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vendredi 21 août 2026

LE RETABLE DORÉ DE JATXOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN AVRIL 1960

LE RETABLE DORÉ DE JATXOU EN 1960.


L'existence de l'église Saint-Sébastien est attestée depuis le 13ème siècle. Elle possède un retable remarquable du 17ème siècle.




pays basque labourd église religion
RETABLE EGLISE 64 JATXOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet la revue trimestrielle Pyrénées : organe officiel du Musée pyrénéen du Château-fort de Lourdes, le 1er avril 1960 :



"Notes d'art populaire et religieux basque.

Le Retable doré de Jatxou.



Touriste ou homme du pays qui te hâtes vers Cambo et Saint-Jean-Pied-de-Port en suivant droit la grand'route vers ces lieux célèbres du Pays Basque, tu te contentes de regarder de loin sur la verte colline la tour carrée qui surgit, à la mode des églises labourdines, sur la ligne de crête longeant l'eau blanche de la Nive échappée de ses gorges.



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EGLISE 64 JATXOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



Crois m'en : à la sortie d'Ustaritz, fais un facile et rapide détour et gagne cette église de Jatxou, ainsi aperçue. De là-haut, tu pourras contempler la sinueuse vallée ou l'avancée des monts. Surtout, en pénétrant dans la nef unique par la tour-clocher et son porche rectangulaire, tu contempleras, émerveillé de découvrir ce que ne signale aucun guide, l'un des plus typiques retables de l'art populaire et religieux du Labourd et de la terre basque française.



En sa teinte fauve doucement rutilante sous les ans, il n'a rien de la surcharge des retables espagnols ; seul un préjugé tenace et superficiel affirme le contraire. Il te suffira de jeter un simple coup d'œil sur la magnifique suite, des volumes de Louis Hautecoeur, cette admirable Histoire de l'architecture, de la Renaissance à 1914, monument lui aussi achevé, pour te rendre compte de ce qui en a été du grand art français des retables. Seulement, le Pays Basque a affectionné entre toutes nos provinces, cette riche éloquence magnifiant l'autel du Dieu vivant, y mettant la marque vigoureusement naïve et pittoresque de son travail local du bois et il en conserve aujourd'hui le trésor souvent intact. Le catholicisme y expose comme l'or de sa croyance et l'exaltation triomphante de la messe eucharistique, centre de la foi des anciens jours, comme des jours nouveaux, et l'offre dans toute sa gloire aux hommes peuplant les trois galeries à balustres tournés (ici modernes...) ou aux femmes remplissant la nef.



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LIVRE HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE CLASSQIEU EN FRANCE
DE LA RENAISSANCE A 1914

DE LOUIS HAUTECOEUR



Au centre, un saint Sébastien, nu, est attaché à l'arbre, noueux et branchu comme tant d'autres aux proches forêts : extraordinaire image du martyr, dont la chevelure encadre le visage, dans la beauté expressive de l'art local ou sa laideur naïve et touchante, si l'on préfère d'autres formes de l'art. Droit et allongé, le saint repose sur la niche cintrée d'un tabernacle où le crucifix prend place (souvent, en Pays Basque, avec des anges tenant de petites torchères) ; les riches panneaux inférieurs de celui-ci ont des niches à statuettes entre leurs colonnes, et sa porte s'orne d'un léger bas-relief.


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DETAIL RETABLE EGLISE 64 JATXOU
PAYS BASQUE D'ANTAN




Deux colonnes en torsade encadrent cette partie centrale, en haut de laquelle deux charmants angelots du même style bellement (ou affreusement) et pittoresquement "populaire" laissent pendre leurs jambes à leur sommet. Aux bases, deux têtes d'angelots redressent verticalement les ailes dont elles sont pourvues. Ces colonnes s'entourent de chutes, si à la mode dans le style Louis XIV, avec des motifs divers, la guirlande la plus extérieure ayant encore une tête d'ange sortant d'une "gaine" à leur sommet.



Latéralement, deux immenses ailerons en volutes se recourbent vers une tête d'ange, au vermillon apaisé aujourd'hui. Cet extraordinaire visage, dans les boucles qui retombent de part et d'autre et l'encadrent, apparaît d'une exécution inhabile et gauche. Tel il est venu, comme tout le retable, de quelque atelier du voisinage, portant savoureux témoignage du travail du bois dans l'art populaire de jadis. Ailleurs, un socle décoré en pyramide tronquée supporte une fleur de lys d'or de forme non moins curieuse.



