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dimanche 12 octobre 2025

COUTUMES FUNÉRAIRES À IHOLDY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (deuxième et dernière partie)


COUTUMES FUNÉRAIRES À IHOLDY.


La mort est un événement important dans les rituels du Pays Basque d'Antan.




pays basque basse-navarre religion mort
PLACE ET EGLISE IHOLDY BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin du Musée Basque N° 37 1967, sous la plume de Jean 

Haritschellar :



"Coutumes funéraires à Iholdy (Basse-Navarre).

Communication présentée par M. Jean Haritschelhar, directeur du Musée Basque de Bayonne, au colloque d'études ethnographiques Rocha Peixoto de Povoa de Varzim (Portugal), le 28 octobre 1966.




... Le convoi funèbre.



Le jour de l'enterrement, à l'heure prévue, le prêtre se présente à la maison et procède à la levée du corps, en récitant les prières de la liturgie romaine. Le convoi s'ébranle. En tête, le premier voisin porte la croix. Il est suivi par le deuxième voisin porteur de deux cierges. Puis viennent les porteurs de la croix de marbre qui sera posée sur la dalle mortuaire, de couronnes et de gerbes de fleurs, tous gens du quartier et proches voisins de la ferme où a eu lieu le décès. Ces personnes marchent sur une file, les unes à la suite des autres, précédant le drap du Tiers Ordre et le drap du Rosaire qui est, selon le sexe du défunt, tenu par des hommes ou des femmes. Selon une préséance depuis longtemps établie, les hommes du village s'avancent après le voisinage, toujours sur un rang, du moins jusqu'en 1966 où la marche du cortège funèbre a commencé à se faire sur deux rangs. Le prêtre flanqué de l'enfant de chœur et le chantre alternent leurs chants rituels ; ils sont placés juste avant le cercueil porté à dos d'hommes par les hil ketariak ou transporté dans le corbillard. Immédiatement après le cercueil vient le deuil. Les hommes sont simplement habillés d'un costume sombre. Aux épaules a été fixée la petite cape de deuil assujettie par des épingles et qui, tombant le long du dos, est ensuite reprise et passée sur le bras gauche. Mon oncle m'affirme qu'avant la guerre de 1914 les hommes revêtaient la grande cape de deuil semblable à celle qui est portée en Labourd, à Sare en particulier. A la suite de la guerre de 1914, le port de la petite cape s'est généralisé et il tend à disparaître aujourd'hui. On peut même dire qu'il s'est perdu en 1966. Les femmes ont revêtu la grande cape ou mantaleta qui descend jusqu'aux pieds. Leur visage est caché par un voile qui va jusqu'à la poitrine. Le vêtement de deuil féminin est d'ailleurs le même dans les trois provinces françaises du Pays Basque. Les femmes du village ferment la marche dans ce défilé extrêmement long qui depuis cette année s'est singulièrement raccourci par l'application de la nouvelle coutume qui consiste à marcher deux par deux.



pays basque basse-navarre religion mort
MANTEAU DE DEUIL
PAYS BASQUE D'ANTAN


A l'église.



Au moment où le cortège rentre à l'église, la première voisine allume les rouleaux de cire (ezkuak) qui sont alignés juste devant le premier rang de chaises, endroit où le deuil féminin viendra s'agenouiller pour la cérémonie. Ces rouleaux de cire sont ceux de la famille, des parents et aussi ceux des voisins. Le deuil des hommes se met dans les galeries, très exactement dans la tribune qui fait face au maître-autel et, selon la tradition, les hommes qui assistent à l'enterrement vont aux galeries où ils prennent la place qu'ils ont l'habitude d'occuper le dimanche tandis que les femmes occupent les chaises du bas, chacune retrouvant l'emplacement qui est le sien.



La liturgie des funérailles est depuis très longtemps fixée et ne se modifie actuellement que par l'introduction de l'eskuara qui prend la place du latin dans les parties où l'église l'autorise. Après la lecture de l'évangile a lieu la quête. Ceux qui veulent donner une messe pour le repos de l'âme du défunt mettent le montant de la messe soit dans une enveloppe, soit dans un bout de papier portant leur nom suivi du nom de la maison. Le quêteur met les enveloppes dans sa poche pour bien les séparer de la quête proprement dite dont le produit sert à l'église. Ensuite a lieu la cérémonie de l'offrande ou du baisement de croix qui est réservé à tous ceux qui n'ayant pas donné de messe peuvent ainsi apporter une participation de messe. Le défilé commence toujours par les hommes qui descendent des galeries et se termine par les femmes.



