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jeudi 28 janvier 2021

LES PRISONNIERS BASQUES ET LA PELOTE DANS L'OFLAG XVII-A EN 1941

LES PRISONNIERS BASQUES DANS L'OFLAG XVII-A EN 1941.


L'Oflag XVII-A est un camp de prisonniers de guerre pour officiers, situé en Autriche à Edelbach, à 100 kilomètres environ au nord-ouest de Vienne. Il est le théâtre en septembre 1943 de la plus grande tentative d'évasion de la Seconde Guerre mondiale.


pays basque autrefois prisonniers oflag
JOURNAL DE L'OFLAG XVII A


Je vous ai déjà parlé des prisonniers Basques dans l'Oflag XVII A dans un article précédent.


Voici ce que rapporta à ce sujet Le Petit Journal, dans son édition du 3/12/1941, sous la plume de 

Paul-Louis Chaux :



"... Comment la pelote basque naquit et grandit à  l'Oflag XVIIA. 



Dans le désarroi des cœurs et des esprits, nous recherchions l'équilibre rompu. Pour nous : une pelote et un fronton, et l'isolement était brisé.



On pense à ma joie, on imagine mon émotion lorsque je me trouvais face à face dans le métro avec mon vieil ami Goïtia, en congé de captivité. Goïtia, Basque très authentique, de Baigorry, en Basse-Navarre, le pays de "ceux qui en datent plus". 



Après les effusions d'usage, il était, ma foi, en assez bon état je lui demandais : 


— Où vas-tu ? 


— C'est samedi, il fait beau, Je vais au fronton, à Billancourt. Sans perdre une minute.


— Je comprends ça, pauvre vieux, il doit te tarder... 


— Tu penses... J'ai trop peur de perdre la forme. 


— Dis que tu as plutôt besoin de la retrouver. 


— Qu'est-ce que tu chantes ? Ma forme est superbe. J'ai même fait de sérieux progrès, en captivité. Oui, ne prends pas cet air ahuri... Il n'y avait pas un fronton, à l'oflag XVII A, il y en avait sept. Descends avec moi. je vais t'expliquer. 



pays basque autrefois prisonniers oflag
OFLAG XVII A


Le mal du pays.



"Dès juillet 1940, un mois a peine s'était écoulé depuis la défaite, et nous étions déjà jetés sur la terre d'exil. Dans le désarroi des cœurs et des esprits, nous recherchions l'équilibre rompu. Nous éprouvions le besoin de nous grouper par affinités, de retrouver le "pays", de briser l'isolement moral qui nous accablait. Nous retrouvions parfois, au hasard d'une promenade entre les "barbelés", des amis anciens. Des nouveaux se faisaient vite. Et lorsqu'il advenait que ces rencontres se fissent entre Basques, tu penses de quoi nous parlions, au bout d'une minute ? 



— De la pelote, parbleu. 


— Tu l'as dit. Ce fut le lieutenant Merle, de Benesse-Maremne, qui lança l'idée : pourquoi ne serait-il pas possible de pratiquer ce sport au camp ? Ce serait le meilleur antidote contre le mal du pays. Le traitement dépassa les espérances de son promoteur : car le commandant du camp réserva un accueil très favorable à cette demande. 


— Et les premières parties ? 


— Elles eurent lieu sur les planches disjointes d'un pignon de baraque. 


— Et la pelote ? 


— Voile-toi la face, une balle de tennis... dont les rebonds nous gênaient quelque peu... Le terrain, lui aussi, n'était pas balisé. Il ne fallait pas exiger une grande technique de jeu. Mais qu'importait, notre évasion spirituelle était chose acquise. 


pays basque autrefois prisonniers oflag
OFLAG XVII A


La consécration. 



— Tu m'avais parlé d'un fronton ? 


— J'y viens. L'hiver précoce et la neige mirent fin à ce début d'activité des joueurs. Mais on prépara un comité d'organisation pour le printemps. Les joueurs inscrits devinrent si nombreux qu'il fallut même former des élèves. Le club de pelote basque d'oflag XVII A fut créé, et mis sous la présidence du capitaine Garrigou-Larialde. 



Le projet de fronton est conçu. Faute de matériaux durs, il sera édifié en bois épais. Un tournoi de pelote est mis sur pied. L'entraînement commence. Les beaux jours reviennent. Dans les paquets, de tous les coins du pays Basque, d'Hendaye à Bidarray, d'Itxassou à Ascain, les pelotes — des vraies, en cuir, de pelotari — apparaissent. Et les bérets, et les ceintures bleues et rouges, et les pantalons en toile blanche, et les sandales. 


pays basque avant prisonniers oflag
OFLAG XVII A

Succès sur toute la ligne. Le nombre des joueurs et sympathisants de l'Ofllag XVII A s'élève à 650. Celui des équipes engagées à 280. Et, au 15 juillet 1941, sept frontons étalent en service, dont deux, spécialement aménagés et présentant un "mur" absolument uni, réservé aux "as". Et le grand, celui qui est édifié au centre du camp, a une "place" de 25 mètres de long. Le mur, huit mètres de largeur ; 6 m. 50 de hauteur. 



— Diable. 


— Il porte l'inscription, "Ongui Ethorri" (bienvenue) encadrée de quatre emblèmes : l'écureuil symbole de la finesse et de l'agilité des Landais ; le lys du Béarn ; enfin le chapelet et le trèfle du pays Basque. 



"Et la consécration — un jour magnifique, mon vieux — eut lieu par un beau dimanche de juillet, devant 2 500 spectateurs. Les tribunes ? Elles étaient toutes faites ; les toits des baraques environnantes. 



