint Paul à Antioche.
Une deuxième fois dénoncée, Thècle fut condamnée à être livrée aux fauves mais de nouveau un miracle eut lieu, les fauves ne voulant pas d'elle.
Une nouvelle fois libérée, Thècle rejoignit à Myre, en Anatolie, où selon une légende elle vécut jusqu'à l'âge de 80 ans, priant, jeûnant et faisant de nombreux miracles.
Thècle est la Sainte patronne de Tarragone, en Catalogne.
Elle est invoquée par les paralysés et les agonisants et protège des incendies.
24 SEPTEMBRE SAINTE THECLE D'ICONIUM
SILOUANE : Syméon Antonov, connu sous son nom de religion de Silouane de l'Athos ou Silouane l'Athonite.
24 SEPTEMBRE SAINT SILOUANE DE L'ATHOS
Né en 1866 à Chovskoïé (Tambov, Russie) - Mort le 24 septembre 1938 au mont Athos (Grèce).
C'est un moine russe, saint de l'Eglise orthodoxe, qui a vécu au monastère Saint-Panteleimon du mont Athos de 1892 à 1938.
Il est, avec saint Séraphin de Sarov, un des saint russes les plus connus.
Les parents de Syméon sont des chrétiens orthodoxes pieux.
Dès 4 ans, il décide que lorsqu'il sera adulte, "il ira chercher Dieu".
A l'âge adulte, c'est un robuste charpentier, doté d'une vigueur peu commune et affligé d'un caractère violent et querelleur.
Vers la fin de son service militaire, il se rend à Kronstadt, pour recevoir la bénédiction du Père Jean de Cronstadt, canonisé par la suite.
En 1892, il arrive au monastère Saint-Pantéleimon, en Grèce, où il va rester 46 ans, laissant une grande place à la prière.
Syméon meurt le 11 septembre 1938, à 71 ans.
Il est canonisé le 26 novembre 1987 par le patriarche de Constantinople.
ESKARNE : Gaztelaniazko "Mercedes"etik.
Deun-ixendegi euzkotarra lanean gaztelaniazko Mercedes izenarentzat proposatzen den euskal forma. 1218an San Pedro Nolascok mairuen gatibu zeuden kristauak salbatzeko ordena sortu zuen Bartzelonan, era honetan Andre Mariaren agindua betetzearren. Ama Birjina honenganako jaiera 1696tik aurrera hedatu zen. Santuaren eguna irailaren 24an da. Aldaera : Mesede. Baliokidea : Mercedes (es).
Une naissance du 24 septembre : Paul Marie Bolo, plus connu sous le nom de Bolo Pacha ou Bolo-Pacha.
PROCES DE PAUL BOLO FEVRIER 1918
Né le 24 septembre 1867 à Marseille (Bouches-du-Rhône) - Mort le 17 avril 1918 à Vincennes (Val-de-Marne).
C'est un aventurier français, exécuté au fort de Vincennes.
Fils d'un clerc de notaire provençal, Paul suit des études de médecine pour devenir dentiste.
Il ouvre un cabinet à Marseille mais il abandonne assez vite sa profession pour se tourner vers le commerce maritime et colonial.
A la fin des années 1880, il quitte la France, sans doute inquiété par les services financiers, et s'installe en Espagne où il semble avoir vécu d'expédients.
En 1892, il s'installe à Paris pour ouvrir un cabinet d'affaires mais, bientôt, un mandat d'arrêt est émis contre lui et il doit s'enfuir.
On retrouve Paul en Argentine, sous le nom de Bolo de Grangeneuve et il se marie à la chanteuse Henriette de Soumaille, laquelle l'entretient.
A la suite d'un vol de bijoux commis à Valparaiso, il est arrêté mais sa femme verse la caution.
Libéré, il l'abandonne et rentre en France en 1904, s'installe à Paris et épouse une certaine Mme Muller née Pauline Moiriat, ex-chanteuse de music-hall, veuve d'un riche négociant en vins de Bordeaux, Fernand Muller.
Ignorant sa bigamie, la veuve Muller devenue Mme Bolo lui signe une procuration sur sa fortune : Paul est désormais riche, il mène grand train, jongle avec les millions, voyage à travers le monde et reçoit fastueusement, en particulier à Biarritz.
Durant 10 ans, il se lance alors dans de nombreuses entreprises commerciales, bancaires, philanthropiques.
