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mercredi 1 mai 2024

GRÈVE DES TRAVAILLEURS DE BILBAO EN BISCAYE AU PAYS BASQUE EN MAI 1947

GRÈVE À BILBAO EN MAI 1947.


A partir du 1er mai 1947, des milliers d'ouvriers se mettent en grève, à Bilbao.


primer mayo españa 1947 franquismo historia huelga
1ER MAI 1947 ESPAGNE
JOURNAL RENOVACION





La tradition du premier mai revendicatif des travailleurs remonte au Premier Mai 1886.


Cette année-là, les syndicalistes américains organisent des actions collectives le premier mai en 

faveur de la journée de huit heures.



Certains travailleurs obtiennent satisfaction mais 340 000 d'entre eux doivent faire grève 

pour avoir eux aussi gain de cause.



Le 3 mai 1856, une manifestation est violemment réprimée par la police et il y a trois morts 

parmi les grévistes.



Une marche de protestation a lieu le lendemain et au moment de la dispersion, une bombe 

explose.



Il y a une quinzaine de morts parmi les policiers.



Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité.

Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. 

Ils seront réhabilités plusieurs années après.




En souvenir de ce drame va être instauré chaque année une "journée internationale des 

travailleurs" ou "Fête des travailleurs", appelée plus communément "Fête du Travail".



Voici ce que rapporta l'hebdomadaire communiste La France nouvelle, au sujet de ces grèves en 

Pays Basque Sud, en mai 1947 :



"A la manière des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais, en Mai 1941 :

La grève héroïque des travailleurs de Bilbao.



Au cours des premières semaines de mai, plus de 50 000 ouvriers ont quitté les usines, les ateliers, les fabriques de la région industrielle de Biscaye. C'est la plus importante manifestation antifranquiste depuis la guerre civile. Les grèves locales, les protestations, les actions des guérilleros n'ont cessé depuis la prise du pouvoir par Franco de témoigner d’un courant extrêmement vivant de résistance au fascisme espagnol, malgré les odieuses répressions, la prison, les tortures, les exécutions. L’ampleur de ce mouvement de grève de Biscaye, en dépit des précautions prises par Franco, a un retentissement dans toute l’Espagne et au-delà des frontières. L’action des travailleurs basques éveille une sympathie agissante pour tous les Espagnole opprimés, elle stimule les énergies résistantes au fascisme espagnol ; elle renforce les espérances de la chute prochaine de Franco et de la renaissance de la République espagnole.



Le développement de la grève.



En accord avec les trois organisations syndicales basques de l'intérieur, l'U.G. T., la C. N.T. et la Solidarité des travailleurs basques, le gouvernement banque avait décrété la cessation du travail le 1er mai dans les usines et les chantiers de Biscaye. La décision n’affectait ni les commerces ni les transports publics. Des tracts avaient été distribués à profusion.



Avant le déclenchement de la cessation du travail, le gouverneur civil avait donné ordre aux patrons de licencier les ouvriers ne se rendant pas ce jour-là dans les ateliers.



Avec un esprit de discipline magnifique, le 1er mai, 70 à 80 pour cent des ouvriers chômèrent. Les contremaîtres et les ouvriers spécialisés furent les premiers à s’abstenir. Dans les ateliers de la Compagnie Euzkalduna, à la Construction naval, à l'entreprise "Earle", l’arrêt a été complet.



primer mayo españa 1947 franquismo historia huelga
COMPAGNIE EUSKLADUNA BILBAO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Le gouvernement franquiste, par l’intermédiaire du gouverneur civil, prit une série de mesures coercitives. La répression a commencé par une phase administrative.


"Ceux qui ont essayé de rappeler les coutumes passées, disait le 2 mai le gouverneur civil, se verront soumis aux mesures suivantes" :


1° Leur contrat collectif de travail sera annulé.

2° Dans un délai de 10 jours, ils devront demander à nouveau leur réadmissions individuelle dans leur ancienne entreprise. 

3° Les entreprises enverront ces demandes d'embauche à la préfecture pour enquête.

4° Les "producteurs" réintégrés perdront leurs droits d'ancienneté dans l'entreprise.

5° A partir de ce jour, toute entreprise avant d’embaucher du personnel, devra exiger de celui-ci un certificat de son ancien patron, qui établira, s'il a été puni ou non, en vertu de ces dispositions.



Dans la matinée du lundi 5 mal, le nombre des renvois atteignait 14 000.



Les organisations syndicales décrétèrent alors la grève dans toutes les usines où les renvois avaient été effectués. Plus de 25 000 travailleurs se trouvèrent alors en grève.



Très rapidement la grève s’étendit. Les ouvriers des transports, du bâtiment et les boulangers se minent en grève par solidarité.



Cependant, la répression franquiste entrait dans une phase policière.