A 15 heures le colonel du camp arriva, conduit par notre président. La chorale entonna le "Guernikako Arbola", (l'arbre de Guernica, l'hymne national basque) écouté religieusement, au garde à vous, par toute l'assistance. Il y en avait, des larmes dans les yeux. Enfin, après une petite partie d'amateurs, en lever de rideau, et un intermède de fandangos et d'autres danses basques, un magistral match-défi mit aux prises quatre authentiques champions : le sous-lieutenant Merle et le maréchal des logis Roch, contre le sous-lieutenant Hélip et le sous-lieutenant Corcostéguy. 



— L'as de Bayonne ? 


— Lui-même. La partie fut disputée : 50 à 42 : une heure et demie de jeu. Et, à 18 heures le compte rendu du journal du camp pouvait dire que "la foule se retira, enthousiasmée". 



Et vous, Français qui pourriez encore douter de votre pays, est-ce que ce récit ne vous enthousiasme pas ?...



pays basque avant prisonniers oflag
OFLAG XVII A


Leurs distractions.



Exposition d'art organisée par Charpentier-Mio, de la "Nationale". 

Dessins de Stanislas Wojciescnsky.

Plan de réorganisation d'un village, par Stym-Popper et Cannonne, architectes.

Académie de peinture dirigée par Vallery-Radot. 

Aquarelles d'Edelmann pour une édition (problématique) de "Autant en emporte le vent". 

Cours de portrait professés par Guinebert. 

Une crèche, une chapelle et un maître-autel sculptés par Biais, Brun, Bolloré, Larcher, Caban et Baron. 

Atelier de reliure dirigé par Mauzagol et Perrière (production de 100 volumes par mois). 

Orfèvres, Poisson Lenfant et Brassier (œuvres ostensoir, encensoir, trophées sportifs; matériaux : ter blanc). 

Horloger : Boudon (pose de "verres" : Gervais)."



(Source : http://oflagXVIIa-leroux.esy.es/ et Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 27 janvier 2021

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 27 JANVIER 2021 SAINTE ANGÈLE ET SAINT JULIEN - GOTZONE


PROVERBE DU 27 JANVIER 2021 (SAINTE ANGÈLE) (SAINT JULIEN) (GOTZONE).


ANGÈLE : Angèle Mérici est née en 1474, à Desenzano, sur les bords du lac de Garde et morte le 27 janvier 1540 à Brescia, en Lombardie.


religion saint catholique sainte angèle
27 JANVIER SAINTE ANGELE


Angèle grandit, avec ses frères et soeurs, au sein d'une famille chrétienne.

Très jeune, Angèle perd ses parents et une de ses soeurs.

Angèle est recueillie, à l'âge de 16 ans, par son oncle et sa tante à Salo, en Lombardie.

A 18 ans, Angèle décide de rentrer dans le Tiers-Ordre de Saint-François d'Assise et devient Soeur Angèle. Elle se consacre pleinement aux autres.

Angèle fait de nombreux pèlerinages, dans plusieurs pays, dont la Palestine.

Le 25 novembre 1535, Angèle fonde, avec 28 autres filles, la Compagnie de Sainte Ursule.

Après le Concile de Trente, la Compagnie sera transformée en Ordre religieux et les filles seront obligées d'entrer dans des cloîtres.

Angèle meurt le 27 janvier 1540 et sera canonisée le 27 mai 1807 par le pape Pie VII.



religion catholique saint sainte angèle
27 JANVIER SAINTE ANGELE DE MERICI


JULIEN : Saint Julien a été martyr à Sora (Italie).

Il a eu la tête tranchée entre 138 et 161, sous le règne d'Antonin le Pieux, pour avoir défendu sa foi en Jésus-Christ, sous la torture.




GOTZONE : "Angèle", "Angela" Mereziko Angela Ursulinen fundatzaila (1470-1540). Latinezko Angelus "Mezularia".

(...) Gotzone - Sabino Aranak eta Koldo Elizaldek argitaratuko Sandu Izendegia-n gaztelaniazko Angela-ren euskal baliokidetzat ematen den izena. Baliokideak : Angela (gaz.) eta Angèle (fr.) - - / Angèle Angeles / (...)



Un décès du  28 janvier : Sir Francis Drake.


corsaire anglais eplorateur
SIR FRANCIS DRAKE

Né vers 1540 à Tavistock (Devon, Angleterre) - Mort le 27 janvier 1596 à Portobelo (Panama).

C'est un corsaire, explorateur et homme politique anglais du 16ème siècle.

Drake effectue la deuxième circumnavigation de la Terre entre 1577 et 1580, après celle de Magellan-Elcano entre 1519 et 1522.

La reine Elisabeth 1ère d'Angleterre le fait chevalier en 1581.

Il est commandant en second de la flotte anglaise qui affronte l'Invincible Armada espagnole en 1588.

Drake meurt le 27 janvier 1596, de la dysenterie, après l'attaque avortée de San Juan à Puerto Rico.

De son vivant, ses exploits sont légendaires aux yeux des Anglais alors qu'il n'était considéré que comme un pirate par les Espagnols, qui l'ont surnommé "Le Dragon".


corsaire explorateur anglais
SIR FRANCIS DRAKE


L'ÉCRIVAIN PIERRE ALCIETTE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS

 L'ÉCRIVAIN PIERRE ALCIETTE.


Pierre Alciette, de son vrai nom Raymond Vialatte, a écrit en collaboration avec son épouse Alice, à partir des années 1920, de nombreux romans.



Dans les années 1920, ils quittent Paris et s'installent à Ahaxe, en Basse-Navarre, dans la maison 

Barberainia et ils y écrivent des romans sous le nom de Pierre Alciette.



pays basque autrefois ecrivain basse navarre
ROMAN TROIS JEUNES FILLES EN VACANCES
DE PIERRE ALCIETTE EN 1954


Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 17 avril 

1937 :



"Comment une collaboration littéraire naquit sous le signe d'un joli village basque.



Aujourd'hui, commence dans la publication Mes Romans, un récit inédit. Cité Amoureuse, signé du nom bien connu Pierre Alciette. A cette occasion l'auteur a raconté, à un nos confrères, comment sous ce nom d'un village basque débuta une heureuse collaboration.



