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jeudi 17 novembre 2022

LES CÔTES DE BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1863 (huitième et dernière partie)

 

LES CÔTES DE BISCAYE EN 1863.


La province de Biscaye, en Hego Alde, a environ 150 kilomètres de côtes.



pais vasco antes vizcaya cuestas
ABRA DE BILBAO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal les Annales Hydrographiques, le 1er janvier 1864 :



"Routier de la Côte Nord d'Espagne (suite).

Chapitre V (suite). 

De la Pointe de Onton à la Pointe Santurraran.



"... Le port d’Ea. 

— Les barques de pêche du pays et les lanches peuvent seules entrer dans ce petit port à marée haute ; elles s’abritent derrière le petit môle qui est en dedans de la barre. L’entrée de cette dernière est très étroite et dangereuse lorsqu’il y a un peu de mer.



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VILLAGE D'EA BISCAYE 1907
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le village d’Ea qui contient 1 167 habitants est divisé par le port dans lequel coule un petit ruisseau.



Les environs de l'entrée du port d’Ea sont encombrés de roches, parmi lesquelles la plus remarquable est la Callu-Arrijaga qui gît à 1/2 mille dans sa partie Est ; mais elle est à petite distance de la terre.


L’îlot Cacharri git à 1/2 mille dans l'E. de la roche ci-dessus et à 1 encablure environ dans le N. O. de la pointe Apiquel ; il est escarpé, plat au sommet et il forme un canal de 50 mètres de largeur dans lequel il y a du fond pour les barques.


Toute la côte que nous venons de décrire depuis le cap Machichaco est élevée, accidentée et interrompue par des coupures et par des vallées que l’on voit d’une grande distance au large, avec des escarpements vers la mer dont quelques-uns sont très élevés. Le bord de l’eau est de roche en général, mais les roches qui bordent la terre sont toutes à très petite distance.

Les plus extérieures sont celles qui entourent la pointe Apiquel et qui s'étendent sous l'eau à plus de 1 encablure.


La pointe Apiquel, nommée aussi cap Monténégro, est escarpée et saillante ; elle sépare la baie d’Ea de celle de Oguella ; elle git au S. 66° E. du phare de Machichaco, et au N. 69° O. de celui de Santa Catalina de Lequeitio. Lorsque la mer est grosse il faut donner un bon tour à la pointe, parce que les brisants qui déferlent sur ces récifs s’étendent beaucoup au large.



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SANTA CATALINA DE MUNDACA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


La baie de Oguella.

— Après la pointe de Apiquel la côte s’infléchit au S. et forme la baie de Oguella qui se termine à la pointe de Santa Catalina de Lequeitio ; elles assez profonde et bordée de roches. Il n’y a qu’un point accessible auquel accostent les barques qui viennent en été charger du bois à bruler et des tuiles qu’on prend dans une fabrique située à petite distance. Lorsque la mer est grosse elle déferle considérablement dans les environs de la baie à cause de l’inégalité du fond qui est presque parlent de roche.


Dans les environs de la pointe Santa Catalina s’élève le mont Otoyo, nommé plus généralement Alto de Lequeitio ; il est escarpé du côté de la mer et il est terminé par des pics bien prononcés qui le font distinguer des montagnes environnantes. Il a plus de 543 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer et il forme un bon point de reconnaissance pour aller à Lequeitio. Toute la plage est bordée de rochers avec quelques plateaux de sable.


Un prolongement de la base du mont Otoyo dans le N. E. forme la pointe Santa Catalina de Lequeitio, qui est escarpée de tous les côtés, haute de 42 mètres au-dessus du niveau de la mer et remarquable par l’ermitage et par le phare qui sont sur son sommet, ce qui permet de la reconnaître de quelque côté qu’on en approche. On peut passer auprès de cette pointe qui est saine ; il faudra l’écarter seulement lorsqu’il y aura beaucoup de mer.



Phare de Lequeitio.

 — Le 15 novembre l862, on a allumé un nouveau feu dans une tour récemment construite sur l’extrémité de l'escarpement qui termine la pointe de Santa Catalina de Lequeitio. Le feu de Lequeitio est fixe blanc, élevé de 45 mètres au-dessus du niveau moyen de la mer, et avec une atmosphère claire on pourra le voir d’une distance de 10 milles. Il éclaire tout l’horizon en mer. L’appareil d’éclairage est catadioptrique ou à lentilles et du quatrième ordre. La tour, qui est légèrement conique, a 13 mètres de hauteur ; elle est en pierres, de couleur bleu clair, et la lanterne est peinte en vert. L’habitation des gardiens, qui est de la même couleur que la tour, avec des fenêtres sur ses faces Est et Ouest, est adossée à la partie intérieure de la tour. Tout l’édifice git au S. 66° E. du phare du cap Machichaco, et à 1 mille 2/l0 au N. 50° O. de l'embouchure de la crique de Lequeitio.



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PHARE DE LEQUEITIO BISCAYE
Par Ketari — http://ketari.nirudia.com/2075, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=9751325


Après la pointe Santa Catalina, la cote est extraordinairement escarpée et se dirige au S. S. E., avec une légère inflexion au S. O. jusqu’à la pointe de Amandarri qui forme le côté Ouest de l’entrée de Lequeitio. Elle est terminée par un récif sur lequel on voit quelques têtes de roches hors de l'eau à mer basse. Un banc de roche qui découvre à mer basse, grandes marées, gît à 33 mètres dans le N. O. de la pointe, sur laquelle on voit l’ermitage de San Juan et la caserne des carabiniers.


La crique Lequeitio.

Elle est comprise entre la pointe de Amandarri et l'extrémité Ouest de l’île San Nicolas qui restes à 1 encablure 1/2 dans le S. 75° E. de la précédente. Elle s’enfonce dans le S. S. O. pendant 2 encablures et elle se termine par une plage de sable saine qui s’étend depuis le village jusqu’à l’embouchure de la rivière de Lequeitio. Les sables de la plage sont mobiles comme tous ceux que l’on rencontre dans la crique. Les fonds varient partout de  1m 13 à 4m 24 et de 5m à 5m 66 à l’entrée, mais quelques plateaux de roches sont répandus dans toute la crique.


On peut rester au mouillage de la crique lorsqu’il lait beau temps, mais quand il y a de la mer, il faut entrer dans le port ou dans la rivière, parce que les vents du N. à l’O. et du N. à l’E. y soulèvent une grosse mer.


