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jeudi 18 juin 2026

UN FAIT DE DOUANE À ASCARAT EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN DÉCEMBRE 1827

UN FAIT DE DOUANE À ASCARAT EN 1827.


En 1827, une intervention des douanes à Ascarat, en Basse-Navarre, se retrouve au tribunal en 1828.



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BLASON COMMUNE D'ASCARAT
BASSE-NAVARRE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet la presse nationale, Le Journal du Palais, le 21 août 1828 :


"Cour de Cassation (21 août).



Le procès-verbal d'une visite domiciliaire faite par les préposés des douanes ne peut pas être annulé, sous le prétexte qu'au lieu d'être assistés par l'adjoint, à défaut du maire, ils avaient procédé avec l'assistance d'un membre du conseil municipal, délégué par le maire.


D'ailleurs, l'obligation où sont les préposés des douanes de se faire assister d'un officier municipal dans leurs visites domiciliaires, n'est pas prescrite, à peine de nullité.



Douanes C. Martin Gastenea.


Du 21 Août 1828, arr. cour cass., ch. crim. ; MM. Bailly, conseiller, faisant fonctions prés. ; Chantereyne, rapp. ; Fréteau de Pény, av. gén. ; Godard de Saponay, av.



La Cour, 

— Vu les art. 36, 38 et 39, tit. 13, L. 22 août 1791, desquels il résulte que les préposés des douanes peuvent, en se faisant assister d'un officier municipal, faire des recherches dans les maisons servant d'entrepôt à des marchandises en balles ou ballots, et non accompagnées d'expéditions légales de douanes ; l'art. 11, tit. 4, L. 9 flor. an VII, portant que "les tribunaux ne pourront admettre, contre les rapports des préposés des douanes, d'autres nullités que celles résultant de l'omission des formalités prescrites par les dix articles qui précèdent ledit art. II ;


— Attendu, en droit, que la peine de nullité ne peut être suppléée dans une disposition législative qui, en prescrivant des formalités non essentiellement constitutives de la régularité de certains actes, n'a pas expressément attaché cette peine à leur omission ;


— Attendu que la loi du 22 août 1791, et les divers réglemens sur les douanes, en imposant aux préposés l'obligation de se faire accompagner d'un officier municipal lors des visites domiciliaires relatives à la recherche des marchandises de contrebande, n'ont point attaché à l'infraction de cette disposition la peine de nullité prononcée pour la violation de plusieurs autres formalités ;


— Que la loi du 9 flor. an VII, après avoir, dans les dix premiers articles du tit. 4, déterminé les formes nécessaires pour la validité des rapports des préposés des douanes, sans y comprendre les mesures de police relatives à leurs visites domiciliaires, défend aux tribunaux d'admettre contre lesdits rapports d'autres nullités que celles résultant de l'omission des formalités prescrites par ladite loi ;


— Attendu, en fait, qu'un procès-verbal, d'ailleurs régulier, constate que, le 4 déc. 1827, les préposés des douanes, informés qu'il y avait un entrepôt de sel d'Espagne dans la maison de Jean Apat dit Gastenea, de la commune d'Ascarat, s'empressèrent de requérir l'autorité locale de les assister à l'occasion de la visite qu'ils désiraient faire dans ladite maison ;


— Que le maire de la commune, alors malade, ayant pour cette opération délégué le sieur Jean Elissambure, membre du conseil municipal, les préposés se présentèrent avec ce fonctionnaire public pour entrer dans la maison dudit Gastenea, et éprouvèrent, malgré leurs sommations, un refus bientôt suivi de violences et de menaces ;


— Qu'obligés alors d'employer la force pour vaincre la résistance, et ayant pénétré dans ladite maison, toujours en présence et avec l'autorisation de l'agent municipal délégué par le maire, lesdits préposés y trouvèrent quatre ballots de sel étranger, pesant ensemble cent quarante-huit kilogrammes, lesquels furent saisis ;


