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samedi 21 mars 2026

LE THÉÂTRE BASQUE PAR ÉTIENNE DECREPT EN 1912 (quatrième partie)

LE THÉÂTRE BASQUE EN 1912.


En 1912, le bascophile Etienne Decrept fait une analyse du théâtre Basque.




pays basque autrefois soule theatre pastorale
LE THEÂTRE BASQUE
PYRENOEA 19 AVRIL 1912


Voici ce que rapporta à ce sujet Etienne Decrept, dans l'hebdomadaire Pyrenoea, le 10 mai 

1912 :



"Quant au Théâtre, il est aussi dépourvu d'aïeux là-bas qu'ici. On cite bien vers la fin du XVIIIe siècle un vaudeville à couplets du comte de Peñaflorida mi-basque, mi-castillan "El Borracho burlado" "l'Ivrogne dupé" qui a tout l'air d'être emprunté au répertoire des fondateurs du Caveau ; c'est tout. Au dernier siècle, après le relèvement des ruines entassées par les luttes civiles, une organisation se forma à San-Sebastian pour jouer des pièces composées par les sociétaires. Cette organisation existe encore et chaque année à la Saint-Thomas et en d'autres circonstances elle joue drames et comédies. Il n'y a pas de rôles féminins dans ces ouvrages ou ils y sont tellement anodins qu'ils ne dépassent pas en audace ceux que les jeunes gens interprètent dans les pièces de collège. C'est évidemment à ce genre-là qu'elles se rattachent, mais si naïfs et si gauches qu'en soient leurs thèses, leur structure et leurs développements, ces tentatives scéniques ont le mérite d'être faites en basque et non en castillan comme les essais de tous points similaires — dans la maladresse et dans la candeur — osés à Bilbao par don Resurreccion de Azkue et M. Echave Alfredo. On me communique de ce dernier personnage un article paru dans la "Baskonia" de Buenos-Ayres où n'osant pas le faire pour soi-même, il revendique pour l'abbé de Azkue, qui a d'autres titres à la gloire, l'honneur d'avoir fondé le Théâtre Basque. Après ce que je viens d'écrire, il est assez difficile d'admettre cette prétention. Peut-on dire, d'ailleurs, que le Théâtre Basque soit réellement fondé ? Je peux commenter diverses manifestations qui ont suscité parfois l'enthousiasme et toujours la curiosité des foules, mais elles se sont produites sous une forme si franchement hybride que je n'ose affirmer d'après elles que le Théâtre Basque existe aujourd'hui ni qu'il existera demain.




pays basque bascophile écrivain peintre décorateur
ETIENNE DECREPT

Voici en quelques lignes la genèse de ce mouvement où Parsmeamagna tient à marquer sa place, car cette personne n'est pas aussi modeste qu'affecte de le paraître dans ses écrits, sinon dans ses actes, ce M. Echave, de Bilbao, déjà nommé. 



Mon ami Charles Colin connaissait mes aptitudes et mon hérédité théâtrales : Mon grand père, devenu orphelin pendant la tourmente révolutionnaire, fut élevé par un oncle, l'auteur dramatique Picard (dont "La Petite Ville" est encore au répertoire de la Comédie), membre de l'Académie Française et directeur général des théâtres de Paris sous le Premier Empire. Mon grand père devait naturellement adorer le théâtre et faire partager ce goût à mon père, excellent musicien et virtuose remarquable sur le violon. De là ma passion pour tout ce qui est drame, comédie et opéra, chansons et déclamations lyriques, excepté la tragédie à perruque que je n'ai jamais pu m'assimiler. Sont-ce les beuglements vélins de M. Mounet-Sully qui furent la cause de cet éloignement et que je n'aime pas le veau ? Mystère.



