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dimanche 6 novembre 2022

JACQUES LE TANNEUR ILLUSTRATEUR DU PAYS BASQUE EN 1928

JACQUES LE TANNEUR.


Jacques Le tanneur né le 6 décembre 1887 à Bordeaux et mort le 20 janvier 1935 à Bordeaux était un illustrateur et journaliste français.





pays basque autrefois illustrateur bordeaux


Jacques Le Tanneur a beaucoup séjourné au Pays Basque dont il se fera un ambassadeur à 

travers nombre de ses oeuvres.




Après avoir régulièrement passé ses vacances, enfant, à Biarritz, il loue dès le début des années 

1920 une maison à Bidart. Puis il y fait construire la villa Pantxika-Baïta, achevée en 1929.



Il collabore avec le commandant William Boissel et le peintre Philippe Veyrin, fondateurs du 

Musée basque de Bayonne en 1924, et a publié en 1932 A l'ombre des platanes, chronique des 

provinces basques.



Nombre de ses oeuvres ont été reproduites sur des cartes postales, et sur la vaisselle de la 

faïencerie Henriot.



pays basque autrefois accident illustrateur
ACCIDENT AU PAYS BASQUE
PAR JACQUES LE TANNEUR



Jacques Le Tanneur a été l'ami de Ramiro Arrue, Francis Jammes, Pierre Loti, Rosemonde 

Gérard, Edmond Rostand.



Voici ce que rapporta à son sujet le programme officiel de la Fédération Française de Pelote 

Basque, en 1928, sous la plume de Georges Planes-Burgade :



"Jacques Le tanneur.



Les Basques constatent avec une surprise, mélangée d’orgueil et aussi d'une sage ironie, que leur pays est, depuis quelques années, l’objet de l’engouement général. Comme le flot de l’Océan bat leurs rivages, l’afflux des touristes déferle sur leurs routes. Tout le long du golfe étincelant, les chalets poussent comme des champignons. Autour des frontons où les pilotaris rivalisent d’adresse et de force ; le long des rues de la vieille ville où défilent derrière une statue écrasée d’ornements, des cohortes de jeunes hommes en pantalons blancs et bérets rouges qui tirent des feux de salve vers le ciel ; devant l’estrade où des danseurs aux vestes chamarrées bondissent droits et graves, avec une telle légèreté qu’on cherche au bas de leurs mollets ronds les ailes de mercure ; partout où les traditions locales s’affirment, on voit accourir la foule des curieux extasiés... Chez les hôtes d’une saison qui roulent dans leurs limousines, comme chez les voyageurs d'un jour secoués dans les autocars, ce n'est qu’un cri "que ce pays est beau et que nous l’envions".



Quand un vieux Basque, assis dans sa cheminée, sous le jambon et la guirlande de piments rouges, recueille les échos de cette enthousiasme, je ne serais pas surpris que ce fût avec un haussement d’épaules, car il a conscience que ces passants trop pressés n'ont rien compris... Le Pays Basque livre à tout venant ses montagnes d’améthyste, ses gorges où chantent les eaux vives, ses coteaux couronnés de chênes, ses plaines que le blé et le maïs revêtent d’un manteau d’or ; il ne cache rien de sa vie extérieure, mais il garde jalousement le secret de son âme...



pays basque autrefois fête illustrateur
FÊTE AU PAYS BASQUE
PAR JACQUES LE TANNEUR



Le Peuple Basque a résisté à toutes les invasions, même pacifiques. Il ne se hérisse pas, il ne résiste pas ; il laisse passer, confiant dans sa forte personnalité ; il se contente de rester lui-même en conservant sa foi, ses mœurs, ses usages, sa langue.



Un tel peuple, un tel pays, avaient de quoi tenter la curiosité des littérateurs, et des artistes. Beaucoup sont venus. 



Quelques-uns ont tiré un heureux parti des spectacles qui avaient enchanté leurs yeux. Mais combien sont-ils qui aient su voir et reproduire autre chose que la couleur, les lignes, l’apparence des êtres et des choses ?...



Pour déchiffrer et exprimer l'âme basque, il faut être Basque soi-même où y suppléer par un miracle d’amour et de patience.



Le cas de Jacques Le Tanneur pourrait nous en fournir la preuve.



Jacques Le Tanneur est né à Bordeaux, mais ses ancêtres maternels portaient le nom, très répandu en Eskual-Herria, de Larre, ce qui l’autorise à supposer qu’il a du sang basque dans les veines.