On peut aller facilement au mouillage avec les vents du S. O. par le N. jusqu’au S. E. ; mais pour entrer avec les vents de S. O., il faut approcher de Santa Catalina et rester sous la côte jusqu’au mouillage.


Dans l’angle S. O. de la crique gît la rivière de Lequeitio qui se dirige dans le S. ; son embouchure est étroite et elle est presqu'à sec de mer basse. Il y a sur la rivière un pont en dedans duquel on trouve une fosse où cinq ou six lanches restent à flot à marée basse. Les petits caboteurs de la côte s'amarrent dans la rivière pour hiverner.


La barre ou entrée de Lequeitio est entre la pointe de Amandarri et la roche la Barra située auprès de l’île San Nicolas. Sa largeur est de 112 mètres, et sa plus grande profondeur de 5 mètres à marée basse dans les grandes marées. Il faut passer au milieu pour naviguer par les plus grands fonds.


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LEQUEITIO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le port de Lequeitio

— On nomme ainsi l’espace renfermé par un môle polygonal et d’une capacité à peu près égale à celui de Mundaca avec une ouverture à l’E. S. E. Il est presque entièrement à sec de mer basse grandes marées, mais le fond y est de roches couvertes d’une légère couche de sable ; il peut contenir, outre les barques du pays, quelques petits bateaux et quelques caboteurs. Le ressac est très fort quand il y a grosse mer au large et les bateaux fatiguent considérablement. Pour aller à Lequeitio, il suffira de mettre le cap sur le palais et de passer à 25 ou 35 mètres de la pointe de Amandarri.



Marées. 

— La mer est haute à 3 heures du soir les jours de nouvelle et de pleine lune ; sa plus grande hauteur est de 3m 11 à 3m 39 dans les circonstances ordinaires. Sa plus petite élévation est de 1m 69. Le flot est peu sensible, le jusant l’est davantage, surtout dans le canal que forme l’île San Nicolas. Le courant n'est fort que lorsqu’il y a grosse mer ; il est occasionné par le ressac qui fatigue beaucoup les bâtiments.



Pilotes.

— Il n'y a pas de pilotes désignés pour entrer et mouiller les bâtiments ; tous les marins du pays peuvent piloter.



Lequeitio

— La ville est bâtie autour du port et de la crique. On la voit du large et elle est très remarquable par le palais de Ulibarren qui est isolé, auprès du bord de la plage et N. et S. avec l’entrée.


L’île San Nicolas a une forme irrégulière et 2 encablures 1/2 de longueur du N. E. au S. O. Elle est escarpée dans le N. O. et le N., et elle a 42 mètres d’élévation. Elle est plus basse au S. et elle forme une petite crique dans sa partie Est. Deux maisons à sa base Sud et une batterie en ruine au sommet sont les seuls édifices que l'on voit sur l'île.




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ÎLE SAN NICOLAS LEQUEITIO BISCAYE



L'île San Nicolas est située dans l’E. du port de Lequeitio et elle forme deux passes, l'une au N. O. qui est la plus importante et dans laquelle se trouve la barre décrite ci-dessus, et l'autre à l'E. qui est formée par l'île et par la pointe Bastararria. Celte dernière a plus de 1 encablure de largeur, il y a peu de fond dedans, et à marée basse dans les grandes marées elle assèche presque. Les petites embarcations seules peuvent entrer à mer haute par la passe de l'E. et avec beau temps. 


Une jetée peu élevée qui couvre à mare haute réunit la pointe Ouest de la rivière avec l'île pour empêcher que les sables n’entrent dans la crique.



Reconnaissances. 

— Le mont Otoyo, le phare et l'ermitage de Santa Catalina sont de bons points de reconnaissance pour aller à Lequeitio quand on vient du N. O. ou du Nord. Si on vient du N. E. ou de l'E., l'île San Nicolas aidera à faire reconnaître l'entrée du port, ainsi que la ville que l'on voit de loin, mais surtout le palais de Ulibarren, et le Calvario, monticule conique de 86 mètres d'élévation qui gît à petite distance dans le S. de la ville.



Échouer le navire

— Un bâtiment qui se trouverait affalé sur cette partie de la côte par un coup de vent du large ou par toute autre cause pourra laisser courir sur la plage de Lequeitio où, au dire des pratiques du pays, on aurait le plus de chances de sauver la vie des hommes, pourvu que l'on s’échoue dessus à mer haute. Les secours que l’on recevra immédiatement du village en embarcations et en hommes pourront faciliter beaucoup le sauvetage des équipages des navires qui se trouveraient dans cette position désespérée.


Comme le palais est en face de l’entrée du N. O., et qu’on peut le voir d’une grande distance, il suffira de courir dessus en gouvernant au milieu de la passe et d’aller s'échouer sur la plage le plus à l’O. possible. Le fond mou du sable garantit presque le sauvetage du chargement du navire et de la coque, surtout si l’on a pu s’échouer au moment de la haute mer ou aux environs.



Baie Sausaten. 

— A 3 encablures 1/2 dans le S. 52° E. de l’île San Nicolas gît la Atalaya et la pointe Santa Clara. Celle fraction de côte forme une baie connue sous le nom de Sausaten. Le bord de la mer est d'une élévation moyenne, rocheux et accidenté, mais sain et accore, car à 2 encablures de distance il y a de 33 à 42 mètres, sable vasard. On ne voit à terre d'autres habitations que les maisons Endaidi et Mendeja et deux autres cases de carabiniers.


La mer du N. O. ne fatigue pas beaucoup dans cette baie, à cause de la disposition du fond qui est assez uni et mou. Les pratiques du pays assurent que l’on y trouve un bon abri avec les vents du S. E. à l’O. N. O. parle S. et l’Ouest. La tenue est bonne, mais les ancres s’enterrent beaucoup. Le meilleur mouillage est entre les deux maisons de carabiniers et à moins de 1 mille de la côte par 42 à 50 mètres d’eau.


Les seuls points abordables pour une petite embarcation sont les petites criques de Endaidi, Chantarreca et Barurdo, et les calles de chargement de Portuchiqui el de Portuandi. Toutes ces calles et ces criques ne peuvent être fréquentées que lorsque la mer est belle.


