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jeudi 11 décembre 2025

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 24 NOVEMBRE 1918 (deuxième et dernière partie)

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE LE 24 NOVEMBRE 1918.


.



L'armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918, à 5h15, met fin provisoirement aux combats de la Première Guerre mondiale. Il reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre, cet armistice étant prévu pour durer 33 jours, puis il a été ensuite renouvelé.



ARMISTICE 11 NOVEMBRE 1918





Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :



  • le 24 novembre 1918, sous la plume d'E. Seitz (suite) :

"... Les Alsaciens et les Lorrains, tels que les ont laissés 48 ans d'oppression allemande, ressemblent à ce "Mülhauser Tagblatt" ; même quand la langue parle boche, le coeur parle français.




Français, ils furent avant la défaite de 1870 ; Français ils restèrent pendant le demi-siècle d'esclavage dont ils ont payé cette défaite ; Français ils sont, plus que jamais, au lendemain de la Grande Victoire. Oui, l'Alsace-Lorraine est trois fois française ; elle sort si grande de la grande épreuve, que son nom est devenu un symbole et un drapeau, le symbole de toutes les oppressions injustes, le drapeau de toutes les revendications nationales.



L'Alsace-Lorraine, en effet, a écrit dans l'histoire la plus émouvante page du loyalisme courageux et persévérant qui brave toutes les persécutions et toutes les violences. Non seulement, par la voix de ses représentants, elle fit entendre à l'Assemblée Nationale de Bordeaux la protestation imprescriptible que tout le monde connaît, mais sa fidélité à la France ne cessa de se manifester pendant 48 ans d'oppression. A la suite du traité de Francfort, on compta officiellement, en 1872, 374 346 Alsaciens-Lorrains ayant opté pour la nationalité française, le quart de la population. Mais tous ne purent pas s'expatrier, heureusement d'ailleurs, car qui aurait défendu la tradition française aux pays annexés, s'ils avaient été abandonnés aux immigrés d'Allemagne ? Or, depuis 1872, à toutes les élections, les Alsaciens-Lorrains ne cessèrent d'élire des députés protestataires, au point que seize ans après l'annexion, sur 15 députés élus, 15 étaient des protestataires réclamant le retour à la France. Rien n'a pu modifier l'âme de nos frères annexés, ni les promesses, ni les flatteries, ni les menaces. Bismarck, en plein Reichstag, le 5 mars 1874, essayant de justifier l'annexion, disait :


"Nous avons dû rogner la pointe (la pointe de Strasbourg) qui pénétrait profondément dans les chairs de l'Allemagne, car c'est précisément dans cette pointe qu'habite une population qui, pour l'humeur guerrière et la haine contre les Allemands, ne le cède en rien aux Français. Nous avons appris à connaître, dans les guerres, l'effet de l'épée alsacienne combattant contre les Allemands qu'elle traitai en ennemis".



Il n'était pas inutile peut-être de rappeler cet hommage rendu par Bismarck à la francophilie et à la germanophobie d l'Alsace et de le rapprocher du témoignage tout récent du haut commandement allemand demandant secours à la France contre les manifestations et les soulèvements antiboches de l'Alsace-Lorraine.



Ne pouvant venir à bout de la résistance des Provinces, l'Allemagne usa contre elles des rigueurs nouvelles. Au Reichstag, en 1882, le député Antoine fit entendre la plus fière des protestations :


"... Après 11 ans, il vous plaît de prononcer le Vae Victis contre l'Alsace-Lorraine ; nous le subirons avec plus de dignité que vous n'avez mis d'ardeur à le prononcer. Nous ne cesserons de protester et, malgré vous, il nous restera ce que vous ne pourrez jamais nous enlever, l'espoir ! Nous aussi nous crierons à nos populations d'attendre, car, au-dessus de vos menées, il y a la majesté du Droit et de la Justice".



Ici encore il nous plaît de mettre en parallèle, le langage et l'attitude du représentant de l'Alsace douloureusement opprimée, avec l'attitude pleurnicheuse et suspecte des Boches d'aujourd'hui, incapables de supporter dignement les maux et les souffrances dont ils sont les auteurs responsables.



Non, la mentalité alsacienne-lorraine ne peut rien avoir de commun avec la kultur allemande. En vain, a-t-on expulsé Antoine et d'autres protestataires trop encombrants ; en vain a-t-on favorisé l'immigration intense des Prussiens aux pays annexés, la représentation législative de l'Alsace-Lorraine comprenait encore, au début de la guerre, des protestataires comme Blumenthal et l'abbé Wetterlé, que nous avons applaudis à Bayonne, comme le socialiste Weill, de vrais Français qu'attend impatiemment la tribune française.




