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mardi 17 février 2026

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (troisième partie)

 

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).


... Le 26 mai 1860, le Ministre envoyait à Raymond Lechien les instructions rédigées par Léopold Delisle en mars 1859. En voici les principales dispositions :


"Chaque Dictionnaire Départemental s'ouvrira par une introduction dans laquelle l'auteur fera sommairement la description physique du Département et présentera les tableaux des anciennes circonscriptions auxquelles répond le territoire de ce département.


Le Dictionnaire devra contenir en une seule série alphabétique :


1° Les noms fournis par la géographie physique : Montagnes, Vallées, Cavernes, Forêts, Cours d'eaux, Etangs, Marais, Caps, Baies, Havres, Iles et Rochers.


2° Les noms de lieux habités : Communes et dépendances de Communes, telles que Villages, Hameaux, Ecarts, Fermes, Moulins, etc.


3° Les noms se rapportant à la Géographie Historique, noms de peuples et d'anciennes Circonscriptions, religieuses, politiques et administratives, vieux chemins, camps, retranchements, châteaux, fiefs, abbayes, prieurés, commanderies, hôpitaux, maladreries.



Pour dresser la nomenclature des lieux habités on pourra se servir des tableaux de recensement de la population conservés dans les archives de chaque Préfecture. A la fin du recensement de chaque commune on trouve un tableau récapitulatif par quartiers, villages, hameaux ou rues.



Dans les mêmes archives on pourra consulter les états des chemins ruraux, rédigés, commune par commune, à partir de l'année 1823.



On aura la nomenclature des rivières et des cours d'eau dans des tableaux statistiques que les Préfets ont envoyés au Ministère de l'Intérieur entre les années 1835 et 1845, et dont les minutes doivent être restées dans les archives ou dans les bureaux des préfectures.



A la suite de chaque nom moderne seront cités les noms anciens qui lui correspondent. Il suffira de donner un exemple de chaque forme en choisissant toujours les textes les plus anciens et les plus authentiques. Parmi les documents qui doivent être principalement consultés, nous rappellerons les inscriptions, les légendes de monnaies, ... diverses productions littéraires du Moyen Age, telles que Chroniques, vies de Saints, romans chevaleresques, etc., les Chartes et les Cartulaires, les Pouillés, les Registres de visites ecclésiastiques, les Rôles d'impositions, les Aveux et les Livres Terriers. Dans les citations, au nom même du lieu, on n'ajoutera que les mots qui peuvent en déterminer la situation. On indiquera la source d'où chaque texte est tiré, et, autant que possible, l'année ou le siècle auquel il remonte...



Les sources seront indiquées d'une manière très abrégée mais, cependant, assez précise pour permettre d'y recourir. Elles seront énumérées dans un tableau placé en tête de chaque Dictionnaire. Toutes les fois qu'il s'agira de documents manuscrits, le tableau fera connaître les dépôts dans lesquels ils sont conservés.



Le Dictionnaire de chaque Département se terminera par un Index des noms anciens comprenant dans une seule et même série alphabétique : 1° Les noms anciens cités dans le corps de la livraison ; 2° Les noms anciens dont l'équivalent moderne n'est pas connu mais qui doivent s'appliquer à des lieux renfermés dans des limites du Département."


19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND
MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES
DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863

Le 4 juillet 1861, le Ministre rappela à Lechien sa réponse de 1860 :


"J'espère, Monsieur, que vous aurez donné suite à vos bonnes intentions, et pour vous guider plus sûrement dans l'accomplissement de cette tâche, je vous adresse ci-joint un exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir", qui vient de paraître. L'excellent travail de M. L. Merlet vous mettra à même de vous rendre un compte exact du concours que le Comité attend de vous."



Par retour de courrier, Lechien répond le 8 :


"J'ai reçu, avec la dépêche du 4 de ce mois, l'exemplaire du "Dictionnaire topographique d'Eure-et-Loir" que vous avez bien voulu m'adresser. Comme j'ai eu l'honneur d'informer V.E. le 23 mars 1860, j'ai entrepris le Répertoire topographique de l'arrondissement de Pau, mais dans le cours de mes recherches, j'ai cru devoir y joindre les arrondissements d'Oloron et  d'Orthez qui forment, ou à peu près, l'ancienne province de Béarn. Pour ces trois arrondissements réunis le travail marche de front et est assez avancé puisque le nombre des articles portés sur bulletins s'élève à plus de deux mille cinq cent. J'espère pouvoir transmettre un travail convenable à la fin de l'année 1862."



Le silence de Lespy s'explique : il avait mis au service de Lechien sa connaissance approfondie du Béarn. Peu après, Picamilh renonçait à sa collaboration pour le pays basque, l'archiviste assumant le Département entier ; cette lettre de Lechien, du 17 mai 1862 le montre :


"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les premiers cahiers du "Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées" contenant la lettre "A". Le travail est terminé pour les cinq arrondissements de ce Département, mais, avant d'en adresser la copie, je prie V.E. de vouloir bien me communiquer les observations que le Comité jugera à propos de faire pour que je puisse m'y conformer à l'avenir."



Le 24 mai, le Secrétaire Général du Ministère remerciait Lechien, et soumettait à l'examen d'Anatole de Barthélémy, membre du Comité, les cahiers. Le 7 juin, ce dernier rédigeait la Note suivante :


"Le soussigné est d'avis que les trois cahiers communiqués par M. Raymond Lechien paraissent conformes au programme donné par la Commission. Il y aurait lieu de réclamer le reste du Dictionnaire, l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes de noms de lieu (sic) afin de pouvoir juger du travail dans son ensemble."



Nouvelle lettre ministérielle à Lechien le 7 juillet :


"Monsieur : La Commission de publication du Dictionnaire Topographique de la France a examiné le travail que vous avez bien voulu m'adresser le 17 mai dernier. Elle s'est convaincue, comme elle en avait l'intime persuasion, en acceptant votre concours, que vous pouviez mieux que personne, Monsieur, mener à bonne fin une entreprise à laquelle vos études particulières et votre position d'archiviste vous avaient tout particulièrement préparé. Elle vous sera obligée de me faire parvenir le reste du "Dictionnaire", l'Introduction et la Table Alphabétique des formes anciennes des noms de lieux."



Lettre du 25 août de l'archiviste :


"J'ai l'honneur d'adresser à V.E. les cahiers contenant les lettres "B" à "Z" du "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", l'Introduction et la Table des Formes Anciennes. Pour la rédaction de cette dernière, j'ai suivi le système adopté dans le "Dictionnaire d'Eure-et-Loir".


Le 3 septembre, le Secrétaire Général du Ministère adresse ces cahiers à Barthélémy :


"Le commencement de ce travail a favorablement été jugé par vous, Monsieur. Aujourd'hui qu'il est terminé, pensez- vous qu'il puisse sans modifications être mis sous presse ?"


Le 6 septembre Barthélémy répond :


"Le soussigné est d'avis que le travail de M. Paul Raymond peut être imprimé."