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PORTRAIT DE M MOUNET-SULLY
DANS L'ILLUSTRATION
Par Alainauzas — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=123959510



Quoi qu'il en soit, je fis jouer à Paris, en 1892 et 1893, diverses saynètes et scènes dramatiques et accepter par Antoine, directeur du Théâtre Libre, une pièce à tendances libertaires en 5 actes "Le Semeur" dont les événements de 1893 et 1894 empêchèrent la représentation. A plusieurs reprises on fut prêt à distribuer les rôles, mais l'explosion d'une nouvelle bombe faisait replonger mon ours au plus profond de l'armoire aux manuscrits de cette hospitalière maison de la rue Blanche où défila tout ce qui porte aujourd'hui un nom dans la littérature française.



Mon ami Colin sachant tout cela et ayant une envie démesurée d'écrire de la musique dramatique me demanda un acte en vers français qui se trouva si complet en lui-même que nous décidâmes de le laisser ainsi et... nous nous mîmes à chercher autre chose. Pendant que nous cherchions cette autre chose, l'idée vint à mon ami qui m'avait entendu chanter quelques couplets basques de ma façon de mettre sur le chantier un opéra en langue eskuarienne et, sans désemparer, il me proposa le point de départ et quelques détails intéressants pour lui de la très simple histoire de Maïtena. Je complétai l'aventure, je plaçai aux bons endroits les situations pathétiques, je télescopai logiquement mes scènes et en trois semaines les deux parties de l'ouvrage étaient achevées. Cela se passait en Janvier de l'an de grâce 1905 et dans le courant de Février la Petite Gironde et les journaux de la Région, annonçaient urbi et orbi ce prodigieux événement. La même année, ou l'année suivante, j'envoyai mon travail au concours dramatique de Vergara où il ne fut pas admis, les concurrents devant exclusivement se servir du dialecte guipuzcoan. Ce fut don Tomas Alzaga, auteur de beaucoup de pièces signalées plus haut et secrétaire du concours, qui reçut le manuscrit. Il n'y aurait rien d'étonnant à ce que cet homme parfaitement honnête et estimable sous tous les rapports, eût, en lisant ma pièce destinée à être mise en musique, trouvé notre idée excellente et songé à nous emboîter le pas. C'est ainsi que "Chanton Piperri" et "Amboto", musique de Zapirain, apparurent sur la scène avant Maïtena, quoique celle-ci fût leur aînée littéraire et même musicale. Chanton fut joué en 1907, Amboto en 1908 et Maïtena en 1909.



C'est un groupement de premier ordre, la Sociedad Coral de Bilbao, admirablement dirigé par le maestro Valle qui monta notre "Pastorale Lyrique" avec un succès qui ne s'est pas encore démenti. Et Dieu sait cependant tout ce que l'adaptateur, réformateur, castrateur qui en plia le dialogue à son castillan incolore et melliflu, se permit de tripatouillages et de non-sens ! Je les lui pardonne comme notre Béarnais pardonna au duc de Feria, mais en lui disant de même : n'y revenez plus !



pais vasco antes teatro vizcaya bilbao
SOCIEDAD CORAL DE BILBAO 
PAYS BASQUE D'ANTAN


Comme il faut parler chiffres avec les gens positifs qui n'accordent de valeur certaine à n'importe quelle manifestation qu'en raison de la somme d'argent qu'elle déplace, je leur dirai que Maïtena fut jouée 8 fois en 1909, 3 fois en 1910 et 3 fois en 1911 : En tout 14 représentations qui firent encaisser à la Sociedad Coral 55 000 francs pour 27 000 francs de frais. 8 000 francs bénéficièrent aux veuves et aux orphelins des marins péris en mer d'Ondarroa dont l'ayuntamiento ignore sans doute les auteurs de Maïtena, car il a négligé de leur adresser un simple mot de remerciements. La Société ajouta à ses réserves 15 000 francs tout en gardant la propriété des décors et du matériel et les initiateurs de tout ce remue-ménage touchèrent 3 250 francs, moins que leurs dépenses et ce qu'ils avaient perdu en abandonnant pour l'amour de l'art basque leurs occupations habituelles : Sic voc non vobis.



culture basque autrefois opéra pays basque
OPERA MAÎTENA 
PAYS BASQUE D'ANTAN

Ils sont tout de même heureux d'avoir donné le branle à cette machine qui pourrait fort bien fonctionne si ceux qui l'alimentent se donnaient la peine d'apprendre le métier d'auteur dramatique. S'il y a là des musiciens de beau tempérament et de grande culture comme Guridi et Usandizaga, il n'apparaît pas que les écrivains soient à leur hauteur.



