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jeudi 11 décembre 2025

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 24 NOVEMBRE 1918 (deuxième et dernière partie)

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE LE 24 NOVEMBRE 1918.


.



L'armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918, à 5h15, met fin provisoirement aux combats de la Première Guerre mondiale. Il reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre, cet armistice étant prévu pour durer 33 jours, puis il a été ensuite renouvelé.



ARMISTICE 11 NOVEMBRE 1918





Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :



  • le 24 novembre 1918, sous la plume d'E. Seitz (suite) :

"... Les Alsaciens et les Lorrains, tels que les ont laissés 48 ans d'oppression allemande, ressemblent à ce "Mülhauser Tagblatt" ; même quand la langue parle boche, le coeur parle français.




Français, ils furent avant la défaite de 1870 ; Français ils restèrent pendant le demi-siècle d'esclavage dont ils ont payé cette défaite ; Français ils sont, plus que jamais, au lendemain de la Grande Victoire. Oui, l'Alsace-Lorraine est trois fois française ; elle sort si grande de la grande épreuve, que son nom est devenu un symbole et un drapeau, le symbole de toutes les oppressions injustes, le drapeau de toutes les revendications nationales.



L'Alsace-Lorraine, en effet, a écrit dans l'histoire la plus émouvante page du loyalisme courageux et persévérant qui brave toutes les persécutions et toutes les violences. Non seulement, par la voix de ses représentants, elle fit entendre à l'Assemblée Nationale de Bordeaux la protestation imprescriptible que tout le monde connaît, mais sa fidélité à la France ne cessa de se manifester pendant 48 ans d'oppression. A la suite du traité de Francfort, on compta officiellement, en 1872, 374 346 Alsaciens-Lorrains ayant opté pour la nationalité française, le quart de la population. Mais tous ne purent pas s'expatrier, heureusement d'ailleurs, car qui aurait défendu la tradition française aux pays annexés, s'ils avaient été abandonnés aux immigrés d'Allemagne ? Or, depuis 1872, à toutes les élections, les Alsaciens-Lorrains ne cessèrent d'élire des députés protestataires, au point que seize ans après l'annexion, sur 15 députés élus, 15 étaient des protestataires réclamant le retour à la France. Rien n'a pu modifier l'âme de nos frères annexés, ni les promesses, ni les flatteries, ni les menaces. Bismarck, en plein Reichstag, le 5 mars 1874, essayant de justifier l'annexion, disait :


"Nous avons dû rogner la pointe (la pointe de Strasbourg) qui pénétrait profondément dans les chairs de l'Allemagne, car c'est précisément dans cette pointe qu'habite une population qui, pour l'humeur guerrière et la haine contre les Allemands, ne le cède en rien aux Français. Nous avons appris à connaître, dans les guerres, l'effet de l'épée alsacienne combattant contre les Allemands qu'elle traitai en ennemis".



Il n'était pas inutile peut-être de rappeler cet hommage rendu par Bismarck à la francophilie et à la germanophobie d l'Alsace et de le rapprocher du témoignage tout récent du haut commandement allemand demandant secours à la France contre les manifestations et les soulèvements antiboches de l'Alsace-Lorraine.



Ne pouvant venir à bout de la résistance des Provinces, l'Allemagne usa contre elles des rigueurs nouvelles. Au Reichstag, en 1882, le député Antoine fit entendre la plus fière des protestations :


"... Après 11 ans, il vous plaît de prononcer le Vae Victis contre l'Alsace-Lorraine ; nous le subirons avec plus de dignité que vous n'avez mis d'ardeur à le prononcer. Nous ne cesserons de protester et, malgré vous, il nous restera ce que vous ne pourrez jamais nous enlever, l'espoir ! Nous aussi nous crierons à nos populations d'attendre, car, au-dessus de vos menées, il y a la majesté du Droit et de la Justice".



Ici encore il nous plaît de mettre en parallèle, le langage et l'attitude du représentant de l'Alsace douloureusement opprimée, avec l'attitude pleurnicheuse et suspecte des Boches d'aujourd'hui, incapables de supporter dignement les maux et les souffrances dont ils sont les auteurs responsables.