La messe dite, l'absoute chantée, aux accents de In paradisum le cercueil est conduit au cimetière qui, à Iholdy, entoure l'église. Mais seuls les hommes ont le droit de sortir. Le deuil complet (hommes et femmes) ainsi que les femmes qui sont à la cérémonie restent en prières à l'intérieur de l'église. Le cercueil est mis en terre et le cortège revient vers le porche de l'église. Le curé rentre, se déshabille et ressort avec le deuil et les femmes et il retrouve les hommes qui sont restés sous le porche de l'église. Là un De Profundis est récité par tout le monde, tandis que, avant de se séparer, le curé invite à manger de la part de la famille en deuil, tous ceux qui ont pendant quelques jours participé réellement et aidé ceux qui étaient dans la peine.



pays basque basse-navarre religion mort
MANTEAU DE DEUIL
PAYS BASQUE D'ANTAN



Retour à la maison.



Le retour à la maison donne lieu à Iholdy à une coutume spéciale que je n'ai pas eu l'occasion de voir en d'autres endroits. Lorsque le deuil se présente devant la maison, une des personnes du voisinage qui est occupée à préparer le repas allume dans la cour un petit feu de paille. Le deuil se réunit tout autour. Le chantre ou le premier voisin récite des prières : le Gure Aita, l'Agur Maria et le De Profundis. Ce n'est qu'après la récitation de ces prières et après que le feu de paille se soit éteint que le deuil pénètre dans la maison. Quelle en est la signification ? Mes informateurs n'ont pu me la donner. Rite purificateur vraisemblablement, cette coutume est enracinée à Iholdy et durera — déclare le chantre — tant que lui-même vivra. Faut-il rapprocher cette coutume de celle qui existait autrefois à Sare et que relate Arçuby : "après la cérémonie des funérailles les dépouilles de maïs (lastaira) qui entraient dans la composition de la couchette du défunt étaient brûlées sur le carrefour le plus proche de la maison mortuaire. Les passants qui en comprenaient la signification s'arrêtaient pour adresser une prière à la mémoire du disparu". A partir du moment où le matelas de laine a remplacé l'humble paillasse (dans lastaira on a lasto qui signifie paille), le feu de paille symbolique n'est-il pas venu se substituer à la cérémonie hygiénique et par conséquent purificatrice de l'incinération de la paillasse ?



Le repas réunit les membres de la famille, les voisins et tous ceux qui se sont rendus utiles dans le temps de douleur. On traite bien les invités : la poule au pot, le mouton rôti sont traditionnels à Iholdy dans les repas qui suivent les funérailles. A la fin du repas le premier voisin recueille les messes qui sont données par les parents et amis. Il en dressera une liste à laquelle s'ajouteront les messes qui ont été collectées au cours de la quête, ainsi que le produit de l'offrande. Avant de se séparer le premier voisin ou le chantre récite devant toute l'assemblée qui répond les prières rituelles : Gure Aita, Agur Maria et De Profundis. Dès lors le premier voisin a rempli entièrement son devoir, le maître de maison reprend ses droits.


pays basque basse-navarre religion mort
LE DEUIL AU PAYS BASQUE
PAR JACQUES LE TANNEUR


L'année qui suit le décès : le grand deuil.