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ENTREE DES FRANCAIS STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918


De cette Alsace et de cette Lorraine, nous sommes les fils, fiers depuis toujours, heureux au-dessus de toute expression depuis la journée éblouissante du 11 novembre. Aujourd'hui surtout, nous vivons en pensée l'ivresse de nos frères de Strasbourg et des deux provinces ; avec eux, de toute notre tendresse, de toute notre admiration, de toute notre éternelle reconnaissance, nous glorifions les soldats vainqueurs, qui vont défiler devant le monuments des strasbourgeois Kleber et Kellermann et devant la maison natale de notre immortelle Marseillaise, car l'Alsace, jalouse de la gloire de la Lorraine, qui avait donné à la France la sainte libératrice Jeanne d'Arc, a voulu à son tour donner à la patrie l'hymne libérateur, l'hymne glorieux d'héroïsme et de victoire.



Et nous surtout, Alsaciens-Lorrains qui avons fait de la région pyrénéenne notre seconde patrie, nous éprouvons une joie et une fierté nouvelles à partager avec toutes les Pyrénées, avec tout le midi de la France l'orgueil de voir un tarbais, le maréchal Foch acclamé par l'Univers entier comme le vainqueur du kolosse allemand, comme le libérateur de toutes les Alsaces-Lorraines.



Je m'arrête, craignant d'avoir peut-être abusé d'une trop bienveillante attention. Si j'ai été trop long et si je n'ai pas toujours été maître de mon enthousiasme ni de mon émotion, je m'en excuse.



Aujourd'hui, le coeur est à Strasbourg et j'ai dit "quel est mon pays !"



Acclamons-le, d'une seule voix, frères d'Alsace et de Lorraine : "Vive la France !"




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ENTREE DU GENERAL GOURAUD A STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918



  • le 25 novembre 1918 :

"Bayonne.

La fête de l'Alsace-Lorraine.



Nous avons relaté brièvement, hier, les belles manifestations par lesquelles a été fêtée à Bayonne, la libération des chères provinces et l'entrée triomphale à Strasbourg. Si la place ne nous avait pas été mesurée, nous aurions eu bien d'autres détails à relater.



Il convient, entre autres, de remercier tout spécialement M. Le consul de Portugal, le vicomte de Wildick, qui a une âme de Français et de Poilu, puisqu'il n'a pas hésité, malgré son très grand âge et ses souffrances, à venir assister à toutes les cérémonies, même à celle du cimetière ; il a prononcé, à la Place d'Armes, un discours dont nous tenons à reproduite les parties essentielles :


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PLACE D'ARMES ET JARDINS BAYONNE 1918
PAYS BASQUE D'ANTAN


"Monsieur le Maire,


Au nom du Corps Consulaire, j'ai l'honneur de vous offrir ses remerciements respectueux de l'invitation que vous m'avez chargé de lui transmettre, à assister à la manifestation patriotique du groupe d'Alsaciens-Lorrains de la région de Bayonne, pour solenniser l'entrée des armées françaises et alliées dans les deux provinces libérées. C'est avec le plus vif empressement qu'il se rend à cette invitation, qui lui donne une nouvelle occasion de témoigner publiquement son allégresse en voyant le sol français définitivement libéré de la présence du barbare étranger, et l'Alsace-Lorraine, ces deux joyaux si précieux de la couronne de gloire qui ceint le front de la France, retourner après plus de quatre ans d'oppression et d'esclavage au giron de la mère-patrie.


A l'expression de ce sentiment, les membres du corps consulaire joignent, Monsieur le Maire, leurs plus cordiales félicitations pour le triomphe obtenu par la France dans la lutte pour la sainte cause du Droit, de la Liberté des peuples et de l'Humanité...


... Quant à vous, Alsaciens-Lorrains, nous prenons une part intense à la joie que vous cause la restauration glorieuse de votre petite patrie, joie tellement communicative, qu'elle inonde aisément tous les coeurs...


... Nous, les consuls des nations alliées de la France, vous adressons nos plus enthousiastes félicitations pour le triomphe dont une large part revient à vos provinces chéries, et nous nous félicitons de ce que les pays, que nous avons l'honneur de représenter ici, ont collaboré au triomphe que vous célébrez aujourd'hui.


Notre collègue, consul de Belgique m'a chargé de vous exprimer son vif regret de ne pouvoir comparaître ici. Quelle n'eût été votre satisfaction de voir ici représenté en lui ce noble pays, dont la loyauté internationale, poussée jusqu'aux derniers sacrifices, restera désormais comme un exemple sublime et sans précédent dans l'histoire des nations !...


... Quant aux collègues, consuls des nations alliées, que ne puis-je traduire assez éloquemment leurs sentiments de cordialité et de vive sympathie envers l'Alsace-Lorraine, ainsi que leur orgueil, si légitime, de représenter des pays qui ont aidé à sa libération : de l'Angleterre, qui a contribué à la victoire finale par l'aide puissante de sa marine de guerre et de s vaillante armée, qui s'est couverte de gloire dans tous les combats auxquels elle a pris part ; de l'Italie, mère commune de la race latine, vieille alliée de la France, dont l'héroïsme, arrosé de son sang le plus généreux, a fait refleurir les lauriers de Magenta et de Solférino ; des Etats-Unis d'Amérique, accourus avec la toute-puissance de leur marine, de leur armée innombrable et valeureuse, pour porter le coup fatal à la ruée des vandales que leur sanglant mépris du droit des gens et des coutumes de la guerre, leurs déprédations et leurs atrocités, ont mis au ban de l'Humanité.