Les arrestations se sont multipliées. Des patrouilles ont parcouru les rues, des mitrailleuses furent mises en batterie. Les éléments phalangistes ont adopté une attitude provocatrice. Au lendemain du 1er mai, déjà une centaine d'ouvriers étaient incarcérés. Tous ceux qui jouissaient de liberté provisoire, conditionnelle, ont été convoqués pour savoir s'ils avaient participé au mouvement. Il y en avait plusieurs milliers.



Les patrons qui n’avaient pas agi conformément aux ordres du gouverneur civil étaient arrêtés, emprisonnés, frappés de lourdes amendes.



Les cachots des commissariats de police, la prison de Larriniga furent rapidement pleins. Le 8 mai, plus de 6 000 personnes, hommes et femmes, étaient détenus aux arènes de Vista Alegre.




primer mayo españa 1947 franquismo historia huelga
ARENES VISTA ALEGRE BILBAO
PAYS BASQUE D'ANTAN



Les patrons eux-mêmes ont accusé le gouverneur civil Riestra, de maladresse et de cruauté. "Au-dessus des intérêts particuliers et industriels de la Biscaye, a répondu le gouverneur à une délégation patronale, il y a les intérêts de Franco et de son régime."



Alors que le travail a repris, emprisonnements, déportations de grévistes, arrêtés le plus souvent au hasard, se poursuivent. Les intérêts supérieurs de Franco et de son régime exigent les souffrances des camps de concentration franquistes en Afrique, les tortures, les massacres. 



Une action de masse contre Franco.



La tyrannie fasciste espagnole, la terreur semée dans les provinces par les éléments phalangistes, les recherches policières, les emprisonnements, les menaces et les coups n’ont pas empêché une manifestation de masse puissante, un cri de révolte viril, qui retentit dans toute l'Espagne, et dont le monde entier recueille les échos.



C'est précisément cette tyrannie franquiste, cet asservissement du peuple sous le joug fasciste qui est la cause première et profonde de la rébellion. La grève de masse des travailleurs basques est la première vague puissante d'une tempête qui gronde. L'unité du peuple espagnol se forge dans l'oppression, dans la souffrance. C'est l’action de masse qui balaiera Franco.



La grève des ouvriers de Biscaye résulte aussi des conditions économiques dans lesquelles se trouve l’Espagne tout entière. C’est le franquisme qui a plongé la péninsule dans des difficultés alimentaires très graves. Ouvriers et paysans ont souvent eu, au cours des siècles, une existence misérable, étant exploités par les propriétaires terriens et par les industriels. Les capitaux étrangers lèvent une dîme sur le sueur des ouvriers espagnols. Bien que la guerre n’ait pas ravagé l’Espagne, la situation alimentaire du pays demeure extrêmement précaire et rien n'est entrepris par le régime qui règne sur le peuple, contre le peuple, malgré le peuple.



La grève a réussi parce que les courants de haine contre Franco se sont rassemblés, unifiés, au lieu d’éclater en manifestations sporadiques et fréquentes réprimées avec sauvagerie. Les colères des travailleurs ont soulevé cette fois la masse du peuple de Biscaye, comme elles soulèveront demain la masse entière du peuple espagnol.



La grève a été soigneusement préparée par les organisations syndicales, en accord avec le gouvernement basque. C’est une des raisons de son succès. La secrétaire générale du parti communiste espagnol "La Pasionaria" insistait, au troisième congrès du parti communiste espagnol sur l’importance de la préparation des actions de masse.



mujer guerra civil espana historia vizcaya communista
DOLORES IBARRURI "LA PASIONARIA"



Sur le terrain de la lutte effective, il faut préparer les grèves et les actions de protestation des masses, les développer en profondeur et en étendue, les coordonner et ne pas les laisser commencer et se développer séparément.



Comme les mineurs français en 1941.



La grève des ouvriers basques rappelle aux Français un mouvement survenu dans des conditions analogues d’oppression.



L’occupant hitlérien sur le sol de France dictait sa loi. Toute protestation, alors, entraînait des représailles. A l’apogée de la puissance arrogante du fascisme allemand, les mineurs français, en 1941, se mettaient en grève dans les bassins du Nord et du Pas-de-Calais.



Cette action de masse parfaitement réussie avait été alors préparée avec soin par Auguste Lecoeur collaborateur direct de Jacques Duclos et du Comité central du Parti Communiste Français, par les comités populaires et les éléments de la C.G.T. clandestine en pleine reconstitution. Ce fut la première résistance de masse française, résistance muette, passive, puissante que les canons allemands ne purent empêcher. Cette grève eut aussi des retentissements profonds, elle contribue à renforcer l'activité de la Résistance et à galvaniser toutes les énergies patriotiques.



De même, en Espagne, la grève de Bilbao donne une impulsion à toutes les énergies antifranquistes : elle accroît la confiance du peuple dans l'avenir de l’Espagne, dans la lutte contre Franco et la reconquête de la liberté.



Signification de la grève.