Le 13 septembre 1862 le Ministre de l'Instruction Publique écrivait la lettre suivante au directeur de l'Imprimerie Impériale ; elle montre que le Dictionnaire de Raymond était le quatrième Dictionnaire imprimé :


"Monsieur le Directeur, j'ai l'honneur de vous adresser, avec prière de le faire immédiatement mettre à l'impression le "Dictionnaire Topographique du Département des Basses-Pyrénées", rédigé par M. Paul Raymond, archiviste de la Préfecture à Pau. Je vous serais obligé, Monsieur le Directeur, de vouloir bien donner des ordres pour que ce nouveau Dictionnaire, qui devra, quant au format, au papier et aux caractères, être conforme à ceux d'Eure-et-Loir, de l'Yonne et de la Meurthe, puisse être publié dans un court délai, et pour que les épreuves me soient exactement envoyées dès que chaque feuille sera composée".



En même temps Raymond était informé de cet envoi à l'Imprimerie Impériale :


"M. Anatole de Barthélémy, membre du Comité, a été désigné pour surveiller l'impression de votre travail qui a paru à la Commission répondre complètement aux conditions du programme."



Raymond remerciait le 15 par retour du courrier.



Le 19 ou le 20 septembre, Paul Raymond envoie au Ministre une lettre transmise le 22 à Anatole de Barthélémy : 


"J'ai l'honneur de vous communiquer la lettre ci-jointe que vient de m'adresser M. Paul Raymond, Archiviste des Basses-Pyrénées, pour me faire connaître les moyens d'exécution du "Dictionnaire Topographique" de ce Département. L'exposé fait par M. P. Raymond devrait, peut-être, figurer en tête de son travail sous forme de préface ? Veuillez, je vous prie, Monsieur, me donner votre avis à ce sujet."



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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samedi 17 janvier 2026

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (deuxième partie)

 

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).



III. — Le "Dictionnaire Topographique".



Le 26 août 1858, Rouland, Ministre de l'Instruction Publique, avait diffusé une circulaire relative à l'établissement d'un Dictionnaire Géographique de la France.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
PORTRAIT DE M GUSTAVE ROULAND
MINISTRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES CULTES
DU 13 AOÛT 1856 AU 24 JUIN 1863



L'abbé Marquette, curé-doyen d'Arthez-de-Béarn, avait songé, encore séminariste, à un projet de ce genre pour le Département, y avait intéressé plusieurs de ses condisciples "et d'autres hommes instruits, de divers états, mais bientôt privé de la coopération de ses amis, il interrompit ses recherches", et a perdu ses précieux matériaux. Presque sexagénaire, il n'a pas le courage de se remettre à l'œuvre. Dans sa lettre au Ministre, du 25 octobre 1858, l'abbé fait des remarques pertinentes : "... Je crains que plusieurs correspondants que V. E. a nommés ne puissent faire toutes les recherches désirables, et que bien des détails essentiels ne leur échappent ; il faudrait donc des coopérateurs nombreux, zélés et capables ; et il les leur faudrait dans chaque ville, dans chaque bourg, dans chaque hameau. Par ce moyen, me semble-t-il, rien n'échapperait à leurs recherches.



"Et ce moyen, Monsieur le Ministre, permettez-moi de vous le faire remarquer, vous l'avez entre les mains. Vous pouvez avoir dans les moindres hameaux de l'Empire un correspondant obligé, intelligent, capable. Tous les instituteurs dépendent de V.E. Elle peut les engager, les forcer même à coopérer à cette œuvre monumentale et d'utilité publique. Que tous soient obligés de fournir un Mémoire topographique, historique, etc., de leur Commune et rien ne périra de tout ce qui existe d'intéressant en ce moment dans toute l'étendue de l'Empire. Les mémoires de plusieurs instituteurs seront, je le veux, imparfaits, peut-être mal digérés ou insignifiants par la banalité des choses consignées, ou par la banalité des redites ; mais les matériaux y seront. Ce sera, ensuite, aux correspondants principaux ou à un Comité nommé par V.E., de trier les matériaux, de les coordonner, d'y mettre la dernière main.


Que de fois je me suis dit : Si j'avais été évêque, j'aurais obligé chaque ecclésiastique de mon diocèse à me donner la géographie et l'histoire de sa paroisse. C'est justement ce que vous pouvez obtenir de chaque instituteur de l'Empire. Et tous les amis des sciences et des antiquités vous en sauront gré. Quel service immense rendu à chaque localité de lui conserver à jamais le souvenir de ce qu'elle est et de ce qu'elle a été."



Le baron de Crouseilhes, Ministre de l'Instruction Publique en 1851, Sénateur de l'Empire, membre non-résidant du Comité des Travaux Historiques et des Sociétés Savantes, indiquait à son successeur, le 5 novembre 1858, M. Picamilh : "... Je me permets d'indiquer à V.E. un jeune homme instruit, laborieux,  M. Picamilh, qui travaille depuis quelques années à une statistique de ce pays, qui promet d'être assez complète, et dont la première partie a déjà paru en un volume in-8°, et l'on annonce la prochaine publication du second volume. Je crois que les travaux qu'a nécessités cet ouvrage ont dû mettre l'auteur sur la voie de la découverte de faits qui donneraient d'utiles éléments du Dictionnaire Géographique. M. Picamilh peut consacrer tout son temps à des occupations littéraires et archéologiques, et seconderait, je crois, d'une manière satisfaisante les instructions de V.E. Il réside à Pau."



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BARON DOMBIDAU DE CROUSEILHES



Le 20 mars 1860 le Ministre écrit au baron de Crouseilhes :


"La Commission (de rédaction du Dictionnaire Géographique de la France) vient de commencer ses travaux et désire savoir si M. Picamilh se chargerait volontiers de recherches dans les arrondissements de Bayonne et de Mauléon, en se conformant aux instructions et spécimen ci-joints publiés par le Comité. La connaissance du basque est indispensable pour un travail de cette nature, et je crois M. Picamilh familiarisé avec cet idiome."



Le 2 avril 1860 Crouseilhes répondait :


"... Appelé à s'occuper uniquement des arrondissements de Bayonne et de Mauléon (qui comprennent le pays basque), M. Picamilh m'exprime quelqu'appréhension qu'une connaissance imparfaite de la langue basque, et les rares archives qu'on trouve en ce pays, ne rendent sa tâche plus difficile. Toutefois, reconnaissant du témoignage flatteur qu'il trouve dans la désignation de V.E., il se met à votre disposition, ayant réuni de nombreux documents sur l'ensemble du Département. Connaissant personnellement les habitants les plus notables des deux arrondissements, il espérerait pouvoir remplir convenablement vos vues. Il penserait que, vu les obstacles qu'il peut rencontrer, un délai de six mois lui serait nécessaire à partir du jour où une lettre d'avis de V.E. lui aurait donné cette mission."



