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lundi 12 mai 2025

PROVERBE BASQUE DU JOUR ET FÊTE DU 12 MAI 2025 SAINT ACHILLE ET SAINT PANCRACE - XABAT

 


PROVERBE DU 12 MAI 2025 (SAINT ACHILLE) (SAINT PANCRACE) (XABAT).


ACHILLE : D'un mot grec qui signifie "celui qui a de belles lèvres", Achille est le nom d'un très célèbre héros d'Homère.



religion catholique saint sainte achille
12 MAI SAINT ACHILLE DE LARISSA

Ce serait aussi celui d'un évêque de Thessalie, Achille de Larissa qui participa en 325 au concile de Nicée.

On trouve mention de sa présence en tant que pèlerin à Jérusalem au tombeau du Christ et à Rome aux tombeaux des Apôtres.

Achille fut un évêque très attentif aux pauvres, aux malades et aux étrangers. 

Achille meurt en 330.

Ses reliques reposent en Bulgarie, dans une ville dénommée Achilli en son honneur.

Achille est fêté le 12 mai en Occident, remplaçant saint Pancrace de Rome dans le nouveau Sanctorat comme 2ème saint de glace, et le 15 mai en Orient.

Achille est le patron de la ville de Larissa (Thessalie) en Grèce.




PANCRACE : Pancrace de Rome, l'un des saint Pancrace, est selon la tradition né vers 289 ou 290 d'une famille noble de Phrygie (Anatolie).



religion catholique saint sainte pancrace
12 MAI SAINT PANCRACE DE ROME
PAR GUERCINO

Il meurt à l'âge de 14 ans en martyr, en 304, lors des persécutions de Dioclétien à Rome.

C'est le deuxième saint de glace (entre saint Mamert et saint Servais).

Il est fêté le 12 mai.




XABAT : "Salvador" eta "Sauveur" egungo erdaldunetarik eratorriak.

(...) Sabat - Erdi Aroko izena. 1539an, esaterako, Ainhoako (L) erretorea Frai Sabat zen. Hegoaldean ere, Nafarroan batik bat, franko erabili zen XVI. mendean. Aezkoan Xabat etxea dugu, izen honen bizitasunaren lekuko. - - (...)



Une naissance du 12 mai : Charles Bordes.



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PORTRAIT DE CHARLES BORDES
COMOEDIA ILLUSTRE 1910




Né le 12 mai 1863 à Vouvray (Indre-et-Loire) - Mort le 8 novembre 1909 à Toulon (Var).

Charles est un professeur et compositeur français.

Elève de Antoine François Marmontel pour le piano et de César Franck pour la composition, après avoir été employé à la Caisse des Dépôts et Consignations, il est organiste et maître de chapelle à Nogent-sur-Marne, de 1887 à 1890.

En 1890, il est maître de chapelle à l'église Saint-Gervais (Paris) où il crée la chorale des Chanteurs de Saint-Gervais dont les membres sont recrutés dans toute la France et en Europe.

En 1889-1890, il publie Archives de la tradition basque, une collecte de chants populaires, commandée par le ministère de l'Instruction publique.

Ses publications musicales basques sont dix cantiques populaires basques en dialecte souletin.

A partir de 1892 , Charles organise "Les Semaines saintes de Saint-Gervais", pendant lesquelles la messe est accompagnée de musiques italiennes ou françaises de la Renaissance.

En 1894, avec Alexandre Guilmant, Louis-Lazare Perruchot et Vincent d'Indy, il fonde une société de musique sacrée et école d'enseignement supérieur de musique, qui prend le nom de Schola Cantorum.

Cette société est inaugurée en octobre 1896 et on y redécouvre le plain-chant, Palestrina, Josquin des Prés, Victoria, etc..., tout en encourageant la composition d'une liturgie moderne.

Il anime un journal, "La tribune de Saint-Gervais" qui est en fait celui des promoteurs de la Schola Cantorum.

En 1899, Charles fonde la Schola Cantorum en Avignon.

En 1903, il est écarté de la direction parisienne et, en 1905, il crée la Schola Cantorum de Montpellier.

C'est dans cette ville qu'il organise, en 1906, le premier "Congrès du chant populaire" et une nouvelle mise en scène de Castor et Pollux de Rameau.