C'est dans cette province catholique, le pays basque qu'éclate la grève la plus puissante de toute la sombre et sinistre histoire du franquisme, jusqu'à ce jour.



La grève est d'abord une manifestation d'unité du peuple espagnol. Elle témoigne d’une hostilité générale contre Franco. Elle est une réponse à tous ceux qui prétendent en Espagne et hors d'Espagne que le régime est en réalité accepté par le peuple. Elle démontre que le régime ne se maintient que par une farouche terreur. Elle stigmatise les appuis que le dictateur reçoit dans les chancelleries, les pays qui lui donnent la possibilité de se survivre, pays partis en guerre contre le fascisme italien et allemand, qui oublient la honteuse survivance espagnole.



Certains patrons ont manifesté une vive résistance aux ordres de l’administration franquiste. C'est que le régime qui propage la terreur en Espagne répand aussi la ruine. Il en fait un pays appauvri et décadent. Les vaines et grandiloquentes proclamations du dictateur ne contribuent nullement à donner au pays l'essor économique auquel il pourrait prétendre.



Les travailleurs catholiques du pays basque se sont élevés, eux aussi, contre un Etat qui prétend reposer sur des fondements religieux. Les croyants d'Euzkadi n’acceptent pas la dictature sous couvert de catholicisme officiel. Parmi les motifs de grève énoncés par le poste radio clandestin basque, il y avait celui-ci :


"Faire de l'Eglise une institution digne et libre et non au service de dictateurs de quatrième catégorie."



La dictature de Franco s'exerce sur l'ensemble des masses travailleuses. Les prétextes de lutte anticommuniste sont depuis longtemps éventés. Aussi, croyants, non croyants, maudissant le régime de contrainte, de misère de terreur, forgent dans la souffrance l'unité du peuple espagnol contre la dictature.



La courageuse grève des travailleurs basques a été saluée au delà des frontières espagnoles par toutes les forces de la liberté et des progrès démocratiques. La Fédération syndicale mondiale, les organisations ouvrières de nombreux pays ont témoigné du désir de soutenir efficacement la lutte vaillante et douloureuse contre les dernières forces du fascisme.



Toutes les nations démocratiques et en premier lieu les grands alliés qui ont combattu pour le triomphe de la liberté, contre les dictateurs fascistes d'Italie et d'Allemagne ne peuvent demeurer insensibles à l'oppression de tout un peuple. La dictature franquiste a été installée en Espagne avec l’aide des blindés de la Wehrmacht et des avions fascistes italiens. La victoire sur Hitler et Mussolini n'est pas complète tant que leur créature règne sauvagement sur l'Espagne martyre.



Des Basques et des Espagnols sont morts à Narwick, en Afrique, en Italie, en France, pour le triomphe des alliés et la liberté du monde. C’est un devoir pour les nations démocratiques de les aider à leur tour à retrouver la liberté dans leur propre pays.



A bas Franco, la honte sanglante !"



(Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)










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lundi 1 mai 2023

GRÈVE À BILBAO EN BISCAYE AU PAYS BASQUE EN MAI 1947

GRÈVE À BILBAO EN MAI 1947.


A partir du 1er mai 1947, des milliers d'ouvriers se mettent en grève, à Bilbao.


1er mayo españa 1947
1ER MAI 1947 ESPAGNE
JOURNAL RENOVACION





La tradition du premier mai  revendicatif des travailleurs remonte au Premier Mai 1886.


Cette année-là, les syndicalistes américains organisent des actions collectives le premier mai en 

faveur de la journée de huit heures.



Certains travailleurs obtiennent satisfaction mais 340 000 d'entre eux doivent faire grève 

pour avoir eux aussi gain de cause.



Le 3 mai 1856, une manifestation est violemment réprimée par la police et il y a trois morts 

parmi les grévistes.



Une marche de protestation a lieu le lendemain et au moment de la dispersion, une bombe 

explose.



Il y a une quinzaine de morts parmi les policiers.



Trois syndicalistes anarchistes sont jugés et condamnés à la prison à perpétuité.

Cinq autres sont pendus le 11 novembre 1886 malgré des preuves incertaines. 

Ils seront réhabilités plusieurs années après.




En souvenir de ce drame va être instauré chaque année une "journée internationale des 

travailleurs" ou "Fête des travailleurs", appelée plus communément "Fête du Travail".



Voici ce que rapporta la presse nationale au sujet de ces grèves en Pays Basque Sud, en mai 1947 :


  • Combat, le 4 mai 1947 :

"Franco accentue la répression contre les Républicains.


