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jeudi 30 novembre 2023

AU TRIBUNAL : UN ACCIDENT DE TRAVAIL AUX CARRIÈRES DE BIDACHE EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN JANVIER 1901

UN ACCIDENT DE TRAVAIL À BIDACHE EN JANVIER 1901.


En 1904, est jugé au Tribunal Civil de Bayonne un accident du travail survenu aux carrières de Bidache en 1901.




pays basque autrefois basse-navarre carrières accident
CARRIERES DE BIDACHE BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Droit, le 14 novembre 1904 :



"Tribunal Civil de Bayonne. Présidence de M. Villeneuve.

Audience du 22 juin 1904. Accident du Travail — Transaction entre parties en dehors du Président du Tribunal. — Nullité. 



Est nulle la transaction sur l'indemnité due à raison d'un accident de travail, convertissant cette indemnité en un capital une fois versé, intervenue entre parties et hors la présence et l'intervention du président du Tribunal. 


Le jugement qui a consacré cette solution est ainsi conçu :


Le Tribunal ; 


Attendu qu'il résulte du procès-verbal d’enquête, dressé le 24 mai 1901 par le juge de paix du canton de Bidache, que Jules D..., tailleur de pierres, travaillait, le 21 janvier 1901, dans une carrière de pierres située à Bidache, exploitée par Bédra ; que D... fut blessé à l'œil gauche par un éclat de pierre ; que l’œil s’enflamma, devint opaque et perdit la vision ; que celte perte était définitive ; qu’il en résulte une incapacité permanente pour la victime, qui recevait un salaire de 1 fr. 50 par jour ;


Attendu que, le 27 juin 1901, il fut dressé un procès-verbal de non-conciliation par le président du Tribunal ; qu'une assignation à comparaître devant le Tribunal fut signifiée le 8 juillet 1901 à B... par D... ; mais que celui-ci et B..., chef de l’entreprise, se sont accordés le 9 août 1901 pour fixer l’indemnité définitive à un capital de 600 francs ; que l’instance n’est poursuivie actuellement que sur l'indication faite aux intéressés, par le ministère du commerce, de se conformer à la loi ;


Attendu qu’il y a lieu de rechercher si la transaction dont il s’agit peut être homologuée et, au cas de la négative, quelle est l’indemnité qui est due à la victime ;


Attendu que les parties avaient transigé sur. le litige qui les divisait, selon le droit commun, et dans les formes ordinaires ; que c'est la loi spéciale du 9 août 1898 qui a mis à la charge du chef d’entreprise le risque professionnel jusque-là supporté par les ouvriers ; que cette loi de protection dispose que ces derniers ne peuvent se prévaloir, à raison des accidents dont ils sont victimes dans leur travail, d'aucune autre loi ; que c’est une rente qui doit leur être payée et qui doit être basée rigoureusement sur le salaire de l’ouvrier dans l’année qui a précédé la date de l’accident, et d'après la diminution survenue dans leur capacité de travail ; qu'après l’enquête du juge de paix, sur les circonstances de l'accident, l’accord est définitivement fixé par l'ordonnance du président du Tribunal qui a convoqué les parties, et qu’au cas de désaccord, c'est le Tribunal qui doit statuer ;


Attendu que la transaction intervenue entre les parties, en dehors de ces conditions, n'est pas valable, l’article 30 de la loi de 1898 frappant d'une nullité de plein droit toute convention contraire à la loi précitée ; que, d’ailleurs, selon le dernier paragraphe de l’article 21 de la même loi, la pension ne peut être remplacée par le paiement d’un capital que si elle n’est pas supérieure à 100 francs ; que la quotité de la rente n’avait pas été établie et que la victime avait indûment renoncé au droit de révision consacré par l’article 19 de la loi. au cas d’aggravation et de complication survenant dans les organes de la victime ; 



Attendu, au fond, et sur les conclusions subsidiaires de D..., que le salaire reçu par ce dernier dans les douze mois qui ont précédé l’accident doit être fixé à 450 francs par an. à raison de 1 fr. 50 par jour (pour trois cents jours) ; qu'il était âgé de soixante-dix sept ans, et que la perte complète d’un œil n’a pas altéré la vision de l’autre œil ; que la diminution de sa capacité pour le travail doit être évaluée à deux cinquièmes ;



