PROVERBE DU 11 NOVEMBRE 2025 (SAINT MARTIN) (MARINE) (MATTIN).
MARTIN : Saint Martin de Tours (ou Martin le Miséricordieux ou saint Martin des Champs) naît en 316 à Savaria, dans la province romaine de Pannonie (actuelle Hongrie).
11 NOVEMBRE SAINT MARTIN DE TOURS
Ancien centurion romain originaire des bords du Danube, Martin évangélise la Gaule et il y introduit le monachisme, autour de la Loire.
Martin meurt à Candes, en Gaule, le 8 novembre 397.
L'un des plus populaires évêques de Tours (avec Grégoire de Tours), Martin y est inhumé le 11 novembre 397.
Son culte se répand partout en Europe occidentale, depuis l'Italie, puis surtout en Gaule où Martin devient le patron des dynasties mérovingiennes et carolingiennes.
La fête de la saint Martin est demeurée très populaire jusqu'à la Révolution, en France, mais aussi dans le reste de la chrétienté occidentale.
Saint Martin compte parmi les patrons secondaires de la France.
Il est le patron de Tours, Buenos-Aires, Vevey, de la cathédrale de Mayence, de celle d'Utrecht, de celle de Lucques et de la basilique San Martino.
11 NOVEMBRE SAINT MARTIN DE TOURS
MATTIN: Iparraldean Festa (Armistice 1918). Zurginako eguna.
ARTICLE DE L'EXCELSIOR 12 NOVEMBRE 1918
Une naissance du 11 novembre : Victor-Emmanuel III.
PHOTO DE VICTOR-EMMANUEL III PAR MARIO NUNES VAIS EN 1918
Né le 11 novembre 1869 à Naples (Campanie, Italie) - Mort le 28 décembre 1947 à Alexandrie (Egypte).
Il est roi d'Italie entre le 29 juillet 1900 et le 9 mai 1946.
Il est également empereur d'Ethiopie entre le 2 mai 1936 et le 5 mai 1941, premier maréchal d'empire à partir du 4 avril 1938 et roi d'Albanie entre le 16 avril 1939 et le 3 septembre 1943.
Victor-Emmanuel est le fils d'Humbert 1er et de Marguerite de Savoie.
A sa naissance, il reçoit le titre de prince de Naples.
A partir de 12 ans, il est éduqué sur le modèle prussien du roi aux armées, par le colonel Egidio Osio, homme très dur, impérieux et habitué aux ordres.
Il parle 4 langues, dont le piémontais et le napolitain.
Victor-Emmanuel fait de longs voyages à l'étranger tout en fréquentant des écoles militaires à Naples, à Modène, puis l'Ecole de guerre, où il obtient le grade de sous-lieutenant d'infanterie en 1886.
A 20 ans, il commence une rapide carrière militaire, major d'infanterie en 1889, colonel en 1890, général-major en 1892, puis lieutenant-général en 1894.
Entre 1894 et 1897, il est commandant de division à Florence, puis commandant d'armée à Naples de 1897 à 1900.
En octobre 1896, il épouse Hélène de Monténégro, avec laquelle il aura 5 enfants.
Après l'assassinat du roi Humbert 1er, le 29 juillet 1900, Victor-Emmanuel accède au trône de roi d'Italie.
Son règne de 45 ans voit, outre les deux guerres mondiales, l'introduction su suffrage universel (1912) et féminin (1945), les premières formes de protection sociale, le déclin et l'effondrement de l'Etat libéral (1900-1922), la naissance et l'effondrement de l'Italie fasciste (1925-1943), la résolution de la question romaine (1929), l'intégration de plusieurs terres du Nord-Est et des conquêtes coloniales (Dodécanèse, Libye).
Après l'armistice du 8 septembre 1943, il fuit Rome pour Brindisi (Pouilles).
Le 9 mai 1946, il abdique en faveur de son fils Humbert II de Savoie et il s'exile, avec son épouse, à Alexandrie, en Egypte.
Il meurt en Egypte, le 28 décembre 1947, à 78 ans, d'une congestion pulmonaire et d'une thrombose.
ROI VICTOR-EMMANUEL III
Voici le proverbe du mardi 11 novembre 2025 :
SAN-MARTIN UDA, UDA TTIKI.
Eté de la Saint-Martin, petit été.
ETE DE LA SAINT-MARTIN
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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PROVERBE DU 11 NOVEMBRE 2024 (SAINT MARTIN) (MARINE) (MATTIN).
MARTIN : Saint Martin de Tours (ou Martin le Miséricordieux ou saint Martin des Champs) naît en 316 à Savaria, dans la province romaine de Pannonie (actuelle Hongrie).