J'ai l'honneur de représenter le Portugal, dès la première heure ami et allié de la France et qui est fier de la gloire d'avoir porté le flambeau de la civilisation...


... Messieurs, la revanche est gagnée. Les grands buts de la guerre sont atteints...


... Salut aux braves qui ont fait flotter le drapeau français sur les flèches des cathédrales de Metz et de Strasbourg !


Salut aux mânes des héros tombés au Champ d'Honneur pour la Patrie française !


Salut à la pléiade de généraux dont le courage et les science militaire ont préparé et ouvert le chemin de la Victoire !


Salut aux deux généralissimes, sauveurs de la France, dont les noms seront désormais légendaires : Joffre et Foch !

Salut à Clémenceau, l'ange du triomphe !

Salut à l'Alsace-Lorraine !



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VIVE L'ALSACE ! 1918


Ajoutons que les aimables jeunes filles qui ont, avec un gracieux dévouement, quêté pour les oeuvres de guerre de la ville de Bayonne, ont fait une jolie recette ; la population de cette ville a prouvé, une fois de plus, que sa générosité était égale à son patriotisme."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mardi 11 novembre 2025

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 24 NOVEMBRE 1918 (première partie)

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE LE 24 NOVEMBRE 1918.


.



L'armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918, à 5h15, met fin provisoirement aux combats de la Première Guerre mondiale. Il reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre, cet armistice étant prévu pour durer 33 jours, puis il a été ensuite renouvelé.



pays basque histoire armistice labourd poilus
ARMISTICE 11 NOVEMBRE 1918





Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :


  • le 23 novembre 1918 :

"Bayonne.

Grande manifestation patriotique.


— Demain dimanche, l'entrée triomphale des Armées françaises à Strasbourg couronnera la série des journées merveilleuses que furent l'entrée de nos troupes dans tous les villages et dans toutes les villes d'Alsace et de Lorraine.



pays basque histoire armistice labourd poilus
ENTREE DES FRANCAIS STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918


Pour célébrer ces événements heureux et glorieux, pour fêter le retour des deux provinces à la France, dont rien n'avait jamais pu les séparer, les Alsaciens et les Lorrains de la région de Bayonne ont eu la noble pensée d'organiser une manifestation, dont le but principal était la remise du Drapeau Alsacien-Lorrain à la Municipalité de Bayonne et une visite aux tombes de ceux qui sont morts pour la Patrie et dont le sacrifice nous a assuré la Victoire.




pays basque histoire armistice labourd poilus
VIVE L'ALSACE ! 1918



Mais grâce au concours spontané de la Municipalité de Bayonne, des autorités militaires françaises, américaines et britanniques, des Sociétés et groupements de la région, l'organisation a pris une ampleur nouvelle et Bayonne aura demain une fête patriotique à laquelle toute la population voudra s'associer. Le groupement alsacien-lorrain et le cortège seront reçus solennellement à la Mairie, à 9 heures et demie, puis, vers 9 heures trois quarts, au kiosque de la Place d'Armes, aura lieu la cérémonie du Drapeau, à laquelle la musique militaire américaine, la Clique, les Pupilles belges et les orphelins de la Ville de Bayonne prêteront leur concours.



Puis le cortège se mettra en route par la rue Thiers et la rue d'Espagne, pour le cimetière Saint-Léon. Il fera une halte à la hauteur du Camp Wilson pour saluer le drapeau américain, puis il déposera des couronnes et des fleurs sur la tombe des soldats morts pour la France.



Retour par les Allées-Paulmy. Dislocation Place de la Liberté.



Hommage à nos poilus.


— Un groupe de notables habitants du quartier St-Esprit a songé à s'organiser en vue de l'hommage à rendre à nos régiments bayonnais qui se sont si vaillamment conduits pendant la guerre.



Pour leur prouver sa reconnaissance, le quartier St-Esprit a pris l'initiative d'élever à l'entrée du pont de l'Adour un arc de triomphe, sous lequel tous passeront et où ils trouveront le témoignage ému d'une population qui a conscience de ce que leur doit la France en général et Bayonne plus particulièrement."



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CITADELLE BAYONNE 1918
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • le 24 novembre 1918 :


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PLACE D'ARMES ET JARDINS BAYONNE 1918
PAYS BASQUE D'ANTAN



"Dis-moi quel est ton pays ? (Discours prononcé le 24 novembre 1918, à la manifestation patriotique de Bayonne.)



Dis-moi quel est ton pays ? Est-ce la France ou l'Allemagne ?... 

