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vendredi 12 août 2022

UN GUIDE POUR LE VOYAGEUR EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1877 (quatorzième partie)

 

UN GUIDE DE VOYAGE EN 1877.


Vers la fin du 19ème siècle, apparaissent des guides de voyage pour les voyageurs désirant se rendre en Hego-Alde, dans les  provinces Basques du Sud.





QUAI ZUMAYA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN





Voici ce que rapporta à ce sujet, M. L. Capistou, en 1877 :



"Province du Guipuzcoa.



... Itinéraire.



Lasarte. — Usurbil. — Orio. — Zaraus. — Aya. — Guetaria.— Cestona. — Azpeitia. — Zumaya. — Deva. — Motrico.



Zumaya.



Laissant à gauche la route d'Azpeitia, en venant de Zaraus, on traverse l'Urola à Oiquina, pour se rendre à Zumaya. Le trajet de quelques kilomètres que l'on doit faire est des plus agréables à cause de la variété des sites et de l'étrange beauté du paysage.


VUE DU PORT ZUMAYA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Zumaya est une localité de 1 500 habitants, située presque à l'embouchure de l'Urola, sur une presqu'île désignée sous le nom de Santa-Clara. C'est une antique cité romaine, qui fit partie de la république des Morosgi. Dans son district se trouvent les villages de Artadi, Aizarnazabal et Oiquina.



L'église de Zumaya est d'une belle construction. Sa fondation doit remonter au XIIIe siècle, mais elle fut restaurée au XVIe ainsi que vers la fin du XVIIIe. Elle fut pendant longtemps la propriété des moines de Roncesvalles, mais un bref du pape Innocent X la remit au pouvoir de la ville.



EGLISE ZUMAYA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les habitants de Zumaya se livrent généralement à la culture des champs et à la pêche.  L'Urola est très poissonneuse et l'on y trouve en abondance des saumons, des truites, des loubines et des soles.



Les personnages les plus notables originaires de cette localité sont : José Ibanez de Sasiola, qui fut ambassadeur d'Espagne à Londres, et Juan de Olazabal, conseiller intime de Philippe IV et trésorier-général de la Sainte-Inquisition.



Une route passant à Iciar, village dont l'antiquité est reconnue et dont l'église est remarquable à tous les points de vue, conduit de Zumaya à Deva.


VUE GENERALE ICIAR GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN


Deva.



Ville maritime de 3 000 habitants, connue autrefois sous la dénomination de Monréal de Deva, assise au pied des montagnes de Anduz, sur la rive droite de la Deva, petite rivière qui descend de la sierra de Arlaban, située aux confins du Guipuzcoa, de l'Alava et de la Navarre.



Le port de Deva est accessible seulement aux navires de faible tonnage, à cause des ensablements qui obstruent son embouchure et que l'on n'a pu jusqu'à ce jour empêcher.



VUE GENERALE DEVA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



La ville est bien construite, percée de sept ou huit rues et de diverses places. Son église paroissiale, qui date du XIVe siècle, est fort belle. Elle possède un hôpital, une douane de 3e classe et des écoles d'enseignement primaire et secondaire.



Deva était autrefois un centre commercial de certaine importance, car c'est dans sa rivière que se chargeaient les produits de la Navarre et de la Vieille-Castille, qui n'avaient pas encore de débouché par Bilbao et Saint-Sébastien. En ce moment, le commerce de Deva est presque insignifiant et se réduit à l'exportation du poisson de mer. Sa plage est très fréquentée par les baigneurs.



Dans les montagnes des environs on exploite de riches carrières de marbre et des mines de charbon de terre. C'est dans le territoire de Deva, sur le flanc de la peña de Yciar et en face du village de Mendaro, que se trouve la célèbre source de Quilimon, qui a tant occupé le monde scientifique. Cette source est intermittente.



Elle débite habituellement de grandes quantités d'eau ; mais elle s'arrête parfois d'une manière subite et suspend son travail pendant des heures entières, sans que rien puisse expliquer la cause d'un semblable phénomène. Un chemin vicinal longeant la côte conduit de Deva à Motrico.



ROUTE DE MOTRICO PLAGE DEVA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Motrico.