11 NOVEMBRE SAINT MARTIN DE TOURS
Ancien centurion romain originaire des bords du Danube, Martin évangélise la Gaule et il y introduit le monachisme, autour de la Loire.
Martin meurt à Candes, en Gaule, le 8 novembre 397.
L'un des plus populaires évêques de Tours (avec Grégoire de Tours), Martin y est inhumé le 11 novembre 397.
Son culte se répand partout en Europe occidentale, depuis l'Italie, puis surtout en Gaule où il devient le patron des dynasties mérovingiennes et carolingiennes.
La fête de la saint Martin est demeurée très populaire jusqu'à la Révolution, en France, mais aussi dans le reste de la chrétienté occidentale.
Saint Martin compte parmi les patrons secondaires de la France.
Il est le patron de Tours, Buenos-Aires, Vevey, de la cathédrale de Mayence, de celle d'Utrecht, de celle de Lucques et de la basilique San Martino.
11 NOVEMBRE SAINT MARTIN DE TOURS
MATTIN: Iparraldean Festa (Armistice 1918). Zurginako eguna.
ARTICLE DE L'EXCELSIOR 12 NOVEMBRE 1918
Un décès du 11 novembre : Paul Bert.
PAUL BERT
Né le 19 octobre 1833 à Auxerre (Yonne) - Mort le 11 novembre 1886 à Hanoï (Vietnam).
C'est un médecin, physiologiste et homme politique français.
Issu d'un milieu janséniste, Paul étudie le droit, obtenant un doctorat en droit en 1857 ; et finalement sous l'influence du zoologiste, Louis Pierre Gratiolet, il s'intéresse à la physiologie, devenant l'un des plus brillants élèves de Claude Bernard.
Il étudie la physiologie de la respiration (en altitude et en plongée) et s'intéresse à la greffe et à l'anesthésie.
Docteur en médecine en 1863, docteur ès sciences en 1866, professeur de physiologie à Bordeaux en 1866, puis à la Sorbonne en 1869, il devient membre de l'Académie des sciences en 1882.
En 1865, il épouse Joséphine Clayton, avec laquelle il aura trois filles.
Paul aura un fils illégitime, Paul Berthelot, un militant anarchiste et un pionnier de l'espéranto.
Il rédige de nombreux manuels scolaires aux thèses ethnocentrées.
Il est élu député radical à partir de 1872 et il est l'un des 363 lors de la crise de 1877.
De 1881 à 1882, il est ministre de l'Instruction publique et des Cultes.
Anticlérical, Paul est l'un des fondateurs de l'"école gratuite, laïque et obligatoire" qu'instaurant les lois de Jules Ferry, auquel il succède comme ministre de l'Instruction publique.
Soutien de la politique de colonisation, il publie plusieurs manuels scolaires.
En janvier 1886, il est nommé résident supérieur de l'Annam-Tonkin, en Indochine, où il meurt, le 11 novembre 1886, à 53 ans, des suites du choléra.
Il est inhumé à Auxerre (Yonne).
PAUL BERT
Voici le proverbe du lundi 11 novembre 2024 :
SAN-MARTIAL UDA, UDA TTIKI.
Eté de la Saint-Martin, petit été.
LES SEMAILLES MOIS DE NOVEMBRE TAPISSERIE DE PAU
(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)
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LES PRISONNIERS BASQUES ET BAYONNAIS APRÈS L'ARMISTICE DU 11 NOVEMBRE 1918.
L'armistice de 1918, signé le 11 novembre 1918, à 5h15, met fin provisoirement aux combats de la Première Guerre mondiale. Il reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propre, cet armistice étant prévu pour durer 33 jours, puis il a été ensuite renouvelé.
PRISONNIERS DE GUERRE FRANCAIS 1918 OHRDRUF THURINGE ALLEMAGNE
L'armistice prévoit le rapatriement des prisonniers alliés sans réciprocité. Cette absence de réciprocité est une violation de l'article 20 de la Convention de la Haye de 1899 ainsi rédigé "après la conclusion de la paix, le rapatriement des prisonniers de guerre s'effectuera dans le plus bref délai possible."
Les prisonniers anglais sont rapatriés dès novembre, le retour des 477 800 prisonniers français se termine mi-janvier 1919. Les prisonniers allemands sont retenus en France jusqu'au début de 1920. La libération des prisonniers austro-hongrois et allemands en Russie, des prisonniers russes en Autriche-Hongrie et en Allemagne est prévue par le traité de Brest-Litovsk. Ce retour est assez lent (500 000 Austro-hongrois sur 2 000 000) et la guerre civile retarde jusqu'en 1922 le rapatriement de Russie d'une partie des prisonniers. La révolution d'octobre et la guerre civile russe retardent le retour d'Allemagne des prisonniers russes.
Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-
Luz, dans plusieurs éditions :
le 15 novembre 1918 :
"Pour les prisonniers de guerre Basques et Bayonnais.
— Les conditions de l'armistice nous donnent l'espoir du retour prochain de nos chers compatriotes internes. Il ne s'en suit pas, au contraire, que nous devions arrêter l'élan généreux qui, depuis quatre ans, nous porte à les aider. L'envoi des colis dans les camps peut cesser mais dans quel état vont revenir ces malheureux minés par la maladie et les profondes souffrances morales qu'ils ont subies. Beaucoup de familles ne pourraient les secourir qu'au prix de sacrifices trop lourds pour leurs ressources, ils seraient donc exposés à souffrir encore au milieu de nous si le Comité ne pouvait, à la place des familles trop pauvres, leur donner ce dont ils auront absolument besoin pour se couvrir chaudement, se chausser, se suralimenter...
Les sommes déjà recueillies pour les prisonniers leur sont dues ; elles seront intégralement employées à les recourir sous la forme qui s'adaptera le mieux à leurs besoins. Mais pour que les efforts du Comité de l'arrondissement de Bayonne répondent bien aux nécessités qui vont se présenter à lui, il lui faut les ressources qu'il espère tenir de la tombola qu'il a organisée. En conséquence, il demande instamment que l'on continue à se montrer généreux à l'égard de nos héroïques mais malheureux internés qui ont tant souffert sur les champs de bataille et dans ces camps d'Allemagne, affreux de misères et d'humiliations. C'est certainement le dernier appel fait en faveur des prisonniers qui maintenant sont là à nos portes. Demain, peut-être, nous serons mis en présence de leurs besoins multiples en linge, vêtements, chaussures, spécialités pharmaceutiques, etc... Voudrions-nous que leurs souffrances physiques continuent et n'avons-nous pas tous, au contraire, le grand désir de leur apporter tout le bien être possible ?
AFFICHE EXPEDITION COLIS 1914 A DESTINATION DES MILITAIRES AUX ARMEES
Le Comité adresse donc l'appel le plus pressant à tous ceux qui peuvent offrir des lots en les priant de ne pas retarder davantage à les envoyer à la Mairie où une exposition permanente va s'ouvrir dans les premiers jours de la semaine prochaine. Il demande instamment qu'on l'aide dans la vente des billets ; c'est par devoir patriotique que tous ceux qui peuvent assurer le placement de quelques carnets doivent s'y employer de leur mieux. Il rappelle, qu'indépendamment de lots en nature de toutes catégories, il y en a qui forment un total de 10 000 francs de lots en bons de la Défense Nationale.
Le Comité."
PRISONNIERS FRANCAIS CAMP AHLEN ALLEMAGNE 1915
le 17 novembre 1918 :
"Pour les prisonniers de guerre de l'Arrondissement de Bayonne.
— En raison des mesures prises par le Gouvernement pour le rapatriement des prisonniers, les familles sont informées qu'il n'y a plus lieu d'envoyer des colis dans les camps.
Cependant le Comité voudrait rappeler de nouveau combien il est nécessaire de continuer à se montrer généreux, à l'égard des prisonniers nécessiteux qui vont rentrer chez eux. Si l'envoi des colis est suspendu, le Comité de Bayonne ne doit pas moins apporter sous une autre forme aide et assistance aux malheureux qui vont revenir malades ou complètement dépourvus des objets de première nécessité. Pour cela il lui faut des ressources qu'il ne trouvera que dans la vente des carnets de la tombola, en prenant des billets on fait une bonne oeuvre et on risque de gagner un lot en espèces, un objet artistique ou utile.
L'exposition des lots, offerts à la tombola, s'ouvrira à la mairie lundi prochain 18 novembre. Elle sera ouverte tous les jours et même le dimanche de 2 heures à 4 heures. Entrée par le grand escalier."
(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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L'INAUGURATION DU MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE LE 11 NOVEMBRE 1924.
Dès 1920, est lancée, avec un grand succès, une souscription publique pour la construction du monument aux morts de Bayonne.
INAUGURATION MONUMENT AUX MORTS BAYONNE 11 NOVEMBRE 1924
23 dossiers furent présentés à la Mairie de Bayonne et c'est le projet des architectes Molinié-Nicod et Pouthier, associés au sculpteur Brasseur, qui fut choisi.