— Que, dans cette circonstance, les employés des douanes s'étaient mis à devoir en requérant l'assistance du maire, et qu'en opérant en présence du fonctionnaire public délégué par lui, ils ne devaient point se constituer juges de la validité de cette délégation, et n'avaient point à examiner si l'adjoint auquel le maire n'avait pas jugé possible ou convenable de les renvoyer, avait seul un caractère légal pour le remplacer dans ce cas particulier ;


— Qu'ainsi et par suite d'un procès-verbal dont la nullité n'était prononcée par aucune loi, il y avait lieu, non seulement de prononcer la confiscation des ballots de sel saisis, mais encore de condamner le prévenu à l'amende de 500 fr. et à la peine de l'emprisonnement, aux termes des art. 38 et 41, L. 28 avril 1816 ;


— Que cependant le tribunal correctionnel de Saint-Palais, tout en prononçant la confiscation des quatre ballots de sel étranger trouvés dans la maison de Gastenea, l'a renvoyé des poursuites exercées contre lui par l'administration des douanes, qu'il a condamnée aux dépens ;



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BOULEVARD DES ACACIAS ET PALAIS DE JUSTICE
SAINT-PALAIS
BASSE-NAVARRE D'ANTAN


— Que le seul motif qui a déterminé ce tribunal à déclarer nul le procès-verbal des préposées, et à relaxer en conséquence le prévenu, consiste en ce que, lors de la saisie domiciliaire dont il s'agit, le maire d'Ascarat aurait été illégalement représenté par un simple membre du conseil municipal, lequel n'aurait pu y être régulièrement appelé qu'en cas d'absence ou autre empêchement de l'adjoint auquel les préposés auraient dû préalablement s'adresser ;


— Mais qu'à supposer que les préposés, en suivant la marche qui leur était tracée par le chef d'administration locale, n'eussent pas procédé régulièrement, le tribunal correctionnel de Saint-Palais n'aurait pas moins violé les règles de sa compétence et commis un excès de pouvoir en créant une nullité qui n'est pas dans la loi ; et que la cour royale de Paris, en adoptant les motifs et confirmant les dispositions du jugement dont l'appel lui était déféré, s'en est approprié les vices ; en quoi ladite cour royale a violé formellement l'art. 11, tit. 4, L. 9 flor. an VII, et par suite les art. 38 e 41, L. 28 avril 1816, dont elle avait à faire l'application :


— Par ces motifs, — Casse et annule, etc."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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dimanche 7 septembre 2025

UN FAIT DE CONTREBANDE À ASCARAT EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN DÉCEMBRE 1827

UN FAIT DE DOUANE À ASCARAT EN 1827.


En 1827, une intervention des douanes à Ascarat, en Basse-Navarre, se retrouve au tribunal.



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BLASON COMMUNE D'ASCARAT
BASSE-NAVARRE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le Bulletin des Arrêts de la Cour de Cassation, le 1er janvier 1828 :



"(N° 242.) Annulation sur le pourvoi de l'Administration des Douanes, de l'Arrêt rendu le 26 mars 1827, par la Cour royale de Pau, chambre des appels de police correctionnelle, entre ladite Administration et Jean Apat dit Martin Gastenea, d'Ascarat, poursuivi pour un fait de contrebande.

Du 21 août 1828.

Notice et Motifs.



Il s'agissait d'une saisie de quatre ballots de sel étranger, trouvés par les préposés des douanes dans la maison de Gastenea, et qui avaient été saisis.



Les employés, avant de pénétrer dans cette maison, avaient requis l'assistance du maire, qui, ne pouvant les accompagner, avait délégué un membre du conseil municipal pour le remplacer, et les employés avaient opéré en la présence de ce dernier.



