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dimanche 9 avril 2023

LES ANIMAUX AU PAYS BASQUE EN 1898 (troisième partie)

LES "HÔTES DE LA MAISON BASQUE" EN 1898.


Au début du 20ème siècle, les animaux domestiques occupent une grande place, dans le monde rural, et en particulier au Pays Basque.




pays basque autrefois déménagement vaches
DEMENAGEMENT AVEC ATTELAGE DE VACHES
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet la revue bimensuelle La Femme, le 1er mai 1898, sous la plume 

de Mme d'Abbadie d'Arrast :


"Les "hôtes de la Maison Basque" (suite).



... Le grand luxe du pays basque consiste à recouvrir le joug d'une peau de chien bien fournie de poils reluisants et égaux. Lorsque c'est une peau noire, l'effet est des plus jolis et fait un agréable contraste avec les grands draps très blancs dont on a l'habitude de recouvrir les vaches, tandis que l'on met sur les mulles des filets garnis de pompons de couleur. Les filets garantissent des mouches qui sont particulièrement mauvaises et tenaces dans le pays. On nomme "Maréac" les beaux draps blancs de l'attelage, et on les conserve clans les maisons paysannes avec le même soin que le drap destiné à servir de linceul.



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ATTELAGE 
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les vaches sont confiées aux soins des hommes, et nous avons déjà eu l'occasion d'observer l'usage très curieux de faire traire les vaches par les valets de la ferme. Presque partout ailleurs, écrit M. Wentworth Webster dans une note érudite que nous devons à son obligeance, "c'est la femme qui est chargée de la traite. On dit même que dans le sanscrit le nom le plus ancien pour la fille de la maison (daughter) est "celle qui trait les vaches" (the milker). C'est une des preuves que les Basques ne sont pas de la grande race aryenne ou indo-européenne."



On désigne les vaches du nom de la maison dans laquelle elles sont nées ou ont été achetées. On se sert également de quelque particularité physique comme de longues cornes, un pelage plus clair, plus foncé, etc. On affirme l'individualité de la vache en lui accordant l'honneur de porter un nom. C'est une exception que l'on fait en sa faveur, car, parmi les animaux domestiques, même le chien, cette bête que sa supériorité intellectuelle met à part, aucun autre ne reçoit un nom qui soit à lui personnellement.



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VACHES A BIDART
PAYS BASQUE D'ANTAN



D'une ferme à l'autre, d'un bout de la montagne à l'autre, tous les chiens sont connus sous une même appellation : "Navarro" ou "Navarra", qui signifie "de couleur mélangée". Le Basque s'étonne lorsqu'on lui demande comment s'appelle son chien. En signe d'amitié il lui dit: "Potcho", ou "Ttêté". Ces petits termes d'amitié ne constituent nullement des noms propres. Tous les favoris y ont les mêmes droits. Le mot chien se dit en basque Chakura.


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CHIEN SUR BATEAU PORT SAINT-JEAN-DE-LUZ
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le chien basque est d'humeur indépendante : c'est un original qui adopte des habitudes et prend des idées particulières; dont on s'occupe fort peu et que la nature a doué supérieurement. Il est consciencieux, il a le sentiment de sa responsabilité et n'est batailleur que lorsque son devoir l'appelle à combattre. A l'heure du combat, il devient redoutable, car sa force est peu commune. De grande taille, il a une tête de lion, des oreilles pointues bien dressées, le cou puissant, la mâchoire terrible. Il suffit que le chien d'une ferme ait la renommée d'être bon gardien pour tenir les malfaiteurs et les indiscrets à distance : personne n'ose s'aventurer là où il veille. Son poil épais, imperméable aux intempéries, le garantit du froid ; il est blanc, souvent marqué de taches noires ; ses pattes sont grosses avec des ongles supplémentaires auxquels la superstition attribue la vertu de le préserver de la rage. Il mesure environ un mètre de haut et peut avoir jusqu'à un mètre cinquante de long, du bout du museau à l'extrémité de la queue. C'est un bel animal qui a de la valeur. Eté comme hiver, il vit dehors et ne doit pas s'absenter de la ferme, ni descendre au village, ni rentrer dans la maison. Il faut qu'il garde le bien, car la famille est souvent absente, appelée au loin par les travaux agricoles pour toute la journée. Mais on peut être tranquille, il n'est pas nécessaire de fermer les portes, Navarro sait quelle responsabilité pèse sur lui. Comme la journée est longue et la solitude complète, il s'installe devant la maison, sur une meule de fougère, et feint de dormir, ce qui l'aide à passer le temps. En réalité, il ne cesse pas un moment d'être aux aguets et, à la moindre alerte, d'un bond, il quitte son observatoire et se porte à la rencontre de l'intrus, homme ou bête. Ses aboiements remplissent les airs et font retentir les échos, car sa voix est forte et grave ; l'intrus bat prudemment en retraite, c'est le seul parti à prendre. Lorsque les maîtres sont rentrés, le chien attend avec patience qu'on lui apporte son repas, composé de farine de maïs pétrie dans de l'eau, pitance ordinaire excellente pour surmonter la "maladie des chiens".