SCULPTEUR LUCIEN BRASSEUR
L'édifice fut construit en 1923 sur l'esplanade des Glacis, adossé aux remparts et inauguré le 11 novembre 1924.
Voici ce que rapporta au sujet de cette inauguration la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays
H DORDEZON 1924 PRESIDENT DE L'ASSOCIATION DES MUTILES DU PAYS BASQUE
M. Dordezon, conseiller général, président de l’Association des Mutilés du Pays Basque, dit que ceux-ci attendaient depuis longtemps ce moment solennel et il dit quel amour immense ceux qui sont morts professaient pour la France. Il espère une ère de Fraternité où de tels massacres auront cessé. Il salue les mutilés, frères d’armes éprouvés de ceux qui tombèrent pour ne plus se relever et il conclut :
Devant ce monument, symbole d’héroïsme et d’abnégation, où sont inscrits les noms de ces martyrs de la Patrie, nous tous camarades anciens combattants, dans la défense des droits que nous représentons, nous continuons de soutenir l’humanité dans la cause de la France et de faire respecter la justice dans sa victoire. Engageons-nous à demeurer dignes de leur sacrifice, à être forts pour notre union, à travailler dans la concorde à la prospérité et à la grandeur de notre Pays meurtri, qui fut sauvé par nous.
Nous ne redirons jamais assez ce que nous devons nous à ceux qui ont donné leur vie pour que la France vive.
Que leur mort soit pour nous un exemple, qu’ils vivent toujours dans nos pensées :
O Morts sublimes !
Nous nous souviendrons toujours de votre héroïsme et de votre vaillance, nous garderons au plus profond de nos cœurs l’amour passionné, le culte, la fierté de notre France, la foi dans son avenir et sa destinée.
MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Discours de M. Ybarnégaray.
YBARNEGARAY EN 1932 PAYS BASQUE D'ANTAN
M. Ybarnégaray, député des Basses-Pyrénées, au nom du Pays Basque, vient saluer une dernière fois les héros et dire un adieu aux enfants de Bayonne morts pour la Patrie. Il veut s’incliner devant ce magnifique monument "auquel vous avez voulu donner les allures d’une apothéose, dit-il, et vous avez eu raison".
Ce monument est une œuvre superbe et symbolique. Quel magnifique et émouvant spectacle pour ceux qui pleurent les chers disparus.
M. Ybarnégaray salue surtout les femmes, les sœurs, les mères des Morts.
MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Il rappelle la joie de celles-ci à chaque petite lettre quotidienne, écrite souvent au fracas de la bataille. Puis un jour cette petite lettre n’est pas venue. Des jours d’un silence lourd comme la dalle d'un sépulcre ont passé... Ils ont passé jusqu'à l’arrivée d'une autre lettre, celle-là d'un chef ou d'un ami qui annonçait que l'époux, que le frère, que le fils aimé avait disparu. Et les femmes douloureuses se sont traînées jusqu’à l'autel de la Patrie pour y faire don de leur sacrifice.
C'est ainsi que sont morts 780 enfants de Bayonne. Tel fut l’holocauste de cette ville sur l’autel de la Patrie.
Le député des Basses-Pyrénées rappelle le jour du départ de cette jeunesse, auréolée et fière. Puis le choc initial et aussi les premiers échecs ; la retraite et la Marne, — la Marne où le miracle s'accomplit, ce miracle qui s’appelle : le Soldat français.
L'orateur fait, en un bref raccourci, l’historique du Soldat français pour achever par le plus beau de tous, celui de la dernière guerre, par qui furent sauvés la Liberté et l’Honneur.
SOLDAT FRANCAIS : HONNEUR ET PATRIE
Aujourd’hui ils revivent dans la gloire et le témoignage en est encore apporté par ce glorieux drapeau du 49e venu de son exil glacé des Invalides pour ce suprême hommage.
De tels hommes, dit-il en parlant des Poilus magnifiques qui tombèrent pour ne plus se relever, ne meurent pas tout entiers. Ils sont morts peur une France victorieuse, libre, grande et respectée.
Puis c'est l'évocation de l'Armistice, c’est l’Allemagne à genoux, c’est "la France trop généreuse, dit M. Ybarnégaray, qui permet de s’exercer le traditionnel égoïsme de l’Anglo-saxon", mais c’est aussi l’Alsace retrouvée et la rive gauche du Rhin occupée.
M. Ybarnégaray, après quelques appréciations sur la politique dit que certes on peut, on doit espérer en un avenir de fraternité entre les nations, de paix universelle. Mais le plus prudent encore c’est d’avoir une forte armée.