"Par ces motifs ; 


Dit que la transaction conclue entre les parties, le 9 août 1901, est nulle de plein droit ;


Et, statuant sur la demande dont le Tribunal a été saisi le 8 juillet 1901, ainsi que sur les conclusions subsidiaires de D..., condamne B... à payer a ce dernier, par trimestre, une rente annuelle et viagère de 90 francs, à compter du 26 mai 1901, date de la consolidation de la blessure, et aux dépens ; réserve à B... tous ses droits contre D... à raison de la somme de 600 francs que celui-ci reconnaît, avoir reçue à titre d’indemnité définitive transactionnelle."



pays basque autrefois basse-navarre carrières accident
VUE GENERALE DES CARRIERES DE PIERRES DE BIDACHE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Observations

— Le jugement qui précède fait une juste application des dispositions de la loi du 9 avril 1898, aux termes desquelles : 

1° s'il y a accord entre les parties, l’indemnité est définitivement fixée par l’ordonnance du président, qui donne acte de cet accord (art. 16) ; 


2° les parties pouvant toujours décider que le service de la pension sera remplacé par tout autre mode de réparation, mais à la condition que le chiffre de l’indemnité ait été préalablement déterminé (art. 21) ; 


et 3° que toute convention contraire à ladite loi est nulle de plein droit (art. 30).



Or, dans l'espèce, les parties, contrairement aux articles précités, avaient transigé hors la présence du président, sans que, au préalable, l’indemnité due à la victime eut été fixée.



Voir, dans le même sens : Trb. civ. Saint-Etienne, 28 mai 1900 (Mon. jud. Lyon, 31 juillet 1900.5.801) ; C. de Nancy, 2 mars 1901 (Rec. de Nancy, 1901.150) ; C. de Paris, 21 juin 1901 (Le Droit du 10 août 1901)."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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mardi 14 juin 2022

UN ACCIDENT DU TRAVAIL À BIRIATOU EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN FÉVRIER 1901

BIRIATOU EN 1901.


En 1902, est jugé au Tribunal de Bayonne une affaire d'accident du travail survenu à Biriatou, en 1901.





pays basque autrefois labourd carrière
BIRIATOU 1900
PAYUS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Le Droit, le 28 avril 1902 :



"Tribunal Civil de Bayonne.

Présidence de M. Villeneuve, président.

Audience du 25 février 1902. Accident du travail. — Demande de rente viagère et d'indemnité temporaire formée devant le Tribunal Civil. — Compétence exclusive du Juge de Paix en ce qui concerne l'indemnité temporaire. 



Le juge de paix est compétent, à l'exclusion du Tribunal civil, de par le texte impératif de l'article 15 de la loi de 1898, pour statuer sur les indemnités temporaires, même lorsqu'à la demande principale de rente viagère, soumise compétemment au Tribunal civil, se rattache accessoirement une demande d'indemnité temporaire. 



Le jugement qui a statué en ce sens expose les circonstances de la cause :



"Le Tribunal ; 


Attendu que, le 13 février 1901, pendant que Iribarren, travaillait à Biriatou, dans une carrière, pour le compte de Chouy, un bloc se détacha et l’atteignit au pied gauche ; qu'il dut subir l'amputation de trois orteils et qu'il en est résulté une incapacité de travail permanente ;



Attendu que le médecin qui lui a donné des soins a constaté, le 2 septembre 1901, que la plaie, après l’amputation, avait supputé jusqu'au 15 août 1901, que le pied avait une disposition à suppurer de nouveau et qu’lribarren ne pourrait, avant trois mois, se livrer à des travaux pénibles ; que le 9 février 1902, il a apprécié que la cicatrice qu’a laissée l’amputation, par suite de la perte de la vitalité des tissus écrasés, s’ouvrait de temps en temps et suppurait ; qu'Iribarren devait alors suspendre son travail et qu’on pouvait évaluer le dommage subi au tiers de la capacité antérieure de travail ;



Attendu qu’il y a lieu d’adopter cette appréciation en l'appliquant au salaire moyen annuel qui doit former la base de la rente viagère due à Iribarren en vertu de la loi du 9 avril 1898 ;