Petit port très fréquenté par les caboteurs et situé au fond d'une baie que les hauteurs de l'atalaya de San Nicolas préservent des vents d'Ouest.



Motrico est peuplé d'environ 3 000 habitants. On croit que le nom de cette ville est composé des mots monte et trico ou tricua, désignation d'une montagne voisine. D'autres prétendent que c'est l'antique Tricium Tuboricum dont parlent Ptolémée et Pomponius Mêla.



MOTRICO GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Quoiqu'il en soit, le roi de Castille Alphonse VIII ordonna la construction ou reconstruction de la ville et du port, par un acte signé à Saint-Sébastien le 1er septembre 1209.



Motrico fut détruite par un violent incendie, le 18 septembre 1553, puis rebâtie vers la fin du XVIe siècle.



Parmi ses monuments, les plus remarquables sont : le palais de Montalivet, orné de peintures de grand mérite ; la tour de Barrencale ; le palais de Idiaquez ; celui du général Gastañeta, où l'on voit le portrait du célèbre marin D. Cosme de Churruca et une épée qui lui fut offerte par Napoléon Bonaparte.




PORTRAIT DE DON COSME DAMIAN DE CHURRUCA Y ELORZA
By Unknown artist - Own picture of the original portrait (2013-04-30), Public Domain, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=60726815
 



L'église paroissiale est de construction moderne. Elle a été édifiée dans la première moitié de ce siècle sur les plans de l'architecte Silvestre Perez.



C'est D. Cosme Churruca qui en posa la première pierre. Dans la sacristie de ce temple se trouve une magnifique peinture de Murillo, représentant l'agonie du Christ.



Il existe deux autres églises dans le district de Motrico : celles de San Andres de Astigarribia et de N.-D. de Azpilcueta, dans la vallée de Mendaro.



SAN ANDRES DE GASTIRRIBIA GUIPUSCOA



Des montagnes qui dominent Motrico, la plus élevée est le mont Arno, dont l'altitude est de 2 245 mètres. On tire de cette montagne des marbres de couleur et du jaspe.



On cite parmi les notabilités qui ont vu le jour dans cette ville, le général de Gamboa, l'amiral Vidazabal et D. Cosme de Churruca, qui mourut à la bataille de Trafalgar, en 1805.



La population de Motrico vit presque exclusivement du produit de la pêche. Il y a dans ses environs quelques fabriques de conserves de poisson qui occupent un certain nombre d'ouvriers.




TABLEAU MOTRICO
PAR H OÑATIVIA



Itinéraire : Azcoitia. — Elgoibar. — Eibar. — Placencia. — Vergara. — Zumarraga. — Beasain. — Villafranca, etc.



Azcoitia.



En suivant la route qui conduit d'Azpeitia au monastère de Loyola, en remontant le cours de l'Urola, on arrive à Azcoitia, ville de 4 500 habitants, assise au pied de la haute montagne de Itzarriz. C'est une des plus anciennes cités du pays basque, et certains auteurs croient même que c'est l'antique Segontia des Vardules (Donoso Cortès).



Au moyen-âge on la nommait Miranda de Iraurgui, mais le roi Alphonse XI lui ayant concédé le titre de ville, elle devint San Martin de Iraurgui, puis finalement Azcoitia.



L'église paroissiale de cette ville fut construite par les Templiers et demeura leur propriété jusqu'en 1314, époque de l'extinction de l'ordre. Elle passa ensuite au domaine de la couronne et prit le nom de Santa Maria la Real.



Cet édifice religieux fut reconstruit en 1578, .sur les plans des architectes Juan de Lizaranzu et Martin de Armendia. L'orgue fut exécuté seulement en 1648 et le maître-autel en 1660. La tour du clocher fut réédifiée en 1742, ayant été détruite par la foudre l'année précédente.