Le député des Basses-Pyrénées termine en disant : "Enfants de Bayonne, tombés au champ d’honneur, dormez en paix votre sommeil de gloire ! Nous garderons votre mémoire, vous qui êtes morts pour défendre le patrimoine que vous nous avez gardé : la France, terre généreuse et féconde. Nous verrons toujours grandir, grâce à vous cet idéal au-dessus duquel, il n’y rien : la Justice et la Bonté !"
INAUGURATION MONUMENT AUX MORTS BAYONNE 11 NOVEMBRE 1924
Discours de M. Garat.
JOSEPH GARAT DEPUTE DES BASSES-PYRENEES
"Devant les grands souvenirs que rappelle ce monument, dit M. Garat, député, en commençant, toutes les paroles paraissent banales et froides. Ce sont les plus simples qui rendent le mieux le sentiment d’admiration et de reconnaissance que nous devons avoir pour vous".
Puis ayant parlé du sacrifice immense des morts, il rappelle celui que s’imposa la population civile, même loin, à l'arrière du front. Il rappelle le magnifique élan des habitants de Bayonne, dans tous les rangs de la société, quelles que fussent les opinions et les confessions. Tous s'unirent dans un même sentiment de solidarité et de patriotisme pour les œuvres de guerre.
M. Garat rappelle ce que furent ces œuvres. Il glorifie aussi le fier passé historique de Bayonne. Enfin il termine en remerciant les héros dont on glorifie la mémoire d'avoir assuré la sécurité de la France et donné un si magnifique exemple. Par eux, nous apprendrons à être meilleurs. Quant à eux, ils sont passés de la Vie à la Gloire pour entrer dans l’immortalité.
MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Discours de M. Catalogne.
DAMIEN CATALOGNE SENATEUR DES BASSES-PYRENEES
Profondément ému, M. Catalogne, sénateur des Basses-Pyrénées, excuse ses collègues retenus par d’autres devoirs. Il remercie la ville de Bayonne de l’avoir convié à cette cérémonie. Il y apporte le salut du Béarn. Il tient à s’incliner profondément devant ce monument où l'Art s’harmonise avec la beauté du souvenir.
Il apporte à son tour, son tribut de sympathies profondes aux familles des Morts : "C’était le sang le plus pur de la France que celui de vos enfants, leur dit-il".
Il rappelle la beauté du départ le jour de la déclaration de guerre et rappelle les étapes du formidable conflit jusqu’au jour où enfin le Poilu, aidé de ceux qui étaient joints à lui, tinrent l’Allemagne à merci. De tels hommes ont le droit d’être glorifiés éternellement.
MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Discours de M. le Préfet.
M. le Préfet Mireur a prononcé un très beau discours dont nous ne pouvons donner qu’une pâle analyse. Comme ceux qui l’avaient précédé, il a été longuement applaudi.
Aucune cérémonie a dit, en substance, M. le Préfet des Basses-Pyrénées, n’est maintenant plus touchante, dans la moindre bourgade aussi bien que dans la plus grande ville, que les cérémonies comme celle-ci. Il ne peut y en avoir de plus belle célébration que celle de tout un peuple. Et il y a quelque chose de plus beau que les paroles les plus éloquentes : c’est le silence de la foule.
Puis voici l’éloge du sacrifice, sobre et grand :
"Ils sont ici vos morts.
Qu’importe où dorment leurs dépouilles.
Ils sont ici pour que vous les aimiez mieux.
Ils sont ici et leurs noms sont inscrits dans la pierre, aussi solidement que leur souvenir est gravé dans nos cœurs.
Oui, notre ferveur a dissipé l’ombre de la mort et leurs cœurs viennent rebattre parmi nous !
Ils sont un exemple aux jeunes générations qui admireront toujours tant de grandeur immuable.
Les enfants, les femmes, les graves vieillards, qui s’arrêteront au tournant du chemin, devant ces pierres, se sentiront heureux d'avoir un si beau soir.
L’instinct nous crie que c’est parce que tant de vies humaines ont cessé que la nôtre continue.
Sous la tristesse des regrets nous constatons que demeure leur souvenir. Nous sommes à jamais voués au culte de ces morts !"
Et l’orateur, penché sur les angoisses de l’âme humaine, au lendemain de tant de deuils, se demande, confrontant la pensée du philosophe à la sentimentalité de l’humble penseur qui surgit de partout, s'il est plus épouvantable ou d'avoir le regret de ne se survivre point ou de penser que les enfants qu’on laisse après la mort seront livrés aux cruelles vicissitudes d’une existence plus dure. Dilemme cruel. Il faut pourtant le résoudre en étant tout amour et tout secours pour ceux qui restent, rejetons du rameau abattu.