Il fonde la Confédération générale agricole, puis la Société universelle de la Croix-Blanche, à Genève, en 1907.
Il se lie à d'importants hommes politiques dont le ministre Joseph Caillaux.
En 1914, Paul devient le conseiller financier d'Abbas II Hilmi, khédive d'Egypte, et reçoit de dernier le titre de pacha.
En décembre 1914, le khédive est déposé par les autorités britanniques et doit s'enfuir en Suisse.
Paul demeure son conseiller en exil et, sans doute grâce à son intermédiaire, entre en contact avec des banques allemandes et étrangères dans le but de contrôler des quotidiens français et d'en faire des organes d'influence pro-pacifistes.
En janvier 1917, à la demande pressante du président de la République, Raymond Poincaré, Aristide Briand, chef du gouvernement, ordonne une enquête.
Les services secrets français, en 1917, établissent un lien direct entre Bolo et une banque américaine, J.P. Morgan, sise à New York.
Divers comptes en France à son nom ont été crédités d'un total de 11 millions de marks émis par la Deutsche Bank via la banque new-yorkaise.
Il est arrêté à Fresnes en septembre 1917.
En février 1918, il est déféré devant le Conseil de guerre de Paris.
Le procès est instruit par le capitaine et magistrat Pierre Bouchardon, qui s'occupa de l'affaire Mata Hari.
Bolo est condamné à mort le 14 février 1918, et le président Raymond Poincaré refuse de signer sa grâce.
Il est fusillé le 17 avril 1918, à l'âge de 50 ans.
BOLO PACHA PAYS BASQUE D'ANTAN
Voici le proverbe du mardi 24 septembre 2024 :
OTSOAK ETA ORAK AHUNTZAREN HARAGIAZ BAKE.
Le loup et le chien font la paix sur la viande de la chèvre.
Paul Marie Bolo, plus connu sous le nom de Bolo Pacha ou Bolo-Pacha, né le 24 septembre 1867 à Marseille et exécuté le 17 avril 1918 au fort de Vincennes, était un aventurier français.
BOLO PACHA FEVRIER 1918
Voici ce que rapporta à son sujet le quotidien Le Matin, le 5 décembre 1917, dans plusieurs
Lundi après-midi, le capitaine Bouchardon a reçu les témoignages de deux députés, MM. Ajam et d'iriart d'Etechepare.
DEPUTE MAURICE AJAM
La déposition de M. Ajam a porté sur deux points :
1° L'attitude de Bolo, lors des troubles de Champagne, attitude que le Matin a longuement déterminée ;
2° les origines des relations de l'aventurier avec M. Caillaux.
"Pendant les troubles de Champagne, a déclaré M. Ajam, la Petite Gironde dont j'étais le collaborateur me chargea de faire une enquête sur place. Bolo était alors propriétaire du journal de la Confédération générale des vignerons. Je le rencontrais à Epernay en compagnie des présidents des divers syndicats de vignerons. Je ne cacherai pas qu'il me produisit alors une excellente impression.
De retour à Paris, un de mes amis à qui je parlai de cette affaire, me conseilla d'être prudent, car, disait-il, Bolo est un rasta. Désirant en avoir le cœur net, j'allai prier Bolo de s'expliquer. Celui-ci me déclara qu'il y avait en effet un dossier le concernant à la Sûreté générale mais qu'il démontrerait son innocence si je voulais lui ménager une entrevue avec M. Caillaux, alors ministre de l'intérieur.
J'allai voir M. Caillaux, qui me montra le dossier Bolo. Convaincu, je signifiai à Bolo que je rompais toutes relations avec lui.
Allez voir le président Monier, me dit-il alors, il vous édifiera en vous apprenant que je suis innocent et que c'est un autre homme qui s'est fait condamner sous mon nom.
Je me rendis chez le magistrat indiqué qui me mit sous les yeux une lettre de M. Panon, dans laquelle ce dernier reconnaissait le fait allégué par Bolo. (Cette lettre, nos lecteurs en connaissent l'histoire détaillée moyennant 2 000 francs, Bolo l'extorqua à son ami d'alors, Panon.)
Le président Monnier s'étant porté garant de l'honorabilité de Bolo, j'en fis part à M. Caillaux. Que se passa-t-il ensuite, je l'ignore. Je ne revis plus Bolo ni le président Monier."
Ce que dit M. d'Iriart d'Etchepare.
