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jeudi 26 octobre 2023

UNE COURSE DE TRAÎNIÈRES À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1900

UNE COURSE DE TRAÎNIÈRES À SAINT-JEAN-DE-LUZ EN 1900.


En 1900, a lieu à Saint-Jean-de-Luz une course de traînières qui va rester dans les annales de ce sport.



pais vasco antes rama
TRAINIERE DE ST SEBASTIEN 1890
PAYS BASQUE D'ANTAN


Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien L'Auto-Vélo, le 13 novembre 1900, sous la plume de 

L. Manaud :



"Aviron. Un match sensationnel.


A 800 kilomètres de Paris. — Deux fameuses équipes de marins. — Guipuzcoa contre Biscaye. — Deux fameuses traînières de pêche. — 5 000 francs d'enjeu. — 500 000 francs de paris.



Un match peu ordinaire, c'est celui qui se disputera jeudi prochain, 15 novembre, à Saint-Jean-de-Luz, entre deux traînières de pêche, montées chacune par quatorze marins de Pasages (Guipuzcoa) et de Guetaria (Biscaye).



Un peu d'historique sur cette rencontre, qui passionne la population du littoral de Bayonne à Bilbao.



Un peu d'historique.



De temps immémorial, une rivalité a existé entre les marins de Pasages et de Guetaria ; la pêche et la contrebande motivaient des rencontres, des luttes de vitesse qui, pour, n'être pas réglementées, n'en étaient pas moins intéressantes et... intéressées.



Depuis nombre d'années, la municipalité de Saint-Sébastien organisait des régates durant la saison d'été, où les équipes rivales se rencontraient.



Lors de la création du Real Club Nautico de San-Sebastian, ce soin lui fut confié.



REAL CLUB NAUTICO SAINT-SEBASTIEN GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Pasages et Guetaria furent souvent vainqueurs ; quelquefois, rarement, un troisième larron venant d'Ondarroa ou de Lequeitio leur enlevait la palme et c'étaient d'interminables discussions qui se terminaient fréquemment par des voies de fait.



Les vaincus prétextaient toujours que l'embarcation qu'ils montaient était inférieure.



Or, si les Bretons ont la réputation d'avoir la manie de l'entêtement, ils n'en ont point le monopole.



L'histoire des Basques, leurs luttes pour la défense de leurs Fueros, leur horreur pour tout ce qui est soumission, leur esprit d'indépendance sont là pour le prouver.



Un fait tout récent en est une nouvelle démonstration :


Lors des dernières régates de Saint-Sébastien, la course qui leur était réservée ne put avoir lieu, les concurrents ayant refusé, au moment de la mise en ligne, de se conformer à une des conditions imposées par le jury.


Celui-ci ayant maintenu sa décision, de la voix et du geste, ils le couvrirent d'amabilités, ce qui valut à quelques-uns d'entre eux — on ne badine pas en Espagne — quelques heures de repos, à l'ombre, et l'allégement de quelques pièces blanches.


Mais, comme de grands enfants qu'ils sont, dès le lendemain, ils regrettaient leur rencontre annuelle manquée.



pays basque autrefois trainieres sport rame aviron
TRAINIERE PAYS BASQUE 1900


Les autorités espagnoles ne marchent pas !



Des pourparlers furent engagés et un match à armes égales, d'où devait résulter la suprématie de Guetaria ou de Pasages fut conclu.



Deux traînières absolument semblables commandées à un constructeur d'Ondarroa furent acceptées par les représentants des équipes : les conditions et le lieu de la rencontre fixés et la date arrêtée.



Mais le Comandante de Marina de San Sébastian veillait, craignant des troubles, et n'avait-il peut être pas tort, il opposa son veto.



Qu'allaient faire les braves entêtés ? Renoncer à la lutte ?



Heureusement non ! Les intéressés firent, comme de simples duellistes... d'autrefois ; ils se décidèrent à passer la frontière.



Les conditions de la rencontre.



La magnifique rade de Saint-Jean-de-Luz était là, pas bien loin, fort hospitalière.



Les autorités françaises consultées donnèrent toutes les autorisations, et nous voilà à la veille de cette lutte homérique, qui a été définitivement fixée au jeudi 15 novembre, à 10 heures du matin.