Il est assez difficile de joindre Pierre Alciette. On le rencontre plus aisément au Pays Basque qu’à Paris. A l’agitation de la capitale, il préfère, pour son travail, le calme et le silence de l’Eskual-Herria. 



J’arrive et je suis charmé. Délicieux ermitage, cette vieille maison basque, haut perchée sur sa colline, et d'où la vue s’étend sur l’admirable vallée de Cize enclose dans son cercle de montagnes. 



pays basque autrefois basse navarre
VUE DE LA MAISON BARBERAINIA AHAXE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Pierre Alciette m'accueille avec un sourire : 


— N’est-ce pas que c’est beau ! Comment je suis venu ici ? Le paysage nous a tentés, ma femme et moi. Mais venez donc tout de suite voir la vue de l’autre côté. C’est encore, à mon avis beaucoup plus séduisant...



Nous suivons, sous des arceaux de vigne, une délicieuse petite allée que les capucines en bordure ont presque toute envahie. 



Au bout, un paysage de rêve. Tout à fait lamartinien. Au pied de la montagne, un groupe de maisons blanches rient dans le soleil. 



— C’est le petit village d’Alciette, dit mon hôte. 


— Alciette ?


— Oui, c’est le nom de ce petit village que nous avons choisi comme pseudonyme littéraire. Pierre Alciette, vous le savez, c’est ma femme et moi... Une collaboration, parfaitement... Nous avons trouvé que ce nom sonnait gai.



Et l'on a tant besoin de s'égayer !.. 


— Aurai-je le plaisir...


 — De voir ma femme ? Justement, la voilà. 



Une silhouette haute et ferme, des cheveux blonds, un visage ouvert, éclairé du sourire le plus accueillant du monde, Mme Alciette vient à moi la main tendue : 


— Venez donc vous asseoir un peu, monsieur. 



On m’introduit dans une vaste pièce dont le plafond, à vieilles poutres de chêne, témoigne de l'ancienneté du logis (plus de deux siècles d'existence). Par les fenêtres ouvertes, pénètrent volubilis et capucines. Quelques meubles anciens, sur le fond blanc de chaux des murs se détachent des portraits, des paysages, des livres. On comprend mieux dans cette ambiance la poésie et le rêve dont sont imprégnés les ouvrages de Pierre Alciette. Un grand piano à queue garnit l’un des angles. 



J'interroge : 


— Il y a longtemps qu'a commencé votre collaboration littéraire ? 


— Une quinzaine d’années, me répond M. Alciette.


— Et auparavant ? 


— Auparavant, moi, j'avais écrit des contes, des nouvelles, des articles de journaux. J’ai même était journaliste en Indochine. Quand j’ai épousé ma femme elle était surtout musicienne. Mais elle avait le goût d’écrire. De la musique à la littérature... Nous avons publié notre premier roman quelques années après la guerre : Le roman de Maddya qu’a bien voulu accueillir Plon. Pas mal d'autres ont suivi comme vous savez."



pays basque autrefois ecrivain basse navarre
LE ROMAN DE MADDYA
DE PIERRE ALCIETTE


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 26 janvier 2021

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 26 JANVIER 2021 SAINTE PAULE ET SAINT TIMOTHÉE - SABIN

 


PROVERBE DU 26 JANVIER 2021 (SAINTE PAULE) (SAINT TIMOTHÉE) (SABIN).


PAULE : Paule naît vers 347 dans une noble famille romaine.



religion catholique saint sainte paule
26 JANVIER SAINTE PAULE


Paule se marie avec le sénateur Toxoce.

Paule est mère de cinq enfants et elle devient veuve à 33 ans.

Paule est une disciple de saint Jérôme avec qui elle s'établit à Bethléem, près de la grotte de la Nativité, où elle se consacre à la médiation de la Bible.

Paule fonde, en 386, un monastère double, dont la communauté est d'abord dirigée par Jérôme.

Paule dirige celui des femmes subdivisé en 3 communautés et contribue à l'établissement d'un hospice gratuit pour les pèlerins.

Paule meurt le 26 janvier 404.


religion catholique saint sainte paule
26 JANVIER SAINTE PAULE


TIMOTHÉE : Saint Timothée est un disciple, compagnon de voyage et proche confident de Paul de Tarse, qui l'aurait institué  évêque d'Ephèse, en Grèce.


religion catholique saint sainte timothee
26 JANVIER SAINT TIMOTHEE D'EPHESE

Le mot "Timothée" vient du grec ancien timao "honore" et theos, "Dieu", soit "Celui qui honore Dieu". 




SABIN : "Sabino", "Sabina" edo "Sabin", VI. mendiko apezpiku baten izenak  gogoratzen dio  esukaldun askori Arana Goiri-tar Sabinen jaiotza (26/01/1865) (1865-1903), honek baitzuen erran : "Euskadi da Euskaldunen aberria".

(...) Sabino - Saninoak Etruriakoak ziren jatorriz, gure artean leinu honetako emakumeen bahiketagatik egin dira ezagun. Izan ere, Erromako mitologiaren arabera erromatarrek emakumezko sabinoak bahitu zituzten, beraiekin ezkontzeko. Beranduago talde (...)

(...) biak, erromatarrak eta sabinoak,batu egin ziren. Sabin izena Arana Goirik berak proposatu eta erabili zuen, eta honi zor zaio izan duen hedapena. Jaia abenduaren 11n da. Baliokideak : Sabino (gaz.) eta Savin, Sabin (fr)(...).



Une naissance  du 26 janvier : François Edouard Joachim Coppée.



poete france
FRANCOIS COPPEE


Né le 26 janvier 1842 à Paris - Mort le 23 mai 1908 à Paris.

C'est un poète, dramaturge et romancier français. 

Coppée commence ses études au lycée Saint-Louis, et il devient employé de bureau au ministère de la Guerre.