Erckmann-Chatrian.



Réponds, frère d'Alsace ; réponds, frère de Lorraine ; ou plutôt, non, ne répondez pas, car voici celui qui répondra pour vous : l'immortel Drapeau qui, sans doute déjà, il y a plus d'un siècle, a fait victorieusement le tour de l'Europe, mais qui jamais ne fut sublime comme aujourd'hui, et qui, depuis huit jours, soulève, de ville en ville, de village en village, dans toute l'Alsace et dans toute la Lorraine, les serments d'amour et de fidélité, les chants d'enthousiasme et les acclamations unanimes.



Partout, même accueil affectueux, vibrant, délirant, partout même profusion d'arc-de-triomphe, de fleurs, de drapeaux, même émotion profonde, même généreuse cordialité. Heureux, les Poilus qui furent de l'entrée triomphale à Mulhouse ou à Château-Salins, à Colmar ou à Sarrebourg, à Huningue, Néuf-Brisach, Schlestadt, Dieuze, Phalsbourg ou Metz ! Heureux ceux qui aujourd'hui, avec Castelnau et Gouraud, font leur entée solennelle à Strasbourg, hier capitale des pays annexés ! Ceux-là sentiront battre de joie et de fierté le coeur de l'Alsace et de la Lorraine, et ils pourront dire, quand ils seront de retour dans leurs foyers, si jamais ils ont rencontré âmes plus profondément françaises.



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ENTREE DU GENERAL GOURAUD A STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918


Ils auront beau, ces témoins heureux, à qui chacun fait fête dans notre Alsace-Lorraine, ils auront beau trouver dans ces provinces un langage spécial, un accent caractéristique comme en ont aussi les Basques ou les Bretons, les Flamands ou les Marseillais ; ils auront beau reconnaître dans la population les stigmates d'un demi-siècle de captivité, ils comprendront toute la grandeur de l'attachement de ces pays à la France.



Dans la matinée du jour où nos troupes firent leur entrée solennelle à Mulhouse un journal fut publié et répandu à profusion. Son titre était allemand, imprimé en caractères gothiques allemands : "Mümhauser Tagblatt". Et le texte était mi-partie français, mi-partie allemand. Journal boche ! Que non pas ; sous l'apparence, il faut voir la réalité. Et cette réalité, comme elle est belle ! D'abord, sous le titre boche, une manchette :


République Française.

Liberté — Egalité — Fraternité


Puis le texte de la protestation de Bordeaux de 1871, et enfin, sous ce titre : "Honneur à la mémoire de nos pères", une proclamation en français et en allemand, dont voici la fin :


... Les apôtres de la force ont osé demander aux nations libératrices du monde la consécration du droit par un plébiscite humiliant.


Eh bien non ! Jamais vous ne tolérerez cet outrage à la France et à la mémoire de nos pères. Vous donnerez à ce défi monstrueux la récompense méritée. L'ombre de l'équivoque aura disparu quand le premier soldat de France arrivera aux portes de notre ville. Vos drapeaux déployés, vos ovations enthousiastes à ces magnifiques poilus, "au stoïcisme souriant", feront éclater à la face du monde la vérité radieuse.


Votre joie sera pure. Vous ne la souillerez pas par des vengeances d'esclaves. Montrez à vos oppresseurs vaincus que vous êtes restés des enfants dignes du généreux pays de la liberté !


Elevez vos âmes à la hauteur de ce jour et unissez vos coeurs dans ce cri : 

Vivent la France et l'Alsace-Lorraine réunies à jamais !"



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mardi 9 septembre 2025

LE PAIN "ESPAGNOL" AU PAYS BASQUE EN MAI 1918 (cinquième et dernière partie)

    

LE PAIN "ESPAGNOL" EN MAI 1918.


Pendant la Première Guerre mondiale, la question du ravitaillement est un sujet quotidien préoccupant dans toute la France, et au Pays Basque également. 




PAIN 1918



Voici ce que rapporta E. Seitz dans le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :



  • Le 24 mai 1918 (suite) :

"... En résumé, Monsieur le Préfet, nous avons conscience d'avoir assuré la fidèle application de vos instructions concernant les restrictions imposées dans la Défense Nationale et cela malgré les difficultés inhérentes au régime spécial qui fait de notre station un vaste hôtellerie et malgré l'insuffisance numérique du personnel de la police municipale.



Nous n'avons pour cela ménagé ni notre temps ni nos peines et nous serions justement émus, que sans aucun égard pour nos efforts, on pût, en généralisant un cas isolé qui a pu se produire, méconnaître les résultats obtenus et la tâche considérable que nous avons accomplie.



Nos populations, vous le savez, sont animées du meilleur esprit et supportent avec vaillance les sacrifices commandés par l'intérêt du pays. Il est bien, toutefois, que M. le ministre du ravitaillement n'oublie que notre département est encore condamné au régime de la ration de pain à 200 grammes et qu'il est indispensable que cette ration soit portée à 300 grammes, comme partout ailleurs, à l'heure où les restrictions sur la viande vont nous imposer de nouvelles privations.