Les conditions en seront remises, ce soir, à M. le maire de Saint-Jean-de-Luz ; elles ont été arrêtées par les parties, en bonne et due forme, devant un notaire de Saint-Sébastien. Les deux traînières concurrentes, dont l'une a été baptisée Angel de la Guardia et dont l'autre est Patriarca San José, sont arrivées aujourd'hui à Saint-Jean-de-Luz mises immédiatement sous scellés, dans un hangar, pour n'en sortir que deux heures avant la course.



Ajoutons que la revanche de cette épreuve peu banale pourra être, si le perdant le désire, courue le même jour, à trois heures de l'après-midi."



Derniers tuyaux.


"Bayonne (par dépêche). 

— Tout le littoral espagnol est en ébullition : des vapeurs de pêche, au nombre d'une dizaine, chargés de curieux, doivent venir dans cette partie du golfe jeudi, pour y assister au grand match. 


Il a été convenu que le camp battu pourrait, dans la demi-heure qui suivra la fin de la lutte, demander la revanche au vainqueur, en échangeant les barques.


Il semble à peu près résolu que le parcours de trois lieues marine, distance acceptée pour la course, demandera une heure vingt environ, mais l'état de la mer peut modifier la durée du trajet. Ces trois lieues marines représentent 9 milles marins, soit 16 kil. 666.


Le trajet se fera en ligne droite sans virage. Le jury s'occupe maintenant de déterminer le point de départ, et d'arrivée.


Luis Oyarzun."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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samedi 21 octobre 2023

DU HAUT DU CLOCHER DE GUETARIA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1933

GUETARIA EN GUIPUSCOA EN 1933.


La commune de Guetaria, en Guipuscoa, compte environ 2 000 habitants.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton
BLASON DE GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le quotidien La Liberté, le 14 septembre 1933, sous la plume de 

Christian Leray :



"Du haut du clocher de Guétaria.



La côte nord de l'Espagne, tourmentée au possible, est une de celles qui réservent le plus de surprises tant quelques-uns des petits ports qui s'y sont incrustés ont gardé un caractère original.



Il en est un, particulièrement curieux, Guétaria. Quatre kilomètres à peine le séparent de Zarauz, la plage aimée des Madrilènes. Mais quatre kilomètres qui vous laissent, tant l'on est secoué dans le mauvais autocar du service local, un souvenir aussi mouvementé que celui d'un long voyage.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton
CORNICHE ENTRE ZARAUTZ ET GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il faut tout d'abord, à peine est-on installé sur la banquette dure, repousser l'assaut des mouches. Elles ne consentent à abandonner la partie que lorsque le vent a fini de les chasser.



D'ailleurs, la vitesse elle-même vous empêche de vous préoccuper de ce qui peut se passer au dehors. Avec un beau mépris du danger, que ne partagent pas tous les passagers, le conducteur fonce tant qu'il peut. Or, la route en corniche est tellement sinueuse que la voiture, à peine redressée à la sortie d'un virage, en aborde déjà un autre. A droite, on rase un mur de pierres sèches qui domine, d'une hauteur de trente mètres, les vagues bondissantes. A gauche, la montagne, toute droite.



Sur la place.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton plaza
PLACE ELCANO GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Aussi n'est-ce pas sans un véritable soulagement que l'on débarque sur la place inondée de soleil.



C'était ma première visite à la petit bourgade. Midi resplendissait. Malgré la chaleur, des enfants jouaient au fronton en poussant des cris gutturaux, accompagnés sur le mode mineur, par les conversations animées des laveuses battant leur linge au lavoir proche. Sous le porche de la gendarmerie, bien à l'ombre, un carabinier rêvassait, le fusil entre les genoux, la tête abandonnée contre le mur. De la montagne, un char aux roues pleines descendait en gémissant par un sentier raviné. Les boeufs s'arc-boutaient, retenus par un paysan en chemise bleue. L'aiguillon haut, appuyé sur le joug, freinant ses bêtes de tout son poids, il avait une attitude infiniment noble et classique. A la terrasse du minuscule café, faisant face à la gendarmerie, des buveurs d'anisette discutaient. Une symphonie villageoise faite de gestes, de couleurs et de sons...



Calle Major.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton calle
CALLE MAYOR GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Déjà la rue principale - "Calle Major" - où je m'engage, a un aspect différent. Les maisons, comme c'est la mode en Espagne, même dans les bourgades, ont plusieurs étages. Une bande de soleil s'est glissée entre leurs deux rangées, morcelée par les ombres changeantes des innombrables pièces de linge qui sèchent aux fenêtres. La rue est silencieuse, ce qui est bien étrange. A peine perçoit-on le bruit d'un rabot au fond d'une échoppe obscure. Un chien s'enfuit, courant de biais : on dirait qu'il cherche à éviter un éventuel coup de pied.