Madrid, 3 mai. — Poursuivant sa lutte contre l’agitation républicaine qui se manifeste par "des explosions, des naufrages, des déraillements, des vols et des meurtres", le général Franco a signé un décret ordonnant la peine de mort pour tous les individus coupables d’atteintes à la sécurité publique. Ceux qui ont aidé le maquis républicain, soit par le recel d’armes et de tracts, soit par la séquestration de militants franquistes, passeront en cour martiale,


Dans de nombreuses entreprises de Bilbao, les ouvriers ont fait grève le 1er mai, pour protester contre la suppression de la Fête du Travail. A la suite de cet événement, tous les grévistes ont été renvoyés. Ils devront signer une demande de réintégration et perdront leurs droits d’ancienneté."



  • L'Humanité, le 6 mai 1947 :

"La lutte du peuple espagnol.

A Bilbao, 80 % des ouvriers ont fait grève pour la Fête du Travail. 


Bilbao, 5 mai. — Pour le 1er mai, le Conseil de la Résistance a lancé un appel aux travailleurs, leur demandant de cesser le travail. De nombreux tracts avaient été distribués, rédigés avec l’accord des organisations syndicales.


Le gouverneur franquiste de la ville avait donné l’ordre aux Industriels de licencier tous les ouvriers qui ne viendraient pas à leur travail. Malgré cette menace, 70 à 80 p. 100 des travailleurs de la ville ont fait grève. La radio officielle a dû le reconnaître et des mesures vont être prises contre les ouvriers "coupables" d’avoir voulu fêter le 1er mai. Deux industriels qui avaient donné l’autorisation à leurs ouvriers de ne pas travailler ont été emprisonnés.


Nouvelles grèves.

Bilbao, 5 mai. 

— Vingt mille ouvriers, représentant environ 35 % du personnel des usines de Bilbao et de sa banlieue, se sont mis en grève aujourd’hui à midi. 



  • L'Humanité, le 7 mai 1947 :

"25 000 grévistes à Bilbao.

Madrid, 6 mai. 


— Malgré les arrestations, malgré les menaces, la grève des travailleurs de Bilbao, en Biscaye, se poursuit et s’étend. Le nombre des grévistes, qui était, hier, de 20 000, a augmenté de 5 000 aujourd’hui.


Le 30 avril dernier, déjà, en prévision de la grève du lendemain, des manifestations de masse avaient eu lieu dans la ville. Plusieurs milliers de personnes s’étaient rassemblées, en particulier, dans la rue San Francisco.


Malgré l’ordre donné par le gouverneur franquiste Genaro Riestra, de licencier tous les ouvriers qui feraient grève, 50 000 ouvriers ne se sont pas rendus à leur travail, le 1er mai.


La grève a été totale dans les entreprises suivantes : Euzkalduna, Constructora Naval (constructions navales), La Delta (métallurgie). Dans les entreprises Babcock Wilcox (constructions navales) et Altos Hornos (sidérurgie), 50 % des ouvriers ont fait grève. De nombreuses autres entreprises plus petites avaient cessé complètement le travail.


La manifestation ayant été organisée par les trois organisations syndicales : C.N.T., U.G.T., syndicats chrétiens, elle revêt le caractère d’unité ouvrière pour la lutte contre le franquisme.



Quelques patrons ont autorisé leurs ouvriers à ne pas travailler le 1er Mai. Ils ont été emprisonnés.


D’autre part le gouverneur a ordonné le licenciement de 14 000 travailleurs à la suite de la grève "illégale". De leur côté, les patrons en ont licencié 15 000. Ces ouvriers doivent solliciter leur remploi. Au cas où celui-ci serait accepté le salaire des "bénéficiaires" serait diminué.


C’est pour protester contre ces nouvelles sanctions que la grève a été déclenchée hier. Plusieurs centaines de personnes ont déjà été arrêtées.


Ces actes d’hostilité à l’égard du régime franquiste sont d’autant plus difficiles à accepter par les autorités qu’une manifestation phalangiste doit avoir lieu le 15 mai à Bilbao, pour manifester "l’adhésion des ouvriers basques au franquisme" !




  • L'Humanité, le 8 mai 1947 :

"Le nombre des grévistes de Bilbao a doublé en 24 heures.

Ni les représailles, ni les violences ne nous font peur" déclarent les Résistants basques.


Bilbao, 7 mai. — Le nombre des grévistes, qui s’élève à 50 000, a doublé en vingt-quatre heures à Bilbao. Aux métallo et ouvriers des chantiers navals se sont joints les boulangers, les ouvriers du bâtiment et des transports. Les plus importantes entreprises de la ville et de la banlieue sont atteintes par le mouvement, qui paralyse entièrement les trois quarts de l’industrie lourde du pays basque.


Le bruit court, d’ailleurs, que des grèves de solidarité pourraient être déclenchées sous peu dans d’autres centres industriels, notamment à Madrid et Barcelone.


Devant cette situation, les autorités franquistes font preuve d’une certaine nervosité. D’une part, l’intransigeance du gouverneur a diminué à l’égard dès ouvriers qui ne s’étaient pas rendus au travail le 1er mai : ces ouvriers, dont 15 000 ont été licenciés, pourront être réembauchés sans perdre leurs droits d’ancienneté et sans diminution de leurs salaires.