Ses premiers poèmes sont publiés en 1864 et il rencontre du succès, dès 1871.

Son premier récit en prose date de 1875.

L'Académie française lui décerne le prix Vitet en 1876 pour l'ensemble de son oeuvre poétique.

Coppée est choisi comme archiviste de la Comédie française, en 1878, poste qu'il occupe jusqu'en 1884, date à laquelle il est élu à l'Académie française.

Il est fait officier de la Légion d'honneur en 1888.

Il est un des créateurs puis le président d'honneur de la Ligue de la patrie française fondée par Jules Lemaitre et Mme de Loynes.

Coppée meurt le 23 mai 1908, à 66 ans.


poete france
FRANCOIS COPPEE


L'AFFAIRE DE LA VILLA FAZENDA À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN JANVIER 1950 (première partie)

L'AFFAIRE DE LA VILLA FAZENDA À BIARRITZ EN 1950.


En 1950, une affaire étrange défraie la chronique à Biarritz.



pays basque autrefois faits divers crime
JOAS DA SILVA
AFFAIRE FAZENDA BIARRITZ 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Qui ?, le 9 janvier 1950, sous la plume de Marcel 

Carrière :



"Malgré les présomptions et l'inculpation qui pèsent sur Joas Da Silva Ramos écroué à Bayonne, l'imbroglio de la Villa Fazenda de Biarritz est loin d'être dissipé.



Dans la nuit du 8 octobre 1949, à 2 heures du matin, Maud, la nurse de la petite Paméla, était réveillée en sursaut par les cris poussés par Joas Carlos da Silva Ramos, le père de l'enfant.



— Au secours ! Monique, ma femme... 



Ces mots, lancés avec angoisse, devaient être les premiers d’une longue tragédie qui n’est pas encore parvenue à son épilogue et qui se déroule, maintenant, dans le décor triste d’un cabinet d’instruction, à Bayonne, après avoir éclaté à Biarritz, villa Fazenda.



Joas Carlos da Silva Ramos est assis devant le juge, M. Puech. Le duel, commencé il y a trois mois, arrive aujourd’hui à son point culminant. L’un des deux adversaires doit nécessairement en sortir vainqueur. Mais l’un attaque et l’autre se défend. Le premier joue sa liberté ; le second a le terrible devoir d’apporter les preuves d’un meurtre.



Car une jeune et jolie femme est morte, dont il faut expliquer la fin surprenante.


pays basque autrefois faits divers crime
MONIQUE DA SILVA
AFFAIRE FAZENDA BIARRITZ 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN



Un problème de ce genre est toujours capital. Il ne doit pas rester sans réponse. Toutes les données doivent en être posées avec minutie, toutes les incidences examinées avec conscience.



C’est la tâche à laquelle, fidèle à sa mission, Détective s’attelle aujourd’hui.



I. Le drame. 



A l'appel poussé par Joas. Maud accourt. Monique da Silva Ramos est affalée, le corps à demi sorti des draps. Elle semble déjà dans le coma. Joas reste immobile devant sa compagne qui agonise. Il est pâle, il tremble. C’est avec peine qu’il peut demander à Maud :



— Appelez le docteur Benoit. Celui-ci, le médecin traitant de la famille, a vite fait de remarquer la contraction des mâchoires, le trismus qui peut être provoqué par des douleurs dentaires, une angine, le tétanos, l’hystérie, la méningite ou par l’absorption d’un médicament à base de strychnine.



Il regarde da Silva, qui explique : 

— Monique a absorbé tout à l’heure quatorze comprimés de Seconal Sedico.



Le Seconal est un médicament d’usage courant au Brésil, plus énergique que le véronal et le gardénal.



Le docteur Benoit procède à la thérapeutique habituelle, irrigation des intestins et lavages de l’estomac. En vain. Monique ne sort pas du coma. A 6 h. 30, c’est la fin. Son agonie aura duré quatre heures et demie.



Da Silva est effondré. Comme un homme ivre, il erre dans les pièces de sa grande et luxueuse villa Fazenda. Il se rend auprès de sa petite Paméla qui joue, insouciante, avec ce père triste, dont les yeux brillent étrangement aujourd’hui.



pays basque autrefois faits divers crime
VILLA LA FAZENDA BIARRITZ 1950
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le docteur Benoit, dans la journée, tentera l’impossible, des piqûres intracardiaques. Le soir, le médecin de l’état civil, le docteur Thévenin, devant l’étrangeté des symptômes, refuse le permis d’inhumer et avertit le commissariat local.



Le Parquet, saisi peu après, s’informe avec ménagement, auprès de Joas da Silva, des circonstances qui ont précédé la mort de Monique.



Joas semble vivre un atroce cauchemar. Son regard est éteint, ses lèvres blanches :



— II y a deux jours, je suis allé chercher Monique à Cannes où elle se trouvait avec Paméla et sa nurse habituelle, Mme Piron. Celle-ci, malade, ne pouvant venir avec nous à Biarritz, nous conseilla d'emmener Maud à sa place. Nous arrivâmes à la Fazenda samedi. Le dimanche, nous passons la matinée chez nous. Dans l’après-midi, j’allai au terrain de golf, tandis que Monique restait chez elle. Nous avons passé la soirée ensemble. Nous avons mangé tranquillement, avons longtemps bavardé et, un peu avant 2 heures du matin, nous sommes montés nous coucher. Monique était fatiguée, elle n’avait pas sommeil. Elle était d'ailleurs sujette à de fréquentes insomnies. J’ai vu Monique prendre des comprimés de Seconal. C’était son médicament favori. Je me suis absenté un court instant. Quand je suis revenu, Monique semblait souffrir. Je suis allé vers elle. Elle semblait ne plus me voir. Je l’ai prise sous les bras, l’ai entraînée vers la salle de bains et l’ai aidée à vomir. Je l’ai ramenée dans son lit. J’ai vu ses mâchoires se contracter. J’ai appelé à l’aide.