C'est en atteignant le port que je devine la raison de ce calme : les hommes sont en mer. Autour des barques noires, des gosses à demi-nus nagent, plongent, font les marsouins. Un vieux assis dans une pinasse désaffectée, semble perdu dans un rêve merveilleux : rêve de croisières sur une mer dorée, frangeant des horizons neufs.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton puerto
PORT DE GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Vue d'en haut.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton iglesia
EGLISE SAN SALVADOR GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Par hasard, à la sortie d'un tunnel sous les ruines, je découvre l'entrée de l'église. Des marches usées, une porte grinçante, une bouffée d'air frais. Mes yeux s'accommodent mal de l'obscurité. A ma grande surprise j'aperçois d'abord un chien assis sur une chaise tandis qu'à côté de lui, sa maîtresse se prosterne pour invoquer Dieu. Devant les chaises, disposées au petit bonheur, se trouve une sorte de boite triangulaire contenant, enroulé sur lui-même, une sorte d'énorme "rat-de-cave" que chaque fidèle doit allumer aux offices. De la voûte descend une corde soutenant une frégate de bois, don de marin, sans doute. Mais les peintures sur l'autel, bien que leur ancienneté soit indiscutable, ne présentent pas beaucoup d'intérêt.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton iglesia
INTERIEUR EGLISE GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Je me décide à tenter une excursion dans le clocher. A force de persuasion, j'obtiens de la bonne femme chargée de l'entretien de l'église l'autorisation nécessaire. Me voici bientôt, entre ciel et terre, - entre cloches et terre, plutôt - engagé dans un escalier sans rampe, dont les marches de bois geignent lamentablement. A mi-chemin je croise les énormes poids de la pendule. Il serait curieux de savoir en combien de temps ils descendent de là-haut ? Enfin les cloches. Je ne regrette rien car la vue est splendide. A ma droite et à ma gauche les découpures extravagantes combinées par la mer et par la montagne : au-dessous Guétaria. La grande rue est toute petite tandis que le roc et l'eau emblent occuper toute la place.



Guétaria, une presqu'île reliée à une île par une légère jetée de pierres. Sur l'île qui ressemble à la  calotte d'un sombrero mexicain se dresse le doigt blanc du phare : 350 mètres au-dessus de l'eau ! L'île est tellement abrupte que le sentier qui monte au phare a l'air d'une bande de papier autour d'un mirliton.



pais vasco antes guipuzcoa elcano playa raton
ROUTE DE ZUMAYA GUETARIA
PAYS BASQUE D'ANTAN



Au premier plan, le toit de l'église, fait de tuiles rondes, à la romaine. Après avoir goûté la lumière idéale sur l'océan, les fantaisies de la côte et le touchant groupement des maisons, je reprends contact, à regret, avec le sol. J'aperçois le porche de l'église tellement drôle avec ses colonnes torses que je demande au curé qui passe.


- Quel siècle ?


- Quatorzième...



Et il soulève son chapeau rond à bords de feutre poilu. En passant, il salue deux amoureux qui lui répondent et reprennent aussitôt l'éternel dialogue...



Toute l'Espagne."


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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lundi 13 juin 2022

UN GUIDE POUR LE VOYAGEUR EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1877 (treizième partie)

 


UN GUIDE DE VOYAGE EN 1877.


Vers la fin du 19ème siècle, apparaissent des guides de voyage pour les voyageurs désirant se rendre en Hego-Alde, dans les  provinces Basques du Sud.







TABLEAU DE GUETARIA
PAR FRANCOIS MAURICE ROGANEAU





Voici ce que rapporta à ce sujet, M. L. Capistou, en 1877 :



"Province du Guipuzcoa.



... Itinéraire.



Lasarte. — Usurbil. — Orio. — Zaraus. — Aya. — Guetaria.— Cestona. — Azpeitia. — Zumaya. — Deva. — Motrico.