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HUMOUR : CHIEN AVEC SES MAITRES A BIARRITZ
PAYS BASQUE D'ANTAN



Aussi longtemps que sa conscience le guide dans le sentier du devoir, tout va bien pour lui, on ne le caresse pas, mais on ne le bat pas, ce qui est une compensation. Malheur à lui, par contre, le jour où une passion coupable le sollicite à mal faire. Il n'y aura pas de merci pour lui. Cette passion néfaste l'emmène dans la montagne où il sait qu'un troupeau de moutons a établi son quartier-général. Il étrangle les brebis, suce leur sang et dévore les parties de chair pantelante dont il est le plus friand. Il met une ruse infernale à quitter la maison lorsqu'il pense que son absence passera inaperçue. Après avoir accompli son forfait, il revient, comme si de rien n'était, faire le bon apôtre aux pieds de ses maîtres. On ne peut le soupçonner d'un crime : le scélérat prend un air si soumis, si innocent ! O l'hypocrite ! Et le berger, de son côté, n'a rien vu, car la méchante bête a profité d'une heure où il visitait ses autres pâturages, et ce n'est qu'à son retour qu'il voit son troupeau en désordre et trouve des cadavres à moitié rongés ; il est au désespoir, il cherche le coupable, il le guette et le guette vainement ; pendant qu'il guette, le chien, pour dépister les soupçons, s'en est allé ravager d'autres troupeaux à de grandes distances, qu'il a parcourues en un clin d'oeil. Mais, à la fin, quelque indice met sur les traces du criminel ; le maître est rendu responsable et doit payer les dégâts : mauvais quart d'heure pour le pauvre paysan, qui perd à la fois et son argent et son chien. Un chien vicieux est incorrigible et il faut le tuer immédiatement.



Les chiens se corrompent mutuellement : dans la ferme de Irissaria il y avait un fort beau chien doux, sage, bon gardien, que ses maîtres aimaient et qu'ils traitaient amicalement. Un jour arrivèrent deux grands chiens qui l'accostèrent, lui parlèrent en leur langage, lui firent flairer et lécher leurs babines et lui persuadèrent de s'en aller avec eux. Quelques heures après, le chien était de retour ; mais les visites des deux amis se renouvelèrent et les absences du gardien se multiplièrent. Des allures si mystérieuses inquiétèrent le maître, qui ne tarda pas à acquérir la certitude que son chien exerçait d'affreux carnages dans les troupeaux en compagnie de ses pervers camarades. Sa mort fut décrétée. Après l'exécution, on enfouit son cadavre dans la terre. Or, dès le lendemain, les assassins venaient relancer leur complice, le cherchaient partout et se mirent à gratter la fosse jusqu'à ce qu'ils eussent mis à découvert les restes de celui dont ils avaient occasionné la condamnation et la mort. Grande leçon ! Que de gens acceptent sans discernement les camaraderies ! Que ceux-là veuillent bien méditer sur le sort du chien de Irissaria et apprennent qu'à tout âge, car il en va de même chez les hommes, on se perd par la mauvaise compagnie.