Non, la mentalité alsacienne-lorraine ne peut rien avoir de commun avec la kultur allemande. En vain, a-t-on expulsé Antoine et d'autres protestataires trop encombrants ; en vain a-t-on favorisé l'immigration intense des Prussiens aux pays annexés, la représentation législative de l'Alsace-Lorraine comprenait encore, au début de la guerre, des protestataires comme Blumenthal et l'abbé Wetterlé, que nous avons applaudis à Bayonne, comme le socialiste Weill, de vrais Français qu'attend impatiemment la tribune française.




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ENTREE DES FRANCAIS STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918


De cette Alsace et de cette Lorraine, nous sommes les fils, fiers depuis toujours, heureux au-dessus de toute expression depuis la journée éblouissante du 11 novembre. Aujourd'hui surtout, nous vivons en pensée l'ivresse de nos frères de Strasbourg et des deux provinces ; avec eux, de toute notre tendresse, de toute notre admiration, de toute notre éternelle reconnaissance, nous glorifions les soldats vainqueurs, qui vont défiler devant le monuments des strasbourgeois Kleber et Kellermann et devant la maison natale de notre immortelle Marseillaise, car l'Alsace, jalouse de la gloire de la Lorraine, qui avait donné à la France la sainte libératrice Jeanne d'Arc, a voulu à son tour donner à la patrie l'hymne libérateur, l'hymne glorieux d'héroïsme et de victoire.



Et nous surtout, Alsaciens-Lorrains qui avons fait de la région pyrénéenne notre seconde patrie, nous éprouvons une joie et une fierté nouvelles à partager avec toutes les Pyrénées, avec tout le midi de la France l'orgueil de voir un tarbais, le maréchal Foch acclamé par l'Univers entier comme le vainqueur du kolosse allemand, comme le libérateur de toutes les Alsaces-Lorraines.



Je m'arrête, craignant d'avoir peut-être abusé d'une trop bienveillante attention. Si j'ai été trop long et si je n'ai pas toujours été maître de mon enthousiasme ni de mon émotion, je m'en excuse.



Aujourd'hui, le coeur est à Strasbourg et j'ai dit "quel est mon pays !"



Acclamons-le, d'une seule voix, frères d'Alsace et de Lorraine : "Vive la France !"




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ENTREE DU GENERAL GOURAUD A STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918



  • le 25 novembre 1918 :

"Bayonne.

La fête de l'Alsace-Lorraine.



Nous avons relaté brièvement, hier, les belles manifestations par lesquelles a été fêtée à Bayonne, la libération des chères provinces et l'entrée triomphale à Strasbourg. Si la place ne nous avait pas été mesurée, nous aurions eu bien d'autres détails à relater.



Il convient, entre autres, de remercier tout spécialement M. Le consul de Portugal, le vicomte de Wildick, qui a une âme de Français et de Poilu, puisqu'il n'a pas hésité, malgré son très grand âge et ses souffrances, à venir assister à toutes les cérémonies, même à celle du cimetière ; il a prononcé, à la Place d'Armes, un discours dont nous tenons à reproduite les parties essentielles :


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PLACE D'ARMES ET JARDINS BAYONNE 1918
PAYS BASQUE D'ANTAN


"Monsieur le Maire,


Au nom du Corps Consulaire, j'ai l'honneur de vous offrir ses remerciements respectueux de l'invitation que vous m'avez chargé de lui transmettre, à assister à la manifestation patriotique du groupe d'Alsaciens-Lorrains de la région de Bayonne, pour solenniser l'entrée des armées françaises et alliées dans les deux provinces libérées. C'est avec le plus vif empressement qu'il se rend à cette invitation, qui lui donne une nouvelle occasion de témoigner publiquement son allégresse en voyant le sol français définitivement libéré de la présence du barbare étranger, et l'Alsace-Lorraine, ces deux joyaux si précieux de la couronne de gloire qui ceint le front de la France, retourner après plus de quatre ans d'oppression et d'esclavage au giron de la mère-patrie.