Mais, d’autre part, les mesures de répression ont été intensifiées. Bilbao et les villes de la banlieue sont en état de siège. Des centaines de travailleurs ont été emprisonnés, ainsi d’ailleurs que plusieurs patrons qui avaient autorisé leurs ouvriers à faire grève le 1er mai. La garnison de Bilbao a été renforcée et de nouveaux renforts convergent vers la ville, venant de Madrid, Saragosse et Pampelune... 



Le message de la Résistance basque.



Commentant la situation à Bilbao, M. Aguirre, président du gouvernement basque en exil, a déclaré, hier, à Paris, au cours d’une conférence de presse :


pays basque autrefois euzkadi president gouvernement
JOSE ANTONIO AGUIRRE Y LESCUBE PRESIDENT GOUVERNEMENT BASQUE 1936


"Le peuple basque vient de manifester son patriotisme en protestant contre le régime de Franco. En dépit des mesures coercitives et des incarcérations, les Basques ont célébré le 1er mai. Non seulement les travailleurs, mais le peuple entier s’est associé à cette démonstration de protestation dirigée par le Conseil de la Résistance."



Et le président du gouvernement d’Euskadi a lu un message qui lui a été adressé par le Conseil de la Résistance et qui déclare :


"Il y a dans notre soulèvement populaire des bases positives d’un véritable mouvement pour la liberté.


Nous avons pris une décision inébranlable que, seul, le rétablissement de la justice et de la liberté pourrait empêcher. Ni les représailles, ni les violences ne nous font peur.


La Résistance basque salue tous les démocrates du monde par l'intermédiaire de notre gouvernement légitime en exil."



Un appel du P.C. d'Espagne à la solidarité internationale.



partido communista españa logo
LOGO PARTI COMMUNISTE D'ESPAGNE



Communiqué du Bureau Politique du Parti Communiste d’Espagne : 


Le Bureau Politique s’est réuni pour examiner les informations qui lui sont parvenues au sujet de la cessation presque générale du travail par les ouvriers de Biscaye, le 1er Mai, commémoration de cette journée de solidarité et de lutte du prolétariat international.


Le Bureau Politique a décidé d'envoyer son salut fraternel aux héroïques ouvriers de Biscaye, qui ont donné un si magnifique exemple d’unité et de combat antifranquiste et de claire et profonde conviction républicaine. Il les encourage à se maintenir fermes dans la lutte et à la continuer, étroitement unis, pour pouvoir faire face victorieusement aux représailles que le franquisme commence à prendre, jusqu’à qu’ils obtiennent la libération de tous les détenus et la réadmissions au travail des ouvriers révoqués.


Le Bureau Politique s’adresse aux ouvriers et aux antifranquistes du reste de l’Espagne et de l’émigration — en premier lieu aux communistes — afin que, par une action solidaire, ils soutiennent par tous les moyens dont ils disposent les ouvriers basques dans leur lutte exemplaire et empêchent que le franquisme, par des mesures terroristes, s’acharne contre la courageuse classe ouvrière d’Euskadi.


Le Bureau Politique s’adresse également à toutes les forces de la classe ouvrière et de la démocratie mondiale, leur demandant une action énergique pour appuyer les ouvriers de Bilbao, en même temps qu’ils redoublent leur exigence pour l’application d’un boycott effectif contre le régime franquiste, qui, à cette occasion, a mis une fois de plus crûment au découvert son caractère terroriste, en réprimant sauvagement la célébration pacifique du 1er Mal.

Paris, le 7 mai 1947.

Le B. P. 

du P. C. D’Espagne."


(Source : Renouveau (Mexico) : Organe de la Fédération de la Jeunesse Socialiste d’Espagne. Année IV, no 32, 1er mai 1947 | Bibliothèque virtuelle Miguel de Cervantes (cervantesvirtual.com) et Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France)








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mardi 1 juin 2021

UNE GRÈVE SOLENNELLE EN PAYS BASQUE SUD EN MAI 1951 (deuxième et dernière partie)

 

GRÈVE EN PAYS BASQUE SUD EN 1951.


En mai 1951, le Pays Basque Sud se met en grève, après la Catalogne en mars de la même année.



pais vasco antes ayuntamiento guipuzcoa
MAIRIE ET JARDINS ST SEBASTIEN 1951
PAYS BASQUE D'ANTAN



Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Carrefour, le 1er mai 1951 :


"...Cependant, les pressions se multiplient auprès du gouverneur, auquel Madrid dépêché M. Giron lui-même, le ministre du travail, tandis que la revue "Egiz", organe clandestin du clergé basque, affirme que, devant la gravité des circonstances, le prêtre ne saurait s'abstenir de parler.