C'est une construction somptueuse dans son ensemble, ornée de riches autels et belles sculptures. Lorsque l'on procéda à son inauguration et à la translation du Saint Sacrement et des reliques qui reposaient dans l'antique chapelle de Balda, située extrà-muros, un héritier de ce nom, qui portait pour devise sur son blason : Balda antes que Azcoitia, crut ses prérogatives méconnues et voulut s'opposer par la force à la violation de ce qu'il appelait ses droits. Embusqué derrière le portail de sa demeure, il tira un coup d'arquebuse sur le prêtre officiant et le tua ; il eut le temps de fuir à l'aide d'un vigoureux cheval et de gagner la frontière avant que ceux mis à sa poursuite aient pu l'atteindre.



CASA SOLARIEGA DE BALDA AZCOITIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Mais l'indignation populaire fut si grande dans Azcoitia que la casa solar de Balda fut rasée de fond en comble, les matériaux en furent brûlés et dispersés, puis l'on répandit du sel sur l'emplacement qu'elle avait occupé.



Azcoitia est la patrie des Idiaquez, personnages qui remplirent de hautes fonctions en Espagne ; du comte de Penaflorida, qui fonda en 1729 la célèbre Société Royale Vascongade.



Non loin de la ville, dans le vallon de Larramendi, se trouve la fontaine d'eau sulfureuse de San Juan de Dios, près de laquelle on a construit un confortable établissement de bains.



Une route accidentée, tortueuse et très pittoresque, conduit de Azcoitia à Elgoibar, en traversant le col de Azcarete, qui divise les versants de l'Urola et de la Deva."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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samedi 30 juillet 2022

LES FÊTES EUSKARIENNES D'AZPEITIA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN SEPTEMBRE 1893 (première partie)

LES FÊTES EUSKARIENNES EN 1893.


A partir de 1851, Antoine d'Abbadie organise, chaque année, dans les 7 provinces, des concours annuels de pelote et de bertsu (versification en Basque).




pais vasco antes fiestas abbadie
FÊTES EUSKARIENNES AZPEITIA 1893
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet Charles Bernadou, dans le livre Azpeitia, les fêtes Euskariennes 

de septembre 1893 :



"De Bayonne à Azpeitia.



Une première visite à Loyola au mois de juillet, pour les fêtes de saint Ignace, nous avait laissé de si aimables souvenirs que nous nous étions bien promis de saisir une occasion de revoir cette ravissante vallée, cette Casa Santa si curieuse, cette petite ville d'Azpeitia, si pittoresquement assise au bord de l'Urola.



pais vasco antes guipuzcoa religion ignacio loyola
CASA SANTA AZPEITIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Et l'occasion est venue s'offrir le samedi 9 septembre, doublement attrayante, puisqu'au plaisir de faire un second voyage tras los montes en aimable compagnie se joignait pour nous la joie d'assister enfin à ces fêtes euskariennes organisées depuis quarante ans et plus par notre illustre compatriote, M. Antoine d'Abbadie, tantôt dans l'une, tantôt dans l'autre des localités des sept provinces basques de France et d'Espagne.



On sait le noble but poursuivi par le châtelain d'Abbadia : exciter chez tous les Basques le vif amour de leur pays natal, de leurs usages, de leurs jeux, de leurs chants si originaux ; maintenir les traditions des poètes euskariens, de ces improvisateurs si féconds, de ces danseurs et de ces joueurs de pelote aux allures si vives, si harmonieuses.



On sait aussi quel éclat ont eu ces fêtes dès le début à Urrugne, puis à Sare, puis par delà les Pyrénées ; et, pour ne rappeler que les dernières, nos lecteurs n'ont pas oublié le concours et les applaudissements qui saluèrent l'année dernière les fêtes de Saint-Jean-de-Luz.



fêtes tradition labourd autrefois ababdie
FÊTES DE LA TRADITION ST JEAN DE LUZ 1892
PAYS BASQUE D'ANTAN


Cette année c'est à Azpeitia, au fond du Guipuzcoa, dans l'une des plus riantes vallées du Pays Basque espagnol, qu'elles ont eu lieu les 10, 11 et 12 septembre. Et là, comme partout, nos Basques, Français et Espagnols, ont chaleureusement fraternisé et porté aux étoiles leur illustre compatriote Don Antonio Abbadia !