Le 27 avril, lettre ministérielle à Picamilh, avocat à la Cour Impériale, demeurant à Jurançon, pour le remercier :


"Loin de vous fixer un délai pour l'exécution de votre travail, la Commission entend vous laisser toute latitude à cet égard, le délai de six mois que vous demandez étant d'ailleurs assez rapproché. J'ai l'honneur de vous transmettre un exemplaire des instructions de M. Delisle et du spécimen qui les accompagne. Ces documents, Monsieur, vous indiqueront d'une manière précise la pensée de la Commission et la nature du concours réclamé de tous les savants de la province. Je n'ai pas besoin d'ajouter que la part de collaboration de chacun sera exactement indiquée dans le "Dictionnaire Géographique de la France".



Le 12 mai Picamilh accusait réception : "... J'ai déjà commencé ce travail et j'apporterai dans son exécution tout le zèle qu'il me sera possible."



La circulaire d'août 1858 (voir au commencement de cette Section III) avait été aussi envoyée à Nogué, avoué à Pau, ancien Maire de cette ville et ancien Commissaire de la Seconde République, avant d'être Député en 1848, en tant que Président de la Société Scientifique de Pau. Le 9 octobre 1858, Nogué avait répondu :


"Il n'existe pas pour le Département des Basses-Pyrénées des travaux manuscrits ou imprimés dans lesquels on puisse trouver des indications pour ce travail. Je suppose que la plupart des matériaux ont été détruits par les guerres de religion du XVIe siècle. M. Lespy, membre de notre Société, professeur au Lycée de Pau, et auteur d'une grammaire béarnaise et de divers ouvrages sur le Béarn, a consenti à se charger du travail géographique que vous désirez. Nul mieux que lui, par ses études antérieures et par la connaissance de notre ancien idiome, n'est préparé aux recherches indispensables. Le travail de M. Lespy se bornera à l'ancien Béarn qui comprenait les arrondissements de Pau, d'Oloron et d'Orthez. Les arrondissements de Bayonne et de Mauléon ont une langue et une origine différentes."



Le 20 mars 1860 on demandait à Nogué : si M. Lespy "est toujours disposé à préparer le Dictionnaire des 3 arrondissements précités, en se conformant aux instructions et au spécimen publiés" ; aucune réponse n'était encore parvenue au ministère le 23 juin 1860.



Le 23 mars 1860, P. Raymond Lechien avait écrit cette importante lettre au Ministre :


"Me proposant d'entreprendre le Répertoire Topographique de l'arrondissement de Pau, j'ai l'honneur d'exposer à V.E. qu'il n'existe pas, en fait, de société savante dans la Ville de Pau, et que les correspondants du Ministère, pour le Département des Basses-Pyrénées ne s'occupent pas du travail dont il s'agit ; mes fonctions d'Archiviste du Département et les études faites à l'Ecole Impériale des Chartes, mes voyages comme Inspecteur des Archives Communales, me mettent en mesure d'entreprendre ce Répertoire si je suis agréé par V.E. Dans ce cas, j'aurais besoin de connaître les instructions et spécimens qui ont été communiqués aux Correspondants ; je prie V.E. de me les faire adresser si elle veut prendre ma demande en considération."

(signé) : Raymond Lechien.



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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mercredi 17 décembre 2025

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES PAR PAUL RAYMOND EN 1863 (première partie)

UN DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRÉNÉES EN 1863.


Paul Raymond, né Paul Raymond Lechien, est un archiviste et historien français qui était en poste à Pau, au 19ème siècle et une des principales sources paléographique et lexicographique du Béarnais.



19ème siècle topographie basses-pyrénées archiviste béarn
DICTIONNAIRE TOPOGRAPHIQUE DES BASSES-PYRENEES
DE PAUL RAYMOND 1863



Voici ce que rapporta à ce sujet Pierre Bayaud, Directeur des Services d'Archives des Basses-

Pyrénées, dans le Bulletin du Musée Basque N° 25-26 en 1964 :



"Le Dictionnaire topographique des Basses-Pyrénées et son auteur l'archiviste Paul Raymond (1833-1878).



Le 30 novembre 1963 était célébré, au Musée Basque de Bayonne, le centenaire de la publication du "Dictionnaire Topographique des Basses-Pyrénées" de Paul Raymond.



Permettez-moi, avant d'aborder cet ouvrage, de donner quelques notes biographiques sur l'auteur et de présenter la chronologie de ses travaux et publications.



I. — La vie de l'auteur.



Paul Raymond Lechien naquit à Belleville (Seine), le 8 septembre 1833. Il était fils de François Lechien et d'Anne-Joséphine-Sophie Vergne. Après les études secondaires à Sainte-Barbe, il entra à l'Ecole des Chartes. Il appartient à la promotion d'archivistes-paléographes du 10 novembre 1857 qui comprenait cinq noms ; sa thèse, restée inédite, était intitulée "Du pillage de la maison et des biens de l'évêque. Ve au XIIIe siècles.



Au début de 1858, Lechien est nommé à Pau archiviste du Département. En 1864 il obtient de la chancellerie la disparition de son patronyme "Lechien" au bénéfice de son second prénom ; désormais il est officiellement "Paul Raymond".



Le 14 avril 1868, il épousa, à Pau, Marie-Françoise-Marguerite-Isabelle Lafitte, fille de feu Ulysse, propriétaire et avocat, et de Laure-Marie Mourot, descendante du juriste palois connu. Il avait comme témoins Eustache-Maur-François Saint-Maur, avocat général près la Cour Impériale, archiviste-paléographe, et Vastin Lespy, professeur au Lycée ; ceux de sa femme étaient Charles Basterreche, ancien receveur général du Département, et Léon Daran, docteur en médecine et conseiller général.



Raymond devait avoir des ressources personnelles, car l'on sait que les traitements des archivistes ont toujours été modestes. L'anecdote suivante, dont on m'a garanti l'exactitude, semblerait le prouver. Raymond se trouvait depuis un long moment debout dans le cabinet préfectoral sans que le Préfet, G. d'Auribeau, prêtât attention à lui. Soudain on entendit piaffer des chevaux dans la cour sur laquelle donnait cette pièce. Le Préfet s'approche de la fenêtre et demande à Raymond : "Savez-vous à qui appartient ce bel attelage ?" — "C'est le mien, Monsieur le Préfet." Aussitôt changement dans l'attitude du haut personnage : "Mais, asseyez-vous donc, cher Monsieur." Et un entretien cordial s'engagea. Un Préfet snob — son patronyme "Guillaume" était devenu "G. d'Auribeau" — ne pouvait qu'avoir de la considération pour un subordonné au standing de vie de riche apparence.



Devenu Secrétaire Général de la Préfecture le 28 décembre 1877, Raymond mourait en fonction le 27 septembre 1878, à 3 h. et quart du matin, dans son domicile privé, 6, rue Mourot, en revenant de Paris ; depuis longtemps malade, il était considéré comme perdu depuis plus d'un mois. Le lendemain, Emile Garet, directeur de "L'Indépendant des Basses-Pyrénées" (journal républicain de Pau), et futur Président du Conseil Général, consacrait au disparu un article qui, sans négliger l'ami politique, rendait pleinement justice à l'érudit :

"Après le 14 décembre 1877, M. Paul Raymond, dont les sentiments républicains étaient aussi sincères que résolus, fut appelé au Secrétariat Général de la Préfecture. Sur ce nouveau théâtre, nous pouvons le dire, il sut déployer les qualités d'un autre ordre dont ses amis seuls possédaient le secret : intelligence prompte des affaires administratives, coup d'œil sûr quant aux hommes et quant aux choses, inébranlable esprit de justice et fermeté non moins inébranlable sur le terrain du devoir, grande modération quant aux idées, mais énergie non moins grande pour la défense des principes dont il avait accepté d'être le serviteur sinon le champion".