Le lendemain, le juge d’instruction, M. Puech, ordonna l’autopsie qui, pratiquée par un médecin lyonnais, donna comme résultat : arrêt du cœur provoqué par absorption d'une dose massive de somnifère.



L’enterrement eut lieu dans l’émotion générale. Monique et Joas, enfants bénis des dieux, connus sur toute la Côte d’Argent, passaient pour le couple le plus heureux du pays basque. Ils se connaissaient depuis longtemps et leur mariage avait été une grande fête et une grande joie pour tous.



Mais, derrière cette façade dorée, toute bruissante des riches plaisirs, se cachait un drame insoupçonné.



Après le mariage, Joas avait emmené Monique au Brésil où il possédait des plantations et des fermes. La jeune Parisienne, fille de M. Champin, un grand industriel, avait été élevée dans une atmosphère de mondanités. Dans cet immense pays américain, elle avait vite regretté ses réceptions, les papotages légers de ses amies et la douceur de la France. Rien ni personne n’avait pu la retenir. Elle avait repris le bateau ; Joas était venu la rejoindre la veille de sa mort,



On sait le reste.



II. Les contradictions de Joas Da Silva.



Une deuxième autopsie fut ordonnée, suivie d’un examen des viscères. Effectuée par le docteur Lebreton, du laboratoire de toxicologie de Paris, elle devait amener des précisions qui contredisaient les affirmations de Da Silva.



1° On retrouva, en effet, les traces de trois comprimés de Seconal et 350 cmc. d’alcool à 50°. Or, Joas déclara, dès le premier jour, qu’il avait vu Monique avaler quatorze comprimés et que, le soir de sa mort, sa femme n’avait bu, au repas, qu’un verre de vin ;



2° Da Silva affirma qu’ils étaient montés se coucher à 2 heures du matin. Or, Maud, de son côté, dit les avoir vus monter à 21 h. 30 ;



3° Da Silva a d’abord déclaré avoir aidé sa femme à vomir, puis l’avoir vue vomir ; enfin, l’avoir seulement entendue. Or, Maud n’a rien entendu ;



4° Da Silva assura que Monique et lui s'entendaient à merveille. Or, aux dires de plusieurs témoins, de fréquentes discussions s’élevaient entre les jeunes gens, au sujet d’une liaison unissant Monique au cousin germain de Joas. Les samedi 1er et dimanche 2 octobre, ces querelles avaient pris un tour plus aigu.



Ces contradictions, jour aussi flagrantes qu’elles soient, peuvent très bien s’expliquer.



1° Da Silva a pu se tromper dans l’appréciation du nombre de comprimés absorbés par Monique ou encore indiquer ce chiffre au hasard, voulant par là donner une version plausible de la mort de sa femme qu'il juge, lui-même, inexplicable. C’est un réflexe bien humain devant un corps atteint de symptômes aussi apparents ;



2° Après être montés dans leur chambre, sous les yeux de Maud, Monique et Joas ont pu sortir, aller boire ailleurs que chez eux et rentrer vers 2 heures du matin, sans que personne ne les entende, ce qui expliquerait qu'on ne trouva pas d’alcool dans la maison ;



3° Si Maud n’a pas entendu vomir Monique dans la salle de bais, pourquoi Joas a-t-il évoqué spontanément ce malaise ? Il n’avait qu’à se taire sur ce point, évitant ainsi de dresser contre lui un témoin gênant. Or, il ne l’a pas fait.



4° Da Silva était certainement au courant de la liaison qui unissait son cousin germain Hermano à sa femme ; mais n’était-il pas normal qu’il essayât de ne pas ternir la mémoire d’une morte ? Et, si Joas n’était revenu du Brésil que pour tenter de reconquérir l’amour de Monique, n’était-il pas également normal qu’il s’adressât à elle avec une certaine vivacité ?



Quatre contradictions auxquelles la logique semble donner de valables explications. De plus, il n’y a rien d’étonnant à ce que le comportement d'un homme qui vient d’assister, impuissant, à l’agonie de la femme qu’il aime, paraisse anormal.



III. Les points de l'accusation.



1° L’accusation, pour étayer sa thèse, s’appuie sur la quantité de comprimés de Seconal trouvés dans l’estomac de Monique au cours de la deuxième autopsie. Or, trois comprimés de ce barbiturique, aux dires des experts les plus qualifiés, ne suffisent pas à provoquer la mort ;



2° Elle s’étonne des 350 cm. d'alcool trouvés dans le corps ;



3° Elle retient un mobile passionnel : Joas aime Monique qui aime Hermano. Et ce, depuis avant son mariage même. N’a-t-elle pas écrit, la veille de sa mort, une lettre à cet homme qu’elle aime, dans laquelle elle lui dit : " J'ai tout avoué à Joas, il sait que je vais l'abandonner, que je vais tout quitter."



Mais ces mots "je vais tout quitter " peuvent  aussi bien signifier son intention de tout quitter d'elle-même.



IV. Et si c'était un accident ?


Monique, en août dernier, se trouva enceinte. Elle alla consulter un gynécologue en Suisse. Il n’en était rien. Mais, en septembre, nouvelle alerte ; Joas arrive. Elle avoue, puis elle avale un nombre à déterminer de comprimés de Seconil. La dose, maladroitement calculée, de somnifère provoque l’arrêt du coeur, constaté dès la première autopsie, et la partie de strychnine contenue dans le Seconal occasionne la contraction des mâchoires.



On parla, au début, de curare, pour la seule raison que Joas était Brésilien. Or, ce poison dont l’injection, pour être mortelle, ne peut être qu’intraveineuse, ne provoque pas de contraction. Au contraire, son principal effet est un relâchement total des muscles.



On conviendra, en toute objectivité, que, si les contradictions relevées dans la défense de Joas Da Silva peuvent paraître troublantes, le faisceau de présomptions actuellement connues semble plutôt fragile. 



