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mardi 25 août 2026

L'ACADÉMIE GASCOUNE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DE 1926 À 1973 (deuxième partie)

 

L'ACADÉMIE GASCOUNE DE 1926 À 1973.


Le 7 mai 1926, est fondée à Bayonne une association loi 1901 : "l'Académie Gascoune de Bayoune".


academie gascoune bayoune
ACADEMIE GASCOUNE BAYOUNE


Voici ce que rapporta à ce sujet Léon Herran dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & 

arts de Bayonne, en janvier 1973 :



academie gascoune bayoune
GASCON LEON HERRAN



"L'Académie Gascoune (1926-1973).


L’Académie Gascoune, à la suite de cette réunion, était fondée. Elle se composait de Quarante membres dont voici la liste :

Joseph Beisque, Georges Bergès, Jean Bouzet, Félix Broca, A. Claverie, Joseph Detchepare, Ch. Duclos, Amédée Dufourg, Pierre Dupin, Henri Dordosgoity, Louis Dours, Auguste Etchepare, Denis Etcheverry, Henri Gavel, Goalard, Benjamin Gomez, Fernand Gomès-Silva, A. Hargouet, E. Hargouet, Guillaume de Hiriart, J. Laborde, J. Lafitte, Jean Lamarque, P. Landoussy, Pierre Landrieu, R. Larrebat-Tudor, Léon Lascoutx, Armand Legrand, P. Lespès, E. Maisonnave, J.-B. Molia, Louis Novion, Henri Piet, Isidore Porché, Pierre Rectoran, Pierre Simonet, Raymond Sousbielle, Barthélémy de Véquy, J.-L. Lamarque, Carlito Oyarzun. 



academie gascoune bayoune
CAPITOU CONSTITUTIF 7 MAI 1926





academie gascoune bayoune
CARLITO OYARZUN ACADEMIE GASCONNE


Monsieur Pierre Rectoran fut le premier Secrétaire-Perpétuel. Un directeur en exercice devait être changé tous les trois mois. L’Académie devait tenir un Capitou par mois et un orateur était chargé de prononcer un discours en langue gasconne. Tous les débats devaient se dérouler dans cette langue.  



academie gascoune bayoune
PIERRE RECTORAN
SECRETAIRE PERPETUEL ACADEMIE GASCONNE


Notons la disparition totale des Académiciens de la première heure, le dernier, Raymond Sousbielle, deuxième secrétaire-perpétuel, après Pierre Rectoran, étant décédé, âgé de plus de 90 ans, il y a une dizaine d’années. 



L’Académie Gascoune n’a pas disparu pour autant. Elle s’est même renouvelée d’année en année et a poursuivi les buts que ses prédécesseurs s’étaient tracés. 



Les séances du début ne connurent guère le succès qu’elles obtiennent de nos jours. Disons, pour être franc, que ces Capitous étaient trop... académiques, du genre monotone, quasi ennuyeux. L’Académie Gascoune se cherchait. Elle trouva en la personne de Carlito Oyarzun un animateur incomparable qui insuffla une vie nouvelle à la docte Compagnie. 



Les chiffres ont leur aridité, mais il est intéressant de savoir que depuis l’année 1926 jusqu’en 1937, l’Académie tint 56 Capitous, dont quelques-uns portent la marque de brillants débats. 



Les années passent et les deuils s’accumulent. L’Académie pourvoit au remplacement des disparus. Ainsi en 1942, au cours de cinq Capitous, MM. Gomès-Silva et Goalard étant décédés, Mlle Suzanne Castets, le Dr Gentilhe, M. Lacouture, M. Saldou sont reçus, ainsi que M. F. Barbe et Mlle Dicharry. 



C’est cette même année qu’entrèrent encore à l’Académie Gascoune : MM. Pierre Labrouche, Pierre Pariès, R. Cuzacq, Maisonnave, Pourquié, Joinaud, Jeanpierre, Léon Canton. Cette rentrée compensa les pertes et l’Académie compta alors les Quarante Membres exigés lors de sa fondation. 



N’oublions pas que nous sommes en guerre et que les Allemands occupent le pays. Cela n’empêche nullement l’Académie de se produire en 1943 au moins quatre fois. Elle enregistre deux décès MM. Maisonnave et Larrebat-Tudor. Par contre Jean Elichagaray est reçu en cette même année. 



Rien au cours de l’année 1944. Par contre, en 1945, cinq nouveaux académiciens font leur rentrée. Ce sont : MM. Godinot, Labourdique, H. Laroche, J. Latapy, Gaston Plaa au cours de deux Capitous.



Deux Capitous figurent au tableau de 1946 et trois nouveaux académiciens font leur rentrée : MM. Léon Herran, Sorin et Félix Broca. C’est en 1947 que MM. Giraudel et Antoine Mendiara sont reçus en remplacement de MM. Lacouture et Lascoutx, décédés. 