Attendu que, devant le juge de paix qui a procédé à l'enquête prescrite par ladite loi, Iribarren a déclaré qu'il gagnait 2 fr. 50 par jour et travaillait 24 à 25 jours par mois ; que deux autres ouvriers ont déclaré qu'ils gagnaient chacun 2 fr. 75 par jour et travaillaient environ 25 jours par mois avec Iribarren ; que Chouy a déclaré, d’autre part, qu'Iribarren ne travaillait pour lui que depuis le 23 novembre ; qu’en décembre 1900, il avait gagné 46 fr. 10 et, en janvier 1901, 38 fr. 75, et en février 1901, jusqu’au jour de l’accident, 10 fr. 85 ; que le salaire moyen des ouvriers de cette catégorie était, pour sept mois, de 284 fr. 65, à cause du mauvais temps qui oblige au chômage ; qu'enfin, le salaire annuel des ouvriers est de 520 francs environ ;



Attendu que, d’après lui-même, Iribarren ne gagnait que de 2 fr. 50 par jour ; que, s'il est vrai que les ouvriers ne pouvaient gagner annuellement, à cause du mauvais temps, dans la carrière de Chouy, que 284 fr. 65, cette somme, à raison de 2 fr. 50 par jour, ne représentait que 113 journées de travail ; qu’il restait 187 journées inoccupées à la carrière, et que, si l’ouvrier ne gagne, dans l'année, que 520 francs environ, comme l'a déclaré Chouy, le salaire de chacune de ces 187 journées ne serait que de 1 fr. 15 en moyenne ;



Attendu qu’il n’a pas été contesté qu'il y avait des journées de chômage à déduire, causées par le mauvais temps et le manque de travail ;



Attendu que les salaires pour la pêche ou les autres travaux de la région, dans la saison d’hiver, sont moins rémunérateurs ; que, tout en tenant compte de ces circonstances, il y a lieu de porter à 600 francs le salaire annuel ;



Attendu que le tiers de celte somme, étant de 200 francs, il y a lieu de fixer à 100 francs la rente viagère à servir à Iribarren ;



Relativement à la demande de 323 fr. 75 pour indemnité temporaire :



Attendu que Chouy soulève l'exception d’incompétence et soutient que le juge de paix a seul attribution pour juger cette contestation ;



Attendu qu’aux termes de l’article 15 de la loi du 9 avril 1898, les contestations relatives aux indemnités temporaires sont jugées, en dernier ressort, par les juges de paix du lieu où l’accident s’est produit, à quelque chiffre que la demande puisse s’élever ; qu’aux termes de l’article 16, les autres indemnités sont jugées par le Tribunal civil ; que ces textes sont formels et que le Tribunal est tenu de renvoyer les parties devant le juge qui doit connaître de ce litige ;



Par ces motifs ; 



Condamne Chouy à payer à Iribarren une rente annuelle et viagère de 106 francs par trimestre, à terme échu, à compter de ce jour ;



Renvoie Iribarren à se pourvoir devant le juge compétent pour l’indemnité temporaire journalière de 323 fr. 75 qu’il réclame ; condamne Chouy aux dépens."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mardi 29 mars 2022

LE COURRIER DE PAMPELUNE EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1901

LE COURRIER DE PAMPELUNE EN 1901.


Le courrier a longtemps passé directement la frontière pour communiquer entre la Navarre et la Basse-Navarre.




pays basque autrefois navarre poste ptt
LA POSTE VALCARLOS NAVARRE
NAVARRE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Le Petit Troyen, le 23 juillet 1901, sous la plume de 

Sauveur Harruguet :



"Variétés.


Le courrier de Pampelune. 



De Saint-Jean-Pied-de-Port (Basses-Pyrénées), un courrier part chaque jour emportant le courrier d’Espagne. Il s’en décharge à Valcarlos et fait ainsi la navette d’un bout de l’an à l’autre, apportant le soir les nouvelles espagnoles.




Des lettres qu’il apporte à Valcarlos, celles qui doivent suivre vers l'intérieur de l’Espagne sont triées et confiées à un autre courrier, qui va jusqu’à Burguette, d’où part un nouveau service pour Pampeluue. 