Cet homme, certes, a menti sur bien des points ; mais ces mensonges ne sont pas à la mesure des terribles soupçons qui pèsent sur lui.



Or, si nous respectons, ici, le louable souci d’une famille en deuil de faire toute la lumière sur ce drame ; si nous respectons la tâche délicate de la Justice, nous avons, plus encore, le respect de la liberté humaine et la mission de faire éclater l’innocence, même si elle s’enveloppe dans les brumes du mystère."







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lundi 25 janvier 2021

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 25 JANVIER 2021 CONVERSION DE PAUL ET SAINT PRIEST ET BIENHEUREUX HENRI SUSO - PAUL

 


PROVERBE DU 25 JANVIER 2021 (CONVERSION DE PAUL) (SAINT PRIEST) (BIENHEUREUX HENRI SUSO) (MANUEL) (PAUL).



CONVERSION DE PAUL : Saül, citoyen romain de langue grecque et d'origine juive, naît probablement à Tarse, en Sicile, au 1er siècle.



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25 JANVIER CONVERSION DE PAUL

Il se convertit sur le chemin de Damas et prend le nom de Paul. 

Avant sa conversion, Saül était un pharisien qui persécutait de manière violente ceux qui suivaient Jésus.

Sa conversion est présentée comme un miracle.

Il élargit la prédication évangélique bien au-delà des milieux israélites et est considéré à ce titre comme le deuxième fondateur du christianisme après le Christ lui-même.

Paul est un apôtre de Jésus-Christ, tout en ne faisant pas partie des "Douze".

Il fonde plusieurs Eglises, dans les années 40, dans le territoire de la Turquie actuelle et écrit de nombreuses lettres à ces nouvelles Eglises, ces écrits dites "épîtres pauliennes" étant les documents les plus anciens du christianisme.

Il meurt vers 67-68 à Rome.



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25 JANVIER SAINT PAUL


PRIEST : Priest de Clermont ou Priest d'Auvergne, aussi connu sous le nom de saint Projet naît vers 625 à Vézézoux (Haute-Loire).


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25 JANVIER SAINT PRIEST DE CLERMONT


C'est un évêque d'Auvergne au 7ème siècle.

Priest naît dans une famille romaine et il fait ses premières études chez les bénédictins à Issoire (Puy-de-Dôme).

En 665, il est nommé abbé du monastère de Chandoin.

La même année, il est nommé évêque de Clermont.

Durant son apostolat, il fonde des hôpitaux, des monastères et des églises.

Il est assassiné à Volvic (Puy-de-Dôme) le 25 janvier 676.

Il est honoré comme martyr et reconnu comme saint par l'Eglise catholique romaine.


HENRI SUSO : Henri Suso (Amandus ou Heinrich Seuse) naît vers 1296 à Constance ou Uberlingen (Saint-Empire romain germanique) et mort le 25 janvier 1366 à Ulm (Saint-Empire romain germanique), est un religieux prêtre dominicain catholique du 14ème siècle connu pour avoir répandu la mystique rhénane de Maître Eckhart avec Jean Tauler, son autre disciple.



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25 JANVIER HENRI SUSO



Il est béatifié et proclamé bienheureux le 22 avril 1831 et est liturgiquement célébré le 25 janvier de chaque année.




PAUL : "Paul" Israeldarrak erantsi zion bere izenari "Paulos" edo "Paulus". Latinetik "paulus", Txikia.


(...) Paulo - Latineko Paulus "txikia" hitzetik datorkigu. Erromatarren artean arrunt erabilia izan zen, baina zabalkunderik behinena done Paulo apostoluari zor zaio. Paulo Saul izenaz bataiatutako judua zen, erromatar hiritarra bazen ere (...)

(...). Kristauen etsai amorratua izan zen Damaskorako bidean Jainkoaren hitza entzun zuen arte : "Saul, Saul, Zergatik persegitzen nauzu?". Orduz geroztik kristoren fedea aldarrikatzen ibili zen eta kristautasuna juduak ez zirenei zabaltzen. 




Une naissance du  25 janvier : Virginia Woolf, née Adeline Virginia Alexandra Stephen.



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VIRGINIA WOOLF 1927


Née le 25 janvier 1882 à Londres (Angleterre) - Morte le 28 mars 1941 à Rodmell (Sussex, Angleterre).

C'est une femme de lettres anglaise qui est l'un des principaux écrivains modernistes du 20ème siècle.

Virginia naît dans une famille de la haute société et elle est éduquée à domicile par ses parents.

Sa famille passe tous les étés à St Ives, en Cornouailles, jusqu'en 1895, à la mort de sa mère.

Elle sombre alors dans sa première dépression nerveuse, aggravée par la mort de son père, en 1904.

Elle commence, en 1905, une activité professionnelle d'écriture au Times.

Son premier roman, The Voyage Out, est publié en 1915 et elle écrira jusqu'en 1941.

En 1912, Virginia épouse l'écrivain Léonard Woolf, mais leur relation est platonique.

Son premier recueil de nouvelles, Kew Gardens, est publié en 1919.

En 1922, elle rencontre Vita Sackville-West, aristocrate, auteur et poète, avec laquelle elle entame une relation amoureuse.

Dans l'entre deux-guerres, elle est une figure marquante de la société littéraire londonienne et un membre central du Bloomsbury Group, qui réunit des écrivains , artistes et philosophes anglais.

Ses romans Mrs Dalloway (1925), La Promenade au phare (1927), Orlando (1928) et Les Vagues (1931), ainsi que l'essai féministe Une chambre à soi (1929), demeurent parmi ses écrits les plus célèbres.