Sans parler des statues des niches voisines, voici, au-dessus, bellement décoré de la frise et des denticules du retable, un nouveau fronton de dimensions réduites, avec une fois de plus de grands ailerons feuillagés, entre deux petits pilastres. Sous l'incurvation de son rebord, Dieu le Père — figuré dans son type si répandu — surgit, barbe à son menton allongé, tenant le globe et bénissant, la robe recourbée autour de la tête, tandis que d'autres angelots encore ceinturent son buste.



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RETABLE EGLISE 64 JATXOU
PAYS BASQUE D'ANAN



Si sommaire soit-elle, cette description doit signaler d'un mot la branche robuste et feuillue sortant du motif central de l'autel.



Et, partout, dans cet ensemble de magnificence, le bois se dore au point de donner l'illusion d'un monument d'or pur.



Dans mon Eglise de Cambo, j'ai étudié les retables basques et cherché à définir l'art des églises labourdines, en en dégageant divers caractères généraux. A Cambo, avec la grande toile à la Vouet du Martyre de saint Laurent, nous sommes aux environs de 1660. Autrement belles sont les galeries. Mais le retable de Jatxou révèle des points de parenté évidents avec celui de Cambo. Faut-il s'étonner qu'un atelier proche ait longtemps conservé ces formules, la terre basque étant par excellence celle de l'archaïsme ?



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RETABLE EGLISE DE CAMBO-LES-BAINS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Mais Jatxou n'a pas que son retable doré. On en contemplera encore les peintures. Je ne parle pas d'une belle toile récente d'Antoinette Trébuchet, mais de celles du chœur, où l'art local cette fois est plus élevé et plonge dans le classicisme français de très intéressante manière. Perchée au sommet de la Croix, la colombe du Saint-Esprit plane sur le Père et le Fils ; à l'entour, il y a les autres évangélistes : saint Jean a un cygne tenant un encrier dans son bec, saint Luc le taureau ; mais ceux qui ont pu voir de près ces peintures au plafond de bois y ont encore trouvé de pittoresques et amusants animaux. Il est encore un saint Martin à cheval. A l'entour, de robustes spirales, des guirlandes épaisses et caractéristiques. On veut voir dans les médaillons encadrant la Trinité, le soleil et la lune, ou des motifs qualifiés parfois du genre "éponge"... En avant, sur un fond bleu très vif, les trois fleurs de lys d'or sont celles de l'écu de France. Ces non moins curieuses peintures peuvent être contemporaines, ou pas trop lointaines, de l'édification du retable. On peut songer à la fin du XVIIIe siècle inspirant un artiste local. Mais tout le lambris de la nef est peint en noir et marron d'arabesques, datées cette fois de 1752 et paraissant plus récentes : venu du décor Bérain à la fin de Louis XIV, on a abouti à cette rocaille Louis XV. Au centre, la tiare du Pape avec deux clefs de saint Pierre entrecroisées.


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PEINTURE CHOEUR EGLISE 64 JATXOU
PAYS BASQUE D'ANTAN








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SAINT LUC ET SAINT MARC 
EGLISE 64 JATXOU
PAYS BASQUE D'ANTAN



De la fin du XVIIe siècle, un Christ est loin d'être sans beauté. Et il y a encore un grand bénitier rond de pierre sous le porche. Les cloches sont de 1755 (si le mouvement d'horlogerie porte "Mayet-Gourdin, Sarthe"). Les vitraux du choeur sont un don de M. Denis, ancien propriétaire de Denis-enia évidemment (de G. P. Dagrant, Bordeaux, Anno Domini MDCCCLXXVI).



Si bref soit-il, du moins en cet article ai-je voulu faire connaître le retable et les peintures de Jatxou : aux portes d'Ustaritz, de Cambo et de Bayonne, ils méritent amplement une visite et l'attention de tous les pèlerins de l'art et du passé basque.


René Cuzacq.