La neuvaine commence le lendemain même de l'enterrement. Cela signifie que la famille en deuil se rend chaque jour de la neuvaine à la messe du matin, habillée comme le jour des obsèques. Le premier dimanche, elle est tenue d'aller, toujours en habits de deuil, à la grand-messe au cours de laquelle, au moment du prône, sera lue la liste des messes données pour le repos de l'âme du disparu. En premier, celles de la famille, puis celles de tous ceux qui les ont offertes, enfin celles qui résultent de l'offrande. Des dons sont faits par la famille du défunt au profit de l'école libre quand il y en a une et des œuvres de la paroisse. Il existait, il n'y a guère, deux sortes de messes : les messes chantées et les messes basses. Depuis une dizaine d'années environ, il n'existe plus qu'une seule classe de messes. Pendant toute une année le luminaire de la famille (ezkua) restera en permanence à l'église et il sera confié aux bons soins de la benoîte qui l'allumera chaque matin pendant les offices moyennant une certaine redevance. Chaque fois que l'on se rend à l'église ou au bourg on ne manque pas d'aller prier sur la tombe familiale car au Pays Basque le culte des morts est profondément enraciné.



pays basque basse-navarre religion mort
ECOLE IHOLDY BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Enfin, un an après, le jour de l'anniversaire du décès, tous les membres de la famille se rendront en habit de deuil à la messe du premier anniversaire qui a été demandée assez longtemps à l'avance au curé de la paroisse.



pays basque basse-navarre religion mort
EGLISE ET CHÂTEAU ELISABELLAR IHOLDY
PAYS BASQUE D'ANTAN


Désormais il est possible de quitter les habits de grand deuil et d'adopter les couleurs de demi-deuil qui sont le blanc et le violet. Au retour de la messe d'anniversaire le maître de maison se rendra à l'étable. Il reprendra les cloches et clochettes qui avaient été rangées le jour du décès pour les attacher au cou des vaches et des moutons. Les bêtes ne sont plus en deuil ; elles ont désormais le droit d'oublier."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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vendredi 12 septembre 2025

COUTUMES FUNÉRAIRES À IHOLDY EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE AUTREFOIS (première partie)

COUTUMES FUNÉRAIRES À IHOLDY.


La mort est un événement important dans les rituels du Pays Basque d'Antan.



pays basque basse-navarre religion mort
PLACE ET EGLISE IHOLDY BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin du Musée Basque N° 37 1967, sous la plume de Jean 

Haritschellar :



"Coutumes funéraires à Iholdy (Basse-Navarre).

Communication présentée par M. Jean Haritschelhar, directeur du Musée Basque de Bayonne, au colloque d'études ethnographiques Rocha Peixoto de Povoa de Varzim (Portugal), le 28 octobre 1966.



Avant même de présenter ma communication, je tiens à la dédier à deux ethnologues de renom ; l'un est celui en hommage auquel nous sommes réunis aujourd'hui, Rocha Peixoto, ce pionnier de l'ethnologie du Portugal du Nord dont nous célébrons le centenaire de la naissance ; l'autre est un pionnier de l'ethnologie de ma petite patrie basque et il porte allègrement ses soixante dix-sept ans, l'abbé José-Miguel de Barandiaran dont les travaux d'ethnologue et de préhistorien font autorité.



Présenter des coutumes funéraires est, semble-t-il, à l'heure actuelle, enfoncer des portes ouvertes. Des travaux ont déjà été entrepris au Pays Basque et en ce qui concerne la France il suffit de se reporter au Manuel du Folklore français contemporain de Van Gennep pour se rendre compte que des enquêtes très sérieuses ont déjà été menées. Dès 1927, sous la plume de A. Arçuby, le Bulletin du Musée Basque publiait des Usages mortuaires à Sare. Et D. Espain complétait pour la Soule la description faite pour Sare dans son article : Des usages mortuaires en Soule. Cependant on n'a rien publié sur la Basse-Navarre. D'autre part, et c'est là un travail auquel il faudrait s'attacher, une enquête extrêmement minutieuse devrait être menée dans chacun des villages du Pays Basque selon un questionnaire complet et il est probable qu'apparaîtrait alors une foule de coutumes légèrement différentes dans leur détail. Ce travail descriptif qui est celui de l'ethnographe, je l'ai entrepris pour la commune ou paroisse d'Iholdy, chef-lieu de canton de 600 habitants, situé au cœur de la Basse-Navarre, grâce à l'amabilité de mes informateurs, Arnaud Idieder âgé de 80 ans, maître de la maison Haranburia, mon oncle, Jacques Idieder âgé de 45 ans et sa femme Marianne Idieder, mes cousins, que je remercie très sincèrement.