J'ai déjà appelé sur ce point l'attention de M. le ministre. Je sais que cette question est l'objet de vos préoccupations et j'ai confiance que votre sollicitude lui fera donner une équitable solution. 


Le Sénateur Maire : P. Forsans."


biarritz 1919
PIERRE FORSANS MAIRE DE BIARRITZ - MIARRITZE
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • Le 29 mai 1918 :


"Pain Espagnol.


— Hier, à la gare de Biarritz-Ville, des personnes étaient arrêtées devant un ballot contenant une sérieuse quantité de pain espagnol et se plaignaient de ne pouvoir en acheter, la marchande refusant de le leur vendre à n'importe quel prix. Un agent s'enquit. Le pain était destiné à être vendu aux prix exagérés que nous avons connus. Devant la menace de saisie, la marchande, tout en maugréant accepta de vendre au prix toléré de 0.80 le demi-kilo. En quelques minutes, tout fut enlevé.



Cependant, nous devons signaler qu'il y a quantité de personnes qui consentent encore à payer le pain espagnol à n'importe quel prix. Ces gens-là ne sont pas raisonnables, car ils se font ainsi les auxiliaires de la contrebande et ils empêchent le pain espagnol de diminuer de prix."



  • Le 26 juin 1918 :

"Le pain Espagnol.



— Le pain de contrebande continue d'arriver à Biarritz où certains intermédiaires le vendent clandestinement à raison de 5 et 6 francs le kilo. Plusieurs saisies ont été faites récemment dans les gares.



Maintenant, voici le nouveau truc employé pour échapper à la surveillance exercée à Biarritz-Ville. Les transporteurs de pain, arrivant de la Négresse par le train, le jettent par la portière, en cours de route, aux environs du pont de Chélitz et des compères viennent le recueillir. Il est même arrivé récemment que des pains ainsi jetés en dehors de la voie ont été recueillis et mangés à bon marché par des personnes à qui ils n'étaient pas destinés."



  • Le 30 novembre 1918 :

"Après l'Armistice.



... En Espagne, par exemple, où nous comptons tant d'amis sincères, mais aussi des germanophiles stupides et ingrats, les effets de l'armistice gagné par nos Poilus se font sentir plus promptement encore peut-être que chez nous.



Déjà, moins de quinze jours après la capitulation boche, le pain, élément essentiel de la vie, a baissé de 10 centimes par kilog. dans toute la péninsule ; déjà l'on prévoit une baisse de prix sur un grand nombre de denrées d'alimentation, sur les cotons et les produits de fabrication ; déjà les sortes de tabac qui manquaient — ceux qui viennent des colonies et de Manille principalement — sont attendus et annoncés chez les marchands. Déjà l'officielle "Gaceta" a publié la déclaration officielle de l'ambassadeur d'Allemagne, annonçant la fin de toute belligérance navale, la fin de la guerre commerciale par sous-marins, la fin du régimes des sauf-conduits, obligations restrictives, obstacles de tout genre, la liberté, en un mot, du trafic maritime.



Il n'est pas inutile peut-être de rappeler aux Bochophiles espagnols, qui bénéficient, comme tous les autres neutres, de cet heureux état de choses, que c'est aux Boches qu'ils doivent les souffrances du blocus, aujourd'hui terminé pour eux, que c'est aux Alliés qu'ils doivent, depuis le 11 novembre, les bénéfices de la libre navigation ; aux Alliés, qui, à leur profit, ont fait signer par les plénipotentiaires l'article 32 de l'armistice :


"Le gouvernement allemand notifiera formellement à vous les gouvernements neutres, que toutes les restrictions imposées au trafic de leurs bâtiments avec les puissances alliées ou associées... sont immédiatement annulées."



C'est donc grâce à la liberté des mers gagnée par nous et réclamée par nous pour eux que les Espagnols peuvent librement commercer et manger du pain bon marché."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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samedi 9 août 2025

LE PAIN "ESPAGNOL" AU PAYS BASQUE EN MAI 1918 (quatrième partie)

   

LE PAIN "ESPAGNOL" EN MAI 1918.


Pendant la Première Guerre mondiale, la question du ravitaillement est un sujet quotidien préoccupant dans toute la France, et au Pays Basque également. 




PAIN 1918



Voici ce que rapporta E. Seitz dans le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :



  • Le 16 mai 1918 :

"Le pain espagnol. — Le maire de la ville de Bayonne a pris l'arrêté suivant :


Art. 1er. — A dater de ce jour l'exposition et la mise en vente de tout pain blanc dit Espagnol, ou de toute autre provenance, sont interdites sur tout le territoire de la commune de Bayonne autrement qu'au prix de la taxe fixé par l'arrêté susvisé de M. le préfet des Basses-Pyrénées du 21 décembre 1917.