Orio : Orio est située à quelques centaines de mètres de l'embouchure de l'Oria. Le roi D. Jaime Ier concéda à cette localité le titre de ville en 1379 et ses successeurs lui donnèrent une grande importance commerciale qu'elle n'a pas conservée, puisqu'elle n'est aujourd'hui habitée que par des familles de pêcheurs. Elle ne possède aucun monument curieux et son aspect, bien que très pittoresque, est néanmoins des plus pauvres.




ORIO GUIPUSCOA 1960




Sa population est de 1 200 habitants. Orio est la patrie de quelques marins illustres.



La route traversait la rivière sur un pont en bois reposant sur cinq piles de pierre ; mais durant la dernière guerre civile, ce pont fut détruit par les carlistes et maintenant les diligences sont passées d'une rive à l'autre au moyen d'un bac. Les piétons profitent d'une passerelle de construction provisoire.



Après la traversée de l'Oria, la route suit une rampe en zigzags de cinq kilomètres environ, passant au pied du mont Zudugarray, et débouche ensuite par une pente rapide dans la plaine de Zaraus, laissant à gauche un chemin vicinal qui conduit au bourg de Aya.



Zaraus.



Zaraus est une jolie petite ville de 2 000 habitants, située au fond d'une spacieuse baie et possédant l'une des plus belles plages de la côte cantabrique. Elle est percée de rues larges et régulières, bordées de maisons bien construites. Ses environs sont peuplés de coquettes villas appartenant à de grandes familles madrilènes qui viennent chaque année dans les provinces du Nord passer la saison des chaleurs.




PLACE PRINCIPALE ET MAIRIE ZARAUTZ
GUIPUSCOA D'ANTAN



L'église paroissiale de Zaraus, placée sous le vocable de N.-D. de l'Assomption, a été restaurée le siècle dernier. Sa construction primitive remontait au 15e siècle. Les autres monuments principaux de la petite ville sont le couvent des Franciscains, celui des religieuses de Santa Clara, le palais de Narros, construit en 1536 et qui est, au point de vue architectural, l'un des plus beaux édifices de la province ; le palais de Madoz, de construction moderne, et celui du Dr Velasco, dans lequel existait, avant la dernière guerre, un riche musée scientifique ainsi que le plus bel aquarium de ces contrées.



Les alentours de Zaraus sont sillonnés de délicieuses promenades.



Cette ville est l'une des plus anciennes du Guipuzcoa. Les rois catholiques lui donnèrent le fuero de Saint-Sébastien en 1237. Son port pouvait, autrefois, recevoir des navires de fort tonnage, et c'est dans son arsenal que fut armé le célèbre navire Victoria, à bord duquel Juan Sebastian El Cano fit le tour du monde (1519-1522). Le port actuel ne sert de refuge qu'à de pauvres barques de pêcheurs.






Dans la plaine de Zaraus fut édifiée une grande fabrique de tissus par M. Madoz, et grâce au développement qui lui a été donné par l'honorable M. Vea-Murguia, actuel propriétaire, presque toute la population de la ville trouve là un travail constant et bien rétribué. Il y a dans Zaraus deux ou trois hôtels confortables.



Aya,



Aya dont on aperçoit le clocher dans un repli de la montagne de Pagoeta, qui sépare les vallées de l'Oria et de l'Urola, est à huit kilomètres de Zaraus. Cette localité est fort antique. Elle est peuplée d'environ 2 500 habitants, en comprenant dans ce chiffre les quartiers détachés de Alzola, Elcano, Laurgain et Urdaneta. C'est la patrie de Marcos de Gorostiola, régent de Naples au 16e siècle. Au début de la dernière guerre, Aya fut le quartier général des premiers cabecillas carlistes.



Guetaria.



Un chemin à moitié détruit par la mer longe la baie et conduit de Zaraus à Guetaria en passant au pied de l'ermitage de Santa Barbara.



Ce chemin, qui avait coûté de fortes sommes pour son établissement, fut laissé sans entretien durant la guerre carliste et même il dut être coupé en certains endroits par les soldats du prétendant. C'était autrefois une voie carrossable, formant corniche sur le flanc de la montagne, à huit ou dix mètres seulement au-dessus du niveau des hautes marées ; elle est aujourd'hui d'un accès impossible.



Au mois de mai dernier, trois excursionnistes français, au nombre desquels était un rédacteur du journal la Gironde, M. D... , s'y aventurèrent sous la conduite d'un guide, pour aller à Guetaria. Ils eurent à surmonter de grandes difficultés dans le trajet, et peu s'en fallut qu'ils ne payassent cher leur témérité : les rochers se dérobaient sous eux ou glissaient sur le plan incliné qui sert de talus à la gauche du chemin, menaçant de les écraser à chaque pas ; ils arrivèrent néanmoins au but de leur voyage, mais après de grands risques et pas mal de fatigue.