C’est en face de la calle de Endaidi que l’escadre anglaise de sir Home Pophan est restée mouillée en 1812.


La pointe de Santa Clara est malsaine et terminée par des récifs qui s’étendent au S. E. Entre cette pointe et celle de Mocoa qui est à petite distance dans l’O., le fond est de roche. La pointe de Santa Clara, nommée aussi Peña Mayor, est reconnaissable par l’ermitage de ce nom dont la blancheur tranche bien sur le fond sombre du terrain. C’est, au reste, le seul édifice qu’il y ait sur le versant des terres qui forment la pointe. Plus près de la mer et en dessous de l’ermitage gît l’endroit nommé Atalaya de Ondarroa. Après la pointe Santa Clara, la côte rentre au S. O. pour former la baie de Ondarroa, entourée par une plage ; elle est limitée au N. O. par la pointe Santa Clara et au S. E. par celle de Santurraran qui gisent à 3 encablures de distance. Les récifs qui sont au pied des deux pointes rétrécissent l'entrée de la baie.



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ONDARROA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Ondarroa :


— Le havre de Ondarroa est dans la partie Sud de la baie ; il s’enfonce un peu au S., puis il tourne à l'O. où il va se confondre avec la rivière Artibas qui se jette dedans. Il est fréquenté par les lanchones et les bateaux caboteurs de 2m 26 à 2m 83 de tirant d’eau. Ces derniers doivent entrer à marée haute et avec très beau temps, parce que le canal de la passe est très étroit. A 5 encablures 1/2 en dedans de la barre, on arrive au môle de Ondarroa, sur lequel s’amarrent les lanchones et les bateaux de cabotage pour charger et décharger leurs marchandises ; mais ils sont à sec à mer basse et le môle est couvert dans les grandes marées. Les bâtiments qui veulent rester à flot doivent s’amarrer auprès du pont de la ville.


On est en complète sécurité dans le port, on n’y ressent ni la mer du large ni les crues, parce que la rivière Artibas qui coule dedans est peu importante.


La barre, quoique mobile, est bonne et la meilleure, dit-on, de toutes celles qui sont entre Machichaco et San Sébastian. Elle est défendue de la mer du N. O. par la pointe et par le récif de Santa Clara, ce qui permet de la prendre presque toujours à marée haute, et alors même que toutes les autres sont impraticables. La sonde donne de 3m 67 à 9m 96 d’eau dessus à marée haute, grandes marées, et de 0m 28 à 0m 56 à mer basse. Lorsqu’on l'a franchie, le fond diminue de telle sorte que tout le havre est presque à sec à marée basse dans les grandes marées.


La ville d’Ondarroa s'étend sur la côte Ouest du ha\re, et on la voit du S. ; elle contient 1 754 habitants qui sont presque tous pêcheurs ou trafiquants de poisson ; elle communique avec la côte opposée par un pont.


On trouve à Ondarroa des ouvriers pour faire des réparations aux bâtiments, des vivres, des secours en hommes et en bateaux. On y fait un certain commerce maritime et il y a des chantiers où l'on construit des bâtiments.



Instructions. 

— Pour entrer dans le port, on accostera la terre et la plage de l’O., côté où se trouve presque toujours le canal qui ordinairement court du N. E. au S. O. Les grands bâtiments et même les petits qui ne sont pas du pays ne doivent jamais entrer sans un pilote et une lanche de secours, parce que la barre est très variable et le canal étroit.



Pilotes

— Il n’y a pas de pilotes brevetés, mais tous les patrons de lanche sortent aussitôt qu’ils voient un navire, si ce dernier hisse un pavillon pour demander un pilote. Les frais de pilotage sont fixés d’après le tarif de Bilbao.



Marées. 

— La mer est haute à 3 heures du soir les jours de nouvelle et de pleine lune ; la montée de l’eau sur la barre est de 3m 39 aux grandes marées et de 1m 69 aux marées de quartiers.



Reconnaissances

— Le meilleur amer pour reconnaître le port Ondarroa lorsqu’on vient de l'O. est le Alto de Lequeitio, qui avec l’ermitage de Santa Clara permet d’aller chercher la barre facilement. Il suffira de gouverner sur la pointe Santa Clara, remarquable par l’ermitage qui est dessus et le seul édifice de cette nature que l’on rencontre après Lequeitio. Si l’on vient de l’E. on aura un bon amer dans l'île de Guetaria, sur laquelle on se guidera, puis on ira vers Santa Clara, l’ermitage le plus remarquable qu’il y ait dans l’E. d’Ondarroa."




(Source : Wikipédia et gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)





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mercredi 17 août 2022

LES CÔTES DE BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1863 (cinquième partie)


LES CÔTES DE BISCAYE EN 1863.


La province de Biscaye, en Hego Alde, a environ 150 kilomètres de côtes.



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ABRA DE BILBAO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal les Annales Hydrographiques, le 1er avril 1863 :



"... Chapitre V (suite)



"Port de Bilbao



... "Lorsqu'on entrera dans l'Abra sans avoir rencontré de pilote en mer, on devra se rappeler tous les renseignements que nous venons de donner. On s’approchera de la côte Ouest pour pouvoir distinguer le pavillon blanc et les signaux du pilote : les vigies qui sont placées des deux côtés sont chargées de montrer les pavillons lorsqu’il y a suffisamment d’eau sur la barre, et, dans ce cas, les bâtiments peuvent entrer en se guidant sur les signaux ci-après.



Gouverner droit quand le pavillon est vertical ; venir sur le bord vers lequel on penche le pavillon que l’on redresse pour indiquer qu'il faut de nouveau gouverner droit.



Aucun navire, grand ou petit, ne doit approcher de la barre s'il ne voit pas le pavillon hissé. Si, malgré cet avis, quelque capitaine se dirigeait sur la barre, on lui signalerait de prendre le large en agitant le pavillon de droite à gauche, et vice-versa.



Les bâtiments d’un grand tirant d’eau, qui vont dans l’Abra sans avoir rencontré de pilote au large, ou qui, à cause de l'état de la mer, ne peuvent le prendre ni à Santurce ni à Algorta, devront accoster la côte S. O. jusqu’à ce qu'ils voient bien le premier château ; ensuite, avec leur pavillon national ou tout autre signal, ils feront connaître leur tirant d’eau en hissant et en amenant le pavillon autant de fois qu’ils ont de pieds de tirant d’eau, signal qui sera répété par la vigie du château au guetteur de la pointe du môle pour l’instruction du pilote major.