A partir de 1903, il est atteint d'hémiplégie.

Charles Bordes meurt le 8 novembre 1909, à 46 ans.



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CHARLES BORDES 
ALEXANDRE GUILMANT
VINCENT D'INDY



Voici le proverbe du lundi 12 mai 2025 :


MAIATZAK URIA LAKET.

Mai aime la pluie.



mois calendrier mai pluie
MOIS DE MAI
ILLUST BARRE DAYEZ



(Source : https://www.herodote.net/ et WIKIPEDIA et https://www.euskaltzaindia.eus/)




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samedi 24 août 2024

FÊTES MUSICALES À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN AOÛT 1909

FÊTES MUSICALES À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN 1909.


Au début du 20ème siècle, des fêtes musicales de qualité ont lieu en Pays Basque Nord.




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IPHIGENIE EN TAURIDE DE GLUCK



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Comoedia le 4 septembre 1909 :



"Comoedia" au Pays Basque. 

Un Théâtre de Verdure.

Iphigénie en Tauride.

Le célèbre ballet des Scythes dansé par de jeunes paysans basques.

(De notre correspondant particulier)



Grâce à l'inlassable dévouement de deux artistes de talent, M. Ch. Bordes et Mme Petit-Ducourau, compositeur distingué, la Schola de Saint-Jean-de-Luz vient de donner des fêtes musicales du plus haut intérêt.



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COMPOSITEUR CHARLES BORDES


Ce fut d'abord le dimanche matin 29 août, l'audition de la messe chantée à capella "Douce Mémoire" à quatre voix, de Roland de Lassus (1530-1594). Puis l'après-midi dans le domaine de M. le vicomte de Girouda, sur un théâtre de verdure remarquablement disposé, la représentation du premier acte d'Iphigénie en Tauride de Gluck.




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COMPOSITEUR ROLAND DE LASSUS



Interprétation de ce chef-d'œuvre impeccable à tous les points de vue ; rôle d'Iphigénie merveilleusement tenu par Mlle Nougaret, élève de M. Ch. Bordes, à la Schola de Montpellier, qui possède une voix bien timbrée, beaucoup d'ampleur et un véritable talent dramatique ; chœurs détaillés avec une expression d'exquise justesse par les jeunes filles de la Schola ; rôle de Thoas rempli par M. Simonnet, à la belle voix de baryton. Sous la direction de M. Ch. Bordes, orchestre parfait formé par des artistes de talent amateurs pour la plupart.



Le ballet des Scythes fut en outre exécuté par un double quadrille de paysans basques venus des vallées de la Haute-Soule, de Tardets. M. Ch. Bordes, aidé dans sa tâche par un véritable artiste, M. Rougier, maître de ballet au théâtre de Montpellier, réalisait ainsi un rêve depuis longtemps caressé. Le résultat fut surprenant et couronné d'un plein succès ; les figures de combats avec l'épée et le bouclier, ou le bâton furent dansées avec un ensemble parfait, et un sens de la mesure et du rythme extraordinaires. Ce fut, en un mot, une véritable révélation.



Puisse cette tentative si concluante se renouveler souvent et puissions-nous voir la création, à Tardets, en plein pays basque, d'une école de danse où toute une jeunesse alerte, saine, vive, éminemment agile et souple, développerait encore ces heureuses dispositions ! Nous verrions ainsi dans un temps très prochain naître une phalange d'artistes de la danse qui égaleraient peut-être un jour les Vestri, les Nijinski et les Fokine.



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MICHEL FOKINE
DANS PAQUITA 1905