Un autre chemin, le seul praticable en ce moment, s'embranche sur la route d'Azpeitia, entre Zaraus et Oïquina, conduisant à Guetaria. Il y a aussi un sentier qui passe entre Santa Barbara et Garatamendi, allant au même point.



Guetaria est une ville forte très ancienne, dont la fondation remonte à l'époque de la domination romaine dans les ports cantabres. Les Basques l'établirent pour y réfugier leurs barques de pêche et les mettre à l'abri de la convoitise des conquérants du monde. Elle fut murée et garnie d'ouvrages de défense par ordre du roi Alphonse VIII de Castille, qui signa, en septembre 1209, une carta-pueblo concédant aux habitants de nombreux privilèges sur la pêche en haute mer et sur l'exploitation des montagnes voisines. La Cronica General, parlant du règne de Alphonse VIII, s'exprime ainsi : "Alors il peupla Castro-de-Urdiales, Guetaria, Laredo, Motrico, San Andres et San Vicente de la Barquera, tout cela sur la côte de la mer."



Le port de Guetaria est situé entre l'île de San Anton et la montagne de Garate. Il est abrité des vents du Nord-Ouest et offre par cela même un mouillage sûr aux navires de faible tonnage. Au sommet de l'île de San Anton existe une petite forteresse construite vers la fin du 16e siècle. Une jetée servant de digue relie cette île à la terre ferme.



L'église paroissiale, placée sous le vocable de San Salvador, est un des rares monuments gothiques des provinces basques. Elle est dans un état déplorable, ayant beaucoup souffert durant les divers bombardements que les carlistes ont infligé à la ville dans la dernière guerre, comme dans celle de sept ans.



pais vasco antes guipuzcoa ayuntamiento iglesia
MAIRIE ET EGLISE GUETARIA GUIPUSCOA
PAYS BASQUE D'ANTAN



En 1638, la baie de Guetaria fut le théâtre d'un épisode maritime très important dans l'histoire. La flotte espagnole, sortie des ports de La Corogne et de Vigo, sous le commandement de l'amiral Lope de Hoce, allait au secours de Fontarabie assiégée par Condé et étroitement bloquée du côté de la mer par François de Sourdis, archevêque de Bordeaux et amiral des flottes françaises. Les vents contraires obligèrent Lope de Hoce à se réfugier dans la baie de Guetaria et à y séjourner assez de temps pour permettre à Sourdis de profiter de sa situation précaire. En effet, le 22 août 1638, l'archevêque, se portant vers les côtes de Biscaye avec 18 gros vaisseaux, plusieurs brûlots et des bâtiments légers, attaqua la flotte espagnole. Celle-ci, ne pouvant manœuvrer, fut entièrement détruite, coulée bas ou brûlée ; il ne se sauva qu'un seul navire, le Santiago, qui fut s'échouer dans le port, sous le canon du fort de San Anton. Ce désastre coûta à l'Espagne onze navires de haut bord, huit galions et quelques autres bâtiments de moindre importance.



Le célèbre marin Sébastien El Cano, qui le premier fit le tour du monde, naquit à Guetaria vers 1476. En 1519, lorsque Magellan et Falero préparaient à Séville leur expédition pour la recherche d'un détroit unissant l'Atlantique à la mer des Indes, El Cano se présenta à eux et fut nommé premier maître du navire Concepcion, commandé par le capitaine Gaspar de Quesada.



Le 27 septembre de la même année, la flottille de Magellan quitta le port de San-Lucar-de-Barrameda, se dirigeant vers les Canaries ; après avoir touché à Ténériffe, l'équipage du navire Concepcion se souleva et le commandement en fut confié à El Cano. La navigation continuait pénible et accidentée, lorsqu'en novembre 1521, après avoir découvert le chemin de l'Océan Pacifique, Magellan fut tué dans l'île de Zébu, qui fait partie du groupe des Philippines. Il fut remplacé par le capitaine Espinosa, qui commandait la Victoria, et ce dernier navire passa sous les ordres de El Cano. Après un court séjour aux îles Moluques, la Victoria fit route vers l'Europe, laissant les autres navires de l'expédition en assez mauvais état dans la mer des Indes.