Le tribunal correctionnel de Saint-Palais, sur le motif que l'adjoint avait seul qualité pour représenter le maire, et que les préposés auraient dû s'adresser à lui, avait déclaré nul un procès-verbal d'ailleurs irrégulier, et contre lequel la loi du 9 floréal an VII ne permet d'admettre d'autres nullités que celles résultant de l'omission des formalités par elle établies ; la Cour royale de Pau avait par le même motif confirmé ce jugement ;



L'arrêt attaqué présentait un excès de pouvoir et une violation des lois de douanes, qui ont déterminé la Cour à en prononcer l'annulation par les motifs énoncés en l'arrêt dont la teneur suit :


Ouï M. Chantereyne, conseiller, en son rapport ; Me Godart-Saponay, en ses observations pour la direction générale des douanes, et M. Fréteau de Pény, avocat général, en ses conclusions ;



Vu les articles 36, 38 et 39, titre XIII de la loi du 22 août 1791, desquels il résulte que les préposés des douanes peuvent, en se faisant assister d'un officier municipal, faire des recherches dans les maisons servant d'entrepôt à des marchandises en balles ou ballots, et non accompagnés d'expéditions légales de douanes ;



Vu l'article 11, titre IV de la loi du 9 floréal an 7, portant que les tribunaux ne pourront admettre, contre les rapports des préposés des douanes, d'autres nullités que celles résultant de l'omission des formalités prescrites par les dix articles qui précèdent ledit article 11 ; 



Attendu, en droit, que la peine de nullité ne peut être suppléée dans une disposition législative qui, en prescrivant des formalités non essentiellement constitutives de la régularité de certains actes, n'a pas expressément attaché cette peine à leur omission ;



Attendu que la loi du 22 août 1791, et les divers règlements sur les douanes, en imposant aux préposés l'obligation de se faire accompagner d'un officier municipal, lors des visites domiciliaires relatives à la recherche des marchandises de contrebande, n'ont point attaché à l'infraction de cette disposition la peine de nullité prononcée pour la violation de plusieurs autres formalités ;



Que la loi du 9 floréal an 7, après avoir, dans les dix premiers articles du titre IV, déterminé les formes nécessaires pour la validité des rapports des préposés des douanes, sans y comprendre les mesures de police relatives à leurs visites domiciliaires, défend aux tribunaux d'admettre contre lesdits rapports d'autres nullités que celles résultant de l'omission des formalités prescrites par ladite loi ;



Attendu en fait, qu'un procès-verbal, d'ailleurs régulier, constate que, le 4 décembre 1827, les préposés des douanes, informés qu'il y avait un entrepôt de sel d'Espagne dans la maison de Jean Apat dit Gastenea, de la commune d'Ascarat, s'empressèrent de requérir l'autorité locale de les assister à l'occasion de la vite qu'ils désiraient faire dans ladite maison ; 



Que le maire de la commune, alors malade, ayant pour cette opération délégué le sieur Jean Elissambure, membre du conseil municipal, les préposés se présentèrent dans la maison dudit Gastenea, et éprouvèrent, malgré leurs sommations, un refus bientôt suivi de violences et de menaces ;



Qu'obligés alors d'employer la force pour vaincre la résistance, et ayant pénétré dans ladite maison, toujours en présence et avec l'autorisation de l'agent municipal délégué par le maire, lesdits préposés y trouvèrent quatre ballots de sel étranger, pesant ensemble 148 kilogrammes, lesquels furent saisis ;



Que, dans cette circonstance, les employés des douanes s'étaient mis à devoir en requérant l'assistance du maire, et qu'en opérant en présence du fonctionnaire public délégué par lui, ils ne devaient point se constituer juges en la validité de cette délégation, et n'avaient point à examiner si l'adjoint auquel le maire n'avait pas jugé possible ou convenable de les renvoyer, avait seul un caractère légal pour le remplacer dans ce cas particulier.