Auparavant Garet avait énuméré les nombreux travaux scientifiques de Raymond, rappelé qu'avec son ami Lespy il avait fondé la "Société des Bibliophiles du Béarn", qu'il fut l'un des fondateurs du "Comité de la Bibliothèque Populaire", qu'en 1871 il avait été l'un des principaux promoteurs de la résurrection de la "Société des Sciences, Lettres et Arts, de Pau", en sommeil depuis 1844.


"Levé avec le jour, il travaillait chez lui comme dans ses bureaux. Courbé sur sa table encombrée de pièces, il fournissait journellement une somme de travail considérable. Aussi, chaque année recevait-il de son Ministre les éloges les plus complets. Suivant l'un de ces témoignages officiels, il était en avance sur tous ses collègues — pour la publication des Inventaires —, et le dernier Inspecteur Général qui vint à Pau, il y a deux ans, M. de Rozière, fit sur son compte un rapport qui équivalait à la plus flatteuse des récompenses."



Paul Raymond avait eu trois enfants. J'en ai connu deux. En tournée d'Archives Communales à Castétis, le 28 juin 1943, je rendis visite à l'aînée, Mme Barbey, née à Pau le 4 février 1869. Cette septuagénaire très distinguée, de haute taille, me fit le meilleur accueil. La maison familiale étant transformée en école ménagère depuis 1941, Mme Barbey logeait dans l'ancienne orangerie voisine. Malgré ses maigres ressources, elle fit don aux Archives des Basses-Pyrénées, le 29 septembre 1947, de 600 volumes ; il y avait là un incunable parisien de 1481, "Liber sextus decretalium", acheté 1 fr. 25 en décembre 1852 ; 13 in-folio des "Ordonnances des Rois de France" ; de nombreux volumes de mémoires et chroniques publiés par la "Société de l'Histoire de France". Son frère eut deux fils ; l'un qui faisait partie de l'armée Juin, fut tué au pied du Mont-Cassin en 1944.



II. — Répertoire Bibliographique.



L'œuvre de Raymond est énorme, et l'on se demande comment, en 20 ans, un homme a pu analyser et inventorier un si grand nombre de documents, et faire un tel nombre de publications.


1859 — 1. "Nouvelles des affaires de France, 1521" (Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, pp. 369-380). 


1860 — 1. Pièces sur l'hôtel de Clisson. (Loc. cit., pp. 447-454.)


1863 — 1. "Dictionnaire Topo graphique des Basses-Pyrénées." (Nous y reviendrons ci-après.)

2. Tome I des Inventaires-Sommaires des Archives des Basses-Pyrénées


1865 — 1. Tome III des Inventaires-Sommaires : Archives Civiles, Série C. et D. 

2. "Enquête du Prévôt de Paris sur l'assassinat de Louis, duc d'Orléans, 1407". 


1866 — 1. "Notice sur une mosaïque placée dans la grande abside de la cathédrale de Lescar." 

2. (1866 à 1869). "Notes extraites des comptes de Jeanne d'Albret et de ses enfants, 1556-1608." 


1867 — 1. Tome IV des Inventaires-Sommaires.

2. "Une lettre de Gaston Phoebus à Jean III comte d'Armagnac."

3. "Dolmen et cromlechs situés dans la Vallée d'Ossau."


1868 — 1. "De l'origine d'Arnaud de Moles, auteur des verrières de Sainte-Marie d'Auch". 

2. "Les tumuli des environs de Pau". 


1869 — 1. "La question de Roncevaux". 

2. "Un règlement pour la saison thermale des Eaux-Chaudes en 1576". 

3. "Notes sur les peintures murales du XVe s. à Boeil près Nay". 


1872 — 1. "Rôles de l'armée de Gaston Phœbus, 1376-1378".


1873 — 1. Tome V des Inventaires-Sommaires.

2. "Histoire de Béarn et Navarre par Nicolas de Bordenave, 1517 à 1572", 

3. "Cartulaire de l'Abbaye de St-Jean de Sordes (Landes)". 

4. "Le vrai nom de "Bétharram" est "Gattaram".

5. "Sur les traces de l'occupation romaine dans les Basses-Pyrénées". (Ibid., pp. 261-262.)

6. "Sur les Chemins "Roumieu". (Ibid., pp. 270-271.)

7. "Ateliers monétaires du territoire des Basses-Pyrénées". (Ibid., p. 271.)

8. "Sur l'origine des "cagots". (Ibid., pp. 285-287.)

9. "Notes pour servir à l'hagiographie des Basses-Pyrénées". 

10. "Mœurs béarnaises 1385 à 1550". 

11. "Curiosités judiciaires du Parlement de Pau, 1623-1732". 

12. "Le Béarn sous Gaston Phœbus". 


1874 — 1. Tome VI des Inventaires-Sommaires, Paris, 

2. "Sceaux des Archives du Département des Basses-Pyrénées", 

3. "Les artistes en Béarn avant le XVIIIe siècle".

4. "Exploration d'un tumulus à Andrein". — (Ibid. pp. 45-46.)

5. "Mémoire sur les inscriptions des colonnes de l'église de Bielle (Basses-Pyrénées)". 

6. "Le Droit du Seigneur au pays de Béarn", 

7. "Quittances de Renaud et de Jacques de Pons, et Jean de Bretagne, 1377-1446."


1876 — 1. Tome II des Inventaires-Sommaires.

2. "Récits d'Histoire Sainte en béarnais, traduits et publiés pour la première fois sur le manuscrit du XVe siècle", par V. Lespy et Paul Raymond.


1877 — 1. "Exploration d'un tumulus à Balansun". 

2. "Notes sur la famille de Jean-Paul de Lescun, membre du Conseil Souverain de Béarn. "

3. Documents divers. (Ibidem, pp. 424-429). 


1878 — 1. "Correspondance inédite de Louis XI avec le duc Bretagne, 1463-1464,"

2. "Un baron béarnais au XVe siècle". 


1879 — 1. "Enquête sur les serfs du Béarn au XIVe siècle". 


1887 — 1. (9 ans après sa mort) "Dictionnaire béarnais ancien et moderne", par V. Lespy et P. Raymond.



Il donna en outre :


A la "Revue des Sociétés savantes",

1. "Note sur le dolmen d'Escout".

2. "Marché pour la construction des orgues de la Cathédrale de Bayonne".

3. "Acte par lequel un habitant de Mondrans s'engage à se noyer s'il continue à se livrer au jeu (1337)".

4. "Contrat d'apprentissage d'un jeune violoniste béarnais (1601)".


A la "Correspondance littéraire",

1. "Une maîtresse inconnue de Henri IV", pièces inédites.


A l'"Indépendant des Basses-Pyrénées",

1. "Sur les chansons de X. Navarrot", publiées par Lespy.