DEPUTE LOUIS D'IRIART D'ETCHEPARE
M. d'Iriart d'Etchepare, député des Basses-Pyrénées, ne connut qu'en 1914 le pacha, qui passait chaque année plusieurs mois à Biarritz. Bolo fréquentait en effet chez plusieurs personnes, amies du député de Pau.
A la fin d'août 1914, à Paris, M. d'Iriart d'Etchepare rencontra Bolo qui paraissait fort ennuyé. Aux questions de M. d'Iriart d'Etchepare, Bolo expliqua que le moratorium, auquel d'ailleurs il ne comprenait rien du tout, le gênait sérieusement : bref, il manquait d'argent. Le député essaya de lui préciser les prescriptions du décret ministériel, et l'accompagna jusqu'à la succursale d'un établissement de crédit, située avenue de Villiers. Là Bolo ne put toucher, conformément au moratorium, que le dixième de son compte courant, soit une somme de 7 000 francs.
Dans cette banque, Bolo se fit apporter des titres de rente française 3%, immatriculés au nom de Mme Bolo. M. d'iriart d'Etchepare crut discerner que le capital de ces titres se chiffrait à plusieurs millions. De 1914 à 1916, M. d'iriart d'Etchepare rencontra encore plusieurs fois Bolo qui se vantait de posséder une grande influence auprès de nombreux personnages, parmi lesquels il citait notamment le khédive Abbas Hilmi.
KHEDIVE ABBAS HILMI
Enfin, en 1917, M. d'îriart d'Etchepare apprit, par M. Coggia, préfet des Basses-Pyrénées, que Bolo était particulièrement surveillé. Vers le mois de mai, M. Coggia prévint 1e gouvernement que Bolo devenait de plus en plus suspect, et conseilla de rappeler à Paris le pacha qui sinon pourrait bien profiter de sa liberté pour franchir la frontière.
Le député de Pau jugeait Bolo un hâbleur il pense encore qu'il n'a pas assez d'envergure pour avoir organisé et dirigé en France les manœuvres de trahison."
dans sa 4ème édition :
"Les millions de l'ennemi.
Déposition de de M. Maurice Barrés.
Les agissements de Cavallini.
Le capitaine Bouchardon a recueilli hier matin, de 10 h. 30 à 11 h. 40, la déposition de M. Maurice Barrès, député de Paris, au sujet du discours qu'il prononça il y a huit jours à la Chambre.
DEPUTE MAURICE BARRES
A sa sortie du cabinet du juge d'instruction, M. Barrès nous a déclaré :
Excusez-moi de ne pouvoir fournir à la presse les indications que je n'ai pas cru devoir fournir à la tribune. Tout ce que je puis vous dire, c'est que ma déposition a porté sur le rôle de M. Malvy et sur le Bonnet Rouge.
Un des substituts de M. Bouchardon, le lieutenant Bondoux, a reçu la déposition d'un camarade de régiment de Goldsky, M. Hirsch, qui apporta un témoignage concernant la moralité de l'inculpé.
De son côté, le lieutenant Jousselin, lui aussi substitut de M. Bouchardon, a entendu dans la matinée deux témoins au sujet des tentatives d'achat du Figaro, vers la fin de 1915, par les émissaires de Cavallini.
L'un de ces témoins est M. Kaufman, banquier, rue de la Boétie. M. Kaufman a raconté qu'il reçut en 1905 la visite de M. Gaston Lebel, publiciste, que Cavallini avait chargé de rechercher et d'acheter des actions du Figaro.
M. Kaufman lui répondit que cette tentative était vouée à l'insuccès, car elle était antifrançaise.
– Vous ne trouverez pas un agent de change, déclara-t-il, pour se prêter à ces manoeuvres.
M. Lebel rompit alors toutes relations avec Cavaliini. Auparavant, il s'était adressé à M. Ley, administrateur du Figaro, lequel a été aussi entendu hier et a fait une déposition qui corrobore celle de M. Kaufman. Il nous en a indiqué le sens à sa sortie du cabinet de M. Bouchardon.
"– Il s'agit d'une vieille histoire, nous déclara-t-il. Les faits remontrent mai et juin 1915. A cette époque, de nombreux courtiers de Bourse cherchèrent à exécuter des ordres d'achat en actions du Figaro. Ils se passaient le mot entre eux et je reçus plusieurs visiteurs qui me demandèrent :
– Avez-vous des actions vendre-ou connaissez-vous des vendeurs ?