Et M. Mireur dit ici, avec un accent d'âpre volonté et de générosité qui fait que battent les cœurs de ceux qui aiment l’enfance et qui gardent une lumineuse confiance dans la génération de demain : "C'est faire ici un serment de civilité que de dire que ne sera pas abandonné par la République tout ce qui incarne la douleur des enfants sans pères et des mères sans époux".
Les applaudissements répétés saluent la fin de ce discours puis c’est le défilé, comme nous le disons en première page de toutes les sociétés, de toutes les délégations, de toutes les familles des morts, de toutes les autorités, de tous les enfants des écoles et de tout Bayonne en entier devant cet impérissable monument, expression d'un impérissable souvenir.
Enfin quand la musique du 18e, quand le drapeau mutilé du 49e se sont éloignés, le cortège se reforme, grossi du plus grand nombre des invités. Il se dirige vers le cimetière Saint-Léon au milieu de toute la population massée des deux côtés des Allées Paulmy. Il fait le tour des tombes où reposent de bons, de vaillants, et héroïques soldats.
Jamais commémoration depuis 1918, ne fut plus solennelle, plus imposante et plus "affectueuse" au sens le plus profondément humain du mot."
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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L'INAUGURATION DU MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE LE 11 NOVEMBRE 1924.
Dès 1920, est lancée, avec un grand succès, une souscription publique pour la construction du monument aux morts de Bayonne.
INAUGURATION MONUMENT AUX MORTS BAYONNE 11 NOVEMBRE 1924
23 dossiers furent présentés à la Mairie de Bayonne et c'est le projet des architectes Molinié-Nicod et Pouthier, associés au sculpteur Brasseur, qui fut choisi.
SCULPTEUR LUCIEN BRASSEUR
L'édifice fut construit en 1923 sur l'esplanade des Glacis, adossé aux remparts et inauguré le 11 novembre 1924.
Voici ce que rapporta au sujet de cette inauguration la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays
basque, le 12 novembre 1924 :
"Le Monument aux Morts de la Guerre a été inauguré hier à Bayonne.
Les discours, ainsi qu’on l’a lu à notre première page étaient au nombre de sept. Les hauts parleurs en ont apporté le texte fidèle aux oreilles de la foule. Ils ont produit une profonde impression, particulièrement ceux de M. Ramond, président de l’Union des Anciens combattants et de M. Mireur, préfet des Basses-Pyrénées.
Discours de M. Castagnet.
C’est M. Castagnet qui a pris le premier la parole.
Après avoir rappelé l’allégresse que souleva l’armistice le 11 novembre 1918, il dit l'infinie reconnaissance de la cité pour les parents éplorés et pour les victimes de la guerre et il poursuit ainsi :
En ce jour commémoratif, notre pensée ne peut s’empêcher de se porter vers les dépouilles des combattants qui reposent dans nos cimetières où nous avons voulu leur donner, au nom de la collectivité, une sépulture digne de leur sacrifice. Dans ces lieux de repos que chacun de nous visite pour se recueillir et puiser dans le souvenir des disparus les résolutions viriles qui guident nos consciences, la place des combattants tombés au Champ d’Honneur est marquée pour toujours. Ces champs de pierres tombales toujours fleuries, même pour ceux qui y reposent sans avoir laissé de famille par les pieuses marraines de l'Union des Combattants, avec comme emblème commun une palme et un casque, attestent par la grandeur de leur simplicité que le souvenir des morts glorieux de la Grande Guerre, ne disparaîtra jamais dans ces lieux que notre culte des êtres disparus, a rendu sacrés.
MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
A cette sépulture nous avons voulu joindre un monument public rappelant sans cesse à nos yeux, dans tous nos actes de la vie quotidienne, les grands et graves devoirs que nous impose le sacrifice des enfants de Bayonne que nous glorifions. L'emplacement choisi sur ce vieux rempart de la défense, de notre ville marque bien que la guerre que nous avons subie n’avait qu'un but : la défense du sol sacré de la France. Placé dans ce cadre magnifique de fortifications militaires qui enchâssent notre cité d’une si belle parure, nous avons voulu que ce monument, dont l’harmonie si heureusement inspirée fait le plus grand honneur aux artistes qui l’ont conçu, vienne ajouter à la beauté de Bayonne.