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CHIENS ELEVAGE LA MORINIERE ANGLET
PAYS BASQUE D'ANTAN



Quoique le chien soit sans aucun doute un vieil hôte du Basque, rien ne fait supposer qu'il soit arrivé avec lui des régions primitives. C'est à une époque relativement récente que nous le voyons mentionner comme un ami accoutumé et inséparable dans un chant, que les critiques littéraires ne font remonter qu'au XVe siècle, que bien des basquisants rejettent même comme complètement apocryphe, le chant d'Altobiscar. Ce chant célèbre la déroute de Roncevaux, lorsque l'armée de Carloman, après la mort du paladin Roland, prend la fuite et s'engage dans les défilés d'Altobiscar où elle succombe, écrasée par les rochers que les Basques lancent du haut de la montagne. "Un cri s'est élevé du milieu des montagnes des Basques, dit le chant d'Altobiscar ; et l'Etcheco Jauna (le maître de maison) debout devant sa porte a ouvert l'oreille et il a dit : Qui est là ? que me veut-on ? Et le chien qui dormait aux pieds de son maître s'est levé et a rempli les environs d'Altobiscar de ses aboiements."


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ROLAND A RONCEVAUX
PAYS BASQUE D'ANTAN



La même race du chien de garde sert de chien de berger. Les vallées espagnoles dans la haute montagne ont conservé la race la plus pure et la plus belle. Dans les vallées basques françaises l'espèce s'est malheureusement abâtardie. Un beau chien vaut de cinquante à soixante francs.



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GUIDE DE MONTAGNE ET SON CHIEN 
PYRENEES D'ANTAN



On enterre le chien, nous venons de le dire. Le chat n'a pas le privilège de la sépulture honorable : on se garde de tuer le chat à la maison, parce que cela porterait malheur, on l'emporte à la rivière et on le noye. Le chat en pays basque n'est pas une bête intéressante, on ne l'aime pas, il est livré à lui-même, au point de devenir tout à fait sauvage ; on le garde comme un mal nécessaire à cause des rats et des souris. Son éducation négligée l'a rendu aussi voleur que sournois. Il a noté les heures où les ménagères du voisinage sont occupées, il pénètre furtivement dans les cuisines, se régale des provisions de l'armoire et du lait de la jatte. On ne saurait croire l'habileté qu'il déploie pour éviter d'être vu et s'échapper à point. On faisait autrefois du chat la victime de jeux cruels, on l'enfilait au bout d'une fourche et on le faisait brûler vif dans les charivaris que l'on organisait pour se moquer des gens qui se remarient. On accompagnait les hurlements de la malheureuse bête par le bruit de ferrailles, par les sons discordants de cruches de terre qu'on appelle elseorua. Ou obtient ces sons en remplaçant le fond de la cruche par une peau de tambour. Une corde passe à travers la peau et sort par le haut de la cruche. En imprimant un mouvement de va-et-vient à la corde, on imite le mugissement des boeufs. Le chat jouit d'une mauvaise réputation, on le croit plus où moins en relation avec les sorcières. Ces actes révoltants d'une horrible cruauté sont les vestiges de croyances absurdes. Au XVIIe siècle, avaient lieu dans le pays basque de nombreux procès en sorcellerie ; on affirmait sous serment avoir vu les chats courir au sabbat et le chat est resté la bête suspecte qu'on a le droit de martyriser. 




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SABBAT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Rappelons-nous combien nous sommes heureux d'être affranchis de ces dégradantes superstitions. Le chat est digne de notre affection, comme le chien ; le faire souffrir est abominable et révoltant. "Celui qui te donna un corps mortel n'a pas créé le mystère de la vie pour en faire le jouet des hommes sans pitié", s'écriait le poète Southen, parlant de la mort de son épagneul favori, compagnon de son enfance. Accordons une place également honorable au foyer à ces deux véritables amis, le chat et le chien, qu'une bonne éducation peut développer et civiliser au point de les élever jusqu'à nous. Sous beaucoup de rapports, de quoi ne sont-ils pas capables en fait de bonté, de discernement et d'intelligence ? Parfois on découvre chez eux des merveilles, pour peu que l'on cherche à comprendre et à se rendre compte des motifs de leurs actes. 