Ma réponse fut négative. Mais le conseil d'administration du Figaro tenait à être fixé sur cette manœuvre. Il nous fut facile de savoir que les ordres de Bourse émanaient d'un nommé Cavallini et une courte enquête nous apprit que ce Cavallini était un agent de Bolo pacha. Or, nous connaissions les relations de Bolo pacha et de Caillaux. Nous étions fixés."
Le lieutenant Bondoux a, d'autre part, entendu un soldat, M. Haase, ancien secrétaire général d'un music-hall, lequel a donné certains détails sur Almereyda.
Dans l'après-midi, le capitaine Bouchardon a reçu le lieutenant Pruvost, du service des traductions étrangères du bureau de la presse, lequel lui a apporté plusieurs articles parus dans la presse américaine au sujet de Hearst.
Il a ensuite interrogé de nouveau Porchère, l'expert-comptable, ami de Bolo. Me Marcel Héraud, qui assiste Porchère, a demanda que son client fût soumis à un examen mental : à la suite d'une fièvre typhoïde, Porchère a eu une hémiplégie et a perdu l'usage de l'oeil droit. Le docteur Roubinovitch a été commis par M. Bouchardon.
Le boche Emmel.
Le capitaine Mangin-Bocquet s'attache surtout présentement à élucider tout ce qui concerne les relations de Paix-Séailles et du Boche Emmel.
Il a reçu hier le témoignage de Mme Gattez, qui fut pendant un an au service des Emmel comme femme de ménage. Emmel, a-t-elle dit, sortait de chez lui le matin et ne revenait que le soir. Elle croyait qu'il gérait des propriétés. Elle a signalé que Mlle Habert, qui avait dans la maison l'emploi d'une demoiselle de compagnie, recevait les visites et le courrier et semblait connaître les habitudes et les occupations des Emmel.
Mlle Habert a déjà été entendue par le capitaine rapporteur. Elle a vingt-quatre ans et habite 280, boulevard Raspail, chez sa mère, concierge d'un immeuble qui appartient à Paix-Séailles. Au mois de juillet 1914, lorsque les Emmel se rendirent en Allemagne, Mlle Habert les accompagna. Elle assista là-bas à un dîner où des officiers allemands, invités par les Emmel, portèrent la santé de l'Allemagne et du kaiser. Il y eut un assez vif incident, parce qu'elle refusa de se joindre à leurs toasts.
A la déclaration de guerre, Mlle Habert, qui se trouvait à Cologne, réussit à traverser le Rhin en barque et à regagner la France.
En revanche, Mlle Habert a donné, sur l'existence et les ressources d'Emmel, des indications très utiles à la justice.
Emmel vivait avec une femme qu'il présentait comme son épouse. Dans la réalité, il n'était pas marié. Sa compagne était une Anglaise, Mme Deany. Et cela explique comment Paix-Séailles a pu acquitter le loyer de l'appartement des Emmel, situé rue Géricault. Quoique Mme Deany soit volontairement en Allemagne, elle n'en demeure pas moins de nationalité anglaise, et ses biens n'ont pas été mis sous séquestre. Elle avait, dans les sociétés montées par Emmel, un certain nombre d'actions. Et c'est avec l'intérêt de ce capital que Paix-Séailles a payé le loyer de la rue Géricault.
L'interrogatoire de Desouches.
M. Drioux a continué hier d'interroger l'ex-avoué Guillaume Desouches, le complice de Lenoir. Il a repris le premier interrogatoire, dont il examine et approfondit, successivement chaque détail. L'interrogatoire a pris fin à 18 h. 45."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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Paul Marie Bolo, plus connu sous le nom de Bolo Pacha ou Bolo-Pacha, né le 24 septembre 1867 à Marseille et exécuté le 17 avril 1918 au fort de Vincennes, était un aventurier français.
BOLO PACHA FEVRIER 1918
Voici ce que rapporta à son sujet le quotidien L'Oeuvre, le 4 décembre 1917 :
L'interrogatoire des inculpés et les dépositions des témoins se succèdent interminablement.
Le pacha a été interrogé à nouveau hier matin, de 9 h. 30 à 11 li. 30, par le capitaine Bouchardon, sur l'ensemble des faits relevés à sa charge.