Lorsque plusieurs bâtiments se présentent à la fois pour entrer et qu’ils ont des tirant d’eau différents, ils doivent entrer par ordre de tonnage, les plus petits entrant les premiers aussitôt que le pilote major hisse son pavillon. Si un grand bâtiment s’approchait dans ce cas, le pilote ferait le signal négatif et il devrait attendre son tour. Si pendant que les petits bâtiments entrent dans le port on s’apercevait qu’il y a de l’eau suffisamment pour les plus grands, on cacherait alors le pavillon et on le montrerait ensuite de nouveau, faisant connaître par ce moyen qu’un grand bâtiment peut maintenant faire route pour le havre.



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PORT DE BILBAO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



De nuit. 

— On fait souvent des signaux avec des lanternes pour entrer de nuit. Lorsqu’un bâtiment se présente dans l’Abra avec l’intention de prendre la barre, il doit tenir hissé un fanal en tête de l’un de ses mâts et attendre en même temps les signaux qu’on fera sur la pointe du môle. Si on montre et on cache alternativement un feu plusieurs fois sur la tour, cela signifie que le bâtiment doit attendre soit à l’ancre soit sous voile, parce qu’il n’y a pas assez d’eau sur la barre. Si au contraire le fanal reste visible constamment, cela signifiera qu’il faut se diriger sur la barre. En outre du fanal qui est constamment allumé sur le sommet de la tourelle, il y en a un autre mobile au pied de la même tour.



Lorsqu’on ne verra du bord qu’un seul fanal, on gouvernera droit. Si le fanal inférieur se porte vers le N. E., on gouvernera sur ce bord, et au bord opposé si le fanal se porte vers le S. O., en redressant la route lorsqu’on ne voit plus que le fanal fixe. Tous ces signaux, aussi bien que ceux de jour, sont faciles à comprendre et connus de tous les pilotes que l’on prend en mer ; mais comme il peut arriver qu’un bâtiment se présente à la barre sans avoir rencontré de pilote au large et sans qu’un pilote puisse sortir de Portugalete ou de Santurce, soit à cause de la mer ou pour toute autre raison, il faudra bien les étudier pour se guider dessus et entrer dans le havre sans accident.



Lorsqu’on ira prendre la barre de Bilbao, on se trouvera dans une position très dangereuse, si tandis qu’on donne dans l’entrée de l'Abra avec un coup de vent du large et une grosse mer du N. O. il règne en même temps dans l’intérieur des vents de S. aussi forts et quelquefois plus forts que ceux du large, ou du calme ; ce qui arrive dans les hivers pluvieux. Dans ce cas le bâtiment se trouve ballotté par les deux vents contraires et porté sur les bancs, par une grosse mer, sans qu'il puisse ni entrer dans le port ni sortir de l’Abra.



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EL ARENAL BILBAO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN



Il y a également du danger lorsqu’on approche de la barre avec un coup de vent du large et une forte crue du Nervion qui rend l’entrée du port impossible.



On voit, d’après tous ces renseignements, qu’il est important avant d'entrer dans l’Abra de chercher à connaître les vents qui soufflent dans l'intérieur ; l’expérience seule guidera le marin dans ce cas, et la couleur des eaux, ou les pluies qui seront tombées auparavant lui feront connaître s’il y a une crue du Nervion. Un pilote du pays que l’on prendra au large pourra renseigner exactement sur ces deux circonstances.



Secours

Les bâtiments qui vont à Bilbao peuvent compter sur toute espèce de secours, soit en embarcations, ancres, chaînes, soit en hommes et bêtes de somme pour entrer dans le havre. Il y a un grand dépôt d’ancres, d’amarres, de câbles à Portugalete, et les grandes barques de fatigue ne manquent pas à Algorta ; il y a également un poste pour secourir les bâtiments qui sont en dehors de la barre lorsque les pilotes ne peuvent pas sortir de Portugalete.



Pilotes.

— Le pilotage est obligatoire pour les bâtiments au-dessus de 50 tonneaux. Ceux de 40 à 50 tonneaux avec un chargement de marchandises donnent une simple gratification au pilote major. Les bâtiments de 50 tonneaux et au-dessus sont forcés de prendre un pilote qu’ils payent à raison de 2 fr. 60 (10 réaux) par pied de tirant d'eau ; en outre 39 fr. 60 (150 réaux) pour le bateau qui est obligé de les conduire jusqu’au mouillage de Olaviaga.



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OLAVEAGA BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN


Remorquage

— Avec un grand navire on remoule et on descend toujours le havre à la touée et traîné par une ou deux paires de bœufs et à contre-marée afin de bien gouverner. Le peu de largeur du canal ne permet pas de faire autrement.



Si un bâtiment d’un grand tirant d’eau demande un bateau à vapeur pour entrer ou pour sortir et franchir la barre, pour remonter ou pour descendre le havre, les bateaux à vapeur du commerce le remorqueront à un prix convenable.



Marées. 

— La mer est haute à 2 heures 3/4 du soir environ à Portugalete ; elle monte de 3m 39 à 3m 67 dans les grandes marées d'équinoxe et de 1m 98 à 2m 26 dans les marées des quartiers. Lorsqu’il fait un coup de vent de S. O. ou de N. O., elle monte de 0 m 56 en plus, et dans ce cas la haute mer retarde de 1/2 heure ; elle baisse d'une égale quantité avec les vents de N. E. au S., l’heure de la haute mer devançant de 1/2 heure, circonstance dont on devra se rappeler lorsqu’on calculera l’heure de la marée pour prendre la barre.



La vitesse du courant de jusant, qui est toujours plus grande que celle du courant de flot, est de 3 milles dans les grandes marées et de 1 mille 1/2 dans les marées des quartiers. Sa direction est du S. E. au N. O., soit celle du canal du havre et de l’Abra.



Variation. 

— La variation de l’aiguille était en 1860 de 20° 20' N. O. La tour des signaux de la pointe du môle du S. O. est située par latitude N. 43° 19' 50", longitude O. 5° 23' 39".



Reconnaissances.