De 1948 à 1949, sept Capitous se tiennent, soit dans le grand salon de la Mairie, soit au Musée Basque et de la Tradition bayonnaise. En 1950, M. Dufourg, d’Anglet, disparaît, tandis qu’en 1951, Léonce Dussarrat fait sa rentrée, MM. Joinaud et Landoussy décèdent. 



L’année 1952 est une année cruciale pour l’Académie Gascoune. Elle perd successivement son Secrétaire-Perpétuel, Pierre Rectoran et son directeur, Carlito Oyarzun. 



Une nouvelle formule sera adoptée pour la succession des Directeurs, en opérant une rotation pour chaque Académicien, par ordre d’entrée et prenant le directoriat pour deux années. 



Benjamin Gomez est le premier de ces Directeurs, tandis que Raymond Sousbielle est désigné comme Secrétaire-Perpétuel en remplacement de Pierre Rectoran. 



De 1952 à 1954, on enregistre cinq nouveaux Académiciens. Ce sont MM. Castillon, Dr Dabadie, Victor Mendiboure, J.-L. Laporte, F. Dupaya. Félix Broca meurt en 1954. 



En 1955, MM. G. Larrebat, Edmond Lamarque, Gieure et R. Lavignasse compensent la perte de MM. Pierre Landrieu, J. Bouzet et Henri Gavel. 



L’année 1956, c’est au tour de Joseph Latournerie et Joseph Latxague d’entrer à l’Académie Gascoune. 



C’est cette année que la docte Compagnie fêtera le trentième anniversaire de sa fondation. Une grande séance académique se tient au Théâtre Municipal avec le concours de l’Orchestre Jeanblanc et des Chœurs de Jean Etchepare, en présence d’une foule considérable. 



En 1958, Capitou important en présence de Mgr P. Gouyon, évêque de Bayonne et de M. Georges Forsans, maire de la ville. Louis Servon est reçu à l’Académie. 



C’est cette même année que sont inaugurées les Journées du Gascon, dont nous parlerons plus loin. 



En 1960, réception de M. le Chanoine Pierre Puchulu et de Lucien Lagrave, ainsi que du Colonel Edgar Bergès. On enregistre le décès de Joseph Detchepare, Alphonse Castillon et Benjamin Gomez. 



C’est le tour de Jean Dupaya, maire de Peyrehorade, en 1961, d’entrer à l’Académie, tandis que l’année suivante ce sera celui d’André Sapaly, auteur de revues bayonnaises, notamment Malaye. 



Ainsi d’année en année, avec ses joies et ses peines, l’Académie poursuit son chemin. Les joies sont celles des entrées. Nous citerons Mme Madeleine Mesplé-Lassalle, native de Biaudos, Résistante, Officier de la Légion d’honneur ; Henri Courrian, Officier en retraite, Chevalier de la Légion d’honneur ; Charles Durdeyte, de Boucau ; Jean Coutenso ; Sylvaine Saëz ; Henri Lavielle, Député-Maire de Saint-Paul-les-Dax ; Raoul Bénesse, directeur honoraire de l’Enseignement ; Henri Morichère, Officier en retraite ; Julien Orthet, retraité ; enfin, un jeune, Marcel Sarraute, employé de Banque, natif de Saint-Martin-de-Seignanx. 



Pour les peines, hélas ! les deuils s’acharnent dans nos rangs. Nous avons perdu, tour à tour, Louis Servon, Henri Courrian, J. Latournerie, René Godinot, et la dernière en date Mlle Suzanne Castets. 



Tel est le bilan de l’Académie Gascoune depuis 1926 jusqu’en 1973. Il s’avère positif, si l’on tient compte, qu’après quelques éclipses, l’Académie a tenu depuis une trentaine d’années, au moins quatre Capitous par an. 



Ces Capitous dont il faudrait parler, mais qui nous entraîneraient à de trop longs développements. Disons, pour les résumer, que chacun de ces Capitous, été comme hiver, remportèrent un immense succès, tant par les communications que par l’affluence record d’une foule ne se lassant jamais de les suivre avec intérêt. 



Il nous faut ajouter encore quelques lignes pour parler des "Amis du Gascon" et des Journées du Gascon."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France et Histoire de l'académie - Site Jimdo de academiagascona!)



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samedi 25 juillet 2026

L'ACADÉMIE GASCOUNE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE DE 1926 À 1973 (première partie)

L'ACADÉMIE GASCOUNE DE 1926 À 1973.


Le 7 mai 1926, est fondée à Bayonne une association loi 1901 : "l'Académie Gascoune de Bayoune".


academie gascoune bayoune
ACADEMIE GASCOUNE BAYOUNE


Voici ce que rapporta à ce sujet Léon Herran dans le Bulletin de la Société des sciences, lettres & 

arts de Bayonne, en janvier 1973 :



"L'Académie Gascoune (1926-1973).



On ne peut dissocier notre Société des Sciences, Lettres et Arts de l’Académie Gascoune. Toutes deux d’origine bayonnaise, l’une fêtant son centenaire, l’autre dans trois ans, atteignant sa cinquantième année. 