A l'expression de ce sentiment, les membres du corps consulaire joignent, Monsieur le Maire, leurs plus cordiales félicitations pour le triomphe obtenu par la France dans la lutte pour la sainte cause du Droit, de la Liberté des peuples et de l'Humanité...


... Quant à vous, Alsaciens-Lorrains, nous prenons une part intense à la joie que vous cause la restauration glorieuse de votre petite patrie, joie tellement communicative, qu'elle inonde aisément tous les coeurs...


... Nous, les consuls des nations alliées de la France, vous adressons nos plus enthousiastes félicitations pour le triomphe dont une large part revient à vos provinces chéries, et nous nous félicitons de ce que les pays, que nous avons l'honneur de représenter ici, ont collaboré au triomphe que vous célébrez aujourd'hui.


Notre collègue, consul de Belgique m'a chargé de vous exprimer son vif regret de ne pouvoir comparaître ici. Quelle n'eût été votre satisfaction de voir ici représenté en lui ce noble pays, dont la loyauté internationale, poussée jusqu'aux derniers sacrifices, restera désormais comme un exemple sublime et sans précédent dans l'histoire des nations !...


... Quant aux collègues, consuls des nations alliées, que ne puis-je traduire assez éloquemment leurs sentiments de cordialité et de vive sympathie envers l'Alsace-Lorraine, ainsi que leur orgueil, si légitime, de représenter des pays qui ont aidé à sa libération : de l'Angleterre, qui a contribué à la victoire finale par l'aide puissante de sa marine de guerre et de s vaillante armée, qui s'est couverte de gloire dans tous les combats auxquels elle a pris part ; de l'Italie, mère commune de la race latine, vieille alliée de la France, dont l'héroïsme, arrosé de son sang le plus généreux, a fait refleurir les lauriers de Magenta et de Solférino ; des Etats-Unis d'Amérique, accourus avec la toute-puissance de leur marine, de leur armée innombrable et valeureuse, pour porter le coup fatal à la ruée des vandales que leur sanglant mépris du droit des gens et des coutumes de la guerre, leurs déprédations et leurs atrocités, ont mis au ban de l'Humanité.


J'ai l'honneur de représenter le Portugal, dès la première heure ami et allié de la France et qui est fier de la gloire d'avoir porté le flambeau de la civilisation...


... Messieurs, la revanche est gagnée. Les grands buts de la guerre sont atteints...


... Salut aux braves qui ont fait flotter le drapeau français sur les flèches des cathédrales de Metz et de Strasbourg !


Salut aux mânes des héros tombés au Champ d'Honneur pour la Patrie française !


Salut à la pléiade de généraux dont le courage et les science militaire ont préparé et ouvert le chemin de la Victoire !


Salut aux deux généralissimes, sauveurs de la France, dont les noms seront désormais légendaires : Joffre et Foch !

Salut à Clémenceau, l'ange du triomphe !

Salut à l'Alsace-Lorraine !



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VIVE L'ALSACE ! 1918


Ajoutons que les aimables jeunes filles qui ont, avec un gracieux dévouement, quêté pour les oeuvres de guerre de la ville de Bayonne, ont fait une jolie recette ; la population de cette ville a prouvé, une fois de plus, que sa générosité était égale à son patriotisme."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mardi 11 novembre 2025

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE LE 24 NOVEMBRE 1918 (première partie)

UN DISCOURS PATRIOTIQUE À BAYONNE LE 24 NOVEMBRE 1918.


.



L'armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918, à 5h15, met fin provisoirement aux combats de la Première Guerre mondiale. Il reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre, cet armistice étant prévu pour durer 33 jours, puis il a été ensuite renouvelé.



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ARMISTICE 11 NOVEMBRE 1918





Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-

Luz, dans plusieurs éditions :


  • le 23 novembre 1918 :

"Bayonne.

Grande manifestation patriotique.


— Demain dimanche, l'entrée triomphale des Armées françaises à Strasbourg couronnera la série des journées merveilleuses que furent l'entrée de nos troupes dans tous les villages et dans toutes les villes d'Alsace et de Lorraine.