— La position du havre est facile à reconnaître, de quelque côté qu’on atterrisse dessus. Si on atterrit sur le cap Machichaco, ce cap et celui de Villano remarquable par son îlot serviront de point de départ pour diriger sur l’Abra. Si on vient de l’O. en prolongeant la côte, le mont de Santoña, la ville de Castro-Urdiales et les pics de Montaño, Lucero et Serantes (voyez la Vue N° 58) serviront également d’amers.



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MONTAGNE D'AMBOTO 1331 M
ENTRE BISCAYE ET ALAVA



Si l’on vient du N. O. et du large, la Peña de Amboto, élevée de 1 380 mètres et remarquable par le chapeau qui la termine, incliné à l'O., sera un très bon point de reconnaissance. Les escarpements blanchâtres du fronton de la pointe de la Galea et la coupée remarquable que forme l’Abra de Bilbao, indiqueront aussi au navigateur le rumb sur lequel il devra gouverner pour aller prendre ce port ; il suffira qu’il relève la Peña de Amboto au S. E. q. E. pour donner dans l’Abra. En approchant de l’embouchure, on verra successivement les plages de sable, d'un blanc rougeâtre et élevées, d’Algorta et de Guecho ; le phare établi sur la partie la plus élevée des escarpements de la Galea ; le village d’Algorta, celui de Portugalete, dont l'église est visible à une grande distance ; le village neuf qui est construit autour de la pointe du môle du N. E., remarquable par le moulin à vent qu’on vient de construire, et enfin la tourelle des pilotes, ronde et blanche, qui se dresse sur la pointe du môle du S. O."



pais vasco antes vizcaya punta
POINTE DE LA GALEA GETXO BISCAYE



A suivre...



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)



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lundi 25 juillet 2022

LA BARRE DE BAYONNE EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1863 (deuxième partie)

 

LA BARRE DE BAYONNE EN 1863.


Pendant des siècles, la barre de l'Adour a été très dangereuse pour les bateaux entrant ou sortant du port de Bayonne.



tableau pays basque autrefois rade barre
LA BARRE DE BAYONNE VERS 1850
FONDS ANCELY




Voici ce que rapporta à ce sujet Les Annales Hydrographiques, le 1er octobre 1863 :



"Barre de Bayonne.


Instructions sur la barre de Bayonne.



... Recommandations diverses.



Avis pour éviter les coups de mer en approchant de la barre



Le bourrelet de la barre étant lié avec les pointes de l'embouchure et faisant une saillie très prononcée vers le large, les navires doivent soigneusement éviter de ranger la côte dans le voisinage de la barre. Il faut toujours venir chercher l’ouvert de la rivière, sans s’approcher des coups de mer, tant qu’il y a risque de les prendre en travers. 



Avis pour le cas où le courant de flot ne se fait pas sentir. 



La rivière de Bayonne est sujette à des soubermes ou crues d’eau considérables, qui refoulent le flot et l'empêchent de se faire sentir à son entrée. Le courant, dans ces circonstances, porte toujours en dehors, ce qu’on peut reconnaître par les eaux de la rivière qui se font remarquer à 1 lieue au large et même au delà. On ne doit pas s’exposer alors à entrer dans la rivière, parce que le courant qui porte en dehors augmenterait la difficulté de franchir la barre. Cependant, si le vent est violent et que les signaux du mât d’approche n’interdisent pas l’entrée, on pourra s’y risquer ; mais il faut faire le plus de voile possible pour fuir les coups de mer de la barre qui sont alors très dangereux. Il est nécessaire, dans une pareille circonstance, de se tenir prêt à entrer au moins une heure et demie avant la pleine mer. 



Avis pour les navires qui entrent par un gros temps ou vent arrière. 



En général, lorsqu’on se trouve serré par un gros temps et que la mer est forte sur la côte, il faut franchir la barre avec toute la voile que le bâtiment peut porter. Si l’on entre vent arrière, on conservera les focs hauts et bordés à plat contre les étais. Cette précaution est indispensable, car, si la lame force le bâtiment à venir sur l’un des deux bords, il est nécessaire, dans un passage aussi resserré, que les focs puissent sur-le-champ l’aider à se remettre en roule.



Avis aux chasse-marées. 



Les chasse-marées doivent toujours avoir un hunier prêt a être hissé, quand le signal les appelle à la barre, afin d'acquérir pins de vitesse et de mieux franchir le bourrelet. Ils doivent, au contraire, se débarrasser à temps du tape-cul et du taille-vent, voiles qui, souvent, ont compromis ces navires sur la barre. Ils devront aussi frapper un faux-bras sur la misaine pour l'empêcher de battre le mât et de déventer dans le creux des lames.



tableau peintre france monet bateau
TABLEAU CHASSE-MAREE A L'ANCRE (ROUEN)
CLAUDE MONET



Avis de se munir d'une instruction et d’une longue-vue.



Les capitaines qui fréquentent le port de Bayonne, on qui sont dans le cas d'y relâcher, devront toujours être munis de la présente instruction. Une longue-vue leur sera aussi indispensable pour reconnaître les signaux détaillés ci-dessus. En outre des dangers qu’il y aurait à ne pas connaître ces signaux, ils doivent songer encore que les rapports de pilotage ne peuvent manquer de désigner ceux d'entre eux qui, à défaut de cette connaissance, manoeuvreraient de manière à compromettre leur bâtiment.



Mouillages et ports de relâche.



Port du Passage.


pais vasco antes guipuzcoa pasajes puerto
PASAJES GUIPUSCOA 1852
ALBUM DES 2 FRONTIERES FEILLET



Dans un gros temps, les bâtiments qui ne peuvent pas franchir la barre de Bayonne doivent, si le vent le permet, aller relâcher dans l'excellent port du Passage, en Espagne, où ils sont sûrs de trouver des pilotes et tous les secours nécessaires. Quand les capitaines le réclament, le pilote-major de la barre a soin d'envoyer au Passage des pilotes et des instructions pour conduire les navires à Bayonne. Avec cette précaution, on ne risque jamais de retourner au port de relâche après en être sorti.



Port du Socoa


pays basque autrefois socoa fort
SOCOA
GRAVURE DE FERDINAND CORREGES

Si la mer n’est pas trop grosse, les bâtiments qui n’auront pas pu donner dans l’Adour pourront aller relâcher au Socoa, petit port de marée, très sûr, en dedans de la pointe Ouest de la baie de Saint-Jean de Luz ; mais ils doivent auparavant consulter le chiffre de leur tirant d’eau, la force des marées et les instructions qui suivent.