Tout enfant il venait régulièrement passer ses vacances à Biarritz : il reconnaît cependant, que, longtemps il ne sut apprécier de cette villégiature que les agréments futiles, la vie élégante, le luxe brillant et cosmopolite.



La poésie du Pays Basque, son charme profond, son originalité, lui furent révélés de façon assez curieuse, par une vieille maison (une des dernières de Biarritz, restaurée avec beaucoup de goût par M. Larrebat-Tudor, le très aimable architecte biarrot) et surtout par la contemplation des premières œuvres de Ramiro Arrué. Jacques Le Tanneur ne se lasse pas de proclamer l’admiration qu'il a pour le génie (Francis Jammes a prononcé le mot) de Ramiro Arrué et saisit chaque occasion de lui payer le tribut de sa reconnaissance.



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PÊCHEURS DEVANT UNE CIDRERIE
PAR JACQUES LE TANNEUR



Notre ami a commencé tout jeune à dessiner...



Les marges de ses cahiers et de ses livres de collégien étaient couvertes de croquis qui témoignaient à la fois de dispositions exceptionnelles et d’une passion précoce pour l’art tauromachique.



Cette passion n’a fait que s’affirmer cependant que son talent ne cessait de se perfectionner.



Notre artiste fut d'abord l’interprète amusé des élégances et des petits ridicules de sa cité natale. Dans de nombreuses estampes que les amateurs se disputaient, comme dans son bel album "Les Heures Bordelaises ", il a non seulement reproduit avec une fidélité et une admirable sûreté de crayon, les silhouettes de quelques-uns de ses plus notables concitoyens, mais saisi sur le vif et pour jamais toute une société, dont le snobisme hautain s’allie d'ailleurs à de solides qualités provinciales.



Mais si Jacques Le Tanneur a trouvé à Bordeaux de quoi satisfaire son goût pour la satire légère et indulgente, c’est au Pays Basque qu’il a pu donner libre carrière à sa sensibilité.



Depuis la guerre, il passe chaque année plusieurs mois à Guéthary. Avec la foi d’un catéchumène, il s’est appliqué à connaître de mieux en mieux cette contrée et cette population vers lesquelles l’a ramené sans doute une hérédité longtemps en sommeil.



Sur le Pays Basque d'aujourd’hui et d’autrefois, il a lu, il a continué à lire tout ce que publient des auteurs compétents. Il n’est aucun point de la côte de Bayonne à Bilbao, aucun village de l’intérieur, de St-Jean-Pied-de-Port à Mauléon, qu’il n’ait exploré. Il a parcouru en tous sens l’Eskual-Herria du côté français comme du côté espagnol, à pied, à cheval, en auto, en avion. Il connaît sa petite patrie d’élection comme un Bordelais sa ville.


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AU CABARET
PAR JACQUES LE TANNEUR


Au cours de ses randonnées, il a recueilli d'innombrables notations caractéristiques, pour composer des scènes vécues où, volontairement, les personnages, les animaux, les édifices tiennent une place plus importante que le paysage lui-même.



Son ambition c’est d'être le peintre des mœurs basques.



Certes, il ne s’astreint pas à une copie littérale et chacune de ses œuvres est une synthèse largement conçue, tirée des détails recueillis en maints endroits divers. Mais il tient scrupuleusement à être exact et, pour une erreur qui lui avait été signalée dans le costume d’un danseur souletin, il n’a pas hésité à recommencer une aquarelle.



Il pense, après Ingres, que "le dessin est la probité de l’art".



Trop modeste, il aime à dire qu’il serait satisfait si l’on accorde à ses gouaches et à ses aquarelles une valeur documentaire, si l’on rend hommage à son souci de la vérité.



Cet hommage, Jacques Le Tanneur l’a déjà reçu. Le Musée Basque a voulu posséder plusieurs de ses dessins et la Société des Sciences, Lettres et Arts de Bayonne l’a chargé de la représenter, après le regretté M. Goyetche, auprès de la Société des Études Historiques de la Gironde.



pays basque autrefois marché le tanneur
RETOUR DU MARCHE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Mais qu'on ne s'y trompe pas, le mérite de Jacques Le Tanneur n’est pas seulement d’avoir fixé quelques-unes des formes les plus typiques d’un pittoresque local menacé par le cosmopolitisme niveleur et uniformisateur.



S’il lui plaît de minimiser son rôle, nous avons le devoir de lui rendre équitable justice.



Son œuvre n’est pas seulement digne de retenir l’attention des folkloristes ; elle a aussi les qualités qui enlèvent l’admiration des artistes et des poètes. Des artistes, parce qu’il s’agit d’un dessinateur qui n’ignore rien des secrets d’un métier difficile ; des poètes, parce que chacun de ses petits tableaux est un mélange harmonieux d’émotion et d'ironie et porte à l’esprit et au cœur en même temps qu’il enchante les yeux.