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ENTREE DES FRANCAIS STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918


Pour célébrer ces événements heureux et glorieux, pour fêter le retour des deux provinces à la France, dont rien n'avait jamais pu les séparer, les Alsaciens et les Lorrains de la région de Bayonne ont eu la noble pensée d'organiser une manifestation, dont le but principal était la remise du Drapeau Alsacien-Lorrain à la Municipalité de Bayonne et une visite aux tombes de ceux qui sont morts pour la Patrie et dont le sacrifice nous a assuré la Victoire.




pays basque histoire armistice labourd poilus
VIVE L'ALSACE ! 1918



Mais grâce au concours spontané de la Municipalité de Bayonne, des autorités militaires françaises, américaines et britanniques, des Sociétés et groupements de la région, l'organisation a pris une ampleur nouvelle et Bayonne aura demain une fête patriotique à laquelle toute la population voudra s'associer. Le groupement alsacien-lorrain et le cortège seront reçus solennellement à la Mairie, à 9 heures et demie, puis, vers 9 heures trois quarts, au kiosque de la Place d'Armes, aura lieu la cérémonie du Drapeau, à laquelle la musique militaire américaine, la Clique, les Pupilles belges et les orphelins de la Ville de Bayonne prêteront leur concours.



Puis le cortège se mettra en route par la rue Thiers et la rue d'Espagne, pour le cimetière Saint-Léon. Il fera une halte à la hauteur du Camp Wilson pour saluer le drapeau américain, puis il déposera des couronnes et des fleurs sur la tombe des soldats morts pour la France.



Retour par les Allées-Paulmy. Dislocation Place de la Liberté.



Hommage à nos poilus.


— Un groupe de notables habitants du quartier St-Esprit a songé à s'organiser en vue de l'hommage à rendre à nos régiments bayonnais qui se sont si vaillamment conduits pendant la guerre.



Pour leur prouver sa reconnaissance, le quartier St-Esprit a pris l'initiative d'élever à l'entrée du pont de l'Adour un arc de triomphe, sous lequel tous passeront et où ils trouveront le témoignage ému d'une population qui a conscience de ce que leur doit la France en général et Bayonne plus particulièrement."



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CITADELLE BAYONNE 1918
PAYS BASQUE D'ANTAN



  • le 24 novembre 1918 :


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PLACE D'ARMES ET JARDINS BAYONNE 1918
PAYS BASQUE D'ANTAN



"Dis-moi quel est ton pays ? (Discours prononcé le 24 novembre 1918, à la manifestation patriotique de Bayonne.)



Dis-moi quel est ton pays ? Est-ce la France ou l'Allemagne ?... 

Erckmann-Chatrian.



Réponds, frère d'Alsace ; réponds, frère de Lorraine ; ou plutôt, non, ne répondez pas, car voici celui qui répondra pour vous : l'immortel Drapeau qui, sans doute déjà, il y a plus d'un siècle, a fait victorieusement le tour de l'Europe, mais qui jamais ne fut sublime comme aujourd'hui, et qui, depuis huit jours, soulève, de ville en ville, de village en village, dans toute l'Alsace et dans toute la Lorraine, les serments d'amour et de fidélité, les chants d'enthousiasme et les acclamations unanimes.



Partout, même accueil affectueux, vibrant, délirant, partout même profusion d'arc-de-triomphe, de fleurs, de drapeaux, même émotion profonde, même généreuse cordialité. Heureux, les Poilus qui furent de l'entrée triomphale à Mulhouse ou à Château-Salins, à Colmar ou à Sarrebourg, à Huningue, Néuf-Brisach, Schlestadt, Dieuze, Phalsbourg ou Metz ! Heureux ceux qui aujourd'hui, avec Castelnau et Gouraud, font leur entée solennelle à Strasbourg, hier capitale des pays annexés ! Ceux-là sentiront battre de joie et de fierté le coeur de l'Alsace et de la Lorraine, et ils pourront dire, quand ils seront de retour dans leurs foyers, si jamais ils ont rencontré âmes plus profondément françaises.