Route pour se rendre au port du Socoa. 



La baie de Saint-Jean de Luz est signalée au loin par la tour du fanal, placée sur la pointe Ouest de celte baie. La tour est peinte en blanc avec une bande verticale noire. La baie a 6 encablures de profondeur et à peu près autant d’ouverture, depuis la pointe de Sainte-Barbe jusqu’au fort du Socoa. Presque au milieu de cette ligne est le banc de roches d’Arta, sur lequel la mer brise souvent, quoiqu’il y reste 6m 50 d’eau de basse mer. Ce banc se trouve dans l’alignement du clocher de Saint-Jean de Luz avec la montagne Eshaure, et de la tour du fort du Socoa avec la première maison qui se trouve près d’elle. Il y a passage entre ce danger et le fort du Socoa, au tiers de la largeur de la baie, à partir du Socoa ; on laisse ainsi la roche à bâbord, en entrant. Il faut, du reste, éviter, autant que possible, de se présenter à l’entrée avant moitié flot, bien que les chaloupes de pilotes puissent sortir au quart flot, et même tout à fait de basse mer dans les petites marées.




L’heure de la pleine mer est la même que sur la barre de Bayonne.



Brassiage de morte eau.



Dans les marées de quadrature, ou mortes eaux, il ne reste que 0m 50 d’eau dans le havre du Socoa ; si la mer est belle alors, un bâtiment tirant 2m 80 pourra entrer au plein de l’eau, et s’il y a grosse mer et forte brise de l'O. au N. O., on y logera des calaisons de 3m 20.



Brassiage de vive eau.



Dans les marées de syzygie ou vives eaux, le port assèche jusqu’en dehors de la jetée du N. ; avec belle mer, il pourra entrer un bâtiment calant 3m 80, et il en entrera de 4m 20 si la mer est forte et les vents violents entre l’O. et le N. O.



Signaux.



Un mât-pilote est placé sur la batterie Nord du Socoa. Les signaux qui y sont faits ont la même signification qu’à l’embouchure de l’Adour. Ce mât-pilote servira à conduire les bâtiments du large au mouillage de la baie et de la baie dans le port. On emploiera pour demander, envoyer ou refuser la chaloupe les mêmes signaux qu'à l’entrée de l’Adour, pour le remorqueur.



Il existe deux corps-morts de mouillage et un d'évitage dans la partie Ouest de la rade. Les bâtiments qui ne peuvent entrer dans le port ont avantage à saisir ces corps-morts. Un quatrième, dit d'appareillage, est placé entre les premiers et l'entrée du port ; il est très utile pour se haler ou appareiller.



Ordinairement, des embarcations vont à la rencontre des bâtiments pour les diriger vers le mouillage.



Dans le cas contraire, le mouillage serait indiqué par l’ailette au repos, comme il a été dit plus haut pour l'entrée de l’Adour


pays basque autrefois tout signaux
PLANCHE B
3EME CATEGORIE

Le brassiage, qui est de 14 mètres à l'entrée de la rade permet à tous les bâtiments de pouvoir y mouiller ; toutefois il est convenable d'attendre moitié flot pour pouvoir profiter du secours des embarcations.



Temps brumeux.



Une cloche, destinée à indiquer l'entrée en temps de brume, est installée à l'extrémité de la jetée intérieure.



Il n'existe point de mouillage au N. de la barre de Bayonne. 



Dans le N. de la barre, avec mauvais temps, il n’y a point de mouillage près de Bayonne, pas même dans la fosse du cap Breton. La plage qui borde cette fosse a pourtant cela de précieux, qu'elle offre, en cas de perdition, le point d'échouage où les hommes peuvent avoir le plus de chances de salut. Malheureusement, pour y parvenir dans un gros temps, il faut absolument pouvoir se mettre à l'ouvert de la fosse, à environ 6 milles des deux balises qui servent à l’indiquer et à chenaler dans son intérieur.



Au N. et au S. de cette fosse, règnent deux longs plateaux de sable, qui brisent alors horriblement et sont à peu près infranchissables.



Mouillage devant la barre. 



Il y aurait dans les gros temps moins de dangers à courir, en restant mouillé sur les fonds de sable et de sable vaseux, qui sont en avant de la barre de l'Adour, qu’en cherchant, soit à gagner la fosse du cap Breton, en suivant de très près la côte, soit à s’élever au large en louvoyant. Ce mouillage est à 1/2 lieue dans le N. O. (du compas) de l’ouvert de la rivière par 19 à 24 mètres. On y est à portée de profiter, pour entrer, du premier moment favorable, et l'on y a la ressource du jusant pour aider à l’appareillage, dès qu'une saute de vent donne l’espoir de s’élever de la côte.



Mouillage au S. de la barre.— Rade du Socoa.



Depuis Bayonne jusqu'au Socoa, il n’y a de mouillage que la rade même du Socoa, dont nous avons parlé à l’article de ce port de relâche. On y est mouillé par 6m 50, de basse mer, fond de sable et de rochers, et il faut y faire flotter les câbles.



Les jetées du port mettent à l'abri des vents du N. O., mais le mouillage devient très dangereux quand le vent souffle du N. au N. E.



Fontarabie.



La baie de Saint-Jean de Luz, dans laquelle est le refuge du Socoa, est quelquefois inaccessible dans les gros temps, parce que la mer brise avec une violence extrême sur les rochers du plateau de Saint-Jean de Luz. La baie de Fontarabie est alors le seul point de cette partie de la côte qui puisse offrir un abri un peu assuré aux bâtiments surpris par le mauvais temps, de manière à ne pouvoir plus gagner un port ni prendre le large. Les petits bâtiments peuvent braver la grosse mer et les vents du large, en mouillant dans le S. (du compas) et très près du château du Figuier. C'est là que les pêcheurs de Saint Jean de Luz attendent, amarrés à terre, qu’il leur soit possible de rentrer chez eux. Les grands bâtiments sont mouillés à 2 ou 3 encablures dans le S. E. du fort, par 13 et 16 mètres d'eau, fond de sable vaseux ; ils y sont en sûreté par des vents du S. S. O. à l'O. N. O. ; mais dès que les vents passent au N., ils courent les plus grands dangers."



A suivre...




(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)


.