Elle se suicide, le 28 mars 1941, à 59 ans, par noyade dans l'Ouse, fleuve du Sussex.


poete femme anglaise
PORTRAIT DE VIRGINIA WOOLF EN 1902
PAR GEORGE CHARLES BERESFORD


LA PÊCHE À LA BALEINE ET À LA MORUE PAR LES BASQUES EN 1837 (première partie)

LA PÊCHE À LA MORUE ET À LA BALEINE EN 1837.


Les Basques ont pratiqué pendant des siècles la pêche à la morue et la pêche à la baleine.




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BALEINIER RUBENS LE HAVRE 1837



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Le Moniteur Industriel, le 17 août 1837 :



"De la pêche de la baleine et de la morue.


Compagnie Générale de Pêche. 



Une compagnie destinée à donner une grande impulsion à notre pêche, vient d'être formée par MM. Herout négociant au Havre, et Peynaud, capitaine au long cours. Parmi les nombreuses entreprises que l'esprit d'association fomente chaque jour, il en est peu qui se recommandent autant par leur but, qui soient plus dignes des encouragements et de l'attention publique, et qui offrent autant, de garanties de durée et de prospérité. Avant de faire connaître ses statuts, nous croyons pouvoir présenter quelques détails sur les progrès et les vicissitudes de cette grande et importante brache d'industrie.




Pêche de la baleine. 


— Cette pêche remonte à une haute antiquité l’Edda, ce poème mythologique des Norvégiens, atteste qu’elle était connue et pratiquée sur leurs côtes et sur celles d’Islande, dès les premiers siècles de notre ère. Quoique l’industrie de ces temps d’ignorance fût encore au berceau, l’on avait compris toutes les ressources que les produits nombreux et abondants de la baleine offraient à la vie sociale : son huile, ses fanons étaient utilisés par les arts grossiers de cette époque presque sauvage. L’on fabriquait avec sa peau des cordages inaltérables ; l’on en radoubait de petites embarcations ; enfin, sa chair, ou du moins certaines parties servaient à la nourriture du peuple.



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PÊCHE A LA BALEINE AUTREFOIS



Il est possible, comme on le suppose, que les Normands, après leurs dévastations et leurs établissements sur les côtes de l’Europe méridionale, y aient apporté la connaissance de leur méthode de pêche, mais c’est aux Basques qu'appartient l’honneur incontesté d'avoir eu le courage de combattre la baleine, pour ainsi dire corps à corps, en l'attaquant avec le harpon. Il fallait une rare intrépidité pour essayer d'asservir aux besoins de l'homme ces masses vivantes qui se balançaient, comme des montagnes, au milieu des flots de l’Océan. Le premier matelot basque qui, armé d'un simple harpons, osa, dans sa frêle nacelle, s’attaquer au colosse des mers, sur son propre élément, fit une tentative des plus audacieuses, et son succès est un des faits qui caractérisent le mieux la puissance et la supériorité de l’homme.



Aux XIIIe et XIVe siècles, la pêche de la baleine se faisait encore sur les côtes de l’Océan. L’on voit, par les chartes d’anciens monastères situés dans le voisinage de la mer, qu’ils percevaient la dîme, tandis que les rois et les princes s’attribuaient les droits seigneuriaux sur les produits de cette pêche qui devait être très active puisque son revenu put suffire, en 1338, à Edouard III, pour payer les frais de l’équipement d’une flotte.


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PÊCHE A LA BALEINE AUTREFOIS



L'on mangeait certaines parties de la baleine, c’était très probablement les plus délicates, et l’on assure même que ce mets était très recherché par nos ancêtres ; il est du moins constant qu’on vendait publiquement la chair de la baleine sur les marchés de St-Jean-de-Luz, de Bayonne, de La Rochelle, de Rouen et de plusieurs autres villes, et cette circonstance indique assez que la pêche se faisait alors dans le voisinage des côtes. Legrand d’Aussy, dans sa Vie privée des Français, fait mention d'une balaigne comme d’un poisson que l’on servait sur toutes les tables ; il cite un tableau intitulé la Bataille de Charnage et de Caresme  où la Balaigne est au nombre des soldats que Carême oppose à son rival.



Les baleines attaquées par les Basques avec une ardeur incessante, s’éloignèrent dans le Grand océan ; mais la boussole était découverte, et vers 1372 on les avait pourchassées jusque sur le banc de Terre-Neuve et dans le golfe St-Laurent, dont une île porte encore le nom d’île des Basques ; sur les côtes de Labrador, où l’on voyait encore, il y a peu d'années, les vestiges des vigies des fonderies qu’ils y avaient établies, et enfin jusqu’au Spitzberg. Ce sont ces Basques qui osèrent les premiers élever, sur les glacis polaires, ces espèces de manufactures flottantes où ils préparaient l'huile, et depuis, lorsque la jalousie des rivaux coalisés les eurent repoussés de ces rivages, ils furent les premiers qui, après avoir harponné la baleine en pleine mer pour la dépecer le long des bords de leurs navires, eurent la hardiesse inouïe d'établir sur le pont de leurs bâtiments de grandes chaudières où ils fabriquaient au milieu du danger imminent de l'incendie, une huile pure, telle qu’aucun des procédés employés par leurs rivaux ne purent jamais en fournir une semblable. La perfection de cette fabrication assura aux Basques, jusque vers le milieu du XVIIe siècle une supériorité qui ne leur fut plus contestée.



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PÊCHE A LA BALEINE AUTREFOIS




Alors St-Jean-de-Luz était le centre de celte industrie ; sa population, réduite maintenant à moins de 3 000 âmes, s’élevait à 20 ou à 24 mille, et chaque année cinquante à soixante navires de 3 à 400 tonneaux revenaient dans son port, et répandaient la richesse ou du moins l’aisance dans une multitude de familles.