Durant quelques années, c’était un certain Ramon Curcheta qui faisait la trotte de Valcarlos à Burguette ; on appelait cela à Valcarlos le courrier de Pampelune



pays basque autrefois navarre hôtel
PLACE ET HOTEL MARCELINO MARTIN VALCARLOS
NAVARRE D'ANTAN



Ce Ramon était un gaillard à pari, un grand brun qui, par une anomalie de la nature, avait des yeux bleus, n’y avait pas froid, par-dessus le marché. Il n’était pas du pays même, mais des provinces basques cependant, de l'Alava, disait-on. Il racontait assez volontiers que son père, alcade de sa commune, avait voulu le marier à une jeune fille qui, pour tout appas, ne lui apportait que des douros. "Tous les douros du monde ne valent pas un beau sourire et une taille bien faite, ajoutait-il en faisant claquer ses doigts ; j ai préféré me faire voiturier". 



Crâne voiturier, même. Il avait toujours deux mules dont il pouvait seul se rendre maître, vicieuses, mais rapides comme le vent. Ça grimpait toute la côte interminable de Roncevaux à une allure qui eût crevé deux fois des chevaux de pur sang. L’on était rendu en un rien de temps à Burguette, où l’on connaissait bien les grelots aigres de l’attelage et aussi le breack aux roues jaunes qui passait si vite, envolé sur ses rideaux étendus comme des ailes. 



Le breack ne roulait que pendant la belle saison. En hiver, la neige lui rendait le chemin impossible. Ramon enfourchait alors l’une de ses bêtes et traversait ainsi le col d’Ibagneta, trempé, les oreilles coupées par le froid, ce qui ne l’empêchait pas de chanter ; à la posada, il buvait un vin chaud, voilà tout. 



Qu’un homme ait une histoire de femme dans sa vie, l’on peut être certain qu’elle lui en vaudra d’autres. Il en était ainsi de Ramon. Son exil de la maison paternelle, pour s’éloigner d’un mariage d’argent, raconté dans les veilles, laissait les hommes indifférents, alors que cela lui valait les sympathies du beau sexe. Le lendemain, les filles, le regardaient un peu plus longuement, sous le prétexte de jeter une lettre dans le sac à dépêches, s’apercevaient qu’il était beau garçon, accrochaient presque un désir au bout de sa moustache noire et stationnaient sur la route les yeux fixés au coude où avait disparu la voiture, écoutant jusqu’au dernier tintement la jacasserie des grelots qu’éteignait la distance. C’était donc là ce Ramon qui préférait une belle fille à des piles d’or.



Ce n’était certes pas à lui que les cavalières faisaient défaut durant les bals des fêtes locales de Valcarlos. Il n’avait pas à les courtiser durant la semaine pour obtenir la faveur d’une danse ; d’un mouvement de sourcil ou d’un geste, il engageait sa danseuse d'un bout de la place à l’autre, et ce n’était jamais la moins jolie. Ajoutez à cela qu’il dansait à ravir le fandango et grattait fort bien la mandoline, et nul ne s’étonnera qu’il fût de toutes les noces et de toutes les fêtes. 



Il logeait à Valcarlos, chez Pedro, une hôtellerie au-dessus de la porte de laquelle le voyageur pouvait lire sur une enseigne à deux faces, du côté de France, en bleu sur fond jaune : "Auverge", et du côté d’Espagne, en noir sur fond rouge : "Posada." Certain soir qu’il causait devant la porte avec l’aubergiste, un mendiant aveugle vint demander la charité. Sa femme l’amena par un pan de sa veste en loques tandis qu’il jouait de l’accordéon, un accordéon plat aux touches blanches et longues comme des dents de mulet. 



pays basque autrefois navarre douanes
DOUANE VALCARLOS 1903
NAVARRE D'ANTAN



A ce moment sortit de l’auberge la femme d’un carabinero nouvellement arrivé. Sans plus de façon, Ramon se leva du banc où il était assis et, prenant la femme par la taille, l’entraîna dans le vestibule de la maison, envolé dans le fandango que jouait l’aveugle. Elle parut se fâcher d’abord du sans-gêne de son cavalier, mais elle était de Saragosse et les Saragossanes aiment fort la danse. La première pirouette la décida. Elle demanda à poser dans un coin la bouteille de vin qu’elle venait d’acheter. Dans ce répit, Ramon écarta quelques outres qui encombraient le vestibule et la danse reprit dans la demi-obscurité que traversait tout au milieu le gros trait de lumière venu de la porte de la cuisine. 