Mais ce qu’il faut surtout souligner ici, c’est qu’on retrouve dans l’œuvre de Jacques Le Tanneur un reflet de cette âme basque, dont nous parlions en commençant, de cette âme fière et hermétique, qui ne se laisse jamais conquérir de haute lutte, mais qui se donne parfois, rarement, quand il lui plaît et à qui a su le mériter."



(Source : Wikipédia)




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mardi 9 février 2021

DES CARICATURES ESPAGNOLES AU PAYS BASQUE EN 1932

DES CARICATURES ESPAGNOLES EN 1932.


En 1932, sont publiées des caricatures espagnoles, concernant aussi le Pays Basque Sud.




pais vasco antes dibujos
CARICATURES ESPAGNOLES



Voici ce que rapporta le journal L'Image, le 1er janvier 1932, sous la plume de Georges Barbarin :



"Caricatures espagnoles.



Au point de vue des formalités, l’Espagne est le plus beau pays du monde.



Une fois la frontière passée, on laisse l’étranger en paix.



Ce n’est pas que l’Espagne manque d’uniformes ou de ronds-de-cuir. Seulement tous ses ronds-de-cuir portent l'uniforme, tandis qu’aucun des porteurs d’uniformes n'a une âme de rond-de-cuir.



On divise les Espagnols en deux catégories : ceux qui n'ont pas de solde et ceux qui en ont une. Comme les premiers sont moins nombreux que les derniers, il y a toujours une majorité pour le gouvernement.



L'uniforme le plus respecté est celui du garde-civil parce que celui-ci tape plus fort que tous les autres.



Il est fait de drap olive, avec des buffleteries jaune serin. Chapeau noir en cuir verni, retroussé par derrière. Sa forme, soigneusement étudiée, permet de savoir d’où vient le vent.



Les gendarmes en restent bleus avec galon blanc. Ils portent obligatoirement une petite canne à tête argentée et, à volonté, des lunettes ou le ventre par devant.



Les celadores ou serinas sont des gendarmes en service de nuit, avec la boïna sur l'oreille. Ils dorment quand la ville veille et dorment quand la ville dort.



Les carabiniers ne circulent sur les routes qu’un par un. Produits incestueux du gendarme et du douanier, ils tiennent perpétuellement la mer en joue et leur pas est exactement réglé, avec une minute de retard, sur celui des contrebandiers.



Restent les miquelets, qui surveillent l'arrivée des trains sur le quai de chaque station. Ils ont un pantalon de fantassin 1900, avec une blouse de drap bleu foncé, un petit camail ecclésiastique et, pour couronner le tout, un béret garance surmonté d'un écu d’or.



Il y a des croix partout et des vierges noyées de larmes : aux carrefours, sur les gâteaux, les collines et sur le sein des enfants.



Il y a aussi l’inscription "Votad el estatuto" qui est la formule lapidaire du carpo - catholico - légitima - séparatisme basque.



Elle est peinte au minium sur les murs, les pavés, l’asphalte, les habits, le sable, les nuages, mais n’est pas gravée dans les cœurs.



Les pueblos regorgent d’ânes et de petits enfants.



Les ânes sont doux, mignons, bien élevés et ne parlent que de temps à autre.



Les enfants sont sales, mal élevés et jacassent tout le temps.



Les ânes portent le bât et, sur le bât, leur ânière.



Les enfants se font porter par leurs mères et sont les maîtres de haut en bas.



Les femmes ont le droit de vote depuis l’an dernier. Les enfants l’auront un jour. Mais quand le donnera-t-on aux ânes ?


pais vasco antes dibujos
CARICATURES ESPAGNOLES



En été, l’ouverture du soir est supprimée pour laisser reposer le public.



Bien que les Espagnols aient fait la révolution, les timbres-poste sont tous à l’effigie d’Alphonse XIII, de sorte que si j’envoie dix cartes postales, je suis obligé de lécher dix fois le derrière de l’ancien roi.



La cuisine est pauvre, mais honnête. On mange le potage en second et la salade en premier.



Les gâteaux frais sont fabriqués avec du sable de plage et du clou de girofle, les gâteaux secs avec de la poussière et du papier.



Les œufs à la coque se vident dans un verre et se sirotent comme une glace. Le pain est tellement fin et blanc qu'il a l’air d’être artificiel.