Quand on pense que ces Messieurs qui ignorent totalement l'eskuara se sont donné les gants de dédaigner Maïtena et n'ont rien trouvé de mieux ensuite que de plagier froidement notre oeuvre, en évitant avec soin — et pour cause ! — tout ce qui possède un caractère autochtone et un peu de couleur locale !...



pays basque autrefois culture opéra
MAÏTENA D'ETIENNE DECREPT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Puissent Thalie et Melpomène leur être indulgentes et ne point paralyser leurs doigts pour avoir osé emprunter à la "Chonchette" de Marcel Prévost — de Marcel Prévost — vous me lisez bien ? le sujet d'une pièce basque : Mirentxu ! C'est de la fantasmagorie !...



Qu'Humperdinck aussi les excuse d'avoir baptisé son Hansel et Gretel : Lide ta Iixdor. Les pôvres !... Ils pilleront demain le vieux Will...



Peut-être un jour, nos bascophiles fortunés de France daigneront-ils s'intéresser à leur littérature naissante et prêter un concours moral et financier à cette louable entreprise, comme ils viennent de le faire en faveur de l'aviation. Ce jour-là, nous ferons appel à la munificence gouvernementale et nous espérons que si notre cher compatriote M. Léon Bérard est en pouvoir de faire bénéficier le Théâtre Eskuara de la manne budgétaire, il ne l'oubliera pas dans ses distributions, puisqu'il a déjà eu cette année la bonne grâce de réserver quelque argent aux directeurs de Théâtre provinciaux qui feraient preuve d'initiative. Avis à celui de Bayonne..."





A suivre...







(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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samedi 7 février 2026

LES PASTORALES AU PAYS BASQUE EN JUILLET 1921 (cinquième partie)

LES PASTORALES EN JUILLET 1921.


La pastorale est un spectacle théâtral traditionnel du Pays de Soule, de plein air et amateur, rassemblant chaque année la population d'un village ou d'un groupe de villages.




soule autrefois pays basque theatre pastorale
PASTORALE DE MENDITTE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet Etienne Decrept, dans le quotidien La Gazette de Biarritz-

Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 27 juillet 1921 :



"Le Théâtre Basque et ses origines.

Le Théâtre Moderne — Chanton Piperri — Amboto — Amaya — Semetchia.



... Le Théâtre Moderne.



On cite bien vers la fin du 18e siècle un comte de Peñaflorida qui composa un vaudeville à couplets mi-basque, mi-castillan : El borracho burlado (L'ivrogne dupé) qui m'a tout l'air d'être emprunté au répertoire du Caveau. Puis, plus rien...


Au dernier siècle, après le relèvement des ruines entassées par les luttes civiles, une organisation se forma à San-Sebastian pour jouer des pièces composées par les sociétaires. Cette société existe encore et chaque année à la San Tomas et en d'autres circonstances elle joue drames et comédies. Il n'y a pas de rôles féminins dans ces ouvrages où ils y sont d'une telle insignifiance qu'on les pourrait supprimer sans dommage ; mais si naïves, si faibles que soient ces petites pièces elles ont le mérite d'être faites en basque et non en castillan, comme tout ce qui fut fait à Bilbao jusqu'à la création de "Maïtena".