P.-S. — Le visiteur de Jatxou pourra faire ensuite un léger crochet par Halsou, afin d'y voir un porche avec son fronton à boules, de 1770, une très simple porte en anse de panier, de 1510, enfin, dans l'église, des galeries du XVIIe siècle, d'un type très voisin de celles de Cambo, et un retable où l'on retrouve également bien des motifs semblables."








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dimanche 12 juillet 2026

UNE TOURNÉE ÉPISCOPALE À JATXOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN DÉCEMBRE 1911

UNE TOURNÉE ÉPISCOPALE À JATXOU EN 1911.


François-Xavier-Marie-Jules Gieure, né le 2 mai 1851 à Castets (Landes) et mort le 23 avril 1837 à Messanges (Landes), est un prélat français, évêque de Bayonne (Basses-Pyrénées) de 1906 à 1934.




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MGR GIEURE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet l'hebdomadaire La Frontière du Sud-Ouest, le 24 décembre 1911 :



"Au Pays Basque.


Les tournées épiscopales. — Un vieux dicton fait de "Halsou eta Jatxou, biac berdintsou", ce qui signifie que ces deux villages ne font que zéro.



La dernière visite de M. Gieure s’inscrit désormais en faux contre ce discrédit injuste. L'auto pontificale, la 626 B-3 — offerte par quelque sainte Madeleine pour garantir de la fatigue les pieds de l’illustre prélat, — le déposa, en effet, dimanche dernier, sur le territoire de Jatxou. Il y avait 45 ans que pareil honneur n’était échu à la petite paroisse. Ce fut un grand tralala.



Les éléphants en moins, on eût pu se croire à Delhi pour le couronnement de l’empereur-roi.



Si l’on ne se fit pas écraser sous ses pas, en tous cas La prosternation fut générale. Un protocole savant avait réglé la fête en détails. A Ustaritz, un peloton de fringants cavaliers vint faire cortège à la voiture pontificale. A la limite même de Jatxou, MM. le maire et l'adjoint, la poitrine barrée de l’écharpe municipale, hissés eux aussi sur leurs palefrois, firent les honneurs de leur territoire. La premier arc-de-triomphe avait été élevé à cette place. Un second attendait au carrefour principal, devant l’église. Là, la voiture s’arrêta et Sa Grandeur daigna descendre sur la jonchée fleurie qui couvrait les pierres du chemin.



Clairons et tambours sonnent et battent aux champs, la, garde nationale présente les armes : Monseigneur répand ses bénédictions, les femmes baisent son anneau, une fillette récite un compliment. Monseigneur est heureux, cette minute est charmante.



Puis, comme midi sonnait au beffroi, tout le monde s’empressa vers les repas. Le dîner pontifical fut servi au nouvel orphelinat. Cette partie du programme fut sans doute la meilleure. A 3 heures, on y était encore. Ce fut la cérémonie la plus considérable.



Déjà, la garde d’honneur était sur les armes. Elle accompagna, les bons dîneurs jusqu’à l’église, où après une confirmation de quelques enfants, le chant des vêpres s’éleva sous les voûtes enflammées de lumières. Nouveau défilé, avec l’air de circonstance :


"V'là le Grand Seigneur qui passe..." et, au presbytère, le temps de prendre congé de M. le curé qui avait bien fait les choses. L’auto qui trépignait d’impatience reçut son auguste voyageur et disparut dans un nuage de poussière et dans un relent de pétrole ; c’était la bénédiction suprême.



pays basque labourd armoirie
ARMOIRIE 64 JATXOU



Nous n’aurions point parlé de cette manifestation qui fût ce qu'elle pouvait être, si quelques jours auparavant, dans ce même Jatxou, une scène d’un tout autre caractère ne s’était produite.



Ce soir-là, l'air retentissait de clameurs encore plus bruyantes. C’était un concert de sauvages. Des coups de fusil éclataient dans l’air. Tout ce bruit n’était qu’un prétexte à chantage, pour avoir de l'argent et pour aller le boire.




Passa un brave homme qui, de Villefranque, se rendait chez lui, à Halsou. Sur la place, à vingt pas d’une auberge, à trente pas du presbytère, un coup de feu retentit, le passant tomba, sa cheville trouée d’une balle.




Ces braves gens étaient tous, sans doute, dans le cortège qui vous fit fête, Monseigneur !"


(Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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