Parmi le public élégant et enthousiaste venu en automobile de Biarritz, Saint-Sébastien et environs, nous avons reconnu : Marquis et marquise d'Arcangues, comte Jean d'Arcangues, duc et duchesse de Tamamès, duchesse de la Torre, prince et princesse Radziwill, comte et comtesse de Heeren, l'ambassadeur d'Espagne à Saint-Pétersbourg et la comtesse de la Vinaza, M. Soulange-Bodin, ministre plénipotentiaire et Mme Soulange-Bodin marquise de Guadalmina, M. et Mme Camille Bellaigue, marquis et marquise d'Elbée, M. Léon Bonnat, membre de l'Institut, M. René Maizerov, Mme Catulle Mendès, M., Mme et Mlles Petit de Meurville, M. Pierre Ribéra, le peintre bien connu et Mme Ribéra, comtesse de Casaeguia, comtesse des Courtis, duchesse de Cadaval, comte et comtesse de Marollesy comte et comtesse Tristan de l'Hermitte, baron et baronne de Grandmaison, comte et comtesse de Boni, comtesse de Laur de la Lauzade, M. et Mme de Cadarau, Mme et Mlle Téroulde, baron et baronne de Cardenau de Borda, M. et Mme de Olazabal, M. et Mme de Laroizabal, M. et Mme de Urquijo, baronne de Torsiac, Mme de Hoym de Marieu, marquis et marquise de Carbajal, M. Jules Labat, ancien député des Basses-Pyrénées et Mme Jules Labat, baron et baronne de Coral, Mme Gaëtane Vicq, artiste lyrique, Mlle Blanche Selva, M. René d'Avezac de Castéra, M. Meletta, M. Joachim Labrouche, M. et Mlle Roquebert, M. Charles Petit, président honoraire de la Cour de Cassation, M. de Larralde-Dinstéguy, conseiller général des Basses-Pyrénées, etc., etc.




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GAETANE VICQ
PHOTO D'EUGENE PIROU
SOURCE GALLICA



Le lundi soir 30 août, la Schola donnait en outre son concert annuel où nous eûmes le plaisir d'entendre et d'applaudir dans la romance de Lalo et dans la Polonaise de Winiewsky une jeune violoniste de talent, Mlle Noëla Cousin, lauréate du Conservatoire.




VIOLONISTE NOËLA COUSIN



Deux mélodies fort originales de M. Ch. Bordes furent aussi très goûtées. Sous la direction de ce grand artiste, Mlle Nougaret et M. Simonnet chantèrent l'oratorio de Franck : Rébecca, accompagnés à l'harmonium par M. de Castéra.



Les chœurs des jeunes filles et des chameliers exécutés par environ 60 membres de la Schola, enthousiasmèrent, à juste titre, l'auditoire et soulevèrent tous les applaudissements."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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samedi 17 août 2024

LE CULTE DE LA DANSE EN SOULE AU PAYS BASQUE EN 1909

LE CULTE DE LA DANSE EN SOULE EN 1909.


Les danses souletines sont parmi les plus anciennes du Pays Basque et sont d'une grande diversité.




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COMPOSITEUR CHARLES BORDES


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien Comoedia, le 6 septembre 1909 :



"Le Culte de la Danse en Soule.



A propos des Fêtes Traditionnelles basques données à Saint-Jean-de-Luz les 29 et 30 août et des danses souletines exécutées à cette occasion, nous recevons cette note de M. Charles Bordes, fondateur des "Chanteurs de Saint-Gervais" et Directeur de la Schola Cantorum : "De toutes tes provinces basques, la Soule est peut-être celle où l'amour de la danse est le plus vivant, le plus respecté, le plus aimé, entretenu avec un véritable culte par toute une jeunesse belle, saine, ardente et souple qui maintient comme elle le peut et par la seule force et le respect de la tradition, les divertissements chorégraphiques que leur ont légué leurs ancêtres. 