Pour symboliser la guerre, que pouvait-on faire de mieux que représenter celui qui en fut le héros magnifique : le simple poilu dans une attitude de froide résignation. Le statuaire a magnifiquement rendu l’expression de ce combattant qui a vécu d’un état surhumain qui fut un morceau de terre armée, doué d'une âme, un morceau de terre souffrante et pensante. Dans son regard, qui fixe devant lui le danger, résolument et sans peur, ne sent-on pas l’obsession de cette autre figure toujours présente à ses yeux, de la paix, de toutes les douceurs du travail et du foyer. Mais cette image n’altère en rien sa virile résolution d’accomplir le devoir jusqu'au bout, et tout dans son attitude exprime ces simples mots résumant la grandeur de sa noble tâche : "On ne passe pas !" A gauche du Monument, ce laboureur qui vient de creuser son sillon dans la terre douloureuse, cette terre qu’il a fallu défendre au prix de tant de sang, nous représente "la Paix dans le Travail". Son oeuvre achevée, le poilu de la paix, appuyé sur ses bœufs, songe : sa figure n'a pas l'expression de résignation douloureuse de celui qui fut le combattant de la guerre, mais elle n’exprime pas non plus la douce béatitude à laquelle pourrait se complaire son égoïsme. Il pense à celui qui, par son sacrifice, lui permet de jouir des bienfaits de la paix ; cette image, il ne l’oublie pas, il ne peut l’oublier. Elle est l’évocation permanente des devoirs douloureux qu’une humanité féroce dans ses desseins exige de ceux qui désirent la paix, que les peuples de proie viennent, hélas ! toujours troubler. Si son regard plane au loin, pour essayer de voir poindre l'aube des temps nouveaux qui fera fuir le spectre de la guerre, il n’en demeure pas moins fixé vers ce poilu qui lui dicte les devoirs qu'il faut savoir s’imposer en attendant une ère nouvelle et, comme lui, il est prêt à s’opposer, dans la même attitude, contre tous ceux qui voudraient venir lui arracher le sol auquel il est attaché.
MONUMENT AUX MORTS DE BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
Entre ces deux groupes symboliques, une ligne d’horizon : c’est la terre, la bonne et si douce terre de France d’où s’exhalent comme en une montée vers l’infini tous ces noms impérissables pour Bayonne qui nous crient : "A vous il appartient de reprendre nos tâches anéanties avec le double devoir d'être non seulement ce que vous devez être, mais aussi ce que nous, disparus, n'avons pu devenir !"
Ce Monument, que la population de Bayonne, dans une pieuse pensée, a voulu élever à la mémoire de ses enfants morts pour la Patrie, s'ajoute à ceux qui rappellent déjà dans notre ville d'autres sublimes sacrifices, comme le monument de 1814 et la plaque commémorative du siège de 1523. Pour donner à toutes ces pierres du souvenir leur véritable signification, n’est-ce pas le moment de rappeler les paroles que nous prononcions dernièrement dans une cérémonie analogue : "Que seuls peuvent garder leur indépendance et leur liberté les peuples qui ont pour les soutenir une grande force morale. Encore celle-ci ne peut-elle prendre naissance que dans un sentiment national toujours vivace, puisant sans cesse son inspiration dans le culte du sacrifice de nos ainés."
MONUMENT COMMEMORATIF 1814 BAYONNE PAYS BASQUE D'ANTAN
M. Castagnet a terminé par un salut au drapeau du 49e, "enlevé, a-t-il dit, à notre chère affection", mais revenu aujourd’hui pour un suprême hommage, et un salut encore aux familles en deuil.
Discours de M. Ramond.
UNION NATIONALE DES COMBATTANTS
Vient ensuite M. Ramond, président de l’Union des Anciens combattants qui s’avance pour prononcer un discours qui va faire couler bien des larmes. Il remercie ceux qui ont voulu perpétuer la mémoire de ces vaillants, couchés dans le cimetière de Bayonne, ou sur une terre inconnue ou encore roulés par la vague. Il dit :
Ce monument, élevé à leur gloire, est bien tel qu’ils l’avaient envisagé.
Héros pacifiques, arrachés à leurs travaux par la plus injuste agression, ils étaient restés simples, et, s’ils faisaient la guerre, c’était moins pour la gloire qu'elle réserve aux vainqueurs, que pour défendre une liberté qu'ils sentaient menacée.
Et ils la firent en Bayonnais qu'ils étaient, c'est-à-dire simplement, sans vaine forfanterie, et, quand des voix s'élevaient qui disaient l'admiration de notre cité pour leurs héroïques exploits, ils les écoutaient avec une bonhomie souriante, et, si ces timides avaient osé, ils se seraient excusés de tant de gloire.
Partout ils s'illustrèrent.