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PIERRE LOTI ET SON CHAT
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il y a un autre animal aussi merveilleux pour son discernement que le chat et le chien, c'est le porc, auquel personne ne songe à rendre hommage parce qu'on ne le connaît pas. Avec plus d'attention, plus de justice à son égard, on découvrirait peut-être que pour la sage conduite de ses affaires il ne le cède en rien aux autres bêtes de la ferme dont nous avons parlé jusqu'à présent. Qui sait s'il ne leur dame pas le pion à tous ! Il fallait parler à Betsy, belle truie de la race du yorkshire, en anglais, puisqu'elle avait entendu exclusivement cette langue pendant toute son enfance ; elle comprenait à merveille, elle était affectueuse et reconnaissante, venait en courant dès qu'elle entendait prononcer son nom, caressante, joyeuse d'être appelée, elle connaissait son maître et le suivait aussi fidèle qu'un chien. Pauvre Betsy ! L'éducation qu'elle avait reçue en avait fait une personne policée chez qui il ne restait presque plus trace de la grossière indifférence qui inspire pour ses vulgaires congénères un mépris général.



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COCHON DU YORKSHIRE ANGLETERRE



Nous parlons des hôtes de la maison basque. Passer sous silence par une sorte de respect humain mal compris l'animal qui tient une si grande place, serait un crime de lèse-couleur locale ! Et il faut le dire sans vergogne, le porc c'est le roi du pays basque et le roi par droit de conquête.



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RETOUR DU MARCHE AVEC COCHON



Récemment importé d'outre-Manche, il a conservé les allures insolentes des touristes de l'agence Cook. Tout rose et appétissant sous son épidémie fraîche, il se passe toutes ses fantaisies, on les lui pardonne pourvu qu'il engraisse. Il transforme les rues en un cloaque, il y est chez lui, personne ne songerait à porter plainte contre ses écarts de conduite ; il flâne en grognant de la porte du maire à celle du percepteur ; il nargue la maréchaussée, le milieu de la rue lui est bon pour dormir, les voitures se détournent plutôt que de l'obliger à se lever, tant il est l'objet d'une bienveillance universelle. Lorsqu'il prolonge ses promenades sur les routes, les bons gendarmes veillent. Il est arrivé à maître porc d'être emmené par des mécréants, toute une aventure de brigands espagnols : les gendarmes se mobilisent à sa recherche, ils le rattrapent sur la frontière et le rendent à son maître, tandis que les voleurs sont châtiés de plusieurs mois de prison et payent de fortes amendes. Lorsqu'aucune méchante aventure ne lui arrive, notre ami est très ponctuel ; le soir, à l'heure dite, il regagne ses pénates où une soupe succulente lui est préparée et servie.



Son auge est quelquefois placée dans le corridor de la maison, dont les pauvres paysans souffrent qu'il fasse une porcherie ; après la soupe vient le dessert qu'il va chercher à la cuisine. D'un coup de son groin il ouvre la porte et dispute aux enfants le pain qu'ils ont dans la main. Il y a quelquefois trois et quatre porcs dans la cuisine. Il se fourre partout, il sait où est serré le grain, il soulève le couvercle du coffre à maïs. On lui pardonne cette frasque comme les autres, la maîtresse ne songe pas à le morigéner, cela pourrait contrarier sa digestion et le faire maigrir. Or, elle seule est responsable du bel état de santé et de l'embonpoint de son pensionnaire ; son mari n'a pas l'habitude de s'occuper d'un animal pour lequel il professe un suprême mépris, ce serait déroger. Cependant on vient le prévenir si le porc est malade et il a recours au forgeron qui saigne l'animal.



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COCHON DANS LA RUE A ST-PALAIS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il y a une vingtaine d'années, dans de petites villes comme Saint-Palais, où le vagabondage des porcs est considéré comme un délit, un jeune garçon, dès l'aube, sonnait du cor par les rues. Réveillée par ces joyeux appels, la gente porcine se secouait aussitôt les oreilles et arrivait au petit galop sur la place autour de l'enfant prodigue. De compagnie on s'en allait, les mères et les enfants, les célibataires et les époux, chercher le frais sous les ombrages d'une futaie. On trouvait de l'herbe, un clair ruisseau, des glands, des racines, des légumineuses de choix. C'était un vrai jardin des Tuileries pour cette jeunesse. On y goûtait de doux plaisirs jusqu'au soir où l'on s'en retournait comme on était venu. A l'entrée de la ville, le troupeau se dispersait librement. Sans perdre le temps en de vains bavardages, chacun rentrait chez soi. Certains voyageurs ont raconté qu'en Chine il y avait des porcheries sacrées où l'on entretient des porcs sacrés. Il est permis de mettre en doute que les chinois, pour tout sacrés qu'on les tienne, coulent d'aussi beaux jours que nos profanes basques. Mais, hélas ! à chaque porc, vient la Saint-Martin, et il n'y a plus de félicité qui vaille lorsque la Parque a aiguisé ses ciseaux. Les heures de celui qu'on se plaisait à appeler "le noble" sont comptées ; il a été l'espoir de la famille ; il a reçu avec profusion le grain et la farine. On lui demande de tenir ses promesses et de prouver qu'il est porc d'honneur et de parole."