Qu'ainsi et par suite d'un procès-verbal dont la nullité n'était prononcée par aucune loi, il y avait lieu, non seulement de prononcer la confiscation des ballots de sel saisis, mais encore de condamner le prévenu à l'amende de 500 fr. et à la peine de l'emprisonnement, aux termes des articles 38 et 41 de la loi du 28 avril 1816 ;



Que cependant le tribunal correctionnel de Saint-Palais, tout en prononçant la confiscation des quatre ballots de sel étranger, trouvés dans la maison de Gastenea, l'a renvoyé des poursuites exercées contre lui par l'administration des douanes, qu'il a condamnée aux dépens ;



Que le seul motif qui a déterminé ce tribunal à déclarer nul le procès-verbal des préposés, et à relaxer en conséquence le prévenu, consiste en ce que, lors de la saisie domiciliaire dont il s'agit, le maire d'Ascarat aurait été illégalement représenté par un simple membre du conseil municipal, lequel n'aurait pu y être régulièrement appelé qu'en cas d'absence ou autre empêchement de l'adjoint, auquel les préposés auraient dû préalablement s'adresser ;



Mais qu'à supposer que les préposés, en suivant la marche qui leur était tracée par le chef d'administration locale, n'eussent pas procédé régulièrement, le tribunal correctionnel de Saint-Palais n'aurait pas moins violé les règles de sa compétence et commis un excès de pouvoir, en créant une nullité qui n'est pas dans la loi ; et que la Cour royale de Pau, en adoptant les motifs et confirmant les dispositions du jugement dont l'appel lui était déféré, s'en est approprié les vices ;



En quoi ladite Cour royale a violé formellement l'article 11, titre IV de la loi du 9 floréal an VII, et par suite les articles 38 et 41 de la loi du 28 avril 1816, dont elle avait faire l'application ;



Par ces motifs, La Cour casse et annule l'arrêt rendu le 26 mars dernier, par la Cour royale de Pau, chambre des appels de police correctionnelle, entre l'administration des douanes d'une part, et Jean Apat, dit Martin Gastenea, d'Ascarat, d'autre part ;



Et pour être statué conformément à la loi sur l'appel du jugement du tribunal correctionnel de Saint-Palais, renvoie les parties et les pièces du procès devant la Cour royale de Bordeaux, chambre des appels de police correctionnelle ;



Ordonne &c.

Ainsi jugé et prononcé &c."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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samedi 10 février 2024

UN CRIME À BARCUS EN SOULE AU PAYS BASQUE EN MAI 1827

UN CRIME À BARCUS EN 1827.


En 1827, un drame secoue le village souletin de Barcus, peuplé d'environ 2 500 habitants.



pays basque soule fête bal
BAL PUBLIC JOUR DE FÊTE BARCUS SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien L'Avenir, le 16 octobre 1922, sous la plume de Pierre 

Figerou :



"Méprise criminelle.



Le 1er mai 1827, un nommé Etchegoyen, demeurant, au village de Barcus, fut atteint par la charge d’un coup de fusil, sur la route, à peu de distance de son domicile, comme, il revenait, la nuit tombée, de la foire d’Oloron. Il n’était que blessé ; on accourut à ses cris et on le porta chez lui. Aux questions qu’on lui posa, il répondit que l’obscurité ne lui avait pas permis de reconnaître son assassin.



béarn autrefois marché foire
MARCHE D'OLORON
BEARN D'ANTAN



On ne lui connaissait pas d’ennemis et la justice aurait sans doute été longtemps fort embarrassée si, dans la nuit même du crime, n’avait disparu un des voisins d’Etchegoyen en même temps qu’un de ses amis, le fermier Etchehon.



Cet Etchehon n’était point un mauvais homme, mais il était de nature ardente et de caractère violent. Ces dangereuses dispositions naturelles s’étaient accrues du fait qu’il s’imaginait que sa femme ne lui était point fidèle. A tort ou à raison, il était follement jaloux et sa jalousie lui avait fait vouer une haine féroce à un certain Eguiapal qu’il considérait comme un rival heureux.



Dans ces conditions, la disparition d’Etchehon ayant été constatée, on se souvint que celui-ci, le jour du crime, s'était informé si Eguiapal ne devait pas se rendre à la foire d’Oloron ; on se souvint aussi de l’avoir vu se diriger, le soir, du côté de la route. Enfin, les projectiles extraits des blessures d’Etchegoyen étaient identiques à ceux que fondait lui-même Etchehon. Bref, tous les gens de Barcus furent convaincus que le coup dont Etchegoyen avait été la victime était destiné à Eguiapal.