"Des richesses considérables sont aux mains de quelques-uns", dit "Egiz". "La misère est l'apanage de la majorité. Le pape l'a affirmé dans son récent discours radiodiffusé aux travailleurs d'Espagne. Nous, prêtres, en étroit contact avec le peuple, ratifions cette assertion... Une action comme celle de ces jours derniers, strictement correcte, sereine, sans excès (que nous aurions condamnés s'ils s'étaient produits), est un geste dont on ne saurait nier la légalité, au regard des règles de la morale chrétienne. Tenus à défendre la justice et à protéger par charité le plus faible, nous proclamons publiquement et en toute conscience notre désaveu des représailles de toute nature et la multiplication des arrestations opérées pour ce motif." 



Grève politique ?



Voilà les faits et voilà l'atmosphère. Le mal est profond parce qu'il est réel et généralisé. Un million d'habitants sous alimentés, trois cent mille travailleurs sous-rétribués, voilà ce que signifie la grève du pays basque. 



Grève politique, a-t-on dit. Les Basques n'ont jamais caché leur désir d'autonomie dans un cadre fédéraliste. Mais le drame basque est une simple localisation du drame espagnol. Au lendemain de la grève catalane, Madrid a fait baisser spectaculairement, mais momentanément, les prix de plusieurs denrées essentielles. Après la grève basque, les importations de légumes ont repris. Six mille tonnes de pommes de terre sont venues de France. Elles sont vendues une peseta 90 le kilo, au lieu paraît-il que le prix antérieur de 3 à 4 pesetas, paraît-il. Palliatifs. Les grévistes, parait-i1, ne croient pas possible une action durable sous le régime actuel de l'Espagne. C'est en cela seulement que leur geste est politique. Pas de communistes, pratiquement, parmi eux. Le communisme est nul et le gouvernement exilé à Paris, a, une fois pour toutes, choisi "l'Occident".



L'Espagne : un centre nourri par une périphérie



C'est un point. Il n'empêche qu'on ne pourra faire que l'Espagne cesse d'être géographiquement ce qu'elle est : un centre nourri par une périphérie. Nourri de quoi. L'huile et les oranges exceptées, la richesse espagnole est minérale. On ne mange pas le cuivre et le fer. On les vend ou bien on les échange contre la nourriture.



Or les régimes autoritaires sont par définition autarcique. Mais l'économie en vase clos est un luxe à sa manière. Si parce quelle elle est riche de minerai, une nation consacre ses revenus de l'étranger à développer son industrie sans élever simultanément le niveau de vie de ses travailleurs, elle ne résout pas son problème. C'est ce qui se passe en Espagne.



Que peut-on espérer alors ? Le gouvernement basque exilé (puisque c'est des Basques qu'il s'agit en ce moment) répond : "Rien à l'heure actuelle". Son sentiment est que le régime espagnol présent ne peut se concilier avec l'esprit communautaire international  qui se dessine en Europe et dans le monde occidental.  "Sous un régime différent", dit-il,  l'Espagne aurait bénéficié du plan Marshall, elle serait membre de l'O.N.U. et du pacte atlantique, entre autres organisations Elle participerait aux obligations, mai aussi aux avantages de la coopération occidentale."


— Mais n'a-t-elle pas pas déjà bénéficié d'un crédit américain de soixante millions de dollars ?


— L'Export-Import Bank des Etats-Unis a en effet consenti à l'Espagne un crédit de soixante millions de dollars. Mais un tiers seulement a été versé. Devant son utilisation autarcique, les deux autres tiers demeurent gelés. Dans l'esprit des prêteurs américains, les dollars représentent non seulement des machine, mais du pain. Ni les industriels privés, ni les ouvriers n'y trouvent leur compte. Et les voilà réunis dans la réprobation.



Voilà pourquoi la grève est impressionnante. Elle n'est pas née d'une poignée d'agitateurs. Le sang n'a pas coulé. Osons dire que c'est plus grave ainsi. La grande menace n'est ni une révolution, ni une terreur officielle mais - et c'est peut-être pire - une asphyxie économique lente, implacable et qui n'épargnerait personne.



"Le moment est venu d'un dialogue."



Peut-on attendre d'un régime aussi autoritaire qu'il se fasse suffisamment libéral sans se contredire au point de sombrer, ou qu'il accepte de sombrer ?



— Qu'a t-on fait depuis douze ans ? demande le ministre de l'Intérieur du gouvernement d'exil.



Pourtant, tout le monde sent qu'il faut faire quelque chose, et vite, sous peine d'un suicide national.



C'est pourquoi le clergé espagnol de l'intérieur lui-même, longtemps enfermé dans une hautaine intransigeance, en vient aujourd'hui à imprimer officiellement, dans sa revue Ecclesia, cette affirmation, qui prolonge l'expos" clandestin des prêtres basques d'Egiz : "Le moment est venu d'un dialogue entre le gouvernement et les gouvernés."