Au milieu du XVe siècle, les Hollandais avaient commencé à s'occuper de la pêche de la baleine, mais leurs faibles armement n'inspirèrent aucune inquiétude aux Basques ; cependant les Hollandais finirent par attirer à leur service, par les grands avantages qu'ils leur offraient, les meilleurs harponneurs, et quelques-uns de leurs marins les plus habiles. En 1605, ils avaient des établissements au Labrador, et depuis 1613 jusqu’en 1637, époque la plus éclatante de la prospérité de leur pêche, chaque année apportait dans leurs ports 150 à 180 riches cargaisons.



En 1636, les Espagnols prirent St-Jean-de-Luz qu’ils saccagèrent ; ils s'emparèrent, dans son port, de 14 grands bâtiments chargés et récemment arrivés du Groenland. Cet événement anéantit la pêche des Basques. L’Angleterre profita de ce désastre pour s’élever sur leur ruine, et à l’exemple des Hollandais, elle se hâta de leur offrir des prix très élevés, de grandes récompenses ; la nécessité les força d’accepter. 



La participation de la fameuse Armada de Philippe II sur les côtes d'Angleterre fut l’époque qui donna au génie maritime de cette nation la grande impulsion qui devait tôt ou tard se développer ; la nécessité de se défendre contre ce formidable armement lui révéla toute l'énergie de ses ressources ; on ne s’occupa plus que d'entreprises maritimes ; on voulut déposséder les Espagnols de leurs colonies, et les Hollandais de leurs mines d’or. Car c’était ainsi que l'on désignait la grande pêche. En effet, ils ne tardèrent pas à les expulser du Groenland, à établir leur suprématie par l’injustice et la violence ; la pêche des Hollandais déclina et quelques années après leurs expéditions se réduisaient à 68 bâtiments. La réunion de la Hollande à la France, sous l’empire, acheva la ruine de la pêche hollandaise. Pitt s'empressa d’attirer les pêcheurs de cette nation en leur offrant les droits de citoyens anglais. Un grand nombre d'entre eux se rendit à cette invitation, ils apportèrent en Angleterre leurs capitaux et leurs connaissances pratiques du marin.



La Hollande a vainement tenté, depuis 1815, de rentrer dans cette carrière qui lui fut si prospère, tous ses efforts ont échoué ; les anciennes traditions étaient perdues, et dans les quatre dernières années les armements se sont réduits à deux, trois ou quatre expéditions.



L'Angleterre était trop habile, trop attentive à ses intérêts pour ne pas comprendre toute l’importance de la pêche de la baleine ; elle lui prodigua aussi toute sorte d’encouragements, et surtout des primes qui ont varié de 25, 30, 37, jusqu'à 50 livres sterling ; et ces primes représentaient la valeur de la pêche. En 74 ans elles se sont élevées à 65 milliers. Ces grands sacrifices n’ont pas été stériles, puisqu'ils ont créé une industrie assez forte pour pouvoir se passer de toute protection ; depuis 13 ans que les primes n’existent plus, l’Angleterre a vu ses armements s’accroître progressivement et s’élever de 150 à 200 navires baleiniers. 



L'Angleterre a trouvé aux États-Unis une concurrence redoutable. Depuis 1690, les marins américains se livraient avec ardeur sur leurs propres côtes, à la pêche de la baleine. Ils la poursuivirent ensuite dans le nord, et, sans le secours des primes, ils parvinrent, par la bonne économie de leurs armements, à pouvoir rivaliser avec l’Angleterre.



Les Américains entreprirent les premiers la pêche du sud ; ils s’élevèrent jusqu’aux mers australes, et jusqu’aux Moluques, où ils rencontrèrent le cachalot, espèce de cétacé plus petit que la baleine, dont on extrait une huile qui s’est vendue jusqu’à 3 000 fr. le tonneau. C’est cette matière connue en France sous le nom de Blanc de Baleine, et qui sert à fabriquer les bougies. Cette pêche, fort riche, occupe 100 à 120 navires américains, dont les cargaisons annuelles sont évaluées à 25 millions de fr. Les Anglais prennent une part très active à cette pêche. Quant à nous Français, nous ne faisons que commencer à en connaître la route. La pêche américaine de la baleine occupait, en 1833, 203 navires.



La France, depuis la ruine de la pêche des Basques, ne s’est point relevée de cette catastrophe. Les armements de Bayonne, depuis cette époque, étaient réduits à 2 et 4, au lieu de 20 et 24 navires que l’on expédiait autrefois. Ce fut Louis XVI qui, en 1784, entreprit de rétablir la pêche de la baleine ; il fit armer pour son propre compte six navires à Dunkerque, il les fit monter par des matelots d’élite recrutés à grands frais à Nantukett, aux Etats-Unis. Cet essai fut heureux. En 1790, la France comptait 40 baleiniers. Pendant la révolution, à chaque intervalle de paix, on se hâtait de ranimer cette pêche ; on lit des arrêtés sous la convention, le consulat et l'empire ; ils furent insérés au Bulletin des Lois, et ce fut tout leur résultat.



La restauration pouvait et devait dans ses propres intérêts relever cette industrie ; elle n’y manqua pas. Les primes s’élevèrent à 50 fr. par tonne et elles furent mêmes doublées pour les navires qui franchissaient le cap Horn ; l'on autorisa la formation d’équipages mixtes français et étrangers. Chaque année les ordonnances qui se succédaient attestaient la vive et heureuse sollicitude du gouvernement. Elle commence à porter ses fruits, car depuis 1835 la France a plus de 60 baleiniers à la mer.



Les parages de la pêche se distinguent en pêche du nord et pêche du sud. La première comprend le Labrador, le Groenland le détroit de Davis, le Spitzberg et la côte d'Irlande. La seconde les côtes du Brésil, de Patagonie, du cap de Bonne-Espérance, les îles Malouines, de Trissan d'Acunha, les mers Australes et celles du Sud. Quelques capitaines anglais s’élevaient même jusqu’à la Californie, aux colonies russes, aux mers du Japon, et l’on prétend que l’huile qu’ils rapportent de ces hautes latitudes est très supérieure à celle des autres pêcheries."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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