2. "Antiquités de la Vallée d'Ossau : La grotte d'Izeste". 

3. "Note sur les tombeaux gallo-romains du Pont-Long".

4. "Observations sur l'origine du nom de la ville de Pau et ses armoiries".

5. "Observations sur l'antiquité des centres de population des Vallées d'Ossau, d'Aspe et de Barétous".

6. "Nouvelles observations sur l'Administration Communale dans les Vallées d'Ossau et de Barétous".

7. "Les grottes de Rébénacq".

8. "Sur les Dictons du pays de Béarn publiés par M. V. Lespy".



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


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vendredi 17 juin 2022

LES CÔTES DE BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1863 (troisième partie)

 

LES CÔTES DE BISCAYE EN 1863.


La province de Biscaye, en Hego Alde, a environ 150 kilomètres de côtes.



pais vasco antes vizcaya puerto
ABRA DE BILBAO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal les Annales Hydrographiques, le 1er avril 1863 :



"... Chapitre V (suite)

De la Pointe de Onton à  la Pointe Santurraran.

Variation : 20° 2' N. 0. en 1863. 



La barre. 



Nous venons de décrire l’Abra de Bilbao, nous allons parler de la barre. Elle est mauvaise non seulement parce qu'elle est mobile et peu profonde, mais aussi parce qu’étant exposée aux vents qui battent le plus en côte, la mer du N. O. déferle dessus dans toute sa violence. Néanmoins, un navire forcé par la nécessité de la franchir dans de mauvaises circonstances pourra le faire, pourvu que la marée soit assez haute et le vent portant.



Les bancs de sable mouvants qui occupent tout le fond de l'Abra s'étendent depuis Algorta jusque auprès de Santurce laissant seulement un petit canal en face de ce village et dans la direction du havre, avec de 0m 56 à 0m 84 d'eau dedans de mer basse dans les grandes marées. Sa position et son brassiage varient à chaque crue du Nervion et à chaque coup de vent du large, de sorte que les pilotes sont forcés de la sonder et de la reconnaître en détail pour savoir par où ils doivent faire passer le navire qu’ils entrent.



Ordinairement la barre est sous la côte Ouest et dans la direction du canal du port, avec des fonds de 4m24 à 4m52 à marée haute dans les grandes marées. Les coups de vent de N.O. font le plus varier sa position et quelquefois même ils l'obstruent complètement.



Il serait inutile de faire connaître les amers qui servent actuellement à entrer dans le port, puisque la barre variant les alignements doivent changer également. Il suffira de prévenir qu'aucun navire calant plus de 2m 26 ne doit s’aventurer à passer la barre sans l'assistance d’un pilote, surtout s’il y a de la mer.



Le pilote major se trouve toujours hors de la barre, d’où il fait connaître au capitaine la direction qu'il doit suivre pour entrer dans le port ; et si les circonstances de temps et de mer ne lui permettent pas de sortir, il se place sur la tour des signaux qui est sur la pointe du môle du S. O.



La barre est maintenant (1860) à 4 encablures en dehors des pointes des deux môles qui forment le canal du port, lequel est beau, presque droit et navigable à la voile dans presque toute sa longueur avec un même vent ; il court au S. E. environ jusqu’à la ville de Bilbao.



Moles. 



Le port est presque tout canalisé et le môle du N. E. va sans interruption depuis la mer jusqu’au dernier pont de la ville, soit pendant une longueur de 73 encablures, ce qui donne une grande facilité pour charger et décharger les bâtiments.



Le môle du S. O. s’étend pendant un espace de 5 encablures depuis sa pointe N. O. jusqu'à la petite darse de Portugalete. Il recommence à la pointe de la Venerita, tête ronde qui à marée haute parait à peine hors de l’eau et qui avec le môle du N. E., situé à 127 mètres de distance, forme le commencement du canal intérieur. Ce môle s’interrompt auprès du couvent de San-Nicolas del Desierto ; il reprend en amont du lazaret ; il continue jusqu’aux environs de la digue du Carénage où le bord de la mer parait dans son état naturel, et se dirige dans l’E. vers la ville de Bilbao, en face de laquelle il y a encore un bout de môle qui va jusqu’au pont.



La largeur du canal varie entre 200 mètres et 67 mètres, et sa profondeur diminue continuellement à cause du limon et des galets déposés par le Nervion et ses tributaires. Dans ce moment la sonde donne à marée basse dans les grandes marées, entre Portugalete et le village de Olaviaga, de 1m 13 à 5m 66, ce qui permet à tout navire qui peut franchir la barre d’aller jusqu’à Olaviaga. Depuis le mouillage qui est devant ce village le havre est plus obstrué de bancs de galets, de vase et de sable, et les barques seules du cabotage peuvent aller jusqu’à Bilbao, où elles restent à sec de mer basse. On trouve dans ce passage quelques puits sans importance dans lesquels on peut rester constamment à flot.





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OLAVEAGA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le havre



Lorsqu’on a franchi la barre, on entre en passant entre les deux pointes du môle qui forment l'entrée du canal. Le môle du S. O., qui avance le plus en mer, est aussi celui auprès duquel il y a le plus de fond et le plus sain. De la pointe du môle du N. E. s’avance vers le N. O. une chaîne de rochers jetés sans doute à la mer pour le prolonger.



Signaux



Sur l'extrémité du môle du S. O. ou voit une tour ronde et blanche sur laquelle le pilote major de la barre ou son remplaçant fait des signaux de convention, avec un pavillon rouge pendant le jour et une lanterne pendant la nuit, pour guider les bâtiments qui entrent dans le port.



Sur ce môle et également sur celui qui est en face il y a des canons enfoncés verticalement et des piliers en pierre sur lesquels s'amarrent les bâtiments pour faciliter leur entrée dans le port en se halant.



La ville de Portugalete. 



Les deux môles courent parallèlement dans le S. 40° E. jusqu’à la ville de Portugalete, qui est située sur la rive S.O. à 4 encablures de l'entrée du canal et dont la face se développe vers le havre. Elle compte 1 194 habitants ; elle est au pied du Mont San Roque ; son église paroissiale, qui est très remarquable, est située sur une hauteur et on la voit aussitôt qu’on entre dans l'Abra.



Le mouillage de Portugalete est dans l’endroit nommé Bajo de Solar ; c'est là que s’arrêtent momentanément les bâtiments pour prendre la libre pratique et pour expédier les papiers de bord et aussi pour attendre la marée. On trouve de 2m 83 à 3m 39 d'eau à marée basse dans les grandes marée en face des maisons du môle, et le fond y est de bonne tenue. Les bâtiments plus grands mouillent entre la pointe de la Venerita et le môle du N.E., et les plus petits en face des maisons, avec une ancre au large et une amarre à terre.




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MÔLE DE PORTUGALETE BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le mouillage de Portugalete est très mauvais en hiver surtout aux environs de la pleine mer, parce qu’il y entre un fort ressac qui fatigue beaucoup les navires. Dans ce cas ceux qui sont mouillés en face de la ville lèvent l’ancre et se réfugient dans le canal de Sestao.