Pendant ce temps, le lieutenant-substitut, Jousselin recueillait la déposition d'une ancienne marchande de chaussures de Buenos-Ayres. Celle-ci a rapporté sur Bolo qu'il lui était toujours redevable d'une paire de chaussures de 33 francs, en garantie de l'achat desquelles il lui avait laissé à réparer une seule botte, qu'il oublia toujours de faire reprendre par son domestique.
On comprendra que, si ce sont là des faits de moralité, il n'en est guère besoin pour modifier la gravité des charges de l'inculpation.
Dans l'après-midi, le capitaine Bouchardon a entendu plusieurs témoins, parmi lesquels deux députés, dont M. Maurice Ajam, député de la Sarthe, ancien sous-secrétaire d'État à la marine.
PIERRE-LOUIS MAURICE AJAM DEPUTE ET MINISTRE
M. Maurice Ajam a déposé sur les relations de M. Joseph Caillaux avec Bolo pacha.
Lors des événements qui se déroulèrent en Champagne en 1911, M. Ajam menait auprès des vignerons une campagne en faveur de la délimitation ; il fit à cette occasion la connaissance de Bolo.
On sait quel rôle singulier — pour le moins — joua Bolo au cours des émeutes dont la Champagne fut le théâtre à cette époque.
C'est peu après ces événements que M. Maurice Ajam présenta Bolo à M. Caillaux.
Le capitaine Bouchardon recueillit ensuite le témoignage de M. d'Iriart d'Etchepare, député de Pau. Celui-ci fit la connaissance de Bodo pacha au début de l'année 1914, à Biarritz.
LOUIS D'IRIART D'ETCHEPARE DEPUTE ET MAIRE DE PAU PAYS BASQUE D'ANTAN
Vers la fin d'août 1914, le député des Basses-Pyrénées rencontra Bolo à Paris. Celui-ci lui parut être très ennuyé, et, comme M. d'Iriart d'Etchepare lui demandait la cause de ses soucis, Bolo lui avoua qu'il ne savait comment faire pour avoir de l'argent, en raison du décret réglant le moratorium sur les disponibilités des fonds en banque.
Après lui avoir expliqué le dispositif du décret, le député de Pau consentit à accompagner Bolo jusqu'à une succursale de la Société Générale, où, en sa présence, le pacha toucha les 10 p 100 prévus par le moratorium sur son compte-courant, soit 7 000 francs.
Le témoin déclara au capitaine Bouchardon que, ce même jour, il avait vu entre les mains de Bolo des titres de rente 3 p. 100 appartenant à sa femme et représentant, croit-il, un capital de plusieurs millions.
Depuis cette époque, M. d'Iriart d'Etchepare revit le pacha assez fréquemment jusqu'en 1916. Bolo ne faisait mystère à personne de ses hautes relations, notamment avec le khédive Abbas Hilmi.
ABBAS II HILMI BEY KHEDIVE D'EGYPTE ET DU SOUDAN
Au début de 1917, le député des Basses-Pyrénées apprit de M. Coggia, préfet de son département, que Bolo faisait l'objet d'une surveillance particulière. Celui-ci était effectivement inculpé depuis février 1917, et M. Coggia avait prévenu le ministre de l'intérieur qu'il y aurait lieu de rappeler Bolo à Pari, pour la soustraire à l'envie qu'il pouvait avoir de traverser la frontière et de se dérober ainsi à la justice de son pays.
M. d'Iriart d'Etchepare jugea Bolo un bluffeur peu habile. Il ne lui croit pas assez d'envergure pour avoir mené les affaires de trahison au sujet desquelles il est présentement inculpé.
Le capitaine Bouchardon a encore appris par un témoin bénévole que Bolo, au début de la guerre, avait essayé de lancer dans les milieux médicaux, un produit anesthésique nouveau, la "tocanalgine" qui, disait-il, devait rendre les plus signalés services aux blessés de guerre. Les rapports médicaux se trouvant être contradictoires sur la valeur du produit, l'affaire, à laquelle participèrent quelques Italiens, ne donna aucun résultat financier.
Dans la soirée, le lieutenant-substitut Jousselin a de nouveau recueilli la déposition d'un journaliste actuellement maréchal des logis d'artillerie.
M. Pachot, commissaire aux délégations judiciaires, a procédé à un certain nombre d'opérations, sur mandat du capitaine-rapporteur.
Ce matin, le capitaine Bourchardon entendra un personnage important à propos de l'affaire au Bonnet Rouge..."
A suivre...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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