On m'a communiqué un numéro de la Bazconia de Buenos-Ayres, dans lequel M. Echave, de Bilbao, revendique pour M. l'abbé Azcue, auteur du grand dictionnaire trilingue Basque-Français-Espagnol, l'honneur d'avoir fondé le théâtre basque. C'est là une prétention injusticiable. M. Azcue et, à son initiative, le dit M. Echave, n'écrivirent avant la parution de "Maïtena" que des pièces rédigées en castillan et d'une puérilité désarmante. Si c'est à du théâtre basque, je réclame la priorité pour la "Robe Rouge", de mon ami Brieux, une vraie pièce celle-là, dont l'action se déroule au pays basque parmi des personnages basques.



soule autrefois pays basque theatre pastorale
JOURNAL BASKONIA de BUENOS-AIRES



Mais non !... J'appelle théâtre basque celui qui peint en langue basque seulement des passions que les basques éprouvent d'ailleurs avec toute l'humanité.






Chanton Piperi-Amboto.




soule autrefois pays basque theatre pastorale
OPERA CHANTON PIPERRI
LIVRET DE DON TORIBIO ALZAGA

Sans cette condition primordiale, il n'est pas de théâtre basque et la pièce qui l'a remplie à peu près pour la première fois, c'est Maïtena, incontestablement.




pays basque autrefois culture opéra
MAÏTENA D'ETIENNE DECREPT
PAYS BASQUE D'ANTAN


L'aventure vaut d'être précisée :

En 1896, le compositeur Charles Colin qui savait que je m'étais occupé d'art théâtral à Paris, où j'avais fait représenter quelques petits ouvrages et refuser quelques autres, Colin me demanda un acte en vers français qu'il voulait soutenir par de la musique de scène et dans lequel je devais lui réserver des parties de chant.


Me laissant entraîner par mon sujet, je fis une pièce traitée tout à fait en comédie et où la partie lyrique ne comportait qu'une chanson chantée à la cantonade. Colin et aussi Brieux me conseillèrent de la laisser ainsi et de l'envoyer à M. Jules Claretie qui fut à deux doigts de la recevoir pour la Comédie française ; si j'avais habité Paris j'aurais, je crois, pu obtenir le résultat désiré ; mais les absents ont toujours tort... et j'estime que cela est bien ainsi.


Il y avait certainement sous les yeux des membres du comité de lecture ou de l'omnipotent M. Monval un certain lot d'actes en vers valant tout autant que le mien et dont les géniteurs demeuraient à Paris, c'est-à-dire acceptaient les difficultés d'existence que rencontrent là-bas les débutants non fortunés. Il est juste que ces victimes de la littérature soient, — puisque il est impossible de satisfaire tout le monde, — plus favorisées que le provincial ne sacrifiant, lui, que ses heures de loisir à la commune idole.


Plus tard, Colin qui m'avait entendu chanter quelques strophes basques de ma façon eut une idée mirifique : celle d'entreprendre un opéra en langue euskarienne, et, sans désemparer, il me proposa à peu près toute la ligne du premier acte de Maïtena, en me laissant le soin d'enchaîner les scènes et de mettre en relief les situations. Il se liait à moi pour dégager le deuxième acte des prémices posées. Le sujet ne m'emballait pas trop à cause de sa vague ressemblance avec celui de Mireille, mais je comptais sur les différences des caractères et des événements à provoquer pour détruire cette ressemblance. C'est ce à quoi je réussis assez pour que personne ne nous ait pu qualifier de pasticheurs ou de plagiaires.