Le canal de Sestao traverse le grand banc de sable et de vase situé entre la côte de Portugalete et le môle de la Venerita et va se perdre de là dans l’intérieur et dans le port de Bilbao. Les petites barques restent à flot dedans à mer basse, et si elles touchent elles ne fatiguent pas, parce que tout le fond est mou. Les bateaux de pêche de Portugalete abandonnent aussi leur petite darse quand il fait mauvais temps et entrent dans ce canal. Le village de Sestao est sur une hauteur et au côté Sud du canal ; il contient 235 habitants.



On doit établir deux bouées d’amarrage avec des corps-morts au mouillage de Portugalete.



On donne le nom de pointe de la Venerita à l’extrémité du môle qui prolonge la côte Sud du havre et dont la tête est en face de Portugalete. Ce môle est presque parallèle à celui qui est en face et il découvre à peine dans les grandes marées à mer haute. Dans ces moments, on ne distingue que sa tête qui parait comme une tourelle ronde et laisse voir les piliers qui sont dessus de loin en loin pour amarrer les bâtiments.



On peut dire que c’est à la pointe do la Venerita que commence le canal du havre de Bilbao. Son embouchure a 127 mètres de largeur avec des fonds de 2m 83 à 4m 24, et c’est l'endroit où les grands bâtiments qui sont en partance attendent la marée favorable pour sortir. Le canal se rétrécit à mesure qu’on entre dans le havre et à 9 encablures de la pointe de la Venerita, sur le môle du N. E., on arrive à un pont d'une arche par lequel on entre dans la rivière Udondo qui est dans la partie Est du port. Les gabares qui transportent des pierres de taille, du bois à brûler, des bois de construction, etc., pénètrent à marée haute dans cette rivière en passant sous ce pont.



Le canal est sain jusqu’au pont de Udondo, avec un brassage de 1m 13 à 5 mètres à mer basse. Il n’y a qu’une étroite basse de sable qui s’étend au large des deux môles ; mais lorsqu’on a dépassé la rivière Udondo, un banc qui tient au môle du N. E. s’avance vers le S. et vient s’endenter avec un banc de roches nommé le Fraile.



Le Fraile est au milieu du canal, et il est balisé avec un poteau en bois terminé par un ballon en caillebotis peint en bandes blanches et rouges. Pour éviter le banc il faut accoster le môle du S. O., auprès duquel il y a le plus grand fond.



On doit placer des bouées-balises dans la partie Sud du Fraile pour signaler ses accores.



En face du banc ci-dessus et du môle du S. O. commence un grand banc de sable qui s’avance dans le N. E. et se termine à la pointe Ouest de la rivière Galindo. Ce banc augmente tous les jours et il faut accoster le môle du N.E., auprès duquel il y a le plus de fond. On le nomme plage de Aspe, sans doute parce qu’il est en face de la montagne de ce nom qui est sur le côté Est du havre.



Le mont Aspe. 



Au pied des escarpements du mont Aspe se trouve le môle du N. E. sur lequel passe le chemin de communication entre Bilbao et les maisons qui sont sur la plage de Guecho. Les côtés du havre sont d’une hauteur moyenne dans cet endroit, leur aspect est agréable ; ils sont peuplés et les monts qui les dominent sont couverts de jardins. Le mont Aspe seul est aride et escarpé.



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PLAGE DE ARRIGUNAGA GETXO
BISCAYE D'ANTAN



Le môle du S. O. finit en face de cette montagne, et à son extrémité commence le mur du jardin du couvent de San Nicolas, qui est sur une hauteur de la côte Ouest et entouré d’arbres. Les bancs de sable qui bordent les deux côtés du port découvrent à mer basse et laissent entre eux un canal étroit avec 1m 98 à 2m 83 de fond.



Lorsqu’on a passé le banc de Aspe il est nécessaire de venir vers la côte Ouest pour éviter un banc qui s’avance du côté opposé et qui s'approche de l’embouchure de la rivière Galindo. Cette rivière ou mieux ce canal serpente au milieu d’une grande plaine qui s’étend au loin. Un pont avec trois arches jeté sur l’embouchure de la Galindo, facilite le passage des piétons et en même temps l’entrée des gabares qui vont charger le minerai de fer que l’on tire des mines de Triano.





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MINES TRIANO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il y a une grande fonderie de fer auprès du pont et dans la partie Sud de la rivière. Les caboteurs qui portent du charbon de terre pour la fabrique ou qui vont charger ses produits ou le minerai mouillent en face du mur du couvent et à l’embouchure de la Galindo. 



La côte Ouest du havre dans cet endroit est couverte de jardins. Les collines environnantes et la hauteur de Torrontegui sont couvertes de roubles et de châtaigniers, tandis que la côte en face est aride et accidentée. Un banc de sable, sur l'accore duquel il y a 1m 13 à 2m 83 d’eau à marée basse, entoure la côte Ouest.



A 6 encablures 1/2 de l’embouchure de la Galindo on trouve les ruines du petit fort de Luchana, et en face du fort ou sur la côte opposée le célèbre pont de Luchana avec trois arches. Ce pont conduit dans le canal de Asua qui s’enfonce dans l’E. jusqu’en amont du village de ce nom ; les gabares de toutes dimensions vont à Asua à marée haute pour prendre des chargements de pierre, de bois à brûler, etc.



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LUCHANA BILBAO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Une falaise élevée, aride et rougeâtre, dérivée de la montagne de Banderas, vient s’appuyer sur l’angle saillant que le môle du N. E. forme un peu en amont du pont de Luchana, et les escarpements arrivent jusqu’au môle. Celle falaise se nomme mont de Cabras.  



La rivière Salcedon ou Cadàgua coule sur la rive Ouest en face de l'angle saillant dont nous venons de parler. Les gabares la remontent jusqu’au pont suspendu qui est à 7 encablures plus en dedans.



Le havre forme une rentrée très prononcée au pied du mont de Cabras, puis il se dirige au S. S. O., direction qu’il suit pendant un espace de 5 encablures jusqu’au lazaret de Zorroza, édifice construit dans la direction de la côte Ouest. Les maisons groupées autour de cet édifice, les grandes plaines qui sont des deux côtés du port et couvertes de jardins, les collines riantes et les montagnes en amphithéâtre qui livrent passage au Salcedon forment un beau panorama dans cette partie du port. Les bâtiments en quarantaine mouillent en face de cet édifice.



Le mont Banderas à sommet arrondi et aux contours gracieux reste à gauche quand on entre dans le port. Sur son versant Sud on voit de grands jardins, des maisons, des champs et des vignes qui vont jusqu’au village de Olaviaga.



Lorsqu’on voit cette montagne du N. O. elle a une forme conique, et elle descend vers la côte en ondulations qui vont se terminer à la falaise nommée mont de Cabras. Sur son sommet il y a un fort et une vigie qui répète les signaux que l’on fait à Portugalete pour indiquer les mouvements des bâtiments. Dans ce moment il y a une maison de ferme dessus. La hauteur de la montagne est de 225 mètres.