Art. 2. — Toute infraction aux dispositions de l'article qui précède entraînera la confiscation du pain exposé et mis en vente. Ce pain sera distribué aux Orphelinats de la Ville, sans préjudice des poursuites exercées contre les contrevenants par application de l'article 471, paragraphe 15 du Code pénal.


Art. 3. — M. le commissaire central de police et les agents de la police municipale, M. le préposé en chef de l'octroi et les agents sous ses ordres sont et demeurent chargés de l'application du présent arrêté.


Fait à l'Hôtel de Ville de Bayonne, le 10 mai 1918.

Le maire : J. Garat."



  • Le 19 mai 1918 :

"Hendaye.

La question du pain espagnol.



— Décidément il ne sera plus facile de spéculer comme on le faisait scandaleusement sur les privations du public et sur la faim en vendant à des prix abusifs le pain importé d'Espagne.



Après les arrêtés pris par le maire de Bayonne et par le maire de Biarritz pour rappeler à la raison les vendeurs de pain, voici que la municipalité d'Hendaye agit à son tour pour réglementer le cours du pain espagnol.



Voici en effet l'arrêt qui vient d'être pris :


Considérant que le pain espagnol acheté sur place, en Espagne, revient à 0.60 peseta le kilo, ce qui, au cours actuel du change, représente 0 fr. 95 ;

Qu'il est inadmissible que le même pain, importé en France par des particuliers qui en font l'objet d'un commerce important, soit revendu à 2 fr. 50 et 3 fr. le kilog.


Arrêtons :


Art. 1er. — A partir du 18 mai 1918, il est interdit à tout entrepositaire ou revendeur de pain blanc, dit espagnol, sur le territoire de la commune de Hendaye, de livrer cette denrée à un prix supérieur à 1 fr. 25 le kil. ;


Art. 2. — Toute personne qui vendrait ou achèterait du pain espagnol au dessus de 0 fr. 65 la livre, s'exposerait à la réquisition de son stock au prix de la taxe locale, soit 0 fr. 65 le kilog., et à être poursuivie pour hausse illicite en matière de ravitaillement."



  • Le 24 mai 1918 :


"Restrictions à Biarritz.



— Ceux qui subissent les restrictions à Biarritz, ceux surtout — et ils sont l'immense majorité — qui se font un devoir de s'y conformer dans toute leur rigueur nécessaire, seront bien étonnés d'apprendre que des rapports adressés au ministre du ravitaillement accusent notre département et Biarritz en particulier, de ne pas observer ces restrictions.



M. Forsans, sénateur, maire de Biarritz, qui, à la mairie, doit soutenir une lutte continuelle contre les difficultés de ravitaillement tout en veillant scrupuleusement au respect de toutes les réglementations, a répondu par la lettre suivante au préfet des Basses-Pyrénées :


Le Sénateur-Maire de Biarritz à Monsieur le Préfet des Basses-Pyrénées, Pau.


J'ai eu connaissance de la dépêche en date du 6 de ce mois par laquelle, à la suite d'un rapport qui lui a été fait, M. le ministre du ravitaillement relève que les dispositions légales et réglementaires édictant des restrictions diverses ne seraient pas régulièrement observées dans le département des Basses-Pyrénées.


Il signale notamment qu'à "Biarritz le régime de la carte ne fonctionne pas dans les hôtels et qu'on donne le pain à discrétion, qu'il se fait dans cette commune et dans les environs un commerce de pain blanc espagnol , vendu à 2 francs le kilogramme. Le pain est passé en fraude à la frontière et est destiné à la clientèle riche. Les boulangers eux-mêmes s'adonneraient à ce trafic et la vente de ce pain, malgré un arrêté du maire qui l'interdit, continuerait clandestinement".


Je regrette que M. le ministre ait pu être si mal renseigné et qu'au lieu de lui dire que le pain est ici dépensé sans mesure — amère dérision ! — on ne lui ait pas plutôt rappelé que nous en avons été complètement privés à diverses reprises et qu'à l'heure actuelle les Basses-Pyrénées sont réduites à la ration de 200 grammes tandis que cette ration, dans les autres départements, n'est nulle part inférieure à 300 grammes.


La vérité est, Monsieur le Préfet, qu'à Biarritz, l'arrêté par lequel vous avez fixé à 200 grammes la ration de pain est indistinctement appliqué à tous, aussi bien aux hôtels qu'aux petits ménages et que nous observons avec la plus grande rigueur toutes les mesures de contrôle que vous avez sagement prescrites pour en assurer l'exécution.


En l'absence de la carte individuelle qui n'existe encore ni dans les Basses-Pyrénées ni dans les départements voisins, nous remettons chaque jour à chacun des hôtels un nombre de rations de 200 grammes correspondant au chiffre des personnes qui y prennent leurs repas et ce chiffe est chaque semaine, l'objet d'une vérification.