Tandis qu'au village on en arrivait à cette conclusion, le fugitif s’était réfugié dans la montagne, et là, seul avec lui-même et ses remords, il composait en basque la propre complainte de son crime.



Après s’être comparé, en ses vers, aux animaux sauvages qui fuient l’homme, il contait l’histoire de sa vie et parlait de sa femme :


"Elle me porta sous sa cotte la corde pour me pendre."



Puis c’étaient des imprécations à l’adresse du rival détesté, en même temps que l’aveu de son crime commis par erreur :


"Mon ennemi, tu avais une femme et tu n'avais pas besoin d’abuser de la mienne ; un autre a reçu le coup qui t’était destiné... Tu peux te vanter que ta vie scandaleuse a perdu deux galants hommes... Epouse faible et chère, séduite par un libertin, vous m’avez ruiné et perdu... Mieux vaut être prêtre ou soldat que d’avoir une compagne semblable à la mienne."



Et cette complainte se terminait par ce conseil aux gendarmes :


"Vous qui poursuivez Etchehon, ne le cherchez pas à Barcus ; il compose des chansons à Eguiton, le meilleur des pâturages des Pyrénées, fréquenté par les bergers de la Soule."



Le paysan assassin et poète se lassa vite de sa solitude, d’autant que sa jalousie lui tenaillait toujours l’âme et qu’il imaginait comment sa femme et Eguiapal devaient profiter de son absence.



Une nuit, la maison d’Eguiapal, à Barcus, brûla. Etchehon annonçait ainsi son retour. On l'arrêta.



Etchegoyen était alors à peu près complètement rétabli et, du jour où il ne s’était plus crû en danger de mort, il avait dit que c’était bien Etchehon qui lui avait tiré un coup de fusil et que s’il ne l’avait pas dénoncé plus tôt, c’est que, au cas où il aurait succombé, il voulait avoir devant Dieu le mérite de son généreux silence.



pays basque autrefois bourg soule faits divers crime
ENTREE DU BOURG BARCUS SOULE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Quand les gendarmes conduisirent le meurtrier, de son village à la prison d’Oloron, Etchegoyen était sur le pas de sa porte :


— Ah ! Etchehon, fit-il, tu m’as fort maltraité.

— Tu sais bien, répondit l’autre, que ce n'était pas à toi que j’en voulais.



Et il accepta un verre de vin pour trinquer avec sa victime.



Devant le jury des Basses-Pyrénées, Etchehon adopta un curieux système de défense, inspiré par sa tenace jalousie.



A l’en croire, Etchegoyen avait bien été blessé par méprise, mais ce n’était pas lui, Etchehon, qui l’avait blessé, c’était Eguiapal.


"Eguiapal n’avait aucune raison d’en vouloir à Etchegoyen. — dit-il — aussi était-ce à moi, le mari de sa maîtresse qu’était destiné son coup de fusil."



Durant tous les débats, il ne cessa do crier sa haine à son rival et de dénoncer certain complot qu’auraient ourdi les gens de son village pour le perdre et profiter  librement les uns de ses biens, les antres de sa femme.



Sans doute exagérait-il quelque peu. Il n'en demeure pas moins, fait inouï dans les annales judiciaires, que, pendant le procès, le procureur reçut une pétition dans laquelle des habitants de Barcus demandaient à la Cour de ne jamais remettre Etchehon en liberté, même si on ne pouvait pas prononcer contre lui de condamnation.



Un tel incident servit à l’accusé. Les jurés acquittèrent. Etchegoyen était guéri... Bien peu, cependant, s’en était fallu qu’il ne payât de sa vie les amours adultères du galant Eguiapal.



L’histoire ne dit pas quel fut le retour d’Etchehon, acquitté, dans son village et auprès de sa femme. 