Il est une autre raison. Les Académiciens Gascons ont tous appartenus, à quelques exceptions près, à notre Société. Il n’est que que de se souvenir des Pierre Simonet, Carlito Oyarzun, Ferdinand Barbe, Pierre Rectoran, Raymond Sousbielle, René Godinot et tant d’autres, dont le nom nous échappe aujourd’hui. 



academie gascoune bayoune
PIERRE RECTORAN
SECRETAIRE PERPETUEL ACADEMIE GASCONNE


Avant d’entreprendre l’historique de l’Académie Gascoune, il convient de parler de la langue pratiquée par les Bayonnais, les Angloys et les Biarrots pendant des siècles. Les controverses sur les origines de Bayonne, l’attribution toute gratuite d’honorables bascophiles de son étymologie : Baï-Ona (bonne rivière) ne peut constituer à nos yeux une preuve formelle de Bayonne-basque. Les nombreuses cités portant soit le même nom de Bayonne, Bayon, Bayonville, etc. répandus du Nord au Sud de la France, démontrerait que les Basques ont acquis droit de cité dans tout le pays des Francs. 



Il nous faut encore parler de la langue gasconne, que d’aucuns auraient tendance à assimiler à un "patois". Je m’en voudrais de ne pas citer un maître du parler. Académicien français, qui fut à maintes reprises, ministre de l’Instruction publique, député, puis sénateur de notre département et même Ambassadeur de France, j’ai nommé Léon Bérard.



homme politique béarn ministre sénateur
LEON BERARD
SENATEUR BASSES-PYRENEES 1927 ET 1936

"Il n’est guère de préjugés plus répandus et plus tenaces, écrit-il dans la Préface de l’ouvrage de J. Bouzet et Th. Lalanne "du Gascon au Latin", que ceux qui se sont formés autour du mot et de la notion de "patois". Les langues méridionales que l’on parle encore aux environs d’Avignon et d’Arles, dans la région de Toulouse, à Dax, Bayonne, Pau et Orthez, ce n’est là, pense-t-on assez communément, que du français corrompu, du français dégénéré. Et des illettrés ne sont pas seuls à professer une erreur aussi grossière : elle a trouvé créance auprès d’hommes assez instruits et qui ont même feuilleté l’inestimable Littré, mais en omettant de lire la préface qui les eût détrompés à jamais. 



Comme le mépris qu’ils font des prétendus "patois" se comprend et s’explique aisément par une telle croyance ! A quoi bon étudier, entretenir et révérer des jargons misérables qui ne sont qu’une corruption de la langue de Bossuet et de Voltaire, qui ressemblent au français comme les boniments d’un guide napolitain ressemblent à une plaidoirie de Cicéron, comme telles harangues de réunion publique à un discours de Mirabeau ! N’est-il pas urgent, au contraire, de rejeter ces haillons linguistiques afin que tous les esprits, en France, soient ornés des splendeurs et des richesses de la langue nationale ? 



Ils seraient bien empêchés, ces braves gens, si nous les mettions en demeure de nous dire de combien le français est antérieur au provençal et au gascon, quand et comment le français est venu à se corrompre, entre Saint-Rémy-de-Provence, Bordeaux et Bayonne ou Orthez. Est-il donc si difficile de les amener à reconnaître que l’idée qu’ils se font de l’origine et des rapports de la langue française, des dialectes et des patois est de même nature et de même qualité que celles qui étaient professées en physiologie, en pathologie, en thérapeutique par les médecins de Molière ? On a appris, avec une instruction primaire un peu soignée, que notre pays, sous le nom de Gaule, a été pendant cinq siècles une partie de l’empire romain. Cela étant acquis, il semble aisé de concevoir et d’admettre, selon d’innombrables témoignages scientifiquement irréfutables, que les Gaulois nos pères avaient adopté pour la plupart la langue des vainqueurs, le latin ; qu’ils lui ont fait subir, à l’usage, des transformations assez profondes, variables selon les contrées et les climats ; qu’il s’est ainsi constitué une langue romane du nord et une langue romane du midi, nées du latin l’une et l’autre, la seconde tenant à la langue mère par des liens plus étroits."



J’arrête là la citation du savant académicien au surplus latiniste distingué et j’espère avoir convaincu que notre gascon n’est pas un patois vulgaire, mais une langue vivante tirée du latin. 



Ce sont sans doute ces considérations et l’amour de sa cité natale qui poussèrent Maître Pierre Simonet, avocat au Barreau de Bayonne, à jeter un véritable cri d’alarme et fonder, en 1926, l’Académie Gascoune. 



Il adressa à Quarante Bayonnais une lettre dans laquelle il dénonce le danger de la perte de notre langue et de nos traditions. Je m’en voudrais de ne pas en donner la traduction : 


"Maintes fois, vous avez remarqué, comme moi, combien se perd le culte du souvenir et le respect de la tradition. 