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FONDATEURS DE LA SCHOLA
CHARLES BORDES
VINCENT D'INDY ET GUILMANT


"Chargé autrefois, et à plusieurs reprises, par le Ministère de l'Instruction Publique de mission au Pays Basque afin d'en recueillir les traditions populaires et surtout les chansons, je fus frappé à la vue des danseurs Souletins non seulement de leur agilité mais de la complication apparente de leurs pas, de leur correction et surtout du soin qu'ils prenaient à en surveiller l'ordonnance. C'était le temps des beaux danseurs, il y a déjà vingt ans. Ces traditions chorégraphiques comme toutes les traditions dites populaires, les chansons, les contes de veillées, les Pastorales, étaient les vestiges d'œuvres de lettrée et musiciens reconnus, de chorégraphies consacrées, dont la tradition populaire s'était emparée pour les déformer peut-être, les ennoblir souvent, les réincarner en leur donnant la marque du milieu et de la race où elles s'étaient réfugiées. Frappé des racines que cette chorégraphie toute populaire semblait prendre dans nos traditions françaises de la danse de théâtre aux XVIIe et XVIIIe siècles qui, du théâtre, s'étaient transportées dans les écoles de danse de régiment comme il en existait autrefois, ce qui fut un bienfait, pour enfin venir échouer au village dans de lointaines vallées pyrénéennes du Pays Basque où elle fleurit encore pour le régal de nos instincts plastiques et de nos yeux, au lendemain de la dure leçon que les danseurs russes du ballet impérial de Saint-Pétersbourg sont venus nous donner ce printemps, alors que chez nous la danse par les hommes est absolument discréditée et oubliée au théâtre, il m'est venu l'idée un peu saugrenue mais originale quand même de prouver qu'il existait en France un pays, le Pays Basque, où la danse par les hommes est encore vivante et respectée. Je rêve donc, après avoir fait exécuter à ces jeunes gens leurs danses traditionnelles basques d'adapter ce qui leur reste de traditions françaises de chorégraphie d'Art aux rythmes du célèbre ballet des Scythes d'Iphigénie en Tauride du grand Glück ; ballet dansé au XVIIIe siècle par les seuls hommes que l'on remplace souvent à notre époque par de vulgaires travestis.



Je me suis attaché pour cette tentative de reconstitution, un homme de l'art vieilli dans le métier, M. Rougier, qui fût un de nos derniers danseurs de théâtre et fût longtemps maître de ballet. Il vint à Tardets, et c'est le fruit un peu hâtif de quelques jours d'études en plein pays basque sur un groupe de jeunes gens intuitifs et passionnés que nous venons vous présenter aujourd'hui.



Soyez indulgents à la hardiesse de la tentative et au résultat obtenu. Puissent-ils prouver l'excellence de la danse masculine au théâtre, et faire germer à la suite de ces fêtes la nécessité de créer, en plein pays basque, à Tardets, une école de danse pour enfants et jeunes garçons susceptible de devenir plus tard une pépinière de danseurs de théâtre qui, élevés à la fois dans l'amour et le respect de leurs danses traditionnelles locales et de l'art chorégraphique de nos grands Maîtres de l'Opéra français seraient appelés à devenir peut-être un jour, comme au XVIIIe siècle, des Vestris, ou comme de nos jours en Russie, des Niginsky ou des Folkine."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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mercredi 18 janvier 2023

LE COMPOSITEUR CHARLES BORDES ET LE PAYS BASQUE

LES TROIS VAGUES DE CHARLES BORDES.


Charles Bordes, né à Vouvray (Indre-et-Loire) le 12 mai 1863 et mort à Toulon (Var) le 8 novembre 1909 est un professeur et compositeur français.




compositeur france pays basque
COMPOSITEUR CHARLES BORDES



Voici ce que rapporta La Revue mondiale, le 15 octobre 1924, sous la plume de Gustave 

Samazeuilh  :



"La musique.