Dans ces conditions, j'ai le droit d'affirmer que les hôtels ne peuvent donner du pain à discrétion à leurs clients et de protester contre la généralisation d'un cas isolé qui peut se produire partout où plusieurs personnes prenant leurs repas en commun, il est loisible à l'une d'elles de faire bénéficier une autre de tout ou partie de sa ration.


Il est exact que, depuis quelque temps, du pain espagnol est mis en vente à Biarritz. Mais ce pain n'est nullement passé en fraude à la frontière. Il est introduit sous les yeux des autorités françaises ; il n'est nullement réservé pour la clientèle riche puisque chacun peut s'en procurer, et la vente e est faite, non clandestinement, mais au grand jour.


Il en est de même d'ailleurs dans toutes les localités de la région. Pouvions-nous, alors que plusieurs fois par semaine nous n'avions pas de pain, priver les familles de la ressource du pain espagnol ? Je ne l'ai pas pensé et même à l'heure actuelle, tant que la population est condamnée au régime de la ration de 200 grammes, j'estime qu'il ne serait pas sage de la priver d'un supplément d'alimentation qu'elle peut se procurer sans nuire à l'intérêt national.


Mais si je n'ai pas cru devoir interdire la vente sur le territoire de la commune du pain espagnol dont l'entrée en France est permise, je me suis du moins attaché à prévenir les abus auxquels cette vente pourrait donner lieu. C'est ainsi que j'ai fait saisir le pain dont le prix de vente est trop élevé et que, dès la première heure, cette vente a été interdite aux boulangers afin de leur éviter la tentation de ne pas observer la taxe et une surveillance exercée par le commissaire de police garantit l'application de cette mesure. C'est ainsi que, prévenu par lui il y a quelque temps de l'infraction commise par un boulanger, après m'être rendu compte que des poursuites seraient dépourvues de sanction, j'ai adressé au contrevenant une lettre dont copie est ci-jointe.



Il n'est donc pas exact de dire que les boulangers de Biarritz s'adonnent au trafic du pain espagnol.



Il est dit d'autre part dans le rapport qui a ému M. le ministre du ravitaillement que "dans la plupart des hôtels et restaurants de Biarritz on sert du beurre et des repas d'avant-guerre : Le tout est d'y mettre le prix et de prendre ses repas dans les appartements".



Il m'est agréable de trouver dans la forme même de cette énonciation — paraphrase d'un diction fameux — la preuve certaine que l'auteur du rapport n'a pu relever dans aucun des 150 établissements de Biarritz servant des repas, une seule infraction ayant pu échapper à la surveillance de la police municipale.



Celle-ci pourrait-elle induire en tentation le maître d'hôtel par des offres engageantes et se donner ainsi le malin plaisir de constater la contravention après l'avoir provoquée ?



De tels moyens ne sont pas à notre portée et sincèrement, je déclare qu'il ne peut nous convenir non plus de les employer..."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mercredi 9 juillet 2025

LE PAIN "ESPAGNOL" AU PAYS BASQUE EN MAI 1918 (troisième partie)

  

LE PAIN "ESPAGNOL" EN MAI 1918.


Pendant la Première Guerre mondiale, la question du ravitaillement est un sujet quotidien préoccupant dans toute la France, et au Pays Basque également. 




pays basque guerre labourd histoire 1914-1918 ravitaillement frontiere pain guipuscoa
PAIN 1918



Voici ce que rapporta E. Seitz dans le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :


  •  le 8 mai 1918 :

"Interdiction de la vente du pain espagnol.


— Par ordre formel de M. le Maire, la vente et l'achat du pain blanc de luxe, d'Espagne ou de toute autre provenance, sont interdits à des prix au-dessus de la taxe officielle fixée par l'arrêté de M. le Préfet en date du 21 décembre 1917.



Des avertissements sévères ont été donnés à toutes personnes se livrant à ce trafic, et s'il n'en était pas tenu compte immédiatement, les agents procéderont à la confiscation du pain.


Le commissaire central entend que les instructions et les ordres de M. le maire soient strictement appliqués."



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PORTEUSE DE PAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • le 12 mai 1918 :

"Le pain espagnol.


— Les mesures radicales prises à Bayonne, il y a quelque jours, contre la vente du pain espagnol, à des prix exorbitants ont eu pour effet de faire baisser quelque peu le prix de cette denrée à Biarritz. Mais ce prix n'est encore ni acceptable ni tolérable. Le pain coûte en Espagne 0.60, ce qui, avec le change, et la douane, représente 1 franc de notre monnaie. En faisant la part des risques de contrebande, des voyages et peines, le prix de 1.50 à 1.75 le kilo serait assez largement rémunérateur pour les vendeurs ; le pain de un kilo et demi ne devrait pouvoir être vendu plus de 2.25 à 2,50.



Nous savons bien, et nous l'avons déjà dit, que le mal réside surtout à la frontière même et que les contrebandiers de Hendaye ou de Béhobie vendent les pains à 3 francs en moyenne aux revendeuses qui l'apportent à Biarritz ou Saint-Jean-de-Luz.