Le canal est étroit dans cet endroit et ses deux bords sont pittoresques. Les môles sont bordés par des basses de sable vasard qui découvrent à marée basse et qui laissent entre elles un canal assez étroit avec des fonds de 1m 69 à 2m 83 d’eau. Le môle du S. O reparaît à petite distance du lazaret et court parallèlement à celui du N. E. jusqu’auprès du bassin de Carénage avec quelques sinuosités vers le S. 30° E.



A 4 encablures en amont du lazaret commence le village de Olaviaga qui augmente de jour en jour. Il s’étend sur l’une et sur l'autre rive en dedans des môles et à une distance de 6 encablures ; il contient 883 habitants.



Partout dans cet endroit les grands navires s’amarrent en rang le long du môle du S. O. avec l’avant en dedans. Le môle du N. E. reste libre pour mouvement des embarcations ; il y a de 1m 69 à 2m 83 de fond à marée basse partout à ce mouillage, dans lequel on est très commodément.



Des magasins d’objets d’armement, des provisions de bouche, et enfin tout ce dont un navire peut avoir besoin se trouve réuni à Olaviaga. Des bateaux couverts transportent les marchandises des navires jusqu'à Bilbao et vice versa ; en outre les communications par terre sont faciles. 



Le havre est beau dans cet endroit ; la côte N.E. est la plus peuplée, et la plaine qui s'étend jusqu’au pied du mont de Banderas est couverte de jardins, de plantations et de maisons de plaisance. La cote opposée est plus élevée. 



Le bassin de carénage des grands navires est sur la côte Sud, à l'extrémité Est des maisons de Olaviaga, et sur la côte en face on voit des chantiers de construction.



Après Olaviaga le port se dirige dans l'E., et lorsqu’on a dépasse le bassin, le fond diminue considérablement à cause du dénivellement naturel du canal. Un banc de galets nommé plage de San Antonio qui découvre complètement à mer basse, se trouve à 3 encablures en amont du bassin. Il part de la côte Sud et s'avance en pointe vers la côte opposée, de manière à former à marée basse un canal très étroit dans lequel il n'y a que 0m 28 d eau ; il faut accoster le môle du N. E. pour franchir ce passage, après quoi on trouve une plus grande largeur et un plus grand brassiage. 



Le port continue à courir à l'E., bordé par une grande plaine dans le S., avec des champs et des maisons, et au N. par des collines à contours gracieux, coupées par des vallons cultivés.



A 6 encablures du banc San Antonio et sur la côte Nord commence une allée d’arbres nommée promenade de la Salve, et dans les environs de laquelle il y a un puits avec 2m 83 à 3m 39 d’eau à marée basse. Le port forme un coude dans cet endroit ; il se dirige ensuite au S. E., ce qui permet de voir la ville de Bilbao qui parait entre les arbres. En face de la promenade ou sur la côte Sud il y a des chantiers de construction, des magasins et des maisons.



Le môle du N. E., qui borde la côte Nord du port sans interruption depuis son embouchure, est le chemin ordinaire des piétons et des charrettes, et c'est par lui que la ville communique avec le village de Olaviaga. Sur le sommet de son tablier des hommes et des bêtes halent ensemble les navires qui remontent la rivière.



La côte Sud est plus déserte. Le môle fait défaut depuis Olaviaga, les collines descendent jusqu’à la mer, l’eau et les terres cultivées forment sa limite."




A suivre...



(Source : ::: Euskonews & Media ::: Gaiak ::: L’alimentation des mineurs de Triano (Biscaye): Cantines et magasins obligatoires, 1882-1899 et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)







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mardi 17 mai 2022

LES CÔTES DE BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1863 (deuxième partie)

 

LES CÔTES DE BISCAYE EN 1863.


La province de Biscaye, en Hego Alde, a environ 150 kilomètres de côtes.



pais vasco antes vizcaya costas
CÔTES DE BISCAYE 1748



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal les Annales Hydrographiques, le 1er avril 1863 :



"... Chapitre V (suite)

De la Pointe de Onton à  la Pointe Santurraran.

Variation : 20° 2' N. 0. en 1863. 



La côte. 


— Après la baie de Onton, la côte se dirige vers l’E. ; elle est moyennement élevée au bord de la mer, mais haute à l’intérieur. A 2 milles dans le S. 83° E. de la pointe Onton, gît la pointe Musquiz, basse et hachée, formant l’extrémité Ouest de la baie et de la plage de Somorrostro, laquelle est visible à 15 milles de distance et occupe toute la baie, montant eu outre jusqu’au versant Ouest du mont Lucero.



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PLAGE DE SOMORROSTRO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le havre de Somorrostro est à l’extrémité Ouest de cette plage ; sa barre est mauvaise et elle assèche à mer basse. A mer haute, grandes marées, la sonde donne de 2m26 à 2m54 d’eau dessus, de sorte que les caboteurs qui ont un faible tirant d’eau peuvent seuls la franchir lorsque le temps est beau.



Ce havre est fréquenté par les pataches et les bateaux qui chargent du minerai de fer pour les hauts-fourneaux des provinces de Vascongadas et pour Bayonne.



La barre se trouve aussitôt que l’on a doublé la pointe de Muzquiz et auprès d’un îlot réuni à la côte par un môle qui a 66 mètres de longueur ; l'ermitage de Notre-Dame-du-Secours est bâti sur cet îlot. Le village de Muzquiz et quelques maisons sont disséminés sur le côté Ouest du havre. La côte Est est formée par la plage de Somorrostro.



Il faut donner sur la barre avec un très beau temps, bon vent et belle mer ; on accostera la pointe de Muzquiz afin de passer près de l'îlot de Soccorro. La rivière Colisa qui traverse le vallon de Somorrostro se jette dans le havre de Somorrostro.



Marées


La mer est hante à 3 heures du soir les jours de nouvelle et de pleine lune dans l'embouchure du port de Somorrostro.



Reconnaissances. 


—- Le meilleur point de reconnaissance pour aller prendre ce port est la plage décrite ci-dessus qui, par son élévation et sa blancheur, est visible à une grande distance. Les deux monts de Serantes, coniques et semblables qui sont dans l'E. et dans l’intérieur, sont aussi deux bons amers. Le plus voisin du port, nommé pic de Montaño ou Serantes chico, est à 2 milles au S. E. de son embouchure. Le mont Luzuero (voir la Vue N° 58) est également un excellent point de reconnaissance ; il a la forme d'un cône quand on le voit du N. O.



Le pic de Montaño est remarquable par son aspect parfaitement conique quand on le voit du N. O. (voir la 58), et il est sur la côte Est du port de Somorrostro. Il a 342 mètres de hauteur et le havre passe à sa base.



Le mont Luzuero est à l’extrémité Est de la plage de Somorrostro, où la côte qui est escarpée et hachée s'élève en pente douce vers cette montagne que presque tous les marins du pays, nomment mont Lucero. Il court du N. O. au S. E. ; sa pente vers la mer est douce et il est plus élevé dans le N. O. Vu du large il a le même aspect que le pic Montaño, et quand il se projette sur le mont de Serantes, ces deux montagnes ont la forme d'un cône et semblent n'en former qu’une seule. Elles restent l'une par l'autre lorsqu’on les relève au N. 52° E. (voir la Vue N°58). La hauteur du mont Lucero est de 308 mètres au-dessus du niveau de la mer.