Un drame Basque inédit de Charles Bordes : Les Trois Vagues



Puisque, cette fois-ci encore, les théâtres et les concerts parisiens veulent bien nous laisser quelque répit, je voudrais vous dire quelques mots d’une œuvre hélas restée inachevée, mais qui mérite, par sa saveur pénétrante, par son accent direct d’être sauvée de l’oubli. Le souvenir de son auteur, prématurément disparu voici près de quinze ans, est reste vivant dans le culte des vrais musiciens. Nul artiste n’a, plus que Charles Bordes, aimé profondément la musique. Nul ne s’y est plus passionnément dévoué, laissant de côté son intérêt personnel, sacrifiant sans compter ses dons remarquables de producteur à la résurrection de tout le glorieux passé de notre art. Je ne vous rappellerai pas ici en détail l’œuvre multiple de cet infatigable animateur : la fondation des Chanteurs de Saint-Gervais de la Schola Cantorum, la diffusion, par éditions spéciales, du chant grégorien, de chefs-d’œuvre de Palestrina, Schutz, Roland de Lassus. Carissimi, Bach, Lulli, Rameau. C’est grâce à lui que le goût et la culture des artistes et du public se sont peu à peu libérés de l’emprise despotique du magnétisme ou du joug humiliant du judaïsme cosmopolite de l’opéra meyerbeerien. Absorbé entièrement par sa mission divulgatrice, arrêté trop fréquemment aussi par les misères d’une santé chancelante, surtout pendant les dernières années de sa vie, Charles Bordes oubliait qu’il nous devait la réalisation des espérances qu’avaient fait naître ses mélodies de jeunesse si librement expansives, si fraîches, sur des poèmes de Verlaine et de Francis Jammes, sa Suite, sa Rhapsodie Basque. Il oubliait surtout qu’il avait entrepris depuis 1896 un important drame musical, les Trois Vagues, dont l’idée première lui était venue pendant les fréquents séjours qu’il fit en pays basque afin d’y recueillir, sur le désir du Ministère des Beaux-Arts, une ample et superbe moisson de thèmes populaires. Le poème entier, auquel une curieuse légende euskarienne servait de dénouement, était écrit, et la musique suffisamment arrêtée dans son esprit, pour que Bordes ait pu dès 1900 donner à de nombreux amis, — et notamment aux directeurs de la Monnaie de Bruxelles Kufferath et Guidé, qui avaient aussitôt reçu l’ouvrage, — des auditions au piano des Trois Vagues dont le souvenir est resté ineffaçable dans la mémoire de ceux qui purent y assister. On avait d’abord espéré que l’esquisse de premier jet, dont Bordes se servait alors, avait pu être complétée par lui avant sa mort. Hélas ! les musiciens et hommes de lettres, amis de Charles Bordes, que son frère M. Lucien Bordes réunit l’hiver dernier à cet effet, durent constater que tout était resté en l’état. Il semblait dès lors presque impossible, même aux mains les plus pieuses et les plus habiles, de terminer une oeuvre d’un caractère aussi spécial que les Trois Vagues, avec des brouillons aussi sommaires et même fréquemment incomplets, — toute la fin du deuxième acte et d’importants fragments du troisième manquent entièrement —, sans s’exposer à la défigurer gravement. Deux compositeurs connus, de tendances très différentes, également admirateurs de Charles Bordes, MM. Guy Bopartz et Raoul Laparra, furent néanmoins pressentis, par scrupule de conscience. Après avoir individuellement et à loisir pris connaissance des ébauches diverses laissées par Bordes, ils se récusèrent successivement, pour les mêmes raisons et à leur vif regret, vu l’exceptionnelle valeur qu’ils reconnaissaient à l’œuvre: il apparut alors à tous que le meilleur moyen de sauver de l’oubli ces esquisses d’un si grand intérêt était de les déposer à la bibliothèque de l’Opéra, où elles seront mises incessamment à la disposition du public.



chanteurs musique schola cantorum
FONDATEURS DE LA SCHOLA
CHARLES BORDES
VINCENT D'INDY ET GUILMANT



"C’est surtout de l’art populaire, art d’intuition et d’ingénuité qu’on a pu dire qu’il exprime fidèlement le caractère de la race, qu’il reflète avec clarté et profondeur les traits essentiels du pays où cette race a fixé sa vie." Ces paroles si pénétrantes extraites d’une communication que fit en 1897 Charles Bordes au Congrès d’ethnographie de Saint-Jean-de-Luz me semblent, mieux que toutes autres, aptes à vous faire comprendre l'esprit qui inspira la composition des Trois Vagues. comme je vous l'ai dit plus haut, le poème utilise en sa partie finale une légende populaire d’ailleurs librement interprétée, et que Bordes a su très habilement fondre dans une action émouvante et variée dont voici l’essentiel :


Le premier acte se déroule sur les falaises du Socoa, près de Saint-Jean-de-Luz, dans la maison du sandalier Ganis (Jean en basque) sans cesse ébranlée par le rude vent du large. Jean, malgré les douloureux reproches de sa femme Maïten, est passionnément épris de Maya, basquaise espagnole d’une grande beauté, être étrange, moitié femme, moitié sirène. Il ne peut dissimuler son trouble quand sa lamia — c’est ainsi qu’on nomme dans le pays ces créatures mystérieuses — reparaît, l’invite à venir la retrouver dans la montagne, et part, provocante, en compagnie du jeune Gracien pour Elizondo, où son père Récalt prépare, à l’occasion de la fête traditionnelle, une partie extraordinaire de pelote. Touché par la douleur silencieuse de Maïten, Jean cherche à retrouver la paix dans son travail solitaire, puis monte bientôt rejoindre sa femme au premier étage. La nuit est venue, et, sur la scène restée vide, Maya reparaît transformée en lamia, casquée d’un diadème en forme de coquillage. Elle proclame son pouvoir fatidique sur les êtres qui se laissent ensorceler par ses charmes, sur la Vague de la mer elle-même, qu’elle peut asservir à sa volonté. Elle disparaît enfin dans un nuage de soufre et d’encens... On voit bientôt Jean, d’un pas hésitant, comme appelé par une force supérieure, redescendre l’escalier du fond. Il trébuche dans un voile laissé par Maya, s’y noie fiévreusement le visage, et disparaît dans la nuit à la poursuite de l’enchanteresse. Rideau.