Les journaux de la région annoncèrent l'achèvement du poème et la mise en train de la musique en février 1905 et j'envoyai cette même année mon manuscrit au concours dramatique basque de Vergara. Il n'y fut pas admis, les concurrents devant se servir du dialogue guipuzcoan à l'exclusion de tout autre. Ce fut Don Toribio Alzaga qui reçut mon manuscrit. Ce poète — du reste estimable sous tous les rapports — trouva sans doute notre idée de théâtre lyrique excellente, puisqu'il écrivit immédiatement le livret de Chanton Piperri que Zapirain mit en musique et qui fut joué en 1907. Amboto, des mêmes auteurs, fut joué en 1908. Maïtena, leur aînée, ne fut présentée au public de Bilbao par la célèbre Sociedad Coral de cette ville qu'en 1909, avec tout le luxe et tout le soin désirable. La junta se montra fastueuse, les interprètes, quoique amateurs pour la plupart, se comportèrent on ne peut mieux. Il ne m'appartient pas d'exalter les beautés de l'oeuvre ni d'en signaler les défauts. Il m'est permis cependant de rappeler son succès qui eut un retentissement énorme dans le pays basque et même plus loin, car les principaux quotidiens de Paris et de Madrid lui consacrèrent de copieux articles.



Elle fut représentée huit fois en 1909, trois fois en 1910 et trois fois en 1911.



Elle fit encaisser, quoique le prix du fauteuil d'orchestre ne fut que de 4 francs et même de 2 fr. 50 pour les matinées et soirées populaires, 55 000 francs pour 27 000 fr. de frais.



Une seule représentation procura 8 000 fr. aux veuves et aux orphelins des pêcheurs d'Ondarroa péris en mer.



Je ne compte pas celles qui furent données depuis 1911.



L'impulsion due à Maïtena fut considérable ; successivement parurent Mendi-Mendijan, paroles de Power, musique de Uzandizaga ; Mirentchu, livret de Echave, musique de Guridi ; Urzuri-Urlo, paroles et musique d'Azcue.



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MENDI-MENDIYAN
MUSIQUE DE JOSE MARIA UZANDIZAGA


Les deux premiers ouvrages seulement ont survécu.



Après l'échec de certaines compositions peu inspirées, un temps d'arrêt se produisit.



Amatchi, de Colin et Decrept, opéra à grand spectacle, mis à l'étude par l'orphéon donostiarra en 1914, fur une victime de la grande guerre : elle dort depuis ce temps dans les cartons de l'excellente société ; peut-être sa soeur aînée Maïtena, que ce même orphéon et ses solistes interprèteront pour la première fois entièrement en basque dans le parc de Mme la duchesse de Mandos à San Sebastian, le 29 juillet prochain, jouera-t-elle le rôle du charmant Prince auprès de la Belle au tiroir dormant.



Depuis leur création, les opéras basques suivants se sont promenés un peu partout où il y a des colonies eskuariennes, en Europe et en Amérique, Madrid, Barcelone, Vitoria, San Sébastian, Mexico, Buenos-Aires, Hendaye ont vu l'un ou l'autre de ces ouvrages. 



Une traduction de Maïtena notamment, superbement interprétée au Théâtre de la Nature de Hendaye par des artistes de l'Opéra et de l'Opéra-Comique : Mmes Jeanne Bourdon et Clouzet-Claverie, MM. Cazenave, Cerdan et Dufour, plut beaucoup au public très dilettante accouru de toute la Côte Basque.



Amaya.



En 1920, Guridi a donné à Bilbao son oeuvre principale Amaya, avec le concours des meilleurs chanteurs de l'Opéra Royal de Madrid et de la Société philarmonique de Barcelone. La Choral de Bilbao fournissait les chours et les tenants des petits rôles. Le succès fut retentissant.



Semetchia.



Quand j'aurai cité Semetchia, si aimablement joué à Saint-Jean-de-Luz ce printemps par Mme Lafargue Gabriel et MM. Ramos, Paul Henry et Bringeon, je serai au bout de la liste des pièces basques significatives. Elle n'est pas longue ; mais y a-t-il beaucoup de petits et même de grands pays qui puissent en présenter une semblable ?..."



A suivre...






(Source : Wikipédia et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et « La Baskonia », la construction de l’identité basque en Amérique - Sabino Arana Fundazioa)








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samedi 25 octobre 2025

DU THÉÂTRE BASQUE À BILBAO EN BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1910

DU THÉÂTRE BASQUE À BILBAO EN 1910.