La mort vient de frapper dans une ferme d'Iholdy en Basse-Navarre. Depuis quelque temps la vie s'était quelque peu ralentie. On était occupé auprès du malade tant que durait l'agonie. Le prêtre était déjà venu apporter les derniers sacrements. La maisonnée semblait déjà se terrer. La dernière heure ayant sonné pour le mourant, chacun en silence est allé faire ce qu'il devait faire. Les volets sont aussitôt fermés car la famille doit vivre cloîtrée dans l'ombre, cette ombre annonciatrice de celle de la mort, jusqu'au moment où le corps sortira de la maison. Elle doit vivre aussi dans le silence. En dehors des cris des animaux rien ne doit venir troubler le calme et le silence des veillées. C'est pourquoi le domestique ou toute autre personne s'est rendu à l'étable et il a ôté à chacune des bêtes les cloches et clochettes qu'elles portaient. Les bêtes aussi portent une manière de deuil. Mes informateurs ne connaissent pas la coutume qui consiste à avertir les abeilles. Il n'y a pas d'abeilles à Haranburia et ils n'en ont jamais entendu parler à Iholdy alors que cette coutume est connue dans d'autres villages. Quand, dans la ferme, il y a un domestique — c'était chose courante autrefois — on l'envoie avertir le premier voisin.



pays basque basse-navarre religion mort
ECOLE IHOLDY BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le travail du premier voisin.



"Aujourd'hui encore, lehen auzoa, le premier voisin, joue un rôle prépondérant dans l'existence de chaque famille : il est une caution, un garant, un protecteur dans tous les événements de la vie journalière, aux fiançailles, au mariage, à la rédaction d'un testament, à son ouverture après la mort, il sert de témoin en justice, surtout il préside aux obsèques.



Cette définition de Philippe Veyrin reste toujours exacte. Dès que le premier voisin, homme ou femme, franchit le seuil de la ferme, il devient en quelque sorte le maître de maison temporaire. Seuls auront le droit de l'aider la servante ou le domestique ou d'autres voisins. Les membres de la famille rassemblés à la cuisine ne peuvent que lui donner des indications sur les endroits où se trouvent les objets qui lui sont nécessaires.



Son premier travail consiste à habiller le défunt. Si la personne décédée est une femme, c'est la femme du premier voisin ou toute personne du sexe féminin de la maison du premier voisin qui l'habillera. Si c'est un homme, ce sera le premier voisin lui-même. La loi des sexes est extrêmement rigide sur ce point. On met au défunt la chemise empesée des cérémonies ainsi que son meilleur costume qui était autrefois le costume noir qu'il portait les jours de fêtes et pour les enterrements. On n'oublie pas non plus les chaussures et, si on ferme son col par le bouton d'ordinaire en or, on ne lui met pas de cravate. S'il s'agit d'une femme elle est habillée de ses plus beaux atours.



On procède ensuite à la préparation de la chambre mortuaire : elle est tendue de draps spéciaux (hil mihisiak) qui servent uniquement à cette occasion. Le lit lui-même est garni de feuilles de rameaux qui sont placées de part et d'autre du corps. Sur la table de chevet sont installés un cierge, un petit récipient rempli d'eau bénite auprès duquel se trouve le rameau de buis (ezpela) qui servira à l'aspersion, et la veilleuse, verre contenant de l'huile surmontée d'une mèche.



Ce travail fait, le premier voisin ira avertir le curé qui décidera du jour et de l'heure de l'enterrement. Nanti de ces renseignements, le premier voisin avertira les autres habitants du quartier et en particulier les quatre ou six personnes qui, le jour de l'enterrement, porteront le cercueil (hil ketariak). Alors que le premier voisin retourne à la ferme car si les travaux des champs sont délaissés il faut cependant s'occuper des bêtes, faire préparer les repas et songer aux nécessités de la vie quotidienne, les hil ketariak ont pour mission de faire part du décès à toute la parenté. En des temps pas très lointains où le téléphone et le télégraphe, même s'ils existaient, n'étaient pas utilisés, c'est à pied, parfois à cheval, que les gens se rendaient dans les villages voisins pour avertir la nombreuse parenté. Mon oncle est allé à pied à Lantabat distant de huit kilomètres et même il a parcouru les 18 kilomètres qui séparent Ostabat d'Iholdy pour accomplir son devoir de voisin.