La femme dansait comme pas une, ondulante et légère, avec une grâce sans pareille, quand, au bout de ses bras arrondis au-dessus de la tête, les doigts claquaient, donnant au fandango cette vie aérienne d’ailes battantes que ne possède nulle autre danse. 



Alors, là, tout bêtement, pendant que Pedro accompagnait en tambourinant sur la porte avec le manche de son couteau, dans celte pénombre excitante, Ramon s’éprit de cette femme d’autrui, dont le regard revêtait une langueur d’une fluidité étrange, quand elle passait dans la voie de lumière, la tête inclinée tantôt sur une épaule, tantôt sur l’autre. 



Elle s’appelait Manuela, avait été chanteuse de rues, s’était laissé épouser par un carabinero qui l’avait fait boire à sa gourde  un jour qu’elle avait bien soif, un vilain grigou, jaloux et mauvais, qu’elle dominait tout en le craignant. 



Faut-il donc que le coeur humain soit bizarrement organisé ! Ramon, qui n’avait qu’à vouloir pour obtenir les faveurs des plus jolies filles, lui qui n’avait à cueillir que des sourires, s’amouracha de cette coureuse, tout comme cet affreux carabinero, dont personne n’eût voulu. Et cela, parce qu’elle avait deux grands yeux noirs, profonds, brûlants de vice. 



pays basque autrefois navarre ferme
FERME VALCARLOS
NAVARRE D'ANTAN



Ils eurent des rendez-vous, tandis que le mari était de service, la nuit, à l’affût des contrebandiers. Un matin qu’il rentra de meilleure heure que de coutume, il surprit Ramon chez sa femme. Quand il parut sur la porte, l’amoureux disait de ces bêtises que l’on dit quand on aime, et Manuela souriait. Sans une émotion, sans que le moindre nuage obscurcît son front, la femme vit avancer son mari derrière Ramon, suivit dans l’ombre du jeune homme ses yeux de chat qui brillaient et lui commandaient le silence. Alors un éclair de lame blanchit et Ramon s’affaissa. Le carabinero venait de lui planter sou long couteau entre les deux épaules. 



Elle poussa un éclat de rire : "Tant pis pour lui", dit-elle. Et son rire insultait tant de femmes qui avaient fait pour le beau cavalier inanimé à ses pieds plus d’un vœu superflu.



On apprit le lendemain que Ramon Curcheta avait été trouvé sur la route par le mari de Manuela, râlant, avec un grand trou dans le dos. Et l’on pensa qu’il avait été tué par un contrebandier qui l’avait pris pour un carabinero."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 11 novembre 2020

CELA S'EST PASSÉ UN ONZE NOVEMBRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS : LA SAINT-MARTIN

LE ONZE NOVEMBRE AU PAYS BASQUE.


La Saint-Martin est célébrée le 11 novembre en souvenir de saint Martin. La date correspond à la mise au tombeau de Saint Martin le 11 novembre 397.




oie saint martin
11 NOVEMBRE OIE DE LA SAINT-MARTIN


En Europe centrale, la Saint-Martin s'accompagne de nombreuses traditions, parmi lesquelles on 

trouve la dégustation de l'oie de la Saint-Martin, la retraite aux flambeaux et les chants de la 

Saint-Martin.



Voilà ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, dans son 

édition du 15 novembre 1901, sous la plume de Marcel France :



"La Saint-Martin.



L’oie de la Saint-Martin. — Une coutume populaire. — Oies et dindons. — Vieux dictons. 