Au second acte, nous voici en plein pays basque espagnol, sur la place d’EIizondo, décrite par Bordes dans son poème avec la plus minutieuse saveur. C’est la fête de Saint-Michel. On voit redescendre de la montagne la procession solennelle, sous les rayons dorés du soleil couchant, au son des cloches, des fifres et des salves d’artillerie. La foule se précipite dans le jeu de pelote, dont l’entrée et une partie des gradins sont visibles de la place. Maya souhaite bonne chance à Gracien, qui va lutter contre Jean, champion du jeu. Elle lui donne rendez-vous après la partie, et embrasse longuement la main qu’elle veut victorieuse. Jean, survenu brusquement, a surpris le geste. Il lui reproche amèrement son infidélité et entraîne son partenaire au jeu. Mais le sort se déclare obstinément contre lui. Ulcéré, violemment hué par ses anciens admirateurs, il ne tarde pas à abandonner la partie. C’est en vain que Gracien, ayant pitié de sa détresse et resté malgré tout son ami, lui offre de quitter le pays dès le lendemain avec lui. Jean, resté seul, médite sur les déceptions successives que lui cause la poursuite de sa passion coupable. L’obscurité a grandi...



A la faveur d’un rayon de lune, il aperçoit Maya et Gracien enlacés devant la fontaine. D’un bond, il saisit son rival par les épaules, et lui brise les reins en le jetant sur le mur du rebot. Aux cris de Maya, les gens accourent. On emporte le corps dans l’église et Jean est conduit à la prison dont Maïten, survenue éplorée, se voit refuser l’entrée. Au moment où, restée seule, elle passe devant la fontaine elle y voit réapparaître le buste de Maya en lamia. Détournant la tête, elle disparaît, comme écrasée par la fatalité, tandis que la toile tombe lentement.



Le dernier acte se déroule à Guétaria, sur la côte du Guipuscoa. Jean dort sur la grève, auprès d’une barque autour de laquelle évoluent des lamias semblant, par leurs gestes, le vouer à une perdition certaine. L’aube paraît, Maïten en haillons sort de la cabane de pêcheurs voisine et supplie son mari bientôt réveillé de ne pas partir en mer, où un rêve lui a prédit qu’il trouverait sa perte. Jean refuse, car il appartient désormais tout à son devoir. Décidée au sacrifice pour sauver l’âme de Jean, Maïten l’accompagnera donc sur les flots et triomphera successivement avec lui des Trois Vagues terribles qui, au cours d’une scène saisissante de tragédie féerique, tentent d’engloutir la barque : la Vague de lait, la Vague de larmes, et la Vague de sang. Réfugiés au plus haut sommet d’un roc contre lequel est venu se briser leur frêle exquis, Jean et Maïten, enlacés célèbrent l’intensité de leur amour reconquis. tandis que le disque du soleil levant surgit des profondeurs de la mer, on entend les chants lointains des pêcheurs bretons qui apparaissent bientôt avec leurs barques aux voiles rouges et mauves. Ils viennent délivrer les naufragés, qui rendent grâce au Seigneur tandis qu’un chœur de génies tutélaires et une ample péroraison orchestrale concluent le drame "dans une polyphonie reposante et quasi-religieuse".