Dans ce numéro de Carrefour, parurent aussi plusieurs autres articles :


"Le gouvernement d'Euzkadi a choisi l'Occident.


presidente gobierno vasco
JOSE ANTONIO DE AGUIRRE Y LECUBE



Le gouvernement d'Euzkadi, c'est-à-dire le gouvernement basque exilé à Paris, n'est pas un ministère de fortune. Son chef, le président de Aguirre, a été régulièrement élu par le peuple. Avec les ministres de son choix, il a exercé le pouvoir huit mois. Quand le pays a été occupé par les troupes franquistes, il s'est replié à Barcelone jusqu'à la fin de la guerre civile.


Il comprend quatre membres du parti nationaliste basque (démocrate-chrétien), dont M. de Aguirre, un membre de la gauche républicaine, un de l'union républicaine, un socialiste, qui est le plus "à gauche". Il se veut "occidental" et répudie le communisme.


Républicain par tendance, il accepterait le régime, quel qu'il soit, adopté librement par le peuple espagnol, pourvu que lui fut reconnue une certaine autonomie régionale."


"Le pseudo-Panaméen et la veuve vénézuélienne.



Le président de Aguirre est un homme de 47 ans, marié, père d'une fille de 1 5 ans et de deux garçons de 11 et 7 ans. Avant d'être chef de gouvernement, il fut avocat et directeur d'une fabrique de chocolat.


II connut sous l'occupation allemande des jours mouvementés. Parti pour la Belgique auprès de sa mère, il y perdit sa soeur dans un bombardement. Pour fuir, il dut passer par... l'Allemagne et la Suède avant de gagner l'Amérique. Il se fit passer pour citoyen panaméen, tandis que sa femme était présentée comme une veuve vénézuélienne. Des jésuites le cachèrent dans leur couvent, des amis le protégèrent. Il revint à la libération de Paris.



libro pais vasco antes aguirre
LIVRE DE GUERNICA A NUEVA YORK
DE JOSE ANTONIO DE AGUIRRE Y LECUBE



M. de Aguirre a relaté son aventure extraordinaire dans un livre : "De Guernica a Nova York pasando por Berlin", traduit en anglais sous le titre "Escape via Berlin".



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samedi 1 mai 2021

UNE GRÈVE SOLENNELLE EN PAYS BASQUE SUD EN MAI 1951 (première partie)

GRÈVE EN PAYS BASQUE SUD EN 1951.


En mai 1951, le Pays Basque Sud se met en grève, après la Catalogne en mars de la même année.


pais vasco antes ayuntamiento guipuzcoa
MAIRIE ET JARDINS ST SEBASTIEN 1951
PAYS BASQUE D'ANTAN




Voici ce que rapporta à ce sujet le journal Carrefour, le 1er mai 1951 :



"300 000 Basques ont fait une grève solennelle : pas de cris, pas de sang versé...Mais la situation n'en est pas moins grave, et le clergé espagnol proclame que "le moment est venu d'un dialogue entre le gouvernement et les gouvernés."




Un mois après la Catalogne, le pays basque s’est mis en grève. A qui le tour ? 



Mais attention ! Ni à Saint-Sébastien, ni à Bilbao, le sang n'a coulé. Le deuxième débrayage a été plus typique encore que le premier. Il suffit de l'exposer pour en dégager l'enseignement. 



Le dimanche 22 avril, des tracts sont répandus de main en main dans les grands centres ouvriers des quatre provinces basques espagnoles. Ils appellent à une grève de 48 heures, à compter du lundi matin. Ils sont rédigés dans des termes qui stupéfieront, dans les pays voisins, les professionnels de l'agitation. Le patron n'y est pas vomi, le pouvoir pas insulté. "Nous voulons manger... Nous avons besoin de nous vêtir... Nous avons le droit de vivre".



Ce droit, qui le conteste ? Personne; Mais qui en donne le moyen ? Personne. La pauvreté espagnole est de tradition, c'est connu. Elle s'est toutefois accentuée, Voila deux ans, un journal conservateur anglais, le Manchester Guardian révélait des chiffres que personne ne pouvait réfuter :

"Pour acheter 24 kilos de pain, 30 kilos de pommes de terre, 2 kilos de viande, 3 kilos de beurre ou d'huile et un kilo de sucre, un ouvrier doit travailler 58 heures en Italie. 49 en France, 36 en Suisse, 15 en Angleterre, 13 aux Etats-Unis...et 83 en Espagne".



Le pays basque représente un tiers du capital de l'Espagne.


Les quatre provinces basques espagnoles couvrent 17 601 kilométrés carres. Leur population est de 1 500 000 âmes. Deux sont des régions purement agricoles : Alava et Navarre. Les deux autres, Biscaye et Guipuzcoa, sont fortement industrialisées. En Biscaye, grande industrie (métallurgie, produits chimiques, chantiers navals). En Guipuzcoa, petite industrie dérivée de la métallurgie en général, usines de papier. Dans les deux, en outre, agriculture, pêche, artisanat important (armes, orfèvrerie, bérets, espadrilles, etc.).