C’est (ou c’était) lundi la Saint-Martin une des rares fêtes qui soient restées populaires surtout dans les campagnes. Quelles sont les causes de cette popularité et remonte t-elle au Saint lui-même ? Nous ne le pensons pas. Celui-ci, qui fut d’abord soldat puis devint évêque de Tours, n’a guère laissé dans les masses que le souvenir du partage de son manteau avec un pauvre, mourant de froid. 


religion catholique saint sainte
11 NOVEMBRE SAINT MARTIN DE TOURS


On connaît l’histoire, et la scène a été reproduite à l’infini. Ce fut, parait-il, à Amiens qu’elle s’accomplit, auprès d’une des portes de la ville dont il reste encore quelques ruines et sur laquelle on lisait naguère cette inscription qui fait peu d’honneur au poète : 


"Ici, Martin en deux partagea son manteau. 

Nous devons imiter son exemple si beau." 


religion catholique saint sainte
11 NOVEMBRE SAINT MARTIN DE TOURS


Mais l’action fut noble, Je répète qu’elle ne semble point être la cause de la popularité dont jouit encore la fête. La véritable raison est plus simple et plus prosaïque. 




En effet, c’est tout simplement parce que, dans les campagnes, l’engraissement des oies est généralement achevé dans les premiers jours de Novembre. Ce résultat obtenu, il est assez juste que la fermière et sa famille en tirent quelque satisfaction personnelle et consomment eux-mêmes l’une des volailles venues à point. 




Dès lors comme aux champs, on avait coutume de faire coïncider les festins avec les fêtes, patronales ou religieuses, et, comme la Saint-Martin était la plus importante au début de Novembre, on s’habitua à sacrifier l’oie ce jour-là, et, peu-à peu, la coutume devint générale.



Elle est extrêmement ancienne. En effet dans les almanachs rumiques qui indiquent de façon parfois si pittoresque, les pratiques et les légendes des pays Scandinaves, Saint-Martin est représenté la tête auréolée d’oies. 



D’autre part, en Allemagne et dans le Grand duché de Holstein, certaines corporations qui se réunissaient au XVIe siècle le jour de la Saint-Martin recevaient, une médaille portant à l’avers une oie et au revers le mot "Martinalia". 



Enfin, nous indiquerons qu’au moyen-âge les rôtisseurs et marchands de volailles, de Paris, qui s’appelaient des “oyers” s’installèrent à proximité de l’abbaye saint Martin aujourd’hui Conservatoire des Arts et métiers où les pèlerins venaient nombreux le 11 Novembre, fête du Saint. "Leur commerce était surtout florissant à ce moment, écrit Sauval, en raison de l’habitude qu’ont, les habitants de Paris, riches ou pauvres, de rôtir une oie, ce jour-là." 



La rue qu’ils habitaient s’appela d’abord rue des Oyers, puis rue aux Oux. Ensuite, le nom se corrompit et elle devint rue aux Ours. Elle porte encore ce nom aujourd’hui;



De nos jours l’usage de manger l’oie de la Saint Martin est encore très répandu. Il est peu de familles où l’un de ces volatiles ne soit sacrifié le 11 Novembre ou, à défaut, le dimanche précédent ou suivant. Dans un grand nombre de villages, cela fut, pendant des siècles, l’occasion de ce qu’on appelait le "tir à l’oie". Voici en quoi consistait ce divertissement barbare qui ne fut interdit que par la loi Grammont. 



jeu oie ardennes autrefois
TIR A L'OIE MOHON ARDENNES



On attachait l’animal à un pieu, puis, les jeunes gens du pays se bandaient les yeux et armés de bâtons ferrés, cherchaient à frapper l’oie. Ailleurs même, on essayait de lui trancher la tête avec un sabre. 



jeu oie auvergne autrefois
JEU DU COU DE L'OIE MAZAT AUVEGNE



Ajoutons enfin que depuis l’introduction du dindon en Europe, au XVIIe siècle, cet oiseau fait concurrence à l’oie dans nos repas de la Saint Martin. C’est de là, qu’est venue l’expression : "C’est le dindon de la farce" (fête), qui est arrivée, comme beaucoup d’autres, à ne plus exprimer aujourd’hui ce qu’elle signifiait autrefois. 



Et puisque nous parlons des vieux dictons, nous terminerons en citant les quatre principaux qui se rapportent à la Saint Martin. 



Si l’hiver va son chemin, Il commence à la Saint Martin. 


Le temps du jour de Saint Martin, Est le temps commun de l’hiver. 


A la Saint Martin, Rôtis l’oie, Bois le bon vin. 