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COCHON EN CHINE



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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jeudi 9 mars 2023

LES ANIMAUX AU PAYS BASQUE EN 1898 (deuxième partie)

LES "HÔTES DE LA MAISON BASQUE" EN 1898.


Au début du 20ème siècle, les animaux domestiques occupent une grande place, dans le monde rural, et en particulier au Pays Basque.




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BOULANGERE ET SON ÂNE




Voici ce que rapporta à ce sujet la revue bimensuelle La Femme, le 15 avril 1898, sous la plume 

de Mme d'Abbadie d'Arrast :


"Les "hôtes de la Maison Basque".



"... Dans les villages basques, lorsque les jeunes gens organisent une de ces mascarades dont ils tourmentent les personnes qu'ils supposent d'une conduite légère, les veufs et les veuves qui se remarient, les soi-disant mauvais ménages, l'inévitable âne apparaît au milieu du cortège, monté à rebours par celui qui remplit le rôle de l'avocat. Cette cérémonie s'appelle : "Faire Carossa." Les jeunes gens en vêtements blancs sont tout enrubannés de faveurs bleues et roses que l'on a placées cousues sur la couture du pantalon, sur les manches et sur le plastron de la chemise ; ils portent sur les épaules un grand empiècement de taffetas ou de satin de couleurs chatoyantes ; des broches d'or et des bijoux de toutes sortes ornent leur veste, car toutes les parures du village ont été mises à leur disposition ; ils tiennent à la main de longs bâtons agrémentés de noeuds, entourés de rubans comme les houlettes des bergères de comédie ; ils sont coiffés de grands casaques empanachés et comme tous sont de beaux jeunes gens, et des adolescents grands, vigoureux et souples, ils ont fort bon air ; ils dansent le saut basque avec grâce et agilité et forment une procession, musique en tête, qui s'en va à travers le village et s'arrête devant les maisons des notables. Des versificateurs font l'historique de l'aventure ; un dialogue s'engage entre le mari et la femme que représentent des personnages déguisés ; l'avocat, individu à grosses lunettes, fait mine d'enregistrer ce que l'on dit dans un livre qu'il a placé sur la croupe de l'âne. D'une main il tient une énorme plume, de l'autre il tire sur la queue de l'animal.



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LIVRE LE PAYS BASQUE
DE FRANCISQUE MICHEL



Les misères d'un vieil âne sont le sujet d'une chanson en dialecte souletin que M. Francisque Michel a publiée dans son ouvrage si complet, Le Pays basque (Paris, Firmin-Didot, 1857). La chanson dit : 


Avant aussi je connaissais la renommée de cet âne.

Sa carcasse avait été vendue en échange de mensonges. 

Son cou aussi a trois cannes de longueur,

Ses os et sa peau sont tous mangés par les mouches.

Quel est ton travail ?

Marche, gagne-petit,

Ta renommée n'est plus.

Toi qui fus quelque chose autrefois, 

Es-tu venu chez moi pour faire ton testament ? 

Mettons-le dans un champ pour chasser les oiseaux.



Si l'on n'est pas bon pour l'âne, par contre on tient le mulet en haute estime. Le mulet, est l'animal favori du Basque, on le considère comme une vraie richesse pour celui qui le possède et l'on dit :


Quand on est basque et bon chrétien, 

Qu'on a deux mules pour tout bien, 

L'on n'a besoin de rien.