Les hommes meurent, les choses disparaissent au milieu de l’indifférence générale et c’est tout juste si on rencontre quelques rares curieux qui se plaisent à s’entretenir du passé si vite oublié. Et, cependant, dans une ville comme la nôtre, combien de souvenirs intéressants, d’histoires savoureuses, combien de types curieux qui méritent leur place petite dans l’histoire locale. 


Les vieux coins de Bayonne disparaissent les uns après les autres, et rares sont les peintres qui pensent à en conserver l’image. Les vieux types — et quels types ! — meurent sans même laisser leur portrait à un ami. 


Tout s’"effiloche", comme disait le défunt Pinaquy, tout, ou juste tout. Eh bien, il ne faut pas laisser dépouiller le peu qui nous reste des traditions qui ont fait de Bayonne une ville si attirante, et ceux qui y tiennent encore se doivent de les ramasser et de les défendre. 


Et notre vieux gascon de Bayonne ? Il est, de vrai, une langue originale avec sa grammaire, sa syntaxe, ses règles et son dictionnaire qui contient des mots que l’on ne peut traduire dans aucune autre langue, et enfin, sa littérature faite des pages écrites par les poètes et les écrivains dont les œuvres sont charmantes et savoureuses, ne peuvent disparaître, faisant partie de notre héritage littéraire national. 


Pendant des siècles entiers, notre gascon a été, à Bayonne, notre langue officielle, dans laquelle ont été écrits, tous les arrêts des Maires, les délibérations du Corps de Ville, en un mot, toutes les archives.


Les Bayonnais ne peuvent admettre la perte de notre gascon. Ils pensent, au contraire, qu’il convient de le défendre et de le maintenir dans toute sa pureté, d’établir un dictionnaire définitif et toujours tenu à jour, une grammaire complète, de ramasser et de publier toutes les œuvres gasconnes qui risqueraient de se perdre et d’être oubliées, de favoriser l’emploi de notre langue. 


Pour réaliser ce programme, il faut compter sur la bonne volonté et le travail désintéressé de tous ceux qui s’attacheront à cette entreprise. Et pour assurer la continuité de ses efforts, beaucoup ont songé à fonder à Bayonne une Académie Gascoune. 


C’est dans ce but qu’une réunion de véritables Bayonnais de Bayonne aura lieu mardi prochain 6 avril (1926), à 9 heures du soir à la Mairie. On parlera de la formation de l’Académie Gascoune. 


Vous êtes, Monsieur, un de ces fidèles bayonnais que cette œuvre ne manquera pas d’intéresser. Je serai bien honoré par votre présence à cette réunion ; 


Croyez, Monsieur, et cher Concitoyen, aux sentiments amicaux de votre dévoué serviteur, 


Signé : Pierre Simonet."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 26 août 2024

L'ENQUÊTE LINGUISTIQUE ET TOPONYMIQUE DE JULIEN SACAZE AU PAYS BASQUE EN 1887

UNE ENQUÊTE LINGUISTIQUE ET TOPONYMIQUE AU PAYS BASQUE EN 1887.


En 1887, Julien Sacaze, avocat de profession, à Saint-Gaudens, à l'occasion de l'Exposition internationale de Toulouse, lance, dans 8 départements, une "Enquête de linguistique et de toponymie des Pyrénées".



pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
JULIEN SACAZE



Cette enquête linguistique faite par Julien Sacaze est une oeuvre monumentale, infiniment précieuse pour l'étude de la linguistique et la toponymie du Midi pyrénéen.



Elle embrasse toutes les communes des départements de l'Ariège, de l'Aude, de la Haute-Garonne, du Gers, des Landes, des Basses-Pyrénées, des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées Orientales.



Pour chaque commune, Sacaze demande à l'instituteur de lui fournir les éléments suivants :

1) la traduction dans l’idiome local de 2 textes folkloriques, la légende de Barbazan et la légende de Tantugou.

2) la liste des noms de lieu.

3) la carte.



pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
TANTUGOU



Pour le Pays Basque, il y eut 169 réponses.



Avec l'aide des services de l'Education Nationale, Julien Sacaze adresse son questionnaire à tous les instituteurs, et obtient un taux de retour impressionnant.



Toutes les communes du Pays Basque répondent, hormis Saint-Martin d'Arrossa, en Basse-Navarre et Lichos, en Soule.



Certaines communes ayant plusieurs instituteurs, elles apportent plusieurs réponses. C'est le cas des communes d'Aïcirits-Camou-Suhast (2), Arraute-Charritte (2), Aroue-Ithorots-Olhaïby (2), Bayonne (5), Biarritz (3), Bergouey-Viellenave (2) ou Urrugne (2).



La richesse de l'enquête Sacaze provient également des traductions des contes de Barbazan et de Tantugou. Il s'agit de deux textes courts que chaque instituteur doit traduire (ou faire traduire) dans l'idiome en usage dans sa commune.