Mais il y aurait moyen de mettre à la raison ces exploiteurs ; il suffirait pour cela que les revendeurs leur laissent la marchandise pour compte pendant quelques jours et qu'il soit interdit à ces revendeurs de dépasser un prix déterminé pour la vente au public."



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PORTEUR DE PAIN SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • le 14 mai 1918 :

"Biarritz.

Le pain espagnol. — Vendeuses, à partir de jeudi ne vendez pas le pain espagnol au-dessus de 80 centimes la livre, 1.60 le kilo, 2.40 le pain de 3 livres, vous vous exposeriez à voir réquisitionner votre stock au prix de la taxe locale, soit à 65 centimes le kilo.



Acheteurs, à partir de jeudi, ne payez pas le pain espagnol plus de 80 centimes le demi-kilo, 1.60 le kilo, 2.40 les 3 livres. Ce prix maximum est normal et comporte une suffisante rémunération des frais, charges et risques des intermédiaires.



Nous en reparlerons d'ailleurs demain."



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PORTEUSE DE PAIN
PAYS BASQUE D'ANTAN


  • le 15 mai 1918, sous la plume d'E. Seitz :

"Pain espagnol. — Doit-on tolérer la vente du pain espagnol, qui, en raison des frais de change et de transport et des risques divers, est d'un prix de revient très supérieur à celui du pain national ? Doit-on au contraire en interdire la vente et appliquer à la lettre la taxe interdisant de vendre du pain plus de 0 fr. 65 le kilo ?



Si la question s'est posée, c'est qu'il y a eu, qu'il y a encore un vrai scandale du pain espagnol, c'est que ce pain, passé en contrebande est devenu matière à exploitation vraiment intolérable ; c'est qu'on vend ici et ailleurs, à 1 fr. 40 le demi-kilo, à 2,50 et 3 francs le kilo, à 3,50, 3,75 et même 4 francs les 3 livres, un pain d'Espagne qui est même souvent de fabrication clandestine et de propreté douteuse.



Notez que c'est pour une grande part la classe pauvre et travailleuse qui, se trouvant insuffisamment nourrie par les 200 ou 250 grammes de pain de la ration quotidienne, achète à ces prix fantastiques le pain espagnol. Elle paie, mais n'en pense pas moins et proteste avec raison. Mais comme le pain, même à 3 francs le kilo est une nourriture plus économique que la viande et bien d'autres denrées on en achète quand même. Il semble qu'il y a donc lieu de laisser cette ressource au public mais de protéger ce dernier contre le mercantisme.



Nous avons établi, dans un précédent article de La Gazette, que le pain, non compris les frais et risques de contrebande et les frais de voyage, revenait en argent français, à 1 fr. ou 1.10, suivant qu'il acquitte ou non les frais de douane ; nous avons ajouté qu'une marge de 50 centimes devrait suffire à couvrir les risques, frais et bénéfices des revendeurs qui le détaillent dans notre ville. Il semble donc raisonnable de fixer à 1.60 le kilo le prix de vente toléré.



Nous avons appris que l'administration municipale et le service de police ont reconnu exactes nos précisions et légitimes nos conclusions. ... Donc, à l'avenir marchands et public peuvent se le tenir pour dit la vente du pain espagnol (j'entends par là le pain vraiment importé d'Espagne), ne sera tolérée qu'à un prix ne dépassant pas 80 centimes la livre, 1.60 le kilo et 2.40 le pain de 3 livres. Si les marchands persistaient à vendre le pain au-dessus de ce prix, la police le réquisitionnerait, et l'ayant remboursé au taux de la taxe municipale : 0.65 le kilo, le livrerait au public à ce même prix.



pays basque guerre labourd histoire 1914-1918 ravitaillement frontiere pain guipuscoa
BOULANGERE BAYONNE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Cette solution est raisonnable et sera sans doute approuvée.



Nous n'ignorons pas que la plupart des revendeurs de ce pain ont un bénéfice assez limité, même en l'écoulant actuellement au prix abusif dont on se plaint. C'est à Hendaye, à Béhobie que les contrebandiers et mercantis ont établi le cours exagéré de 3 francs et plus par pain de 3 livres. Les revendeurs de Biarritz n'ont qu'à leur laisser cette denrée pour compte jusqu'à ce que leurs prétentions, étant devenues plus modestes, ramène le pain à un prix plus normal et auquel cependant nos revendeurs puissent trouver leur compte.



Ajoutons que, pour rendre opérante la mesure prise ici, il faudrait qu'elle fut appliquée de même à Saint-Jean-de-Luz et Hendaye.



Ainsi cessera ce que l'on a justement appelé le scandale du pain espagnol.



P. S. — Nous avons constaté ce matin, aux Halles, qu'un tableau bien en vue annonce l'interdiction de vendre à Biarritz du pain espagnol à un prix supérieur à 80 centimes le demi-kilo."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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