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MEUNIER AVEC FARINE SUR SON MULET
PAYS BASQUE D'ANTAN



On est fier de posséder un mulet grand, vigoureux, de belle espèce. On met un véritable luxe dans son harnachement. Sous le bât orné de garnitures de cuivre qui a une forme haute et vous emboîte, on étend une couverture espagnole, rayée de couleurs éclatantes, bordée de pompons. La bride de cuir est ornée de clous de cuivre ainsi que le frontal qui est en cuir de couleur. Le tout est rehaussé par des pompons et des franges rouges, bleues, jaunes, dont l'effet est très élégant. Un sac de laine à double poche sur les côtés que l'on nomme alforchac, en étoffe de laine à raies de couleurs vives et à franges, forme une sorte de couverture supplémentaire sur la croupe de l'animal. Des deux côtés de l'alforchac, pendent les poches où le cavalier enfouit son bagage. L'homme et la femme, la femme surtout enveloppée de sa longue cape notre, qui lui voile en partie le visage, haut juchés sur le dos du mulet, rappellent, par leur ensemble, par la placidité et la patience de leurs allures, une silhouette d'Arabe du nord de l'Afrique, on dirait de quelque Touareg du désert. Au point de vue du pittoresque comme de l'origine de la race, l'observation paraît intéressante.



Le mulet que l'on traite avec tant de distinction, ne pouvait que tourner à la vantardise. Le proverbe basque lui demande : "Mulet, qui est ton père ?" Le mulet répond : "La plus belle jument qui soit en tous les monts Pyrénées est ma mère." Le proverbe est d'une justesse étonnante. En tout pays la mule qui n'a, semble-t-il, guère sujet de s'enorgueillir, le porte haut, tient à sa respectabilité, choisit avec soin ses relations et prise la bonne compagnie avant tout.



La mule, et c'est là un des traits saillants de son caractère, écrit Froebel (Sept ans dans l'Amérique centrale), témoigne à l'âne autant d'aversion, autant de mépris qu'elle montre de respect et d'estime pour le cheval. Qu'un âne, se prévalant de son parentage avec les mules, leur adresse quelque visite, qu'il se hasarde parmi le troupeau, ses fières cousines le renverront impitoyablement à coups de pied, tandis qu'elles accueilleront le cheval avec tous les honneurs dus à un gentleman de bonne maison. Les Mexicains, ajoute Froebel, tiennent leurs mules réunies en voyage en introduisant dans la caravane quelque jument portant une sonnette au cou. Cette bête qu'ils nomment la jument mère, la "Yegua Madre", est considérée comme une reine par le troupeau. Toutes les mules la suivent et se rangent autour d'elle.



mexico vaca
MULE AU MEXIQUE



A toutes les époques, le mulet, en basque Mandoa, a abondé dans le pays. Il fallait de nombreux mulets pour porter depuis la forêt ou la mine le charbon et le minerai jusqu'aux hauts-fourneaux, où se grillait le cuivre et se coulait la fonte. A mesure que l'on épuisait les forêts, dénudant les montagnes, le prix de revient du charbon et par conséquent du métal augmentait. Lorsqu'il n'y a plus eu de forêt que dans les plus hauts et lointains sommets, l'exploitation a cessé et aujourd'hui les mines sont abandonnées. Les mulets desservaient également les fonderies de canon. C'était à dos de mulet qu'on transportait à Bayonne, pour le service du roi, les pièces de canon. Il n'y avait pas de routes, à peine de mauvais sentiers, où, en traversant des fondrières, tombaient pièces et mulets. Sur des cahiers de comptes qui datent d'avant la Révolution, on voit la mention de pièces qui se sont ainsi égarées sur leur route et ne sont jamais parvenues à destination.



Les misères du charbonnier et de son mulet ont servi de thème à une chanson que M. Francisque Michel a éditée. Le mulet du charbonnier est tout émerveillé de sa bretelle de devant parce qu'elle est moitié chanvre, moitié chiffon, ramassé un à un, çà et là, à terre. Le trait est bien basque. N'est-ce pas une humiliation pour le mulet de partager avec l'âne les loques que la maîtresse de maison met de côté pour servir de bât ? M. Augustin Chaho avait transcrit le texte d'une chanson : "Le Mulet de la Forge." Il y est question du service du roi que les mulets avaient à faire dans les fonderies royales de la Navarre.


Pour le service du roi 

Le mulet va au trot, 

Ses cordes traînant 

Cent noeuds el 

Deux cents bouts.



Encore aujourd'hui c'est à dos de mulet que l'on transporte dans des outres, depuis la frontière, le vin que l'on achète en Espagne. Ce vin prend en séjournant dans les peaux goudronnées un goût fort désagréable. Le muletier attache à la queue-leu-leu cinq, six mulets, et descend ainsi le long des chemins escarpés ; le charbonnier arrive de la forêt, menant également ses mulets en file. Ce sont maintenant les derniers jours de la vie des mulets. Les voilures et les chemins de fer vont bientôt les avoir fait disparaître.