L'opéra Maïtena des Labourdins Etienne Decrept et Charles  Colin, créé à Bilbao le 9 mai 1909, est présenté en Biscaye en juin 1910.



lundi 15 septembre 2025

LE BASCOPHILE ÉTIENNE DECREPT PAR HENRY GODBARGE EN 1938

LE BASCOPHILE ÉTIENNE DECREPT.


Etienne Decrept, né à Bayonne (Basses-Pyrénées), le 1er novembre 1868 et mort le 8 mai 1938 à Bidart (Basses-Pyrénées), est un dramaturge, peintre et décorateur Basque.




pays basque bascophile écrivain peintre décorateur
ETIENNE DECREPT



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque

le 24 mai 1938 :


"Le bascophile : Etienne Decrept par Henry Godbarge.



Est-il trop tard pour évoquer cette originale figure du Pays Basque, bascophile, poète et érudit ? Certes ! non. Quelques-uns de ses mais qui le regretteront, longtemps encore, se plairont à parler de lui, de ses bons mots, de ses joviales plaisanteries, de ses humoristiques histoires contées, mimées savoureusement. Oui, bien sympathique et bien caractéristique physionomie qui vient de disparaître inopinément. Elle mérite plus et mieux que quelques lignes de nécrologie.



pays basque bascophile écrivain peintre décorateur
AVIS DECES ETIENNE DECREPT



Certes, il était plaisantin. Mais s'il était jovial compagnon, pour ses intimes qui ont pu l'apprécier, il n'en était pas moins homme de lettres d'une érudition rare. Non seulement, il était l'auteur de Maïtena et de diverses autres pièces basques, mais de nombreuses poésies que sa curiosité et sa facilité littéraires lui faisaient éclore avec l'aisance la plus charmante au monde. Il aurait pu, en effet, beaucoup produire et toujours sans effort. Mais un métier à exercer, une famille à élever, et surtout des goûts de dilettante aimant à jouir des lettres plutôt qu'à en vivre, l'ont détourné d'une fécondité qui l'aurait assujetti. Car il aimait à bien vivre et surtout à vivre en indépendant, au milieu de ses livres.



pays basque autrefois culture opéra
MAÏTENA D'ETIENNE DECREPT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ses livres ! Ses meilleures joies, en même temps que ses meilleurs compagnons, peut-être trop exclusifs amis qui l'ont détaché de tous, isolé dans ce petit pays de Bidart où il s'était fixé... Certes, il a connu, avec eux, les plaisirs élevé qu'ils procurent, mais peut-être a-t-il trop vécu dans leur intimité et pas assez avec ses pensées propres, ses rêves, ses sujets d'inspiration !...



Il discutait trop, il dissertait trop avec les beaux esprits de sa bibliothèque et il restreignait trop les élans de sa propre imagination. C'est le défaut de trop d'érudits. Que d'artistes bien doués comme lui se sont confinés dans des travaux intéressants, mais stérilisants de bénédictins, alors qu'ils auraient pu être des créateurs féconds et puissants.



Decrept, en effet, employait ses meilleures heures à lire et à relire. Aussi que n'avait-il pas lu ? Et ce qu'il y avait de prodigieux, c'est qu'il avait très peu oublié ! Il récitait des pages entières de poètes, de philosophes. Et tout cela n'était-ce pas au détriment de l'inspiration aussi bien que de la production ?... La Muse capricieuse est jalouse de sa liberté, de ses échappées fantaisistes ; elle récompense seulement de ses bienfaits, de ses trésors, les rêveurs, fils soumis à ses caprices ; et elle n'accorde guère ses faveurs aux logiciens, aux raisonneurs impénitents qui, au lieu de créer, s'attardent à tout analyser, à tout disséquer. Que de lettrés, trop nourris de lettres ont détruit en eux la flamme créatrice !...