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ENTREE DU GENERAL GOURAUD A STRASBOURG
22 NOVEMBRE 1918


Ils auront beau, ces témoins heureux, à qui chacun fait fête dans notre Alsace-Lorraine, ils auront beau trouver dans ces provinces un langage spécial, un accent caractéristique comme en ont aussi les Basques ou les Bretons, les Flamands ou les Marseillais ; ils auront beau reconnaître dans la population les stigmates d'un demi-siècle de captivité, ils comprendront toute la grandeur de l'attachement de ces pays à la France.



Dans la matinée du jour où nos troupes firent leur entrée solennelle à Mulhouse un journal fut publié et répandu à profusion. Son titre était allemand, imprimé en caractères gothiques allemands : "Mümhauser Tagblatt". Et le texte était mi-partie français, mi-partie allemand. Journal boche ! Que non pas ; sous l'apparence, il faut voir la réalité. Et cette réalité, comme elle est belle ! D'abord, sous le titre boche, une manchette :


République Française.

Liberté — Egalité — Fraternité


Puis le texte de la protestation de Bordeaux de 1871, et enfin, sous ce titre : "Honneur à la mémoire de nos pères", une proclamation en français et en allemand, dont voici la fin :


... Les apôtres de la force ont osé demander aux nations libératrices du monde la consécration du droit par un plébiscite humiliant.


Eh bien non ! Jamais vous ne tolérerez cet outrage à la France et à la mémoire de nos pères. Vous donnerez à ce défi monstrueux la récompense méritée. L'ombre de l'équivoque aura disparu quand le premier soldat de France arrivera aux portes de notre ville. Vos drapeaux déployés, vos ovations enthousiastes à ces magnifiques poilus, "au stoïcisme souriant", feront éclater à la face du monde la vérité radieuse.


Votre joie sera pure. Vous ne la souillerez pas par des vengeances d'esclaves. Montrez à vos oppresseurs vaincus que vous êtes restés des enfants dignes du généreux pays de la liberté !


Elevez vos âmes à la hauteur de ce jour et unissez vos coeurs dans ce cri : 

Vivent la France et l'Alsace-Lorraine réunies à jamais !"



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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samedi 14 juin 2025

DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1939 (deuxième et dernière partie)

DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN 1939.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes du Nord de la France ont été déplacées de leur région d'origine vers le Sud de la France, et en particulier au Pays Basque.



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EVACUES D'ALSACE 1939
COMITE NATIONAL DE L'ENFANCE



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque

le 17 octobre 1939, sous la plume de Georges Baume :



"Hendaye.

A la frontière.

Considérable affluence de réfugiés.



Ces dernières journées ont été marquées par une affluence record de réfugiés. Dès 7 heures, un train spécial arrivait en gare, conduisant 1 050 réfugiés (femmes et enfants). Après avoir satisfait aux formalités de frontière, vers 8 heures, cet important contingent s'achemina vers Irun par la route. Puis à 10 heures, un deuxième train était en gare. Plus de 600 réfugiés, pour la plupart des enfants, furent à leur tour soumis à la visite de leurs bagages et l'examen de leurs pièces d'identité. A 12 heures, ce train était dirigé vers Irun, les autorités espagnoles ayant admis ce mode de transport. MM. Daguerre, sous-préfet ; Laurens, commissaire divisionnaire, et ses adjoints, ainsi que MM. les commissaires militaires et des gardes mobiles assurèrent le service d'ordre.



D'autres réfugiés isolés franchirent également le pont international ce jour-là et on peut évaluer à 2 500 l'importance des réfugiés.


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EVACUES D'ALSACE 1939
COMITE NATIONAL DE L'ENFANCE



La réception à Biarritz de 3 000 réfugiés.



Par lettre du 13 octobre 1939, M. le préfet des Basses-Pyrénées a fait connaître à M. Raulet, maire p. i. de Biarritz, que notre commune aurait à recevoir très prochainement un contingent de 3 000 réfugiés venus de départements recouvrés.



M. le préfet signale que c'est là un chiffre très modéré, car en raison des événements actuels, la population normale des communes pourrait être doublée.