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MARCHAND DE VIN ESPAGNOL
PAYS BASQUE D'ANTAN


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CHARBONNIER
PAYS BASQUE D'ANTAN



Après son mulet, c'est à sa vache que le Basque attache le plus de valeur. La vache représente un gros capital ; il en prend soin plus que de ses parents, surtout si ceux-là sont des vieillards, et lorsqu'elle tombe malade il se hâte d'appeler du secours, tandis que pour sa femme il ne se dérange qu'à la dernière extrémité. Lorsque le veau est né, il entoure la vache de prévenances, il ne la laisse pas sortir et lui donne des boissons tièdes ; si le veau naît dans la prairie, il le rapporte avec soin dans ses bras et ramène la mère tout doucement. La vache basque est d'une race petite, rapide à la marche, fine, d'une robe jaune ou brun très clair, tout unie : c'est un animal de montagne qui a plus de nerf que de poids, peu de lait, mais un lait épais et crémeux avec lequel on élève avec succès les jeunes bouvillons.




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VACHE ET MAQUIGNON
PAYS BASQUE D'ANTAN



On mène à l'aiguillon la paire de vaches sous le joug ; on ne la conduit pas à l'aide de rênes fixées aux oreilles comme dans la Gironde. Les vaches traînent avec bonne humeur sans qu'on ait besoin de les exciter à la besogne. Un proverbe basque rend hommage à celte disposition méritoire : "Au lieu que ce serait au boeuf de se plaindre, c'est la charrette qui fait le bruit." Le bouvier a confiance : il dort sur sa voiture ou il reste en arrière pour causer. Les braves vaches sont si avisées que d'elles-mêmes elles se rangent quand elles croisent une autre voiture ; si le conducteur en passant près d'une place se laisse entraîner à faire une partie de pelote, elles attendent avec résignation que le bonhomme ait repris son bon sens.



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VACHE AU REPOS
PAYS BASQUE D'ANTAN



Leur perspicacité, leur sens d'orientation est extrême. Il est de coutume d'envoyer le bétail dans les pacages communaux de la haute montagne au printemps, à 50 et 60 kilomètres des vallées. Des centaines de vaches sont réunies sous la garde d'un seul berger. Lorsque les vaches d'un même village ou d'une même ferme ne trouvent pas l'herbe abondante, qu'elles se sentent prises du mal du pays, elles se concertent entre elles et subrepticement, à la tombée de la nuit, elles s'assemblent ; la plus belle vache, celle qui porte une cloche à son cou, prend la tête et le troupeau sous la direction de son chef, commence la descente d'un pas régulier en conservant pendant la marche le plus grand ordre. Toutes les vaches s'avancent posément, franchissant pendant la nuit des pays qu'elles n'ont parcourus qu'une fois, elles arrivent au matin dans leur village et se dispersent, chacune d'elles allant se présenter à la porte de son étable. Le maître ébahi de leur retour maugrée contre une fantaisie intempestive, mais force est d'ouvrir, et les bêtes satisfaites reprennent leur place favorite à la crèche. 



En Suisse, comme dans le pays basque, quand vient le mois de juin, le bétail de la plaine monte aux pacages des sommets pour y passer l'été. La plus belle vache marche en tête, elle porte au cou le large collier de cuir ouvragé qui soutient la grosse cloche, le "toupin". On a vu des vaches, raconte Wood (L'homme et la bête), mourir de douleur parce que le toupin et leur rang avaient été transmis à quelque autre."



vache suisse cloche
VACHE SUISSE AVEC TOUPIN




A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mercredi 1 août 2018

LES COURSES DE VACHES À HENDAYE-HENDAIA EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS

LES COURSES DE VACHES À HENDAYE EN 1931 ET 1932.


Dès 1931, le comité des fêtes de Hendaye propose une nouvelle animation aux Hendayais : les courses de vaches.

lundi 4 septembre 2017

LES COURSES DE VACHES À HASPARREN - HAZPARNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE AUTREFOIS


LES FAMEUSES COURSES DE VACHES D'HASPARREN.


Cette  tradition des courses de vaches date de 1750 mais à l'époque, c'était des boeufs qui parcouraient les rues d'Hasparren.