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dimanche 17 juillet 2022

LES CÔTES DE BISCAYE AU PAYS BASQUE EN 1863 (quatrième partie)

 


LES CÔTES DE BISCAYE EN 1863.


La province de Biscaye, en Hego Alde, a environ 150 kilomètres de côtes.



pais vasco antes vizcaya
ABRA DE BILBAO BISCAYE
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal les Annales Hydrographiques, le 1er avril 1863 :



"... Chapitre V (suite)



"Port de Bilbao



— L’animation est beaucoup plus grande quand on approche de la ville, le port est peuplé des deux côtés ; à l’E. il y a Bilbao neuf et à l’O. le vieux Bilbao. Les deux villes sont entourées de môles avec des promenades et réunies par trois ponts, dont l’un, celui du milieu, est tournant. Dans tout ce trajet le fond est si petit que le port est à sec dans quelques endroits, à l’exception des canaux par lesquels les eaux du Nervion coulent à la mer. Tout le commerce du cabotage se fait entre ces deux premiers ponts où se trouve véritablement le port de Bilbao. Pour laisser passer les bâtiments, on ouvre à toutes les pleines mers le premier pont, celui d’Isabelle II. Les bâtiments entrent et sortent pour leurs opérations commerciales.



pais vasco antes vizcaya nervion
NERVION INDUSTRIE DU FER BILBAO
BISCAYE D'ANTAN



Sur la côte du vieux Bilbao on voit des chantiers de construction, des magasins, des fabriques de différents produits. Les populations des deux villes réunies et des faubourgs s’élèvent à 17 649 habitants, et on y trouve toute espèce de ressources. Bilbao est la capitale de la Biscaye.



pais vasco antes vizcaya carta
CARTE BILBAO ET ENVIRONS BISCAYE 1874
PAYS BASQUE D'ANTAN


Le Nervion

— Après le pont de San Antonio qui est le plus en amont, on entre dans le lit du Nerva ou du Nervion, nommé aussi Ibaizabal ; il est à sec dans l’été avec des petits canaux dans lesquels coulent le peu d’eau qu’il y a dans cette saison. Dans les hivers pluvieux il sort de son lit et inonde alors une partie de la ville ; les bâtiments sont obligés de doubler les amarres de terre sur lesquelles il faut compter seulement. Ordinairement à chaque crue les bancs sont modifiés et le brassiage change.



Observations.



Nous avons dit que la barre de Bilbao était mauvaise, mais que, néanmoins, on pouvait être forcé de la prendre au risque des plus graves accidents.



Il ne faut pas chercher à aller à Bilbao avec un bâtiment d'un tirant d'eau de plus de 3m 96. Cependant quelques bâtiments calant de 4m 24 à 4m 52 y sont entrés, mais on ne trouve pas toujours réunies des circonstances suffisamment favorables comme grande marée, mer belle et bon vent pour entrer sans accident. En outre, les pilotes de la barre ne se hasardent pas à entrer des bâtiments de plus de 4m 24 de tirant d'eau à cause des dangers auxquels ils sont exposés. Les bâtiments calant de 3m 96 à 4m 24 qui approchent de la barre le troisième ou le quatrième jour après la pleine mer des syzygies sont obligés de se tenir sous voile au large pour atteindre la pleine mer suivante, grande marée, et ils perdent en conséquence onze à douze jours à attendre le moment favorable pour entrer. Si le temps est beau, ils se tiennent près de l'Abra, mais si le mauvais temps survient, ils sont forcés de s’éloigner de la côte, et il peut arriver qu’ils perdent la nouvelle pleine mer favorable et qu'ils soient alors forcés de donner sur la barre à tout risque et dans des circonstances peu propices. 



Il faut qu'il y ait bien peu de mer pour qu’elle ne forme un brisant continu entre Santurce et la pointe Begoña même à mi-marée, et s'il y a un peu de levée la mer brise à mer haute. Les bâtiments ne doivent pas entrer néanmoins dans ces circonstances, à moins qu'ils n'aient le tirant d'eau voulu et le vent bon et bien établi.



pais vasco antes puerto vizcaya
ABRA PORT DE SANTURCE
BISCAYE D'ANTAN



Instructions.



— Le capitaine qui fait route pour la barre de Bilbao en venant de l'O. et un gros temps de cette partie doit atterrir sous Castro-Urdiales et attendre dans ses environs le moment favorable pour entrer dans l’Abra. Il faut calculer exactement l’heure de la pleine mer sur la barre pour la franchir en temps opportun, et ne pas oublier que si l’on se trompe dans son calcul il peut en résulter de graves accidents ; ainsi de grands bâtiments, qui se sont présentés quelquefois avec un mauvais temps pour entrer au moment de la basse mer, ont été obligés de rester à l’ancre pour attendre la pleine mer et se sont exposés ainsi à être jetés à la côte.



cantabria españa puerto
PORT DE CASTRO URDIALES
CANTABRIE D'ANTAN



Lorsque le temps est beau, il n’y a aucun inconvénient à entrer à toutes les heures dans l’Abra et à mouiller en face de los Nogales, ou plus près de la barre par 13m 5 à 15m 26 d’eau, soit pour attendre le jour ou l’heure de la pleine mer.



Comme les coups de vent les plus dangereux sont ceux du N. au S. O. par l'O. il faut toujours, surtout en hiver, atterrir sous Santander ou Santoña, autant pour s’assurer l’un de ces ports en cas de mauvais temps et y attendre le moment favorable pour aller prendre la barre, que pour ne pas être souventé dans le cas où l’on serait forcé de rester à la cape. En outre, on rencontrera probablement près de l’un de ces ports quelque pilote de la barre, car il y en a presque toujours sur cette partie de la côte attendant les bâtiments qui se dirigent sur Bilbao.




cantabrie port espagne
BAIE DE SANTOÑA 
CANTABRIE D'ANTAN



Il ne sera pas prudent d’entrer dans l’Abra avec un mauvais temps du large et un grand bâtiment sans avoir un pilote à bord pour conduire le navire. Mais si, ne connaissant pas les dangers de la barre ou parce qu’il n’a pas trouvé de pilote au large, un capitaine donnait dans l’Abra au moment des basses eaux et avec un vent traversier, il ne lui resterait d’autre ressource que d’entrer en forçant de voile ou de mouiller une ancre en filant beaucoup de chaîne et en mettant en bas le plus de bois possible afin de mieux étaler. Le mouillage de Nogales sera dans ce cas le plus sûr, autant pour la bonne tenue du fond que parce qu’il est assez loin de la barre pour que l’on puisse laisser tomber une seconde ancre dans le cas où l’on chasserait. On sera bien mouillé à 1/2 mille de la côte par 25 à 27 mètres de fond, sable, en relevant la pointe de la Galea par le cap Villano.