A Craonne et Givenchy. A la Ferme Beau-Séjour et Verdun. Sur la Somme et à Courcelles. Ils marquèrent de leur sang les étapes de notre victoire.
RAVIN ET FERME BEAUSEJOUR 51 MARNE PREMIERE GUERRE MONDIALE
Et si leur gloire est si grande et si pure, c’est autant par leurs exploits que par le sacrifice virilement consenti d’une vie offerte à la Patrie pour qu'elle vive et subsiste libre, grande et respectée.
Mortels, en effet, ils ne voulaient pas mourir ;
Français et patriotes, ils allaient à la mort pour que la France reste libre, et pour que vous viviez en paix.
Ils sont donc tombés pour vous et en pensant à vous.
Revoyons-les une dernière fois la veille de ces jours de bataille, dans cette tranchée d’où ils vont sortir au matin pour reprendre sur l'envahisseur une partie de ce territoire souillé de sa présence.
Celui-ci charge un ami, à qui il croit plus de chance, de son dernier souvenir pour ceux qu’il aime.
Cet autre termine en hâte une lettre qu’on trouvera sur son corps meurtri, et portera ses dernières pensées aux êtres chers qui pleurent à son foyer.
Cet autre encore, essuie furtivement une larme, déboutonne sa capote, en tire une photographie maculée de sang et de boue, et adresse un dernier sourire au groupe familial qu'il ne reverra plus.
Ceux-là, enfin, parmi lesquels il en était qui s’étaient déshabitués de prier, demandaient à un camarade prêtre les consolations suprêmes réservées à ceux à qui Dieu accorde la grâce de croire à un monde meilleur.
Dès lors ils étaient prêts.
Quand la mort vint les prendre, ils l’attendaient.
Ils ne défaillirent point.
Tous furent sublimes dans leur sacrifice.
C'est Louis Labadie ; il est cité un des premiers, en septembre 1914, pour avoir, comme volontaire, été chercher des camarades blessés devant les lignes allemandes.
FICHE MILITAIRE DE JEAN-LOUIS LABADIE
Et il n'en a rien dit à ses parents. Ceux-ci l’apprennent six mois après par un de ses camarades venu du front, et lui en font le reproche.
Il s’en excuse alors dans une lettre touchante dans sa simplicité et qu’on souhaiterait voir insérée dans le livre d’or des enfants de Bayonne morts pour la France.
Il n'a rien dit. Parce qu'il ne voulait pas que sa mère s’exagérât les dangers qu’il court.
Il calme ses craintes. Déclare qu’il n'a rien fait que d'autres m’auraient fait. Cité, il s’étonne que des camarades désignés d’office, faute d'autres volontaires, pour remplir la même mission, ne l'aient pas été en même temps que lui.
C'est Charles Roquebert qui, affecté à un régiment territorial, demande à être versé dans un régiment actif, et menace, si satisfaction ne lui est pas donnée, de se considérer comme victime d’une injustice.
FICHE MILITAIRE DE JEAN-CHARLES ROQUEBERT
Lui aussi, comme Labadie, meurt glorieusement à Verdun et ses dernières paroles sont pour que la France vive.
De même encore, Suzanne, Mialet, Hiquet, Arne et Elichagaray, enfants du peuple.
FICHE MILITAIRE DE JEAN BAPTISTE ARNE
Arne qui, blessé au pied, apprend que sa section part à l'attaque, chausse une sandale, quitte le poste de secours, rejoint ses hommes et tombe le premier.
Elichagaray cinq fois cité avant de mourir. Et aussi Chalon, le Grand Chalon, dont je me rappelle la joyeuse physionomie, le regard clair, la rude franchise.
FICHE MILITAIRE D'ALPHONSE ELICHAGARAY
FICHE MILITAIRE DE LOUIS ALFRED CHALON
Chargé de faire une reconnaissance avec sa compagnie, il ne se dissimule pas les dangers de la périlleuse mission qui lui incombe. Il met ses papiers en ordre. Les remet à son ordonnance et le charge de les faire parvenir à sa famille.
Entouré d'ennemis, sommé de se rendre, il répond d'un mot français qui n’a son équivalent dans aucune autre langue et tombe.
Les Allemands ont fait mettre sur sa tombe :
"Ici repose un vaillant officier Français".
Ils furent tous ainsi les Bayonnais dont nous lisons aujourd’hui les noms sur ce monument. Chacun d’eux a écrit dans l’histoire de la cité une page glorieuse.
Inclinons-nous devant eux.
Vous qui les aimiez, cessez de pleurer et dites avec le père de l'un deux : "Mon fils je ne le pleure pas comme un mort, je le prie comme un saint."