Le moment est venu pour le premier voisin, d'aller chercher solennellement la croix. Il existait autrefois deux croix ; l'une en or qui était pour les riches, l'autre, en bois, réservée aux pauvres. En fait, cette coutume correspondait aux différentes classes des cérémonies d'obsèques et elle a disparu après la guerre de 1945 avec l'établissement de la classe unique. Lorsque le porteur de croix sort de l'église le glas commence à sonner. Ainsi tout le bourg est alerté et souvent le village entier. Le bourdon résonne : trois coups assez rapprochés, repris une quinzaine de fois annoncent que la personne décédée est un homme. Le glas à deux coups signale que c'est une femme. Pour un enfant, au lieu du bourdon c'est la petite cloche qui sonne en des coups rapides et ininterrompus.




pays basque basse-navarre religion mort
EGLISE ET CHÂTEAU ELISABELLAR IHOLDY
PAYS BASQUE D'ANTAN



Avant que la croix ne pénètre dans la maison mortuaire on a préparé comme pour les processions un chemin de verdure (feuilles de rameau et de buis) qui va depuis la claie d'entrée jusqu'à la porte de la chambre. La croix est posée sur une chaise garnie d'un coussin à la tête du lit. Toute la famille est alors rassemblée. Après avoir aspergé le corps d'eau bénite, le premier voisin récite la première prière. C'est alors que commence la veillée. De jour comme de nuit, les membres de la famille seront présents, un tour de rôle auquel participent les voisins étant établi pour la nuit. De chaque maison du village on viendra adresser à la famille un témoignage de sympathie et prier pour le repos de l'âme du défunt.



Le menuisier du village est venu prendre les mesures et, la veille de l'enterrement, il opère la mise en bière en présence de la famille aidé en cela par le premier voisin."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)









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vendredi 23 septembre 2022

LE TOURNAGE DU FILM "LE MARIAGE DE RAMUNTCHO" EN NOVEMBRE 1946

 

"LE MARIAGE DE RAMUNTCHO" EN 1946.


Le Mariage de Ramuntcho est un film français de Max de Vaucorbeil, sorti en 1947. Il est considéré comme le premier film français en couleur.




pays basque autrefois cinéma ramuntcho iholdy 1947 nice
AFFICHE LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947




Voici ce que rapporta au sujet du tournage de ce film la revue hebdomadaire du cinéma Cinévie, 

le 19 novembre 1946 :


"Dans leur village reconstruit à 800 km. de distance, les mêmes joueurs ont fait à la même heure... une partie de pelote qui a duré 4 mois.



Le metteur en scène Max de Vaucorbeil termine actuellement le premier film en couleurs français.





metteur en scène france ramuntcho 1947
METTEUR EN SCENE MAX DE VAUCORBEIL



Un film qui lui a donné beaucoup de mal. Commencé à Iholdy, au pays basque, en juillet dernier, le Mariage de Ramuntcho se termine à Nice, aux studios de la Victorine. 



Il y a quatre mois, Max de Vaucorbeil, son opérateur Raymond Clunie, ses acteurs et sa caméra Agfacolor, s’installèrent au pied des Pyrénées. A Iholdy, il y a de jolies filles qui dansent le fandango, un brave curé qui joue à la pelote basque et une église photogénique. Malheureusement, le soleil n’atteint les rives du gave de Pau qu’à travers de trop nombreux nuages. Et Le Mariage de Ramuntcho est allé se dérouler sur les bords de la Méditerranée, là où les cieux sont plus cléments, pour satisfaire aux besoins des prises de vues en couleurs. 



pays basque autrefois pelote cinéma iholdy ramuntcho
PARTIE DE PELOTE IHOLDY
FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947