Donc, le samedi 9 septembre, nous courions à toute vapeur vers la frontière, admirant pour la centième fois les merveilleux paysages qui se déroulent des coteaux de la Nive à la baie de Saint-Jean-de-Luz et à l'embouchure de la Bidassoa. A Irun, station d'une heure ! Le moyen de résister à l'envie de revoir Fuenterrabia encore en fête, au lendemain de la fameuse procession religieuse et militaire du 8 septembre, célébrée en mémoire de la levée du siège de 1638 ! Déjà de nombreux groupes s'acheminent vers le cirque pour voir las corridas de novillos. La fanfare municipale donne une sérénade dans la calle Mayor, en l'honneur d'un organiste venu pour prêter son concours à la fête, et sur la plaza de Armas, au pied du sombre château de D. Sancho el Fuerte et de Charles-Quint, des fillettes esquissent un pas de danse.



fuenterrabia antes pais vasco religion
HACHEROS HUIT SEPTEMBRE FONTARRABIE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Nouvel arrêt à Saint-Sébastien : de nombreux baigneurs reprennent le chemin de leurs foyers, et nous voyageons avec une aimable famille de Vitoria à travers les nombreux tunnels et les ponts sans nombre et les viaducs hardis qui forment la voie jusqu'à Zumarraga.



A Zumarraga, nous laissons le train et montons en cesta (voiture d'osier), pour visiter tout d'abord l'église, vaste, riche, avec de beaux autels et des colonnes superbes. Tout autour de l'église, un grand cloître ou préau couvert. En face, de l'autre côté de l'Urola, qui sépare les deux ciudades, est l'église de Villaréal de Urrechu, beaucoup plus modeste.



pais vasco antes guipuscoa guernico arbola
VILLAREAL DE URRECHU GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Mais sur la place de Villaréal se dresse la superbe statue de José Maria Yparraguirre, le chantre inspiré du Guernicaco Arbola. Le barde guipuzcoan, campé sur sa hanche, la tête et les cheveux au vent, la main appuyée sur sa guitare, a vraiment grand air.



pais vasco antes guipuzcoa guernicaco arbola
STATUE DE JOSE MARIA DE IPARRAGUIRRE
URRETXU GUIPUSCOA



Cette statue en marbre blanc, de deux mètres de haut, est portée sur un beau socle de marbre gris et entourée d'une grille. Au fronton du socle sont sculptées les armes de la province de Guipuzcoa. Sur le côté opposé se lit l'inscription suivante :

JOSÉ MARIA YPARRAGUIRRERI

BERE JAYOTERRIAK

EUSKAL-ERRI GUZTIAK

BAITA ERE ERBESTEETAN

SAKABANATUTAKO

EUSKALDUNAK

ESKEINTZEN DIOTE

OROIPEN AU

M DCCC LXXXX



Sur le côté droit du socle :

EUSKAL-ERRIAREN

OROIPENA 



Enfin, sur le côté gauche, une guitare et quelques feuillets de papier, fort délicatement sculptés, sur lesquels se lisent les premières mesures du Guernicaco Arbola.



L'inauguration de ce beau monument, œuvre du sculpteur D. Francisco Font, donna lieu, en septembre 1890, à des fêtes splendides dont la Revista Vascongada fit un enthousiaste compte-rendu. Les trois provinces basques tinrent à honneur d'y être représentées, et comme toujours en Guipuzcoa, ce fut une série de fêtes religieuses et civiles qui durèrent trois jours, les 27, 28 et 29.



Il y eut d'abord, le 27 au matin, procession solennelle des reliques de sainte Anastasie, la patronne de Villaréal, avec tamboriles et danse des espatadantzaris ; puis exécution d'une grand-messe spécialement composée pour la circonstance par le maestro Eleizgaray ; après l'évangile, sermon basque. A la suite de la messe, aux applaudissements de la foule et au chant magistralement exécuté de l'hymne cher aux Basques, l'alcalde découvrit la statue.



pais vasco antes dantza ezpata guipuzcoa
EZPATA DANTZA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Un banquet suivit dans le grand salon de l'Ayuntamiento, orné de guirlandes, de drapeaux ; au balcon se lisait l'inscription significative Soli Deo honor et gloria, et, dans les toasts chaleureux, les présidents des députations de Biscaye, Alava et Guipuzcoa saluèrent noblement le grand nom d'Yparraguirre et surent dire, en excellents termes, combien au cœur de tous les Basques, comme dans les strophes de l'hymne inspiré, Religion et Patrie sont invinciblement unies.