Sans doute, Decrept a été un semblable lettré. Ce bascophile avait tout pour être un beau créateur dont le Pays Basque se serait enorgueilli. Il avait la verve, la facilité, la technique, la vivacité d'esprit. Peut-être aussi comme Rivarol, a-t-il dissipé ses trésors en paroles que la plume ne fixait pas et que le vent emportait. Et c'est sans doute regrettable aussi bien pour le théâtre et les lettres que pour le Pays Basque. On comprend d'ailleurs, après des journées de claustration studieuse chez ce grand liseur, le besoin de se détendre. Quel régal alors pour ses amis conviés à l'entendre. Quel brillant causeur devenait cet érudit, ce "puits de sciences". Et qu'il était bien disciple de Rabelais, à tous égards !... Et, comme le grand ancêtre, quelle jovialité et quelle bonne et saine gaieté !... Et quel esprit puisé aux meilleures sources d'une sève gauloise aussi bien qu'aux meilleurs endroits des plus beaux esprits français.



Aussi, pourquoi regretter ce qui n'a pu être. Peut-être a-t-il mieux valu qu'il en fut ainsi. Si Decrept n'a pas connu toutes les griseries, les enivrements de l'artiste, connu, fêlé, flatté, du moins il n'en aura pas éprouvé les déceptions, les jalousies, les amertumes. Il n'aura pas été le "déraciné", comme tant d'autres, que la gloire a éloigné de la petite patrie. Et dans son pays, dans son cher Pays Basque, il aura joué son rôle. Il aura plus et mieux vécu que le sage cultivant seulement son jardin. Il aura éduqué des amis, il aura élevé une famille, il aura amusé parfois des foules, il aura été le bascophile militant qui a réussi ce tour de force d'être avec un tempérament de révolutionnaire, le défenseur des traditions ethniques d'un pays original. Cela ne suffit-il pas à la gloire d'un homme !..."




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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samedi 8 octobre 2022

LE THÉÂTRE BASQUE EN 1909

LE THÉÂTRE BASQUE EN 1909.


L'opéra Maïtena des Labourdins Etienne Decrept et Charles  Colin, créé à Bilbao le 9 mai 1909, a été présenté en Biscaye en juin 1910.




culture basque autrefois opéra pays basque
OPERA MAÎTENA 
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Comoedia, le 21 mai 1909, sous la plume de R-M. 

Petit :



"Une oeuvre de décentralisation.


La Rénovation du Théâtre basque.


Un Opéra en patois labourdin.



Le théâtre basque, depuis deux cents ans environ, n'avait eu pour le représenter aucune oeuvre originale. On se contentait seulement de jouer, en plein air, des mystères et des chansons de gestes de notre vieux moyen-âge : Hélène de Constantinople, par exemple, eut toujours un succès considérable, qui, encore, fut extraordinaire lors de la dernière représentation qui eut lieu en été il y a deux ans.



pays basque autrefois pastorale le tanneur
RENCONTRE DE PASTORALE
LE TOURISTE ET LE CHEVALIER
PAR JACQUES LE TANNEUR



Devant cet abandon, de nombreuses sociétés basques, tant en France qu'en Espagne, se créèrent pour rénover le théâtre basque en s'abreuvant aux sources de l'art populaire. Ceci se passait en 1905. De très nombreux projets furent mis à l'étude ; ils aboutirent à l'établissement d'une série de représentations annuelles qui comprendraient à la fois des œuvres lyriques et dramatiques. Et pour le début, le choix se porta sur la musique.