Ce potentiel économique donne au pays basque, en Espagne, un rôle hors de proportion avec sa superficie. Il représente :

80% de la marine espagnole (presque un million de tonnes sont immatriculées à Bilbao) ;

75% de l'industrie électrique ;

60% de la production de minerai de fer ;

95% de la production d'acier ;

33% du capital total de l'Espagne.



En 1951 l'ouvrier de Saint-Sébastien ou de Bilbao doit travailler cinq jours pour s'offrir un kilo de café, deux jours pour un litre d'huile ou un kilo de viande, un jour pour un kilo de sucre ou de morue. Sa santé exige 3 000 calories quotidiennes. Le ravitaillement officiel lui en permet 554. Le reste, au marche noir ! A quel prix ? Le pain et le lait coûtent 10 fois plus qu'en 1936 ; la viande et les oeufs, 9 fois ; le sucre, 18 fois ; l'huile, 50 fois (et l'Espagne est le premier producteur d'huile du monde) ; les haricots, 14 fois ; les pommes de terre et le lard 16 fois.



En regard les salaires sont trois fois ce qu'ils étaient.



Les patrons et le clergé soutiennent les grévistes.



La crever brusquement décidée, se déroule raisonnablement. Aucun service public n'est affecté. Les trams et les tramways roulent,  l'électricité, le gaz et l'eau sont normalement distribués. Aucun incident ne se produit. Les grévistes sont parfaitement calmes et dignes Les policiers et la troupe mis sur pied d'émeute, bavardent avec eux sans que chacun jamais sorte de son rôle. La force publique n'a pas à maintenir un ordre que personne n'entend troubler.



Pourquoi d'ailleurs le troublerait-on ? Depuis la guerre civile, on sait où peuvent mener les troubles. Et puis les patrons comprennent le mouvement et le clergé le soutient. En pays basque, le prêtre est de la famille. Les vêpres dites, on le retrouve, soutane relevée, lançant la balle dure sur le fronton de pelote.



Mais il y a les autorités. Elles font publier dans la presse matinale du mardi l'ordre de reprendre le travail le matin même, à 8 heures L'ultimatum est jugé vexant. On y répond par une extension de la grève. 



Que va-t-il se passer ? Pour la Navarre et l'Alava, pas de problème. Ce sont deux provinces agricoles. En Biscaye, on appréhende la riposte du gouverneur, M. Genaro Priestra, un phalangiste. On a tort. Le phalangiste montre qu'il est d'abord un homme. Le travail reprend le mercredi matin sans autre formalité qu'une théorique obligation, pour les grévistes, de faire une nouvelle demande d'emploi. La face est sauvée.



Il manque ici un homme.



Le gouverneur du Guipuzcoa, pays voisins, le baron de Benasque, s'y prend moins bien. Il fait arrêter comme meneurs une vingtaine d'ouvriers, le sous-directeur de l'agence de Saint-Sébastien de la Banque de Bilbao, plusieurs patrons et deux prêtres, don Pascual Arana, curé d'Arrona et don Pedro Gimeno, aumônier de la fabrique de wagons de Basain. Il fait fermer un certain nombre d'usines et de manufactures de Saint-Sébastien. 


pais vasco antes gobernoador guipuzcoa 1951
FRANCISCO SAEZ DE TEJADA
BARON DE BENASQUE 1946


C'est une maladresse. Pourtant les travailleurs gardent leur sang-froid. Ils répliquent par un jeu de mots sévère, mais noble. Sur la façade de la maison du baron, l’un d'eux écrit à la craie : "Aqui falta un varon" (Il manque ici un homme). C'est tout. Mais les arrêts de travail se multiplient, par solidarité. Trois cent mille travailleurs se drapent dans une immobilité silencieuse et solennelle. La grève est pour eux ce quelle elle devrait être toujours pour garder son sens, un acte grave, un sacrifice presque religieux, héroïque en tout cas, l'abandon volontaire du maigre pain quotidien."



A suivre...


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mercredi 1 mai 2019

LE PREMIER MAI À PASAJES - PASAIA EN GUIPUSCOA AU PAYS BASQUE EN 1931


PREMIER MAI 1931 À PASAJES.


Le premier mai 1931 est une journée de revendications en Guipuscoa.

mardi 1 mai 2018

PREMIER MAI 1920 EN LABOURD AU PAYS BASQUE


PREMIER MAI 1920 AU PAYS BASQUE.


Le premier mai 1920 est une journée de revendications en Labourd.

lundi 30 octobre 2017

LA GRÈVE DANS LES GRANDS MAGASINS DE BAYONNE ET DE BIARRITZ EN LABOURD AU PAYS BASQUE EN 1936


LA GRÈVE DANS LES GRANDS MAGASINS DE BAYONNE ET DE BIARRITZ EN JUIN 1936.


Suite aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, le Front Populaire remporte une nette victoire.