“Je viens donc vous prier, Monsieur l’Instituteur, de traduire en patois ou en basque, selon l’idiome qui se parle dans la commune que vous habitez, les deux textes suivants (...)”



Dans les zones où cohabitaient l’occitan et le basque, la plupart des instituteurs ont choisi de traduire les textes en occitan (Anglet, Arancou, Bayonne, Biarritz, Bidache, Boucau, Bergouey-Viellenave, Came, Gestas, Guiche, La Bastide-Clairence, Montory, Osserain-Rivareyte, Sames et Urt).

Les autres ont traduit les textes en langue basque, chacun dans la forme dialectale de sa commune. Une richesse incroyable pour tous les chercheurs et les curieux.


Ce qui est super intéressant aussi dans cette enquête ce sont les cartes des communes avec les différents quartiers existant en 1887.


Dans cette enquête, il est demandé à chaque instituteur d'indiquer :

1) la commune

2) les hameaux (quand ils existent)

3) les principaux quartiers

4) les cours d'eau

5) les sources, fontaines, lacs, etc...

6) les montagnes

7) les collines et coteaux

8) les vallées

9) les forêts ou bois

10) les pierres ou rochers qui sont désignés sous un nom spécial

11) les divers lieux dits dont les noms paraissent anciens

12) les bornes délimitatives du territoire communal.



Voici quelques  cartes de communes :



pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
CARTE D'ANGLET 1887
4839 HABITANTS



pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
CARTE D'ARCANGUES 1887
AVEC 1040 HABITANTS




pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
CARTE DE BAYONNE 1887
AVEC 27289 HABITANTS




pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
CARTE D'URRUGNE 1887
AVEC 3831 HABITANTS


pays basque autrefois éducation euskara langue école enquête
CARTE DE MAULEON 1887
AVEC 2 251 HABITANTS



(Source : L’enquête Sacaze de 1887 : traductions, cartes et toponymes de chaque commune des Pyrénées - Bilketa et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France))




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lundi 8 novembre 2021

LA LANGUE ET LA LITTÉRATURE GASCONNE EN 1938 (troisième et dernière partie)

L'ACADÉMIE GASCOUNE EN 1938.


Le 7 mai 1926, est fondée à Bayonne une association loi 1901 : "l'Académie Gascoune de Bayoune".


academie gascoune bayoune
ACADEMIE GASCOUNE BAYOUNE

Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 29 mars 

1938, sous la plume de Bernard-Hallet :



"Pour le rayonnement de la langue et la littérature gasconne



M. Carlito Oyarzun nous écrit.



Notre excellent ami Carlito Oyarzun nous fait le plus grand plaisir en collaborant à la Gazette et nous apporte son point de vue sur l'étude que nous avons consacrée à la question de la langue et de la littérature gasconnes à Bayonne :

 Cher Moussu, 

Qu'éy leyit dap for d’intérès Sus Le Gazète, lous dus bos articles p'ou rayounemen de le lèncou è de le litérature gascounes, dens lous nos cadre bayounés, è que t’ze féliciti de le boste iniciatibe.


Toutun, que m’excusi aouprés de bous de nou pas poude accepta lou titre poumpous qui m’abéts désernit ; que suy toustèm estat un for boun élèbe, mès que seri, qu’en suy segu, un for charre professur. Entremis lous membres de le noste Académie, qu’en counechi d’aouts qui soun melhe désignats que you per tine aquet emplee. 


Ne puch pas tapaouc accepta que’m coumporoussits à Raimu. Raimu qu’es un gran artiste — Carlito qu’es un amatur de chaborre. 


E, peé en rebine aou recrutemen dous élèbes désirous d’aprene le noste lèncou mayrane, que m’parech, sinou impoussible, aou mench h for dificile, aou momèn oun lou esports an arrecaptat toute le noste yoenesse. Lou recrutemen dous Bayounes gascounisènts qui bolen prene le paraoule en public, que l'es tabey aoutan. 


Quént aous programmes qui abem lou plési d'ofri aous fidèles abituats qui seguichemen for régulièremen tous nos Capitous, que soun généralemen coumpousats mitat sérious, mitat gaouyous. E si arribe cocops que le partide gaouyouse es mé impourtante que le résiouse ne caou pas tz'en estouna ; lous nos aouditurs qu’aymen melhe arride que ploura. Aou mitan dous soupics de le bite, n’es doun pas boun de tèms en tèms de s'dilata le méousse ? 


E puch, lous nos Capitous qu’an sustout un but caritadous. Despuch le sou foundacioun, en 1926, l'Académie Gascoune de Bayonne qu'a balhat mé de 30 000 lioures à les obres de bienfesènce de le bile. Que boulets de mé ? 