Deux Basques, qui n'appartiennent en rien au monde du théâtre, se chargèrent de l'entreprise, MM. Charles Colin et Etienne Decrept. Et de leur collaboration, sortit une pastorale intitulée Maitena, la plus aimée, en deux actes, et qui retrace les mœurs labourdines, c'est-à-dire celles des paysans de la région de Saint-Jean-de-Luz.



pays basque autrefois culture opéra
MAÏTENA D'ETIENNE DECREPT
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ainsi donc, sur un livret de M. Etienne Decrept, peintre décorateur d'églises, M. Charles Colin a écrit une musique des plus curieuses, en faisant revivre et en réadaptant les vieux airs, les vieilles mélodies du pays basque. Qu'il me soit permis ici de vous présenter M. Charles Jean Colin. M. Colin est le fils du peintre bien connu Gustave Colin. Suivant la voie tracée par son père, il étudia d'abord la peinture dans laquelle il eut dans la suite une certaine notoriété que lui valut sa grande toile : Le Jeu au théâtre (1904). La vie de Paris ne séduisant pas M. Colin, celui-ci retourna au pays natal, où il alla se fixer à Ciboure. Là, la musique l'attire, et sans professeur, il se mit à l'étudier. Il apprend seul l'harmonie, la retrouve en composant, et après l'avoir retrouvée, il l'étudia dans ses maîtres préférés : Gluck, Beethoven et Berlioz. En même temps, la poésie, la politique et la magistrature l'attirent. Et maintenant, il est simplement juge de paix. Et c'est dans les moments de loisir que lui laissent les procès de nos bons paysans, de 1905 à 1907, qu'il compose son opéra. En autre temps, il fit un opéra-bouffe, l'Intendant infidèle, encore inédit, et écrivit des morceaux de musique religieuse basque.



La région se rappelle un Pater Noster chanté à l'église de Ciboure par le prince Bogidar Karageorgewitch, qui fut accompagné à l'orgue par Pierre Loti.



Après avoir composé un certain nombre de mélodies, il termina son opéra. La conception musicale de M. Charles Colin est fort originale.



La voici, résumée. Au moment où les airs basques sont devenus à la mode, par suite de décentralisation, il fut frappé de la difficulté de les avoir purs, En effet, dans les villes, ils ne sont pas écrits et les Basques qui ont une mémoire auditive fort bonne retiennent, mais pêle-mêle, ce qu'ils ont entendu, et y mêlent des finales, des chansons à boire, des romances, ce qui a pour effet de détruire le véritable caractère de rythme et de mode. Dans les campagnes, ils mêlent ces airs aux chants religieux. M. Colin en a conclu que pour retrouver les airs basques, il fallait les faire chanter par les pâtres, les bouviers, dans différents endroits et tâcher de retrouver le thème initial de cette musique quelquefois sauvage, bizarre, mélancolique. Et Colin s'est livré à une étude des plus approfondies qui a abouti à la naissance de La Plus Aimée, œuvre qui ne pouvait être faite que par une personne ayant vécu tout le temps au milieu des Basques.



M. Colin aurait désiré faire représenter son œuvre en France. Mais hélas, il n'y a pas dans le pays basque, région française, des artistes susceptibles de jouer et de chanter en patois.



Force fut pour lui de s'adresser en pays basque espagnol : il trouva à Bilbao une société chorale, dont le but est d'encourager et de reconstituer la musique basquaise.



pais vasco antes teatro vizcaya bilbao
SOCIEDAD CORAL DE BILBAO 
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ainsi donc, la première de cet opéra, à la musique extrêmement originale, aux thèmes parfois étranges, à l'orchestration si simple que l'on dirait souvent être presque du plain-chant, aura lieu, ces jours-ci, à Bilbao, Mais, pendant la saison estivale, Saint-Jean-de-Luz pourra applaudir l'œuvre que fera revivre les vieilles traditions et les coutumes de nos paysans basques labourdins."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mardi 25 septembre 2018

DES REPRÉSENTATIONS THÉÂTRALES BASQUES À BILBAO EN BISCAYE EN JUIN 1910

REPRÉSENTATIONS THÉÂTRALES BASQUES À BILBAO EN JUIN 1910.


L'opéra Maïtena des Labourdins Etienne Decrept et Charles  Colin, créé à Bilbao le 9 mai 1909, est présenté en Biscaye en juin 1910.