Les abricots viennent par l’express de Paris. Les cerises se récoltent en septembre. Les boucheries vendent de la carne. C’est pourquoi on les appelle "carnicerias". Il n’y a qu’une viande unique qui n’est ni du bœuf, ni du veau, ni du mouton, ni du cheval, ni du porc, et qui est tellement noire et sale que les bouchers ferment les volets de leurs boutiques et vont exercer un autre métier pour ne plus la voir.



Les "confiterias" ne vendent pas de confitures, mais des comestibles. On désigne sous ce nom toutes les choses mises en boîtes quand elles n’étaient plus bonnes à manger.



De loin en loin, pendent des peaux de charogne gonflées qui sont des outres à alicante. 



Dans les cidreries, alignés en face des barriques, des clients muets boivent avec des faces de conspirateurs.



Les vaches travaillent comme vous et moi. Elles donnent aussi du lait, ce que ni moi ni vous ne pouvons faire. La candeur des laitières est si idyllique qu’aucune ne fait son beurre avec.



Le beurre espagnol vient du Danemark On le débite au poids de l’or dans 1’arrière boutique. Chaque étranger n’a droit par semaine qu’à une ration d’un demi-carat. Tous les moteurs humains marchent à l’huile. L’odeur d’olive cuite poursuit les passants, assiège les maisons, investit les rues. 



L’Espagnol d’été mange des sardines avec du pain, des sardines avec la soupe, des sardines avec le dessert. Quand il n’a plus ni dessert, ni soupe, ni pain, il mange des sardines avec des sardines.



Au pays basque, les hommes ont le visage aristocratique, la taille longue et le pied fin. 



Les femmes, petites et sans beauté, semblent appartenir à une autre race. Les danses sont d’une ancestrale chasteté. Au son d’un tambour et d’un fifre, garçons et filles rythment isolément la "habanera" sur la place publique et, pour bien montrer qu’elles ne servent à rien de déshonnête, conservent, tout le temps que dure la danse, les deux mains en l’air.



Les plages sont une rétrospective de 1900. On y trouve les mêmes cabines en bois, le même maître-baigneur insensé, les mêmes maillots à jupes longues. Les caleçons y sont frappés d’une amende civile et les slips d’une religieuse excommunication.



L'électricité est partout dans les villes, les pueblos, les "caserios", dans les rues et sur les routes.



Toute ruelle espagnole ressemble à une toile d’araignée où se prennent et palpitent, à longue journée, de multiples et multicolores haillons.



Le moindre pays a dix compagnies d’électricité dont les lignes se croisent, se coupent, se traversent, s’additionnent, se divisent et se chevauchent. Le premier piquet venu sert d’attache et les montagnes sont plantées d’une forêt de poteaux tortus.



Mille électriciens pour cent habitants, telle est la proportion de cette industrie incomparable. Tout pêcheur, comptable, chaudronnier, cultivateur, marchand d’espadrilles qui ne fait pas ses affaires, s’installe comme électricien.



Les installations en reçoivent le contrecoup et chaque perturbation atmosphérique y sème la déconfiture. Les électriciens remédient à tout dans les vingt-quatre heures avec du fil de fer à lessive, des semences et des épingles de sûreté.


pais vasco antes dibujos
CARICATURES ESPAGNOLES

Sur deux maisons on compte un couvent. Et sur trois couvents, il y en a deux de femmes.



Les automobiles paraissent d’un modèle antédiluvien. Les chars ont tous des roues pleines et les bœufs n’atteignent le soixante à l’heure que les jours de corridas.



La plus grande attraction de l’Espagne de 1932, c’est la peseta.



Pour moins de cinquante pesetas en argent, on a cent francs de papier-quatre-sous. Et, pour moins d’un billet de mille, on se procure deux kilos d’argent.





La véritable unité monétaire espagnole est le douro, qui représente approximativement dix francs de notre monnaie.



Actuellement, pour un douro, on a : une douzaine de sardines avec l’embarcation, un litre d’huile avec le magasin, un fonds de pâtisserie avec la pâtissière, trois paires de souliers et le cordonnier, cinq litres de petits pois et le jardin, deux monastères, un carabinier, et la moitié d’une vache espagnole."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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mercredi 8 juillet 2020

LE "CARNET DE BAYONNE" DE BRAM VAN VELDE EN 1938


BRAM VAN VELDE À BAYONNE EN 1938.


Bram van Velde est un peintre néerlandais, né le 19 octobre 1895 à Zoeterwoude, connu pour un style de peinture semi-figurative intensément coloré et géométrique lié au tachisme, et abstraction lyrique.