Il compte que chacun accueillera avec bonté ces malheureuses familles arrachées à leur foyer, et qui, en tant que Français et Alsaciens doivent nous être doublement chères.



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ALSACE 1939



Il faut agir vite, afin que nous ne soyons pas surpris en pleine organisation par l'arrivée des convois.



A l'exemple de ce qui s'est produit dans beaucoup de villes françaises, nous croyons que de nombreuses personnes de la localité voudront mettre pendant quelques jours leur activité au service du Comité de réception qui, sous la présidence du maire p. i. a aussitôt dressé ses plans.



Que ceux ayant le désir d'aider à cette réception, soit en logeant ou en hébergeant chez eux un certain nombre de réfugiés, soit en aidant à leur transport par automobile de la gare jusqu'à leur lieu de logement, soit encore en prêtant leur concours actif au sein dudit Comité, veuillent bien se faire inscrire d'urgence à la mairie (salle du Conseil municipal).



Il est rappelé que les familles annoncées peuvent cumuler l'allocation militaire et la moitié de l'allocation aux réfugiés. De plus, leur niveau social permet de supposer qu'elles disposent de quelques ressources personnelles. Il est très vraisemblable, dans ces conditions, que les logeurs de Biarritz pourront trouver, sur des bases sans doute modestes mais acceptables, des arrangements avec les personnes hébergées par leurs soins, ou plus simplement logées chez eux.



M. Raulet, maire p. i. attend que Biarritz, en reconnaissance même de sa situation privilégiée pendant la guerre, accomplisse de tout son coeur le devoir que les circonstances lui imposent aujourd'hui.



Ravitaillement de la population et recensement des locaux disponibles.



En vue des mesures à prendre pour assurer le ravitaillement de la population pendant la durée des hostilités, et prévoir le logement éventuel des Français en provenance de départements évacués, il est prescrit aux chefs de maison ou de ménage, ainsi qu'aux loueurs en garni et aux hôteliers, de retirer d'urgence à la mairie (salle du Conseil) une formule imprimée (modèle d).



Ladite formule devra obligatoirement être retournée à la mairie, dûment remplie, avant samedi prochain, dernier délai.



Les habitants, soucieux d'être par la suite régulièrement compris dans la répartition des vivres et combustibles, ont un intérêt majeur à accomplir cette formalité avec toute la précision désirable."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mercredi 14 mai 2025

DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1939 (première partie)

DES RÉFUGIÉS ALSACIENS AU PAYS BASQUE EN 1939.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses personnes du Nord de la France ont été déplacées de leur région d'origine vers le Sud de la France, et en particulier au Pays Basque.


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EVACUES D'ALSACE 1939
COMITE NATIONAL DE L'ENFANCE



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque

le 16 octobre 1939, sous la plume de Georges Baume :



"Le Haut-Rhin dans le Sud-Ouest.

70 000 Alsaciens évacués sont attendus sur la Côte Basque.



Dans notre Sud-Ouest, dans Mirande notamment, Mirande la joli, aux rues courtes et droites, à l'aristocratique place d'Astarac, où s'ouvrent sur deux côtés les fameux "couverts" que l'on fréquente volontiers à Montauban, à Agen, à Toulouse, c'est un peu la tour de Babel. Car voici l'Espagnol au verbe bruyant, l'Italien à la caressante voix, l'Alsacien à l'accent guttural, le Gascon au calme langage.



J'ai assisté, vers 7 heures du soir, à l'arrivée des "évacués" de l'Alsace, un millier environ, par un train lent qui avait mis trois jours à traverser tant de nos province. Pauvres gens, meurtris de fatigue ! La foule, tous les valides de Mirande qui les attendait dans la cour de la petite gare, se précipita sur les quais et, dans un élan de solidarité française, aida les femmes et les enfants à descendre de leurs voitures, leur offrit toute sorte de vivres et de vêtements chauds.