Credets, cher moussu, à toute le meye simpatie. 


academie gascoune bayoune
CARLITO OYARZUN ACADEMIE GASCONNE


En le remerciant très chaleureusement d'une contribution que nous nous félicitons d'avoir provoquée par nos précédents articles, nous exprimons notre conviction à M. C. Oyarzun, malgré sa modestie, serait un très distingué professeur. En tout cas, s'il ne voulait pas enseigner aux jeunes : grammaire, syntaxes théoriques de la langue mayrane, il serait un lecteur remarquable pour les travaux pratiques. Ainsi serait utilisé un talent hors de pair comme on le fait dans certaines Facultés françaises et étrangères où renseignement des langues vivantes comporte professeur et lecteur. Sa modestie encore empêche notre aimable correspondant de s’entendre comparé à Raimu même dans le cadre bayonnais seulement. Mais l’artiste n’est pas seul juge. L’admiration de tout Bayonne poserait un affectueux bâillon sur les lèvres du comique talentueux si elles s’ouvraient pour affirmer sérieusement qu'il n’est qu’un amateur "de chaborre". 



En ce qui concerne le recrutement des élèves désireux d’apprendre le gascon, je me permets de signaler à notre spirituel comique que la question a été déjà résolue favorablement : au Musée Basque, on voit, cette année, une quarantaine de jeunes élèves prendre les conférences régionalistes organisées à la gloire des 3 B pour prolonger les travaux de l’Exposition Internationale 1937. Cet auditoire nombreux a été automatiquement recruté ; il travaille à la satisfaction de tous et, ce qui est mieux, à la sienne propre.



En m’excusant, de répéter mes articles précédents, je pense que les Bayonnais qui veulent prendre la parole en public ne sont pas précisément le motif de nos soucis. Il ne s’agit plus de recruter des "artistes" pour un "public", mais des gens de bonne volonté pour guider patiemment des petits, des jeunes, au long d'une étude cordialement entreprise en chambre, si j'ose dire, et non sur tréteaux. Il est de plus en plus difficile de recruter des artistes, d’autant plus malaisé que sur nos plateaux bayonnais ils ont été précédés par des amateurs de grande classe et qu’au surplus nos cinémas nous apportent des ressources aussi nombreuses qu’indépassables en mise en scène, en attraits de toute sorte. Mais il ne s’agit pas de Théâtre. C’est en faveur du contraire que nous livrions au public les réflexions qui ont fait l’objet de nos articles précités. 



La question de programme est également importante sans doute quand il s'agit de théâtre. Mais j’ai écrit que l’Académie gasconne gagnerait cent pour cent à n’être assimilée à un théâtre, à n’avoir pas des programmes, des habitués, mais au contraire des auditeurs à titre permanent et plus fréquent tandis que le côté humoristique et théâtral serait l’objet de capitous — divertissements. 



C’est ainsi que nous entendons voir rayonner la langue et la littérature gasconnes et c’est d’ailleurs pour cette intervention que notre intéressant correspondant nous félicite dès les premières lignes de son texte. 



Nous avons bien ri à ces capitous ; — divertissements — car nous aimons le rire et nous voudrions que plus tard cette qualité de rire et de s’amuser ne se perde pas totalement. Nous avons donc de multiples raisons de voir se suivre encore longtemps ces capitous et ne serait-ce, mais bien sûr, que pour les recours considérables, 30 000 francs, nous rappelle-t-on, que ce bonheur des uns a permis d’apporter pendant douze années au malheur des autres. 



Donc, ce que nous voulons de plus c’est très exactement ce que nous essayons de dire une deuxième fois sous une autre forme et que nous avons exposé dans deux articles précédents : l’Académie gascoune (et à son défaut, les sociétés savantes de la ville et le cas échéant l’Université au titre de cours complémentaires, tel que celui que M. le Maire de Bayonne a fait créer au Lycée et qui, animé par M. René Cuzacq, intéresse énormément l’histoire locale des jeunes fervents et tout aussi brillants sur les terrains sportifs) devront entretenir la flamme du parler gascon et de ses textes, recruter les coureurs capables de recueillir le flambeau. 



Nous pensons que les hommes passent et que leur plus noble mission sur la terre est d’assurer la vie continuelle de ce qui ne peut pas périr. Ce qui ne nous empêche nullement de trouver des sujets de rire çà et là avec des jouets appropriés, comme récréation des heures moroses de l’existence. C’est là tout ce que nous voulons de plus ; pour le moment. Pour le rayonnement de la langue et de la littéraire gasconnes."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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vendredi 8 octobre 2021

LA LANGUE ET LA LITTÉRATURE GASCONNE EN 1938 (deuxième partie)

L'ACADÉMIE GASCOUNE EN 1938.


Le 7 mai 1926, est fondée à Bayonne une association loi 1901 : "l'Académie Gascoune de Bayoune".


academie gascoune bayoune
ACADEMIE GASCOUNE BAYOUNE

Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 23 mars 

1938, sous la plume de Bernard-Hallet :



"Nos enquêtes.


Pour le rayonnement de la langue et de la littérature gasconnes dans le cadre bayonnais —  Contribution à la vie de l’Académie Gascoune.