El Cano arriva à San-Lucar-de-Barrameda le 6 juillet 1522, après trois ans de navigation. Il alla d'abord accomplir un vœu à Séville, dans l'église de N.-D. de la Victoire, puis il se rendit à Valladolid, où l'attendait Charles-Quint. L'empereur le reçut bien, lui donna des lettres de noblesse et un écusson formé d'un globe terrestre avec cette devise : Primus circumdedistime.



En juillet 1525, une nouvelle expédition partit d'Espagne pour les Moluques, sous le commandement supérieur du général Loaisa ; El Cano fut choisi comme guide ou pilote de l'escadre. Dans les parages du détroit de Magellan, une violente tempête faillit détruire les navires espagnols, et Loaisa mourut par suite des fatigues, laissant à El Cano le soin de mener à bien l'entreprise. Cinq jours après, Sébastien El Cano succombait à son tour.



Ses compatriotes lui élevèrent une statue en 1800, qui fut détruite durant la première guerre carliste. En 1870, la province en fit édifier une autre, que l'on voit aujourd'hui sur un piédestal dominant les murailles du port.




GUETARIA ENTREE ET STATUE EL CANO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Guetaria est aussi la patrie de Don Joaquin Barroeta Aldamar, qui fut diverses fois délégué du Guipuzcoa auprès du gouvernement de Madrid, durant la période de 1845 à 1866.



DON JOAQUIN BARROETA ALDAMAR 1796-1866
PREMIER ADJOINT GENERAL DU GUIPUSCOA
SENATEUR A VIE
MAIRE DE GUETARIA



Aldamar seconda au Sénat, en 1864, l'éminent jurisconsulte basque Don Pedro de Egaña, dans l'admirable défense que celui-ci fit des institutions forales, attaquées d'une façon si déloyale par le sénateur Sanchez Silva.



Barroeta Aldamar mourut à Madrid en octobre 1866.



Guetaria a énormément souffert durant la dernière guerre. Les carlistes l'ont bombardée à deux reprises et ont tenté divers assauts qui furent toujours repoussés par la garnison de la place et par les volontaires.



La population actuelle de cette petite ville ne s'élève pas au-dessus de 1 100 âmes.



Cestona.



Cestona est une petite ville située sur la rive droite de l'Urola, à environ moitié chemin de Zaraus à Azpeitia ; l'on y arrive par une belle route qui suit depuis Oiquina, où s'embranche le chemin de Deva, toutes les sinuosités et les caprices de la rivière. Cestona fait partie de la juridiction d'Azpeitia. C'est une localité de 2 300 habitants, bien bâtie, très propre, et entourée de belles fermes et d'antiques châteaux. Ses environs sont bien cultivés et d'un aspect pittoresque. Des montagnes qui l'avoisinent on tire du marbre, du jaspe et du cristal de roche. Son industrie consiste dans l'exploitation de fonderies et de moulins à farine.



Il existe près de Cestona un important établissement de bains d'eaux thermales placé entre deux montagnes sur la rive gauche de l'Urola. Diverses sources, habilement captées, donnent un débit d'environ cinquante litres d'eau par minute à la température de 33° centigrades. Ces eaux sont purgatives à la dose de trois ou quatre verres et rendent des services efficaces employées en bains, douches et lotions. Elles équivalent, pour leur effet, à celles de Bourbonne-les-Bains, de Saint-Sylvain et de Lucca, dans les affections chroniques.



L'établissement des bains de Cestona, où plus de 200 personnes peuvent être commodément logées, possède tous les agréments désirables. Le service y est fait avec beaucoup de goût et une grande propreté. Durant la saison d'été il vient beaucoup de baigneurs à Cestona, de tous les points de l'Espagne.



Les villages de Aizarna et de Arrona font partie du district de Cestona, ainsi que les quartiers de Lasao et de Alzolaras."



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 29 mai 2017

CRISTOBAL BALENCIAGA, UN COUTURIER BASQUE DE GETARIA EN GUIPUSCOA

CRISTOBAL BALENCIAGA EIZAGUIRRE UN DES PLUS GRANDS COUTURIERS DU 20ÈME SIÈCLE.


Né à Getaria (Guipuscoa) le 21 janvier 1895, il décède à Valence (Espagne) à l'âge de 77 ans .

Il fut pendant plus de trente ans une référence artistique dans le domaine de la mode.