Le contrefort le plus saillant au N. O. du mont Lucero prend le nom de pointe de Lucero. Une autre pointe qui s'avance vers le N. E. se nomme pointe de Sevallo et parmi les pilotes de Bilbao pointe de Agujero.



L’Abra de Bilbao. 


— Au N. 76° E. de cette pointe et à 2 milles 7/10 gît celle de la Galea, formant ensemble l’Abra de Bilbao, qui s'enfonce pendant 3 milles au S. E. en forme d’entonnoir, et c'est à son extrémité que se trouve l’entrée du havre de ce nom.




pais vasco antes vizcaya puerto
ABRA DE BILBAO ET ALGORTA
BISCAYE D'ANTAN



Le golfe formé par les côtes de l’Abra donne lieu pendant la belle saison à la brise du large qui souffle presque tous les jours et à la brise de terre pendant la nuit, quel que soit le vent qui règne au large. Mais dans l’hiver les vents d’O. au N. E. passent dans ce canal et y soulèvent une grosse mer, qui atteint d’énormes proportions lorsqu’elle arrive au fond de l’Abra. Les deux côtes sont entourées de récifs. Ceux de la côte Ouest sont peu en saillie, mais ceux de la côte Est s’avancent à 1 ou 2 encablures.



Ce golfe est très dangereux en hiver et on ne doit donner dedans que lorsqu’on a la certitude de pouvoir franchir avec le navire la barre de Bilbao.



A 1 mille environ dans le S. E. q. E. de la pointe Sevallo gît celle de Ciervana, hachée et entourée de roches. Cette fraction de côte est la base du mont Lucero, qui se termine à la mer par des escarpements et une grande quantité de roches.



Une coupure qui s’enfonce un peu au S. O. forme la crique ou port de Ciervana, dans lequel les bateaux de pêche trouvent un refuge. Quelques maisons et la caserne des carabiniers sont à la base de la montagne auprès du bord de la mer.



La base du mont Lucero se trouve auprès de Ciervana, où les terrains commencent à s’élever de nouveau pour former le mont Serantes.



Mouillage


— On nomme Nogales le vallon formé par les monts Lucero et Serantes, parce qu’il est couvert de plantations de noyers. C’est au N. E. de ce vallon et par des fonds de 25 a 27 mètres que gît le mouillage de Nogales.



Le mont Serantes court du N. O. au S. E. comme celui de Lucero, et il a 458 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la basse mer. Sa forme est également conique lorsqu’on le relève au S. E.,  et il forme aussi un bon point de reconnaissance ; ses dérivés dans le S. E. se terminent dans le port de Santurce et sa base N. E. va se baigner dans l’Abra de Bilbao, où elle se termine par une côte rocheuse et par de petits escarpements de roche d'ardoise qui se prolongent sous l'eau en forme de récifs pointus.



Une batterie en ruine nommée de Xebiles et Premier Château par les pilotes est sur un escarpement au pied du mont Serantes, et à 1 mille 1/4 au S. E. de Ciervana. Le pilote de la barre répète sur cet endroit les signaux que l'on fait sur cette dernière.




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PORT DE CIERVANA BISCAYE



Après cette batterie vient celle de Las Cuartas, puis celle de Campillo et enfin le village de Santurce qui renferme 289 habitants, dont la plus grande partie font la pêche. Leurs maisons ont bonne apparence lorsqu’on les voit du S. E. et on ne l'aperçoit pas quand on donne dans l'entrée de l'Abra de Bilbao.



Le port de Santurce.


pais vasco antes vizcaya puerto
PORT DE SANTURCE-SANTURTZI
BISCAYE D'ANTAN


— Entre les récifs qui sont dans les environs de Santurce, il y a un petit môle circulaire qui peut abriter quelques bateaux. Ce petit port assèche à mi-marée et le fond y est de roche.



Pilotes. 


— Le chef des pilotes habite à Santurce ainsi que quelques pilotes du port, et comme ils sont en dehors de la barre, ils peuvent se rendre à bord des bâtiments qui entrent à Bilbao plus facilement. 



Au N. 52° E. du village de Santurce et à 8 encablures 1/2 gît la pointe Begoña, peu élevée, hachée et entourée de récifs. Entre ces deux points, on voit les plages de Guecho et de Algorta, ainsi que les bancs de sable qui terminent le fond de l'Abra de Bilbao. La barre est actuellement sous la côte Ouest et en face de Santurce.



Algorta.



pais vasco antes puerto vizcaya
PORT D'ALGORTA BISCAYE


— A  3 encablures 1/2 au N de la pointe Begoña et au milieu d'une plage remplie de cailloux git la ville de Algorta qui contient 1 339 habitants. Les maisons sont disséminées sur une hauteur et on les voit à une grande distance.



Au pied du village de Algorta, il y a un môle semblable, mais un peu plus grand que celui de Santurce et qui peut abriter quelques barques de pêche du pays. Ce petit port asséché aussi à marée basse.



Après Algorta la côte se dirige au N. O. ; elle est de roche jusqu’à la pointe San Ignacio, terminée par des récifs qui se prolongent pendant 3 encablures dans le N. O. ; elle forme un grand golfe qui s’enfonce au S. E., puis elle tourne au N. O., mais elle est très escarpée et malsaine.



Le Piloto est un rocher qui découvre à mer basse dans les grandes marées et qui ressemble alors à un bateau ; il git entre la pointe San Ignacio et le phare de la Galea. Il est à 2 encablures environ du bord de la mer et la sonde donne 6m23 d'eau à mer basse entre lui et la côte. Le village de Guecho est entre la pointe San Ignacio et celle de la Galea, sur un plateau qui est au-dessus des escarpements.



Le phare de la Galea est bâti sur un escarpement blanchâtre qui reste à 1 mille 6/10 dans le N. 25° O. de la pointe Begoña et dans l’angle du château du même nom. Le feu produit par un appareil lenticulaire du quatrième ordre est fixe blanc, élevé de 100 mètres au-dessus du niveau de la basse mer, et avec une atmosphère claire on peut le voir à une distance de 10 milles.




pais vasco antes vizcaya faro
PHARE GALEA BISCAYE
Par Enrique Ayesta Perojo — Lan propioa, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=12529811



A 1/2 mille dans le N.N.E. du château et du phare de la Galea git la pointe de ce nom qui, comme nous l'avons dit, forme la limite Est de l’Abra de Bilbao. La pointe est élevée, entièrement escarpée avec un prolongement sous l’eau dans le N. O. et une batterie en ruine sur son sommet.



Dans les environs de la pointe de San Ignacio commence un escarpement élevé et blanchâtre formé de roches exfoliées presque verticales qui va se terminer à l’embouchure de Plencia. Cet escarpement prolongé présente un grand fronton au N. O. sur lequel est le phare ; le plateau qui est dessus s’étend dans le S. E."


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PLENCIA-PLENTIZIA BISCAYE


A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)




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