Peut-être oublia-t-il qu’au milieu des solitaires pâturages pyrénéens d’Eguiton il avait écrit : 


"Jeunes gens, fixez vos regards sur ma triste destinée. Si l’hymen a pour vous des charmes, essayez du moins d’éviter les amertumes de cet esclavage. Mieux vaut être prêtre ou soldat que d’avoir une compagne semblable à la mienne..."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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dimanche 26 novembre 2023

UN VOL À CIBITS EN BASSE-NAVARRE AU PAYS BASQUE EN OCTOBRE 1827

UN VOL À CIBITS EN 1827.


En 1827, la population de Cibits, en Basse-Navarre, est d'environ 350 habitants.



pays basque autrefois basse-navarre église fronton
EGLISE ET FRONTON CIBITS BASSE-NAVARRE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Le Drapeau Blanc, le 26 août 1829 :



"Cour d’Assises des Basses-Pyrénées


Le 3 octobre 1817, un vol audacieux fut commis dans la commune de Cibits. La famille Etchebeste, réunie autour du foyer, s'entretenait des nombreux méfaits qui venaient d’avoir lieu récemment dans la contrée, lorsque, vers sept heures du soir, on entendit frapper à la principale porte de la maison. Bien éloigné de concevoir aucune défiance, le vieil Etchebeste, croyant reconnaître les pas du maître d’école d’Irissarry, qu’il avait imité a souper, ordonna à son petit-fils d’aller ouvrir. Celui-ci s’empressa d’exécuter les ordres de son aïeul ; mais à peine eut-il retiré les verrous, que trois hommes masqués, bientôt suivis de sept autres, renversèrent l'enfant, s’élancèrent dans l’intérieur, et, tenant un pistolet d'une main et un poignard de l’autre, crièrent aux gens rassemblés dans la cuisine, que le premier qui bougerait était mort. Frappés de terreur à cet aspect, ceux-ci se laissèrent garroter sans résistance. Le vieil Etchebeste surtout fut renversé et sommé de déclarer l'endroit dans lequel il avait caché son argent. Toutes les menaces qui lui furent adressées avaient été inutiles, et déjà gorgés de vin qu'ils avaient trouvé à la cave, les brigands se disposaient à se livrer à des recherches tandis que leurs camarades étaient occupés à faire le guet ; l’un d’eux, saisissant le petit Etchebeste, l’avait transporté dans une chambre située au premier, afin de se faire indiquer le coffre-fort du vieillard, lorsque survint un nouveau personnage qui était loin d’être attendu par les malfaiteurs ; nous voulons parler du convive prié par le vieil Etchebeste, de l’instituteur primaire d’Irissarry. 



Voila en quels termes il a raconté les détails de ce crime : 


"Je me rendais à l'invitation qui m’avait été adressée par M. Etchebeste, a dit le témoin, et je me disposais, après avoir attaché mon cheval, à franchir le seuil du la porte, lorsque tout à coup je me sentis violemment saisi par plusieurs hommes : cinq pistolets et cinq poignards furent à la fois dirigés vers moi, et j’entendis qu'on m’adressait ces paroles : la bourse ou la vie ! — L'une et l'autre sont à votre disposition, répondis-je ; mais sachez que si vous me tuez, du même coup vous en tuerez six. Je ne vous demande que la vie... Les brigands me dirent alors que je n'avais plus qu’une demi heure à vivre, et après m’avoir enlevé ma montre et une somme de 21 francs, que j’avais sur moi, ils me lièrent les mains derrière le dos avec la bride de mon cheval et m’étendirent à terre, ainsi qu’on l’ avait fait pour les divers membres de la famille d’Etchebeste. L’un d’eux, tandis que ses camarades se livraient au pillage de la maison, resta préposé a notre garde, et, sans doute afin d’achever de nous intimider, semblait se plaire à nous pousser de temps en temps avec son poignard, tout en nous défendant de remuer. Nous demeurâmes pendant près d'une heure dans cette terrible position. Un brigand, autre cependant que celui qui avait été jusque-là gardien, s’approcha enfin de moi. et, après m’avoir examiné attentivement, me dit : Je crois que vous êtes l'instituteur d'Irissarrry ? Je répondis affirmativement. Eh bien ! répliqua-t-il, il ne vous sera point fait de mal ; je vais parler de vous à mes camarades. Je vis effectivement que cet individu se dirigeait vers une salle voisine, où un conseil dut avoir lieu. Bientôt il revint, me rendit ma montre et 20 francs, me disant qu’il ne retenait que 20 sous ; et comme j'observai que je n’avais demandé que la vie, il ajouta qu’on me recommandait le silence, et que si j’avais jamais le malheur de proférer une seule parole sur ce qui venait de se passer, c’en serait fait de moi, et que ma vie ne vaudrait plus deux liards. 



