Après un Te Deum célébré à la vieille église fontarabienne, par l'évêque de Vitturia, le roi s'est rendu sur l'emplacement de la fondation du pont. Après le discours du maire de Fontarabie et la bénédiction donnée par l'évêque, le souverain a scellé la première pierre aux acclamations de la foule massée sur les deux rives.
En travers de la Bidassoa, des mâts portant des drapeaux français et espagnols marquaient le trajet futur du pont et, sur le versant français, la foule était massée autour des drapeaux et des banderoles signalant les assises du pont et de la route de la Corniche, que les ministres, MM. Barthou, Loucheur et Tardieu, inaugureront ce mois-ci.
La longueur de ce nouveau pont sera de quatre cent cinquante mètres et aura douze arches. Au milieu, un tablier mobile permettra, au besoin, le passage des grands bateaux.
C'est à proximité du nouveau pont que débouchera la grande voie automobile qui va être exécutée d'Irun à Madrid."
HENDAYE 1928 PAYS BASQUE D'ANTAN
L'Express du Midi, dans son édition du 8 septembre 1928 :
Ainsi que nous l'avons signalé, le nouveau pont international dont le roi Alphonse XIII a posé la première pierre hier, à Fontarabie, va enjamber l'embouchure de la Bidassoa, reliant Fontarabie à Hendaye.
Cette inauguration a eu lieu en grande pompe.
L'étroite rue moyennâgeuse de Fontarabie, escaladant ce curieux village, dressé comme un pain de sucre à l'estuaire de la Bidassoa, face aux sables d'or d'Hendaye-Plage, ruisselle de tentures jaune et rouge, aux couleurs nationales. Des hallebardiers en costume du XVIe siècle ouvrent la marche du cortège de hauts de formes et de redingotes qui s'en va attendre le roi aux portes de la ville.
HENDAYE ET FONTARRABIE 1928
PAYS BASQUE D'ANTAN
A l'heure précise, Alphonse XIII, en costume d'amiral, portant la médaille militaire française, saute légèrement de sa voiture, écoute l'hymne espagnol, salue, serre des mains et s'en va rapidement vers l'église, suivi ou précédé d'une cohue que le service d'ordre ne tentera pas de canaliser.
Le souverain continue à serrer des mains sur son passage et à sourire en arpentant cette petite rue, qui parait surgir d'un roman de cape et d'épée d'Alexandre Dumas.
Le sénateur français Strauss, les députés des Basses-Pyrénées tentent de le suivre. Le souverain les lâchera irrémédiablement dans son sept à l'heure très régulier.
SENATEUR PAUL STRAUSS
Te Deum à la cathédrale, cortège de vêtements sacerdotaux datant du mariage de Louis XIV, chants admirables de la célèbre "Schola Cantorum" de Saint-Sébastien, puis de nouveau la cohue, évêques et ducs porteurs du dais qui abrite le roi, sont pressés de tous côtés par la foule qui entoure Alphonse XIII.
Le roi s'amuse fort de la joie de cette foule qui l'escorte et le porte presque. Et la promenade à vive allure continue. On inaugure l'avenue Alphonse-XIII change. La députation du Guipuzcoa est lâchée presque en entier, et lorsqu'on arrive à la place de Fontarabie, face à Hendaye, garnie de milliers de curieux, le peloton des suiveurs du cortège royal s'est égrené en chemin.
HENDAYE ET FONTARRABIE 1928 PAYS BASQUE D'ANTAN
Ici. un semblant de service d'ordre est organisé. Après avoir écouté le discours du maire de Fontarabie, le roi pose la première pierre du pont international qui reliera les deux plages.
La foule pousse des hurrahs !
Un avion français, volant très bas, laisse tomber une gerbe aux couleurs françaises et espagnoles. Le roi dit aux députés français : "J'admire beaucoup votre aviation et j'ai pris une grande part au deuil qui la frappe en la personne de M. Bokanowski, que je connaissais personnellement."
Le souverain a une longue conversation avec M. Martinet, le grand maître d'Hendaye, lequel lui donne, des explications sur la création des routes sur la Corniche, qui continuera l'autostrade prévu jusqu'à Madrid et Grenade.
"On ne fera jamais assez, dit le roi, pour améliorer les relations entre les deux pays amis. Tout ce qui sera tenté dans ce sens recevra mon approbation."
HENDAYE 1928
PAYS BASQUE D'ANTAN
Le souverain parle notre langue sans le moindre accent et on devine combien il éprouve de plaisir à parler français, et maintenant les yeux fixés sur les rives françaises, le roi écoute au garde-à-vous les accents de la Marseillaise.
Il invite ensuite toutes les personnalités présentes à un lunch servi an nouveau casino. Enfin, il se fait présenter l'ingénieur, auteur du projet de pont international.
Ce dernier, blond et athlétique, en tenue d'officier de marine attend la parole royale.
"Mais je vous ai vu quelque part sur un terrain de sport. Votre nom, je vous prie ?
FOOTBALLEUR RENE PETIT REAL UNION CLUB 1928
—René Petit, international français, capitaine du Réal Union d'Irun."
Ce pont ne vit jamais le jour...
(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)
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