"...Je ne critique pas pour le moment cette conception qui est au surplus un état de chose, mais je pense que la culture du folklore, le rôle de mainteneur du parler gascon de Bayonne se développe plus pratiquement que théoriquement parmi ceux qui semblaient avoir eu pour mission particulière de le développer plus théoriquement que pratiquement. Les membres de l'Académie parlent tous le gascon de Bayonne et ce sont des virtuoses. Mais il faut qu’ils prennent garde que leur auditoire, leurs spectateurs, j'insiste à dessein, se compose de gens qui n'ont souvent rien à apprendre et qui vont là passer deux heures comme on allait jadis assister à une revue locale. L'œuvre utile, si l'on voulait répandre le gascon, consistait a convier ces jeunes gens et des jeunes filles et à leur donner des éléments grammaticaux, scientifiques en quelque sorte du savoir en question d’où la gaîté d'ailleurs n’aurait pas été exclue et j’imagine que le cours de M. le Professeur Carlito Oyarzun aurait été des plus fréquentés pour la petite histoire, que, bonbon de récompense, il aurait ajouté à la fin du cours ou par les saillies de haut relief dont il aurait émaillé son enseignement. Il y aurait eu aussi d'autres chaires et ces cours, publics naturellement, auraient eu pour résultats de développer ou de maintenir réellement une réalité qui décline et se perd : la tradition du parler gascon à Bayonne. Mais peut-être pourrait-on remédier à ces déviations. Il est temps encore. Ce qui n’a pas été fait peut se faire. 


academie gascoune bayoune
CARLITO OYARZUN ACADEMIE GASCONNE


Au fond, ce qui importe, c'est de constituer un matériel, un fond d’enseignement et il faut penser que les communications des membres de notre académie auraient du être réunies dans un bulletin dès le début. Peut-être de cette façon, aurait-on assuré déjà l'application de toutes les bonnes volontés à produire non une bluette, une galéjade, des impromptus, mais des études faites "pour tenir le coup" au point de vue impression et durée. 



Enfin, je reviens sur une question posée ici il y a quelques années déjà. L'Académie gascoune se compose de membres dont les Bayonnais de demain, dans cinquante ans, retrouveront les intonations, l'accent, le son, les voix chères qui, alors, se seront tues, avec un sensible plaisir. Et ils diront, ces Bayonnais : "Comment n'a-t-on pas songé à enregistrer sur des disques certaines communications qui valent bien les stupidités de certains Milton qui ne sont certes pas des auteurs de "paradis perdus". Notre Raimu bayonnais, Carlito déjà cité vaut à lui seul une demi-douzaine de disques. Et l’on peut regretter, dès aujourd’hui, que des chroniques parlées de Beurnat Larreguigne n'aient pu, à la faveur du phonographe, nous redonner parfois le son de voix du charmant Jean-Baptiste Molia. 



Que l’Académie Gascoune prenne conscience de sa valeur et de la mission importante qui peut être la sienne. Qu’elle sonde les jeunes souches. Qu'elle vive non pour le délassement de quelque dilettantisme, le passe-temps de quelques personnes d'âge conversant et riant sous le lustre municipal du Grand Salon d'honneur, mais, ce premier point de vue non exclus d'ailleurs, pour le rayonnement du parler gascon dans le cadre bayonnais. 



Ce n'est pas encore d'un enseignement para-Faculté qu'il s’agit mais s’il fallait aller jusque là je préférerais que l'on tombe dans cet excès plutôt que dans tout autre. Une communication sur un sujet que l'on aime n’est jamais ennuyeuse et c’est tout l'art au surplus de l'orateur de la rendre attrayante, intéressante, d’en dépouiller l'aridité particulière au profit de l’attention, voire de la curiosité générale. Un sketch genre revue locale fait rire, garde sa valeur documentaire dans son caractère très spécial, mais ne peut constituer le fond des travaux de l’Académie gascoune. Ne confondons pas hors-d'œuvre ou même dessert, si vous voulez, avec plat de résistance et nourriture substantielle de l’esprit."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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mercredi 8 septembre 2021

LA LANGUE ET LA LITTÉRATURE GASCONNE EN 1938 (première partie)

L'ACADÉMIE GASCOUNE EN 1938.


Le 7 mai 1926, est fondée à Bayonne une association loi 1901 : "l'Académie Gascoune de Bayoune".


academie gascoune bayoune
ACADEMIE GASCOUNE BAYOUNE

Voici ce que rapporta à ce sujet la Gazette de Bayonne, de Biarritz et du Pays basque, le 27 mars 

1938 :



"Nos enquêtes.



Pour le rayonnement de la langue et de la littérature gasconnes dans le cadre bayonnais.

Contribution à la vie de l’Académie Gascoune.