Les recherches des brigands n’avaient pas cependant été infructueuses. Déjà ils avaient enfoncé plusieurs armoires et s’étaient emparés de 3 000 fr. en or, de 400 fr. en argent. de cinquante six pièces d’argenterie, de cinq montres et d’une grande quantité de linge fin, provenant de l’opulente succession d'Etchepart (1), récemment recueillie par Etchebeste.

((1)Etchepart, l’un des joueurs les plus célèbres du siècle dernier, admis au jeu des princes et de toutes les plus grandes parties, trouva l’occasion de faire une fortune colossale dans des spéculations qui, pour tant d’autres, ne sont que des sources de ruine et de désespoir. Opposé aux principes qui triomphèrent en 89, on assure qu’il prêta des sommes immenses à des personnages augustes ; qu’il éprouva de grandes pertes pendant la révolution, et qu’il ne laissa à son frère, qui lui survécut, que de faibles débris de son opulence passée. D’un caractère différent de son frère le joueur, celui-ci s’attacha à purifier, par un noble usage, l'origine de sa fortune, et après avoir répandu de nombreux bienfaits pendant sa vie, l’acte de ses dernières volontés fut encore un modèle de philanthropie, qui rappela les généreuses institutions du vénérable Monthion. Nous nous bornerons à en citer deux dispositions : Tout entier au souvenir du pays qui l'a vu naître, Etchepart laisse une somme suffisante pour acquitter à perpétuité toutes les contributions publiques qui pourraient être imposées à la commune de Cibits, et, persuadé que l’ignorance est le plus grand des maux, il laisse en outre une inscription de six cents livres de rentes sur l'Etat, afin de subvenir à l'établissement et à l’entretien perpétuel d’une école gratuite, dans laquelle devaient être reçus indistinctement tous les enfants de Cibits...Tel est l'homme dont Etchebeste avait hérité.)



Néanmoins ils n'étaient pas satisfaits, et revenant vers le vieux Etchebeste, ils lui demandent encore s’il n’a point d’autre argent caché, et le menacent des plus affreuses tortures s’il ne s’empresse point de le révéler. Les protestations du vieillard et les supplications de l’instituteur les désarment enfin ; une heure et demie s’était écoulée depuis leur entrée ; ils délient les deux servantes, défendent, sous peine de mort, à tous les autres membres de la famille Etchebeste, de sortir avant le jour, et ne s’éloignent qu’après avoir fortement barricadé à l’extérieur la porte et les fenêtres. 



Des perquisitions fort actives ont fait découvrir trois des coupables, qui ont comparu devant la cour d’assises de Pau, à l’audience du 19 août. Ce sont les nommés Bertrand Latournerie, déjà deux fois repris de justice, homme doué d’une grande audace et d’une force prodigieuse, et qu’on regardait comme auteur ou complice de tous les vols qui depuis longtemps se commettaient dans les environs de Bayonne. Le second est le nommé Etchegoyen, surnommé Mina, surnom assurément bien digne de la profession qu’il exerçait.



Il est difficile de montrer, au milieu du crime, une plus grande audace que Latournerie : pendant que ses complices se livraient au pillage, il se saisit d’un violon, le porta à son épaule, et imitait le doigté d’un homme qui se dispose a jouer. 



La troisième accusée était la nommée Salaberie, femme de l’un des accusés ; elle a été acquittée. Latournerie et Etchegoyen, dit Mina, ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité."



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