Si le bâtiment est d’un faible tirant d’eau, et s’il entre avec un coup de vent dans un moment favorable pour donner sur la barre, il veillera avec attention les signaux que l'on fera à terre. Il mettra dehors toute la voile possible, afin de ne pas être exposé à recevoir de coup de mer. Il tiendra hissés et bien bordés au milieu les focs pour compenser les embardées qui pourraient être provoquées par les coups de mer, et il prendra toutes les précautions d’usage lorsqu’on est exposé à recevoir la lame à bord et à perdre des hommes. Il devra enfin se disposer à recevoir deux ou trois coups de mer qui lui couvriront quelquefois tout le pont.



Pendant un fort coup de vent du large, la mer commence à briser dans la direction de la pointe de la Galea avec la cale de Ciervana, auquel cas le bâtiment entrant dans l’Abra commencera à recevoir les brisants longtemps avant d’être rendu à la barre ; cependant il arrivera sur cette dernière avec une mer plus amortie et l’entrée offrira moins de dangers. A cause des mauvaises conditions de la barre, un capitaine ne devra donc jamais s’aventurer dans l’Abra avec des mauvais temps du large, parce qu’une fois engolfé il ne pourrait plus sortir, vu l’impossibilité de gagner au vent avec une grosse mer et des bordées courtes.



Les bateaux d’un tirant d’eau de 2m 26 à 2m 83 ont un excellent port de relâche, lorsqu’il fait mauvais temps, dans la crique et dans le port de Castro-Urdiales, où ils peuvent attendre le moment favorable pour prendre la barre, et où ils trouvent aussi des pilotes. Ceux d’un tirant d’eau plus grand peuvent aller à Santoña, d’où l’on vient vent arrière à l’Abra et où l’on peut aussi prendre un pilote. Le port de Santander est encore plus sûr pour les grands bâtiments. Il sera prudent d’y relâcher si on le peut lorsqu’avec un coup de vent de N. O. on viendra de l’O. pour aller à Bilbao.



On passe la barre avec tous les vents, excepté ceux du S. E. au S. S. O. qui viennent de la terre. Les vents de S. soufflent surtout en octobre et en novembre, et ils sont très forts dans l’embouchure de l’Abra ; ils donnent lieu à des rafales violentes qui tombent des collines de la côte Ouest et qui empêchent de porter de la toile.



Si l'on voulait louvoyer avec ces vents pour approcher de la barre, il faudrait laisser courir sur la côte Est et virer de bord de manière à atteindre le milieu de l’Abra, pour éviter les tourbillons de vent. Entre la pointe de la Galea et l'îlot Villano, le vent de S. est plus maniable.



Les marées de 2 à 5 heures du soir seront bonnes pour un bâtiment d’un grand tirant d’eau, et on devra passer la barre une demi-heure ou une heure avant la pleine mer. Il n’y aura pas d’inconvénient à donner dessus, s’il y avait encore une heure de jusant, pourvu que l’on ait un vent assez frais pour dominer le courant.



On devra sortir du port avant le fin du flot, et il faudra appareiller avec les pleines mers de cinq à sept heures du matin, pour utiliser les vents de terre qui ne manquent presque jamais, à moins qu’il ne souffle un coup de vent du large. Il ne faudra jamais tenter de sortir avec le flot ou avec de la mer sur la barre.



Pilotes



— Il y a 40 pilotes brevetés, répartis entre Portugalete, Santurce et Algorta. Ils n’ont pas de tour ; le premier venu pilote le navire ; quand ceux de Portugalete ne peuvent pas sortir à cause du mauvais état de la barre, ceux de Santurce sortent, et si ces derniers ne peuvent pas aller, ce sont ceux d’Algorta qui font le service.



Si le temps est tellement mauvais que les pilotes ne puissent sortir d’aucun endroit, et s’ils ont aperçu un grand bâtiment en dehors de l’Abra, ils vont par terre à Castro-Urdiales et avec un des meilleurs bateaux de ce pays ils viennent à la rencontre du bâtiment.



Lorsque le temps est beau, les pilotes vont en mer attendre les navires ; ils se tiennent sous Castro-Urdiales ou Sonavia et aussi sous le cap Quejo. Il conviendra donc que tout grand bâtiment qui viendra de l’O. pour aller à Bilbao manoeuvre de manière à s’approcher de l’un de ces points, afin de se procurer un pilote ; il ne devra jamais se présenter devant l’Abra, surtout en hiver, sans avoir un de ces derniers à bord, autant pour qu'il entre le navire dans le moment favorable que pour qu'il puisse le conduire dans un des ports qui sont sous le vent, dans le cas où il ne pourrait pas passer sur la barre.



Il est très rare que les pilotes aillent attendre les bâtiments sous la côte Est de Bilbao, parce qu’aucun capitaine, alors même qu’il viendrait du N. E., n’atterrit sur le cap Machicaco, à moins qu’il ne vente du N. E. avec un très beau temps ; tous en général viennent atterrir dans l’O. de la pointe de Lucero, pour être toujours au vent de l’Abra avec les vents et les courants de N. O.



Signaux



— Il y a un pilote major dont l’emploi est uniquement de diriger l'entrée des bâtiments ; il habite Santurce, afin de pouvoir sortir à toutes les heures. Il se place dans son bateau et avec un pavillon rouge en dehors du canal de la barre. Si l’état de la mer ne lui permet pas de sortir, il monte sur la petite tour qui est à la pointe Nord du môle, d'où il fait des signaux au navire qui entre avec le pavillon rouge. Il y a toujours sur cette tour un atalayero, lorsque le pilote major est en dehors de la barre, pour répéter les signaux que l’on fait, afin qu’on puisse les voir mieux à bord du bâtiment qui entre.



On répète également les mêmes signaux avec un pavillon blanc sur les ruines du premier château, dont la position a été donnée."




A suivre... 


(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)












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