A Saint Martin, bois le bon vin, Et laisse l’eau pour le moulin. 



Par tout ce qui précédé on peut se rendre compte que Saint Martin mériterait d’être le patron des amis de la bonne chère, puisqu’on ne recommande, pour célébrer dignement sa tête, que, de bien boire et de bien manger."


A noter que le "jeu de l'oie" persiste encore aujourd'hui en Iparralde, par exemple à Biriatou...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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dimanche 25 août 2019

L'EXPLOSION DE LA GARE D'IRUN EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE LE 5 MARS 1901


L'EXPLOSION DE LA GARE D'IRUN EN 1901.


En 1901, une terrible explosion détruit la gare d'Irun, en Guipuscoa.

vendredi 15 février 2019

LE MARCHÉ DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1901


LE MARCHÉ DE BIARRITZ EN 1901.


Dès 1847, il existe à Biarritz un projet de construction d'une halle pour le marché aux volailles-boucherie-charcuterie.


mardi 1 janvier 2019

CHANGEMENT DE SIÈCLE EN 1901 À BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE


NOUVEAU SIÈCLE À BIARRITZ EN 1901.


Le XXème siècle a commencé le 1er janvier 1901 et s'est achevé le 31 décembre 2000.

jeudi 11 octobre 2018

UNE PARTIE DE PELOTE AU PAYS BASQUE EN JUILLET 1901


UNE PARTIE DE PELOTE EN 1901.


Au début du vingtième siècle, la pelote Basque est un sport qui se joue dans de nombreux pays, à la suite de l'émigration de centaines de milliers de Basques.

mardi 9 octobre 2018

LA COMMUNE D'OGNATE - OÑATI EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1901


OÑATE EN 1901.


La commune d'Oñate n'a été intégrée à la province du Guipuscoa qu'à partir de 1845.

dimanche 1 avril 2018

CELA S'EST PASSÉ UN PREMIER AVRIL AU PAYS BASQUE AUTREFOIS : LE POISSON D'AVRIL

POISSON D'AVRIL EN 1901.


Un poisson d'avril est une plaisanterie, que l'on fait le 1er avril à ses connaissances, à ses amis ou à sa famille.

jeudi 22 mars 2018

EDMOND ROSTAND À CAMBO - KANBO EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1901


EDMOND ROSTAND À CAMBO EN 1901.


Edmond Rostand est né à Marseille le 1er avril 1868. Il meurt à Paris, le 2 décembre 1918, à l'âge de 50 ans.  

samedi 17 mars 2018

RONCEVAUX - ORREAGA EN NAVARRE AU PAYS BASQUE EN MAI 1901


RONCEVAUX EN 1901.


Roncevaux (Orreaga en Basque) se situe en Navarre et fait partie de la commarque d'Aunamendi.

samedi 14 octobre 2017

LA CHASSE AUX GOÉLANDS À GUÉTHARY EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1901


LA "GOÉLANDIÈRE" À GUÉTHARY EN 1901.


Parmi les nombreuses chasses organisées au Pays Basque au début du 20èle siècle  : vautours, renards, palombes et gibiers divers, il en est une qui ne pourrait plus être pratiquée aujourd'hui comme à cette époque-là, celle des goélands.

lundi 19 juin 2017

"FORT CHABROL" À SAINT-ÉTIENNE-DE-BAÏGORRY - BAIGORRI EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN 1901


LE SIÈGE DE LA MAISON D'ÉCOLE DE BAÏGORRY EN OCTOBRE 1901.


La Semaine de Bayonne raconte en octobre 1901 le récit de l'expulsion mouvementée de l'institutrice du quartier Esnauz, à St Etienne de Baïgorry (Baigorri) (Basses Pyrénées).

jeudi 2 mars 2017

FAITS DIVERS À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1901


FAITS DIVERS BAYONNE 1901.


Suite à un premier article consacré aux faits divers survenus à Bayonne en 1900, je continue donc la série en publiant les faits divers rapportés par la presse en 1901.

jeudi 8 décembre 2016

PREMIÈRES IMAGES DU RUGBY EN 1901

LE RUGBY DANS LES FILMS EN 1901.


Pour le plaisir, je ne résiste pas à vous montrer quelques vidéos de rugby en 1901.