Sur le terre-plein des studios niçois, Max de Vaucorbeil a fait construire un village entier, qui ressemble, pierre par pierre, à Iholdy. Les nombreux danseurs basques, venus à Nice apporter au film de Max de Vaucorbeil la couleur locale, s’y sont eux-mêmes trompés. Les interprètes de Ramuntcho sont les premiers acteurs français agfacolorisés. Le maquillage de Gaby Sylvia et Anne-Marie Brusselay, toute nouvelle venue à l’écran, ne diffère nullement de celui employé pour le blanc et noir. Les hommes, André Dassary et Frank Villars, eux, ne sont presque pas maquillés. Mais le tableau de service, affiché à la porte du studio, leur interdit de s’abandonner au plaisant farniente du bain de soleil. La peau brunie — c’est l’avis du régisseur de service — n’est pas photogénique en couleurs. 


pays basque autrefois cinéma ramuntcho iholdy
FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947


A 11 h. 30 très précises, tous les jours, Max de Vaucorbeil tourne la fin de la partie de pelote. La scène a été commencée à Iholdy même, quatre mois auparavant, à la même heure, et il faut attendre que le soleil soit exactement sous le même angle par rapport à la caméra que lorsque furent prises les premières vues au pays basque. Copieurs obligent. 



Dans le Mariage de Ramuntcho, André Dassary, dont ce sont les débuts à l’écran, ne se contente pas de danser et d’épouser Gaby Sylvia. Comme il fallait s’y attendre, le Basque chantant agrémentera ce film de quelques refrains de son pays natal : Maritchu, Ramuntcho et une Berceuse basque. Pierre Apesteguy, l’auteur du scénario, passe le plus clair de son temps à apprendre au Marseillais Maupi, qui a, dans Le Mariage de Ramuntcho, un rôle important, comment on parle avec l’accent du pays basque. Les leçons, malheureusement, ne sont pas très fructueuses, et Maupi s’exprime toujours comme les collègues de la Canebière. 



pays basque autrefois chanteur ramuntcho
DISQUE MARITCHU 
D'ANDRE DASSARY



Sur le plan technique, comment sera accueilli le premier film en couleurs français ? Les uns en disent le plus grand bien, les autres sont sceptiques. 



Noël nous départagera, qui verra sur les écrans le Mariage de Ramuntcho en Hougrachrome. 



Ce nom barbare vient du patronyme d’un ingénieur français, inventeur d’un procédé "secret" d’amélioration de la pellicule Agfacolor, grâce auquel le Mariage de Ramuntcho prétend devenir la huitième merveille du cinéma.



Quelques secrets du tournage :



Voici la première claquette française de film en couleurs. On y remarque une petite montre qui indique exactement l’heure pour que la caméra conserve toujours un angle identique par rapport au soleil. A côté, le tableau d’étalonnage de couleurs.



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CLAQUETTE DU FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947



Gaby Sylvia après de nombreuses leçons s’est essayée au Fandango comme on le danse au Pays Basque. Elle a mis à profit ses loisirs pour parfaire sa chorégraphie sous les regards de vrais Basques venus là apporter leur expérience.



actrice france ramuntcho dassary
ACTRICE GABY SYLVIA



pays basque autrefois actrice danse ramuntcho iholdy
ACTRICE GABY SYLVIA 
DANS LE FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947


André Dassary, Basque de naissance, a rapidement réappris les danses de son pays. Il les a agrémenté même d’entrechats les plus imprévus. Mais ceci naturellement, n’empêche nullement Dassary de pousser la romance.


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ANDRE DASSARY DANSANT 
FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947



Iholdy (Hautes-Pyrénées). Anne-Marie Brusselay et F. Villard ont assisté à Iholdy à cette vraie partie de pelote. Mais elle n’a été terminée que quatre mois plus tard à Iholdy reconstruit à Nice."



pays basque autrefois cinéma dassary ramuntcho
BRUSSELAY ANNE-MARIE ET FRANCK VILLARD
FILM LE MARIAGE DE RAMUNTCHO 1947



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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dimanche 4 juin 2017

LA FÊTE-DIEU AU PAYS BASQUE NORD


BESTA BERRI, LA FÊTE-DIEU AU PAYS BASQUE NORD.

La Fête-Dieu est une cérémonie religieuse catholique et anglicane instituée le 8 septembre 1264 par le pape Urbain IV et qui s'étend à toute la chrétienté en 1311.