Ils n'allaient pas vite, étonnés peut-être par la bonne grâce très empressée du charmant peuple de la Gascogne, et chargés de paquets, de matelas, de couvertures. Quelques enfants geignaient timidement ; des vieux, appuyés sur leurs bâtons, semblaient interroger le ciel, tâter avec prudence la vieille terre, partout secourable. Chacun, pour dire merci, adressait de furtifs sourires ici et là, dans la foule.



Le maire, cousin de l'ambassadeur Noulens, qui défendit énergiquement en Russie, chez les cruels et fourbes bolchevistes, les intérêts et la dignité de la France, le maire de Mirande avait mis ses meilleurs soins à organiser l'hospitalisation difficile d'une telle multitude d'involontaires émigrés dans une cité aux dimensions et aux ressources réduites.



Multitude aussi sagement résignée que disciplinée. On la répartit par équipes dans les divers quartiers, sans accroc, sans protestation. Et chacun bientôt chercha le sommeil. Partout l'adaptation s'accomplit très vite. On couche sur un simple matelas, même sur la paille. Personne ne se plaint. Sous la halle, ainsi que dans une école, on sert depuis le matin à des heures fixes, de copieux repas qui satisfont les plus exigeants.



Chez une modiste, deux jeunes filles, de 16 et 17 ans, qui parlent le français à merveille, balaient, lavent l'escalier et la cour.


— Jamais, me dit la modiste, ma cour n'a été aussi propre.



Chez mon cousin, le docteur X..., sont établis une dame de 70 ans, son mari de 75. Ils sont si discrets que, pour ne pas salir l'escalier, ils ne le gravissent que pieds nus. Il a fallu leur reprocher amicalement un pareil scrupule.



En face de chez moi dans une antique maison assez bien restaurée, les jeunes garçons et filles de plusieurs familles qui y sont installées dansent en ce moment une ronde, en chantant.



Hier matin, j'étais assis sur le bord de la route, qui s'en va passer sous Castelmore, maison natale de d'Artagnan et je lisais un journal, lorsque dans la grande paix des champs une voix cordiale m'interpella soudain :



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32 LUPIAC CHÂTEAU DE CASTELMORE
CHÂTEAU DE NAISSANCE DE D'ARTAGNAN


— Guerre finie ? monsieur.



Je levai la tête et je vis à deux pas de moi un bonhomme trapu, l'air d'un contremaître, qui sous sa moustache grise me faisait un sourire :


— Moi, du Haut-Rhin, ajouta-t-il.


 Ah !... Mulhouse ? Thann ? Wesserling ?



A chacun de ces noms il haussait les épaules. Finalement, il me déclara : 


Moi, école, pas parler français..."


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EVACUES D'ALSACE 1939
COMITE NATIONAL DE L'ENFANCE



Les Alsaciens en Pays Basque.



M. le sous-préfet nous faisait part hier matin de la prochaine arrivée dans les Basses-Pyrénées de 70 000 Alsaciens mis dans l'obligation d'abandonner leurs domiciles et leurs biens en raison des méfaits escomptés des opérations de guerre. Ces malheureux exilés par force, seront répartis dans plusieurs communes du département.



L'organisation de leur accueil et de leur installation a fait l'objet hier après-midi à la sous-préfecture de Bayonne, des préoccupations de M. Pierre Daguerre, ainsi que de son personnel dévoué. Aux entretiens qui eurent lieu à ce sujet assistaient un adjoint au maire de Mulhouse et un délégué à la préfecture du Haut-Rhin, arrivés dans la journée à Bayonne.



Nous ne doutons pas de l'accueil cordial qui sera réservé à nos frères d'Alsace, chassés de leurs foyers dans les douloureuses circonstances que l'on sait. C'est plus qu'un devoir patriotique pour nos populations d'adoucir dans la mesure du possible les heures cruelles de l'exil qu'ils vivront ici. Elles n'y failliront pas. Ainsi elles feront la plus haute et la plus noble démonstration de solidarité humaine.



La population bourgeoise de Mulhouse sera dirigée sur Biarritz.



Le plus gros du contingent de réfugiés sera réparti à Anglet, Bidart, Guéthary, Saint-Jean-de-Luz, Hendaye, etc... Les orphelinats seront reçus à Armendaritz."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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