Mais Villaréal est déjà loin de nous, et la voiture s'est engagée dans la gorge pittoresque et sauvage creusée par l'Urola jusqu'à Azcoitia. A droite et à gauche, des champs de maïs, de grands bois de chênes et de châtaigniers, des vergers jusqu'aux cimes les plus élevées, des maisons basques au large toit à deux eaux, mais point riantes et blanches comme en notre Labourd ; quelques-unes même, aux grosses assises, aux murs noircis, basses et carrées, avec un toit très bas sous lequel se voient des traces de mâchicoulis et de meurtrières, ont l'air de forts crénelés.



Et ce sont en effet de vieilles casas torres, plantées sur les bords du torrent, aux passages les plus étroits ; çà et là, des ponts de pierre à dos d'âne, aux arcs d'ogive pittoresquement tapissés de lierres.



Après mille détours , la gorge s'ouvre enfin et nous entrons dans Azcoitia, petite ville fort bien pavée, coupée en deux par l'Urola : ici encore de nombreuses vieilles maisons aux portes et aux croisées ogivales, décorées de nombreux écussons ; une église très vaste et très belle, avec un porche majestueux ; tout à côté, une ravissante petite Alameda avec une belle fontaine formée de deux barriques de pierre. Sur la place de l'Ayuntamiento, les tamborileros annoncent déjà la fête du lendemain, à la grande joie des fillettes qui déjà savent danser le fandango guipuzcoan.



pais vasco antes fandango guipuzcoa
FANDANGO A FONTARRABIE GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Azcoitia a de nombreux caserios, un ermitage pittoresquement perché sur une colline et deux couvents de Sœurs cloîtrées : les Clarisses et les Brigittes (Brigidas recoletas) de Mira Cruz.



A la sortie de la ville, la route fait un brusque détour ; nous laissons à droite les bains sulfureux de San Juan de Dios, et bientôt nous apparaît, émergeant dans le crépuscule, l'imposante coupole de Loyola.



pais vasco antes religion ignacio loyola guipuzcoa
SANCTUAIRE DE LOYOLA AZPEITIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Nous saluons de loin la Casa Santa et la blanche statue d'Ignace, et arrivons enfin, à travers cette vallée riante mais déjà sombre, à Azpeitia. 



La ville est en liesse : fanfares, cohetes, chants et cris éclatent à l'envi dans les rues et sur les places ; c'est à travers une foule de deux mille personnes au moins que nous atteignons la fonda de Arteche, sur la petite place de Buztinguri. M. et Mme d'Abbadie, M. le chanoine Adéma nous y ont précédés. Bientôt D. Juan Bautista de Acilona, primer teniente en funciones de alcalde de Azpeitia, vient au milieu des vivats et des applaudissements souhaiter la bienvenue au Président de l'Institut de France, au Basque illustre, dont le cœur toujours chaud et vaillant bat à l'unisson de tous les cœurs basques.



M. le Maire présente MM. les Membres de la Commission des fêtes, D. Agustin Jauregui, curé d'Azpeitia, D. Angel Antonio Arrese, D. Juan Clemente, D. José Maria Muguruza y D. Antonio Alzuru.



Après le souper, vers les huit heures et demie, une harmonieuse fanfare (la charanga de la ville) nous appelle au balcon : dix-huit jeunes gens, coiffés du béret rouge, saluent de leurs accords les nouveaux hôtes d'Azpeitia, et plus de cinq cents enfants et jeunes gens crient de leurs belles voix de montagnards : Viva, viva don Antonio Abbadia ! Polkas, mazurkas, pas redoublé et même une valse, la Azpeitiana, se succèdent à l'envi, et bientôt éclate, grave et majestueux, le Guernicaco Arbola : tous les fronts se découvrent, et l'hymne grandiose et fier se déroule dans le silence de cette belle nuit de septembre, en toute sa religieuse harmonie. C'est vraiment très beau, très imposant !"



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)






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