Il y a un problème bayonnais de l'Académie gascoune. Le caractère de certaines communications, l'absence aux séances de personnalités importantes de la philologie et du folklore "sud-ouestins", le public des habituées et habitués des capitous de l’Académie gasconne, composent ce problème. Nous allons étudier ces questions en toute objectivité. Notre dessein est moins d’effaroucher certains préjugés anciens, que de souffler sur des traces de poussière avant qu'elle parvienne à ternir le monument élégant et joli. Notre but sur cette question comme en tant d’autres est de rechercher la vérité de certains efforts et de leur redonner une voie utile et même nécessaire de laquelle il semble qu'on se soit écarté pour le danger, non entrevu peut-être, de la cause du parler, de la littérature gascounes. Dans ces domaines vastes, nous nous sommes cantonnés au seul qui convienne à notre modestie de journaliste et à nos préoccupations habituelles ; l'actualité en vue du futur, le présent considéré comme base de construction pour demain. Nous souhaitons de tout coeur que nos lecteurs, qui, si souvent, nous ont aidé de leur sympathie agissante, accueillent cette intervention en fonction de son élan de ferveur pour Bayonne et en tenant compte de tontes les difficultés qu’il fallut affronter pour s’y livrer. Nous les remercions par avance.



Il en est de certaines institutions comme de la croissance de certains enfants et à force de les voir vivre auprès de nous nous ne prêtons pas à leur développement les yeux de l’examen minutieux. Ce n’est qu’un beau matin que nous nous apercevons du chemin parcouru. Si l’on laissait une déviation d’un millimètre à l’origine d’un rail de chemin de fer, cette déviation ne serait rien en soi au départ, mais au point d’arrivée, l’écartement des dits rails serait considérable. Ainsi, notre locale Académie Gasconne



A son début notre compagnie fut créée et mise au monde dans un souci de ferveur pour le folklore. Des spécialistes éminents, des universitaires de premier choix, composaient le marrainage d’élite qui se pressait autour du berceau de la naissante académie. En marge de la vieille Société des Sciences, Lettres et Art, l’Académie Gascoune allait se spécialiser en quelque sorte, dans l’étude, et ses manifestations connexes, du gascon de nos Bayonnais. Des sorties, hors capitou, furent effectuées et des hommages éloquents furent rendus à des poètes gascons, bayonnais ou autres, nos Mistrals régionaux ou locaux. L’apposition de plaques commémoratives, les récitations des poèmes respectifs, entraient bien dans le cadre charmant des travaux de la compagnie. 



Et puis, à côté de ces sorties des communications utiles, formaient le fond et motivaient la raison d’être de l’Académie gascoune. Ici, également des collaborations de valeur ne manquaient pas ; j’ai exprimé le regret que quelques travaux très remarquables n’aient pas trouvé lieu à publication par monographies ou par la voie d'un bulletin périodique. En fin, pour égayer ce que d’aride auraient pu présenter les travaux de laboratoire linguistique, les capitous comportèrent des hors-d’œuvre ou des desserts, comme l’on voudra. La minute de détente que provoquèrent les chansonnettes, monologues, ainsi apportés "in fine" ont permis à beaucoup d’auditeurs (car les "travaux" de l’Académie gascoune ont toujours été envisagés comme devant être poursuivis devant un public et en tenant compte des réactions de ce public, comme on l’aurait voulu pour du théâtre) ont permis à beaucoup d'auditeurs, disons-nous, de considérer les réunions de l’Académie gascoune comme une heure de rigolade parfois homérique. Le côté "revue locale", tout au moins la conception de la revue locale que l’on aime à Bayonne et qui valut tant de si beaux succès à ses adeptes, a même prévalu et pris le pas sur tous les autres. Ce qui n’était que hors-d'œuvre ou dessert, comme on voudra, je le répète à dessein, a fini par constituer l’essentiel du festin. A l’heure qu’il est on étonnerait beaucoup les spectatrices, oui, disons spectatrices, et les auditeurs des capitous de l’Académie gascoune en leur disant que la compagnie a pu avoir pour but d’autres objectifs que ceux de raconter en public, d’évoquer entre contemporaines et contemporains d’une même époque sexa ou septuagénaire, des prouesses, des mots, voire des légendes ou des récits accrédités relatifs à des heures de jadis ou de naguère."



(A suivre.)



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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dimanche 3 mai 2020

UNE ACADÉMIE GASCONNE À BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN MAI 1926


UNE ACADÉMIE GASCONNE EN 1926.


Le 7 mai 1926, est fondée à Bayonne une association loi 1901 : "l'Académie Gascoune de Bayoune".

samedi 15 juin 2019

BAYONNE EN LABOURD CITÉ GASCONNE OU BASQUE ?


BAYONNE CITÉ GASCONNE OU BASQUE ?


Au cours des siècles, en fonction de son rattachement à des royaumes différents, Bayonne a été considérée soit Gasconne, soit Basque.

samedi 17 novembre 2018

LES ORIGINES BASQUES DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1927


LES ORIGINES BASQUES DE BAYONNE.


Bayonne au Pays Basque ou en Gascogne ?