Cette analyse malheureusement trop sommaire, où je n’ai pu qu’à peine utiliser les multiples indications scéniques si suggestives que Bordes a prodiguées en marge d’un texte dont il comptait mettre au point certains détails, est cependant suffisante, me semble-t-il, pour vous permettre d’apprécier en quoi 1e poème des Trois Vagues se distingue nettement de la médiocrité courante des livrets d’opéra. Avec son allure en quelque sorte improvisée de vaste chan populaire, qui était tellement dans la nature de son auteur, il nous frappe par son lyrisme intense, la variété évocatrice de ses épisodes, et ce mélange continu de féerie et de vie réelle qui est au fond même de l’âme d’une race mystérieuse, unique sans doute au monde par la singularité de sa langue, par son caractère concentré et fier, très différent du tempérament méridional français ou de la furia espagnole. Et la partition s'annonçait comme d’une qualité égale. Musique libre et mélodique où revit, au deuxième acte surtout, quelque chose de l’esprit de Carmen, musique capable tour à tour des accents les plus contenus et des plus frénétiques élans, .le me souviens de l’émotion directe des scènes initiales entre Maïten et Jean, de la méditation pénétrée du sandalier à son établi, des sinueuses vocalises de la scène fantastique de Maya. Je me souviens surtout de la couleur intense, de l’originalité poétique du tableau d’Elizondo, où les épisodes locaux, tous établis sur de savoureux thèmes populaires basques, se mêlent si heureusement à l’action. Je me souviens aussi de la grandeur pathétique de la vision finale, de l'apparition successive des trois Vagues, des voix enjôleuses ou désespérées des laminas, de l’hymne d’amour reconquis de Jean et de Maïten, du lever glorieux du soleil sur l’Océan, tandis que monte le chant des pêcheurs...



Je m’en souviens mieux encore, dans cette maison familière aux murs blancs, juchée sur le coteau de Bordagain, dominant toute la baie de Saint-Jean-de-Luz et la vallée d’Urrugne, presque mitoyenne de celle qui vit naître la majeure partie des Trois Vagues. Je vois, après vingt-cinq ans, comme si elle datait d’hier, l’audition que Bordes voulut bien m’y donner de cette œuvre prenante. C’était à la fin d’une de ces miraculeuses journées de la fin de septembre où, de même qu’elle éclaire aujourd'hui de ses rayons dorés ma table de travail, la lumière incomparable que vous savez répandait sur la ligne souple des Pyrénées finissantes et l’immensité glauque de la mer sa griserie chantante. Je revois mon ami heureux de se sentir revivre dans ce pays qu’il aimait, qu’il comprenait si bien. Je l’entends, jouant, chantant, mimant, improvisant même parfois ces trois actes avec un enthousiasme si spontané, un emballement si juvénile, une expression si communicative que la nuit nous trouva tous réunis autour de lui au piano. Les Trois Vagues semblaient ainsi frémissantes de vie, et entièrement réalisées dans son cerveau de créateur. Celui-là même qui suivait des yeux l’esquisse sommaire suffisante à Bordes pour retrouver le fil de sa pensée, était tenté d’oublier le travail matériel considérable, l’expérience consommée de l’orchestre et du théâtre, le temps qu’eût exigé la mise au point définitive de l’ouvrage d’après des éléments aussi incertains et parfois même inexistants ! Le lendemain, malgré les reproches amicaux de ses auditeurs, Bordes était le premier à n’y plus penser, repris tout entier par son "idée" du jour, que ce fût la création d’une école de danse à Tardets, dans l’intérieur du pays basque, ou l’exhumation de quelque opéra-ballet méconnu de Lulli ou de Rameau ! Les Trois Vagues pouvaient toujours attendre... Hélas !... le destin — souvent complaisant à tant de faux artistes, affamés d’intrigues, uniquement préoccupés de faire au mieux leurs affaires sur le dos d’autrui et de nous encombrer sans relâche des spécimens de leur industrie fortunée —, n’a pas permis à Charles Bordes de vivre assez longtemps pour songer à lui, et terminer l’œuvre maîtresse qui l’eût révélé tout entier au public, et qu’évoquent bien imparfaitement ces quelques souvenirs... Mais le rare exemple de désintéressement et d’amour de ce Saint-François d’Assise de la musique nous reste. Il nous rappelle utilement, en l’époque d’arrivisme et d’égoïsme féroces où nous avons la tristesse de vivre, que l’art véritable n’est jamais le reflet d’une âme basse, et qu’il ne vaut, le plus souvent, que par ce qu’elle a valu elle-même."



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